10.06.2008

Comment travaillent les services secrets russes?

Comment travaillent les services secrets russes ?
3169 mots
8 décembre 2006
Français
(c) 2006 Le Monde.

L'intégralité du débat avec Jacques Baud, auteur de l'"Encyclopédie du renseignement et des services secrets" (Lavauzelle, dernière édition : 2002), jeudi 7 décembre 2006.

Constantin : Quelle est l'évolution connue par le FSB depuis ces dernières années, en termes d'effectifs et de missions ? Peut-on considérer que le FSB constitue un véritable Etat dans l'Etat ?

Jacques Baud : Le FSB, tout d'abord, est une des cinq agences issues du KGB. Celui-ci a éclaté au début des années 1990, et le FSB avait jusqu'à présent le volet de sécurité intérieure. Avec la guerre en Tchétchénie et l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine - qui a été directeur du FSB entre 1998 et 1999 -, le FSB a pris ces trois dernières années une importance considérable.

En 2003, la dernière réorganisation des services de sécurité a donné au FSB une importance beaucoup plus grande, et l'on voit la tendance, actuellement, de reconstituer une forme de KGB. Le FSB a repris, par exemple, toutes les attributions de renseignement électronique, qui avaient été données au début des années 1990 à une agence particulière, la Fapsi. Le FSB devient donc pratiquement un petit KGB. Actuellement, il y a même des discussions pour réintégrer le renseignement extérieur dans le FSB.

Aujourd'hui, les effectifs du FSB ne sont pas connus avec précision, mais représentent environ 30 000 à 40 000 personnes, et avec l'intégration de nouveaux services et l'attribution de nouvelles tâches (en Tchétchénie, c'est la première fois qu'on a assisté à des opérations militaires dirigées par le FSB), c'est un service qui est en train d'acquérir une importance considérable dans le système russe.

Lion37 : Que reste-t-il du feu KGB dans les services secrets russes actuels ?

Jacques Baud : Comme je l'ai dit, le KGB n'a pas disparu dans sa substance, il n'a fait qu'éclater en différents services. Une grande partie de son personnel a été conservé dans les nouveaux services. Parmi ces services, on peut mentionner le FSB, le SVR (service de renseignement extérieur, équivalent de la DGSE en France), le FSO (un service de sécurité qui est à peu près l'équivalent de la DST). Il y a le SBP, le service de la sécurité présidentielle, qui est un peu l'équivalent du secret service américain, qui assure la protection des personnalités russes, mais a aussi des attributions qui vont un peu plus loin. Ce sont les principaux. En gros, les mêmes personnes sont restées à l'intérieur.

Beaucoup du personnel du KGB s'est recyclé dans l'industrie privée. On retrouve aujourd'hui, par exemple, des anciens du KGB ou du FSB qui travaillent pour M. Berezovski. Donc il y a effectivement toute une frange de "KGBistes" qui, aujourd'hui, bien que dans l'industrie privée, continuent à avoir des liens et des activités liées aux services secrets, ou qui tirent avantage de leurs contacts dans le monde des services de sécurité pour faire des affaires. Le KGB en tant qu'institution tentaculaire, monolithique, a disparu, bien que l'on voie avec Poutine une tendance à un regroupement de tous ces éléments.

Le KGB était en fait un instrument assez moderne, car il intégrait tous les aspects de la sécurité dans un seul organe, directement subordonné au conseil des ministres ou au président de l'Union soviétique à l'époque. Et donc, cela permettait d'avoir une maîtrise complète des problèmes de sécurité sans avoir affaire à des rivalités entre services, ou à des guerres des polices. C'est ce qui donnait au KGB son efficacité. Par exemple, aujourd'hui, dans la plupart des démocraties occidentales, les services de sécurité intérieure sont clairement séparés des services extérieurs, et ils ont des attributions qui sont nettement délimitées, ce qui fait que parfois les spécialistes de la sécurité s'inquiètent de ne pas avoir une continuité, surtout aujourd'hui avec un terrorisme transfrontalier, une criminalité qui joue avec les frontières. Il est vrai qu'avoir des services de renseignement limités par les frontières est un handicap. Le KGB était à la fois intérieur et extérieur, allait au-delà des frontières.

Anabelle : Pensez-vous que Scotland Yard puisse prouver quelque chose dans l'affaire Litvinenko ?

Jacques Baud : L'affaire Litvinenko est essentiellement une affaire de police. Votre question est donc une question qui implique une enquête policière. Je pense quant à moi que cette affaire est davantage liée à des questions de mafia ou de crime organisé qu'à des questions strictement politiques. Et de ce fait, je crois qu'il y a des chances pour qu'on trouve quelque chose, mais il ne faut pas oublier que les réseaux clandestins ou mafieux russes sont effectivement très développés, très efficaces. Et comme je l'ai dit, ils bénéficient de l'expérience d'ex-agents et sont habitués à ce travail d'arrière-plan, clandestin. Et je pense que Scotland Yard aura malgré tout fort à faire.

Mustapha BERRAHO : Gordievsky, l'ancien chef d'antenne du KGB à Londres, a accusé Poutine dans cette affaire...

Jacques Baud : Oui, et plusieurs autres qui ont actuellement émigré ont accusé Poutine. Ici, il y a sans doute d'autres éléments qui doivent être pris en considération, notamment que Poutine s'est attaché à lutter contre la corruption, contre la criminalité organisée, contre un certain nombre de travers qu'on trouve en Russie, et il est devenu pour beaucoup un ennemi de premier rang. Il est donc assez normal que les soupçons se portent directement sur lui. Je suis sceptique quant à l'idée de voir M. Poutine essayant d'éliminer des opposants politiques au moyen de poison. Je pense qu'on a affaire à une autre dynamique ici. Cela fait maintenant plus de quinze ans que Gordievski est en Occident, et je ne pense pas qu'il soit nécessairement au fait de tous les détails de ce qui ce décide au Kremlin. Je vois donc là plus une affirmation politique qu'une affirmation étayée par des faits.

Pedro : Comment les services russes peuvent-ils laisser Scotland Yard enquêter sur cette affaire à partir de Moscou ? S'agit-il de la première coopération policière publique entre deux anciens services issus d'ex-pays ennemis ?

Jacques Baud : Tout d'abord, il faut savoir que Scotland Yard n'est pas un service secret, mais un service de police, que la coopération d'une manière générale entre la Russie et les pays occidentaux pour les affaires criminelles a été développée depuis la fin de la guerre froide, et même avant. On pourrait même dire que les premiers contacts entre l'Est et l'Ouest se sont faits grâce aux services secrets, avant la chute du mur de Berlin. On le sait assez peu. Donc il n'y a rien d'exceptionnel dans une cooopération de ce type.

Depuis 2001, avec la politique antiterroriste notamment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, la coopération entre services secrets s'est accrue entre l'Est et l'Ouest. Cette coopération n'est pas toujours d'une qualité excellente, mais elle existe. Les gens se connaissent et, comme toujours dans ces questions de renseignement, il faut qu'il y ait une certaine confiance qui s'établisse, et cela prendra des années. Pour revenir à l'affaire Litvinenko, il est clair que les Britanniques enquêtent sur un crime, et je pense que les Russes n'ont pas d'intérêt à aller à l'encontre de cette enquête, d'autant plus qu'il n'est pas impossible qu'elle ait des ramifications plus mafieuses qu'officielles. Je ne vois donc aucune contradiction et aucun caractère exceptionnel à cette coopération.

bashe : Pourquoi Poutine utilise-t-il tant les services secrets pour exercer sa politique ?

Jacques Baud : Poutine, d'abord, est un ancien des services : il a travaillé au KGB, a été stationné notamment en Allemagne de l'Est, a été directeur du FSB pendant un peu plus d'une année. C'est donc un peu son monde, le monde qu'il connaît, le monde en qui il a confiance, et ce n'est pas négligeable dans un pays qui est finalement nouveau, qui a dû créer de nouvelles élites, et qui reste quand même un pays où la corruption et la criminalité - en col blanc mais aussi de sang - sont encore très fortes. Poutine est donc obligé de s'appuyer sur des éléments connus.

Deuxième élément : il vient de la situation en Tchétchénie, qui reste pour les Russes un vrai problème dont nous parlons relativement peu en Occident. Simultanément, on a en Occident cette psychose du terrorisme depuis septembre 2001, qui a pour conséquence une importance accrue des services de sécurité tant chez nous qu'en Russie. Et effectivement, pour Poutine, l'importance des services de sécurité a augmenté dans ce pays. Il y est un peu contraint. La Russie est un pays en devenir, où les règles restent souvent très floues, où beaucoup d'organisations criminelles utilisent le flou de la législation pour se livrer à leurs activités. On se trouve donc un peu en Russie dans une situation qu'on a connue il y a quelques dizaines d'années aux Etats-Unis, par exemple. Il n'est donc pas très surprenant que les services secrets aient tant d'importance en Russie.

Vero : Valeri Goloubev, un ancien du KGB, vient d'être nommé chef de Gazprom. Comment expliquer qu'une telle collusion entre services secrets, Etat et entreprise soit possible ?

Jacques Baud : C'est une question difficile mais qui est liée au fait que les services secrets et de sécurité soviétiques de l'époque ont toujours attiré une certaine élite intellectuelle, et une intelligentsia, des gens plus capables, plus entreprenants, plus dynamiques que le reste de la société soviétique. Je pense que c'est là qu'il faut voir les raisons de ce que vous décrivez. De plus, les gens qui bénéficient de réseaux, de contacts privilégiés, qui ont accès à des informations peut-être plus "d'initiés" sont plus aptes à diriger des entreprises. Poutine lui-même est un politicien issu du KGB, on en a eu beaucoup récemment, et cela est lié au caractère élitiste et élitaire des services de renseignement soviétiques.

jfd : Le FSB est-il actif sur le sol français ?

Jacques Baud : Oui. Les services de renseignement russes sont restés très actifs dans plusieurs domaines :  1) dans la lutte contre le terrorisme, avec une coopération qui favorise leur présence un peu partout ; 2) mais aussi dans la recherche d'information. On sait notamment que dans le domaine de la technologie, les services russes sont présents, comme nous sommes présents chez eux.

Koutouzoff : Que représente le GRU en Russie de nos jours ? Est-ce aussi un service particulièrement actif ? Est-il moins sous le contrôle des politiques que des militaires ?

Jacques Baud : D'abord, le GRU est l'équivalent de la DRM (direction du renseignement militaire) en France, c'est un service de renseignement militaire. Il a toujours su rester à l'écart des controverses politiques, ce qui a d'ailleurs été une constante des forces armées soviétiques et russes, qui se sont toujours tenues à part et en dehors des discussions politiques. Il y avait dans le système soviétique trois piliers du pouvoir : le Parti communiste, le KGB et les forces armées. Et le KGB, lui, a toujours oscillé entre la politique et la sécurité ; il a d'ailleurs appartenu au ministère de l'intérieur, puis a été indépendant.

Le Parti, c'est la composante purement politique. Les forces armées ont toujours été le pilier neutre du pouvoir. Et c'est resté après la fin de la guerre froide : l'armée russe est restée parfaitement neutre dans ses choix et ses actions. Le GRU est donc un organe qu'on a retrouvé en Tchétchénie, par exemple, mais qui a rapidement été coiffé (pour ne pas dire remplacé) par le FSB en tant que service de renseignement. On a vu le FSB prendre en main des opérations militaires, et simultanément , la structure de renseignement en Tchétchénie s'est déplacée du secteur militaire au secteur sécurité intérieure (FSB). Le GRU est un organe finalement technique, qui ne joue pas de rôle au niveau politique, en tout cas actuellement.

Boudu : Quelle est la nature des relations entretenues par le FSB avec d'autres services secrets ? Y a-t-il coopération ? Méfiance ?

Jacques Baud : Les deux à la fois. Oui, il y a coopération. Cette coopération s'est accentuée depuis 2001 avec la menace terroriste. Il y a deux aspects : d'une part, le fait qu'effectivement la Tchétchénie est proche de l'Afghanistan, de l'Asie centrale, et est un lieu où le terrorisme islamiste a un peu des racines ; d'autre part, à travers cette menace terroriste, les Russes pouvaient légitimer leur action en Tchétchénie, car pendant longtemps les Russes, depuis 1994, étaient considérés avec méfiance et une certaine suspicion de la part de l'Occident. Avec 2001, leur combat s'est trouvé légitimé. Cela a encouragé très nettement la coopération entre services russes et services occidentaux.

Cela étant, ça reste une coopération qui, du point de vue qualitatif, n'est pas toujours très bonne. Il reste encore des méfiances énormes, particulièrement provenant du côté occidental. Comme je l'ai dit, on trouve dans les services des gens dont on ne sait pas toujours avec qui ils sont liés. Les ex-services soviétiques ont éclaté, et avec ces agents disséminés un peu partout dans la société russe, sont restés des contacts qui parfois freinent un peu l'ardeur des services occidentaux, qui ne savent pas où l'information va finir. Cela affecte sérieusement les relations entre services. Cela étant, cette coopération, à part ça, s'est améliorée ces cinq à six dernières années, et demandera encore quelques années. La confiance prend du temps à se construire. Je pense qu'on est dans un processus d'amélioration.

Pulqepiq : Qu'en est-il de cette coopération sur les anciens territoires du bloc soviétique ?

Jacques Baud : Il faut distinguer entre les pays que l'on appelait satellites, comme la Pologne, la Hongrie, etc. Là, on peut dire que la coopération est très bonne, car la plupart de ces pays se sont associés ou font partie de l'OTAN. Quant aux autres pays de l'ex-URSS, notamment les pays d'Asie centrale, la réponse est plus nuancée. Dans certains pays, la coopération est bonne, par exemple en Géorgie, mais l'est beaucoup moins dans d'autres pays. Cela en raison des gouvernements qui sont en place ou bien de la configuration des services, qui est restée, dans certains pays, comme l'ancien KGB.

Il faut se rappeler que ce qu'on appelle le KGB comportait une organisation centrale à Moscou, mais il y avait le KGB des Républiques soviétiques. Et ceux-ci se sont la plupart du temps transformés et ont donné des services qui sont aujourd'hui, par exemple en Ukraine, construits selon des critères occidentaux. Dans d'autres pays, notamment en Asie centrale, beaucoup de ces KGB n'ont pas vraiment évolué et sont restés en fait les mêmes instruments qu'on avait connus sous le régime soviétique. Cela complique évidemment un peu les possibilités de coopération avec eux.

Math : Pouvez-vous nous parler des pratiques d'interrogation, d'investigation du KGB, et de son successeur le FSB ?

Jacques Baud : Tous les services de renseignement et de sécurité se ressemblent un peu au niveau des techniques d'interrogation. On a peu d'exemples pratiques aujourd'hui. Ce qu'on a vu à l'époque en Corée ou au Vietnam, où les services locaux étaient instruits par des Soviétiques, montre que les méthodes étaient relativement brutales et musclées, et on se préoccupait peu des droits humains. Cela étant, les Soviétiques ont très largement privilégié dans leurs méthodes d'interrogation l'usage de drogues, par exemple. C'est une méthode qui a été fréquemment relevée et qui peut-être, là, diffère des méthodes occidentales. Ces méthodes sont pratiquées aux Etats-Unis également.

Quant aux méthodes d'investigation, il faut comprendre qu'à l'époque, toute la société soviétique participait à l'instrument d'investigation. C'est une particularité qu'on avait dans l'Union soviétique : le principe de la délation était assez universellement admis et accepté.

On savait par exemple que les concierges d'immeubles, le personnel de nettoyage, etc., faisaient des rapports à des officiers du KGB. Evidemment, cela donnait au KGB une capacité de collecte d'information presque illimitée. Cela a probablement changé, parce qu'aujourd'hui le FSB n'a sans doute pas les moyens de pression qu'avait le KGB pour forcer les gens à coopérer. Néanmoins, je pense qu'une bonne partie de la population russe est prête à coopérer avec ces services, il y a donc un potentiel d'investigation et de collecte d'information qui reste très important. Mais qui n'est pas constitué par des agents réguliers. C'est toujours au bon vouloir du citoyen. Cela étant dit, les services russes n'ont jamais vraiment brillé par le côté analytique de leurs investigations, pour des raisons parfois de technologies, mais aussi de culture d'entreprise. Ils savent ramasser beaucoup d'informations, mais ne savent pas toujours bien les utiliser.

Fontana : Jusqu'à quel point le Kremlin contrôle-t-il encore les services secrets russes ? Et dans quelle mesure le corps professionnel du FSB a-t-il des objectifs propres ?

Jacques Baud : C'est une question qui est très difficile, car je pense que même M. Poutine se la pose... Il y a actuellement de nombreux indices qui laissent penser qu'il y a au sein des services une dynamique propre, à eux, et on ne sait pas exactement jusqu'à quel degré le pouvoir politique maîtrise ce que font les services de sécurité. Je n'ai pas la réponse, mais je pense qu'effectivement la réponse mérite d'être posée. On voit peut-être là l'explication des restructurations permanentes dont font l'objet les services russes, probablement pour casser systématiquement des cultures d'entreprises ou des réseaux qui se créent à l'intérieur des services, et pour en conserver la maîtrise. Les services russes ont subi des changements considérables ces quinze dernières années, beaucoup plus que leurs équivalents occidentaux. Et une partie de ces restructurations, comme par exemple la resurbordination des services fiscaux au sein du KGB, ont sans doute comme explication la lutte contre la corruption qui se trouve à l'intérieur même des services de l'Etat dans son ensemble.  Je pense en effet que c'est un problème, mais que personne n'a de réponse.

Antonio : La guerre froide est-elle vraiment terminée au niveau des services secrets ?

Jacques Baud : Oui, la guerre froide est terminée au niveau des services secrets, et elle s'est terminée avant la vraie guerre froide. Mais il reste quand même des méfiances, des suspicions, qui vont encore prendre quelques années à être complètement résorbées.

Chat modéré par Gaïdz Minassian

27.05.2008

Le service de renseignement extérieur géorgien a désormais son site Internet

Le service de renseignement extérieur géorgien vient d'inaugurer son propre site Internet ( http://www.gis.gov.ge/ ) , avec pour but d'informer sur les missions, les buts, et les structures du Service. Malheureusement, les informations disponibles dessus sont en géorgien, une langue particulièrement difficile a apprendre...

 

Rappelons que depuis 2006 le Service de renseignement extérieur géorgien est dirigé par Guéla Béjouachvili, ancien Ministre des affaires étrangères. Une des priorités de ce service paraît être la collecte du renseignement en direction de la Russie: Les autorités russes ont affirmés depuis un ans avoir arrêtés deux espions géorgiens sur le territoire de la Fédération de Russie, tous deux issus du milieu du crime organisé.

 

Интервью Игоря Прелина

В Париже 15ого мая Французкий Центр по исследование разведки (Centre Francais de Recherche sur le Renseignement, CF2R) провело конференцию "Холодная война закончена?".

Присутствовали Эрик Денесе, директор CF2R, а также бывший сотрудник ЦРУ Пит Бэгли, бывший руководитель DST (французская контрразведка) Рэми Потра, координатор спецслужб при Де Голе Константин Мельник и Игорь Прелин, который руководил пресс-центр КГБ СССР во время ГКЧП в 1991ом

Блогу "Разведсообщество" удалось снять интервью Прелина по-поводу деятелности французской разведки против СССР, и про ГКЧП.

17.05.2008

Chambardement au FSB.

A la tête du FSB depuis 1999, Nikolaï Patrushev vient de céder son fauteuil a un de ses subordonnés, spécialisé dans le domaine du contre-espionnage économique: Alexandre Bortnikov. Notre dossier.

Nikolaï Patrushev, né en 1951, a travaillé toute sa vie dans les services de sécurité intérieure, au contre-espionnage du KGB puis au FSB. A la tête de la Direction du FSB en Carélie de 1992 a 1994, il prend ensuite la tête du 4ème département du FSB (Octobre 1998 a août 1999) jusqu'a être nommé a la tête du FSB en 1999 en remplacement de Vladimir Poutine.

En soi, la carrière de Bortnikov paraît discrète, voire terne. Né en 1951,le nouveau directeur du FSB est , tout comme Patrushev, un "vieux de la vieille", qui a travaillé au KGB puis au FSB, a différents postes: Entré en 1975, il aurait fait sa carrière au KGB puis FSB de Saint-Pétérsbourg, entre autres comme il numéro 2 de la Direction du FSB a Saint-Pétérsbourg jusque 2003, chargé de superviser le contre-espionnage. En juillet de la même année, il prend le commandement du FSB de Saint-Pétérsboug. En mars 2004, il est rappelé a Moscou pour diriger un des services les plus importants du FSB, le 4ème département, le Service de sécurité économique (департамент экономической безопасности) .

Le 4ème département est incontestablement un des services les plus importants au sein du FSB: C'est de lui que relève le contre-espionnage économique, ce qui inclut la protection des secrets économiques, commerciaux, et industriels, sans oublier la lutte contre la corruption (Y compris au sein de la police, du Ministère des situations d'urgence ou de celui de la Justice), les machinations financières d'importance (Par décret du Président de la Fédération de Russie d'avril 1999 ont été créés au coeur du Département de sécurité économique des sections chargées de la sécurité des objectifs industriels, des transports et des structures de crédits et des finances), et ce a un moment ou l'économique prime de plus en plus (Y compris ce qu'on qualifie d' "intelligence économique"), la lutte contre la contrebande et le trafic de drogues.  

Pour revenir a Bortnikov, les articles parus, par exemple dans "Agentura.ru", le décrivent comme un technocrate terne. Ce qu'on ne peut exclure: Au sein de la galaxie des services secrets russes, Bortnikov n'est pas une figure très connue. Pourtant, a y regarder de plus près, il a pris part a nombre d'enquêtes importantes au sein du FSB: Au FSB de Saint-Pétérsbourg, il participera a l'enquête sur l'assassinat de la députée russe Starovoïtova, perpétré en 1999. Il faudra presque une année d'enquête et des moyens considérables pour que la police et le FSB tombent sur un gang lié a un député du Parti de Jirinovsky. Plusieurs des gangsters, qui officiellement travaillaient dans une société de sécurité, seront condamnés par la justice russe pour cet assassinat. Au 4ème département, il prendra part a l'enquête sur Mikhaïl Khodorkovsky, le fameux oligarche soupconné (et condamné) pour fraude fiscale. Selon Eric Schmidt-Eebohm, c'est le service de renseignement fédéral allemand (Le BND) qui aurait alerté les russes sur les machinations du magnat..

Alexandre Bortnikov, nouveau patron du FSB, était jusqu'a présent une figure discrète parmi les "siloviki" russes

Autre élément, sa biographie comporte des zones d'ombres, empêchant de juger des qualités ou non de Bortnikov. Une figure peu connue du grand public ne signifie pas automatiquement un simple technocrate, surtout que sa nomination est le résultat de guerres internes au FSB ou, selon les journaux russes, les relations entre Patrushev et Bortnikov n'étaient pas des plus cordiales. Il est même catalogué comme étant un "homme de Medvedev". Une chose est sûre: C'est le nouveau Président de la Fédération de Russie qui a annoncé sa nomination.

Cet épisode peut être relié a la Guerre entre clans au coeur des services de sécurité russes qui a été particulièrement visible l'année dernière. Opposant le patron du FSB, Patrushev, et celui du FSKN, le Service fédéral antinarcotiques, dirigé par Viktor Tcherkessov, apparement autour de questions de contrôle des services de sécurité, ce conflit a aussi montré que Poutine ne contrôle pas si bien que ca ses propres services de sécurité (A moins qu'il laisse faire). Le bilan de cette bataille vient en tout cas de tomber: Patrushev vient d'être nommé secrétaire au Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie, et Tcherkessov vient d'être débarqué du FSKN pour prendre la tête de l'agence pour l'armement.

 

07.04.2008

Le SVR, service de renseignement russe. Partie 1: le successeur de la 1ère Direction du KGB

Cette note est basée sur des informations obtenues de manière ouverte: analyse de biographies, interviews, sites spécialisés.

 Remplacant le 18.12.1991 le TcSR, bref successeur de la 1ère Direction Générale (Renseignement extérieur) du KGB d'URSS, le SVR est un service de renseignement extérieur qui n'a eu de cesse de s'inscrire dans la continuité de son successeur du KGB, récupérant aussi bien ses archives que ses informateurs et ses structures. Peu de choses ont changées avec l'apparition de la démocratie, pour le service de renseignement extérieur russe.
Photos du complexe de la 1ère Direction générale/ TcSR/ SVR a Yasenovo, dans la région de Moscou

Léonid Shebarshine a été le dernier patron de la 1ère Direction générale du KGB, chargée du renseignement extérieur. Contrairement a ses prédécesseurs, il a fait une très grande partie de sa carrière au KGB même, aussi bien dans des postes a l'étranger ( Aide du chef de station au Pakistan dans les années 60; chef de station adjoint chargé de superviser le renseignement politique a la station de Delhi jusque 1975 puis Rézident a Delhi de 1975 a 1977, et enfin rézident a Téhéran de 1979 a 1983) que au quartier général. Le général-lieutenant Léonid Vladimirovitch Shebarshine restera aux yeux de ses officiers un patron réellement compétent.

Dans le climat de chaos ambiant suite au putsch raté de août 1991, deux événements sauveront la 1ère Direction générale et son successeur: La première est l'attitude de Léonid Shebarchine , le patron de la 1ère Direction. Ce professionnel du renseignement a tenu a l'écart son service des turpitudes des putschistes, dirigés par le patron du KGB Vladimir Krioutchkov, dont il ne faisait pas partie des proches. Deuxième raison, la nomination a la tête du nouveau service de renseignement extérieur civil russe (Qui a été "séparé" du KGB par Vadim Bakatine, le nouveau patron du KGB) de Evguéni Primakov, un académicien spécialisé dans les relations internationales, une personne compétente et expérimentée, dont le but est de préserver au maximum le fonctionnement de cette institution qu'est le SVR. Primakov impulsera au SVR quelques réformes, qui seont ici détaillées.

Evidemment, avec la chute du communisme, le côté "idéologique" du travail du renseignement extérieur (défendre et exporter ou c'est possible la révolution communiste) disparaît. Pourtant, le SVR reprend beaucoup de choses venant du Premier Directoire:  structures, personnels (ce qui sera largement démontré au fil des articles), méthodes, issus de l'ex Première Direction générale, y compris son histoire et la dénomination de "tchékistes". Toutefois, les effectifs du SVR sont réduits a 15000 membres, aussi bien en poste a l"étranger que au quartier général a Yasénovo.

Primakov impulse quelques réformes mineures au sein du SVR: 
Au niveau des structures internes, plusieurs départements sont créés.
Apparaît ainsi un service de renseignement économique, chargé de l'espionnage économique pour aider les entreprises russes exportatrices mais aussi d'évaluer les buts des partenaires étrangers lors de la signature de contrats, vérifier la solvabilité des sociétés proposant leurs services aux sociétés d'Etat russes  .Primakov place a la tête du Département Vladimir Riabikhin, qui dirigera ce service de 1992 a 1997. L'activité du service est supervisée par Alexey Chtcherbakhov, Directeur-adjoint du SVR.
Autre nouveauté, la création d'un département chargé du contrôle des armements, de la lutte contre la prolifération nucléaire et des missiles ballistiques. C'est Guennadi Evstafiév, un officier du SVR spécialisé dans ses thématiques, qui est nommé a sa tête.
A gauche, Alexey Chtcherbakov, Directeur-adjoint du SVR, est entré au KGB en 1964. A droite, Gennadi Evstafiev, chef du département de contre-prolifération du SVR, a travaillé pour la 1ère Direction générale du KGB en Inde (fin des années 60), a Tokyo (Jusque 1975, grade de sous-colonel) puis a New York dans les années 80 officiellement comme assistant du Secrétaire général de l'ONU

Les services traditionnels, dans certains cas, voient leurs rôles renforcés; tel est le cas du service d'analyse et d'information du SVR, (apparement dirigé par Valeri Rozanov), la coopération avec les services secrets étrangers (Sous le contrôle d'un autre Directeur-adjoint, Grigori Rapota, et auquel prend part le chef du groupe des consultants auprès du Directeur du SVR, Vadim Kirpichenko), aussi bien avec le Guoanbu de la République Populaire de Chine que avec la CIA, le MI6, le BND ou la DGSE , les sud-africains, les japonais ou les algériens, sans oublier le renseignement scientifique et technologique. Les Etats-Unis ne sont plus "l'ennemi principal", la priorité pour le SVR n'étant plus, comme durant la Guerre froide, d'obtenir des informations sur toute mesure hostile a l'égard de l'URSS concue par les Etats-Unis. Le renseignement "illégal", c'est a dire l'envoi d'officiers sous fausse identité a l'étranger, continue. Toutefois, comme le note Evgueni Primakov dans son ouvrage, " la priorité numéro 1 du SVR reste le renseignement politique, c'est-a-dire la recherche d'informations sur les intentions d'autres Etats, en particulier a l'égard de la Russie".
    A gauche, Grigori Rapota, Directeur-adjoint du SVR. Entré en 1966 a la 1ère Direction, Rapota a servi dans les rézidenturas de Washington et Stockholm. Il a sans doute été "Rézident" en Finlande de 1987 a 1990. A droite Vadim Kirpichenko, chef du groupe des consultants auprès du Directeur du SVR. Il a servi en Egypte a deux reprises ( rézident adjoint de 1954 a 1959, puis rézident de 1970 a 1974) et en Tunisie (rézident de 1962 a 1964). Revenu a Moscou en 1974, il sera chef de la division des illégaux jusque 1979 puis adjoint du Directeur de la 1ère Direction générale.

Notons que trois services du SVR (Celui du renseignement économique, du contre-espionnage extérieur; de l'analyse et de l'information) ne dépendent pas de la Direction pour les opérations du SVR, mais paraissent directement des Directeurs centraux..

Les structures du SVR , au début, paraissent peu claires, voire confuses. Si les rôles de chaques service est clairement précisé, en revanche le contrôle par la Direction ne manque pas d'étonner, de par son enchevêtrement.Si Youri Zubakov est nommé responsable pour l'administration du SVR, Alexeï Chtcherbakov est chargé de superviser le travail du renseignement économique ainsi que dans le domaine scientifique et technologique, tandis que Grigori Rapota a sous sa coupe le contrôle des divisions Amérique, Europe, du Service de presse, et est chargé des relations avec les services secrets étrangers. Cet enchevêtrement confus sera heureusement terminé quand les structures du SVR sont précisées par la suite (quand exactement???) : Le SVR comprend désormais un Directeur, un 1er Directeur-adjoint, et quatre Directeurs adjoints:  un Directeur-adjoint pour les ressources humaines, un Directeur-adjoint pour les questions scientifiques (Dont dépend la Direction des sciences et technologies, la Direction de la technologie pour les opérations, la Direction de l'informatique, et l'académie du SVR) , un Directeur-adjoint pour les opérations (Dont dépend les départements supervisant les opérations du SVR, réparties thématiquement et géographiquement ), un Directeur-adjoint pour la logistique. Les services du contre-espionnage extérieur, de l'analyse et de l'information, du renseignement économique, dépendent toujours directement de la Direction.  Comme 1er Directeur-adjoint, Primakov choisit un spécialiste de la zone Asie, qui a une solide expérience du travail sur le terrain: Viatcheslav Trubnikov a été en poste au Pakistan puis  chef de station au Bangladesh en Inde de 1987 a 1990 avant de diriger les Départements Asie du Sud (1990-1991), puis Amérique du Nord (1991-1992) au Renseignement extérieur du KGB. Il peut aussi compter sur un certain nombre de Directeurs-adjoints, tel Viatcheslav Gurguenov, ou Youri Zubakov pour les questions administratives.
A gauche,Viatcheslav Trubnikov, 1er Directeur adjoint du SVR de 1992 a 1996, a auparavant servi en Inde puis comme rézident au Bangladesh de 1984 a 1987 et en Inde de 1987 a 1990. A droite, Yuri Zubakov, Directeur-adjoint pour l'administration du SVR de 1992 a 1996. Entré en 1966 au contre-espionnage militaire du KGB,il y a fait l'essentiel de sa carrière, ainsi que a la section des services administratifs du Comité Central.

Concernant les stations du SVR, pareil, les changements sont minimes: On récupère les structures et le personnel de l'ancienne Première Direction Générale du KGB d'URSS, avec le même fonctionnement: Un Rézident, le chef de station; un rézident-adjoint chargé de la ligne "X" (Renseignement scientifique et technologique), un rézident-adjoint chargé de la ligne PR (Renseignement politique), un rézident-adjoint chargé de la ligne "KR" (Contre-espionnage et sécurité), sans oublier les chiffreurs, sténos, spécialistes de l'interception éléctronique..Le personnel , comme il a été souligné plus haut, ne change pas: Le germaniste Ivan Gromakov, arrivé a la tête de la station de Washington en 1987, occupera le poste jusque 1993; le peu mondain Boris Volkov, a la tête de la rézidentura dans la capitale francaise depuis 1989, ne la quittera que a la mi-1992 suite a la déféction, rendue publique, d'un de ses adjoints; Alexandre Kisseliev continue d'assurer la liaison avec les autorités de Pyongyang, ou il est en poste depuis 1990, et qu'il ne quittera que en 1995 pour faire valoir ses droits a la retraite;  Youri Perfiliev, directeur d'un des postes les plus sensibles (Beyrouth) durant la guerre civile au Liban, et dont deux des officiers seront enlevés en 1985, donnera sa démission en 1995 a son retour d'Espagne, tandis que une autre "germaniste" de la 1ère Direction générale du KGB , étoile montante du SVR, Sergey Lebedev, est en poste en Allemagne en 1992, sans doute comme rézident a Bonn.
De gauche a droite; Alexandre Kisseliev, représentant du KGB/TcSR/SVR a Pyongyang de 1990 a 1995; Youri Perfiliev, chef de station en Espagne jusque 1995; Sergey Lebedev, apparement rézident a Bonn en 1992.

Toutefois, les stations du nouveau SVR a l'étranger subissent un ralentissement voire, dans certains pays, sont fermées, comme en Asie et dans le Pacifique, ou en Afrique. On estime que pas moins de 30 rézidentura sont fermées. En contrepartie, une station est ouverte en Afrique du Sud, pays avec qui les relations diplomatiques sont rétablies en février 1992, après une rupture d'une quarantaine d'années, appartheid oblige. Un des premiers rézidents est Mikhaïl Dmitriev. Le nombre d'officiers est réduit aussi, comme en attestent plusieurs rapports de services de contre-espionnage occidentaux. C'est la rézidentura de Paris qui , sans doute, en fera le plus les frais: Suite a la déféction de Viktor Ochtchenko (voir plus bas) l'ambassadeur de Russie a Paris, Youri Rijov (qui avait animé la commission d'enquête sur le rôle du KGB durant le putsch de 1991) profite de la déféction de Ochtchenko pour "nettoyer" l'ambassade de Paris: Après avoir déclaré publiquement que Ochtchenko est bien un membre du KGB/SVR, il demande a tous les officiers du SVR de quitter Paris avant que les autorités francaises ne le demandent. Ce qui est fait le 30.09.1992. Parmis les personnes sur le départ, Boris Volkov, ainsi que un 3ème secrétaire officiellement membre de l'UNESCO, Valentin Makarov, qui était en réalité un des officiers traitants de Francis Temperville (plus bas). Toutefois, le SVR réussit a envoyer de nouveaux officiers sous couverture diplomatique a Paris, dont parmi eux Andreï Zélénin ( Chef de station au Maroc au milieu des années 70) , arrivé durant l'année 1993 et chargé de représenter le SVR auprès des services secrets francais.

Quelques remplacements et démissions arrivent, mais très peu. Malgré la fin de la Guerre froide, l'espionnage entre nouveaux alliés continue. C'est dans la logique des choses. Les scandales secouent les deux côtés,mais ce qui est réellement préoccupant est incontestablement l'augmentation du nombre d'officiers du SVR qui "passent a l'ennemi".

Profitant de ce climat troublé, marqué par une forte période d'incertitude pour les russes, les services secrets occidentaux repassent a l'attaque, essayant de recruter ou de convaincre a faire déféction des officiers du SVR, troublant encore plus la situation au sein du SVR et lui faisant perdre nombre de sources. La déféction du colonel Viktor Ochtchenko, chef de la section "X" a la station de Paris et officiellement 2ème secrétaire d'ambassade , au profit du MI6 britannique a la mi-1992, entraîne le rappel immédiat de plusieurs officiers du SVR en poste a Paris, et l'interpellation par la DST et le MI5 de plusieurs informateurs du SVR, tels que l'ingénieur-atomiste francais Francis Temperville ou Michaël John Smith, un britannique recruté par Ochtchenko quand il était en poste a la station de Londres en 1975, et qui fournit au KGB (puis au  SVR) des infrmations sur les projets militaires.
Dans son ouvrage, Evguéni Primakov évoque aussi les déféctions de deux membres du SVR, l'un en poste en Belgique et l'autre en Finlande, ou encore les tentatives de recrutement du chef du SVR a Stockholm par le MI6 en 1993, ou du chef du SVR a Berne peu après , tentative menée par Rolf Mowatt-Larrssen, alors chef de la Base de la CIA a Zurich. La porte-parole du SVR Tatiana Samolis déclarera (Information de Intelligence Online du 04.03.1993) que sur les 18 derniers mois, 7 officiers du SVR avaient désertés.
Mais un des plus gros échecs du SVR est le recrutement par la CIA de Alexandre Zaporojski, un haut responsable du contre-espionnage du SVR, qui contactera le chef de station de la CIA a Buenos Aires, William Ortman, en 1994. Il faudra attendre 1997 pour que les services secrets russes comprennent qu'ils ont été infiltrés, et tombent sur Zaporojski, qui avait soudainement démissioné du SVR pour partir vivre aux Etats-Unis. Il sera arrêté en 2001.

 

06.03.2008

La station du KGB a Pékin

La station du KGB a Beijing

Suite a la victoire du Parti communiste chinois contre les troupes de Tchang Kaï-Tchek et la proclamation en 1949 de la République Populaire de Chine, Staline ordonne d'arrêter les opérations de renseignement contre cet allié de l'URSS en octobre 1949 .

De gauche a droite; Andrey Otrochtchenko, chef de la 3ème Division du Comité d'Information (Renseignement extérieur), qui supervise entre autres les activités en direction de la Chine populaire; Itsak Akhmérov, et Andreï Raïna, conseillers du KI/MGB/MVD/KGB en Chine populaire.

Des officiers du KI ( Qui ensuite sera de nouveau regroupé avec les services de sécurité intérieure et de contre-espionnage, mais séparé du renseignement militaire, pour devenir par décret du Conseil des Ministres d'URSS de 1954 le KGB, ) sont envoyés a Pékin, sous la supervision de Andrey Otrochtchenko, responsable de la 3ème Direction (Moyen et Extrême-Orient) du Comité d'Information (Qui regroupe le renseignement extérieur politique et militaire) avec pour mission de tenir au courant Moscou sur la situation sur place, par le biais de renseignements obtenus de sources ouvertes, et aussi d'aider les chinois a former leurs appareils sécuritaires. Le réseau de citoyens chinois travaillant pour le renseignement extérieur soviétique est gelé, provisoirement. Sur demande de Mao, Les services secrets soviétiques transmettent a leurs homologues chinois les noms de leurs informateurs en Chine.  Les officiers du KGB envoyés sur place font office de conseillers, chargés d'aider les services secrets chinois a se former, mais aussi d'informer Moscou sur la situation en Chine, par la collecte de renseignements de manière ouverte. Toutefois, les chinois ne laissent pas les soviétiques prendre le contrôle de leurs services de sécurité, refusant par exemple que les officiers du Comité d'Information se mêlent aux opérations menées par les chinois. Néanmoins, une certaine coopération existe, comme la proposition d'envoyer des officiers chinois a Moscou pour se former aux techniques du renseignement. Parmi les conseillers , Andreï Raïna, un des principaux fondateurs du département scientifique et  technologique du renseignement extérieur, créé en 1946. Il sera  envoyé en Chine dès 1949, pour conseiller les nouveaux services secrets (Le Diaochabu, renseignement extérieur, et le Gonganbu, chargé de la police et du contre-espionnage) de la jeune République Populaire sur les questions de sécurité, pour revenir , de 1953 a 1954, comme adjoint du conseiller pour le renseignement auprès du Gonganbu, le Ministère de la Sécurité publique chinois.Le conseiller est alors Itsak Akhmérov (En poste comme Raïna de 1953 a 1954) , un spécialiste du renseignement qui a servi comme chef de station "illégal" aux Etats-Unis de 1942 a 1945. Autre conseiller a Pékin, Nikolaï Guéorguivitch Soudarikov, qui sera en poste de 1956 a 1962.

Vladimir Vertiporokh, 1er chef de station du renseignement soviétique a Tel-Aviv jusque 1953 , fut ensuite chef de la Division Extrême-Orient au renseignement extérieur du MVD/KGB, poste qu'il occupa de 1953 a 1957, avant d'être envoyé comme représentant de la 1ère Direction générale du KGB (Renseignement extérieur) en Chine.

A Moscou, on sent néanmoins la tension entre la Chine et l'URSS, aussi c'est une des étoiles montantes du renseignement extérieur, Vladimir Ivanovitch Vertiporokh, qui est envoyé comme représentant de la 1ère Direction générale a Beijing en 1957.Il décédéra en 1960 d'une crise cardiaque.

Evguéni Pitovranov, chef de la représentation du KGB a Beijing de 1960 a 1962.

Cette même année, le KGB décide de rapatrier nombre de ses officiers, ne laissant a Beijing que une petite station. Pourtant, en mars 1960, le général Pitovranov, une des légendes du KGB , arrive a Beijing. Il dirigera la représentation du KGB a Pékin auprès du renseignement politique chinois ( Sans doute le Diaochabu) avant d'être remplacé en février 1962 par son adjoint, Nikolaï Pavlovitch Goussiev, lequel restera en poste jusque octobre 1964. Dans ses câbles au QG du KGB, Pitovranov indique très clairement que les dirigeants chinois refusent la politique soviétique de coexistence pacifique avec les pays capitalistes, considérant que c'est une concession faite a l'impérialisme. Ils refusent aussi le passage pacifique au socialisme dans les pays développés. Après la mort de Staline, Mao ne lui