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28/01/2009

Comment travaillent et travaillaient les services secrets en direction de l' URSS puis en Russie.

COMMENT TRAVAILLENT ET TRAVAILLAIENT LES SERVICES SECRETS EN DIRECTION DE L'URSS PUIS EN RUSSIE

 

Cette note se base sur des informations tirées non seulement d' ouvrages mais aussi de documents déclassifiés, entre autres extraits des rapports annuels d' activité du KGB d' URSS, qui fournissent des éléments très intéressants d'information. Il convient de rappeler que durant l' existence de l' URSS la « surveillance omniprésente » du KGB relève dans certains cas plus du mythe que de la réalité: D'une part la 7ème Direction du KGB (Brigade de surveillance) n'avait pas les moyens de suivre toutes les personnes qui l' intéressaient (manque d' effectifs) et d'autre part il est absurde de suivre en 24/7 (24h/24 et 7 jours sur 7) une « cible » sauf si vous voulez la décourager de faire du travail d' espionnage. Mieux vaut au contraire « cibler » les moments ou elle est surveillée et ce pour éviter que la personne se rende compte que elle est sous surveillance constante et avoir plus de chance de découvrir son réseau d'informateurs. Néanmoins, le contre-espionnage du KGB était capable en effet, si la nécessité se faisait sentir, de mobiliser d'importants effectifs pour suivre une personne.

 

ALLEMAGNE. Très peu d' informations sont disponibles sur le travail du BND a Moscou même, le service paraît plus avoir concentré ses efforts sur la RDA, ainsi que l' Europe de l' Est ( Pologne et Tchécoslovaquie). Par exemple,la note n°547-Tch/OB du 15.03.1983 relative a l' activité du KGB pour l' année 1982 évoque l' arrestation d'un agent du renseignement extérieur de la RFA, citoyen tchécoslovaque.

Néanmoins, quelques informations apparaissent:le rapport n°709-A/ du 30.03.1976 , relatif a l'activité annuelle du KGB pour l' année 1975 évoque des personnes des « pays tiers » expulsés d' URSS pour espionnage au profit des « services de renseignement de la RFA ».

Une autre couverture utilisée est celle des sociétés allemandes travaillant sur le territoire soviétique. Le rapport n°414-A du 28.02.1977 relatif a l' activité du KGB pour l' année 1976 évoque par exemple l' arrestation pour espionnage d'un citoyen allemand, Chtchedrov, consultant de la firme ouest-allemande « Stubbe ». Le rapport n° 877-A/OB du 31.03.1981 relatif a l' activité du KGB pour l' année 1980 évoque toutefois deux citoyens soviétiques arrêtés pour espionnage au profit du renseignement extérieur de la RFA. Un autre cas a été dévoilé en 1986 quand est condamné un dénommé Ilya Suslov,qui transmettait des informations a caractéristique technologique au BND par l' intermédiaire du représentant d'une société allemande a Moscou.

Aujourd'hui le chef de station du BND a rang de conseiller de l' ambassade allemande a Moscou. Un de ses derniers chefs a Moscou (au début du mandat de Vladimir Poutine comme président) avait été représentant du BND a Beijing dans les années 80.

 

CHINE. La dégradation des relations sino-soviétiques a entraînée une activation du travail du KGB et du GRU en direction de la Chine communiste, et réciproquement le Shihuibu (renseignement extérieur) et le Gonganbu (Ministère de l' Intérieur, responsable entre autres du contre-espionnage), puis leur successeur a partir de 1983, le Guojia Anquanbu (Ministère de la Sécurité d' État, chargé du renseignement extérieur et du contre-espionnage) ont multipliés les opérations de renseignement en direction de l' URSS. Une des méthodes utilisées par les services secrets chinois était l' envoi de faux transfuges, chargés après débriefing par les autorités soviétiques de s' implanter durablement dans la zone Extrême-Orient en URSS. Les rapports annuels d' activité du KGB, déclassifiés pour la plupart, citent abondamment cette méthode comme exemple. Par exemple le rapport n°709-A/ du 30.03.1976 , relatif a l'activité annuelle du KGB pour l' année 1975 évoque deux agents du renseignement chinois démasqués par le KGB parmi les personnes fuyant la Chine communiste, chargés d'une mission de renseignement (apparement a court terme). La note n°728/A-OB du 10.04.1982 relative a l' activité du KGB pour l' année 1981 évoque quand a elle 7 agents du renseignement chinois démasqués,qui officiellement fuyaient la République populaire de Chine. Idem pour la note n°547-Tch/OB du 15.03.1983 relative a l' activité du KGB pour l' année 1982 qui évoque 10 espions chinois démasqués parmi les personnes fuyant le régime de la RPC. Autre méthode plus classique, l' envoi de personnes traversant illégalement la frontière dans la zone Extrême-Orient. Autre méthode utilisée, évoquée dans la note n°728/A-OB du 10.04.1982 relative a l' activité du KGB pour l' année 1981, l'envoi par la RPC d' agents parmi les personnes venant de pays du tiers monde.

 

CORÉE DU NORD. Le renseignement nord-coréen a travaillé en direction de l' URSS par les voies suivantes: envoi d' espions dans la région Extrême-Orient; travail de collecte de renseignement a partir de l' ambassade de Corée du Nord a Moscou; envoi de militaires auditeurs dans des écoles militaires soviétiques et chargées de recueillir des informations. La chute de l' URSS lui a ouvert de nouvelles possibilités dans la recherche de renseignements a caractère technologique, entre autres sur la question des armements ou des scientifiques. Deux scandales ont impliqués des activités du renseignement nord-coréen en Russie, en 1993 et 1994 respectivement, autour de tentatives d' obtentions d' informations a caractère technologique, surtout militaire.

 

ÉTATS-UNIS. La toute jeune CIA a due attendre 1953 pour pouvoir envoyer son premier officier sous couverture diplomatique a Moscou, et 1961 pour y nommer son premier chef de station, Paul Garbler. La station de la CIA a Moscou a été très active durant la guerre froide, comme le montrent la liste des informateurs traités qui furent démasqués. Citons Léonid Poleshuk, Oleg Penkovsky, Adolf Tolkachev, Evgueni Kapoustine, Dmitri Polyakov, Vladimir Vassiliev, qui étaient respectivement Officier de la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, colonel du GRU, ingénieur dans le domaine de l' éléctronique de pointe, travaillait dans une usine, général du GRU, colonel a la division des illégaux du GRU.

A partir du milieu des années 70, suite a l' interpellation d'un officier de la station de Moscou, Edmund Kelly, en Arménie alors que il avait un contact avec un informateur sur place,le traitement des informateurs se faisait a Moscou, ou bien a Léningrad, ou la CIA avait ouvert une base sous couvert du consulat général des États-Unis. Parmi les dirigeants de la Base CIA de Léningrad dans les années 80, citons Barbara Brian, Léonard Belgard, Michaël Grivski entres autre. La CIA s' appuyait sur les informateurs recrutés hors URSS ainsi que ceux qui proposaient leurs services en URSS même. Les recrutements en URSS étaient plutôt rares. La station de Moscou, qui au début ne comptait que 5 officiers environ, a atteint dans les années 70-80 le chiffre de 8 a 12 officiers traitants sous couverture diplomatique. Les informations aussi bien a caractère politique que économique ou militaire intéressaient la station de Moscou, qui pouvait dans certains cas compter sur l' aide de diplomates du département d' État. N' était pas épargné le travail contre le KGB et le GRU.

La CIA n'était pas seule a Moscou, faisaient aussi du renseignement les attachés militaires dépendants de la DIA, et le poste NSA a Moscou. On ignore le degré de coordination a Moscou même entre ses différentes structures. Toutefois, Rem Krassilnikov, dans ses mémoires, évoque Jack Roberts, officier en poste pour la NSA a Moscou dans les années 70 et qui sera envoyé a l' ambassade US a Kaboul après l'entrée des troupes soviétiques en Afghanistan.

La chute de l' URSS a ouvert de nouvelles opportunités de renseignement, car la Russie continue a être un concurrent sérieux des USA, et nombre d' informations sont a présent disponibles par le biais des sources ouvertes. Ses dernières années, c'est surtout la DIA qui s'est distinguée par son activité sur le territoire russe. Une coopération existe aussi entre les services secrets US (CIA, DEA etc..) et ceux de la Fédération de Russie (FSB et SVR surtout). Un des derniers chefs de station de la CIA a Moscou identifié est Robert Dannenberg, en poste de 2001 a 2003, et qui est entré dans le privé en 2007.

 

FRANCE. Le SDECE a ouvert un poste a Moscou dès les débuts de la guerre froide; Son premier représentant sur place clairement identifié est la dès 1951,il s'agit du commandant Perret, officiellement « attaché militaire adjoint ».Il est remplacé en 1955 par le capitaine Michaud, également chef du poste SDECE a Moscou sous la même couverture. La couverture de « attaché militaire adjoint » paraît refléter la priorité du SDECE que constitue le renseignement militaire, même si la collecte du renseignement politique et la question de la sécurité de l' ambassade n'est pas a négliger. Selon différents auteurs, le poste SDECE aurait été fermé au début des années 70 par Alexandre de Marenches, lequel estimait que il ne servait a rien de maintenir une station a Moscou puisque il était impossible d'y collecter du renseignement! Nous n'en sommes pas certains mais nous n' excluons pas que le dernier chef de poste soit Bernard Grué, qui quitte Moscou en 1971 officiellement comme attaché militaire adjoint et occupera dans la deuxième moitié des années 70 le poste de Directeur du renseignement du SDECE.

Le rapport du 03.12.1976 du chef de la 5ème Direction du KGB d' URSS Philip Bobkov, « Note analytique relative au caractère et aux raisons de certains comportements négatifs parmi les chercheurs et les étudiants », évoque la création par le Quai d' Orsay d'un service baptisé « service de la coopération » et qui, selon le rapport, « servirait a l' envoi, sous couverture de ce service, dans les établissements d' enseignement soviétiques, d' espions et d' agents ». Ses informations n'ont pu être confirmées.

La DGSE remplace le SDECE en 1982, mais elle n' a pas réussi a être un service très offensif en direction de l' URSS, malgré les efforts entrepris par Pierre Marion ( dès 1982) puis l' amiral Lacoste en ce sens. Le poste de Moscou a alors été rouvert, vers 1982 environ. Priorité est donnée a la collecte du renseignement « ouvert », par exemple en faisant « parler » les personnalités lors de cérémonies officielles, ainsi que l' utilisation de personnes, par exemple originaires de pays africains francophones, en URSS. La chute de l' URSS a ouvert des opportunités, mais le poste de la DGSE a Moscou semble plutôt privilégier le travail de relation avec les autorités russes et la collecte du renseignement ouvert, ainsi que le renseignement militaire par le biais du bureau de l' attaché militaire de l' ambassade de France. Ses chefs de stations sont des militaires de carrière, qui occupent une couverture diplomatique.


GÉORGIE. L'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Saakachvili a entraînée des changements dans les structures du renseignement géorgien. Ainsi, le service de renseignement extérieur, auparavant partie intégrante d'un Ministère de la Sécurité d' État, a gagné en indépendance; il dépend directement du Président.

Un article de la presse russe a évoqué le nom d'un diplomate géorgien présenté comme étant le chef de station du renseignement géorgien a Moscou en février 2004, un dénommé Nugzar Grzelichvili.. Les vérifications entreprises ont en tout cas confirmées la présence a Moscou de cette personne qui avait, selon les listes diplomatiques de 2005 et 2006, grade de conseiller supérieur de l' ambassade géorgienne a Moscou. Confirmation quand son successeur est identifié: Arrive en 2007 a l' ambassade géorgienne a Moscou, pour reprendre le bureau de Grzelichvili, Iraki Kotetishvili, auparavant ministre-adjoint du Ministère de la Sécurité d' Etat géorgienne, ou il coopéra très étroitement avec les russes dans la lutte contre le terrorisme tchétchène, entre autres dans la vallée du Pankissi en Géorgie.

Depuis février 2008, c'est un diplomate professionnel, Guéla Bejouachvili, qui est a la tête du renseignement extérieur spécial géorgien. Le nouveau service spécial de renseignement extérieur  géorgien a eu cette année-la les honneurs de la presse non seulement pour avoir inauguré son site Internet (qui, petit défaut, met du temps a charger) mais aussi pour le démantèlement d'un réseau durant les grandes vacances qui s' efforcait de collecter des informations dans le domaine militaire. Le réseau ne paraît pas avoir été dirigé a partir de la station du renseignement géorgien a Moscou mais plutôt directement avec des officiers traitants opérant depuis le territoire géorgien. Selon la presse russe, le renseignement géorgien s' intéressait aux objectifs stratégiques de la région fédérale Sud de la Fédération de Russie. Et ce en plein conflit ossète! La récente rupture diplomatique entre la Russie et la Géorgie a potentiellement posé des problèmes au nouveau service de renseignement spécial extérieur géorgien, qui ne peut plus agir a partir de son ambassade a Moscou. En tout cas tous ses événements n'ont pas empêchés le Président de la Géorgie de décorer le patron du service spécial de renseignement extérieur géorgien "for their recent conduct, professionalism and contribution to the defence and integrity of Georgia (Communiqué du 08.10.2008 disponible sur le site du renseignement extérieur géorgien)

 

GRANDE BRETAGNE. Le poste SIS Moscou a été particulièrement discret durant la guerre froide. Il était hors de question pour le gouvernement britannique de recommencer un éventuel «  complot Lockhart ». Le renseignement se fait plus par le biais des antennes situées hors du bloc communiste. Néanmoins, la station du SIS Moscou, discrète, prendra part a quelques opérations réussies, par exemple le traitement de Oleg Penkovsky dans les années 60 et l' exfiltration de Oleg Gordievsky en 1985. Priorité était donnée au traitement des rares sources disponibles sur place, a la collecte du renseignement politique, a la coopération avec le bureau de l' attaché militaire, a la mise en place de lieux de rencontre et de « boîtes aux lettres mortes » sûres, et a découvrir les méthodes de travail et le personnel de la brigade de surveillance du KGB. La station de Moscou s'est fortement activée suite a la chute de l' URSS, et a été mise sur la sellette suite a différents scandales, successivement en 1994,1996, et 2006.

IRAK. Très peu d' informations sont disponibles sur le travail des services irakiens en URSS puis en Russie. Toutefois quelques informations filtrent des rapports déclassifiés ou de déclarations officielles. Le rapport du KGB sur ses activités annuelles pour l' année 1980 fait référence a la découverte d'une rézidentura du renseignement irakien sur le territoire soviétique, « composée de citoyens irakiens et d'autres pays arabes, vivant constamment en URSS ».Le rapport rendu le 22.01.2002 relatif a l' activité du FSB pour l' année 2001 fait également état de l' interpellation de personnes travaillant pour les services secrets irakiens, sans que l' on en sache plus.

ISRAËL. Le Mossad semble, durant la guerre froide, ne guère avoir été actif derrière le Rideau de fer, au profit du Nativ, créé spécialement a cet effet en juin 1951 sur ordre de David Ben Gourion, et dont la mission fut assez particulière: Le Nativ était chargé de diriger et coordonner le travail d' émigration des juifs vivant derrière le Rideau de fer. Pour cela, le Nativ disposait de représentants a Vienne mais aussi aux États-Unis, a Londres, et derrière le Rideau de fer, chargés de faire du lobbying auprès des autorités occidentales mais aussi de garder le contact avec les juifs soviétiques. Pour leur travail, les officiers du Nativ établissaient des contacts, distribuaient, parfois secrètement, des Tora, jouaient la navette entre les juifs soviétiques et leur famille vivant en Israël etc..

Ce travail, qui ne ressemble guère a celui d'un service secret, était mené dans les règles de la clandestinité, cette activisme ne plaisant guère au contre-espionnage du KGB. Le premier représentant a Moscou fut Nechemia Levanon, en poste de juillet 1953 a août 1955 (expulsé). Un de ses remplaçants sera Benyamin Eliav dans les années 50, puis Yehoshua Pratt de 1959 a 1962. Suite a la rupture des relations diplomatiques entre Israël et l' Union Soviétique en 1967, le Nativ continua son travail a partir de l' ambassade néerlandaise a Moscou. De 1988 a 1991 c'est Yaakov Kedmi qui dirige la station du Nativ a Moscou. Il sera ensuite a la tête du Nativ, de 1992 a 1999.

Le Mossad ne paraît pas s'être investi dans les missions d'espionnage et de renseignement derrière le Rideau de fer, sans doute a cause du rôle spécifique du Nativ, mais aussi a cause de la priorité accordée aux pays du Moyen-Orient. Un des premiers représentants du Mossad en poste a Moscou est Reuven Dinnel, officiellement conseiller d'ambassade, arrivé en 1992, il est le représentant du TEVEL (« Diplomatie alternative) a Moscou, mais sera expulsé en 1995 pour espionnage. L'arrivée du Mossad en Russie n'a pas empêchée le Nativ de continuer ses activités, le service existe toujours, bien que il soit parfois question de le dissoudre, et sa mission n'a pas changée.

SYRIE. Le rapport de l' activité du KGB pour l' année 1977 se contente d' évoquer l' expulsion du secrétaire-archiviste de l' attaché militaire de l' ambassade de Syrie a Moscou.

 

TURKMÉNISTAN. Le service de renseignement turkmène, le KNB, Comité pour la Sécurité Nationale, apparu au lendemain de l' indépendance du pays, a ouvert une station a Moscou sous couverture de l' ambassade, dont la mission paraît être en premier lieu.. la collecte de renseignement contre les opposants au régime turkmène hébergés en Russie. En tout cas,le premier chef de poste du renseignement turkmène identifié est Rakhmanguli Allakov, arrivé a Moscou en octobre 1993 comme 3ème secrétaire et chef de station a partir de 1994, et qui avait précédemment fait ses classes a la 5ème Direction du KGB (« contre-espionnage idéologique »). Idem pour son prédécesseur a partir de 1996, Serdar Annayev, qui d'après une information s' était illustré dans la lutte contre l' intelligentsia a Ashkabad. Les officiers de la station du KNB a Moscou ont été mis en cause a plusieurs reprises pour leurs actions contre les opposants réfugiés a Moscou. Par exemple, selon la presse russe, Allakov aurait tenté de forcer un poète-dissident, Velsapar, de revenir au Turkménistan; ou les tentatives de recrutement de turkmènes a Moscou par son successeur en octobre 1997 pour surveiller les milieux dissidents. Annabayev a exercé son poste a Moscou jusqu'au début des années 2000 (En 2001 il était toujours "Premier secrétaire") avant de quitter la capitale russe. Son remplacant a ce poste fut sans doute Orazmuhamed Charyev, en poste a Moscou jusque 2005-2006, et qui fur remplacé par Maskat Annabaev en 2007. Ils se sont faits, en tout cas, beaucoup plus discrets a Moscou que Allakov et Annayev.

 

TURQUIE. Les intérêts turcs et russe s' opposent dans la zone Caucase, c'est par conséquent leur principal champ de bataille. Aucune information n'a filtrée sur le travail de la station du MIT a Moscou, ou plus précisément en Russie et en URSS.

Chef du contre-espionnage militaire pour la région militaire Caucase de 1964 a 1972, Boris Geraskine indique que du côté des voisins de la zone Caucase, c'est le renseignement turc qui était le plus actif, par exemple a travers son consulat a Batoumi.

Suite a la chute de l' URSS et a l' instauration de la Fédération de Russie, un peu plus d'informations sont disponibles: Un documentaire du FSB indique que le chef de station du MIT, apparement au début des années 90, était Ergan Szoi, qui dirigea en 1995 la section chargée de couvrir la Russie au QG du MIT. Le FSB a, a plusieurs reprises, mis en cause le travail du MIT dans la zone Caucase, entre autres en Tchétchénie. En 1995 est par exemple arrêtée Madame Chansli, une femme d'origine bulgare, qui a été recrutée par le MIT et essayait d'obtenir des informations a Krasnodar sur le fonctionnement et le travail des services de la police et du FSB locaux. La même année, un journaliste, Isak Kendir, est arrêté au Daguestan. On trouve aussi sur lui deux documents d'identité au nom de Itsak Kasap. est expulsé. Selon les autorités russes, le journaliste était en réalité un cadre du MIT chargé des contacts avec Djokar Dudaïev, leader des séparatistes tchétchènes. Doudaïev se servait de ce journaliste pour entretenir des contacts avec les autorités turques, et par exemple exiger d'elles que elles reconnaissent l' indépendance de la Tchétchénie .Kasap-Kendir, ainsi que un officier du MIT du nom de Hussein, chargé des contacts avec Doudaïev, sont expulsés..

Patron du 1er département du FSB (contre-espionnage), Oleg Syromolotov, dans une interview donnée en 2002 a la Rossiskaya Gazeta, citera, parmi les services secrets entretenant des contacts avec les séparatistes, ceux de la République de Turquie.

On peut aussi supposer une certaine coordination entre MIT et services russes a propos de la lutte contre les bandes armées en Tchétchénie, même si la position turque sur ce sujet manque de clarté. A plusieurs reprises, les autorités russes ont interpellées des citoyens turcs se battant dans les bandes tchétchènes. Citons comme exemples Ali Ollu, qui combattit les russes de 2001 jusqu'à son interpellation le 29.12.2005 en Russie, ou bien Abou Zar, qui prépara plusieurs groupes de terroristes dans la vallée du Pankissi en Géorgie. La Turquie est aussi un point de passage pour aller en Tchétchénie; Alexandre Zdanovitch, alors a la tête des relations publiques du FSB, cite comme exemple dans une interview du 15.08.2000 Muhammad Wahab, qui passa par la Turquie puis la Géorgie, et fut arrêté en 2000.

07/09/2008

Le Mossad, structures opérationnelles

Note de l'auteur: Cette note est basée sur la documentation accumulée, l'analyse, des réfléxions. Néanmoins, je n'exclue absolument pas de m'être trompé sur certains points dans les structures du Mossad..

A gauche, le sigle du Mossad. A droite, photo du quartier général du Mossad.
Très peu d'informations sont disponibles sur les structures du Mossad. Le Mossad, aussi appelé "L'Institut", est le service de renseignement extérieur israëlien.Créé en septembre 1951, il dépend directement du Premier Ministre. Confronté a différents dangers (Terrorisme extrémiste islamique, prolifération nucléaire) ses structures ont dûes s'adapter, et évoluer.

Victor Ostrovsky. Un des rares auteurs qui permit de s'en faire une idée précise est Viktor Ostrovsky, dans son ouvrage "By way the deception" qui date de ..1990.

Le Mossad est divisé entre directions, chacune avec sa compétence. Nommé en 2002 a la tête du Mossad (et occupant toujours la fonction), Meir Dagan aurait restructuré le Mossad autour de deux directions: la Direction des Opérations, et la Direction des services (Qui a une tâche beaucoup plus administrative). Nous nous concentrerons beaucoup plus sur les services opérationnels, sur lequels beaucoup plus d'informations sont disponibles.

Exception pour un service, directement rattaché au patron du Mossad: "Al", chargé de faire du renseignement aux Etats-Unis. Selon Viktor Ostrovsky, ce département, composé d'officiers triés sur le volet, travaille non pas depuis l'ambassade ou les consulats israëliens, mais depuis des appartements ou des sociétés. Les choses ont apparement évoluées, puisque comme l'a montré l'affaire Larry Franklin (Analyste du Ministère de la Défense américain arrêté pour avoir transmis des informations secrètes a l'AIPAC) le Mossad dispose d'une station sous couverture de l'ambassade israëlienne a Washington, laquelle n'hésite pas a faire de l'espionnage, y compris dans le domaine industriel ou militaire, ou politique.


D'abord, la Direction des Opérations du Mossad, qui est dirigée par le Directeur-adjoint du Mossad depuis 1995.

  • Parmi les services du Mossad, celui qui retient l'attention est le MELUSKAH qui est apparu en 1955 (Dont le nom jusque 1984 était TZOMET ou TSOMET): c'est le service chargé de collecter des informations dans les pays "amis", neutres, ou pro-paléstiniens. Pour cela, les officiers du TZOMET soit agissent a partir du poste TZOMET implanté sous couverture diplomatique dans l'ambassade, soit envoie des hommes sous une couverture (par exemple, savant), de préférence canadienne (Le Mossad, comme le montrait Ostrovsky, utilise de préférence les passeports canadiens).

Ilan Mizrahi sera a la tête du TZOMET de 1997 a 1999 avant de devenir directeur-adjoint du Mossad (De 2000 a 2002).

Le TZOMET dispose donc d'antennes a Rome, Paris, Madrid, Londres, Bruxelles, Copenhague, Berlin. Selon Ostrovsky, le TZOMET est divisé en trois services: Le Service Israël (Espagne, Chypre, Grèce, Turquie), la Branche B (Italie, Allemagne, Autriche),la Branche C (Angleterre, France, Scandinavie, Belgique, Pays-Bas). Le Service Israël possède cette spécificité, selon Ostrovsky, de travailler depuis Israël, ou il envoie dans ses pays a fortes tendances pro-paléstienienne ses katsas (Officiers traitants). Notons que les Branches B et C ont sans doute été restructurées, puisque désormais le TZOMET compte une Branche "Europe".

Le MELUSKAH a été dirigé par: Rehavia Vardi (Juste avant la guerre de Yom Kippour), David Biran (En 1980), Avi Dagan de 1993 a 1996, Ilan Mizrahi de 1997 a 1999), un dénommé Naftali Granot jusque 2005, puis un dénommé I (Auparavant a la tête de la section Europe du TZOMET)

  • Créé en 1958, le TEVEL (Devenue KAISARUT en 1984) est chargé de la "diplomatie alternative",c'est-a-dire aussi bien les contacts officiels avec les pays ou services secrets amis (Par exemple les Etats-Unis) que avec l'ennemi, aussi bien les Etats (Et ce en vue d'établir des relations diplomatique avec Israël) que les organisations. Pour cela, le TEVEL dispose de représentants dans les ambassades israëliennes a l'étranger (Par exemple a Paris, Washington, Londres, etc..) ou bien sous d'autres couvertures (Par exemple, selon Ostrovsky, le représentant du TEVEL en Indonésie dans les années 80 vivait a Djakarta sous passeport britannique). Le TEVEL  a été entre autres dirigé par Nahum Admoni (Au milieu des années 70), Ephraïm Halevy (De 1985 a 1990), David Biran (En remplacement de Halevy), Araleh Sherf (Vers 1995), Itzak Barzely (Vers 1996), Yoram Hessel (De 1999 a 2003), puis un dénommé D..(En 2005), précédemment officier-coordinateur.

Les chefs de la station TEVEL de Washington: Ephraïm Halevy, Nahum Admoni, Uri Chen et Yoram Hessel.

Le poste le plus important au sein des représentations du TEVEL a l'étranger est évidemment celui de Washington: Etant donné l'étroitesse des relations américano-israëliennes, ce qui implique entre les deux pays un fort degré de concertation, le représentant du TEVEL a ses entrées aussi bien a la CIA que dans l'administration présidentielle ou au Congrès. Ce poste est d'ailleurs très profitable, puisque les officiers l'ayant dirigés ont toujours gravis les échelons: Officiellement "conseiller politique" de l'ambassade israëlienne a Washington de 1970 a 1974, Ephraïm Halevy a ensuite dirigé les divisions BITZUR (De 1980 a 1985) et TEVEL (De 1985 a 1990) avant d'être au coeur des négociations aboutissant a la signature d'un traité de la paix avec la Jordanie en tant que Directeur-adjoint du Mossad (De 1990 a 1995) et enfin d'en prendre la tête (De 1998 a 2002). Idem pour Nahum Admoni, en poste dans la capitale politique etats-unienne dans les années 70 et qui dirigea en 1976 le TEVEL puis fut a la tête de l'Institut; Uri Chen, après avoir été représentant du TEVEL a Washington de 1989 a 1993 a ensuite dirigé la section Amérique du Nord du TEVEL a la fin des années 90, avant de quitter le Mossad comme chef du service d'analyse; son successeur Yoram Hessel a, après son poste a Washington de 1992 a 1997, dirigé le TEVEL, avant de quitter le Mossad en 2003. La seule exception a la règle est Dan Arbel, représentant du TEVEL dans la deuxième moitié des années 80 (Après avoir été arrêté dans le cadre du scandale de Lillehammer, puis avoir dirigé le TZOMET a Paris en 1980) dont la carrière est ensuite inconnue.

  • Reuven Dinel, représentant du TEVEL a Moscou de 1992 a 1995 (a gauche) sera interpellé pour des activités sans rapport avec la "diplomatie alternative" (photo de droite). Dans plusieurs pays, le Mossad a a la fois des représentants du TEVEL et des katsas du TZOMET. Le TEVEL n'est donc pas chargé de collecter du renseignement. Du moins officiellement, sauf pour les échanges d'informations (Par exemple avec la CIA). Toutefois on ne peut exclure que le TEVEL profite de l'opportunité qui lui est offerte pour obtenir des informations supplémentaires...Par exemple, un officiel du TEVEL devenu ami avec un officier de la CIA peut réussir a en faire dire plus que nécéssaire a ce dernier.. Parfois cela va assez loin: Fin 1995, le représentant du TEVEL a Moscou, Reuven Dinnel, est interpellé en flagrant délit d'espionnage dans le métro de la capitale russe. Officiellement conseiller d'ambassade, Dinnel avait été envoyé a Moscou en 1992, quand les relations diplomatique russo-israëliennes furent rétablies, avec pour mission la coordination entre les services secrets des deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues. Officieusement, il réussira a recruter un ancien officier du centre du renseignement spatial du GRU (Renseignement militaire russe), Vladimir Tkachenko, pour obtenir des photographies prises par les satellites du GRU. Dinnel sera arrêté en flagrant délit, dans le métro de Moscou, en décembre 1995, et expulsé. Un autre scandale a touchée le TEVEL indirectement: la tentative d'assassinat de Khaled Meshal en plein Amman (Jordanie) par des kidons du Mossad fin 1997. L'opération ayant été bâclée, deux membres du commando sont arrêtés par la police jordanienne, quatre autres se réfugient a l'ambassade israëlienne. Devant la colère du Roi (et le scandale international que créé l'évènement), les autorités israëliennes n'ont d'autres choix que de lui fournir un antidote pour sauver Meshal et libérer les prisonniers exigés. Mais le lien de confiance avec le Mossad est rompu, et le chef du poste TEVEL, un dénommé K.M., est obligé de quitter le territoire jordanien avec ses officiers. Le contact avec les autorités jordaniennes (qui coopèrent étroitement avec les israëliens) est rompu, jusqu'a la démission du patron du Mossad, Dany Yatom, condition sine qua non pour le Roi a la reprise de bonnes relations sino-jordaniennes.
  • La CAESAREA (Auparavant KOMETIUT ,et jusque 1984 appelé la Metsada) est l'élite du Mossad: Elle comprend a la fois la division "Kidon", chargée des assassinats (destabilisée par l'arrestation de deux de ses membres en Jordanie en 1997 lors d'une tentative d'assassinat, elle semble avoir repris des forces si on en croit l'assassinat récent de Imad Mugniyeh, haut responsable du Hezbollah, de Hisham Faiz Abu Libda, chef de cabinet de Khaled Meshal, haut responsable du Hamas, tous deux en plein Damas (Syrie) en 2008, et l'assassinat du chercheur nucléaire Ardeshir Hosseinpour en 2007, tous attribués au Mossad) mais aussi la collecte du renseignement au coeur de pays "dangereux", par exemple, en Syrie, ou en Iran. Pour cela, ils "traitent" des informateurs, chargés aussi bien de prévenir des plans de l'armée syrienne que de la soudaine préparation de lits d'hopitaux (en cas de guerre). Les officiers de la KESARIA n'opèrent jamais sous couverture diplomatique, ce qui affaiblit leur sécurité si ils sont repérés, mais leur permet de mieux se fondre dans la foule pour collecter des informations ou commettre des actions. Toutefois la dépendance hiérarchique de la CAESAREA pose problème: Dans son ouvrage "By way the deception", Victor Ostrovsky indique que la CAESAREA dépend directement du directeur du Mossad. La situation a-elle changée depuis?

Mike Harari (a gauche), chef du KOMETIUT, sera responsable de la traque des dirigeants de "Septembre noir" puis dirigera la station du Mossad a Mexico. Shabtaï Shavit, après avoir travaillé en Afrique, en Europe, avoir dirigé une section de la branche YARID (Sécurité en Europe) dans les années 70, sera a la tête de la CAESAREA de 1980 a 1987. La CAESAREA a été dirigée par Michaël Harari (Au début des années 70), Shabtai Shavit (De 1980 a 1987) et Hagai Haddas (Durant la tentative d'assassinat de Meshal)

  • Créée dans les années 50, la division TSAFRIRIM (Appelée aussi "BITZUR")  est chargée d'organiser les communautés juives de la diaspora et de participer a toute opération de sauvetage de Juifs menacés (Sauf en URSS durant la Guerre froide. Cette mission relevait du "Nativ"). Dernièrement,(Au tout début des années 2000) c'est une personne connue qui a dirigé ce service: D'origine francaise, Michel.M est sorti de la promotion 1984 en même temps que Victor Ostrovsky, et a ensuite été en poste a Bruxelles.

Araleh Scherf (a gauche) a dirigé le BITZUR en 1990. Vers 1995, il était a la tête du TEVEL. Un de ses prédécesseurs au BITZUR  était Ephraïm Halevy (photo de droite, ici avec Meir Dagan, son successeur a la tête du Mossad, et Ariel Sharon). Deux des précédents chefs du BITZUR sont également connus: C'est Ephraïm Halevy qui dirigea ce service de 1980 a 1985. On doit a son crédit le sauvetage de juifs ethiopiens sur les années 1984-1985. Un de ses successeurs est Araleh Scherf, a la tête de ce département en 1990.

  • La division NEVIOT (qui jusque 1984 s'appelait KESHET) est en charge des moyens techniques: ce sont les écoutes, les micros, les cambriolages, les technologies..Durant l'année 1998 (Période décidément très propice aux scandales pour le Mossad), des membres du NEVIOT se font prendre en flagrant délit en Suisse, alors qu'ils comptaient poser des micros dans l'appartement d'un terroriste présumé..Le chef du NEVIOT remettra sa démission a Ephraïm Hamevy, le nouveau patron du Mossad a partir de avril 1998.
  • La lutte antiterroriste est aussi une priorité au sein du Mossad. A l'origine concentrée exclusivement sur l'OLP, l'organisation de Yasser Arafat, elle s'est ensuite étendue a l'ensemble des groupes terroristes du monde arabe, aussi bien le Hezbollah que que le FPLP-CG Ahmed Djibril, le Hamas, le Djihad Islamique, le Front Islamique mondial contre les juifs et les croisés.. Cette unité, appelée PAHA, a un côté a la fois opérationnel, et aussi, apparement, d'analyse des informations sur le terrorisme. De 1997 a 2002, elle fut dirigée par Oded Ailam. Son prédécesseur a ce poste était Ilan Mizrahi.
  • La SHABAKA est le département de sécurité interne du Mossad. Chargé de détecter les cas de traîtrise, gérant le personnel de sécurité du Mossad , il assure aussi la sécurité des installations du Mossad en dehors d'Israël, par exemple, dans les ambassades israëliennes.
  • Le LAP est un département tout aussi important, car chargé de la désinformation.
  • Le département de la Recherche est chargé de l'analyse. Il a été créé en 1964 a l'instigation de Meir Amit, patron du Mossad de 1963 a 1969, qui avait auparavant dirigé le Aman (renseignement militaire israëlien). C'est d'ailleurs l'ancien chef de l'analyse du Aman, Rehavia Verdi, qui prend la tête de ce service en 1964. Plus récemment, c'est Uzi Arad, qui fut en poste a Paris en 1987 (officiellement il était 2ème secrétaire d'ambassade) qui dirigea ce service de 1997 a 1999, puis Uri Chen .

Rehavia Vardi (a gauche) fut le premier directeur de la Recherche au Mossad. Il est décédé en 2006. Au centre, Uzi Arad. A droite, un de ses successeurs, Uri Chen.

Selon Viktor Ostrovsky, le Département de la Recherche est divisé de manière suivante: Etats-Unis, Amérique du Sud, Bureau général (Canada et Europe de l'Ouest), Nucléaire, Egypte, Syrie, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Libye, Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), Afrique, URSS, Chine.



La Direction des services a une tâche beaucoup plus administrative: d'elle dépend la fourniture du matériel, le personnel, les moyens informatiques.

 

08/07/2008

Le Mossad et Osirak

A la fin des années 70 la France comptait livre un réacteur nucléaire a l'Irak, alors dirigée par Saddam Hussein. Ce dernier ayant comme volonté d'enrichir ainsi l'uranium a des fins militaires, priorité est donnée au Mossad (Entre autres a sa Division TZOMET, responsable des opérations en Europe, et a la branche KIDON [Assassinats] de la Division METSADA (Opérations spéciales) d'empêcher la France de livrer a l'Irak ce réacteur. Ce film évoque une partie de l'opération alors conduite, mais oublie de préciser un détail: Le Mossad avait obtenu des informations sur le réacteur suite au recrutement, en août 1978, d'un physicien irakien, un dénommé Butrouss Heibin Halim. C'est sans doute a cette personne que fait référence Viktor Ostrovsky dans son livre sur le Mossad publié en 1990, et qui raconte l'opération. Pour terminer, précisons que cette opération, conduite par le Mossad en France, n'a pas empêchée la livraison d'un réacteur par la France a l'Irak; lequel sera détruit en 1981, par des avions de chasse israëliens (Bombardement d'Osirak). Et enfin, citons les noms de certains des participants, au sein du Mossad, a l'opération: Dan Arbel, alors chef de la station TZOMET du Mossad a Paris; David Biran, chef du TZOMET (Et qui sera, selon une information, nommé chef du TEVEL en 1990) et enfin Shabtai Shavit, alors chef de la METSADA.
 

Quand le mossad frappe en France
envoyé par Homer-Dalort
 

21/09/2007

Malmab: Le Service de Sécurité du Ministère de la Défense israëlien.

Assez parlé de la CIA,et changeons de continent,pour débarquer en Israël.Au milieu du célébrissime "Mossad",le service de renseignements extérieur de l'Etat hébreu,ou du Shin Beth (appelé aussi Shabak),existe un petit service,quasiment inconnu du grand public :Il s'agit du contre-espionnage militaire israélien,le Malmab .

Créé en 1975,le Malmab s'est développé sur la base du Lakam ,le renseignement scientifique dépendant du Ministère de la Défense israëlien.Pour mémoire,c'est le Lakam qui recruta et traita Jonathan Pollard,l'analyste spécialisé dans l'antiterrorisme au sein de la Marine US,qui fut arrêté en 1985,provoquant un scandale entre Israël et les Etats-Unis.Le Malmab,acronyme de Service de Sécurité du Ministère de la Défense, est une petite structure,chargée de la sécurité militaire de l'Etat d'Israël.Parmi ses missions : Enquêter sur  les affaires de corruption au sein de l'industrie militaire et rechercher les auteurs de "fuites d'informations" sur les secrets de l'industrie militaire, empêcher l'infiltration de Tsahal (Armée israëlienne) par des services secrets étrangers,le Malmab est aussi chargé de proteger les secrets des établissements militaires (Ce en quoi il fait concurrence avec le Shin Beth,le contre-espionnage israëlien,qui est chargé de cette mission par décision en Conseil des Ministres prise en 1974).Parmi eux,notons le réacteur nucléaire de Dimona.Pour remplir ses missions,le Malmab a aussi des contacts avec la censure militaire (Il y a une censure militaire en Israël) pour éviter la publication de certaines informations.Par exemple  pour empêcher la publication de l'ouvrage d'Avner Cohen "Israël et la bombe",relatif a la bombe atomique que Israël a développée dans le plus grand secret dans les années 60.

Le nom du patron du Malmab a lui aussi été censuré durant plusieurs années avant d'être enfin rendu public en novembre 1999 :Il se nomme Yehiel Horev.Horev est né en 1944 a Tel-Aviv.Il a servi dans une unité d'infanterie,dans le092427717054436bc06228e5ec1d62b.jpg Golan,avant de rejoindre les forces réservistes ,comme officier d'une unité de tanks.

A gauche,Yehiel Horev,patron du Malmab de 1986 a 2007. 

Il a ensuite été promu au rang de Major,et envoyé aider l'armée congolaise dans les années 60.Retour en Israël en 1969 ou il est recruté comme officier de sécurité dans une des installations de  l'Agence pour l'Energie Atomique israëlienne.Envoyé au Malmab en 1974,il en prend le commandement en 1986.

Au fil des années,étant donné son domaine de compétences particulièrement vaste,le Malmab s'est heurté a la concurrence du Shin Beth (BBC 02.02.1998) autour de leurs compétences respectives.Les contacts pris alors entre les deux services secrets pour redéfinir leurs compétences n'ont pas aboutis.Cela n'a pas empêché le Malmab d'étendre son influence,comme le montre le décret signé fin 1999 par le Premier Ministre Ehud Barak et autorisant le Malmab a échanger des informations avec les services secrets étrangers,au grand dam du patron du Shin Beth.

Dernier rôle enfin du Malmab,la délivrance d'autorisations de ventes d'armes a l'étranger.Par exemple,en 2005,le service a enquêté sur des entrepreneurs israëliens qui négociaient la vente de technologies avec la Chine.Il s'avéra que ses technologies n'avaient pas un but militaire.Ou,au grand dam des Etats-Unis,la vente de drônes "Harpy",a la Chine aussi,fut approuvée par Horev.

Début 2007 Yehiel Horev a quitté son poste de chef du Malmab pour être nommé directeur général du Ministère de la Défense.Il a été remplacé en août par Amir Kain,qui a été pendant plusieurs années en charge des questions de sécurité des informations au sein du Malmab.Ce dernier aura sans doute beaucoup de boulot dans la lutte contre le Hezbollah:Il apparaît que au cours des dernières années le Parti de Dieu chiite libanais a augmenté ses capacités de renseignement et de sécurité,y compris en recrutant des personnes vivant ou se rendans en Israël,avec pour mission d'y collecter des informations,y compris sur Tsahal,comme le montre ce remarquable article: http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0036-...

 

 Remerciements aux informations publiées par la BBC,le Jerusalem Post,Intelligence Online

07/03/2007

Un haut responsable de la Défense iranienne a fait déféction

 

medium_Asghari_nvelle_foto.jpgAli Asghari

L'information a commencée a circuler samedi dernier,mais les grands médias ne l'ont pas reprises jusqu'a présent: la communauté occidentale du renseignement vient de marquer un point,apparement d'importance,contre la République islamique d'Iran:Un très haut responsable du Ministère de la Défense iranienne,Ali Askari (ou Asquari) avait disparu d'Istanbul, en Turquie le 7 février dernier.Les iraniens avaient aussitôt accusés le Mossad ,ou la CIA, de l'avoir enlevé.Les journalistes qui avaient leurs contacts informels au sein du Mossad (donc non autorisés par la direction du Mossad) ont eu une réponse très claire :Le Mossad n'est absolument pas lié a cette affaire.Donc exit le Mossad! Et comme le constate l'ESISC,il paraissait risqué que la CIA mène une telle opération,étant donné tous les scandales qui s'accumulent autour du renseignement extérieur américain (L'affaire des vols de la CIA).

Restait donc comme hypothèse la déféction de M.Askari,hypothèse qui semble se confirmer:Les informations obtenues indiquent que le général Askari a fait déféction au profit de la CIA et est ,actuellement,soit débriéfé dans un pays européen,soit aux Etats-Unis même (Etant donné que sa déféction date d'il y a un mois maintenant ,et connaissant le fonctionnement de la CIA ,qui a toujours préféré amener les transfuges sur le sol américain par sécurité [Je pense par exemple aux transfuges soviétiques comme Anatoly Golitsyn qui a été emmené aux USA quand il fuit en octobre 1961,ou beaucoup plus récémment au colonel de l'armée chinoise Xu Junping qui fit déféction en décembre 2000),donc la dernière hypothèse est la plus probable.

Si l'information est confirmée,ce sera sans doute une des plus belles réussites ,de par les postes que Askari a occupé: Askari,proche de l'ayatollah Khomeiny (le guide spirituel de la Révolution islamique iranienne décédé en 1989) a aussi été général des Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution iranienne),ou il a entre autres été chargé de la liaison entre l'Iran et le Hezbollah au Liban dans les années 80 et au début des années 90.Il a aussi été vice-Ministre de la Défense iranienne,jusque sa retraite, qu'il a prise en 2005.Se pose la question des connaissances du Général Askari ,aussi,sur le programme nucléaire iranien.Selon les informations obtenues,les debriefings actuels du Général Asghari ne porteraient pas sur le programme nucléaire iranien.

La question se pose de savoir si cette déféction a été menée par le général seul,ou si il était en contact avec un service secret depuis un certain temps pour la planifier? Sur ce point,il n'y a pas (du moins pas encore) de réponse précise,mais selon les informations obtenues par le Washington Post,le Mossad aurait joué un rôle fondamental dans le recrutement de Asghari,et son exfiltration de Turquie.

 

Des mises a jour seront effectuées sur cet article dès que de nouveaux renseignements seront disponibles.

 Cette note a été modifiée le 12.03.2007

17/01/2007

"Mossad,les nouveaux défis" de Gordon Thomas

Spécialiste du Mossad (le service de renseignement extérieur israëlien) sur lequel il avait déja écrit un ouvrage, Gordon Thomas récidive avec "Mossad: les nouveaux défis".Un régal!

Ce livre a l'avantage d'être d'actualité:il montre des événements qui ont eus lieu récémment et le rôle joué par le Mossad,dans la guerre au Liban,la lutte contre la prolifération nucléaire (Avec les programmes atomiques de l'Iran et de la Corée du Nord),les opérations antiterroristes,la collecte d'information avec l'aide du Guojia Anquanbu  (Ministère de la Sécurité d'Etat chinois) sur le territoire américain sans compter le dossier du docteur Khan,le père de la bombe atomique pakistanaise qui eut des contacts avec Al Qaïda.........

Peu de noms des officiers des services secrets ,mais beaucoup de faits,et c'est ce qui le rend si passionant ,aussi.Enfin,cet ouvrage a l'avantage de nous montrer le point de vue israëlien sur les événements mondiaux,et de rappeler le danger auquel Israël est confronté,encerclé par le Hamas d'un côté,par le Hezbollah de l'autre.

24/11/2006

Une opération réussie du Mossad en Libye dans les années 80

Cette opération a été racontée par Viktor Ostrovsky,ancien officier du Mossad dans les années 80.Elle montre les méthodes de fonctionnement du Mossad,mais est a prendre avec prudence :source unique Les confessions d'un agent secret israélien

La camionnette alla se garer derrière un immeuble situé sur la Rue
Jumhuriyyah , à Tripoli (Rue de la République ), à moins de trois
blocs d'immeubles de la caserne de Bab al-Aziziyyah, connue pour
abriter le quartier général et la résidence privée de Qaddhafi. A ce
moment-là, les hommes de la camionnette s'étaient changés : ils
s'étaient déguisés en civils.
Deux d'entre eux restèrent dans la camionnette, pour faire le guet et
les deux autres aidèrent les combattants du Mossad à monter le
précieux cylindre (le Trojan) sur la terrasse de l'immeuble, qui
comportait cinq étages. Le Trojan avait été roulé dans un tapis !
Dans l'appartement, une des extrémités du cylindre fut ouverte, un
petite antenne parabolique en fut extraite, puis placée devant une
fenêtre orientée au nord. L'unité émettrice fut activée : le cheval
de Troie était dans la place !
L'agent du Mossad avait loué l'appartement pour une durée de six mois
et il avait payé la location cash et d'avance. Personne ne pouvait
donc avoir le moindre soupçon en voyant l'agent secret déguisé en
locataire y pénétrer. Inversement, personne d'autre n'avait rien à
faire dans cet appartement. Toutefois, dût un intrus avoir le malheur
de pénétrer dans cet appartement, le Trojan se serait autodétruit,
emportant dans sa formidable déflagration l'ensemble de la partie
supérieure de l'immeuble. Les trois hommes retournèrent à la
camionnette, puis ils roulèrent vers leur rendez-vous avec leurs
amis, à la plage.
Après avoir déposé les commandos sur la plage, le combattant retourna
à vive allure à Tripoli, où il avait pour mission de surveiller le
travail de transmissions et de désinformation du Trojan durant les
semaines à venir. Les commandos, une fois sur la plage, ne traînèrent
pas eux non plus, et ils prirent le large, grâce à leurs cochons et
leurs oiseaux. Ils n'avaient pas du tout envie de se faire pincer
dans les eaux libyennes à la levée du jour. Ils se dirigèrent donc,
en poussant à plein régime leurs cochons trop poussifs à leur goût,
vers un point de rassemblement convenu à l'avance, où ils
retrouvèrent les deux vedettes lance-missiles, qui les hissèrent à
bord.
Vers la fin du mois de mars, les Américains commençaient déjà à
intercepter des messages diffusés par le Trojan, qui était activé
seulement durant les heures de pointe de transmission de
télécommunications. Grâce au Trojan, le Mossad s'efforçait de donner
à penser qu'une longue série d'instructions en vue d'attentats
terroristes était en train d'être transmise aux différentes
ambassades libyennes à travers le monde entier (ou, plus exactement,
pour reprendre la terminologie des Libyens eux-mêmes, les
différents «Bureaux Populaires»… ) Conformément aux attentes du
Mossad, les messages transmis (par le Trojan) furent déchiffrés par
les Américains, qui les présentèrent comme la preuve irréfutable que
les Libyens soutenaient activement le terrorisme. Pour enfoncer le
clou, des rapports du Mossad venaient systématiquement confirmer les
accusations comminatoires américaines! ! !
Toutefois, ni les Espagnols ni les Français n'étaient dupes. Ils ne
gobaient pas ce flot subit d'informations. Il leur semblait
extrêmement suspect que soudain, de but en blanc, les Libyens, qui
avaient fait montre d'une prudence de sioux, jusqu'alors, se mettent
du jour au lendemain à faire de la publicité pour leurs supposés
actes terroristes futurs. Ils trouvaient suspect, aussi, qu'à
plusieurs reprises les rapports du Mossad aient été rédigés en des
termes très proches des messages codés libyens. Ils avançaient – plus
important – l'argument que s'il y avait eu, effectivement, des
messages codés libyens rendant compte d'attentats avérés, l'attentat
contre la discothèque La Belle, à Berlin Ouest, commis le 5 avril,
aurait pu être évité, car il y aurait sûrement eu des messages
concernant cette attaque avant qu'elle ne soit perpétrée, ce qui
aurait permis aux services d'écoute de la prévenir. Etant donné que
cet attentat n'avait pas pu être évité, ils pensaient que ce n'était
pas les Libyens qui en étaient à l'origine, et que les «nouvelles
communications» soi-disant libyennes étaient un leurre. Les Français
et les Espagnols voyaient juste. L'information était bidon et le
Mossad ne disposait pas du moindre indice sur qui avait bien pu
déposer la bombe qui tua un soldat américain et en blessa plusieurs
autres, dans cette discothèque berlinoise. Mais le Mossad était lié à
la plupart des organisations terroristes européennes, et il était
convaincu que, dans l'atmosphère trouble qui s'était emparée de
l'Europe à cette époque-là, un attentat causant une victime
américaine était dans l'ordre des choses : ce n'était qu'une question
de temps. Les dirigeants du Mossad comptaient sur la promesse que les
Américains leur avait faite (qu'en cas d'attentat contre eux), ils se
vengeraient au centuple sur tout pays dont il aurait pu être prouvé
qu'il soutenait le terrorisme. Le Trojan fournit aux Américains
la `preuve' dont ils avaient besoin. Le Mossad se chargea
d'introduire dans l'équation l'image de lunatique dont était affublé
Qaddhafi, ce qui n'était pas difficile en raison de ses multiples
déclarations tonitruantes, qui n'étaient destinées, en réalité, qu'au
seul usage interne…
Il faut se rappeler qu'à l'époque, Qaddhafi avait en quelque sorte
tracé une ligne passant au large, fermant le Golfe de Sidra qu'elle
transformait de facto en eaux territoriales libyennes, et qu'il
qualifiait la nouvelle frontière passant au milieu de la mer
de «ligne de la mort» (ces agissements n'avaient pas peu contribué à
endommager son image de dirigeant modéré).
Finalement, les Américains tombèrent tête baissée dans le piège tendu
par le Mossad, entraînant les Anglais et les Allemands derrière eux,
bien que ces derniers traînassent quelque peu les pieds. L'opération
Trojan fut l'un des plus grands succès remportés par le Mossad. Elle
entraîna le bombardement aérien de Tripoli, promis par le président
américain Reagan — et ce bombardement eut trois conséquences
extrêmement importantes. Tout d'abord, il fit tourner court un
compromis qui aurait permis de libérer les otages américains au
Liban, chose qui permettait de conserver au Hizbullah (Parti de Dieu)
son statut - très précieux pour Israël — d'ennemi numéro Un aux yeux
de l'Occident. Ensuite, le bombardement américain sur Tripoli envoya
un message à l'ensemble du monde arabe, lui signifiant très
précisément où les Etats-Unis en étaient, quant au conflit arabo-
israélien. Enfin, il redorait l'image du Mossad, puisque c'était lui
qui, par un habile tour de prestidigitation, avait incité les Etats-
Unis à faire ce qui convenait ! Seuls les Français ne mordirent pas à
l'hameçon du Mossad, et ils restèrent déterminés à ne pas prêter une
quelconque assistance à l'agression américaine. Les Français
refusèrent le survol de leur territoire aux bombardiers américains,
en vol pour leur sinistre besogne en Libye.
Le 14 avril 1986, cent soixante bombardiers américains lâchèrent
soixante tonnes de bombes sur la Libye. Les attaquants bombardèrent
l'aéroport international de Tripoli, les casernes de Bab Al-
Aziziyyah, la base navale de Sidi Bilal, la ville de Benghazi et le
terrain d'aviation de Benine, dans la banlieue de cette dernière
grande ville. L'escadrille de bombardiers consistait en deux
ensembles principaux, l'un venait d'Angleterre et l'autre avait
décollé de porte-avions voguant en Méditerranée. D'Angleterre vinrent
vingt quatre F-111, depuis la base de Lakenheath, cinq EF-111 d'Upper
Heyford et vingt-huit tankers de ravitaillement qui avaient décollé
de Mildenhall et de Fairford. Durant l'attaque, les F-111 et les EF-
111 de la Royal Airforce furent rejoints par dix huit avions
d'attaque et de soutien A-6 et A-7, six avions de combat F/A-18,
quatorze avions de brouillage électronique EA-6B, ainsi que d'autres
avions de soutien logistique. Les avions de la US Navy furent
catapultés par les porte-avions Coral Sea et America. Du côté libyen,
on enregistra environ quarante morts. Tous, des civils, dont la fille
adoptive de Qaddhafi. Du côté américain, un pilote ainsi que son
officier servant furent tués dans l'explosion de leur F-111…
Immédiatement après les bombardements américano-anglo- allemands en
Libye, le Hizbullah mit fin aux négociations autour des otages qu'il
retenait au Liban, et il en exécuta trois, dont Peter Kilburn, un
Américain. Quant aux Français, ils furent remerciés de leur attitude
de non-participation dans l'attaque anti-libyenne par la libération,
à la fin juin, de deux journalistes français retenus en otages à
Beyrouth. (Comme de juste, une bombe «perdue» avait endommagé
l'ambassade de France lors du bombardement de Tripoli…)
Ephraïm venait donc de tout raconter, confirmant ce que je savais
déjà. Puis il poursuivit.
«Après le bombardement en Libye, notre ami Qaddhafi va certainement
être en dehors de la photo pour encore quelque temps. L'Irak et
Saddam Hussein sont la prochaine cible. Nous commençons dès
maintenant à en faire le grand méchant loup. Cela prendra un peu de
temps, mais à la fin, une chose est sûr : ça marchera !»
«Mais Saddam n'est-il pas considéré comme plutôt modéré à notre
égard, puisqu'il est allié à la Jordanie et qu'il est l'ennemi juré
de l'Iran et de la Syrie ? », objectai-je.
«Ouaip… C'est bien pour ça que personnellement, je suis contre cette
mission. Mais ce sont les ordres, et je dois les suivre.
Heureusement, vous et moi, nous aurons terminé nos petites manigances
avant que quoi que ce soit de géant n'arrive. Après tout, nous avons
déjà détruit les installations nucléaires de Saddam, et nous sommes
en train de nous faire des cils en or en lui vendant de la haute
technologie et des équipements, par l'intermédiaire de l'Afrique du
Sud…»
Au cours des semaines suivantes, on eut droit à un flot croissant de
révélations toutes plus alarmantes les unes que les autres au sujet
des éléments de la machine de guerre de Saddam, dont le fameux «canon
géant» ! Le Mossad a fait tout ce qu'il a pu, jusqu'à la quasi
saturation du monde parallèle de l'espionnage, afin de diffuser des
informations sur les intentions malveillantes de Saddam la Menace ,
en misant sur le fait que celui-ci aurait à sa disposition une
longueur de corde suffisante pour se pendre, avant longtemps.
Le but global du Mossad était extrêmement clair. Il voulait que
l'Ouest mène sa guerre à sa place, comme les Américains l'avaient
fait en Libye, en bombardant Qaddhafi. Après tout, Israël ne
possédait pas d'avions gros porteurs ni d'une énorme puissance
aérienne, et bien qu'il eût démontré sa capacité à bombarder un camp
de réfugiés (palestiniens) , à Tunis, ce n'était pas la même chose.
Les dirigeants du Mossad savaient que s'ils pouvaient faire
apparaître Saddam comme quelqu'un de suffisamment mauvais,
représentant une menace pour les approvisionnements pétroliers en
provenance du Golfe, dont il avait été jusqu'alors le protecteur,
dans une certaine mesure, alors les Etats-Unis et leurs alliés ne le
laisseraient pas obtenir quoi que ce soit, mais prendraient des
mesures qui ne pourraient qu'entraîner la destruction totale de son
armée et de son potentiel en armement, tout particulièrement si l'on
parvenait à leur faire croire qu'il s'agissait là de leur dernière
opportunité, avant que Saddam ne devienne «nucléaire»…
Suite et fin