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17/10/2011

National Archives

Un des points cardinaux d'une bonne recherche documentaire est, entre autres, de connaître des sites ou elle est disponible. Nombre de documents déclassifiés sont disponibles sur le site de la CIA, dans le cadre de la loi FOIA (Freedom of Information Act). Les britanniques, également. Le site du National Archives of United Kingdom (http://www.nationalarchives.gov.uk ) recèle nombre de documents passionnants.

Dans le présent cas, soit les documents sont à consulter sur place; soit ils sont payants (Généralement 3,50 livres sterlings) soit ils sont disponibles gratuitement sur le site.

Dans les trois cas, nombre de documents sont disponibles. Citons entre autres, les comptes-rendus du Joint Intelligence Committee, sur les espions nazis, et soviétiques pour le premier cas; le dossier du MI5 sur Georges Orwell dans le second; et pour le troisième, l'accord US-UK de 1946 pour la coopération en matière de SIGINT, des documents sur John Vassall, les rapports relatifs à la défection du couple Petrov, où à l' IRA pour n'en citer que quelques uns.

 



 

 

 

 

14/10/2011

CONFLIT D’INTERET POTENTIEL AU SEIN DE MOODYS

Nombre de critiques ont été faites quant au manque d’indépendance des trois principales agences de notations que sont Moodys, Standards and Poors, ainsi que Fitch : Chargées de noter les sociétés du secteur privé ou public, les Etats (notation souveraine) ainsi que les opérations, elles sont rémunérées par  … les personnes qu’elles sont chargées d’évaluer. Ce qui peut se traduire par un manque d’indépendance, n’osant mal noter des clients. Autre critique faite, le fait que ces agences de notations n’ont guère vues venir les crises ainsi que les faillites. Ainsi de Lehman Brothers, notée A1 par Moodys en mars 2008, donc quelques mois avant que la firme ne fasse faillite.

 

Une autre critique peut leur être faite, qui n’a guère attirée l’attention : il ne faut pas oublier que les agences de notations sont avant tout des sociétés. Par conséquent soumises à un actionnariat. Souvent à des cotations en Bourse- Moodys et Standards and Poors sont côtées à la Bourse de New York. Quid des cas ou l’agence de notation est chargée de noter un de ses actionnaires ? Cette question n’est pas incongrue, tant elle soulève ici un problème clair de conflit d’intérêt. Tel est pourtant le cas de Moodys. L’agence de notation US, comme elle l’indique publiquement, sur son site, dans un communiqué en date de mai 2008, est détenue par Moodys Corporation. Cette dernière entité a elle-même parmi son actionnariat le fonds d’investissement Berkshire Hathaway Inc, à hauteur de 13%. Or, Berkshire fait partie des sociétés notées par Moodys, depuis au moins 1999, et qui l’est toujours (selon un communiqué de Moodys du 10.08.2011, Berkshire Hathaway Inc était notée Aa2).

 

Berkshire n’est pas une inconnue : ce fonds est la propriété de Warren Buffett. Selon les dernières informations, Berkshire est toujours détentrice d’actions de MOODYS, comme le montre le document côté SC 13G/A du 14 février 2011, numéro 005-55475 11609285 disponible sur le site de la SEC.

Un autre problème était apparu, quelques mois auparavant, quant à l’indépendance de Moodys et de Warren Buffett, cette fois à l’ égard de la Présidence des Etats-Unis : Moodys ne s’est jamais empressée de dégrader la note souveraine des Etats-Unis, maintenue à AAA.

 

Le communiqué de MOODYS en date du 02/08/2011, qui explique cette décision, est particulièrement étonnant à cet égard : si le communiqué paraît indiquer la satisfaction devant un plan de réductions des dépenses publiques de 917 milliards de dollars sur la prochaine décennie, la première phrase du communiqué ne peut que laisser perplexe : « Moody's Investors Service has confirmed the Aaa government bond rating of the United States following the raising of the statutory debt limit on August 2. The rating outlook is now negative. ». Si l’on comprend cette phrase, AAA est maintenu suite au fait que le gouvernement US a décidé de relever le plafond de la dette, donc qu’il peut avoir une dette plus importante ! Alors que une telle mesure devrait, au contraire, inquiéter, la dette publique US s’élevant à près de 93% du PIB pour 2010 contre près de 70% en 2008.

 

Une des raisons invoquées est le fait que l’agence de notation, tout comme ces consoeurs, n’ose guère dégrader la note souveraine US. Standards and Poors l’a fait, mais avec des pincettes, en dégrandant la note d’un cran seulement. Une autre raison possible ne serait-elle pas le fait que Warren Buffett, actionnaire de Moodys, est également un proche de l’actuelle administration US, au pouvoir depuis 2008 ? La question, en tout cas, mérite d’être posée. 

09/10/2011

Nouvelle section

Le blog "La communauté du renseignement" s'enrichit d'une nouvelle section, consacrée à l' intelligence économique. Bonnes lectures et bonne rentrée à tous!

21/06/2011

Les soutiens du médiateur russe dans le conflit libyen

 

Après une période de flottement et de divergences au sommet de l’Etat russe, divergences clairement montrées avec le rappel brutal de l' ambassadeur de Russie en Libye Vladimir Tcharov en mars dernier et son interview au Moskovskii Komsomolets, louangeuse pour Poutine et critique à l' égard de Medvedev1, les autorités russes paraissent décidées à reprendre la main dans le conflit libyen. Dans ce but, a été dépêché auprès de Kadhafi Mikhaïl Vitalievitch Margelov, représentant du Président de la Fédération de Russie pour la coopération avec les pays d’Afrique2 chargé d'une médiation entre les deux parties belligérantes.

 

Ce dernier peut compter sur des appuis au niveau international, notamment la Tunisie, pays frontalier sur une bande de plus de 450 Km avec la Libye ; mais aussi sur la scène russe : En plus du soutien du Premier Ministre et du Président, Margelov présente l' avantage d' avoir des contacts au sein du Sénat russe, le Conseil de la Fédération, donc il fut membre de 2000 à 2006 et présida la Comité aux affaires internationales de 2001 à 2006 ; et potentiellement, du Service de renseignement extérieur, le SVR : Son père, Vitaly Margelov, fut Directeur adjoint aux Opérations de 2000 à 2002, avant d’être député à la Douma d’ Etat. Durant sa carrière à la Première Direction Principale du KGB, Vitaly Margelov avait justement travaillé en Afrique du Nord,au Maroc et en Tunisie3 . Son fils l'y accompagnait, avant d’ enchaîner une brillante carrière à partir de 19844.

1Vladimir Tcharov aurait envoyé un câble très critique sur la position de Dmitri Medvedev à l' égard de la Libye, et l' aurait même qualifié de « traître ». Par décret n°317 du 19.03.2011, Tcharov a été « libéré » de son poste d' ambassadeur en Libye et rappelé à Moscou. Aujourd'hui, il travaillerait toujours au Ministère des affaires étrangères

2Décret du Président de la Fédération de Russie n°329 du 30.03.2011 « Le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour la coopération avec les Pays d’Afrique »

3Vitaly Margelov a consacré une grande partie de sa carrière à la zone francophone (Il parle français couramment). Après ses postes au Maroc et en Tunisie, sans doute sans les années 70, il dirige en 1987 le 5ème Département du Renseignement extérieur du KGB, chargé des opérations de renseignement en France, en Italie, et au Bénélux. En 1997, Vitaly Margelov remplace Grigori Rapota en tant que Directeur-adjoint du SVR pour les Amériques et l’Europe, avant de devenir Directeur adjoint aux Opérations en 2000. Vers 2002-2003, il part à la Douma d’ Etat, et laisse son poste au SVR à Valery Rozanov, de retour de Vienne.

4Né le 22.12.1964 à Moscou, Mikhaïl Vitalievitch Margelov a travaillé comme traducteur au Département International du Comité Central du Parti communiste d’URSS de 1984 à 1986, parallèlement à ces études à l’Institut Afrique/Asie de l’Université Lomonossov. Il sera professeur d’arabe à la Haute école du KGB de 1986 à 1989 avant de passer dans le journalisme (Rédacteur pour le monde arabe chez ITAR-TASS de 1989 à 1990) avant de travailler dans le secteur privé de 1990 à 1995. Son entrée en politique date de 1995, d’ abord pour aider le Parti Yabloko pour les législatives de 1995 ; puis en étant dans le QG de campagne de Boris Eltsine pour les Présidentielles de 1996. 1er adjoint du Chef de la Direction pour les relations publiques du Président de la Fédération de Russie de 1996 à 1997 ; adjoint du Directeur de l’Agence RIA NOVOSTI en 1998 ; représentant du Conseil de la Fédération de 2000 à 2006, et Président du Comité aux affaires internationales du Conseil à partir de novembre 2001

24/05/2011

L' exploitation des informations de CURVEBALL par la communauté du renseignement britannique

Les médias ainsi que nombre d' ouvrages ont évoqués à de très nombreuses reprises les informations transmises par un transfuge irakien, nom de code CURVEBALL, et l' importance de ces informations, pour les autorités US, dans le cadre de la guerre de 2003. Mais quand est publié le rapport Butler1, qui analyse le travail du Renseignement britannique sur la question des armes de destruction massives, une seule partie est retenue: Plusieurs informateurs du SIS sur l' Irak étaient défectueux. Et tant pis si le rapport évoque aussi la Libye, l' Iran, ou les tentatives de groupes terroristes de se procurer des ADM! Cela n'est que accessoire. La presse britannique ne verra pas une autre pépite contenue dans ce rapport. Il est vrai que l' information n' a fuitée que quelques années plus tard, Outre-Atlantique, mais personne dans la communauté journalistique ne paraît avoir fait le rapprochement pourtant évident à la lecture du rapport Butler: CURVEBALL, cette source qui fit tant de dégâts au sein de la CIA, puisque elle servit à la démonstration de Colin Powell à l' ONU, avait été aussi abondamment utilisée par le Secret Intelligence Service!

Ce document vise à l' analyse,dans le cadre du conflit irakien, du « jeu » d' un acteur auquel on prête moins d' attention que son homologue Outre-Atlantique: la Grande-Bretagne. Foin de sensationnalisme, le but sera d' exposer les contradictions, d' indiquer les questions restées sans réponse, et ce en se basant sur des sources disponibles au public: Les analyses du JIC; le Rapport Butler; le « Comprehensive report of the Special Advisor to the DCI on Iraq's WMD », plus connu sous le nom de rapport Duelfer, et les mémoires de Georges Tenet pour n'en citer que quelques unes. Sera rappelé le fonctionnement de la communauté britannique du renseignement;comment furent prises en compte les informations de CURVEBALL et l' évaluation de ces informations, ainsi que sa crédibilité; les ratées, contradictions, et les dégâts causés.

 

PRÉSENTATION DE LA COMMUNAUTÉ BRITANNIQUE DU RENSEIGNEMENT.

La communauté britannique du renseignement comprend les services suivants:

En premier lieu, le Secret Intelligence Service, appelé aussi SIS ou sous son nom antérieur, MI6. Le SIS est chargé de la collecte du renseignement hors du Royaume-Uni, et ce par le biais d'officiers traitants, déployés sous couverture diplomatique dans les ambassades de Sa Majesté, aussi bien à Paris que Amman, ou New York, Buenos Aires, Kuala Lumpur etc.. . Le SIS entretient aussi des contacts,plus ou moins étroits, avec nombre de services secrets. On retiendra ici les services secrets australiens, dont ils ont contribués, avec le MI5, à la formation au tout début des années 50, mais aussi US, allemands, ou jordaniens, pour n' en citer que quelques uns. Le SIS opère aussi à l' étranger en envoyant des officiers sous une couverture commerciale, ou journalistique. Enfin, il peut travailler sur le territoire du Royaume même, par exemple pour collecter des informations sur l' IRA (particulièrement dans les années 70) ou recruter des citoyens étrangers. Dans ce but, des sections conjointes MI5/MI6 avaient été créées durant la guerre froide, ciblant le Moyen-Orient, la Chine et l' URSS.

Le Security Service, appelé aussi MI5, est le service chargé de la sécurité du Royaume, et ce par son travail de collecte du renseignement. Les principales priorités du MI5 ont fortement évoluées au fil des années: l' espionnage allemand durant la seconde guerre; les espions du Pacte de Varsovie durant la Guerre Froide, concurremment, à partir du début des années 70, avec la surveillance de la « subversion intérieure », puis le terrorisme, irlandais (IRA, INLA etc..) et aujourd'hui international. Le MI5 se base sur ces officiers au QG, dans les bureaux régionaux, ainsi que sur ces représentants dans les ambassades du Royaume-Uni à l' étranger, qui ont pour mission la sécurité de l' ambassade, et parfois aussi le contact avec les services secrets du pays d' accueil. Il ne peut procéder lui-même à des interpellations, n' ayant pas de pouvoir de police judiciaire, et doit faire appel pour cela aux forces de Police locale, à la Special Branch jusqu' à sa disparition il y a quelques années, ou le SO 13 (Antiterrorisme).

Cette communauté est complétée par le DIS, Defense Intelligence Service, chargé du Renseignement militaire, et le National Criminal Intelligence Service (NCIS), chargé de la lutte contre la criminalité organisée, qui sera incorporé dans le SOCA (Serious Organised Crime Agency) en 2007.

Enfin, la coordination de ces différents services relève du Joint Intelligence Committee (JIC), qui est aussi chargé de synthétiser les informations provenant des différents services dans des rapports (Assessments). Les différents services de la communauté britannique du renseignement y détachent leurs représentants pour assurer le fonctionnement permanent du JIC. Par exemple,le responsable de la coordination du renseignement du JIC de 2002 à 2005 était un ancien chef de station du SIS.

 

IDENTIFICATION.

Comme indiqué plus haut, c'est la lecture du Rapport Butler qui permit de découvrir l' importance des informations de Curveball dans les rapports du Joint Intelligence Committee: Selon ce document, à compter de avril 2000, une source nouvelle apparaît pour le Secret Intelligence Service, source dont les informations sont transmises par un « Service de liaison ». Les informations transmises par cet « asset » concernent un domaine: L' utilisation de laboratoires mobiles pour la production d' armes biologiques en Irak.

 

Or, comme l' indique George Tenet, les informations venant de CURVEBALL, qui était débriéfé par le BND, auraient été transmises à deux autres services de renseignements. Bob Droggin, dans son ouvrage « CURVEBALL », indique que un de ces services fut le MI-6, le Renseignement extérieur britannique.

 

Le débriefing de CURVEBALL par le BND2 commença fin 1999-début 2000. Les informations que CURVEBALL livre? L' utilisation de laboratoires mobiles par le régime de Saddam Hussein, dans le but de produire des armes biologiques. Le BND allemand? Un service avec lequel les britanniques coopèrent,justement,un service « ami ». Les informations de CURVEBALL? Discréditées « après coup » officiellement, ce qui est le cas y compris pour l' informateur du Service de liaison, selon le rapport. La boucle est par conséquent bouclée.

 

En revanche, il n'est pas indiqué si les rapports étaient transmis au chef de station du Secret Intelligence Service à Berlin, ou si ce fut Gunter Haendly, alors Chef de station du BND à Londres, qui les apporta au QG du SIS3.

 

Concernant la source elle-même, Richard Dearlove indiquera à la Commission Butler que Vauxhall Cross a pu vérifier que cette source avait bien travaillée à l' endroit ou il aurait pu avoir accès aux informations que CURVEBALL affirmait détenir. Il n'est pas indiqué si le SIS est arrivé à cette certitude avant, ou après la guerre.

 

INFORMATIONS FOURNIES PAR CURVEBALL ET UTILISÉES PAR LE SECRET INTELLIGENCE SERVICE.

 

Le rapport final de l' UNSCOM de janvier 1999 indiquait que « l'Irak a autrefois étudiée l' utilisation de laboratoires mobiles pour la production d' agents biologiques ». CURVEBALL remplacera cette éventualité par des certitudes.

La première référence aux informations provenant de la « liaison source » apparaît dans le rapport du JIC du 19.04.2000. Le rapport Butler indique que les informations ont été reçues quelques jours auparavant. C'est aussi la première fois que les britanniques évoquent l' utilisation par l' Irak de laboratoires mobiles pour la fabrication d' armes biologiques. Le rapport indique que « l'Irak semble étudier l' utilisation de laboratoires mobiles (..) et a commencée la production dans des laboratoires mobiles » d' agents biologiques.

La prudence est de mise, l' information est estimée « techniquement possible », étant donné que l' Irak est considérée comme ayant suffisamment d' expertise, d' équipements et de matériel pour produire des armes biologiques (JIC 19.04.2000) mais ces renseignements sont basés sur une seule source (Ici, JIC report du 15.03.2002).

Notons que si le SIS, et le Joint Intelligence Committee, sont prudents quant aux informations mêmes de CURVEBALL, elles serviront beaucoup dans l' analyse globale sur le programme d' armes de destructions massives irakiennes. Le rapport BUTLER le sous-entend de manière extrêmement claire, au paragraphe 244, ou il est indiqué que les rapports transmis par le « service de liaison auront un impact significatif » sur le rapport du JIC du 27.02.2002: « L'Irak, si ce n'est pas déjà le cas, peut produire de grandes quantités d' agents biologiques en quelques jours ».

L 'estimation du JIC du 15.03.20024 indique en page 4, plusieurs informations directement issues de CURVEBALL. Ce document fait clairement référence aux rapports provenant d'une source traitée par un « service de liaison ». Selon le rapport du JIC, cette source aurait indiquée les informations suivantes: le programme des laboratoires mobiles aurait été lancé en 1995; il comprenait 7 laboratoires,six montés sur camion, et l' un sur train, qui furent construits; trois étaient opérationnels en mars 1999. ces laboratoires pouvaient produire 5 types différents d' armes biologiques, sans plus de détails, et auraient déjà produits de 20 à 30 tonnes d' armement biologiques. Le rapport réaffirme le fait que « si les informations indiquées n'ont pas été corroborées, nous estimons que elles sont crédibles d'un point de vue technique »

Cette prudence disparaît très clairement, en revanche, dans le rapport du JIC du 24.07.2002, en page 5: Il y est indiqué, de manière catégorique, que l' Irak «  a développée des laboratoires mobiles pour les programmes d' armes chimiques et biologiques ». Surtout que, selon le document, l' Irak dispose des compétences (humaines) pour un tel objectif.

Le rapport du JIC du 09.09.20025 emploie un ton tout aussi catégorique:

« L' Irak a appris de la Guerre du Golfe l' importance des laboratoires mobiles, plus difficiles à trouver que les installations statiques. Par conséquent, l' Irak a développée, pour les militaires, des systèmes de fermentation, qui peuvent être montés sur train ou sur route (Dans des camions, NDA). Ils peuvent produire des agents biologiques.  ».

L'hypothèse émise (« L'Irak pourrait utiliser des laboratoires mobiles »)est maintenant considérée comme une certitude, alors que, selon le rapport Butler6 , ses informations étaient traitées avec prudence par le JIC avant d' être confirmées par une autre source7, plusieurs mois après. Ce point sera examiné dans la dernière partie.

Cette information relative aux laboratoires mobiles sera « confirmée » peu après ce rapport du JIC, puisque le 11.09.20028 , un informateur du SIS répondant au nom de code de RED RIVER9 confirme l' information sur les laboratoires mobiles utilisés par le régime de Saddam Hussein pour la production d' armes biologiques. La source était alors considérée comme « fiable »10 . Elle se base, pour cette information, sur une « sous-source ». L' importance potentielle11 de cette « source à l' essai », pour reprendre la terminologie du rapport Butler, est telle que Tony Blair est informé de son existence le 12.09.200212.

L' information venant de RED RIVER n' a pu être insérée dans le rapport du JIC du 09.09.2002. Elle sera en revanche prise en compte dans le rapport du JIC du 28.10.200213. Entre ces deux documents, sur demande du Premier Ministre britannique Tony Blair, est publié à l' intention du public le « dossier du gouvernement » du 24.09.200214 . Ce rapport, qui se basera beaucoup sur le rapport du JIC du 09.09.2002, prend aussi en compte le rapport reçu par le SIS le 11.09.2002. Il évoque à plusieurs reprises les laboratoires mobiles: «  Nous estimons que l' Irak a (...) développée des laboratoires mobiles à usage militaire, corroborant les rapports précédents quant à la relatifs à la production d' agents biologiques dans des installations mobiles » (Pages 8 et 9). Ce projet aurait été développé à partir de 1995 sous la responsabilité Dr Rihab Taha, « connu pour avoir joué un rôle central dans les programmes irakiens après la guerre du Golfe » (De 1991, NDA). Le rapport enfonce le clou en indiquant que le JIC a conclu que l' Irak a suffisamment d' expertise, de matériel et d' équipement pour produire en quelques semaines des agents biologiques, en utilisant ses laboratoires de bio-technologies.15

 

ÉVALUATION DU RENSEIGNEMENT DE CURVEBALL DANS L'IMMÉDIAT APRÈS GUERRE.

Le rapport Butler se montre très vague quant aux informations de la « liaison source »: il indique seulement que, dans le cadre des vérifications entreprises par le Secret Intelligence Service, il s'avéra que « d'importants aspects des informations reçues par cette voie étaient faux ». Le SIS n'a pu interroger la « liaison source » que après la guerre. À la date du rapport Butler, Vauxhall Cross n'avait pas encore terminé le débriefing. Il en ressort, selon le SIS, que « des détails importants n'apparaissaient pas dans les rapports du service de liaison », bien que, étant donné l' accès limité à cette source, il soit encore prématuré de conclure. Plus concrètement, le SIS conclut que « la production de laboratoires mobiles aurait eu lieu sous une forme brouillonne, et aurait eu une vie plus courte que ne l affirme l'agent ». Par conséquent, la fonction la plus vraisemblable des remorques qui seront trouvées après la guerre n'était pas la production de stocks de matériaux (Paragraphe 408).

La conclusion du SIS, dans le cadre de son évaluation après-guerre, est néanmoins sévère: les informations de cette source sont considérées comme « inexactes »16 ou, selon le rapport Butler, « comportant de graves lacunes »17 quant aux affirmations, datées de 200018 , sur la fabrication récente d'armes biologiques. La Commission en tira la conclusion que cette fabrication « n'avait pas eu lieu ».

 

ÉVALUATION DU RENSEIGNEMENT DE CURVEBALL: LE RAPPORT DUELFER.

La fin des hostilités entraîne, entre autres tâches, la nécessité de retrouver les armes de destruction massives que possédait le régime irakien, comme l'affirmaient au premier rang les autorités US et britanniques. C'est dans ce cadre qu’est créée, sous la supervision de la CIA, l'Iraqi Survey Group (ISG, successivement dirigée par David Kay et Charles Duelfer). Le rapport final de l'ISG est rendu le 30.09.2004.

Le rapport Duelfer évoquera à plusieurs reprises la thèse des laboratoires mobiles en vue de la production d'armes biologiques. Ici se posent plusieurs questions: Saddam Hussein avait-il la volonté de se doter d'armes de destructions massives? A il essayé? Enfin, le régime irakien disposait-il de laboratoires mobiles pour la production d'armes biologiques? Les réponses sont : oui, oui, et non.

L'Irak a bien envisagée de se doter de laboratoires mobiles aux fins de production d'agents biologiques. Cette possibilité fut examinée par plusieurs responsables irakiens en 1987. Mais l'ISG ne découvrira que un projet de laboratoires mobiles, qui avait été lancé en 1994 pour moderniser l'agriculture irakienne, donc sans rapport avec la fabrication d'armes NBC.

Le régime irakien n'avait plus d'ADM uniquement à titre temporaire, attendant la fin des sanctions pour recommencer son stock. Des tentatives sont en tout cas dénoncées. Ainsi, des négociations auraient été conduites entre le régime et des entreprises françaises, dans les années 90. Les contrats portaient sur des armements conventionnels et de possibles laboratoires mobiles19.

Se basant sur les informations de CURVEBALL20, l'ISG inspectera les sites désignés et interrogera une soixantaine de personnes. Conclusions: les sites désignés n'étaient pas adaptés; aucune des personnes interrogées n'a reconnu la participation du site aux affirmations de CURVEBALL. Seul le Directeur de la compagnie Al Nahrayn Seed fournira une information potentiellement intéressante, en indiquant que durant l'opération « Renard du désert » de 1998, la compagnie reçut l' ordre de monter sur rail des laboratoires. L'inspection de l'ISG conclura que l' équipement n' avait jamais été utilisé pour des armes NBC.

L'ISG examinera aussi les deux installations mobiles découvertes après la guerre, et que le Président des USA présentera trop rapidement comme des preuves des ADM irakiens: Le premier laboratoire est découvert à Irbil en avril 2003; le second en mai près du laboratoire de recherche Al Kindi à Mossoul. Selon l'ISG, la remorque « dispose des équipements et des composants qui peuvent être compatibles avec la production d'agents biologiques ». Toutefois, l' ISG n' a pas trouvée de preuves pour affirmer que la première remorque ( plus complète que celle de Mossoul) jouait un rôle dans la fabrication clandestine d' agents biologiques; le rapport détaille ensuite les raisons pour lesquelles l' installation, au contraire, n' est pas adaptée pour la fabrication d' agents biologiques: incompatibilité de l' équipement pour l' utilisation en vue de fermentation, indispensable pour la fabrication d' armes biologiques; absence d' instruments pour le contrôle du processus etc... La conclusion de l'ISG est que les deux installations servaient de générateurs d'hydrogènes pour des ballons météorologiques, pour l'artillerie de la Garde Républicaine irakienne. C'étaient donc des armes conventionnelles, et non de la catégorie NBC (Nucléaire, Biologique, Chimique).21.

Ce discrédit de l'information (rien n'a été trouvé démontrant que les Irakiens disposaient de tels laboratoires) sur les laboratoires mobiles sera confirmé antérieurement par la Commission SILBERMAN22 et l’UNMOVIC23

 

LE SIS DISCRÉDITÉ.

Cette affaire a fortement affectée le SIS, principal pourvoyeur en informations, dont nombre se sont avérées fausses. La conséquence aurait été le licenciement de plusieurs officiers du SIS, sans que aucun nom ne soit cité. Coïncidence? En 2004, le Directeur du MI6, Richard Dearlove, quitte le service. Suivent le chef de station du SIS à Washington, Ian Forbes McCrédie, ainsi que Mark Allen, ancien responsable de la Division « Anti-Terrorisme International » au Contrôleurat Global Tasks, Directorate of Production and Requirements. La même année, le Director of Production and Requirements du SIS, dont le nom n' a pas été rendu publié, part dans le secteur privé et est remplacé par un vétéran du Service, Nigel Inkster.24. En revanche,passe entre les gouttes Michaël David Shipster, qui a participé à la collecte du renseignement sur l' Irak. Il aurait même dirigé le Contrôleurat Moyen-Orient en 2003. Il est envoyé diriger la représentation du SIS à Washington, à la place de Ian McCrédie25.

 

BEAUCOUP DE QUESTIONS; PEU DE RÉPONSES.

Beaucoup de doutes ressortent de cette analyse: Pourquoi, d'une possible hypothèse, sur la base des informations de CURVEBALL, le SIS est devenu certain que l'Irak disposait de laboratoires mobiles de fabrication d'armes biologiques, et ce bien avant d'en obtenir « confirmation » d'un informateur qui sera ensuite discrédité? D'autres informations sont-elles parvenues, allant en ce sens? Ou bien ces informations ont été présentées comme des certitudes, sur pression? De qui? Du Directeur du JIC, ou de plus haut? Ou bien les informations avaient faits le tour des services secrets, y compris étrangers, a un tel point que, une fois l'informateur discrédité, il était devenu impossible de savoir les informations venant de lui et celles qui n'en venaient pas?

La prise en compte des informations de CURVEBALL indique que le SIS estimait ses rapports crédibles26.. Vauxhall Cross, tout comme la communauté du renseignement US, paraît ici avoir été convaincue par la quantité d'informations venant de CURVEBALL27.

Le rapport Butler, comme indiqué plus haut, est catégorique: le SIS n'a reçu confirmation des informations de CURVEBALL que en septembre 2002, alors que les certitudes de la communauté du renseignement sont antérieures de quelques mois. Par conséquent, les certitudes du JIC se basaient sur les informations de CURVEBALL, mais aussi sur l’estimation faite que, techniquement, une telle utilisation des laboratoires mobiles est possible.

Partant de ce principe, c’est une très grossière erreur d’analyse qui paraît avoir été commise : Il convient de ne jamais prendre pour argent comptant les informations venant d’une seule source, surtout si l’on ne peut pas les confirmer. Tel est le principe de tout service secret, et le NIE en date de 2007 consacré à l’Iran rappelle les règles de l’analyse : L’utilisation des termes « probable » ou « possible » indiquent une probabilité assez forte ; « peut » ou « pourrait » indique que l’ information est incomplète, fragmentée, indisponible, ou vague. Soit le SIS était convaincu par les rapports provenant des informations de CURVEBALL, soit ces rapports furent insérés dans le JIC sur ordre « d’en haut », au mépris d’un principe du renseignement : Ne faire état que des informations dont on est certain, et non pas de celles qui vont dans le sens du politique. Dans la dernière hypothèse, les accusations portées contre John Scarlett, alors Directeur du JIC d'avoir exagéré les rapports, pour les rendre « plus sexy », et ainsi justifier le soutien britannique à l'envoi des troupes, trouveraient ici confirmation. À cet égard, le fait que John Scarlett prenne sur lui l'entière responsabilité du travail du renseignement peut avoir pour but soit de couvrir la communauté britannique du renseignement, soit de faire retomber le blâme sur lui pour protéger les autorités, et Tony Blair en premier ressort. Ou bien les deux.

La dernière hypothèse n'a malheureusement pas été étayée par des preuves, sans être entièrement impossible. Mais une hypothèse plus simple est possible : Depuis la découverte par les inspecteurs de l' ONU, au tout début des années 90, des programmes NBC irakiens, les inspecteurs de l' ONU ainsi que les administrations US et britanniques, et leurs services, étaient arrivés à la conclusion suivante : Saddam Hussein continue à cacher des choses sur les ADM28. . Il ne coopère pas pleinement. Ce que confirment les informations, parcellaires, qui arrivent. L' information de CURVEBALL, sa précision, et sa richesse, ne pouvaient mieux tomber, venant étayer une croyance commune dans les services sur les plans du régime irakien. Même si les services secrets, ainsi que les membres des services, n' étaient pas unanimes sur cette question. Toutefois, au sein de la communauté US du renseignement, et un peu, aussi, de la communauté UK, le débat paraît avoir plus porté sur l' ampleur même du programme NBC irakien que sur son existence, réelle ou supposée.

 

 

 

 

1« Review of Intelligence on Weapons of Mass Destruction », 14 juillet 2004, 216 pages. Commission dirigée par Lord Butler of Brockwell.

2Service de Renseignement Fédéral allemand.

3Gunter Haendly a servi comme Chef de station et représentant du BND à Londres de 1999 à 2005. Intelligence Online l' avait précédemment identifié comme Chef de station du BND à Rome (IOL n° 499 du 28.04.2005)

4« The status of Iraqi WMD Programs », JIC Assessment 15.03.2002, déclassifié en 2004. 5 pages.

5JIC Assessment, « Iraqi use of chemical and biological weapons-possible scenarios », 09.09.2002. 5 pages. Déclassifié en 2004.

6Paragraphe 438.

7Voir plus bas, les informations de la source du MI6 « RED RIVER ».

8Rapport Butler, paragraphe 574.

9See « Curveball », livre de Bob Droggin.

10Paragraphe 303 du Rapport Butler. Cette source sera cataloguée comme non fiable par le SIS, à l' issue de l' évaluation des différentes sources du service: Voir Rapport Butler, paragraphes 305 et 575, ainsi que les notes en bas du paragraphe 305, et le point c. des paragraphes 410 et 436

11Voir aussi dans le rapport Butler les paragraphes 573 à 578. Cette source transmettra une autre information, dans un rapport en date du 30.09.2002, sur un agent chimique (Paragraphes 347 et 405).

12Paragraphe 578 du Rapport Butler

13« Nous estimons que l' Irak continue ses programmes d' armes biologiques (..) Des informations confirmées révèlent que des laboratoires mobiles pour la production d' armes biologiques ont été construits »

14« Iraq's weapons of Mass Destruction. The assessment of the British Government », 24.09.2002. 55 pages.

15Le rapport du 24.09.2002 fait à plusieurs reprises référence aux laboratoires mobiles, sur unton évoquant la certitude, par exemple aux pages 22, 25 et 27. Page 25, selon le rapport, « l' UNSCOM avait établi que l' Irak prenait en compte l' utilisation de laboratoires mobiles pour la production d' agents biologiques. Durant les deux années précédentes, les informations de défecteurs ont confirmées l' existence de tels laboratoires. Des renseignements récents confirment que l' Irak a développé des laboratoires mobiles »

16Voir note sous le paragraphe 239 du rapport Butler.

17Voir paragraphes 409 et 410 du rapport Butler.

18 JIC du 19.04.2000.

19 Première partie, page 246 du rapport Duelfer.

20Selon le rapport Duelfer, un ingénieur-chimiste affirmait que l'Irak était équipée de sept installations mobiles, dont trois opérationnelles, correspondant aux affirmations de CURVEBALL reprises dans le rapport du JIC du 15.03.2002. L' ISG qualifiera la fiabilité de cet ingénieur de « très discutable ». Voir volume 3,page 201.

21Le rapport du 30.09.2004 indique, dans son 3ème volume, page 172, que : « « ISG judges that its Iraqi makers almost certainly designedand built the equipment exclusively for the generation of hydrogen. It is impractical to use the equipment for the production and weaponization of BW agent. ISG judges that it cannot therefore be part of any BW program. »

22« The Commission on the Intelligence Capabilities of the United States Regarding Weapons of Mass Destruction » du 31.03.2005.

23Malgré la fin des inspections sur le terrain quelques jour savant l’invasion de l’Irak, l’ UNMOVIC continuera à travailler sur le thème des ADM irakiens jusque 2007. Son rapport final indiquera au sujet des laboratoires mobiles que aucune preuve ne fut recueillie pour appuyer ces informations, aussi bien par l’ISG que par l’UNMOVIC. (Voir page 26, chapitre V, « Compendium. The Biological Weapons Programme », UNMOVIC).

24Nigel Inkster a entre autres dirigé les stations du SIS à Beijing et Athènes avant d'être nommé Directeur adjoint du SIS au 1999. Il sera 1er Directeur adjoint, et Director of Production and Requirements (Opérations et Analyse) de 2004 à 2006.

25Michaël Shipster quittera le Foreign Office en 2007, pour devenie Directeur international de Rolls-Royce. Son appartenance au SIS a été confirmée par le Chicott Inquiry, qui indique clairement son statut « d'ancien officiel du SIS ». Shipster a été en poste à Moscou, Delhi, et en Afrique. Il aurait entre autres contribué à la défection du Chef de station du Renseignement tchécoslovaque en Inde à la fin des années 80. À la fin des années 90, il s' occupe de la liaisonavec le représentant du Renseignement russe à Londres. Décoré de la Croix de Saint-Michel pour sa contribution à la Guerre en Irak de 2003 (« Iraq honours diplomatic service and overseas list », 05.11.2003).

26À peu près en même temps que le SIS, la CIA, ou du moins certains de ses officiers, étaient convaincus par les informations de CURVEBALL. Par exemple un rapport du WINPAC en date d’ octobre 2001 (Voir rapport de la Commission SILBERMAN, page 100).

27La Commission SILBERMAN note par exemple que, de janvier 2000 à septembre 2001, le Service HUMINT du Défense Intelligence Agency US a distribuée près d'une centaine de rapports provenant des informations de CURVEBALL. Voir page 100 du rapport.

28 Le National Intelligence Estimate n°99-04 d' avril 1999 envisage par exemple les scénarios d' utilisation d' ADM par le régime irakien, et note que « Iraq retains residual chemical and biological weapons of mass destruction ».

13/04/2011

Note de veille: l' attaque terroriste à Minsk

 

NOTE DE VEILLE: L' ATTAQUE TERRORISTE DU MÉTRO DE MINSK

 

L' affaire n' a fait que peu de bruit dans la presse française, beaucoup plus préoccupée par la situation politique en Côte d' Ivoire. Elle est pourtant particulièrement marquante: C'est le premier attentat sanglant commis en Biélorussie. Un pays que, pourtant, rien ne prédisposait, à première vue, à être la cible d'une attaque terroriste,surtout d'une telle ampleur.

 

L' ATTAQUE TERRORISTE.

L' attentat a été commis à 17h55 heure locale selon un communiqué du KGB de Biélorussie du 12.04.2011 (Soit 16h55 heure de Paris). La bombe aurait été déposée sous un banc, sur le quai de la Station « Oktiabrskaya » du métro de Minsk. Pour précision, le métro de Minsk est fait de deux lignes, lesquelles se croisent justement, en centre ville, à la station « Oktiabrskaya ». Cette staton est également située à une centaine de mètres de la Présidence. Il s' agit par conséquent d'une station très fréquentée, surtout à l' heure de pointe. L' engin explosif était d'un poids de 5 à 7 kilos d' équivalent-TNT; elle contenait des billes en métal d'un diamètre de un centimètre.

 

LES VICTIMES.

Aux dernières informations, l' attaque a fait 12 morts (Une victime décédée dans la nuit de lundi à mardi) et 149 blessés ( « Agentura.ru », dans un communiqué publié le 12.04.2011 à 16.09 heure de Moscou,faisait état de 157 blessés, tandis que une autre source journalistique indiquait plus de 200 blessés) dont 22 dans un état grave. Le soir même de l' attaque, le porte-parole de l' ambassade de Russie à Minsk évoquait, parmi les blessés, deux citoyens russes, qui sont hors de danger. Ce bilan a ensuite été revu à trois.

 

MOBILES.

Les raisons de cette attaque terroriste sont inconnues; il n' y a eu aucune revendication, et pas de mobile apparent. L' hypothèse la plus vraisemblable est à chercher du côté de groupes extrémistes et anarchistes en Biélorussie même. Du côté de personnes ayant choisies la « manière forte » contre le régime de Loukashenko, devant l' impossibilité pour l' opposition pacifique de prendre le pouvoir légalement, c'est-à-dire par les urnes.

 

COOPÉRATION INTERNATIONALE.

Côté coopération, la Russie, la Grande Bretagne et Israël ont proposés leur aide, selon le Ministère de l' Intérieur biélorusse. Cette information a ensuite été confirmée. Les autorités russes ont dépêchées à Minsk deux officiers du FSB, arrivés à Minsk le 12 à 8 heures du matin, dont le directeur du laboratoire de criminalistique; ainsi que des Policiers de la Direction de lutte contre les extrémistes et des membres du Ministère des Situations d' Urgence. Côté israëlien, selon un communiqué en date du 13 avril 2011 du KGB de Biélorussie, sont arrivés trois médecins israëliens et quatre spécialistes en explosifs chargés d' aider dans l' enquête les autorités biélorusses. Des britanniques, aussi chargés d' aider les autorités biélorusses dans l' enquête, doivent être dépêchées sur place, on ignore si ils sont déjà à pied d' oeuvre.

 

ENQUÊTE.

Les premières informations indiquaient « trois interpellations,et une personne de type « non slave » recherchée. Dès le 12.04.2011, le KGB de Biélorussie diffusait deux portraits-robots de personnes recherchées dans le cadre de cette attaque (Disponibles à cette addresse: http://www.kgb.by/press/inform/205.html). Un communiqué publié le 13.04.2011 à 10h41 heure française indiquait que deux personnes avaient été appréhendées dans le cadre de cette affaire. Selon le Président biélorusse Loukashenko (communiqué du site « agentura.ru » publié à 17.03 heure de Moscou), les deux personnes ont été arrêtées par la Police et le KGB le mardi 12.04.2011 à 9h. Toujours selon le président biélorusse, ces deux personnes auraient reconnues leur participation à deux autres attaques terroristes: À  Vibetsk en 2005, et à Minsk, le Jour de l' indépendance, le 03.07.2008 (50 blessés).  L'une d' entre elles aurait été identifiée grâce aux caméras de surveillance dans le métro. Elle correspondrait aussi au portrait-robot. Cette personne aurait, selon l' adjoint du Procureur général, reconnue avoir posée la bombe. Les mobiles exacts de cette attaque terroriste sont,pour l' instant, inconnus. Selon l' adjoint du procureur général de Biélorussie Andrey Shved, responsable de l' enquête, l' auteur de l' attentat est né en 1986,et n' a jamais été arrêté. Leur identité n' a pas été dévoilée, et les motifs de l' attentat sont, pour l' instant, toujours inconnus.

 

09/03/2011

La structure du Renseignement extérieur du KGB de 1954 à 1991

 

Structures de la 1ère Direction générale du KGB d' URSS.

 

Le renseignement extérieur soviétique a subi plusieurs changements, au cours de son histoire, marqué par des modifications de structures internes. En voici les lignes directrices.

 

Directeurs de la 1ere Direction principale

 

Alexandre Sakharovsky

Fiodor Mortine

Vladimir Krioutchkov 1974-1988

Vadim Kirpichenko (Acting chief)

Leonid Shebarshine 1989-1991

Evgueni Primakov 1991-

 

1ers adjoints du Directeur de la Première Direction générale

 

Vadim Kirpichenko 1979-1991

Guennadi Titov 1989-janvier 1991

Alexandre Jijine

 

Adjoints du chef de la 1ere Direction générale pour l'Afrique et le Moyen-Orient

 

Vikenti Soboliev 1967-1969

Yakov Medianik 1975-1987

Leonid Shebarchine avril 1987-1989.

Viatchelsav Gurguenov 1989-1991

 

Adjoints du chef de la 1ère Direction principale pour l'Asie

Youri Popov 1973-1989

Nikolai Kaliagine 1989-1991.

 

Adjoint du chef de la 1ère Direction Principale pour l' Amérique du Nord et du Sud

 

Boris S. Ivanov 1966-1979. (Amériques et contre-espionnage).

Vladimir Tolstikov -1983

Nikolai S. Leonov 1983-1990

Vladimir Jijine 1990-1991.

 

Adjoint du chef de la 1ère Direction principale pour l' Europe.

Vladimir Krioutchkov 1971-1974

Evgueni Chichkine (Europe de l' Ouest, Europe de l' Est, et Asie du Sud-Est) 1975-1980.

Viktor Groushko 1980-1983

Guennadi Titov

 

 

 

Le 13.03.1954 est créé le KGB, et les structures une nouvelle fois réorganisées.

 

Le renseignement extérieur est la 1ère Direction principale du KGB d'URSS.

 

Directeur de la PGU et ses adjoints

Secrétariat

Directoires:

-Illégaux

-Technologie

-Mesures actives

-Information et analyse.

-Chiffreurs

 

Sections fonctionnelles:

-Contre-espionnage extérieur

-Émigration

-Opérations spéciales

-Renseignement technique et scientifique

 

Secteurs géographiques

-Amériques du Nord et du Sud

-Angleterre et Europe du Nord

-Europe du Sud

-Europe de l' Ouest

-Moyen Orient et Proche-Orient

-Extrême-Orient.

 

La structure du Renseignement scientifique et technologique, en ce milieu des années 50, était la suivante:

 

-Questions nucléaires

-Aviakosmicheskoyé

-Électronique

-Médecine

-chimie

-autres

-Analyse de l' information.

 

À l' intérieur des différentes sections, la division était faite en secteurs géographiques, par exemple la section chimie était divisée ainsi: pays anglophones; pays francophones; pays germanophones.

 

Sections géographiques:

-USA

-Angleterre et Europe du Nord

-Europe du Sud

-Europe de l'Ouest

-Moyen et Proche-Orient

-Extrême-Orient

 

Directeurs de départements de 1954 à 1960

 

École 101

Viatcheslav Gridnev 1950-1960.

 

Adjoint du Directeur de l' École 101.

Arseni Tishkov 1954-1960

 

Direction des Illégaux

Alexandre Korotkov 1955-1957.

Alexey Krokhine 1957-1958.

Vitaly Pavlov 1959-1961

Mikhail Tsymbal 1961-1966.

 

Directeur de la sécurité : Dmitri Tarasov 1953-1974

 

Département « D » (Devenu le Département « A », Mesures actives)

Ivan Agayants 1959-1967.

 

Adjoint du chef du département, chef de la section « contre-espionnage »

Grigori Grigorenko 1959-1962

 

 

Département Britannique

Evgueni Anatolievitch Tarabrin 1959.

 

1er Département (Amériques du Nord et du Sud)

Alexandre Feklissov 1955-1960

 

Chef du Groupe Amérique Latine au sein du 1er Département

Sergey Antonov 1958-1960

 

2ème département (Europe, entre autres la Finlande. Sans doute « Angleterre et Europe du Nord »).

 

3ème département (? peut être Allemagne)

Ivan Fadeykine octobre 1954-mars 1957

 

4ème département (?)

Acting chief Vladimir Bulnik Juillet 1954-août 1954

 

5ème département (? Peut être Europe romaine)

Vladimir Bulnik août 1954-1963

 

7ème Département (Thailande, Indonesie, Japon, Malaisie, Singapour, Philippines, Inde, Pakistan etc..)

Vassili Startsev 1958-1970.

 

9ème Département (Émigration).

 

Adjoint.

Sergey Volokitine -1957

 

 

10ème département (Renseignement scientifique et technologique)

Leonid Kvasnikov 1954-1963

 

11ème département (Liaison avec les Pays socialistes)

Elisei Tsinitsine 1957-1962

 

13ème département (Opérations spéciales).

Evgueni Mikrovsky Mars 1954-1955.

Vladimir Ivanovitch Vertiporokh avril 1955-1957.

Ivan Anissimovitch Fadeikin 1956-1962.

 

14ème département (Contre-espionnage)

Vladimir Klimkine 1954-1962

 

À la fin des années 50, la section Amériques (1er Département, directeur: Alexandre Feklissov) est divisée en deux: 1er Département, Amérique du Nord; Département Amérique du Sud.

 

Sera ensuite créée en août 1960 une section Afrique (Directeur:Arkadi Koulikov),laquelle elle même sera ensuite divisée entre Afrique francophone et Afrique anglophone en 1965.

 

En 1965 toujours, le 13ème département (Opérations spéciales) devient le département « V »; apparaît aussi le 2ème Service, chargé du contre-espionnage extérieur, de la Sécurité, et de la surveillance de l' émigration.

 

Enfin, en 1973, le 2ème Service (Contre-espionnage et sécurité) devient la Direction « K », tandis que le 10ème département (Renseignement scientifique et technologique) monte en grade en devenant la Direction « T » en février 1974.

 

 

Directeurs de départements de 1960 à 1977

 

Directeur de l' école 101 (Formation)

Arseni Tishkov 1960-1967

Fedor Mortine 1967-1967

Nikolai Goussev 1967-1971

Vitaly Pavlov 1971-1973.

Ivan Zaytsev 1973-1986

 

 

Service des cadres

Elisei Tsinitsine 1969-1970

Vassili Startsev 1972-1974

Georgi Orlov 1975-

 

Direction des Illégaux

Mikhail Tsymbal 1959-1966.

Alexei Lazarev 1966-1974.

Vadim Kirpichenko 1974-1979.

 

Adjoints:

Guennadi Borzov 1968

Youri Drozdov 1968-1975.

 

Directeur de la sécurité:

Dmitri Tarasov 1953-1974

 

Chef du 1er département: Nikolaï Bagrishev -1975.

 

Direction RT (Renseignement depuis le territoire soviétique):

Viktor Vladimirov (Sans doute de 1972 à 1977).

 

 

Service « A » (« Mesures actives »- désinformation.)

Ivan Agayants 1959-1967.

Sergey Kondrashev 1968-1969

Nikolai Antonovitch Kossov 1969-1973 environ

Vladimir Petrovitch Ivanov 1975 environ, toujours en poste en 1982

 

Adjoint

Vassili Sitnikov 1959-

Sergey Kondrashev 1962-

 

Adjoint du chef, Chef de la section contre-espionnage

Grigori Grigorenko 1959-1962

 

Chef de la section OTAN

Vassili Sitnikov Années 60

 

 

 

1er Service (Analyse)

Philippe Skriagine 1962-1964

Fedor Ivanovitch Vidyasov -1968

Andrey Semionovitch Smirnov 1968-1973.

Nikolai Sergeyevitch Léonov 1973-1984

 

Adjoint

Vassili Sitnikov Années 60

 

Chef du Département Amérique Felix Vidyasov Années 60

 

14 ème département puis 2ème Service (Contre-espionnage extérieur et sécurité) à partir de 1965 (Rassemble les départements 14 et 9). Devient en 1973 la Direction « K »

Vladimir Klimkine 1954-1962.

Anatoli Goussakov 1962?-1964

Alexey Krokhine 1964-1965.

Grigori Grigorenko 1965-1970

Vitaly Boyarov 1970-1973

Oleg Kalouguine 1973-1979

 

Aide du chef

Boris Kopeyko 1971

 

Adjoints:

Sergey Kondrashev 1972 (Amérique du Nord).

Oleg Kalouguine 1970-1973

Nikolaï Lissenko 1973

Arkadi Fabritchnikov -1974, supervision du travail contre les services de renseignement européens, les organisations nationalistes et les organisations d' émigrés russes liées aux services secrets étrangers.

O.P.Seliskov 1975.

Nikolaï Lukov 1977

V.N. Kosterine 1978.

 

Chef de la section « Moyen-Orient »: Viktor Sherkashine 1970-1971

Chef de la section « Amérique du Nord »: Vladimir Mednis 1970-1971

Chef de la section d' analyse et d' information:?

Adjoint du chef de la section d' analyse de l' information: Vladimir Mednis 1973-1976.

 

1er Département (USA et Canada)

Boris S.Ivanov 1960-1962

Nikolai Kulebiakine Années 60 (1962?-

Vladimir Kazakov -1967

Mikhaïl Polonik 1967-1968

Anatoly Kireyev 1969-1974.

Vladimir Kazakov 1974-1979

 

Adjoint: Dmitri Yakoushkine 1969-1971

 

Département Amérique Latine (Devenu à une date inconnue le 2ème département).

Sergey Antonov 1960-1964.

Nikolaï Ivanovitch Voronine? 1964-

Vladimir Tolstikov 1976.

 

Adjoint: Nikolaï Léonov 1968-1971.

 

Chef de la section Cuba: Nikolaï Léonov 1960-1961

 

 

3ème Département (Grande-Bretagne et pays scandinaves)

Le Directeur du 3ème département fut viré suite à la défection de Oleg Lyaline, et remplacé par Dmitri Yakushkine.

Ivan Grigoriev? 1963.

Dmitri Yakushkine 1971-1975

Nikolai Grushko 1975-1980.

 

Adjoint chargé de la supervision de la Grande-Bretagne

Mikhaïl Liubimov 1974-1976.

 

Adjoint chargé de la supervision des pays scandinaves

Viktor Groushko 1972-1975

 

4ème Département. (RDA, RFA et Autriche)

Sergey Kondrashev -1968.

Elisei Tsinitsine Mai 1968-avril 1969

 

Adjoint

Ivan Ierofeïev 1971.

 

Chef de la section Allemagne: Evgueni Chichkine 1969-1971

Adjoint du chef de la section Allemagne: Evgueni Chichkine 1967-1969

 

5ème Département (Europe romaine)

Vladimir Bulnik 1954-1963

Vassili Vlassov Années 60

Andrey Vassilievitch Krassavine -1971.

Mikhail Tsymbal 1971.

Nikolai.N.Tchetverikov 1974

Anatoly Ivanovitch Lazarev Date inconnue,sans doute deuxième moitié des années 70

 

6ème département.

 

Chef de la section Chine: Nikolaï Goussev Octobre 1964-Juin 1967.

 

 

7ème Département

Vassili Startsev 1957-1970

Nikolaï Kaliagine 1972

 

Département Moyen-Orient (Sans doute 8ème département).

Yakov Medianik 1962-1966

 

Département Afrique (1960 à 1965)

Arkadi Kulikov 1960-

 

Adjoint: Vadim Kirpichenko Août 1960- Février 1962.

 

Le Département Afrique est séparé en deux en 1965:

 

Afrique francophone

Vadim Kirpichenko 1967-1970

 

Chef de la section Angola: Oleg Nazhetskine 1975

 

Afrique anglophone.

 

 

Géorgi Pokrovsky a été à un moment chef du Département Afrique dans les années 70 semble-il, mais impossible de déterminer si c'est la section Afrique francophone ou la Section Afrique anglophone.

 

8ème département.

 

Chef de la section Iran: Anatoli Lezhnin 1976

 

10ème département (Renseignement scientifique et technologique) devenue la Direction « T » en 1974

 

Léonid Kvasnikov 1954-1963.

Mikhaïl Lipatov 1969-1975

Léonid Zaïtsev 1975-1992.

 

Adjoint: Valentin Revin 1975-1979

 

Chef de la Section Chimie: Nikolaï Karpekov 1962-1966

 

11ème département (Liaison avec les pays socialistes). Du 15.11.1966 au 24.07.1968, le 11ème département de la PGU devient le 11ème département du KGB, avant de redevenir en juillet 1968 le 11ème département de la PGU).

Elisei Tsinitsine 1957-1962

Vladimir Burdine 1967-1982

 

 

13ème Département (Devenu en 1965 Département « V »; réformé en 1971, et incorporé à la Direction des illégaux en 1976)

Ivan Anissimovitch Fadeikin 1956-1962.

Boris Nikolaievitch Rodine 1963-1965

Boris Semionovitch Ivanov 1965-1966

Viktor Mikhailovitch Vladimirov 1966-1970.

Nikolai Pavlovitch Gussev 1970-1973

Alexandre Viktorovitch Kisseliev 1973-1985.

 

Adjoints

Alexey Savine 1970

 

 

Dans les années 70 la structure de la PGU KGB était:

 

Direction de la PGU

Adjoints du directeur charges des régions (Continent américain; Europe; Asie; Afrique et Moyen-Orient; etc..)

Collégium

Secrétariat

Service du personnel

 

Directions autonomes:

-Direction "S" (Illegaux)

-Direction "T" (Renseignement scientifique et technique)

-Direction "K" (Contre-espionnage exterieur)

-Technologie

 

La Direction « S » avait la structure suivante:

 

Le Chef de département et quatre adjoints

-Section 1, l' élite des illégaux

-Section 2, documentation et mise au point des « légendes »

-Section 3, sélection et préparation des illégaux

-Section 4, Amériques

-Section 5, Europe de l' Ouest

-Section 6, Chine, Japon, et Asie du Sud-Est

-Section 7, Afrique du Nord, Proche-Orient et Indonésie

-Section 8 (créée en 1976), sabotages

-Section 9, Sécurité interne

-Section 10, travail à partir du territoire soviétique.

 

Sections autonomes:

-1ere (analyse)

-"A" (mesures actives)

-"R" (Renseignement et analyse)

-Chiffreur

 

Sections géographiques:

-USA/Canada

-Amérique Latine

-Angleterre et Europe du Nord

-Europe du Sud

-Moyen-Orient

-Proche-Orient

-Asie du Sud-Est

-Afrique francophone

-Afrique anglophone.

-Asie centrale

 

En 1968 est créé le 16ème département de la Première Direction Principale, chargé de l' interception électronique. C'est vers 1969 que est créé la Direction « I » (Informatique).

 

Le département « V » (Opérations spéciales) sera fortement secoué par la défection en 1971 de Oleg Lyaline; il faudra attendre 1974 pour que il redevienne opérationnel. Par instruction n°0046 du 12.04.1976 le Département « V » devient le 8ème département de la Direction des illégaux.

 

En 1977, le 7ème Département de la Première Direction Principale perd l' Inde, le Pakistan, le Bangladesh, la Birmanie, le Sri-Lanka et le Népal, qui sont transférés à un nouveau 17ème département, chargé du sous-continent indien; tandis que le Laos et le Cambodge sont transférés au 6ème Département. Le 7ème département conserve donc: le Japon, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, et établit une antenne sous couverture diplomatique à Manille suite à la reconnaissance diplomatique entre l' URSS et les Philippines en 1976.

 

Enfin, est créé en 1978 le 19ème département (émigration), qui auparavant dépendait de la Direction du Contre-espionnage; et en 1979 le 20ème Département (Contacts avec les services de sécurité des pays en développement).

 

En 1984, le "1er service" (analyse) devient la Direction analyse-information (Direction « RI »).

 

 

 

 

 

Début des années 80, la structure du PGU KGB URSS est la suivante:

 

Directeur de la Première Direction Générale

Adjoints du Directeur (Zones géographiques)

 

Direction « T » (Renseignement scientifique et technologique)

Direction « K » (Contre-espionnage et sécurité)

Direction « I » (Informatique)

Direction « R » (Planification et analyse du travail)

Direction « RT » (Opérations depuis l' URSS)

Direction « S » (Illégaux)

Service « A » (Mesures actives)

« 1er Service » (Devenu la « Direction RI » en 1984). (Analyse)

École 101, Institut Andropov à partir de 1984 (Formation).

Service des cadres

 

1ere Département, USA et Canada

2eme Département, Amérique Latine

3eme Département, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zelande, Scandinavie

4eme Département, RDA, RFA, Autriche

5eme Département, France, Bénélux, Espagne, Portugal, Grèce, Yougoslavie, Albanie, Roumanie, Italie, Suisse.

6eme Département, Chine, Vietnam, Laos, Cambodge, Corée du Nord

7eme Département, Thailande, Indonesie, Japon, Malaisie, Singapour, Philippines

8eme Département , pays du Proche-Orient non arabes, Israel, Afghanistan, Turquie et Iran compris

9eme Département, pays anglophones d'Afrique (Afrique du Sud, Botswana, Ethiopie, Gambie, Ghana, Kenya, Libéria, Malawi, Maurice, Namibie, Ouganda, République-Unie de Tanzanie (y compris Zanzibar), Seychelles, Sierra Leone, Soudan, Swaziland, Zambie et Zimbabwe sauf Egypte)

10eme Département, pays francophones et lusophones d'Afrique (Îles du Cap Vert, Guinée Bissau, São Tomé & Principe, Angola et Mozambique)

11eme Département contacts avec les pays socialistes

15eme Département, archives et registre

16eme Département, renseignement électronique, et opérations contre les chiffres des pays étrangers

17eme Département, Inde, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Bangladesh, Birmanie

18eme Département, pays arabes du Moyen-Orient et Egypte

19eme Département, émigration

20 eme Département, contacts avec les pays en développement.

 

 

Les chefs de Départements sont donc à partir de 1977:

 

École 101 (Devenu en 1984 l' Institut Andropov)

Ivan Zaytsev 1973-1986 (décédé)

Géorgi Orlov Juillet 1986- Août 1991

 

Service des cadres.

Nikolaï Nazarov Fin des années 70- début des années 80.

 

Direction « N » (Illégaux)

Vadim Kirpichenko 1974-1979

Youri Drozdov 1979-1991

Youri Juravlev Mai 1991-

 

Adjoint:

Marius Yuzbachian -1978.

 

Directeur de la sécurité:

Boris Solovov 1982.

 

 

Direction « R »

Nikolaï Kossov? Années 80.

 

Adjoint

Nikolaï Kossov 1982

Léonid Shebarshine Mars 1983-Novembre 1983.

 

 

Direction « I »

Valentin Revin novembre 1979-

 

Direction « T » (Renseignement Scientifique et technologique)

Léonid Zaytsev 1975-1992.

 

Adjoint: Valentin Revin Juin 1975-Novembre 1979

 

Chef de la 4ème section (Analyse) : Vladimir Dementiev 1982.

Chef de la 7ème section (Semble-il, renseignement depuis l' URSS): Youri Zevakine 1987.

 

Direction « RT » (Renseignement depuis le territoire soviétique).

Viktor Petrov 1987

 

Chefs de la 3ème section:

B. Golovanov 1987.

Colonel V. Mavreyev 1989.

 

Adjoint: Colonel Krabu 1989.

 

Chef de la section Amérique: Viktor Sherkashine 1987-1991

 

Direction « K » (Contre-espionnage extérieur et sécurité de la Première Direction Principale du KGB).

Oleg Kalouguine 1973-1979

Anatoly Kireyev 1979-1987.

Leonid Nikitenko 1987-1990 (Décédé au Brésil)

Valentin Petrovitch Novikov 1990-?

 

1ère Section: Affaires américaines; 5ème Section: Sécurité intérieure.

 

Adjoints du Directeur de la Direction « K ».

V.N.Kosterine 1978.

Alexandrov 1981.

Nikolaï Lukov 1977.

Sergey Golubev 1985-

 

Chef de la 4ème section: E.K. Elentsev 1986

Adjoint du chef de la 4ème section: E.K. Elentsev 1984

 

Chef de la 5ème Section:

Sergey Golubev 1978-1985.

Viktor Budanov 1985-

 

Adjoint du chef de la 5ème section: Vitaly Yourchenko (1980-janvier 1985)

 

Chef de la 7ème section: ?

Adjoint du chef de la 7ème section: I Sharov 1988.

 

1er Service, devenu en 1984 la Direction d' analyse de l' information. (Direction RI).

Nikolaï Leonov 1973-1984

Vladimir Khrenov 1984-1991 (Décédé)

Mikhaïl Mikhaïlov 1991-

 

Adjoints.

Léonid Chebarchine Novembre 1983-Avril 1987.

Viatcheslav Gurguenov Mi-1985.

Lolly Zamoyski 1985.

Mikhaïl Mikhaïlov -1991 (Spécialiste Europe de l' Est)

 

Service « A » (Désinformation)

Vladimir Petrovitch Ivanov 1975, toujours en poste en 1982

Léonid Alexeïevitch Makarov 1989-1991

 

Adjoint:

Lev Sotskov 1978

M.A.Krapivin 1981.

Lev Sotskov 1987.

V.N. Kosterine 1978

 

Chef de la 3ème section: Youri Rikhlov

1ere Département, USA et Canada

Vladimir Kazakov 1974-1979

Youri Linkov-1982.

Dmitri Yakoushkine 1982-1986

Anatoly Flavnov ou Stanislav Androsov ensuite?

Vyatcheslav Trubnikov 1991

 

Adjoints (En 1985, le Directeur du 1er Département a trois adjoints)

Alexandre Lebedev -Fin 1985 (Viré avec Yakoushkine suite à la défection de Vitaly Yourchenko)

Vitaly Yourchenko Janvier 1985-Août 1985.

Youli Kobiakov Fin des années 80.

 

Chef de la section Amérique:

Gennadi Serebriakov vers 1981-1982.

Peut-être Anatoly Flavnov 1986.

 

2eme Département, Amérique Latine

Boris Kolomyakov 1982.

 

3ème Département, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zelande, Scandinavie

Viktor Grushko 1975-1980.

Guennadi Titov 1980-1984.

Nikolai Gribine 1984-

 

Adjoint du chef du 3ème département pour la Finlande et les pays scandinaves:

Oleg Gordievsky 1978-1982

Albert Akulov 1982-1984

 

Adjoint du Chef du 3ème département pour le Royaume-Uni.

Dmitri Svetanko 1980.

 

Chefs de la section Grande-Bretagne:

Igor V. Titov Fin des années 70.

Ravil Pozdniakov 1982-1985

Igor V. Titov 1985.

 

 

4ème Département, RDA, RFA, Autriche

 

Chef de la section Allemagne:Ivan Gromakov 1982-1987.

 

5ème Département, France, Bénélux, Espagne, Portugal, Grèce, Yougoslavie, Albanie, Roumanie, Italie, Suisse.

Valentin Borisovitch Lvov 1982

Vitaly Margelov 1987.

 

6ème Département, Chine, Vietnam, Laos, Cambodge, Corée du Nord

Stanislav Androsov -1982.

 

Chef de la Section Chine: Mikhaïl Tourchak 1981-

 

7eme Département, Thaïlande, Indonesie, Japon, Malaisie, Singapour, Philippines

Anatoly Babkine 1977

Vladimir Khméliev 1982 (minimum)-1985

 

Chef de la section Japon: Vladimir Pronnikov 1975-

 

8eme Département , pays du Proche-Orient non arabes, Israel, Afghanistan, Turquie et Iran compris

Mikhail Polonik 1979 (minimum)-1982

Viktor Spolnikov 1982-

 

Adjoint:

Lev Kostromine 1979.

 

 

9eme Département, pays anglophones d'Afrique

Vladimir Illitch Gorovoy 1982.

Vladimir Nikolaievtch Ivanov 1990.

 

10eme Département, pays francophones et lusophones d'Afrique

Alexandre Chelenkov 1982

 

11eme Département contacts avec les pays socialistes

Vladimir Burdine 1967-1982.

Nikolaï Kaliagine 1982- 1985 environ.

 

Liaison avec la STASI: Nikolaï Kaliagine -1982.

Chef de la section Pologne : Ninel Tarnavsky Fin des années 70 ou début des années 80.

 

15eme Département, archives et registre

Alexandre Belozerov 1991 minimum-jusque 1997.

 

16eme Département, renseignement électronique, et opérations contre les chiffres des pays étrangers

Andrey Krassavine 1971-1979

Guennadi Lapchine 1982

 

17eme Département, Inde, Sri Lanka, Pakistan, Nepal, Bangladesh, Birmanie

Konstantin Nikishchov 1982.

Guennadi Vaulin 1982-

Viatcheslav Trubnikov 1990

 

18eme Département, pays arabes du Moyen-Orient et Egypte

1982, sans doute Alexandre Koulik ancien rézident Le Caire 1974-

 

Adjoint: G.P. Kapustyan 1979

 

 

19eme Département, émigration

Romualdus Marsikus 1989-

 

20 ème Département (Créé en 1979), contacts avec les pays en développement.

Boris Voskoboyikov 1982.

 

16/12/2010

Wikileaks, une grave atteinte à la sécurité nationale US, à la sécurité internationale et à la protection du secret

Wikileaks n' aura eu de cesse de susciter la polémique: Après avoir diffusé nombre de documents classifiés relatifs aux opérations militaires US en Irak et en Afghanistan, le site vient de s' illustrer par la divulgation de plusieurs centaines de milliers de câbles diplomatiques US. C'est ce que cet article s' efforcera d' examiner.

Primo, les journalistes paraissent avoir été surpris par le travail de « renseignement » mené par les diplomates US en poste dans le monde, sans pour autant recourir aux méthodes de la CIA ou de la NSA. Ce n'est pourtant pas une nouveauté: Une telle fonction ressort très clairement des câbles déclassifiés aux USA, sur la base de la loi FOIA (Freedom of Information Act), dont Vincent Nouzille a effectué une synthèse de qualité, dans son livre en deux tomes « Des secrets si bien gardés », relatifs à la vision qu' avaient la CIA et le Département d' État de la France depuis la deuxième moitié du XX ème siècle. Il serait intéressant de voir, à ce sujet, les méthodes des diplomates français, iraniens, russes, suèdois, chinois etc...

Secundo, il serait inexact, et même complètement faux, de réduire cette liste de câbles à une série d' anecdotes sur les portraits psychologiques des gouvernants et à des « secrets de Polichinelle ».

Les 251287 câbles dévoilés sont extrêmement divers, aussi bien au niveau de leur degré de confidentialité (Le niveau de sécurité le plus élevé est « confidentiel ») que quant à leurs origines (pas moins de 140 représentations US dans le monde, ainsi que du QG du Département d' État lui-même) et leur contenu. Le nombre de câbles varie selon les ambassades : Aucun en provenance de l' ambassade US à Athènes; un seul de la représentation US à l' ONU New York; quelques uns des ambassades de Kiev, Beijing, Beyrouth, Alma Ata, Bangkok, Prétoria, Sofia; un peu plus des ambassades de Buenos Aires, Bogota; beaucoup plus en provenance des ambassades de Londres et Paris.

Les sujets abordés sont extrêmement divers, et il serait beaucoup trop long de tous les indiquer. Citons entre autres la situation politique locale en Argentine et en Ukraine; le soutien du Vatican au dialogue entre l' UE et Cuba, et la volonté du Saint-Siège que les USA mettent fin à leurs actions unilatérales contre le régime de La Havane; la corruption au Kazakhstan; les relations économiques entre la République Populaire de Chine et les USA, ainsi que les problèmes de Google en Chine; le Hezbollah au Liban; le suivi des programmes ballistiques et nucléaires nord-coréens et iraniens; les échanges de points de vue entre officiels US et saoudiens sur l' Iran etc...

Une fois encore, il serait faux de voir dans les câbles seulement des « secrets de Polichinelle » ou une longue série d' anecdotes. Ces câbles dévoilent des informations, parfois, extrêmement sensibles. Citons quelques exemples extraits des câbles:

-La coopération, plus poussée que l' on ne pourrait penser, entre les USA et la Russie quant aux problèmes de la Corée du Nord et de l' Iran, est bien illustrée par un document de décembre 2009. Ce document dévoile entre autres les efforts du FSB (Sécurité et contre-espionnage russe) pour empêcher la Corée du Nord et l' Iran de se procurer des matériaux et technologies russes pour les missiles ou dans le domaine nucléaire, ou le point de vue de la délégation russe quand au développement des programmes ballistiques iraniens et nord-coréens.

-Un câble hautement sensible de 2009 dévoile la liste des objectifs considérés comme « stratégiques » par le Département d' État, « dont la perte pourrait avoir un impact critique sur la santé publique, la sécurité économique, et la sécurité intérieure ou nationale des États-Unis » aussi bien en Afrique que dans le Pacifique ou dans les Amériques, et beaucoup plus en Extrême-Orient et en Europe. Parmi la centaine d' objectifs et sites répertoriés, citons en exemple les mines de cobalt du Congo-Kinshasa ou la firme Baxter en Autriche.

-Un câble daté de janvier dernier évoque une conversation entre l' envoyé spécial US et le Ministre des affaires étrangères de Corée du Sud. Ce dernier affirme à son interlocuteur que Kim Jong-Il compte aller en Chine, ayant besoin d'un soutien économique et politique chinois dans pour faire façe à une « situation intérieure de plus en plus chaotique », Le responsable de la diplomatie sud-coréenne, pour mieux illustrer son propos, indique que « un nombre non spécifié de hauts responsables de Corée du Nord ont récemment faits défection » vers le régime de Séoul » Ce câble va ainsi à l' encontre des analyses publiques estimant que le leader nord-coréen, malgré un isolement croissant et la nécessité de l' aide internationale civile pour maintenir son pouvoir, contrôlerait toujours la situation.

-Enfin, un câble retranscrit la discussion entre un sénateur US et le Directeur du Mossad, Meir Dagan sur le problème iranien ainsi que sur les djihadistes en Irak, résumée dans un câble de mars 2010. Comme l' indique Meir Dagan, qui à la date du câble était encore Directeur du Mossad (Il a été récemment remplacé par Tamir Fredo) des djihadistes originaires d' Ouzbékistan, de Syrie, du Yémen et d' Ouzbékistan sont retournés dans leur pays après avoir combattus en Irak, ce qui ne manque pas d' inquiéter. Information tout aussi intéressante contenue dans ce câble, « Le Mossad n' a pas d' informateurs en Irak, à part des relations avec les kurdes, car ce qui intéresse en premier le Mossad, c'est l' impact des djihadistes quand ils retourneront dans leur pays, par exemple la Jordanie ou l' Arabie Saoudite ». Et M. Dagan d' ajouter que si l' Égypte et la Jordanie sauront gérer une telle situation, il est moins confiant pour le Liban, le Soudan, l' Arabie Saoudite, et (surprise!) la Syrie (NDA: pays qui, pourtant, avait lutté avec une grande efficacité, au prix de méthodes assez contestables, contre des groupuscules terroristes tels que les Frères musulmans).

La diffusion de ces informations, d'une criante actualité, et ce sans aucun filtre, ne peut que faire des dégâts, à la diplomatie US en premier lieu, mais aussi pour les personnes ayant échangées leurs informations avec les diplomates de la première puissance mondiale: Le contenu même de ces câbles offre à tout service secret, réseau diplomatique etc..., ami comme ennemi des USA, un avantage incomparable: Ainsi, ils découvrent ce que les USA savent, ne savent pas ou croient savoir sur les questions sociales, politiques, nucléaires etc... Une occasion en or. Par exemple le Président de la Fédération de Russie a publiquement exigé du SVR une analyse sur le contenu des câbles Wikileaks. Partant de ces informations, en connaissant ainsi les points forts comme les faiblesses des USA, il ne sera pas difficile à des États malveillants, par exemple la Corée du Nord, de diffuser de la désinformation pour tromper l' adversaire, voire même reproduire, à partir des câbles, de faux documents. Wikileaks leur en fournit en vrac. Mais surtout, les points de vues, informations, de personnalités étrangères, sont clairement reproduites. Ensuite, ce sont des conversations diplomatiques parfois secrètes qui sont dévoilées. Ainsi, il est possible de savoir comment les diplomates US jugent tel où tel décideur politique ou institutionnel. Enfin, ces câbles ont été diffusés sans consentement de l' État concerné, les USA, et au mépris des règles posées par la Loi FOIA, laquelle fait pourtant partie des lois les plus libérales au monde quant à la déclassification de documents. Tout aussi grave, la diffusion du fameux câble de 2009 sur les infrastructures sensibles à travers le monde est une liste extrêmement complète. Sa diffusion ne peut que faciliter le travail des organisations terroristes, en sachant quels sont les sites les plus sensibles, et dont l' attaque ou la destruction auraient le plus d' impact.

Devant une telle profusion, certains médias et personnes se sont empressés de parler de « montage » mené par les USA, d'une espèce de « complot », basé sur un simple argument: Comment se fait-il que Wikileaks ne soit poursuivi que si tardivement, alors que le site n' avait pas hésité, déjà, à publier des informations classifiées, et compromettantes pour l' administration US, sur les guerres en Afghanistan et en Irak? Et aussi, comment se fait-il que autant de câbles diplomatiques (Plus de 200000!) soient disponibles sur le site? Il est difficile de croire que ces fuites soient le fait d'une seule personne, qui aurait transmis autant d' informations à Wikileaks (NDA: L' hypothèse que plusieurs personnes aient, soit collectivement, soit séparément, transmis leurs informations à Wikileaks paraît avoir été oubliée)! CQFD: Les USA ont laissés faire! À moins que ce ne soit un quelconque complot de leur part.

Mais pour quelle raison? Une telle fuite impliquerait que les USA en tirent un avantage quelconque. Faire ainsi pression sur les iraniens en leur indiquant la détermination et la connaissance des USA et de certains de leurs alliés à empêcher le régime de se doter de l' arme nucléaire? Ni les USA ni l' Arabie Saoudite ne s' en sont guère cachés, et le régime de Téhéran sait pertinemment que ces pays ne lui sont guère favorables.

De plus, non seulement, les services secrets et services diplomatiques amis et ennemis, comme indiqués plus haut, ont bénéficié d'une véritable manne d' informations, mais en plus le Département d' État s'est retrouvé dans un profond embarras devant le contenu de certains télégrammes, peu flatteurs à l' égard de nombre de décideurs politiques ou institutionnels, aussi bien français que italiens, turcs, ou russes.

Enfin, ces câbles dévoilent nombre d' informations provenant de tiers (Russie, Arabie Saoudite, France, Israël etc...). Il est à craindre que les représentants de ces pays, mais aussi les hommes d' affaires ou hommes politiques locaux y regarderont maintenant à deux fois avant d' échanger des informations avec les diplomates US, de crainte que ces dernières ne finissent sur la place publique..

En conclusion, les USA, sur le long terme, auront tout intérêt à revoir leurs procédures de sécurité, qui ont peut-être été défectueuses. Sur le moyen terme, si il convient de poursuivre les personnes qui ont, sciemment ou non, transmis ces informations, directement ou indirectement, à Wikileaks, les gestionnaires, administrateurs, membres du site, en dévoilant publiquement, et de manière irresponsable, les câbles, ont leur part de responsabilité et se doivent d' être poursuivis. À ce sujet, deux sénateurs de la Commission du renseignement du Sénat US ont officiellement demandés le 02.12.2010 au Procureur général des États-Unis de poursuivre Julian Assange, fondateur de Wikileaks, pour espionnage, se fondant sur la section 793 de l' Espionnage Act.

Pour terminer, à titre uniquement anecdotique, les médias français, qui se sont empressés de relater le « cablegate », ont pour la majorité d' entre eux oubliés de relater le contenu d'un câble de l' ambassade US à Paris en date de janvier 2007 qui ne leur est guère favorable: « Top French journalists are often products of the same elite schools as many French government leaders. These journalists do not necessarily regard their primary role as to check the power of government. Rather, many see themselves more as intellectuals, preferring to analyze events and influence readers more than to report events.The private sector media in France - print and broadcast - continues to be dominated by a small number of conglomerates, and all French media are more regulated and subjected to political and commercial pressures than are their American counterparts. The Higher Audio-Visual Council, created in 1989, appoints the CEOs of all French public broadcasting channels and monitors their political content. »

Joint en Annexe:Lettre de deux sénateurs de la Commission du renseignement du Sénat US demandant que Julian Assange soit poursuivi pour espionnage

 

Press Release of Intelligence Committee

Feinstein-Bond Ask Attorney General to Prosecute WikiLeaks Founder Julian Assange for Espionage

Contact: Phil LaVelle (Feinstein) or
Gil Duran (Feinstein) 202-224-9629 begin_of_the_skype_highlighting              202-224-9629      end_of_the_skype_highlighting
Shana Marchio (Bond) 202-224-0309 begin_of_the_skype_highlighting              202-224-0309      end_of_the_skype_highlighting

Friday, December 3, 2010

 

WASHINGTON, DC – U.S. Senators Dianne Feinstein (D-Calif.), chairman of the Senate Intelligence Committee, and Christopher (Kit) Bond (R-Mo.), vice chairman of the committee, asked Attorney General Eric Holder to prosecute WikiLeaks founder Julian Assange for espionage. Following is their letter to the attorney general:
 
December 2, 2010
 
 
The Honorable Eric H. Holder, Jr.
Attorney General
United States Department of Justice
Washington, D.C. 20535
 
Dear Attorney General Holder:
 
          We respectfully urge the Department of Justice (DOJ) to take action to bring criminal charges against WikiLeaks founder Julian Assange and any and all of his possible accomplices involved in the unauthorized possession and distribution of vast quantities of classified and unclassified material from the U.S. government.  The unauthorized release of this information, including the recent release of approximately 250,000 State Department documents, is a serious breach of national security and could be used to severely harm the United States and its worldwide interests. 
 
On Saturday, before the latest disclosures by WikiLeaks, the State Department’s legal adviser, Harold Koh, wrote Mr. Assange telling him that if he were “genuinely interested in seeking to stop the damage” from his actions he should: (1) ensure WikiLeaks ceases publishing any and all such materials; (2) ensure WikiLeaks returns any and all classified U.S. Government material in its possession; and (3) remove and destroy all records of this material from WikiLeaks' databases.  As we know, Mr. Assange failed to take these actions, and instead proceeded to release these documents to the world at large.
 
We appreciate your statement earlier this week that DOJ has an “active, ongoing, criminal investigation” with regard to the WikiLeaks matter.  We also understand that Private First Class Bradley E. Manning – who may have been involved in disclosing the most recent set of documents provided to WikiLeaks – has already been charged in military court with eight violations of federal criminal law, including unauthorized computer access and transmitting classified information to an unauthorized third party in violation of a section of the Espionage Act, 18 U.S.C. 793(e).
 
Section 793(e) of the Espionage Act states:
 
Whoever having unauthorized possession of, access to, or control over any document, writing, code book, signal book, sketch, photograph, photographic negative, blueprint, plan, map, model, instrument, appliance, or note relating to the national defense, or information relating to the national defense which information the possessor has reason to believe could be used to the injury of the United States or to the advantage of any foreign nation, willfully communicates, delivers, transmits or causes to be communicated, delivered, or transmitted, or attempts to communicate, deliver, transmit or cause to be communicated, delivered, or transmitted the same to any person not entitled to receive it, or willfully retains the same and fails to deliver it to the officer or employee of the United States entitled to receive it … Shall be fined under this title or imprisoned not more than ten years, or both. 
 
Courts have interpreted “information relating to the national defense” to include classified and unclassified material.   We believe that Mr. Assange’s conduct is espionage and that his actions fall under the elements of this section of law.  Therefore, we urge that he be prosecuted under the Espionage Act. 
 
If Mr. Assange and his possible accomplices cannot be charged under the Espionage Act (or any other applicable statute), please know that we stand ready and willing to support your efforts to “close those gaps” in the law, as you also mentioned this week.  Thank you very much for your attention to this matter.
 
Sincerely,
 
 
Dianne Feinstein                              Christopher S. Bond
Chairman                                           Vice Chairman

 

25/11/2010

La station du MI6 à Moscou, 2ème Partie: 1963 à 1991

L' HUMINT (renseignement humain) n'est pas la seule technique utilisée par le SIS a Moscou: Au milieu des années 60 (Le contrôleurat URSS, Directorate of Production, est alors dirigé par Harold Shergold), l' interception des communications prend de l'ampleur. En effet le KGB constate une augmentation des fuites d' informations sur l' Union Soviétique en direction du gouvernement britannique, et ce par l'intermédiaire de l' Intelligence Service . L' enquête conduite permet de découvrir que la valise diplomatique britanniques contient beaucoup de matériel électronique. A partir de la, le KGB prévient les différentes institutions concernées, aussi bien au Ministère de la Défense que dans ses établissements, sans compter les organes gouvernementaux ou les instituts scientifiques des possibilités d'interceptions de communication

Harold Shergold. C'est un spécialiste des soviétiques qui dirige le contrôleurat Union Soviétique en 1966. Harold Shergold, après avoir servi dans une unité du renseignement britannique durant la Seconde guerre avec le grade de capitaine, entre au SIS. Après avoir travaillé en Allemagne, alors principale base du SIS contre les soviétiques, il participe au "traitement" du colonel Oleg Penkovsky, et contribuera à démasquer George Blake, taupe du KGB au coeur du SIS. Contrôleur "SovBloc" en 1966. Décédé vers 2000

C'est dans ce dernier domaine justement que la station de Moscou, alors dirigée par Nicholas Henry Livingston (1969-1972, auparavant en poste en Argentine, a Buenos Aires ) remporte un succès en 1971, avec l' exfiltration de Anatoli Fedosseyev, un important scientifique soviétique, qui participa aux programmes « Luna » et « Soyouz », et qui apparemment fournissait des informations a la CIA par le biais de boîtes aux lettres mortes. La coopération CIA-SIS marche ici a plein puisque ce sont deux secrétaires de l'ambassade britannique a Moscou, Martin Nicholson et Patrick Jackson, qui sont chargés de maintenir par la suite les contacts avec le scientifique, pour lui indiquer la procédure d' exfiltration une fois que le scientifique sera a Paris dans le cadre d'une délégation. Arrivé a Paris, Fedosseyev appelle un dimanche matin l' ambassade britannique au numéro convenu; une voiture vient immédiatement le chercher direction un aéroport ou l' attend un avion direction la Grande-Bretagne! Très beau succès du SIS, qui occasionnera quelques dégâts: Dans la foulée de l' exfiltration du scientifique, les autorités britanniques expulsent des « diplomates » soviétiques en poste a Londres: L'un est Valery Shuvotine; le second, Lev Cherstnev, est un gros poisson du KGB car dirigeant depuis 1968 la ligne « renseignement scientifique et technique » a la rézidentura de Londres. C' en est trop pour Moscou qui se paye deux humiliations en si peu de temps:Fin juin 1971 Nicholson et Jackson sont déclarés « persona non grata » et expulsés. L' appartenance de Jackson et Nicholson au renseignement de Sa Majesté n'est pas clairement établie (Il pouvait très bien s' agir de diplomates britanniques aidant la station du SIS)

Selon Rem Krassilnikov, qui dirigera le Deuxième département (Pays du Commonwealth) a la Deuxième Direction Principale (contre-espionnage) du KGB de 1973 a 1979, suite aux scandales Penkovsky et Brookes, la station du MI-6 a Moscou s'est « enterrée »; il convenait par conséquent de la « déterrer » pour ainsi découvrir ses membres et ses techniques de travail. Krassilnikov dispose pour cela de deux aides de poids: rien de moins que les anciens officiers du SIS Georges Blake et Kim Philby ( apparemment Krassilnikov fut le traitant de Philby a Beyrouth), anciens informateurs du renseignement soviétique passés a Moscou, et connaissant très bien les méthodes de travail du renseignement britannique. C'est ce que affirme Milton Bearden dans son ouvrage, et Rem Krassilnikov paraît le confirmer implicitement dans ses mémoires quand il fait l' éloge de ses deux personnes.

Pour cela le 2ème département décide d'envoyer un agent double dans les pattes de la station de Moscou: En 1974 un membre de la marine militaire soviétique contacte l' ambassade britannique pour faire savoir sa volonté de fournir des informations. Peter Brennan, alors chef de la station, décide de récupérer lui-même, avec sa femme, le «colis » laissé dans un parc de Moscou par ce mystérieux marin. Ce qui donnera lieu, selon Krassilnikov, a une scène insolite:le couple s' assoit tranquillement sur un banc du parc et constate que les alentours sont déserts quand soudain la femme de Brennan fait tomber son sac a main; le couple se jette aussitôt par terre et gratte la terre jusqu'à tomber sur la fameuse « boîte aux lettres morte »... Aussitôt, le couple retourne a leur voiture, direction l' ambassade britannique 14 Quai Sofia!

Peter Brennan. Selon Rem Krassilnikov, Brennan fut le chef de la station du SIS à Moscou, sous la couverture de deuxième secrétaire de la section politique de l' ambassade de Grande-Bretagne à Moscou de 1973 à 1976. Sa biographie détonne assez, tant son arrivée au FCO est très récente.

Selon Krassilnikov toujours, l'opération durera deux ans et permettra au 2ème département de mettre a jour le fonctionnement de la station de Moscou, mais aussi plus globalement les techniques de travail du renseignement britannique. Krassilnikov cite par exemple les repérages faits par le conseiller scientifique de l' ambassade britannique a Moscou John Garrett (Un authentique diplomate) pour le compte de la station.

Peter Brennan quitte Moscou en 1976 pour être remplacé par John Scarlett, future étoile montante du MI6 précédemment en poste au Kenya. Bizarrement, l' affectation de Scarlett ne dure que une année:Il est rappelé a Londres ou il travaillera au QG du SIS, au contrôleurat chargé du Bloc communiste. Entre autres, il aurait été un des officiers traitants de Oleg Gordievsky.Concernant le fameux marin, Krassilnikov n'indique pas pourquoi (coïncidence?) l'opération fut arrêtée, approximativement en 1976..Pour remplacer Scarlett après son interlude moscovite arrive John Lawrence Taylor, qui a quitté peu avant son poste a Berne, ou il participait a la tentative de recrutement d'un autre soviétique, Vladimir Bogdanovitch Rezoun. Sous le commandement du chef de station (ironie de l'histoire)..Peter O' Bryan Tear.

John Lawrence Taylor. Né le 27/05/1946. Entré au MI6 en 1971. « Deuxième secrétaire » en Suisse de 1973 à 1976. Chef de station du SIS à Moscou de 1977 à 1979, officiellement premier secrétaire de l' ambassade. Au QG du SIS de 1980 à 1982, puis « Premier secrétaire » de l' ambassade britannique à Stockholm à partir de 1982

Krassilnikov profite de son ouvrage pour faire un bref topo sur la station du MI-6 a Moscou, particulièrement dans les années 70. Selon lui, une des priorités est le renseignement politique. Les autres domaines ne sont pas négligés: L' antenne coopère avec le bureau de l' attaché militaire. La station étudie soigneusement, aussi, les lieux de contacts avec ses informateurs, les techniques de surveillance des guetteurs de la 7ème Direction du KGB (Surveillance), note les numéros d' immatriculation des véhicules utilisés. Elle obtient aussi des informations et des demandes d' informations du QG du SIS, par exemple, selon Peter Wright,ancien officier du MI5, un câble est envoyé a la station de Moscou au sujet d'un officier du KGB, que Wright appelle Grigovine, et qui fit l' objet d'une tentative de recrutement par chantage sexuel dans les années 60 a Londres . Refusant de céder au chantage, Grigovine est « balancé » par les britanniques et rappelé a Moscou. L' antenne moscovite reçoit l' ordre « d' ouvrir l' oeil », si Grigovine change d'avis,mais comme le raconte Wright, « Nous n' eûmes plus jamais de nouvelles de lui ».

Krassilnikov note aussi que la station du SIS était plus petite (selon lui approximativement 5 a 6 officiers en poste dans les années 70-80, et dans les années 50 deux a trois officiers seulement) que celle de la CIA (Environ de 8 a 12 personnes dans les années 70-80) mais possédait l'avantage d'avoir moins de tâches. Et donc plus de temps pour planifier et soigner les opérations. Au passage, elle utilise beaucoup l' aide de diplomates britanniques dans sa tâche de collecte de renseignement: Ainsi, John Garrett fera des missions de reconnaissance pour la station de Moscou dans les années 70;

Enfin, il convient de noter quelques changements au QG du SIS. Sous l' égide de Arthur Temple Franks, nommé chef du MI6 à partir de 1979, engage alors une réforme du SIS.  Le Directorate of Production (collecte d'informations) et le Directorate of Requirements (Analyse et distribution) sont couplées dans un Directorate of Production and Requirements, comprenant les Contrôleurats: Union Soviétique, Afrique, Europe, Asie, Station de Londres (Opérations sur le territoire britannique); Hémisphère Ouest (Amériques et Caraïbes). Chaque Contrôleurat est dirigé en zones géographiques (Russie,Balkans etc..) avec une section Production et une section Requirements.

Arthur Temple Franks, dit "Dick Franks". C'est un spécialiste des soviétiques et du Moyen-Orient qui présidera aux destinées du SIS de 1979 à 1982. Dick Franks sera entre autres Chef de station à Téhéran de 1953 à 1956, en remplacement de Monty Woodhouse. Il participera à l' opération AJAX  (Renversement de Mossadegh) avant de revenir au QG du SIS. En 1961, il sera un des officiers traitants de Oleg Penkovsky à Londres, même si son poste est difficile à déterminer, les informations étant contradictoires (Chef de la Station de Londres selon les uns; Chef du Contrôleurat Production Research selon d' autres). Après un détour comme chef de station à Bonn de 1962 à 1966, il aurait dirigé dans les années 70 la London Station, avant d' être nommé n°2 du SIS, et Director of Production. Il restructurera le SIS. Décédé récemment.

Enfin, la couverture du chef de station est généralement 1er secrétaire d' ambassade, mais a la fin des années 80 il prend rang de conseiller. L' adjoint est aussi officiellement 1er secrétaire, et c'est toujours le cas aujourd'hui ( Par exemple Marc Doe en 2006).

Concernant le chef de station lui-même, deux originalités sont a signaler: Primo, le SIS n' hésite pas a envoyer a ce poste délicat des femmes (En comparaison il faudra les années 70-80 pour que la CIA nomme des femmes a la tête de stations a l' étranger), mais ce mouvement, assez visible dans les années 50 et 60, disparaît complètement par la suite

Ensuite, les chefs de stations du SIS a Moscou étonnent par leur « jeunesse » dans le milieu du renseignement: Que penser de Daphné Park, nommée a la tête de l' antenne moscovite après seulement 6 années d' ancienneté au renseignement britannique; de John Scarlett qui prend les rênes de l' antenne moscovite en 1976 alors que il est entré au service en 1971; de Peter O'Bryan Tear qui entre au « Foreign Office » en 1947 et se retrouve a Moscou en 1952; ou Nicholas Livingston qui démarre en 1964 et se retrouve a Moscou en octobre 1969 après un poste a Buenos Aires!

On peut supposer que le SIS privilégie alors d'affecter a Moscou des cadres encore peu, voire pratiquement pas connus des soviétiques, mais qui malgré leur « jeunesse » ont l' avantage de disposer d'une certaine expérience, par exemple dans le domaine militaire (Par exemple Terence O'Bryan Tear a servi dans les forces armées de 1940 a 1947) ou du renseignement (Henry Van Maurik a travaillé durant la guerre au SOE). Ce n'est que dans les années 80, tout a la fin, voire dans les années 90, que s' entame le processus de nomination a la tête de la station moscovite de cadres bénéficiant d'une très longue expérience au sein du renseignement britannique, tels que John Scarlett ou Clive Dare Newell, et ayant accomplis plusieurs missions à l' étranger. Au détriment de leur identité,

Michaël David Shipster. Entré au SIS en 1977, il étudiera le russe au centre militaire de formation de Beaconsfield de 1979 à 1980 avant d' être affecté à Moscou comme chef de station adjoint, sous la couverture de 1er secrétaire de la section économique de 1981 à 1983. Il est ensuite en poste à Delhi de 1986 à 1989, ou il participe à l' exfiltration d'un responsable du renseignement tchèque, puis sert à Lusaka et Johannesbourg. Suite à l' expulsion de John Scarlett en 1994, sa candidature à la tête de la station de Moscou sera envisagée. En 1997, il travaille au QG du SIS, entre autres ou il est chargé des contacts avec les services secrets russes, avant d'être nommé Contrôleur Moyen-Orient, Directorate of Requirements and Production, poste qu'il occupe lors de l' invasion de l' Irak de 2003. Chef de station du SIS à Washington de 2004 à 2006, il entre ensuite dans le privé, chez Rolls-Royce

Les contacts a Moscou, faut-il le rappeler, sont considérés comme dangereux. C'est pourquoi l'un des informateurs les plus précieux au coeur du KGB, Oleg Gordievsky, évitera de garder le contact avec la station du SIS a Moscou, préférant conserver les informations et les transmettre a ses traitants a l'étranger. En revanche, la station du SIS a Moscou reçoit pour consigne de préparer un plan d' exfiltration en cas d'urgence. Selon Gordievsky dans ses mémoires, ce plan était régulièrement vérifié, au cas ou. Il sera en tout cas mis en application fin 1985 avec brio. En effet, Gordievsky est soudainement rappelé a Moscou en mai 1985 et comprend très vite que le KGB le soupçonne d' avoir été recruté par le SIS. Bien que relâché faute de preuves, il est filé. Prévenir la station de Moscou pour qu' elle l' exfiltre est difficile, mais Gordievsky réussit a donner le signal a Raymond Asquith, le chef de station adjoint depuis 1983 (De 1981 a 1983, le chef de station adjoint était Michaël Shipster). Le QG du SIS est aussitôt prévenu, et le plan d' exfiltration déclenché, après accord de Margaret Thatcher. Le but est de faire passer la frontière a Gordievsky dans le coffre d'une voiture diplomatique britannique. Gordiesky doit retrouver son traitant,le comte Asquith pour cela, près de Vyborg, a un endroit convenu. L' opération a été soigneusement planifiée, détails compris: Une couverture isolante et des bouteilles ont été prévues pour Gordievsky dans le coffre même de la voiture, tandis que, au moment du contrôle, la femme d'un des diplomates donne des chips au chien des gardes-frontières pour éviter que il ne découvre la présence d'une personne dans le coffre de la voiture. L' opération, risquée, réussit, et Gordievsky se retrouve de l' autre côté du rideau de Fer, en Finlande.

Alastair Jon Breeze. Le recoupement de la fameuse "liste des 116" ainsi que des mémoires de Richard Tomlinson ont permis de déterminer que Alastair Jon Breeze fut, à un moment de sa carrière, Contrôleur Europe de l' Est au SIS. Cet officier du SIS a entre autres été en poste au Pakistan et chef de station du SIS à New York sous la couverture de conseiller d' ambassade à partir de 1983.

 

Raymond Asquith. Le hasard a voulu que ce diplômé d' Oxford soit aussi le petit fils du Premier ministre britannique qui, en 1911, refusa un plan du renseignement britannique visant à assassiner Lénine. Entré en 1980 au SIS, Raymond Asquith a 'abord été en poste à Moscou comme chef de station adjoint de 1983 à son expulsion en septembre 1985 avant de travailler au Contrôleurat Moyen-Orient. Il aurait, d'ailleurs, été mêlé au scandale Matrix Churchill (exportations d' armes britanniques vers l' Irak couvert par le MI6 pour infiltrer les réseaux du trafic d' arme fournissant Saddam Hussein). De 1992 à 1997 , il dirigera la première station du SIS à Kiev avant d' entrer dans le privé, d' abord chez Pricewatherhouse Cooper

Andrew Patrick Somerset Gibbs. Ici est dévoilée la carrière d'une étoile montante au sein du SIS. Andrew Gibbs a commencé sa carrière au SIS par un poste au Brésil, avant d' être nommé chef de station à Moscou en 1984, en remplacement de Keith Muras. Officiellement, il est premier secrétaire de la section politique de l' ambassade britannique. C'est à lui que reviendra le rôle de coordonner l' exfiltration réussie de Oleg Gordievsky depuis Moscou. Expulsé en septembre 1985, il n' en est pas moins nommé chef de station à Prétoria ( 1987 à 1989). Décoré de l' Ordre de l' Empire Britannique en décembre 1991. Grade de conseiller d' ambassade. Il était jusque récemment chef de station au Moyen-Orient. Depuis trois ans, sa carrière est malheureusement inconnue.

 

Gordon Barass. Il est parmis les premiers officiers du SIS affectés en Chine communiste, puisque Gordon Stephen Barrass sera chef de la station de Beijing de 1970 à 1972 sous la couverture de second secrétaire de l' ambassade britannique, après un bref passage à Hong-Kong comme officier traitant.Ce spécialiste des affaires chinoises et soviétiques est entré vers 1965 au SIS. Après ses postes à Hong-Kong et Beijing, il sera ensuite chef de station adjoint à Berne en 1977 sous couverture de premier secrétaire, ou il participe au recrutement de Vladimir Rezoun, un officier du GRU, avant d' être un des officiers chargés du débriefing de Oleg Gordievsky. Il semble que il était alors affecté au Requirements URSS du Contrôleurat Bloc Soviétique, Directorate of Production and Requirements du SIS. Il quitte le MI6 vers 1993 et entre dans le privé

 

Ensuite un avion le récupère en Norvège, direction le Royaume-Uni! A peine descendu d'avion, Gordievsky sera pris en charge entre autres par Gordon Barrass, haut responsable au contrôleurat Union Soviétique du SIS (Peut être même chef du contrôleurat). Ses informations portent aussi bien sur le plan politique que du renseignement, car c'est suite a ses informations que les autorités britanniques décident d' expulser 25 soviétiques appartenant au KGB et au GRU. Les soviétiques ripostent aussitôt en expulsant 25 britanniques. Ironie de l'histoire, parmi les diplomates britanniques expulsés, figure.. Raymond Asquith, ainsi que son patron, Andrew Gibbs. Il faudra attendre 1986 pour que Peter Harris, le nouveau patron de la station de Moscou, redémarre les activités de renseignement.

Il sera lui-même confronté a une histoire d' espionnage passablement embrouillée: Un officier de la XVI ème Direction du KGB, chargée de l' interception des communications électroniques des pays ne faisant pas partie du bloc communiste, Vladimir Makarov, avait proposé quelques années plus tôt ses services au BND. Sans résultat. Il se serait alors tourné vers la station du renseignement britannique a Moscou, proposant des informations sur ce service du KGB qui est l' équivalent de la NSA ou du GCHQ. Il est repéré par le contre-espionnage soviétique, neutralisé et condamné.

« Se serait », car selon une autre version, Makarov aurait contacté le SIS a Athènes ou il était en poste. « Grillé » par le KGB, il est rappelé a Moscou, jugé et condamné.

Paul Bergne. Ce spécialiste du SIS a travaillé au Cabinet Office de 1988 à 1992 comme spécialiste des soviétiques, avant d' être nommé ambassadeur en Asie centrale

 


En 1988 Peter Harris est remplacé par Kerry Charles Bagshaw à la tête de la station du MI6 à Moscou. Son adjoint est Richard Philip Bridge, qui sera identifié publiquement par un tribunal russe en 1996.

Charles Kerry Bagshaw est né en 1943. Il sera en poste à Genève avant de prendre la tête de la station de Moscou en 1988, officiellement comme premier secrétaire de l' ambassade britannique à Moscou. Il quitte Moscou en 1991, sans que l' on sache si c' est avant ou après la tentative de coup d' Etat de août 1991. Décoré de l' Ordre de l' Empire Britannique en juin 1992. Vers 1992, Bagshaw était sans doute chef de la section URSS, Contrôleurat Europe de l' Est de la Direction des Productions et Requêtes du MI6

Richard Philip Bridge. Né le 24.03.1959. Il entre au Secret Intelligence Service en 1984, et sera en poste en Pologne, officiellement comme Deuxième secrétaire de la section information, ambassade britannique à Varsovie de 1986 à 1988. Il est ensuite, sous la couverture de Premier secrétaire de l' ambassade britannique à Moscou, Chef de station adjoint, de 1989 à 1993. Son nom est rendu public lors d'un jugement prononcé le 12.11.1996 par le tribunal du quartier Kirov de la Ville d' Ekaterinbourg, relatif à une plainte déposée par un représentant syndical de la ville qui, selon un journal local, entretenait des contacts avec Bridge et des membres des services secrets espagnols en poste à Moscou: Le jugement indique que le Service fédéral de contre-espionnage, dans une note n° 2/2-1077 du 21.11.1994 adressée au tribunal, précisait que Richard Bridge était le Députy Chief of Station du renseignement anglais. Bridge a été ensuite en poste à New Delhi à partir de 1998, puis chef de station à Genève à partir de 2004

Le coup d' État de 1991 est il une surprise pour la station de Moscou? Non affirme un journal russe, lequel indique que le chef de station avait a plusieurs reprises prévenu sa centrale. Sur ce point, il se serait opposé a l' ambassadeur de Grande-Bretagne a Moscou, lequel considérait un coup d' État comme improbable.

 

17/11/2010

Les Heads of Stations du SIS à Moscou

Cécil Barclay. Représentant du SIS a Moscou en 1943, chargé des contacts avec les autorités soviétiques.

Ernest Henry Van Maurik. Chef de station du SIS a Moscou de 1948 a 1950, officiellement 2eme secretaire de l'ambassade britannique.Né le 24.08.1916, durant la seconde guerre au SOE, il est parachuté en Suisse. Après la guerre, il entre au "Foreign Office" (en réalité au SIS). Moscou est son premier poste sous couverture diplomatique.  Il a ensuite ete en poste a Berlin de 1952 a 1956, puis Buenos Aires de 1958 a 1962, "1er secrétaire" a Copenhague de 1965 a 1967, "conseiller" a Rio de Janeiro de 1968 a 1971.

D.Collett. Chef de station du SIS a Moscou de 1950 a 1951, officiellement attache de la section consulaire de l'ambassade.

Hubert Louis "Terence" O'Bryan Tear. Chef de station du SIS a Moscou de 1952 a 1954 officiellement troisième secrétaire de l' ambassade. Né le 09.12.1918. Officiellement, dans les Forces armées britanniques de 1940 à 1947, en réalité membre d'une équipe "Jedburg". Entré au SIS en 1947, et en poste dans la plus grande station du MI6: En Allemagne, sous la couverture de la Commission de contrôle de 1950 à 1952. Après Moscou, QG du Service de 1954 à 1956, second puis premier secrétaire d' ambassade à Stockholm de 1956 à 1960 puis chef de station à Aden de 1960 à 1962, ou il participe au soutien des royalistes. QG de 1962 à 1963, puis en poste à Manille (1963-1965) et Singapour (1965-1967, de nouveau premier secrétaire). QG de 1967 à 1969 puis chef de station à Bahrain à partir de février 1969. Chef de station du SIS a Berne de 1972 a 1977, ou il participe au "retournement" de Vladimir Rezoun, un officier du GRU soviétique.

Daphné Margaret Sybil Désirée Park. Chef de station du SIS a Moscou de 1954 a 1956, officiellement 2ème secrétaire de la section consulaire de l'ambassade britannique, elle sera chargée des contacts avec "GIDEON", un illégal recruté par le contre-espionnage canadien en 1952 et qui a été rappelé à Moscou, ainsi que de découvrir si, durant la Crise de Suez, les troupes soviétiques prennent où non la direction de l' Egypte!. Né le 01.09.1921. En poste à la Commission alliée en Autriche de 1946 à 1948, puis au QG de 1948 à 1952, avant d' être affectée à Paris à la délégation de Sa Majesté auprès de l' OTAN de 1952 à 1954. Après son poste en URSS, elle enchaîne les postes en Afrique, si l' on excepte un passage par le Vietnam: chef de station du SIS a Leopoldville de 1964 a 1967, officiellement 1er secrétaire et consule. Elle sera ensuite affectée à la Haute commission britannique à Lusaka de 1964 à 1967 puis chef de station à Hanoï de 1969 à 1970 sous la couverture de consule générale. De 1972 à 1973, "chargée d' affaires britannique" à Oulan Bator, couverture très prisée, bizarrement, du SIS en Mongolie. Affectée au QG du MI6 en 1973. Contrôleur "Western Hemisphère" (Amériques et  Caraïbes) de 1975 à 1979. Quitte le SIS en 1979. Décédée en 2010.
John Gordon Coates. Né le 08.08.1918. Intelligence Corps de l' Armée de Sa Majesté puis SOE. Parachuté en Hongrie, capturé par les nazis et torturé. Entré au SIS en 1947, il sera à des dates encore inconnues en poste à Vienne et La Haye. Chef du station du SIS a Moscou de 1956 a 1957, Officiellement 2eme secretaire de la section consulaire de l'ambassade britannique. Quitte le SIS en 1962. Décédé le 25.12.2006.

Frederick Raymond Love
. Chef de station du SIS a Moscou de 1958 a 1960, officiellement 2eme secretaire, chef de la section des visas au consulat. Né le 01.07.1926. Entré au "FCO" en 1951. En poste à Istanbul de 1953 à 1955 puis au QG de 1955 à 1958. Après Moscou, il est brièvement affecté au siège du Service, avant de repartir à Hong-Kong (1961-1963) puis Singapour (1963-1964), et de nouveau Hong-Kong à partir de avril 1968, après avoir travaillé dans un Contrôleurat.
Roderick William Chisholm. Chef de station du SIS a Moscou de 1960 a 1962 (photo de gauche), officiellement 2ème secretaire de l'ambassade britannique. Il sera un des officiers traitants de Oleg Penkovsky, par l'intermediaire de sa femme Janet Chisholm (Photo de droite). Né le 18.07.1925. Forces armées britanniques de 1943 à 1948, puis, tiens! en poste sous la couverture de la Commission de contrôle pour l' Allemagne de 1951 à 1955, ou il aura parmi ses collègues un dénommé Georges Blake.. Après un retour à Londres (1955-1958) il est envoyé à Singapour (1958-1959) puis Moscou. Après avoir dirigé l' antenne moscovite, il revient au QG avant d' être envoyé comme "premier secrétaire à Singapour" (1964-1965). Après 5 années dans un Contrôleurat, il est envoyé comme chef de station à Prétoria en octobre 1970. Il décède des suites d'une malaria dans les années 70.
Gervase Cowell. Chef de station du SIS a Moscou de 1962 a mai 1963, il est expulsé dans le cadre du scandale Penkovsky. Officiellement 2ème secrétaire. Né le 04.08.1926. S' engage dans les forces armées de Sa Majesté en 1944, puis travaille après guerre au GCHQ avant d' intégrer le MI6 en 1951. En poste en Allemagne sous la couverture de la division politique de la Commission de contrôle (1952-1955); second secrétaire en Jordanie (1958-1960); chef de station adjoint à Bonn de 1964 à décembre 1966. Ironie de l' histoire, il a, à ce dernier poste, pour supérieur en Allemagne, Arthur Temple Franks, qui dirigeait le traitement de Penkovsky depuis Londres en tant que Contrôlleur "Production Requirements". Ensuite chef de station à Tel-Aviv puis Paris, il quitte SIS en 1981, pour être nommé responsable des archives du SOE auprès du Foreign Office. Son successeur, Duncan Stuart, fut entre autres chef de station du SIS à Washington. Décédé le 02.05.2000

Ruth Chaplin. Chef de station du SIS a Moscou de 1963 a 1964, officiellement 2eme secretaire a la section des visas au consulat.

Margaret Dorin Milne
. Chef de station du SIS a Moscou de 1964 a 1965, officiellement 2eme secretaire de la section des visas.Née le 12.03.1916, en poste a Tanger de 1942 a 1944, a Genève de 1945 a 1948, au Foreign Office de 1948 a 1952, a Rome et Milan de 1952 a 1954, puis au QG de 1955 a 1964.


John Louis Katzaros. Chef de station du SIS a Moscou de 1965 a 1968, officiellement 3eme secretaire du consulat. Né le 29.03.1925, carrière dans l' armée de Sa Majesté de 1943 a 1948 puis en poste successivement a Tanger de 1948 a 1951, Bruxelles de 1951 a 1955, Madrid de 1955 a 1956, Tanger puis Rabat en 1956 a 1958, Varsovie de 1961 a 1963, Paris de 1963 a 1965, Moscou, puis Copenhague depuis 1968.

M.T.Driscoll
. Chef de station du SIS a Moscou de 1967 a 1968.
Nicolas Henry Livingston. Chef de station du SIS a Moscou de octobre 1969 a 1972, officiellement 2eme secretaire de la section politique. Né le 07.06.1942, entré au "Foreign office" en 1964,3ème secrétaire a Buenos Aires de 1966 a 1968 puis de retour a Londres, grade de deuxième secrétaire.

Lawrence Peter Brennan
. Chef de station du SIS a Moscou de 1973 a 1976, officiellement 2ème puis 1er secretaire de la section politique de l'ambassade britannique. Né le 12.10.1945, grade de 3ème secrétaire du Foreign Office a partir de octobre 1969. A Moscou, il aura entre autres missions de "traiter" un Marin soviétique qui avait contacté le SIS. En réalité une opération du KGB visant à identifier les officiers et les méthodes de la station moscovite du renseignement britannique! L' opération a durée de 1974 à 1976.


John McLeod Scarlett. Chef de station du SIS a Moscou en 1976, officiellement 2eme puis 1er secrétaire de la section politique de l'ambassade britannique, il est subitement rappele a Londres. Sa carriere est détaillée plus bas ( Il était chef de station de nouveau, de 1991 a 1994).

John Lawrence Taylor. Chef de station du SIS a Moscou de 1977 a 1979, officiellement 1er secretaire de la section politique de l'ambassade britannique. Né le 27.05.1946. Entré au Renseignement de Sa Majesté en 1971. Officier traitant à l' antenne de Berne de 1973 à 1976, il participe avec Gordon Barrass (futur "débriefeur" de Oleg Gordievsky) et Hubert O'Bryan Tear (chef de station à Moscou dans les années 50) au recrutement du soviétique Vladimir Rezoun. Il retourne sur le terrain en 1982 en tant que "premier secrétaire" à Stockholm.

MI6 Stuart Brooks Stuart Armitage Brooks
.
Chef de station du SIS a Moscou de 1979 a 1982, officiellement 1er secretaire de la section politique de l'ambassade. Né le 15.05.1948. Entré au SIS vers 1969, après formation, intégré avec le grade de 3ème secrétaire en 1970. Vice consul Rio de Janeiro de 1972 à 1974. QG de 1974 à 1975, grade de second secrétaire. Officiellement 2ème puis 1er secrétaire à l' ambassade britannique à Lisbonne, il renforce une antenne SIS confrontée à la "Révolution des oeillets" au Portugal et à la crainte d'une prise de pouvoir par l' extrême-gauche. 1 ans au QG (1978-1979) puis à Moscou. QG de 1982 à 1987 puis 1er secrétaire à Stockholm de 1987 à 1991. A partir de 1992, responsable des opérations, Section Production Russie, Contrôleurat Europe de l' Est Directorate of Production and Requirements. Chef de station à Vienne à partir de septembre 1993, officiellement conseiller. Quitte le SIS en 2002, décoré à la même date de la Croix de Saint Michel et Saint-George (CMG), entré chez Chevron, "policy coordinator" en Grande-Bretagne. 

Keith Watson Murras.
Chef de station du SIS a Moscou de 1982 a 1984, officiellement 1er secretaire de la section politique de l'ambassade. Né le 16.11.1945. Grade de 1er secrétaire Foreign Office à partir de 1976. Consul économqiue à Johannesbourg de 1977 à 1980. QG de 1980 à 1982. Après Moscou, HCS 1984-1986 puis QG du SIS de 1986 à 1988. 1er secrétaire à la chancellerie de l' ambassade britannique à Kingston de 1988 à 1991. Au QG de 1991 à 1995, 1er secrétaire puis grade de conseiller. Chef de station à Harare à partir de 1995 puis en Ouganda. Entré dans le privé vers 1999.
 
Andrew Patrick Somerset Gibbs. Chef de station du SIS a Moscou de 1984 a septembre 1985, officiellement 1er secretaire de la section politique de l'ambassade britannique, il participera a l'exfiltration de Oleg Gordievsky.Expulsé en septembre 1985, Andrew Gibbs est né le 08.12.1951. Il entre au SIS en 1977 avec le grade de 3ème puis 2ème secrétaire. Officiellement à Rio de 1979 à 1981 sous la couverture de vice consul puis consul économique, il monte au grade de premier secrétaire à son retour à Londres, puis suit des cours de langues de 1983 à 1984 (Très probablement de russe) avant son affectation à Moscou. Après Moscou, Chef de station adjoint, "premier secrétaire à la section Information" de l' ambassade britannique à Prétoria de 1987 à 1989, puis Chef de station à Lisbonne (1993 à 1998) et à Tel-Aviv (à partir de 2002).


Peter Harold Charles Harris. Chef de station du SIS a Moscou de 1985 à 1988.Officiellement 1er secretaire de l'ambassade. Né le 20.01.1950. Entré au SIS en 1981. Officiellement second puis premier secrétaire à l' ambassade britannique à Lisbonne de 1981 à 1984. QG de 1984 à 1985, puis envoyé à la tête de la Station de Moscou. QG de 1988 à 1990, puis "Premier secrétaire" à Santiago de 1990 à 1993. Au QG de 1993 à 1998, puis Chef de station à Varsovie de 1998 à 2002 officiellement conseiller d' ambassade. De 2002 à 2003, chef de station à Lisbonne. Au QG du MI6 ensuite.

Charles
Kerry Bagshaw. Chef de station du SIS a Moscou de 1988 a 1991. Officiellement 1er secretaire de la section politique de l'ambassade britannique. À son retour d'URSS, décoré de l' Ordre de l' Empire Britannique. C.K. Bagshaw est né le 05.10.1943. Après avoir servi dans la Marine de Sa Majesté de 1960 à 1974, il entre au Renseignement en 1974 avec le grade de premier secrétaire. En poste au Gabon (1977-1979) et à la mission britannique auprès de l' ONU à Genève (1982-1987), Moscou est son premier poste comme "head of station". Et aussi son dernier: Il travaillera ensuite au QG du SIS jusqu'à la fin des années 90, atteignant le grade de conseiller.

John McLeod Scarlett. Né en 1948. Etudes a Oxford. En poste au Kenya de 1973 à 1974,officier traitant. De retour d' Afrique, affecté au Controleurat "C5" (Bloc soviétique). Chef de station a Moscou en 1976, officiellement deuxième puis premier secrétaire. Après Moscou, travaille au "C5" toujours, où il sera un des officiers traitants de Oleg Gordievsky. Chef de station adjoint a Paris de 1984 à 1988, officiellement premier secrétaire d' ambassade .Chef de station a Moscou de 1991 a 1994, officiellement conseiller politique de l'ambassade britannique a Moscou, il aura pour tâche, avec l' ouverture de la société russe et la perte d' efficacité du contre-espionnage russe, d' activer l' antenne du MI6 Moscou, ce qu'il fera entre autres par le "traitement" d'un ancien responsable du Ministère de la Défense russe, Vadim Sintsov . Exaspérés par l' activité de l' antenne moscovite et par le refus des autorités britanniques d' accréditer Viatcheslav Guerguenov, Directeur adjoint du SVR, comme représentant du SVR à Londres, les russes expulsent Scarlett en mars 1994. Contrôleur "Europe de l' Est" du Directorate of Requirements and Production du MI6, puis Directeur adjoint du SIS pour le Contre-espionnage et la sécurité de 1999 à 2001. Chef du JIC de 2001 a 2004, il sera accusé d' avoir déformé les rapports du JIC pour soutenir la guerre en Irak. Ce qui n' empêche pas sa nomination comme Chef du SIS en 2004. Occupe le poste jusque 2009.


Norman James McSween ( A gauche sur la photo). Chef de station a Moscou de 1995 à 1998, officiellement conseiller politique de l'ambassade britannique a Moscou. Né le 22.01.1948. Entré au Renseignement de Sa Majesté en 1970, grade de 3ème secrétaire. Affecté à Nairobi de 1972 à 1975 3ème puis 2ème secrétaire. QG de 1975 à 1976, puis Language training de 1976 à 1977. Premier secrétaire de l' ambassade britannique à Téhéran de 1977 à 1979, chef de station adjoint. QG de 1979 à 1983, puis chef de station adjoint à Bonn de 1983 à 1987. Au QG de 1987 à 1991 puis chef de station à Stockholm de 1991 à 1995, officiellement conseiller. Directement affecté à Moscou. Le fait que son nom soit rendu public en 1996 dans le cadre de l' affaire Oboukhov ne l' empêche pas de rester en poste, et même de donner un concert de piano en 1997 à la télévision russe! Après Moscou, "conseiller FCO", donc occupe un poste d' importance au sein du MI6, avant d'être détaché auprès du National Criminal Intelligence Service en 2002.


Clive Dare Newell.


22/10/2010

Conférence de Bernard Bajolet, "Le rôle du coordonnateur du renseignement".

Le blog "la communauté du renseignement" publie ici les notes prises lors de la conférence organisée par l' ANAJ IHEDN à l' Ecole Militaire, début octobre 2010.Encore bravo à l' ANAJ IHEDN pour cette conférence de qualité!

Invité: Bernard Bajolet

Sujet: Le rôle du coordinateur du renseignement

Coordinateur du renseignement, suffit pas que ce soit écrit sur un papier pour que cela marche. Il faut encore une volonté des services, qui ont un accès plus ou moins direct à la présidence. A pas suffi que on créé le CNR et le poste du coordinateur du renseignement: Du aussi à la volonté des directeurs des services. Avant, grandes messes à 25, maintenant raccourci à 8. L' aspect informel est très important.

Huilage du dispositif, très important même si c'est pas dans le décret. Car BAJOLET est amené à faire travailler des services qui ne dépendent pas de la même hiérarchie, par exemple la DCRI relève de la police nationale relevant du Ministre de l' Intérieur. Il détaille aussi pour les autres services: TRACFIN pour MinFIn etc... Le coordinateur court circuite cela, il faut une très bonne entente avec les ministres, les hiérarchies, Matignon. Bajolet a une relation régulière avec le cabinet du premier ministre. Le coordinateur s' assure donc du bon huilage des rouages.

Autre aspect : faire remonter le renseignement au président de la république et au premier ministre. Avant, arrivait, mais pas de manière aussi systématique, et peut être pas aussi régulière. Autour de Bajolet, 15 personnes, ce qui étonne les américains qui disaient à Bajolet: vous avez dus oublier un 0. On fait en sorte que les autorités sachent aussi quel est le service à l' origine du renseignement pour le valoriser, ce qui permet ensuite de faire des retours.

Autre aspect important, la définition des priorités des services. Maintenant la détermination des priorités repose sur l' expression des besoins constatée auprès des différents utilisateurs (les Ministères, le premier ministre, le président de la république, entre autres le conseiller diplomatique). Tranché au plus haut niveau de l' État, au CNR, qui pour l' instant ne s'est réuni que une fois en 2009 mais avait pris les décisions essentielles donc pas eu besoin pour l' instant de le reconvoquer. Plan national du renseignement, document de base des services, à moyen et long terme. Les priorités permettent de planifier la réorientation des moyens humains et matériels. Plan réajusté tous les ans.

Veille que les services aient les moyens dont ils ont besoin. Idée de favoriser la mobilité entre services, ouverture entre services, pour favoriser les expériences et provenances, l' Académie du renseignement a été créé dans ce but sur rapport de Florent Blazy, maître des requêtes au conseil d' État.

Le budget, coordinateur n' a pas d' autorité sur les budgets, sauf investissements et les fonds spéciaux qui relèvent du premier ministre. Il y a aussi pour coordinateur tout l' aspect juridique, comme dans le projet LOPSI articles pour la protection des agents. Relations avec le parlement, délégation parlementaire du renseignement, puisque le décret prévoit que le coordinateur peut être entendu par la délégation parlementaire. En ce qui concerne les relations avec les partenaires étrangers, chaque service a ses relations. Le patron de la DGSE voit par exemple non seulement le patron de la CIA mais aussi la NSA ou la NGA. Bajolet quand il faut coordonner entre plusieurs services pour des négociations. Ainsi, cohérent, est porte parole de la communauté française du renseignement. Le risque de duplication est donc limité. Tentés un accord avec les américains, mais raté.

Le SGDSN relève du premier ministre, et le coordinateur, les anciens groupes du groupe interministériel du renseignement créé sous Rocard ont été refondés, pour établir des synthèses stratégiques intéressant le président ou le PM. SGDSN fournit un appui technique au coordinateur, c'est un appui indispensable.

Coordinateur n'est pas DG des services, ce ue craignaient certains, c'est plutôt un facilitateur, un chef d' équipes, le système paraît satisfaisant pour Bajolet, même si il reste fragile car il repose sur la dimension humaine. Le patron de la DNI , pas sur que ca marche mieux, car il a bcp plus de pouvoirs sur lepapier, mais c'est une énorme machine qu'il n' est pas si facile à faire fonctionner. Avantage pour la france, plus petit.

 

QUESTIONS

 

Pourtquoi autant d' agences en France?

IL y en a bcp moins que aux USA. Et service par service, fusionner n' aurait pas de sens car ont des fonctions très différentes. DRM vis à vis de la DPSD par exemple. CNI, service unique en Espagne, mais culture différente, il faut donc que ca aille avec la culture du pays.

 

Le renseignement économique est il décorélé du renseignement stratégique?

Non car la délégation interministérielle à l' intelligence économique n'est pas un service de renseignement. Intelligence économique, informations économiques acquises hors renseignement. Mais il y a corrélation entre les deux pour DCRI et DPSD puisque toutes les deux protègent notre patrimoine économique et scientifique. Il faut distinguer les deux pour éviter les ambiguïtés vis à vis des partenaires étrangers.

 

Rôle du coordinateur dans les alertes aux attentats? Manque de coordination?

Ce que Squarcini a dit correspond à l' évaluation collective qui avait été faite, cela avait fait l' objet d'un consensus, on est dans le domaine du renseignement intérieur donc cela relevait de lui. Il n'y a pas de problème de communication, mais cequi a pu faire penser à des problèmes de communications sont le problème de la menace en Europe selon les USA.


(Questions de l' auteur) : Les américains et les russes font des efforts pour "communiquer", y compris par le biais de la déclassification de documents, où en sommes-nous en France? La DGSE avait été rattachée au Ministère de la Défense suite au scandale Ben Barka, or ce n'est pas un service de renseignement proprement militaire, est ce judicieux que le Service continue à dépendre du Ministère de la Défense, et est-il prévu de le rattacher à une autre autorité? Vous parliez des objectifs à moyen et long terme, ne craignez vous pas que nous ayons une situation digne de la catastrophe des Falklands, à savoir: des priorités nouvelles données, plus une baisse du budget du renseignement britannique, entraînant la fermeture de leur antenne MI6 Buenos Aires, et par conséquent ils furent surpris par l' occupation de l' île par l' armée argentine ?

En effet la DGSE n'est pas un service de renseignement militaire, comme vous l' avez soulignés, mais cela fonctionne bien.

Communication, comptent faire des efforts, mais c'est relativement nouveau.

Crainte d'une nouvelle « Falklands » , raison de souligner, car si on hiérarchise les priorités,si il y a un + quelque part il y a un – quelque part. Donc on peut rater quelque chose en effet, donc compensation en s' appuyant sur des serrvices alliés, pas forcément grands mais performants. Ensuite, des groupes mobiles, par exemple guerre Russie-Géorgie, selon Bajolet, si il se rappelle bien, il n' y avait ni attaché militaire ni ambassadeur sur place, mais on a utilisés des unités mobiles de renseignement pour faire remonter les informations jusque à l' exécutif pour vérifier ainsi que chaque partie respecte les accords.

Renseignement, valeur qui se partage le moins. Mais il y a des structures de coopérations , mais ne croit pas à un renseignement purement européen, mais il peut y avoir une coopération étroite. GAT groupe anti terroriste; SITCEN, modèle, fonctionne très bien, collecte des renseignements en provenance de services européens, pour les dirigeants européens, pour apprécier la situation, préparer une visite etc.. Deux point importants, la dimension européenne est importante, par exemple SWIFT, soulevé par le parlement européen. Deuxième aspect, les fichiers de passagers européens, fichiers nationaux, incongru. Il faut prévenir le terrorisme, prévention, pour cela il faut raisonner dans un cadre SCHENGEN. Coopération multibilatérale, belges, parfois néerlandais, anglais, espagne, britanniques... Jusque à présent les services n'ont pas de relation institutionnalisée , l' Académie du renseignement pourra orienter les activités, prévoit des actions de sensibilisation.

 

Comment va évaluer ensuite le poste de coordinateur?

Cela dépendra de la personnalité de son titulaire mais aussi de la relation qu'il établira avec le président de la république, les autorités de l' État, les différents services.


Fin de la conférence et applaudissements


Une fois la conférence terminée, l' auteur de "La communauté du renseignement" a évoqué quelques questions relatives au renseignement, sur la comparaison entre le DNI (Director of National Intelligence US) et le coordonnateur du renseignement. Il est ressorti de cet échange que le DNI a autorité sur l' ensemble de la communauté US du renseignement, contrairement au coordonnateur français du renseignement. Pour autant, son équipe est limitée à 15/20 personnes, pas plus, des "généralistes" tandis que le DNI US fait travailler, pour coordonner la communauté du renseignement US, entre 1500 et 2000 personnes! Surtout que le nombre de "spécialistes" (Le responsable des programmes de renseignement; le superviseur pour la Corée du nord etc...) font que l' on s'y perd, et il est difficile, selon M.Bajolet, de savoir à qui s' adresser! Par exemple, indiqua M. Bajolet, quand il rencontra les responsables de la commuanuté US du renseignement, ce furent tous les 16 patrons des différents services qui étaient là, avec chacun son assiette avec l' emblème de son service!

 

20/07/2010

Cloisonnement, coupures, et difficultés d' exploitations du renseignement par l' Intelligence community US

Le génie des américains consiste dans le fait que ils ne font jamais d' erreurs simples et stupides. Ils font des erreurs stupides et compliquées qui obligent tout le monde à se casser la tête et à rechercher dans ses erreurs un sens caché quelconque". Nasser

 

La longue enquête du Washington Post relative au cloisonnement des services de renseignement et de sécurité US, y compris entre Services, n' est guère une surprise. Combien d' ouvrages, de documents, de rapports, qui ont pointés en filigramme ce problème! Ainsi de Victor Marchetti et John Marks, dans leur ouvrage "La CIA et le culte du renseignement" paru.. dans les années 70, qui constatent les doublons entre la CIA et la DIA; ainsi aussi bien du rapport officiel relatif aux attentats du 11 septembre que du rapport de l' Inspecteur général de la CIA relatif aux mêmes évènements, qui pointe l' absence de coopération entre CIA et FBI dans la chasse aux terroristes commettant des attentats sur instruction de Oussama Ben Laden. Ainsi, dans la lutte contre le terrorisme, sont impliqués: Le Département de sécurité intérieure; la CIA; le FBI; le Directeur national du renseignement; la NSA; le Département d' Etat; le National Counterterrorism Center; le Département du Trésor, et j' en oublie... Chaque Agence avec ses méthodes, ses protocoles de sécurité, ses informations...

Reconnaissons au Washington Post l' avantage de centrer clairement son article sur ce phénomène. Même si l' article du Washington Post a fait l' objet de critiques, Le Figaro indiquant que l' administration US réfute "certains mythes" de l' article, disponible ici, l' ambiance décrite est malheureusement véridique.

Il serait faux de penser que la situation n' existait pas avant les attentats du 11 septembre: Elle était déjà bien présente. La meilleure preuve, ce sont les attentats eux-mêmes, dont une des raisons fut le manque de coopération et la rétention d' informations entre Agences. Non, le 11 septembre n' a fait que empirer les choses, avec la création de nouveaux doublons: C'est la mise en place du TTIC puis du NCTC; la mise en place du Département for Homeland Security, qui s' efforce de rassembler sous un même toit plusieurs agences touchant à la sécurité intérieure US; la mise en place, par la CIA, de postes de chefs de stations exclusivement chargés de la lutte antiterrorisme, parallèment au classique chef de station de la CIA (Par exemple en Grèce et en France); sans compter les multiples organismes y compris privés chargés de surveiller les forums et sites djihadistes

C'est un travers de ce vaste ensemble qu' est la Communauté US du renseignement. Certes, des efforts sont faits pour essayer de modifier les choses: En 2004, le rôle de Directeur national du renseignement, qui revenait auparavant au Directeur de la CIA, a été détaché: Un poste de DNI a été créé en soi, chargé de coordonner l' ensemble de la communauté US du renseignement. Il est malheureusement à craindre que la création d'un tel poste n' ait été que un nouvel empilement sur un millefeuilles déjà trop lourd, avec un échelon bureaucratique supplémentaire: le DNI dispose de ses propres analystes, responsables de la communications, superviseurs pour la Corée du Nord (Auparavant, aussi, pour le Vénézuela et Cuba!) en plus de ceux que comptent la CIA, le FBI, le DIA etc etc.... Le meilleur exemple en est encore la tentative d' attentat commise sur un avion en partance pour les USA, fin 2009: l' information entre Services avait fait défaut.

Les travers sont alors au nombre de deux: la coupure entre Services (Voire parfois au sein d'une Agence même!) empêche une circulation efficace de l' information; les doublons entre Services, chargés parfois des mêmes fonctions, entraîne parfois des divergences analytiques et d'information préjudiciables quant aux interprétations données et à la remontée des informations en haut lieu. La communauté US du renseignement peut, certes, souffrir d'un manque d' informations: Il est très difficile de connaître le potentiel militaire ou nucléaire de la Corée du Nord par exemple, tant le régime est fermé, et les meilleures photos satellites ainsi que les meilleurs analystes ne compenseront jamais le renseignement humain, extrêmement difficile à obtenir. Mais, parfois, c'est l' inverse qui se produit: La communauté US du renseignement, grâce à ses propres informations et à celles obtenues par le biais des partenaires étrangers, obtient TROP d'informations divergentes. Une nouvelle fois, c'est l' ouvrage "La CIA et la communauté du renseignement" qui l' illustre: Après la crise de Cuba, le PFIAB fut chargé d' examiner les raisons pour lesquelles les services secrets US avaient détectés si tardivement la présence de missiles installés par les soviétiques à Cuba. Le PFIAB découvrit que sur les milliers de rapports en circulation, deux seulement présentaient les faits sous leur jour exact.

Certes, toute Agence doit avoir ses règles de sécurité; il serait faux de dire que la coopération entre Agences est inexistante. le dialogue entre Agences existe. Le but de cet article n'en est que de dénoncer les travers et les dangers, et, peut-être, d' en appeler à une certaine rationnalisation du renseignement.

 

16/07/2010

"Les diplomates. Derrière la façade des ambassades de France

Un ouvrage qui dérange le pouvoir peut se reconnaître à une chose: la réaction qu'a le pouvoir à son encontre. Il peut être attaqué en justice, ou bien se voir limité par de discrètes mesures "administratives". L' ouvrage de Franck Renaud entre dans la seconde catégorie, puisque selon une information,  le Quai d' Orsay s'est empressé que le présent ouvrage ne figure pas sur la liste des livres envoyés aux postes diplomatiques français à l' étranger!

Par delà une lecture relativement aisée, l' auteur a le bon goût d' éviter les formules alambiquées et incompréhensibles au profit de la description de l' ambiance régnant au Quai d' Orsay que l' on pourrait résumer à "Pas de vague et langue de bois!". Certains regretteront peut-être que l' auteur ne brosse pas un portrait haut en couleur des Ministres des affaires étrangères, ou de description détaillée du processus de décision de la diplomatie française ainsi que ces grandes orientations. Mais là n'est pas le but de l' ouvrage: Loin des clichés, l' auteur dépoussière cette vénérable institution. Et ce n'est pas triste, appuyé par une documentation fouillée. L' ouvrage se découpe en thèmes, et paraît parfois se livrer à une étude sociologique très intéressante: découvrir par exemple l' évolution sociologique de la provenance des ambassadeurs; d' insister sur les ambassadeurs "thématiques" très peu connus du grand public; de démontrer l' effet pervers des coupes budgétaires sur les programmes des ambassades, ou le recours aux contractuels locaux; de démontrer la quasi autonomie des bureaux économiques des ambassades. On vire parfois du cocasse (Les surnoms de Douste-Blazy; les visites des Ministres à l' étranger) au tragique. Sur ce point, l' auteur insiste, avec beaucoup de précisions, sur les affaires de pédophilie au sein de la diplomatie française. L' auteur s' appuie sur une série d' exemples, plus particulièrement en Asie, et donne des détails biographiques de certains pédophiles présumés ou condamnés, qui se reconnaîtront aisément. Un ouvrage recommandé, tout simplement.

30/06/2010

Bref commentaire de l' affaire des espions russes aux USA

L' affaire, assez médiatisée, du réseau présumé des services de renseignements extérieurs russes (SVR) démantelé il y a moins de 48 heures par le FBI, qui s'est soldé par une dizaine d' interpellations, appelle quelques commentaires


Les commentaires évoquant des "méthodes de guerre froide" et autres bêtises de ce genre ne font que sourire. Messieurs, tout pays espionne les autres pays, aussi bien amis, ennemis, que pays aux relations tièdes. Sauf que quand le renseignement russe agit aux USA, on parle de "relents de guerre froide"; quand c'est un officier de la CIA arrêté à Moscou, on ressort la bonne vieille "provocation" du KGB. Mais bon, pour Messieurs les journalistes, la Guerre froide reste un peu trop présente en tête...

Je passerai aussi sur un article écrit dans le "Nouvel observateur" en date du 29.06.2010, dans le cadre de cette fameuse affaire, indiquant que "A la chute de l’URSS, les activités du KGB ont été confiées à deux institutions séparées, le Service de renseignement extérieur et le Service fédéral de sécurité (FSB), chargé du renseignement en Russie et du contre-espionnage.." PARDON???? Ah oui, dès qu'il s' agit de services secrets, certains journalistes sont les premiers à raconter des conneries et à s' embrouiller, j' oubliais. A la chute de l' URSS, le KGB n'est pas scindé en deux, non. Comptez avec moi: Les gardes-frontières deviennent un corps indépendant (Avant d' être réintégrés dans les années 2000 au FSB); le FAPSI est créé (Aujourd'hui dissous) , responsable à la fois du décryptage des communications des Etats adverses et de la protection des communications russes; TcSR devenu le SVR (renseignement extérieur); l' AFB devenu MBRF, FSK, et FSB (sécurité intérieure, contre-espionnage, antiterrorisme) ainsi que le SBP (ancienne 9ème Direction du KGB, responsable de la sécurité des dirigeants). Cela fait CINQ, pas DEUX!

Enfin, l' utilisation des illégaux n'est pas une surprise. La dissolution du KGB en plusieurs entités indépendantes l' une de l' autre n' a pas empêché le SVR de conserver le département des illégaux, qui sera dirigé par Youri Juravlev, à partir de 1991; puis Vladimir Zaverchinsky de 1994 à 2000. Dans une interview donnée en décembre 2005 à l' agence INTERFAX, le directeur du SVR Sergey Lebedev, à la question posée: "Le SVR dispose-il, actuellement, d'illégaux du niveau de Abel, Molody, ou les Cinq de Cambridge?", il répondra: "Le public ne découvre le travail des illégaux que plusieurs années après (leurs activités, NDLR). Celui qui dirigera le Service dans 50 ans vous racontera les réussites actuelles du SVR, à vos futurs collègues".

Là ou l' affaire est plus délicate, et aussi plus surprenante, c'est le nombre de personnes impliquées (Une dizaine). En règle générale, le KGB, puis le SVR, n' envoyaient les illégaux à l' étranger que seuls ou en couple, sans contact avec les autres illégaux! Cette pratique est toujours de vigueur, comme le montrent: l' interpellation d'un couple d' illégaux utilisant de faux passeports britanniques vers 1992; l' interpellation d'un autre couple d' illégaux au Canada en 1996; l' interpellation d'un illégal, tout seul, au Canada toujours, en 2006, ainsi que l' illégal du SVR qui traitait Ermann Simm, un haut responsable du Ministère estonien de la Défense.

 


20/06/2010

Le personnel de la Direction de la Stratégie de la DGSE

 

Le personnel de la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense de la République Française.


Cette brève note se concentre plus sur les membres, le personnel, de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Un précédent article avait brièvement analysé les buts et utilités de ce Service, apparu en 1989 et successeur de la Cellule Prospective créée à l' initiative de Pierre Marion en 1981 et dirigée par le préfet Arsène Lux. Selon différents auteurs, les membres de la DS (Direction de la Stratégie) viennent essentiellement du monde de la diplomatie. Toutefois, on y retrouve aussi beaucoup de membres de la DGSE, ayant plus particulièrement à leur actif soit une expérience du terrain, ou bien des personnes à la carrière plus « politique ». Exemples à l' appui, sauf pour les directeurs de la Direction de la Stratégie, dont les carrières ont été détaillées ici:


Les « Politiques »:



Jean-Marie Chouzenoux

Né le 22.07.1967 à Brest, Jean-Marie Chouzenoux a décroché un Master 2 Recherche en Histoire à l' Université Paris IV avant d' entrer à la DGSE par le « tour extérieur » après un début de carrière politique comme collaborateur de la vice-présidente de l' Assemblée Nationale Nicole Catala, il arrive à la Direction du renseignement de la DGSE, secteur Russie, en 1994 (Grade de délégué), avant d'être nommé chef de cabinet du Directeur de la Stratégie de 1998 à 2004, ce qui ne l' empêche pas d'être auditeur à l' Institut des Hautes Études de Défense Nationale ( session 2003-2004). Il quitte ensuite la DGSE avant d'y revenir pour diriger le Centre de situation de 2007 à 2008. Entre-temps, il fut chef de cabinet du secrétaire d' État aux affaires étrangères (2004 à 2005) puis du Ministre de l' Outre-Mer (2005 à 2007). À partir de 2008, responsable de la cellule Intelligence Economique de TOTAL.


Pierre-Antoine Lorenzi. C'est une personne au parcours entre le politique et l' administratif qui rejoint la DGSE en 1997. Diplômé de Sciences Po Paris, Pierre-Antoine Lorenzi a d' abord commencé comme conseiller politique de Laurent Fabius, alors Président de l' Assemblée Nationale, de 1988 à 1992, avant d' être le chef de cabinet du Ministre de la Justice Michel Vauzelle, de 1992 à 1993. Il est ensuite secrétaire général du Service central de prévention de la corruption de 1993 à 1997. Au sein de la DGSE, il commence comme « chargé de mission » à la Direction de la Stratégie (1997-2000), sans que l' on en sache plus. Il sera, pour cette activité, décoré du grade de Chevalier par décret du 16;11.1999. Il est ensuite Chef de cabinet du Directeur de la DGSE (2000-2001) avant d' entrer dans le privé, chez ADP puis Sérénus International avec l' ancien officier de la DGSE Alexandre Hollander.



Les « Professionnels du renseignement »:


Alain Chouet


Entré au SDECE en 1972, Alain Robert Chouet s'est spécialisé sur le Moyen-Orient et le terrorisme. Il enchaîne les postes à Beyrouth et Damas avant de diriger la lutte antiterrorisme de 1980 à 1985. En poste au Maroc comme « chargé de mission » (1985-1988) puis au Service de la formation (1988-1990). De 1990 à 1992, conseiller pour le terrorisme et le monde arabe du Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE. C'est à cette occasion, au moins, que sa carrière croisera celle de Jean-Claude Cousseran, alors à la tête de la Direction de la Stratégie, et futur Directeur de la DGSE. Ensuite,  à Genève puis conseiller technique pour le terrorisme et l' islam du directeur du renseignement de la DGSE, avant d'être affecté à Bruxelles de 1999 à 2000 comme deuxième conseiller de l' ambassade de France, dissimulant à peine sa fonction de chef de poste DGSE en Belgique. En 2000, rappelé et nommé chef du Service de Renseignement de Sécurité de la Direction du renseignement de 2000 à 2002, avant d' en être débarqué suite à l' affaire du « compte japonais de Jacques Chirac ». Grade de chevalier par décret du 08.04.1998; En avril 2009,par décret, Alain Chouet est promu officier de la Légion d' Honneur, ancien chef de service au Ministère de la Défense. Grade de chef d' études du Ministère de la Défense depuis 1989.



Etienne Dubern

C'est un officier du renseignement expérimenté qui termine sa carrière à la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense en 2008: En poste comme « premier secrétaire » de l' ambassade de France au Kosovo de 2000 à 2001, puis « premier secrétaire » en Croatie de 2002 à 2005, ainsi que comme analyste, Etienne Dubern s'est plus particulièrement spécialisé sur les Balkans. À partir de 2008, il est dans le secteur privé, chez Amarante International, avant de fonder Boislandry Consulting.


Vincent François Nibourel. C'est un « pur produit » de la Caserne Mortier (le siège de la DGSE) ou il se serait spécialisé dans les questions de contre-espionnage. Entré vers 1981, ce civil était 1993, responsable de la recherche au bureau d' État-Major de la Direction du renseignement de la DGSE. Il est ensuite affecté au poste de Bruxelles. Sur 1999-2000, après un poste à l' étranger, auditeur à l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, avant de revenir au QG et de prendre en main le Service de Renseignement Politique (SRP) de la Direction du renseignement de 2000 à 2002. Suite à des conflits au sein de la Direction du renseignement de la DGSE, il «  s' exile » à la Direction de la Stratégie de 2002 à 2005, comme numéro 2, avant d'être nommé vers 2005 à la tête du service TOTEM en remplacement de Michèle Le Dirat. Grade de chef de service au Ministère de la Défense.



Les « diplomates »:


Francis Blondet

Il fait partie de « l' équipe Cousseran » durant son passage à la Direction de la Stratégie, comme chef d' études, de 1990 à 1992, avant de retourner à la diplomatie d' abord comme deuxième conseiller à Rome de 1992 à 1995 puis d'enchaîner les postes en Afrique (2ème conseiller au Sénégal de 1995 à 1999; sous directeur pour l' Afrique occidentale à la Direction Afrique/Océan Indien au Quai d'Orsay de 1999 à 2003 puis de l' Afrique Occidentale de 2006 à 2007; ambassadeur de France au Burkina Faso de 2003 à 2006 puis en Angola de juillet 2007 à mai 2010. Il vient de faire valoir ses droits à la retraite il y a quelques jours.



Martin Juillard.

Diplomate pur jus, il fait partie de ses diplomates détachés auprès de la « Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense ». Par arrêté de 2004, il accède au grade de deuxième conseiller du cadre général du Ministère des affaires étrangères, avant d'être détaché pour deux ans à compter du 01.10.2006 comme chargé de mission à la Direction de la Stratégie, grade de « chef d' études au Ministère de la Défense. ». Grade de 2ème secrétaire à partir de 2000; conseiller de 2ème classe du cadre général à partir du 01.10.2004; Direction de la Stratégie de 2006 à 2008; actuellement Sous-directeur des menaces transversales au Ministère des affaires étrangères.



Jean-Marin Schuh

C'est un diplomate plus particulièrement porté sur l' Asie qui est affecté à la DGSE: 3ème puis 2ème secrétaire de l' ambassade de France à Beijing du 01.04.1989 au 10.08.1993; rédacteur au service des affaires stratégiques et du désarmement de la Direction des affaires politiques du Ministère des affaires étrangères (30.08.1993 au 14.11.1995); Grade de Conseiller de 2ème classe à compter du 01.01.1996, à l' administration centrale de 1996 à 1998; 2ème conseiller puis Conseiller de 1ère classe de l' ambassade de France à Islamabad à compter du 06.11.1998 puis à Kaboul à compter de la fin 2001 jusque avril 2002. Consul général de France à Shanghaï à partir de 2002 il est affecté à son retour en 2006 à la Direction de la Stratégie de la DGSE: Un arrêté daté du 06.10.2006 le nomme « conseiller pour l' Asie, le Pacifique et les Amériques à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense », avec grade de chargé d' études hors classe. Conformément à l' arrêté de nomination, il est affecté à ce poste pendant deux ans. Il retourne ensuite au Quai d' Orsay. Auditeur de la session annuelle 2008-2009 de l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, puis Ministre-conseiller de l' ambassade de France en Inde. Pour éviter toute confusion, nous préférons indiquer que ce n'est pas lui le chef de poste DGSE à Delhi.



Les « inclassables ».


François Gautier. Difficile de ranger dans une catégorie particulière cet officier traitant de la DGSE qui, après un poste à l' étranger, travaillera à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense, avant de s' orienter vers la diplomatie et le politique. Né en 1969, ce diplômé en gestion de l' Institut des Études Politiques de Paris aurait, selon « La lettre du continent », « fait toute sa carrière dans les services secrets français ». Il est exact que l' on dispose d'un 'trou' dans sa biographie durant les années 90, mais sa biographie officielle indique que il occupera à la fin des années 90 des fonctions au sein de la Direction de la Stratégie de la DGSE, avant d' être envoyé en 2000 comme Premier secrétaire à Kinshasa, et sans doute chef du poste DGSE en République Démocratique du Congo. En effet, comme l' indiquent plusieurs actes administratifs, quand Gautier est nommé ensuite dans les allées du pouvoir, il est « détaché du Ministère de la Défense », qui semble bien être son corps d'origine. De retour de Kinshasa en 2003, "chargé de mission à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense" puis à partir de 2004 affecté au Quai d' Orsay (Direction Afrique et Océan Indien de 2004 à 2007; Centre d' analyse et de prévision du Quai de il est affecté au Centre d' analyse du Ministère des Affaires étrangères, 2007 à 2008). Jusque 2009, il appartient, malgré son détachement, au corps des "délégués du Ministère de la Défense".  Depuis fin 2008, François Gautier est conseiller diplomatique du Président du Sénat, et officiellement intégré au corps des secrétaires des affaires étrangères à compter du 01.02.2009 (Arrêté du Ministre des affaires étrangères et européennes du 18.11.2008).



Jean-Philippe Gouyet.


Sa biographie est un gruyère: M.Gouyet a effectué une bonne partie de sa carrière à la Direction de la Stratégie de la DGSE, d' abord comme adjoint de Guy Azaïs, de 1993 à 1995, puis comme adjoint de Bruno Joubert, le patron de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Il aurait ensuite travaillé à la Société générale puis au groupe Somdiaa-Vilgrain. Aujourd'hui, M.Gouyet travaille à EADS, comme adjoint du patron de la société.


Roger Silhol

La carrière du sous-préfet Silhol est beaucoup plus administrative et technique que politique: Ingénieur des travaux publics d' État puis conseiller pour les affaires internationales au GIAT, il est une première fois détaché à la DGSE comme chargé de mission auprès du Directeur de 1981 à 1986; il travaille ensuite au SGDN puis de nouveau au GIAT, avant de revenir Boulevard Mortier, comme Adjoint au Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1990 à 1994. La suite de sa carrière le confirme:il sera successivement sous préfet de Péronne; Provins; Montluçon; et depuis septembre 2007 de Dreux, si l' on excepte un passage comme sous directeur de l' administration des Finances au SCTIP de 1996 à 1997.