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22/10/2010

Conférence de Bernard Bajolet, "Le rôle du coordonnateur du renseignement".

Le blog "la communauté du renseignement" publie ici les notes prises lors de la conférence organisée par l' ANAJ IHEDN à l' Ecole Militaire, début octobre 2010.Encore bravo à l' ANAJ IHEDN pour cette conférence de qualité!

Invité: Bernard Bajolet

Sujet: Le rôle du coordinateur du renseignement

Coordinateur du renseignement, suffit pas que ce soit écrit sur un papier pour que cela marche. Il faut encore une volonté des services, qui ont un accès plus ou moins direct à la présidence. A pas suffi que on créé le CNR et le poste du coordinateur du renseignement: Du aussi à la volonté des directeurs des services. Avant, grandes messes à 25, maintenant raccourci à 8. L' aspect informel est très important.

Huilage du dispositif, très important même si c'est pas dans le décret. Car BAJOLET est amené à faire travailler des services qui ne dépendent pas de la même hiérarchie, par exemple la DCRI relève de la police nationale relevant du Ministre de l' Intérieur. Il détaille aussi pour les autres services: TRACFIN pour MinFIn etc... Le coordinateur court circuite cela, il faut une très bonne entente avec les ministres, les hiérarchies, Matignon. Bajolet a une relation régulière avec le cabinet du premier ministre. Le coordinateur s' assure donc du bon huilage des rouages.

Autre aspect : faire remonter le renseignement au président de la république et au premier ministre. Avant, arrivait, mais pas de manière aussi systématique, et peut être pas aussi régulière. Autour de Bajolet, 15 personnes, ce qui étonne les américains qui disaient à Bajolet: vous avez dus oublier un 0. On fait en sorte que les autorités sachent aussi quel est le service à l' origine du renseignement pour le valoriser, ce qui permet ensuite de faire des retours.

Autre aspect important, la définition des priorités des services. Maintenant la détermination des priorités repose sur l' expression des besoins constatée auprès des différents utilisateurs (les Ministères, le premier ministre, le président de la république, entre autres le conseiller diplomatique). Tranché au plus haut niveau de l' État, au CNR, qui pour l' instant ne s'est réuni que une fois en 2009 mais avait pris les décisions essentielles donc pas eu besoin pour l' instant de le reconvoquer. Plan national du renseignement, document de base des services, à moyen et long terme. Les priorités permettent de planifier la réorientation des moyens humains et matériels. Plan réajusté tous les ans.

Veille que les services aient les moyens dont ils ont besoin. Idée de favoriser la mobilité entre services, ouverture entre services, pour favoriser les expériences et provenances, l' Académie du renseignement a été créé dans ce but sur rapport de Florent Blazy, maître des requêtes au conseil d' État.

Le budget, coordinateur n' a pas d' autorité sur les budgets, sauf investissements et les fonds spéciaux qui relèvent du premier ministre. Il y a aussi pour coordinateur tout l' aspect juridique, comme dans le projet LOPSI articles pour la protection des agents. Relations avec le parlement, délégation parlementaire du renseignement, puisque le décret prévoit que le coordinateur peut être entendu par la délégation parlementaire. En ce qui concerne les relations avec les partenaires étrangers, chaque service a ses relations. Le patron de la DGSE voit par exemple non seulement le patron de la CIA mais aussi la NSA ou la NGA. Bajolet quand il faut coordonner entre plusieurs services pour des négociations. Ainsi, cohérent, est porte parole de la communauté française du renseignement. Le risque de duplication est donc limité. Tentés un accord avec les américains, mais raté.

Le SGDSN relève du premier ministre, et le coordinateur, les anciens groupes du groupe interministériel du renseignement créé sous Rocard ont été refondés, pour établir des synthèses stratégiques intéressant le président ou le PM. SGDSN fournit un appui technique au coordinateur, c'est un appui indispensable.

Coordinateur n'est pas DG des services, ce ue craignaient certains, c'est plutôt un facilitateur, un chef d' équipes, le système paraît satisfaisant pour Bajolet, même si il reste fragile car il repose sur la dimension humaine. Le patron de la DNI , pas sur que ca marche mieux, car il a bcp plus de pouvoirs sur lepapier, mais c'est une énorme machine qu'il n' est pas si facile à faire fonctionner. Avantage pour la france, plus petit.

 

QUESTIONS

 

Pourtquoi autant d' agences en France?

IL y en a bcp moins que aux USA. Et service par service, fusionner n' aurait pas de sens car ont des fonctions très différentes. DRM vis à vis de la DPSD par exemple. CNI, service unique en Espagne, mais culture différente, il faut donc que ca aille avec la culture du pays.

 

Le renseignement économique est il décorélé du renseignement stratégique?

Non car la délégation interministérielle à l' intelligence économique n'est pas un service de renseignement. Intelligence économique, informations économiques acquises hors renseignement. Mais il y a corrélation entre les deux pour DCRI et DPSD puisque toutes les deux protègent notre patrimoine économique et scientifique. Il faut distinguer les deux pour éviter les ambiguïtés vis à vis des partenaires étrangers.

 

Rôle du coordinateur dans les alertes aux attentats? Manque de coordination?

Ce que Squarcini a dit correspond à l' évaluation collective qui avait été faite, cela avait fait l' objet d'un consensus, on est dans le domaine du renseignement intérieur donc cela relevait de lui. Il n'y a pas de problème de communication, mais cequi a pu faire penser à des problèmes de communications sont le problème de la menace en Europe selon les USA.


(Questions de l' auteur) : Les américains et les russes font des efforts pour "communiquer", y compris par le biais de la déclassification de documents, où en sommes-nous en France? La DGSE avait été rattachée au Ministère de la Défense suite au scandale Ben Barka, or ce n'est pas un service de renseignement proprement militaire, est ce judicieux que le Service continue à dépendre du Ministère de la Défense, et est-il prévu de le rattacher à une autre autorité? Vous parliez des objectifs à moyen et long terme, ne craignez vous pas que nous ayons une situation digne de la catastrophe des Falklands, à savoir: des priorités nouvelles données, plus une baisse du budget du renseignement britannique, entraînant la fermeture de leur antenne MI6 Buenos Aires, et par conséquent ils furent surpris par l' occupation de l' île par l' armée argentine ?

En effet la DGSE n'est pas un service de renseignement militaire, comme vous l' avez soulignés, mais cela fonctionne bien.

Communication, comptent faire des efforts, mais c'est relativement nouveau.

Crainte d'une nouvelle « Falklands » , raison de souligner, car si on hiérarchise les priorités,si il y a un + quelque part il y a un – quelque part. Donc on peut rater quelque chose en effet, donc compensation en s' appuyant sur des serrvices alliés, pas forcément grands mais performants. Ensuite, des groupes mobiles, par exemple guerre Russie-Géorgie, selon Bajolet, si il se rappelle bien, il n' y avait ni attaché militaire ni ambassadeur sur place, mais on a utilisés des unités mobiles de renseignement pour faire remonter les informations jusque à l' exécutif pour vérifier ainsi que chaque partie respecte les accords.

Renseignement, valeur qui se partage le moins. Mais il y a des structures de coopérations , mais ne croit pas à un renseignement purement européen, mais il peut y avoir une coopération étroite. GAT groupe anti terroriste; SITCEN, modèle, fonctionne très bien, collecte des renseignements en provenance de services européens, pour les dirigeants européens, pour apprécier la situation, préparer une visite etc.. Deux point importants, la dimension européenne est importante, par exemple SWIFT, soulevé par le parlement européen. Deuxième aspect, les fichiers de passagers européens, fichiers nationaux, incongru. Il faut prévenir le terrorisme, prévention, pour cela il faut raisonner dans un cadre SCHENGEN. Coopération multibilatérale, belges, parfois néerlandais, anglais, espagne, britanniques... Jusque à présent les services n'ont pas de relation institutionnalisée , l' Académie du renseignement pourra orienter les activités, prévoit des actions de sensibilisation.

 

Comment va évaluer ensuite le poste de coordinateur?

Cela dépendra de la personnalité de son titulaire mais aussi de la relation qu'il établira avec le président de la république, les autorités de l' État, les différents services.


Fin de la conférence et applaudissements


Une fois la conférence terminée, l' auteur de "La communauté du renseignement" a évoqué quelques questions relatives au renseignement, sur la comparaison entre le DNI (Director of National Intelligence US) et le coordonnateur du renseignement. Il est ressorti de cet échange que le DNI a autorité sur l' ensemble de la communauté US du renseignement, contrairement au coordonnateur français du renseignement. Pour autant, son équipe est limitée à 15/20 personnes, pas plus, des "généralistes" tandis que le DNI US fait travailler, pour coordonner la communauté du renseignement US, entre 1500 et 2000 personnes! Surtout que le nombre de "spécialistes" (Le responsable des programmes de renseignement; le superviseur pour la Corée du nord etc...) font que l' on s'y perd, et il est difficile, selon M.Bajolet, de savoir à qui s' adresser! Par exemple, indiqua M. Bajolet, quand il rencontra les responsables de la commuanuté US du renseignement, ce furent tous les 16 patrons des différents services qui étaient là, avec chacun son assiette avec l' emblème de son service!