03.06.2008

Les postes du SDECE a l'étranger, brève analyse.

La lecture de nombre d'ouvrages consacrés au renseignement extérieur francais, ainsi que des recherches personnelles, poussent a faire quelques constats sur les postes du SDECE (Service de Documentation Extérieur et de Contre-Espionnage , le service de renseignement extérieur francais de 1946 a 1982). Si certaines des remarques ne sont pas des surprises pour un spécialiste du renseignement, ici l'effort est donné vers une analyse plus poussée. Notre dossier. 

Premier constat pour les officiers du SDECE envoyés a l'étranger, les couvertures diplomatiques qui leur sont attribuées par le Quai d'Orsay. Elles présentaient l'inconvénient de rendre le chef de poste SDECE très facilement identifiable: Citons d'abord la couverture "d'attaché militaire adjoint" qui fut attribuée pêle-mêle a:

Robert Cantais, chef de poste a Tokyo jusque 1963.

René Crignola, chef de poste a Prague de 1964 a 1966 environ,puis Tokyo a partir de 1970 , a chaque fois sous la même couverture.

Jean Deuve, chef de poste a Tokyo de 1967 (au minimum) a 1970.

Au commandant Perret , chef de poste a Moscou de 1951 a 1955, puis a son successeur, le capitaine Michaut 

Le commandant Humm, chef du poste chargé du renseignement a Vienne jusque 1963.

Jacques Lafou de Lageneste, chef de poste en Hongrie a compter de 1951

Michel Bourrel de la Roncière, envoyé a Belgrade en 1954

Les capitaines Husson (chef de poste au Cambodge jusque 1962) puis son successeur, le capitaine Touzelet (1962-1965)

 

Ensuite, couverture tout aussi ridicule, celle de "chargé de mission", qui fut attribuée a :

Philippe Thyraud de Vosjoli, chef de poste SDECE a Washington de 1951 a 1963

Raymond Laporte, chef de poste SDECE a Washington de 1963 a 1968

Paul Blondel, chef de poste a Beyrouth de 1959 a 1962

Reynold de Seresin,chef de poste au Liban de 1969 a 1971.

 

Citons celle, moins utilisée mais tout aussi inefficace, de vice-consul (Maurice Clément, chef du poste Contre-espionnage a Vienne a compter de 1963), d'"attaché naval adjoint" , par exemple Albert Labbens de 1962 a 1964 a Moscou ou le capitaine de corvette René Taro a Istanbul de 1962 a 1964) ou d'attaché de presse adjoint pour Bounier, chef de poste au Cameroun (alors qu'il n'y a même pas d'attaché de presse!). Mais tous les "attachés militaires adjoints" ne sont pas des officiers du SDECE. La réciproque n'est pas vraie.

Notons que certains officiers du SDECE ont pus disposer de couvertures plus discrètes (Par exemple Jacques Levacher, chef de poste successivement a Sofia de 1960 a 1966 puis La Havane de 1967 a 1971 sous la couverture de conseiller commercial).

 

Le SDECE réussira ensuite, peu a peu, a obtenir des postes diplomatiques a l'étranger plus classiques pour ses officiers en poste a l'étranger, rendant plus difficile leur identification par les services ennemis. Par exemple, Roger Aymé ouvre le poste SDECE de Beijing en 1972 sous la couverture de "conseiller d'ambassade". Pierre Chirol arrive a Bagdad en 1968 comme deuxième secrétaire d'ambassade (il y restera jusque 1970, avant d'apparaître avec la même couverture diplomatique a Aden, au Yémen).  Même si les mauvais exemples restent: Citons Alain Bolley, chef du poste SDECE (puis DGSE) de 1980 a 1985 a Delhi, officiellement "attaché militaire adjoint!". Ou Alain Chouet, "chargé de mission" a Rabat de 1985 a 1988! Aujourd'hui, les chefs de postes de la DGSE disposent d'une couverture, très classique, de secrétaire  ou de conseiller d'ambassade.

 

Deuxième remarque, la faiblesse des postes SDECE a l'étranger, surtout comparé au KGB ou a la CIA, et même vis-a-vis du SIS, le service de renseignement extérieur britannique! Généralement, un poste SDECE ne comporte que le chef de poste et son secrétaire, sauf quelques postes, comme le Sénégal, ou l'Allemagne et l'Autriche. Le chef de poste se retrouve, le plus souvent, seul. Or, devant déja non seulement lire la presse quotidienne du pays affecté, traiter les sources (si il en dispose) du poste SDECE, mais aussi rencontrer des officiels (si il est officiellement diplomate)et rédiger des rapports quotidiens, son efficacité en pâtit, et il est parfois difficile de lancer de nouvelles approches ou de connaître parfaitement la situation d'un pays, faute d'avoir le temps d'une vue d'ensemble. Heureusement, le chef de poste bénéficie de l'assistance de son secrétaire (par exemple pour les contres-surveillances) et généralement s'entend très bien avec l'attaché militaire de l'ambassade, permettant ainsi d'échanger les informations.

Troisième remarque, la division du travail: Dans certains pays, existe a la fois un poste SDECE chargé de faire du renseignement, et un autre poste chargé du contre-espionnage. C'est le cas au Sénégal a la fin des années 50 (Ou Maurice Robert dirige le renseignement offensif et son homologue, M.Roger, s'occupe du contre-espionnage) ou en Autriche. Cette complémentarité apparente (le poste chargé du renseignement "attaque", celui du contre-espionnage "défend") n'est que de facade, car d'abord cette méthode n'empêche pas les doublons entre lesdeux postes, qui peuvent en venir a tenter de recruter la source de l'"adversaire", et ce qui n'aide pas, les deux postes ne dépendent pas de la même autorité. L'un dépend du service de renseignement, l'autre du service de contre-espionnage, empêchant une coordination efficace, a moins d'une bonne entente a tous les niveaux.

Quatrième remarque, regrettable, sur l'absence, pour des raisons budgétaires (manque de moyens) , politiques (Fermeture de la station du SDECE a Prétoria, dirigée par le commandant Hamon, tout simplement parce que le nouveau gouvernement s'oppose a l'appartheid! Il aurait été, au contraire, préférable de laisser l'antenne du SDECE en fonctionnement pour collecter des renseignements), techniques (Impossibilité de faire du renseignement derrière le Rideau de Fer, d'ou la conclusion du directeur du SDECE dans les années 70: Il faut fermer les postes!) ou stratégiques (le pays en question n'a que peu d'importance, voire aucune) de postes SDECE dans certains pays. Par exemple, le SDECE est très peu implanté a la fin des années 50 en Amérique Latine (quoique les informations obtenues font supposer l'ouverture, en 1962, d'un poste en Argentine et d'un autre au Pérou). Résultat, certains pays soit ne sont pas couverts, ou bien sont couverts, mais depuis un pays tiers.

Citons Albert Labbens, précédemment nommé, et qui dirigea le poste de Moscou de 1962 a 1964: Il était aussi chargé de couvrir la Pologne et la Finlande. Ou son homologue Jacques Levacher, en poste a Cuba, est aussi compétent pour la République Dominicaine. Prenons l'exemple du chef de poste du SDECE au Sénégal chargé de couvrir les pays voisins. Ayant déja beaucoup de travail a Dakar, il ne peut se rendre a intervalles réguliers dans les pays qu'il est chargé de couvrir. Résultat, parfois pendant plusieurs mois, le Centre (Expression personnelle pour parler du QG du SDECE) n'est informé sur la situation dans le pays donné que par la presse ecrite. L'absence d'un chef de poste sur place, qui soit au contact quotidien aussi bien de la population que des officiels ou de ses sources, empêche un véritable travail de renseignement. En Afrique, sous l'égide de Maurice Robert a partir du tout début des années 60, cette situation s'améliore, avec la création des postes de Liaison et de Renseignement (PLR), chargés de faire du renseignement "ouvert" et d'assister les services secrets des pays amis dans la formation de leurs officiers, sans oublier l'échange de renseignement. Ses postes seront implantés en Côte d'Ivoire, au Tchad (Jusque 1963, quand le PLR, suite a un incident entre le chef de l'Etat tchadien et le chef du poste,le commandant Mallet, entraîne sa fermeture), au Gabon, en Mauritanie, au Sénégal, au Mali, en Haute-Volta (Burkina Faso) au Cameroun,en Centrafrique, au Congo et a Madagascar. Ne font du renseignement "clandestin" que les antennes implantées en Guinée (jusque 1965, avec la rupture des relations diplomatiques entre la France et la Guinée), au Tchad (A partir de 1963), ainsi que au Congo, au Mali et en Mauritanie.

 

 

10.04.2008

Changes in Espionage by Americans: 1947-2007

Voila un document fort intéréssant qui vient d'être publié et que je recommande vivement. Cette analyse de 113 pages non seulement dévoile des cas peu connus de citoyens américains ayant fournis des informations a des services secrets étrangers (par exemple, russes, philippins, nord-coréens), mais en plus livre une analyse détaillée, et compare les différentes situations? Combien de personnes ont trahis, pour quelles raisons? Quelle était leur situation sociale, familiale? Et j'en passe. Un document en anglais qui rappele l'évolution du contexte historique depuis  1947 jusque 2007,réellement passionant. Disponible ici

05.12.2007

Le rapport de la communauté américaine du renseignement sur les capacités nucléaires iraniennes, novembre 2007

Paru il y a 48 heures, ce NIE (National Intelligence Estimate) défraie déja la chronique. Préparé, comme le veut la tradition pour les NIE, de concert entre les 16 services de renseignements américains (Citons par exemple le Homeland Security, la Central Intelligence Agency, la National Security Agency, le Defense Intelligence Agency, ainsi que le service de renseignement du Ministère de l'Energie US ou le service de renseignements du Département d'Etat) et intitulé "Iran: Nuclear Intentions and Capabilities" en date de novembre 2007, ce rapport indique entre autres que si l'Iran avait bien un programme nucléaire , il a été arrêté en 2003. A vos commentaires!

 

 

Key Judgments


A. We judge with high confidence that in fall 2003, Tehran halted its nuclear weapons
program1; we also assess with moderate-to-high confidence that Tehran at a minimum is
keeping open the option to develop nuclear weapons. We judge with high confidence
that the halt, and Tehran’s announcement of its decision to suspend its declared uranium
enrichment program and sign an Additional Protocol to its Nuclear Non-Proliferation
Treaty Safeguards Agreement, was directed primarily in response to increasing
international scrutiny and pressure resulting from exposure of Iran’s previously
undeclared nuclear work.
• We assess with high confidence that until fall 2003, Iranian military entities were
working under government direction to develop nuclear weapons.
• We judge with high confidence that the halt lasted at least several years. (Because of
intelligence gaps discussed elsewhere in this Estimate, however, DOE and the NIC
assess with only moderate confidence that the halt to those activities represents a halt
to Iran's entire nuclear weapons program.)
• We assess with moderate confidence Tehran had not restarted its nuclear weapons
program as of mid-2007, but we do not know whether it currently intends to develop
nuclear weapons.
• We continue to assess with moderate-to-high confidence that Iran does not currently
have a nuclear weapon.
• Tehran’s decision to halt its nuclear weapons program suggests it is less determined
to develop nuclear weapons than we have been judging since 2005. Our assessment
that the program probably was halted primarily in response to international pressure
suggests Iran may be more vulnerable to influence on the issue than we judged
previously.


B. We continue to assess with low confidence that Iran probably has imported at least
some weapons-usable fissile material, but still judge with moderate-to-high confidence it
has not obtained enough for a nuclear weapon. We cannot rule out that Iran has acquired
from abroad—or will acquire in the future—a nuclear weapon or enough fissile material
for a weapon. Barring such acquisitions, if Iran wants to have nuclear weapons it would
need to produce sufficient amounts of fissile material indigenously—which we judge
with high confidence it has not yet done.


C. We assess centrifuge enrichment is how Iran probably could first produce enough
fissile material for a weapon, if it decides to do so. Iran resumed its declared centrifuge enrichment activities in January 2006, despite the continued halt in the nuclear weapons
program. Iran made significant progress in 2007 installing centrifuges at Natanz, but we
judge with moderate confidence it still faces significant technical problems operating
them.
• We judge with moderate confidence that the earliest possible date Iran would be
technically capable of producing enough HEU for a weapon is late 2009, but that this
is very unlikely.
• We judge with moderate confidence Iran probably would be technically capable of
producing enough HEU for a weapon sometime during the 2010-2015 time frame.
(INR judges Iran is unlikely to achieve this capability before 2013 because of
foreseeable technical and programmatic problems.) All agencies recognize the
possibility that this capability may not be attained until after 2015.


D. Iranian entities are continuing to develop a range of technical capabilities that could
be applied to producing nuclear weapons, if a decision is made to do so. For example,
Iran’s civilian uranium enrichment program is continuing. We also assess with high
confidence that since fall 2003, Iran has been conducting research and development
projects with commercial and conventional military applications—some of which would
also be of limited use for nuclear weapons.


E. We do not have sufficient intelligence to judge confidently whether Tehran is willing
to maintain the halt of its nuclear weapons program indefinitely while it weighs its
options, or whether it will or already has set specific deadlines or criteria that will prompt
it to restart the program.
• Our assessment that Iran halted the program in 2003 primarily in response to
international pressure indicates Tehran’s decisions are guided by a cost-benefit
approach rather than a rush to a weapon irrespective of the political, economic, and
military costs. This, in turn, suggests that some combination of threats of intensified
international scrutiny and pressures, along with opportunities for Iran to achieve its
security, prestige, and goals for regional influence in other ways, might—if perceived
by Iran’s leaders as credible—prompt Tehran to extend the current halt to its nuclear
weapons program. It is difficult to specify what such a combination might be.
• We assess with moderate confidence that convincing the Iranian leadership to forgo
the eventual development of nuclear weapons will be difficult given the linkage many
within the leadership probably see between nuclear weapons development and Iran’s
key national security and foreign policy objectives, and given Iran’s considerable
effort from at least the late 1980s to 2003 to develop such weapons. In our judgment,
only an Iranian political decision to abandon a nuclear weapons objective would
plausibly keep Iran from eventually producing nuclear weapons—and such a decision
is inherently reversible.

 F. We assess with moderate confidence that Iran probably would use covert facilities—
rather than its declared nuclear sites—for the production of highly enriched uranium for a
weapon. A growing amount of intelligence indicates Iran was engaged in covert uranium
conversion and uranium enrichment activity, but we judge that these efforts probably
were halted in response to the fall 2003 halt, and that these efforts probably had not been
restarted through at least mid-2007.


G. We judge with high confidence that Iran will not be technically capable of producing
and reprocessing enough plutonium for a weapon before about 2015.


H. We assess with high confidence that Iran has the scientific, technical and industrial
capacity eventually to produce nuclear weapons if it decides to do so.

 


1 For the purposes of this Estimate, by “nuclear weapons program” we mean Iran’s nuclear weapon design
and weaponization work and covert uranium conversion-related and uranium enrichment-related work; we
do not mean Iran’s declared civil work related to uranium conversion and enrichment.

 

 Key Differences Between the Key Judgments of This Estimate on Iran’s Nuclear
Program and the May 2005 Assessment


2005 IC Estimate

 Assess with high confidence that Iran
currently is determined to develop nuclear
weapons despite its international
obligations and international pressure, but
we do not assess that Iran is immovable.

 

We have moderate confidence in projecting
when Iran is likely to make a nuclear
weapon; we assess that it is unlikely before
early-to-mid next decade.

 


Iran could produce enough fissile material
for a weapon by the end of this decade if it
were to make more rapid and successful
progress than we have seen to date.

 

 

2007 National Intelligence Estimate

 


Judge with high confidence that in fall 2003,
Tehran halted its nuclear weapons program. Judge
with high confidence that the halt lasted at least
several years. (DOE and the NIC have moderate
confidence that the halt to those activities
represents a halt to Iran's entire nuclear weapons
program.) Assess with moderate confidence
Tehran had not restarted its nuclear weapons
program as of mid-2007, but we do not know
whether it currently intends to develop nuclear
weapons. Judge with high confidence that the halt
was directed primarily in response to increasing
international scrutiny and pressure resulting from
exposure of Iran’s previously undeclared nuclear
work. Assess with moderate-to-high confidence
that Tehran at a minimum is keeping open the
option to develop nuclear weapons.



We judge with moderate confidence that the
earliest possible date Iran would be technically
capable of producing enough highly enriched
uranium (HEU) for a weapon is late 2009, but that
this is very unlikely. We judge with moderate
confidence Iran probably would be technically
capable of producing enough HEU for a weapon
sometime during the 2010-2015 time frame. (INR
judges that Iran is unlikely to achieve this
capability before 2013 because of foreseeable
technical and programmatic problems.)

 



We judge with moderate confidence that the
earliest possible date Iran would be technically
capable of producing enough highly enriched
uranium (HEU) for a weapon is late 2009, but that
this is very unlikely.

24.10.2007

Guojia Anquanbu :Anatomie (2ème partie)

GUOJIA ANQUANBU MINISTERE DE LA SECURITE D'ETAT CHINOIS

 

Parmi les priorités du MSS,aussi bien la lutte contre les espions étrangers que contre les opposants politiques.Par exemple,les proches du Dalaï Lama,ou la secte Falungong. Nombre d'affaires le démontreront

En décembre 1995, le MSS de Lhassa, dirigé par Gaisang Qupei, neutralise un groupe de tibétains qui tentait de recruter des compatriotes pour faire de l'espionnage. En sens inverse, en novembre 1995, le contre-espionage indien avait neutralisé trois chinois qui tentaient d'espionner le Dalaï Lama (Une des principales bases de refuges des tibétains fuyant la Chine communiste est l'Inde).

Un autre problème suscite la préoccupation des autorités chinoises, et c'est au MSS de s'y coller : La lutte antiterroriste. Mention particulière au terrorisme ouïgour.

LA LUTTE ANTITERRORISTE

En mars 1997, plusieurs bombes explosent a Pékin, Lhassa, et Urumqi (Province du Xinjiang). En effet, dans cette dernière province existe une ethnie ouïgoure (musulmane), qui se bat depuis plusieurs siècles pour obtenir un Etat indépendant. Le MSS décide d'agir, sous le commandement de Zhang Ruihua, chef du bureau MSS Xinjinag, et de Gaisang Qupei, qui dirige toujours l'antenne de Lhassa. Les autorités chinoises, en effet, n'excluent pas une alliance,alors,entre ouïgours et tibétains,étant donné la simultanéité des attentats. Le MSS décide aussi d'installer une section musulmane a Shanghaï .C'est une occasion aussi d'établir des relations avec la DGSE francaise, qui combat de son côté le crime organisé chinois.

L'ESPIONNAGE EXTERIEUR

Les information actuelles montrent clairement une activation du MSS hors des frontières chinoises: le Directeur du Renseignement National US déclarera publiquement en 2007 que les services secrets chinois et russes comptent parmi les plus agressifs dans la collecte de renseignements sur le sol américain, tandis que dans un rapport, le BFV, le contre-espionnage fédéral allemand, s'inquiétant de la vente par la Chine d'ordinateurs qui auraient été piégés aux institutions allemandes.

LE TRAVAIL DU MSS EN DIRECTION DES ETATS-UNIS: LE RAPPORT DE 1998

Voici ce que note par exemple un rapport, "Report to Congress on Chinese espionnage activities against the United States" en date du 01.01.2000, relatif a l'année fiscale 1998. Destiné au Congrès américain, ce rapport a été déclassifié l'année dernière, en janvier 2006 :

En premier lieu sont rappelées les priorités pour la sécurité nationale chinoise, a savoir le maintien de la stabilité intérieure, la collecte de renseignements a caractère scientifique et technologique et destiné a aider au développement économique de la Chine, la surveillance des dévellopements touchant Taïwan et les intérêts intrenationaux chinois.Le rapport estime aussi que,en date de 1998, la collecte de renseignements est l'oeuvre,en majorité,de non-professionels du renseignements, d'individus et d'organisations agissant hors du contrôle des services secrets chinois. Ce sont des entreprises, des compagnies privées, des Instituts de recherche, qui ont pour but de collecter des renseignements,pour en profiter a titre privé. Les services secrets chinois, estime le rapport, ont plus pour habitude d'utiliser des étudiants chinois pour la collecte du renseignements, et de souligner que beaucoup d'étudiants chinois aux Etats-Unis étudient les sciences, leur donnant ainsi la possibilité une grande variété de renseignements dans le domaine des technologies.

Rappelant ensuite les différents services de renseignements extérieurs chinois, a savoir le MSS, le Qingbao (Renseignement militaire) et le Departement de Liaison ,une unité du département politique de l'Armée Populaire de Libération chargé de la collecte du renseignement contre Taïwan, le rapport détaille ensuite sur le travail des services secrets chinois contre les Etats-Unis:

Dans le domaine du renseignement politique, estime le rapport, Beijing continue a voir les Etats-Unis comme une de leurs cibles majeures dans la collecte du renseignement.Une attention particulière est portée a la politique étrangère et aux intentions des Etats-Unis ,ainsi que sur les leaders américains et les négociations bilatérales ou multilatérales sensibles.

Concernant le renseignement militaire, il est surtout conduit par les attachés militaires chinois ,aussi bien du bureau de l'attaché militaire a l'ambassade de la République Popualire de Chine a Washington que du Comité d'Etat-Major des Nations Unies a New York. La collecte du renseignement se fait souvent par les méthodes "ouvertes" (lecture de journaux spécialisés, observation..), mais depuis 1987, le FBI et les Douanes auraient détéctées deux opérations clandestines conduites par le Qingbao aux Etats-Unis.Priorité est donnée aux technologies militaires américaines, ou aux opérations militaires américaines,sans oublier les ventes d'armement militaire a Taïwan.

Dans le domaine du renseignement économique, le rapport note que c'est une priorité pour les services secrets chinois,entre autres pour le MSS ,qui agit,étant donné ses fonctions ,aussi bien sur le territoire américain que en Chine.Le MSS serait particulièrement actif contre les hommes d'affaires occidentaux,surtout en Chine. Quant aux personnes d'origine chinoise, elle sont évidemment l'objet de tentatives de recrutement du MSS. Toutefois,la part de renseignements collectés dans le domaine scientifique et technique en Chine même est faible, par rapport au travail de renseignement hors de la Chine.

Durant les 20 dernières années,la Chine a donc établie des réseaux solides aux Etats-Unis même, avec pour cible aussi bien les institutions étatiques que les entreprises privées, les académies, les instituts, laboratoires, toutes personnes impliquées dans un travail donnant accès a des informations confidentielles.

 

LA COLLECTE DU RENSEIGNEMENT ETATS-UNIS EXCEPTES.

Parfois,des scandales apparaissent: en 2005,un cadre du MSS fait déféction en Australie et révèle que le MSS a pour principale cible la secte Falungong. En 2006, c'est un codeur japonais qui se suicide. Dans la note qu'il laisse, il affirmera avoir subi un chantage du MSS,quand il était a Shanghaï (Chef du MSS Shanghaï: Cai Xumin)

La priorité reste toutefois l'adversaire,les services secrets taïwanais,comme le montre le scandale qui vient d'éclater:

Fin septembre 2007, Lin Yu-Nung, un officier du Bureau du renseignement du Ministère de la Justice taïwanais, est interpellé: Il avait été recruté par les services secrets chinois. Son recruteur Chen Chih-Kao, est un ancien collègue de travail "retourné" en 2005 par les services secrets chinois a Shanghaï.Le MSS peut,pour ses opérations, aussi se baser sur une communauté chinoise a l'étranger extrêmement vaste,et souvent bien implantée, pour la collecte de renseignements ou la couverture. Le Guojia Anquanbu s'est donc, au cours des dernières années, retrouvé confronté a nombre de tâches : Citons aussi son implantation a Hong Kong, depuis la rétrocession de la colonnie par la Grande-Bretagne en 1997.Selon "Intelligence Online",le MSS utilise la couverture du Security Department des services de renseignements politique de la Colonie,le Liaison Office of the Central Governement in Hong Kong Special Administrative Region.Les opérations sont surtout menées depuis la Direction du MSS de Canton, dirigée par Xu An.Notons que les services secrets chinois privilégient,comme leurs homologues allemands du BND (Renseignement fédéral ouest-allemand) les couvertures commerciales .Ils utilisent aussi les couvertures diplomatiques,mais rien n'a permis de distinguer ,a mes yeux, dans les ambassades de Chine a l'étranger, les officiers du MSS de leur homologues du Ministère des affaires étrangères chinois.

Restent toujours prioritaires aux yeux du MSS le travail en direction des pays de la zone Asie et le développement de ses réseaux de renseignements, sans compter une augmentation de son implantation en Afrique , auquel s'était déja efforcé son prédécesseur dans les années 60.Il s'agissait alors d'implanter le marxisme en Afrique; désormais il s'agit pour le MSS de s'implanter par le biais de l'économie, la Chine augmentant fortement son commerce et s'implantant en Afrique par des projets, des entreprises, des prêts a des taux extrêmement faibles (Voire nuls).

LE RENFORCEMENT DE LA COOPERATION AVEC LES SERVICES SECRETS ETRANGERS.

Boris Eltsine approuve, par ce document du 04.08.1994, des negociations en vue d'un accord de cooperation entre le FSK et le Guoanbu

Le Guoanbu entretient des relations avec nombres de services secrets. Par exemple,un acte administratif du 04.07.1994 de Boris Eltsine fait etat de negociations, en vue d'un accord de cooperation, entre le FSK (Service federal de contre-espionnage de la Federation de Russie, devenu en 1995 le FSB) et le Ministere de la Securite d'Etat de la Republique Populaire de Chine.  Début 2007, le MSS a établi des contacts avec la Sécurité ukrainienne, le SBU, et avec le service de la Sécurité d'Etat géorgien.

CONTRE-ESPIONNAGE

Le MSS ne se contente pas de piquer les secrets dans les autres pays: Il doit aussi défendre les secrets chinois: Fin 2001 les autorités chinoises découvrent des micros dans le Boeing destiné au Président chinois, et qui a été fabriqué aux USA. Vers le début de l'année 2002, c'est le patron de la station de la CIA a Beijing, Stephen Holder, qui est déclaré "persona non grata" et expulsé par les chinois,pour des raisons inconnues. Selon "Intelligence Online" du 06.07.2007 (information a prendre avec prudence car elle n'a recu aucune confirmation) les services secrets nord-coréens se seraient activés en Chine, surtout dans les provinces de Liaoning , Jilin et Heilongjiang, frontalières de la Corée du Nord,pour infiltrer les communautés nord-coréennes. En réponse a été nommé en 2006 Li Jie, un spécialiste du contre-espionnage au sein du MSS pour diriger la Direction du MSS de Jilin, entraînant le démantèlement de plusieurs réseaux nord coréens. En riposte le MSS aurait envoyé plusieurs de ses officiers sous couverture commerciale pour s'infiltrer en Corée du Nord,mais plusieurs d'entre eux auraient disparus en Corée du Nord depuis 2004.

Voila ce que rapporte le "Intelligence Online" du 06.07.2007:

Guerre secrète avec Pyongyang

TEXTE-ARTICLE:Le département de la sécurité d'Etat (State Security Department,SSD) de Pyongyang multiplie depuis plusieurs mois les tentatives d'infiltration chez les réfugiés nord-coréens établis dans les provinces chinoises de Liaoning,Jilin et Heilongjiang, toutes frontalières de la Corée du Nord. L'un des réseaux mis en place par le State Security Department est constitué de petits restaurants coréens à prix modiques établis dans les capitales régionales et dans la préfecture autonome de Yanbian, qui dépend de la province du Jilin mais est peuplée en majorité de Nord-Coréens. Pour contrer les opérations du SSD, le département de la sécurité d'Etat chinois (Guoanbu) a nommé l'an dernier un spécialiste du contre-espionnage, Li Jie, pour diriger ses activités dans la province de Jilin.
Suite à cette nomination, plusieurs réseaux nord-coréens ont été démantelés.Mais les services chinois montent eux aussi des opérations d'infiltration en Corée du Nord, utilisant notamment des hommes d'affaires chinois qui font régulièrement l'aller-retour entre les deux pays. Certaines de ces opérations ont été découvertes par Pyongyang et plusieurs industriels chinois, agents spéciaux sous couverture, ont purement et simplement disparu en Corée du Nord ces trois dernières années. Le poste de renseignement chinois à Pyongyang a fait des demandes officielles auprès du Parti des travailleurs de Corée pour
les récupérer, pour l'instant sans succès. L'activisme du Guoanbu sur le dossier nord-coréen contraste avec la politique du Bureau de renseignement du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), très proche des "frères" de Pyongyang, avec lesquels il dispose d'une liaison régulière. Du fait de cette proximité, le PCC dispose des meilleures informations sur la Corée du Nord.

Lorsque en septembre 2007 les autorités chinoises ont été accusées de pirater plusieurs sites internet, dont celui du Pentagone, elles ont niées et aussitôt rappelées que les services secrets occidentaux se livrent aux mêmes activités contre les Chinois..

 

2f15d822c7fa92524b293f5b42cdb8e9.jpg587369742df7dd7d509333a9777e37b9.jpg

Xu Yongyue ( A gauche) , et son remplacant Geng Huishang (A droite)

De 1998 a la mi-2007,le patron du Guojia Anquanbu était Xu Rongyue.Il a été remplacé a ce poste par Geng Huishang,55 ans,qui occupait depuis 1998 le poste de Vice-Ministre de la Sécurité d'Etat.Il est décrit comme un spécialiste de la protection des secrets commerciaux.

Aujourd'hui,voici l'organigramme du Ministère de la Sécurité d'Etat.:

Division opérationnelle :

-1er département ,renseignement intérieur,chargé entre autres de recruter en Chine même des informateurs.

-2ème département,opérations a l'étranger,et analyse des informations ainsi obtenues.

-3ème département,opérations en direction de Hong Kong ,Macao, Taïwan.

-4ème département, appui technique. (Appareils photos,micros etc..)

-5ème département,coordination et direction du travail des services régionaux du Guoanbu.

-6ème département, contre-espionnage.

-7ème département,circulation,en fait le Département chargé d'analyser les informations venant des différents services du Guojia Anquanbu.

-8ème département,Institut contemporain des relations internationales.

-9ème département,sécurité interne du Guojia Anquanbu, et coordination des sections du contre-espionnage militaire au sein de l' APL.

-10 ème département,collecte de renseignement économique,scientifique et technologique.

-11ème département,renseignement éléctronique contre les autres pays, et sécurité informatique (Pour empêcher les intrusions des services secrets occidentaux dans les ordinateurs du Minsitère de la Sécurité d'Etat),ainsi que analyse des informations ainsi obtenues.En décembre 2003,le 11ème département était dirigé par Wu Shizhong.

-Département des affaires étrangères,contacts avec les services de renseignements étrangers,et coordination de la coopération.

 

Mes remerciements a :Intelligence Online,Fabrice,Roger Faligot,FAS.

 

 

16.06.2007

Déclassification de documents par la CIA

La Central Intelligence Agency a annoncé le 06.06.2007 sur son site avoir déclassifié 420000 pages de documents ,qui sont désormais disponibles au grand public (https://www.cia.gov/news-information/featured-story-archi...),au National Archives and Records Administration (NARA).Au sein du NARA,situé das le Maryland,ses documents se trouvent au CREST (CIA Records Search Tool),qui contient au total plus de 10 millions de pages de documents (ce qui nous rappele au passage que les services secrets ,comme dans tout pays,sont aussi des bureaucraties,dont le travail est plus de noircir de la paperasse que de mener de spectaculaires opérations a la James Bond..Ses documents sont disponibles sur place,aux Etats-Unis.Toutefois,ils peuvent sans doute être demandés par Internet (j'ai essayé,mais ils demandent a ce que la demande soit la plus précise possible)

Concernant les documents déclassifiés récémment,ce sont des rapports des années 1940/1950,provenant aussi bien de la Direction des Opérations que de la Direction du renseignement (service d'analyse) ou du Directoire Scientifique et Technique

 Voici l'adresse mail pour contacter le NARA: alic@nara.gov

Site du NARA:  http://www.archives.gov/ 

Ou pour en savoir plus sur le CREST :  http://www.archives.gov/research/alic/tools/online-databa...

05.06.2007

Recherches en cours

Est ouvert un dossier sur le "National Endowment for democracy",une institution américaine qui s'efforce de promouvoir la démocratie dans le monde et a été fondée en 1982.Les informations obtenues indiqueraient que le NED a bénéficié de l'aide de la CIA,d'ou mon intérêt. L'information en ce sens vient du Réseau Voltaire (dont je me méfie vu leurs théories conspirationnistes) ,d'ou ma prudence,jusqu'a ce que je me rappele que Ralph Mc Gehee,ex-officier de la CIA en poste en Thaïlande dans les années 70,avait cité le NED,pour avoir été liée aux événements de la place Tian An Men a Pékin en 1989.Selon Mc Gehee,le NED aurait aidé la CIA (avec d'autres institutions) pour mener des "covert actions" sur le territoire chinois (http://www.serendipity.li/cia/ciabase/ciabase_report_2.htm). Il est probablement fait référence d'une part au soutien aux dissidents chinois,puis,quand les autorités chinoises réprimèrent dans le sang les manifestations sur la Place,a l'opération YELLOW BIRD,consistant a faire exfiltrer des opposants chinois vers Hong-Kong et Macao.

Si vous avez des informations sur le NED,prévenez-moi

Site du NED:  http://www.ned.org/

Cyril

28.04.2007

Breach,"Les fuites",le film sur l'affaire Hanssen

medium_breach.2.jpg

Breach 

Film américain,avec Ryan Philippe (Officier FBI Eric O'Neill),Chris Cooper (Robert Hanssen),Laura Linney (Officier du FBI Kate Burroughs), Dennis Haysbert (Officier du FBI Dean Plesac).

 

Sorti en février dernier aux Etats-Unis,"Breach" raconte l'enquête menée par le FBI sur un de ses membres,Robert Hanssen,soupconné de travailler pour les services secrets russes..Personnellement,j'ai aimé ce film au style réaliste,froid,documentaire,détaché dans un certain sens,avec un Robert Hanssen complexe,a la fois méprisant,arrogant,hautain,et aussi un professionel du FBI ,surtout dans le domaine de la sécurité informatique .Et le style du film n'est pas étonnant :Eric O'Neill,un des scénaristes,est un des officiers du FBI qui a enquêté du FBI sur Robert Hanssen (Le vrai) ,qui espionna successivement pour le compte du GRU,du KGB et du SVR depuis 1979 jusqu'a son interpellation le 18.02.2001..Un regret ,néanmoins,pour le film:L'enquête en elle-même n'est pas assez fouillée. Voici le site (vraiment bien fait au demeurant) du film:http://www.breachmovie.net/

medium_robert_hanssen_joue_par_Chris_Cooper.jpg

  A gauche,Chris Cooper,dans le rôle de Robert Hanssen (Remarquable).A droite,le véritable Robert Hanssen.

Je profite de cette occasion pour revenir sur l'affaire Hanssen,car il n'est pas inutile de revoir cette affaire pour comprendre les dégâts qu'a causé a la Police fédérale américaine Robert Philip Hanssen..

 

medium_eric_o_neill_et_ryan_philippe.jpg

A gauche,Ryan Philippe,dans le rôle de l'officier du FBI Eric O'Neill.A droite,le vrai Eric O 'Neill. 

CARRIERE DE ROBERT HANSSEN 

Né le 18.04.1944 a Chicago dans une famille de policiers,Robert Philip Hanssen entre a la Police de Chicago en 1972,ou il travaille d'abord a la section financière de la Police de Chicago,puis a la section C-5 chargé de démasquer les policiers corrompus.Entrée au FBI le 12.01.1976. Hanssen a successivement occupé les postes d'officier chargé d'enquêter sur les infractions liées a la hauute technologie a Chicago,puis muté a New York en 1978,envoyé au QG du FBI a Washington en janvier 1981.En 1983,entre a la section URSS de la Division analytique du FBI.Début 1985, chef des Brigades de surveillance du FBI a New York.Nommé en 1987 Chef de la section de l'analyse des informations sur l'espionnage sur l'URSS.En juillet 1991,section du renseignement du FBI,pour empêcher l'acquisition par l'URSS des secrets scientifiques et techniques américains par l'URSS. Représentant officiel du FBI auprès du Département d'Etat de 1995 a 2001.Chef de la division d'assurance de l'information du FBI  du 12.01.2001, a son arrestation (Sécurité informatique interne du FBI).De par les postes qu'il a occupé ,Hanssen a fait des dégâts considérables a la communauté américaine du renseignement:Il a transmis les noms d'officiers,d'informateurs du FBI (Parmi les soviétiques) ,les programmes du FBI pour la lutte contre les soviétiques,a installé un dispositif d'écoute au coeur de la salle de conférence du Département d'Etat au profit du SVR,a transmis des informations sur les opérations du FBI contre les soviétiques (Tentatives de recrutements,surveillance,appâts) ainsi que les analyses du FBI sur l'URSS,sans oublier que grâce a Hanssen le KGB a limité la casse en 1988: Le FBI piste alors un haut fonctionnaire du Département d'Etat,Felix Bloch,soupconné de travailler pour le KGB.Le KGB prévenu,il alerte par le signal convenu Bloch tandis que l'illégal du KGB qui traitait Bloch est rappelé d'urgence en URSS..

 

medium_fbi_2.jpg

 

ENQUETE DU FBI.

Les dégâts causés par la perte de plusieurs "assets" (Informateurs) soviétiques  du FBI a évidemment alerté le Bureau:

-Valéry Martinov,sous-colonel de la section scientifique et technologique du renseignement extérieur du KGB recruté a Washington en 1983 ,est interpellé en 1985 par le KGB,condamné a mort et éxécuté en 1987.

-Sergey Motorine,Major de la section PR (Renseignement Politique) du renseignement extérieur du KGB recruté par le FBI en 1984,interpellé en 1985 ,condamné a mort et éxécuté en 1987.

medium_fbi.2.jpg-Dmitri Polyakov,Général du GRU recruté en 1961 par le FBI ,interpellé le 07.07.1986 ,condamné a mort et éxécuté en 1988.

-Boris Yuzhin,officier du KGB en poste a San Fransisco en 1975 par le FBI ,interpellé le 23.12.1986,condamné a 12 ans de prison. 

Le FBI créa aussitôt une unité spéciale,de six personnes,nom de code "ANLACE" pour déterminer les origines des pertes subies,mais le rapport rendu en décembre 1987 excluait la possibilité d'une infiltration du FBI.C'est l'enquête conjointe avec le Centre de contre-espionnage de la CIA qui permet au FBI de déboucher sur Aldrich Ames,haut fonctionnaire de la CIA qui a contacté le KGB en 1985.Le FBI croit alors avoir la réponse aux "pertes de 1985" que lui et la CIA ont subis,jusqu'a ce que,au fur et a mesure des interrogatoires et recoupements,le FBI remarque que Ames n'a pas pu balancer certaines opérations,compromises,pour la bonne et simple raison que il n'en avait pas connaissance.La traque est aussitôt relancée ,mais les enquêteurs se trompent de piste en soupconnant un officier de la CIA,qui connaissait Ames.Hanssen n'était même pas sur la liste des suspect.Jusqu'a ce que le FBI recrute un ancien du SVR,le service de renseignement extérieur russe,qui fournit au FBI des informations sur le fameux traître au sein du FBI ,contre 7 millions de dollars.

medium_hanssen_lieu.jpgmedium_hanssen_lieu_2.jpgHanssen déposa ,dans la réalité,mais aussi dans le film,une Boîte aux lettres morte sous ce pont,ce dimanche 18.02.2001.

Parmi les informations,l'enregistrement d'une conversation,en 1986,entre un officier du KGB et le fameux traître.En écoutant la bande,les officiers du FBI se rendent tout de suite compte que ce n'est pas leur suspect de la CIA.Mais qui?  Un analyste de la section Russe du FBI,réécoutant la bande,remarque une expression,du général Patton,employée au cours de la conversation par le mystérieur traître.Et cet analyste de se rappeler que il a entendu la même expression,de la bouche même de Robert Hanssen...

medium_hanssen_BLM.jpgLa boîte aux lettres morte déposée par Hanssen.

Nous sommes fin 2000,et le FBI décide de mettre le paquet pour interpeller Hanssen,qui doit prochainement prendre sa retraite.Il est muté a la tête d'un service spécialement créé pour lui,la division des ressources de l'information du FBI.Jusq'ua ce qu'il soit interpellé le dimanche 18.02.2001,après avoir déposé une Boîte aux lettres morte dans un parc..Hanssen a été condamné a la prison a vie.