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27/12/2009

Les chefs du 1er département du renseignement extérieur NKGB-NKVD-NKGB-MGB-KI-MGB-MVD-KGB

 

Au KGB, ainsi que chez ses prédecesseurs, le poste de chef du Premier Département était, au sein du renseignement extérieur, un des plus sensibles: Chargé de couvrir l' Amérique, (Donc de 1951 à 1992 "l' ennemi principal") c' était, et cela reste toujours, un poste très convoité au sein du renseignement extérieur et exigeant un certain doigté. Ce Premier Département, en tant que structure, va connaître plusieurs évolutions: En plus de couvrir les Etats-Unis d' Amérique, il supervisera aussi, au début seulement, le travail en direction de la Grande-Bretagne. A un moment, aussi, le travail en direction de l' Amérique Latine.


En voici l' organigramme:

Décision du 30.05.1947 du Conseil des Ministres d' URSS, le Renseignement extérieur du MGB et le Renseignement militaire (GRU) sont rassemblés dans une même structure, le Comité d' Information, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères. Les USA dépendent du 1er Directoire du Comité, qui couvre aussi la Grande-Bretagne.

Suite aux ratées du KI, cette structure est dissoute officiellement le 02.11.1951, le renseignement civil retourne au MGB, et redevient la 1ère Direction, tandis que l' Armée récupère le GRU. De Direction, le service chargé de l' Amérique du Nord et de la Grande-Bretagne passe au statut de département. Peu après, est créée une Direction Europe de l' Ouest au sein de la PGU MGB, qui supervise entre autres le travail en direction de la Grande-Bretagne.

Staline avait comme projet de créer le GRU MGB (Direction principale du renseignement du Ministère de la sécurité d' Etat) chargé uniquement de l' espionnage et du contre-espionnage. La décision est prise le 05.01.1953 mais la mort de Staline en mars stoppe le projet.

Lavrenti Beria décide alors de fusionner le MGB (Sécurité d' Etat) avec le MVD (Ministère de l' Intérieur) par décision du 05.03.1953. Le renseignement extérieur devient la 2ème Direction principale du MVD. La section Amérique est dissoute, et remplacée par une section chargée de couvrir les USA, le Canada, l' Argentine, le Mexique. La chute brutale de Beria entraîne une énième remise à jour:

Le Présidium du Comité central, par décision du 10.02.1954, décide de séparer MVD et Sécurité d' Etat. Le décret du 13.03.1954 du Présidium du Haut conseil d' URSS créé le Comité pour la Sécurité d' Etat (KGB auprès du conseil des ministres d' URSS). Au sein de son 1er Directoire principal (Renseignement extérieur) , le 1er Département est chargé de l' Amérique du Nord.

Il semble que ensuite il ait aussi récupéré la supervision du renseignement en direction de l' Amérique Latine (Au sein du 1er département, cette zone est supervisée Sergey Nikolaïevitch Antonov) jusque'à ce que, vers 1960, un "Deuxième département" soit créé, chargé de l' Amérique Latine et des Caraïbes exclusivement. Antonov en sera son premier directeur.

Le 1er Département est donc chargé des USA et du Canada (Zone Amérique du Nord). Sous le SVR, ce département a été rebaptisé "Département A" au sein de la Direction des opérations, avec les mêmes fonctions.

 


1er département (Amérique du Nord)


Konstantin Koukine Mai 1949-1952.

Boris Ivanov 1953-1955

Alexandre Feklissov 1956-1960

Nikolai Kulebiakine Années 60.

Vladimir Kazakov -1967

Mikhaïl Polonik 1967-1968

Anatoly Kireyev 1969-1974.

Vladimir Kazakov 1974-1978

Youri Linkov-1982.

Dmitri Yakoushkine 1982-1986

Anatoly Flavnov? 1987

Vyatcheslav Trubnikov 1991

 

SVR (Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie): Département "A" de la Direction des Opérations (Amérique du Nord).

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997

13/09/2009

Les structures du SVR

C'est le résultat de plusieurs mois de recherches qui est livré ici, dans une première synthèse relative au SVR de la Fédération de Russie. Cet organigramme reste néanmoins incomplet. On ignore par exemple de qui dépend le Centre antiterrorisme du SVR. Notons que la Direction des Opérations, après analyse de carrières de trois de ses dirigeants et examen d' actes administratifs russes, paraît avoir été divisée en deux de 1994 à 2000, mais il n'y a pas de certitude absolue dessus,seulement un forte probabilité.

 

Organisme de renseignement, la priorité du SVR est le renseignement politique. Juste derrière, le renseignement économique, domaine en pleine expansion dans le Service et ce depuis le milieu des années 90. En plus, en tant qu'organisme de renseignement étatique, de voler les secrets et de transmettre les informations aux décideurs politiques, les responsables du SVR participent à une multitude de Commissions étatiques, chargées de préparer des projets de lois, des règlements, mais aussi de travailler sur certains points délicats au niveau international.

Citons ici: la Commission de déclassification des archives du PCUS, aujourd'hui incorporée dans la Commission interservices de protection des secrets d' Etats; la Commission interservices pour la participation de la Russie au G8; La Commission interservices de la Fédération de Russie pour la coopération avec l' OTAN et l' accomplissement de l' acte mutuel sur la coopération, la sécurité entre l' OTAN et la Russie; le groupe de travail interservices chargé de mettre en oeuvre dans la Fédération de Russie les passeports et visas de nouvelle génération; le conseil scientifique auprès du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie; la Commission antiterroriste fédérale; la Commission pour le contrôle des exportations; Commission gouvernementale sur les questions d' intégration économique; ou la Commission interservices du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie sur la sécurité internationale.

 

Enfin, petites révélations, sont ici dévoilées les biographies de trois pontes du SVR, inconnus du grand public.

Vladimir Zaverchinsky. Cet ancien du KGB a continué ensuite sa carrière au SVR, ou il occupa le poste de 1er Directeur adjoint de 2000 à 2008 avant d' être nommé au Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie. Sa biographie quant à sa carrière au sein du KGB/SVR est assez succinte: Après être sorti de l' École du KGB de Minsk vers 1971, il travaille quatre ans au contre-espionnage, avant de suivre les cours de l' Institut Andropov, qui forme les officiers du renseignement extérieur du KGB. Il entre au 1er Directoire du KGB en 1977, sera en poste en Afghanistan, puis jusque 1992 en RDA. Il attend sept mois pour obtenir un poste, et prend la tête un service du SVR, pendant un ans et demie environ. Puis il est nommé « chef d'un des services les plus importants du SVR », poste occupé pendant six ans, avant d' être nommé 1er Directeur adjoint. Ce fameux « service important » est en réalité la Direction des Illégaux du SVR. En effet, la description que Zaverchinsky faisait de ce "Service important", sans le nommer, son ambiance de travail, n' était pas sans rappeler à l' auteur de la note l' ambiance décrite par deux anciens chefs de la Division des illégaux dans leur mémoire, Youri Drozdov et Vadim Kirpichenko. Enfin, Zaverchinsky y décrivait comment deux espions russes, au milieu des années 90, furent arrêtés à l' étranger, mis en prison, puis relâchés au bout de quelques jours et rapatriés en Russie. Ce qui laissait supposer que ils ne disposaient pas de couverture diplomatique, donc la piste des illégaux était privilégiée. Enfin, peu après avoir formulé cette conclusion, l' auteur de la note découvrit que il n' était pas le seul à penser ainsi: Friedrich-Wilhelm Schlomann, dans une note en allemand, "Die heutige Spionage Rußlands" datée de 2000 indique que "Leiter der Verwaltung S ist der Deutschland-Spezialist Wladimir Sawerschinski, der bis 1989 im KGB-Hauptquartier
Berlin-Karlshorst war und von dort Einsätze von "Illegalen" in Westeuropa leitete."


Alexandre Balakine. Dans les documents administratifs russes il apparaît simplement comme un Directeur adjoint du SVR. En réalité, Alexandre Balakine remplace en juillet 2008 Vladimir Zaverchinsky au poste de 1er Directeur adjoint. Officiellement, son nom à ce poste n' a toujours pas été rendu public. Sa biographie est assez sommaire: Après avoir, semble il, commencé sa carrière à Téhéran à la fin des années 70, il réapparaît dans la deuxième moitié des années 90 comme adjoint du chef d'un département du SVR ou il travaille à la coordination avec les pays d' Asie centrale membres de la CEI, semble il sur les questions de terrorisme. Enfin, pendant un peu plus d'un ans, il dirige une représentation très importante du SVR à l' étranger avant d' en être rappelé et nommé 1er Directeur adjoint du SVR.

Sa biographie est pleine de mystères et de contradictions: Anatoly Korendiassev est entré au KGB en 1970, et affecté à la Direction du KGB de Volgograd. Il termine l' Institut Andropov en 1975, ce qui signifie une affectation à la 1ère Direction Principale du KGB, et est en poste à Paris, vers 1980, sous la couverture de 3ème secrétaire de l' ambassade soviétique. Ensuite, selon une biographie officielle, il aurait participé à la création du Groupe « Vimpel » (Donc 1981). Il travaille aux services administratifs du Comité Central de 1985 à 1988. Il est à partir de 1988 Directeur adjoint de la Première Direction Principale du KGB (renseignement extérieur). Ensuite toujours, il aurait travaillé sous les ordres de Evgueni Primakov et « aurait dirigé le renseignement en Tchétchénie ». Est il fait référence à la première, ou a la seconde guerre? Dans quel but? En tant que chef de service du SVR, aurait il participé à la création du groupe ZASLON, et ce dernier aurait il agi en Tchétchénie durant la seconde guerre? Enfin, deux informations se contredisent: Korendiassev a quitté le SVR en 2007, grade de général- lieutenant. D'après une information,il travaillait sur les problématiques de la CEI; d' après un document administratif russe, daté de 2006, il fait partie, en tant que chef de Direction du SVR, du groupe de travail interservices chargé de concevoir le programme chargé d' aider les russes vivant hors de la Fédération de Russie et souhaitant revenir.



Lors de sa création en 1991 le SVR comprend:

Le Directeur du SVR

Le 1er Directeur adjoint

Le Directeur adjoint aux Opérations

Le Directeur adjoint aux questions scientifiques

Le Directeur adjoint aux cadres

Le Directeur adjoint à l' administration

Le Directeur adjoint à la lutte contre le crime organisé


S'y ajoutent parmi les différents services:


Le service de presse du SVR

La Direction de l' analyse de l' Information

Le Service de renseignement économique.

Le service de contre-espionnage.

Le groupe des consultants auprès du Directeur du SVR.

Le service de liaison avec les autres services secrets.


Le 1er Directeur adjoint supervise le renseignement économique (Jusque 2001), les questions relatives au Secret-Défense et à la déclassification de documents, la lutte antiterrorisme, les questions de sécurité de la Défense. Il semble aussi que il supervise les Directions de l' analyse et de la Sécurité du SVR.


Modification des structures en 1994, la Direction des Opérations est divisée en deux. Il semble que elle soit « réunifiée » vers 2000, sous le commandement de Vitali Marguelov, qui était jusque-là Directeur adjoint pour les Amériques et l' Europe. Vers le milieu des années 90 toujours , le Service de renseignement économique, chargé de l' espionnage économique mais aussi de vérifier la solvabilité des entreprises étrangères lors de la signature des contrats avec les autorités russes, et leur solvabilité, accède au rang de Direction générale, témoignant de sa montée progressive en puissance. Même si la priorité n°1 du SVR reste le renseignement politique.


Modification des structures vers 2000-2001: La Direction de lutte contre le crime organisé, qui traitait entre autres les questions de financement du terrorisme, est dissoute. Ses fonctions sont confiées à la Direction des Opérations , qui supervisera le travail de renseignement durant le début de la guerre en Afghanistan fin 2001, et au 1er Directeur adjoint; la Direction des Opérations réunifiée, elle sera dirigée par Vitaly Marguelov, puis par Valery Rozanov, précédemment chef de station à Vienne.


Il semble que, alors, ait été créée une Direction spécialisée dans les questions économiques, financières, et industrielles, qui travaille aussi sur la lutte contre le financement du terrorisme. Elle est dirigée par le Directeur adjoint du SVR Youri Demchenko.


Depuis, la structure du SVR est la suivante:


Directeur du SVR

1er Directeur adjoint (Directeur-adjoint, chef de service).

Directeur adjoint des Opérations.

Directeur adjoint à l' administration.

Directeur adjoint aux cadres

Directeur adjoint aux questions scientifiques

Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières?


Notons que existe aussi un Centre antiterrorisme, qui apparaît pour la première fois dans les actes administratifs russes en 2007; et une unité d' élite, nommée ZASLON, qui aurait été créée en 1998


Organigramme du SVR:


Directeurs du SVR

Evgueni Primakov 1991-1996

Vyatcheslav Trubnikov 1996-2000

Sergey Lebedev 2000-2007

Mikhaïl Fradkov 2007-



1er Directeur adjoint du SVR

Vladimir Rojkov septembre 1991-janvier 1992

Viatcheslav Troubnikov janvier 1992-janvier 1996

Alexei Chtcherbakov janvier 1996-octobre 2000.

Vladimir Zaverchinsky Novembre 2000-juillet 2008.

Alexandre Balakine juillet 2008-


Directeur adjoint au Crime organisé (1992-2000)

Vladimir Rojkov 1992 à 1994 environ

Viktor Erine Juillet 1995-2000


Directeur adjoint à l' administration

Ivan Gorelovsky 1992- 2003?

D. Fadeyev? 2009


Directeur adjoint aux cadres.

Youri Zoubakov 1992-janvier 1996

Guennadi Novikov 1996-


Directeur adjoint aux questions scientifiques.

Alexei Chtcherbakov 1992-1996

A. Bolchakov 1996-2000

Viktor Karnakov 2000-2006



Directeur adjoint aux Opérations.

Vyatcheslav Gurguenov 1992-1994


Direction des Opérations, divisée en 1994

Grigori Rapota, chargé de superviser le travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe, ainsi que le travail du bureau de presse et les contacts avec les services secrets étrangers. 1994-1998

Vitaly Marguelov, 1998-2000, supervision du travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe

Alexandre Medianik, 1994-1998, chargé de superviser le travail en direction de la zone Asie, sans doute Directeur adjoint pour l' Asie.


Il semble que la Direction des Opérations ait été réunifiée en 2000

Vitaly Marguelov 2000-2002

Valery Rozanov 2002-2006

Vladimir Zimakov? 2006-


Service économique du SVR (Statut de Direction principale à partir du milieu des années 90)

Vladimir Riabikhine 1992-1997

Youri Demchenko 1997-

Devenue vers 2001 une Sous Direction du SVR, avec à sa tête un Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières.

Youri Demchenko 2001-


Service d' analyse de l' information.

Mikhaïl Dmitriev 1991-

Valery Rozanov 1995 minimum-1998

Mikhaïl Dmitriev 1998-2000

Léonid Rechetnikov -Avril 2009.


Bureau de presse du SVR

Youri Kobaladzé 1991-mars 1999.

Boris Laboussov mars 1999-2006

Sergey Ivanov août 2006-


Service des illégaux, Direction des Opérations du SVR

Youri Juravlev Mai 1991-

Vladimir Zaverchinsky 1994-2000


1er Département (Amérique du Nord), devenu ensuite le Service A, Direction des Opérations du SVR.

Viatcheslav Trubnikov 1991-Fin 1991

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997


Secteur Europe Centrale, Direction des Opérations du SVR.

Sergey Lebedev 1995. Adjoint, Sergey Borisovitch Ivanov.



Service de renseignement scientifique et technologique, Direction des questions scientifiques du SVR

Léonid Zaïtsev 1975-1992

Youri Zevakine 1992- Toujours en poste en 1999


Institut Andropov, devenu en 1994 Académie du renseignement extérieur, Direction des questions scientifiques du SVR

Valentin Revine 1991-juillet 1997

Nikolaï Gribine 1997-2005 ou 2006

Vladimir Gubernov 2006-


Service juridique

Vladimir Kantorov 1992-1999

Anatoli Paramonov 2002-

V. Lekarev. 2006


Service de contre-prolifération nucléaire.

Guennadi Evstafiev 1992-2000


Service des archives

Alexandre Belozerov 1991- Toujours en poste en 1997

Sergey Panin 2001 minimum- Toujours en poste en 2008


Service de sécurité.

Alexandre Golubev? Début des années 90

A. Zaroubine Fin des années 90

 

Sources utilisées

Friedrich-Wilhelm Schlomann, "Die heutige Spionage Rußlands", 2000 (Disponible sur Internet)

Actes administratifs de la Fédération de Russie

Interview de Vladimir Zaverchinsky

Comrade J, Sergey Tretiakov

Encyclopédie des services secrets russes

 

 

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26/08/2009

Prochain article sur le SVR de la Fédération de Russie

Sera très prochainement publié un article relatif aux structures et au personnel dirigeant du SVR, le Service de renseignements extérieurs de la Fédération de Russie. Entre autres scoops: Le nom du chef de la Direction des Illégaux du SVR dans les années 90; des éléments sur la modification des structures du SVR vers 2000-2001. Ainsi que, information que même la presse russe n' a jamais dévoilée, le nom du 1er Directeur adjoint du SVR depuis la mi-2008.

21/04/2009

Les "rézidents" du KGB en Finlande

 

Dans son ouvrage "Le KGB dans le monde" paru en 1990 en coopération avec Christopher Andrew, l' ancien officier du KGB Oleg Gordievsky livre un organigramme de plusieurs stations du KGB (Paris, Washington, New York, Delhi, Tokyo, Oslo, etc..) en indiquant les rézidents a leur tête. Mais pas celle de Helsinki! Oubli regrettable ( volontaire, sachant que un des officiers du KGB que il appréciait le plus, Albert Akoulov, y servait alors comme chef de station?) qui est ici compensé.


Située a la frontière avec l' URSS, la Finlande s' efforce, après la seconde guerre, d'entretenir de bonnes relations avec son grand voisin. Pour cela, des contacts sont établis entre les "rézidents" successifs du KGB et les autorités finlandaises au plus haut niveau: Urho Kekkonen, qui fut Président de la Finlande de 1956 à 1981. Ce qui entraînait des frictions entre l' ambassadeur soviétique et le rézident du KGB, chacun voulant l' exclusivité des contacts avec Kekkonen. Idem avec son successeur, Mauno Koivisto, qui entretiendra des contacts avec Viktor Vladimirov, chef de station a Helsinki jusque 1984. Ses "contacts de haut niveau" auraient cessés avec la chute de l' URSS.

Elisey Tikhonovitch Sinitsin 1939-1941

Vassili Petrovitch Roshtshin 1945-1947

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1947-1950

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1953-1957

Vladimir Vassilievitch Jenikhov -1962

Youri Nikolaîevitch Voronine 1962-1964

Vladimir Sevastianovitch Stepanov 1964-

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1970-1972

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1972-1975

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1977-1984

Albert Petrovitch Akoulov 1984-1990.

Ou Felix Karasev a partir de 1984? Toujours en poste en 1991.

22/10/2008

La station du SIS a Washington

SIS WASHINGTON STATION

(N.B: Suite a de nouveaux éléments, l'article est remis a jour en ce 29.10.2008)

La station de Washington est avant tout une station faite pour le travail avec les alliés américains, surtour de la CIA et de la NSA ; y sont coordonnés, planifiées, les stratégies, opérations communes. La station de Washington sert aussi a "prendre le poul" des humeurs de l'administration américaine par le biais du renseignement "ouvert" (l'espionnage entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis est interdit, conformément a un Traité bilatéral.)
Washington est donc surtout une station honorifique, qui est dirigée par les officiers soit en fin de carrière soit qui grimpent dans la hiérarchie. Comme l'explique Kim Philby dans ses mémoires, "la coopération entre la CIA et le SIS au niveau de leurs services centraux est devenue si étroite que tout officier du renseignement qui peut prétendre a occuper plus tard un poste élevé devait prendre connaissance des affaires traitées avec les services secrets américains".


La carrière de nombre de ses représentants du SIS le démontrent: trois d'entre eux finiront directeurs du SIS (Maurice Oldfield, Christopher Curwen et Richard Dearlove), nombre d'entre eux occuperont de hauts postes au sein du SIS (John Bruce Lockhart sera contrôleur Moyen-Orient; George Webb quitte le SIS en tant que Directeur du personnel et de l'administration; Christopher Philpotts dirigera le contre-espionnage) tandis que pour d'autres c'est un poste honorifique juste avant la retraite (John Colvin, Andrew Robert Fulton, ainsi que Michaël Shipster justement dont ce sera un des derniers voire le dernier poste)


Si Peter Dwyer (Chef de station a Washington de 1945 a 1949) a donné la priorité aux relations avec le FBI de l'irascible Edgard Hoover, ce dernier étant de toutes ses forces opposé a la toute jeune CIA, le nouveau chef de station du SIS Kim Philby est chargé d'établir de bons contacts avec la nouvelle Agence du renseignement US. Délicat, car FBI et CIA ne se supportent pas. Le chef de station du SIS doit donc faire preuve de diplomatie au milieu des deux "bélligérants"

Sous l'égide de Kim Philby par exemple , la station de Washington coordonne avec la CIA une opération visant a renverser le régime communiste albanais de Enver Hoxa. Grâce a ses contacts aussi bien a la CIA que au FBI Philby est aussi mis au courant du programme "Venona", le décryptage des communications soviétiques.

Notons que les relations entre MI6 et la communauté américaine du renseignement sera refroidie quand Philby sera soupconné (a juste titre) a partir de 1951 d'avoir été recruté par les services secrets soviétiques. Son remplacant, John Bruce Lockhart, fera tout pour rétablir de bonnes relations britannico-américaines.

 

Les représentants successifs du SIS a Washington seront:


Peter M.Dwyer Représentant du SIS a Washington de 1945 a 1949.

Kim Philby. Né le 01.01.1912 a Ambala dans le Panjab. Etudes a Cambridge. Entré en août 1940 au SIS, ou il travaille a la section ibérique au contre-espionnage. Chef de la section R5 (contre-espionnage soviétique) a partir de 1944. Chef de station a Ankara (1946-1949), officiellement premier secrétaire de l'ambassade, puis "Premier secrétaire a Washington", chargé de la liaison (1949-1951) avec les services secrets américains. Suite a la déféction de deux diplomates britanniques (Dont l'un était un de ses amis), il est rappelé a Londres, surtout que les soupcons sur son recrutement par les services secrets soviétiques se renforcent. Mais le MI5 et le SIS n'ont pas assez de preuves de son recrutement par le KGB, et il est blanchi. Le MI6 l'envoie a Beyrouth en août 1956, officiellement comme correspondant de presse.  Il faudra attendre 1963 pour que la preuve de son recrutement par le renseignement soviétique soit obtenue. Philby fuit alors en URSS, ou il deviendra consultant auprès de la Première Direction générale du KGB (renseignement extérieur). Décédé en 1988.


John Bruce Lockhart.Entré au SIS en 1942, il se spécialise d'abord sur le Moyen-Orient (Irak et Egypte), puis dirige a partir de 1944 les opérations du SIS en Italie (En tant que chef de station du SIS a Rome ou chef de la section Italie au Contrôleurat "Europe"?. Il retourne sur le terrain, d'abord a Paris en 1945 puis en Allemagne en 1948.  Il remplace Kim Philby a Washington (Officiellement en tant que 1er secrétaire d'ambassade de 1951 a 1953), ou il sera chargé de rétablir des relations de confiance avec les services secrets américains.Il sera ensuite contrôleur "Europe", "Moyen-Orient", "Afrique" et enfin directeur-adjoint du SIS. Il quitte le SIS en 1965. Décédé en 1995.

 

Leslie Herbert Mitchell Chef de station du SIS a Washington de 1953 a 1956, Mitchell aurait ensuite été en poste en Allemagne, sans doute comme chef de station.

 

John Albert Briance Chef de station du SIS de 1956 a 1958?

 

 

Maurice Oldfield. Maurice Oldfield a occupé plusieurs postes d'importance au sein du SIS:Entré au SIS vers 1947, il est nommé numéro 2 du R5 (contre-espionnage soviétique), poste qu'il occupe jusque 1949. n°2, puis chef de la station de Singapour,un bref passage a Londres (1958-1959) avant d'être nommé représentant du MI6 a Washington (1959-1962) , directeur du contre-espionnage du SIS (R5) puis numéro deux du MI6. Il dirigera le SIS de 1973 a 1978. Décédé le 11.03.1981.


Christopher Phillpotts Christopher Philpotts a dirigé successivement les stations du SIS a Athènes puis Paris (dernier poste avec la couverture de conseiller d'ambassade), avant d'être nommé représentant a Washington (Il occupe ce poste en octobre 1961) jusque 1966 environ, et d'être a la tête du contre-espionnage au sein du SIS.


Stephen de Mowbray Cadre du SIS chargé de surveiller le directeur-adjoint du MI5 en 1963 (qui était soupconné d'être une taupe du KGB), Stephen de Mowbray est en 1966 a Washington, en tant que responsable de la liaison du MI6.


Christopher Keith Curwen Né le 09.04.1929, il entre au SIS en 1952. En poste a Bangkok de 1954 a 1956 officiellement comme troisième secrétaire, au Laos de 1956 a 1958, de nouveau a Bangkok de 1961 a 1963 puis a Kuala Lumpur en 1963. De 1968 a 1970, il dirige la station du SIS a Washington Sans doute contrôleur "Asie", puis chef de la station de Genève de 1977 a 1980.En 1985, Christopher Curwen est nommé a la tête du SIS, poste qu'il occupe jusque 1989.


John Halkett Baddeley. Né en 1920, John Badderley est un spécialiste de la zone Asie: Il a travaillé a
Singapour (1952 a 1954), Hong-Kong, et en Birmanie (1954 a 1956).Notons aussi des postes en Grèce (1947 a 1949) et en Belgique (1957 a 1959). Sa biographie, comparable a un gruyère, indique que il occupera le poste de chef de la représentation du SIS a Washington de 1970 a 1972 officiellement en tant que conseiller d'ambassade (Auparavant, depuis le milieu des années 60, il était au QG du SIS). Il décède en 1972 d'une crise cardiaque, a son poste.

John Horace Ragnar Colvin. Né le 18.06.1922 a Tokyo, il entre officiellement au Foreign Office en 1951. Il sera en poste a Oslo puis en Autriche, a chaque fois pendant deux ans. "Consul général" a Hanoï de 1966 a 1967 (Chef de station?) avant de devenir ambassadeur en Mongolie de 1971 a 1974. Il est nommé a la tête de la représentation du SIS a Washington en 1977 (Poste qu'il occupe jusque 1980, officiellement en tant que conseiller). Il quitte peu après le SIS, et entre dans le privé a la Chase Manhattan Bank. Décédé le 04.10.2003

George Hannam Webb Né en 1929, George Webb a commencé comme administrateur colonial avant d'entrer vers 1963 au Secret Intelligence Service. En poste a Bangkok, puis au Ghana de 1969 a 1973. ses capacités sont assez appréciées pour qu'il soit nommé n°2 de la direction du personnel et de l'administration. Il est envoyé a Téhéran et assistera au départ du Shah d'Iran, puis prend la tête de la station de Washington en 1980. Rappelé au QG du SIS, il est nommé Director of administration and personnel. Il quitte le SIS en 1985. Décédé en décembre 2007.


Richard Fraser Darling
?Le nom a été dévoilé par la fameuse "Liste Tomlinson" de 1999, mais les informations sur Richard Darling sont assez contradictoires. Il est né en 1949, et aurait été en poste en Finlande , peut-être jusque 1984, avant d'être envoyé en Norvège la même année. Mais une autre information indique son affectation aux USA en 1984. Y était-il? Etait-il le chef de station? Ce sont des hypothèses.

Duncan Stuart.Né le 01.07.1934, Duncan Stuart a intégré MI6 en 1959, après un détour dans l'armée, ou il a été en poste entre autres a Chypre. De 1960 a 1961, en poste a Berlin comme jeune officier traitant, au bureau du conseiller politique. Un tour au QG du SIS de 1961 a 1964, pusi "second secrétaire" a Helsinki de 1964 a 1966, chef de chancellerie a Der-es-Salaam (Tanzanie) de 1966 a 1969, puis sans doute chef de station adjoint a Helsinki de 1970 a 1974 (Officiellement 1er secrétaire de 1970 a 1974). De retour au SIS, il est sans doute au contrôleurat "Europe" (1974-1980), puis chef de station a Bonn de 1980 a 1983. Nouveau poste au QG du SIS de 1980 a 1983, puis "conseiller d'ambassade" a Washington de 1986 a 1988. Sans doute contrôleur (Ou un autre poste d'importance) au QG du SIS de 1989 a 1992, et conseiller auprès du Ministère de la défense de Sa Majesté de 1992 a 1994.Un bref temps (1994-1995) il travaille a Cyrus International, puis "Special operations executive adviser" auprès du Ministère des affaires étrangères de 1996 a 2002.

John Clibborn John  Donovan Nelson Clibborn est né en 1941.Officiellement, il entre au Foreign Office (Ministère des affaires étrangères de Sa Majesté, dont dépend le MI6) en 1965, avec le garde de 3ème secrétaire. Il sert en premier lieu a Nicosie (Chypre) comme 3ème puis second secrétaire a l'aide au développement de 1967 a 1969. Après une année au QG du SIS, il retourne sur le terrain, sans doute comme chef de station adjoint a Bonn de 1972 a 1975 (Officiellement 1er secrétaire a la section économique) puis a la délégation britannique a la CEE de 1975 a 1981. Sept années durant, au QG du SIS (Comme contrôlleur?) puis  chef de station a Washington de 1988 a 1991 avec le grade de conseiller.La suite de sa briographie est disponible sur la période 1992-1995.

Richard Dearlove Né le 23.01.1945, Dearlove est entré au SIS en 1964. Affecté a Nairobi (1968-1971), il est ensuite chef adjoint de la station de Prague (1973 a 1976), sans doute chef de station adjoint a Paris (1980 a 1984), puis chef de station a Genève (1987 a 1991), avant d'être nommé représentant du SIS a Washington (1991 a 1993). Sa carrière se déroulera ensuite au QG du SIS: Director of administration and personnel (1993-1994), Director of Requirements and Production (1994-1998) et enfin a la tête du SIS de 1999 a 2004.


John Clibborn .Sa briographie est citée pour son début, de sa naissance a 1991. Après une année au QG du SIS, il retourne a Washington de 1991 (Ou 1992) il est officiellement conseiller a l'ambassade britannique a Washington jusque 1995. Il a ensuite continué sa carrière au nouveau siège du SIS, et ne semble pas avoir été ensuite affecté a l'étranger.

Andrew Robert Fulton. Entré au SIS en 1968, il est affecté successivement a Saïgon (1968 a 1973), Rome (1973 a 1978), Berlin-Est (1978 a 1984), et en Norvège (1984 a 1989). De 1989 a 1992 il est chef de station du SIS a New York et retourne au quartier général du SIS, ou il est affecté au Contrôleurat Europe de l'Est (Sans doute même comme contrôleur),ou il participe a l'établissement de relations entre SIS et SVR, avant d'être affecté a Washington (1995-1999), officiellement conseiller d'ambassade. De retour a Londres, M.Fulton est entré dans le secteur privé.

 

Ian Forbes McCredie. Né le 28.12.1950, son entrée au SIS date approximativement de 1976.Affecté a la Haute commission britannique de Lusaka (Zambie) de 1976 a 1979 puis a Téhéran de 1981 a 1983.En poste a Copenhague de 1985 a 1989, puis au QG du SIS de 1989 a 1992. En 1992, il est officiellement "conseiller" a la délégation britannique a l'ONU a New York, et sans aucun doute chef de station du SIS, jusque 1996.Retour au QG du MI6 (1997-1999) ou il occupe sans doute un poste d'importance. Il remplace Andrew Fulton en 1999, avec la même couverture, celle de conseiller d'ambassade. Il occupera le poste jusque 2004. En septembre 2004, il entre dans le privé chez Shell.

Michaël Shipster.Né le 17.03.1951, il joint le SIS en 1977 avec le grade de 2ème secrétaire.Il passe une année a l'école des langues de l'armée a Beaconsfield puis est en poste de 1981 a 1983 a Moscou, officiellement comme 1er secrétaire de la section économique de l'ambassade (Vu sa couverture, on peut supposer que il était chef de station adjoint). Ensuite il est affecté a Delhi de 1986 a 1989 (Officiellement 1er secrétaire. Il fera passer a l'Ouest un officier du renseignement tchécoslovaque), a Lusaka en 1990, puis a Johannesbourg de 1991 a 1994 (Officiellement consul politique). Sa candidature fut envisagée fin 1994 pour qu'il dirige la station du SIS a Moscou. Mais seulement envisagée..En 1997, il est en charge entre autres de la liaison avec les services secrets russes. Contrôleur "Moyen-Orient" au SIS (sans doute durant les débuts de la Guerre en Irak), puis chef de station du SIS a Washington de 2004 a 2007. Officiellement il était conseiller d'ambassade.Il entre ensuite chez Rolls-Royce.

Sources utilisées:

- Liste des diplomates étrangers en poste aux Etats-Unis

-Evguéni Primakov, "Au coeur du pouvoir"

-Alpha list MI6 (La fameuse "Liste Tomlinson)

-"Spycatcher" de Peter Wright (Paru en 1987)

-Histoire mondiale du renseignement, tome 2, Roger Faligot et Rémy Kauffer

-Ma guerre silencieuse, de Kim Philby

-Biographie de John Bruce Lockhart diffusé par le Oxford Dictionnary.

-http://www.specialforcesroh.com

-Intelligence Online

-Biographie de George Hannam Webb publiées par le Times et le Telegraph

- Kang Sheng et les services secrets chinois 1927-1987, Rémi Kauffer et Roger Faligot, editions Laffont 1987.

 

 


07/09/2008

Le Mossad, structures opérationnelles

Note de l'auteur: Cette note est basée sur la documentation accumulée, l'analyse, des réfléxions. Néanmoins, je n'exclue absolument pas de m'être trompé sur certains points dans les structures du Mossad..

A gauche, le sigle du Mossad. A droite, photo du quartier général du Mossad.
Très peu d'informations sont disponibles sur les structures du Mossad. Le Mossad, aussi appelé "L'Institut", est le service de renseignement extérieur israëlien.Créé en septembre 1951, il dépend directement du Premier Ministre. Confronté a différents dangers (Terrorisme extrémiste islamique, prolifération nucléaire) ses structures ont dûes s'adapter, et évoluer.

Victor Ostrovsky. Un des rares auteurs qui permit de s'en faire une idée précise est Viktor Ostrovsky, dans son ouvrage "By way the deception" qui date de ..1990.

Le Mossad est divisé entre directions, chacune avec sa compétence. Nommé en 2002 a la tête du Mossad (et occupant toujours la fonction), Meir Dagan aurait restructuré le Mossad autour de deux directions: la Direction des Opérations, et la Direction des services (Qui a une tâche beaucoup plus administrative). Nous nous concentrerons beaucoup plus sur les services opérationnels, sur lequels beaucoup plus d'informations sont disponibles.

Exception pour un service, directement rattaché au patron du Mossad: "Al", chargé de faire du renseignement aux Etats-Unis. Selon Viktor Ostrovsky, ce département, composé d'officiers triés sur le volet, travaille non pas depuis l'ambassade ou les consulats israëliens, mais depuis des appartements ou des sociétés. Les choses ont apparement évoluées, puisque comme l'a montré l'affaire Larry Franklin (Analyste du Ministère de la Défense américain arrêté pour avoir transmis des informations secrètes a l'AIPAC) le Mossad dispose d'une station sous couverture de l'ambassade israëlienne a Washington, laquelle n'hésite pas a faire de l'espionnage, y compris dans le domaine industriel ou militaire, ou politique.


D'abord, la Direction des Opérations du Mossad, qui est dirigée par le Directeur-adjoint du Mossad depuis 1995.

  • Parmi les services du Mossad, celui qui retient l'attention est le MELUSKAH qui est apparu en 1955 (Dont le nom jusque 1984 était TZOMET ou TSOMET): c'est le service chargé de collecter des informations dans les pays "amis", neutres, ou pro-paléstiniens. Pour cela, les officiers du TZOMET soit agissent a partir du poste TZOMET implanté sous couverture diplomatique dans l'ambassade, soit envoie des hommes sous une couverture (par exemple, savant), de préférence canadienne (Le Mossad, comme le montrait Ostrovsky, utilise de préférence les passeports canadiens).

Ilan Mizrahi sera a la tête du TZOMET de 1997 a 1999 avant de devenir directeur-adjoint du Mossad (De 2000 a 2002).

Le TZOMET dispose donc d'antennes a Rome, Paris, Madrid, Londres, Bruxelles, Copenhague, Berlin. Selon Ostrovsky, le TZOMET est divisé en trois services: Le Service Israël (Espagne, Chypre, Grèce, Turquie), la Branche B (Italie, Allemagne, Autriche),la Branche C (Angleterre, France, Scandinavie, Belgique, Pays-Bas). Le Service Israël possède cette spécificité, selon Ostrovsky, de travailler depuis Israël, ou il envoie dans ses pays a fortes tendances pro-paléstienienne ses katsas (Officiers traitants). Notons que les Branches B et C ont sans doute été restructurées, puisque désormais le TZOMET compte une Branche "Europe".

Le MELUSKAH a été dirigé par: Rehavia Vardi (Juste avant la guerre de Yom Kippour), David Biran (En 1980), Avi Dagan de 1993 a 1996, Ilan Mizrahi de 1997 a 1999), un dénommé Naftali Granot jusque 2005, puis un dénommé I (Auparavant a la tête de la section Europe du TZOMET)

  • Créé en 1958, le TEVEL (Devenue KAISARUT en 1984) est chargé de la "diplomatie alternative",c'est-a-dire aussi bien les contacts officiels avec les pays ou services secrets amis (Par exemple les Etats-Unis) que avec l'ennemi, aussi bien les Etats (Et ce en vue d'établir des relations diplomatique avec Israël) que les organisations. Pour cela, le TEVEL dispose de représentants dans les ambassades israëliennes a l'étranger (Par exemple a Paris, Washington, Londres, etc..) ou bien sous d'autres couvertures (Par exemple, selon Ostrovsky, le représentant du TEVEL en Indonésie dans les années 80 vivait a Djakarta sous passeport britannique). Le TEVEL  a été entre autres dirigé par Nahum Admoni (Au milieu des années 70), Ephraïm Halevy (De 1985 a 1990), David Biran (En remplacement de Halevy), Araleh Sherf (Vers 1995), Itzak Barzely (Vers 1996), Yoram Hessel (De 1999 a 2003), puis un dénommé D..(En 2005), précédemment officier-coordinateur.

Les chefs de la station TEVEL de Washington: Ephraïm Halevy, Nahum Admoni, Uri Chen et Yoram Hessel.

Le poste le plus important au sein des représentations du TEVEL a l'étranger est évidemment celui de Washington: Etant donné l'étroitesse des relations américano-israëliennes, ce qui implique entre les deux pays un fort degré de concertation, le représentant du TEVEL a ses entrées aussi bien a la CIA que dans l'administration présidentielle ou au Congrès. Ce poste est d'ailleurs très profitable, puisque les officiers l'ayant dirigés ont toujours gravis les échelons: Officiellement "conseiller politique" de l'ambassade israëlienne a Washington de 1970 a 1974, Ephraïm Halevy a ensuite dirigé les divisions BITZUR (De 1980 a 1985) et TEVEL (De 1985 a 1990) avant d'être au coeur des négociations aboutissant a la signature d'un traité de la paix avec la Jordanie en tant que Directeur-adjoint du Mossad (De 1990 a 1995) et enfin d'en prendre la tête (De 1998 a 2002). Idem pour Nahum Admoni, en poste dans la capitale politique etats-unienne dans les années 70 et qui dirigea en 1976 le TEVEL puis fut a la tête de l'Institut; Uri Chen, après avoir été représentant du TEVEL a Washington de 1989 a 1993 a ensuite dirigé la section Amérique du Nord du TEVEL a la fin des années 90, avant de quitter le Mossad comme chef du service d'analyse; son successeur Yoram Hessel a, après son poste a Washington de 1992 a 1997, dirigé le TEVEL, avant de quitter le Mossad en 2003. La seule exception a la règle est Dan Arbel, représentant du TEVEL dans la deuxième moitié des années 80 (Après avoir été arrêté dans le cadre du scandale de Lillehammer, puis avoir dirigé le TZOMET a Paris en 1980) dont la carrière est ensuite inconnue.

  • Reuven Dinel, représentant du TEVEL a Moscou de 1992 a 1995 (a gauche) sera interpellé pour des activités sans rapport avec la "diplomatie alternative" (photo de droite). Dans plusieurs pays, le Mossad a a la fois des représentants du TEVEL et des katsas du TZOMET. Le TEVEL n'est donc pas chargé de collecter du renseignement. Du moins officiellement, sauf pour les échanges d'informations (Par exemple avec la CIA). Toutefois on ne peut exclure que le TEVEL profite de l'opportunité qui lui est offerte pour obtenir des informations supplémentaires...Par exemple, un officiel du TEVEL devenu ami avec un officier de la CIA peut réussir a en faire dire plus que nécéssaire a ce dernier.. Parfois cela va assez loin: Fin 1995, le représentant du TEVEL a Moscou, Reuven Dinnel, est interpellé en flagrant délit d'espionnage dans le métro de la capitale russe. Officiellement conseiller d'ambassade, Dinnel avait été envoyé a Moscou en 1992, quand les relations diplomatique russo-israëliennes furent rétablies, avec pour mission la coordination entre les services secrets des deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues. Officieusement, il réussira a recruter un ancien officier du centre du renseignement spatial du GRU (Renseignement militaire russe), Vladimir Tkachenko, pour obtenir des photographies prises par les satellites du GRU. Dinnel sera arrêté en flagrant délit, dans le métro de Moscou, en décembre 1995, et expulsé. Un autre scandale a touchée le TEVEL indirectement: la tentative d'assassinat de Khaled Meshal en plein Amman (Jordanie) par des kidons du Mossad fin 1997. L'opération ayant été bâclée, deux membres du commando sont arrêtés par la police jordanienne, quatre autres se réfugient a l'ambassade israëlienne. Devant la colère du Roi (et le scandale international que créé l'évènement), les autorités israëliennes n'ont d'autres choix que de lui fournir un antidote pour sauver Meshal et libérer les prisonniers exigés. Mais le lien de confiance avec le Mossad est rompu, et le chef du poste TEVEL, un dénommé K.M., est obligé de quitter le territoire jordanien avec ses officiers. Le contact avec les autorités jordaniennes (qui coopèrent étroitement avec les israëliens) est rompu, jusqu'a la démission du patron du Mossad, Dany Yatom, condition sine qua non pour le Roi a la reprise de bonnes relations sino-jordaniennes.
  • La CAESAREA (Auparavant KOMETIUT ,et jusque 1984 appelé la Metsada) est l'élite du Mossad: Elle comprend a la fois la division "Kidon", chargée des assassinats (destabilisée par l'arrestation de deux de ses membres en Jordanie en 1997 lors d'une tentative d'assassinat, elle semble avoir repris des forces si on en croit l'assassinat récent de Imad Mugniyeh, haut responsable du Hezbollah, de Hisham Faiz Abu Libda, chef de cabinet de Khaled Meshal, haut responsable du Hamas, tous deux en plein Damas (Syrie) en 2008, et l'assassinat du chercheur nucléaire Ardeshir Hosseinpour en 2007, tous attribués au Mossad) mais aussi la collecte du renseignement au coeur de pays "dangereux", par exemple, en Syrie, ou en Iran. Pour cela, ils "traitent" des informateurs, chargés aussi bien de prévenir des plans de l'armée syrienne que de la soudaine préparation de lits d'hopitaux (en cas de guerre). Les officiers de la KESARIA n'opèrent jamais sous couverture diplomatique, ce qui affaiblit leur sécurité si ils sont repérés, mais leur permet de mieux se fondre dans la foule pour collecter des informations ou commettre des actions. Toutefois la dépendance hiérarchique de la CAESAREA pose problème: Dans son ouvrage "By way the deception", Victor Ostrovsky indique que la CAESAREA dépend directement du directeur du Mossad. La situation a-elle changée depuis?

Mike Harari (a gauche), chef du KOMETIUT, sera responsable de la traque des dirigeants de "Septembre noir" puis dirigera la station du Mossad a Mexico. Shabtaï Shavit, après avoir travaillé en Afrique, en Europe, avoir dirigé une section de la branche YARID (Sécurité en Europe) dans les années 70, sera a la tête de la CAESAREA de 1980 a 1987. La CAESAREA a été dirigée par Michaël Harari (Au début des années 70), Shabtai Shavit (De 1980 a 1987) et Hagai Haddas (Durant la tentative d'assassinat de Meshal)

  • Créée dans les années 50, la division TSAFRIRIM (Appelée aussi "BITZUR")  est chargée d'organiser les communautés juives de la diaspora et de participer a toute opération de sauvetage de Juifs menacés (Sauf en URSS durant la Guerre froide. Cette mission relevait du "Nativ"). Dernièrement,(Au tout début des années 2000) c'est une personne connue qui a dirigé ce service: D'origine francaise, Michel.M est sorti de la promotion 1984 en même temps que Victor Ostrovsky, et a ensuite été en poste a Bruxelles.

Araleh Scherf (a gauche) a dirigé le BITZUR en 1990. Vers 1995, il était a la tête du TEVEL. Un de ses prédécesseurs au BITZUR  était Ephraïm Halevy (photo de droite, ici avec Meir Dagan, son successeur a la tête du Mossad, et Ariel Sharon). Deux des précédents chefs du BITZUR sont également connus: C'est Ephraïm Halevy qui dirigea ce service de 1980 a 1985. On doit a son crédit le sauvetage de juifs ethiopiens sur les années 1984-1985. Un de ses successeurs est Araleh Scherf, a la tête de ce département en 1990.

  • La division NEVIOT (qui jusque 1984 s'appelait KESHET) est en charge des moyens techniques: ce sont les écoutes, les micros, les cambriolages, les technologies..Durant l'année 1998 (Période décidément très propice aux scandales pour le Mossad), des membres du NEVIOT se font prendre en flagrant délit en Suisse, alors qu'ils comptaient poser des micros dans l'appartement d'un terroriste présumé..Le chef du NEVIOT remettra sa démission a Ephraïm Hamevy, le nouveau patron du Mossad a partir de avril 1998.
  • La lutte antiterroriste est aussi une priorité au sein du Mossad. A l'origine concentrée exclusivement sur l'OLP, l'organisation de Yasser Arafat, elle s'est ensuite étendue a l'ensemble des groupes terroristes du monde arabe, aussi bien le Hezbollah que que le FPLP-CG Ahmed Djibril, le Hamas, le Djihad Islamique, le Front Islamique mondial contre les juifs et les croisés.. Cette unité, appelée PAHA, a un côté a la fois opérationnel, et aussi, apparement, d'analyse des informations sur le terrorisme. De 1997 a 2002, elle fut dirigée par Oded Ailam. Son prédécesseur a ce poste était Ilan Mizrahi.
  • La SHABAKA est le département de sécurité interne du Mossad. Chargé de détecter les cas de traîtrise, gérant le personnel de sécurité du Mossad , il assure aussi la sécurité des installations du Mossad en dehors d'Israël, par exemple, dans les ambassades israëliennes.
  • Le LAP est un département tout aussi important, car chargé de la désinformation.
  • Le département de la Recherche est chargé de l'analyse. Il a été créé en 1964 a l'instigation de Meir Amit, patron du Mossad de 1963 a 1969, qui avait auparavant dirigé le Aman (renseignement militaire israëlien). C'est d'ailleurs l'ancien chef de l'analyse du Aman, Rehavia Verdi, qui prend la tête de ce service en 1964. Plus récemment, c'est Uzi Arad, qui fut en poste a Paris en 1987 (officiellement il était 2ème secrétaire d'ambassade) qui dirigea ce service de 1997 a 1999, puis Uri Chen .

Rehavia Vardi (a gauche) fut le premier directeur de la Recherche au Mossad. Il est décédé en 2006. Au centre, Uzi Arad. A droite, un de ses successeurs, Uri Chen.

Selon Viktor Ostrovsky, le Département de la Recherche est divisé de manière suivante: Etats-Unis, Amérique du Sud, Bureau général (Canada et Europe de l'Ouest), Nucléaire, Egypte, Syrie, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Libye, Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), Afrique, URSS, Chine.



La Direction des services a une tâche beaucoup plus administrative: d'elle dépend la fourniture du matériel, le personnel, les moyens informatiques.

 

22/06/2008

Réorganisation des services secrets francais

Est ici repris l'article du blog Problematiques.fr, publié par Frank Strass sur la réorganisation des services secrets franacais, dans le cadre du Livre Blanc sur la défense qui a été présenté aujourd'hui au Président Nicolas Sarkozy.

Selon cet organigramme, la principale innovation est la création d'un Conseil National du Renseignement (CNR) qui sera chargé de centraliser les renseignements venant aussi bien de Ministère dont ne dépend aucun service ( Ministère des affaires étrangères, Ministère de l'économie et de l'industrie) que de structures qui auront au CNR un accès direct (Le Secrétariat général de la Défense Nationale; le Premier Ministre; Le coordinateur du renseignement auprès du secrétariat général du Président de la République). Les services de renseignement ou de sécurité se devront de passer par leurs Ministères traditionnels , qui fera office de "filtre", pour faire remonter les informations jusqu'au CNR. Tel est le cas pour la toute nouvelle DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) du Ministère de l'Intérieur, conséquence de la fusion entre les Renseignements Généraux (Information du gouvernement sur les extrémistes, les conflits, la situation intérieur politique, économique, sociale, lutte antiterrorisme) et la Direction de la Surveillance du Territoire (Lutte contre l'espionnage, le terrorisme, protection des secrets) que, au sein du M%inistère du Budget pour le TRACFIN (Cellule de lutte contre le blanchiment d'argent) ou la Direction Nationale de Recherche et d'Enquêtes Douanières, ou enfin au sein du Ministère de la Défense pour la Direction du renseignement militaire, la Direction de Protection et de Sécurité de la Défense (Sécurité militaire, protection des secrets des entreprises, industries, objectifs a caractère militaire) ou la DGSE (Chargée du renseignement extérieur).

Un regret toutefois: La situation de la DGSE, dépendante du Ministre de la Défense, n'a pas été changée. Il paraît en effet étonnant que un service chargé de recueillir hors du territoire national du renseignement qui est tout sauf militaire dépende néanmoins de l'autorité militaire!

 

 

Un nouvel organigramme pour le renseignement

 

 Le livre blanc sur la Défense a été présenté aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. Véritable instrument destiné à guider la politique de la France dans ce domaine jusqu’en 2020, le document met l’accent sur la nécessité d’un renforcement des services de renseignement. Au programme: un organigramme refondu et de nouvelles priorités.

J’ai décidé un effort massif d’investissement sur le renseignement, notamment d’origine spatiale, qui bénéficiera aussi bien à la décision politique qu’aux chefs militaires”, a expliqué ce mardi Nicolas Sarkozy. Le président de la République, qui procédait à la présentation du livre blanc sur la Défense a mentionné le regroupement des services existants “au sein de la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur”, et confirmé la nomination d’un “coordonnateur du renseignement, qui orientera les services et assurera la cohérence de leur action”.

Conformément aux informations distillées depuis plusieurs jours dans la presse, ce poste devrait revenir à Bernard Bajolet, pour quelques semaines encore ambassadeur à Alger. Il a auparavant occupé des fonctions similaires à Amman (Jordanie), Sarajevo et Bagdad. Il aura pour fonction de guider le président de la République auprès de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure, spécialisée dans l’espionnage; militaire), la Direction du renseignement militaire, la Direction de la protection et de la sécurité de la défense et de la Direction centrale du renseignement intérieur.

Le point fort de ce nouvel organigramme réside dans la création d’un Conseil national du renseignement (CNR), présidé par le chef de l’Etat, qui définira les priorités et les orientations des services civils et militaires de renseignement. Le coordonnateur, Bernard Bajolet en premier titulaire, animera ce Conseil. Son rattachement au chef de l’Etat est le signe d’une nouvelle donne en la matière: “dans un monde qui se caractérise par l’incertitude et l’instabilité, la connaissance constitue notre première ligne de défense”, indique le livre blanc.

  • L’organigramme reproduit ci-dessus provient d’un document mis en ligne par le site internet du Point. Les sigles non-détaillés ci-dessus correspondent aux services suivants: la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières et financières) et Tracfin (service de traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins).

Frank Strass

17 juin 2008 

15/06/2008

La DGSE de 2000 a 2002


Pour des raisons de sécurité, certains noms ne sont pas publiés, et remplacés par un pseudo.



Située Boulevard Mortier, la DGSE, Direction Générale de la Sécurité Extérieure, a été confrontée a une forte crise interne ses dernières années, conséquence des luttes au sommet de la hiérarchie du Service.

La DGSE, dont le quartier général est toujours situé Boulevard Mortier, a Paris (Surnom du QG: La Piscine, a cause de la Piscine des Tourelles située juste a côté), compte depuis 1987 cinq grandes directions:
Jean-Pierre Pochon. La Direction du Renseignement (DR) est chargée de la collecte et de l'analyse du renseignement, obtenu aussi bien de manière "ouverte" (presse, conversations, documents officiels..) que "fermés" (recrutement d'informateurs), sur les menaces extérieures a la France mais aussi dans les domaines politiques, économiques, scientifiques.Elle s'appuie pour cela sur des postes de la DGSE a l'étranger, par exemple a Berlin ou Washington, quoique l'existence de postes DGSE sur le territoire national même, pour espionner les voisins et lutter contre des menaces, n'est pas a exclure. La DR sera dirigée a partir de mars 2000 par Jean-Pierre Pochon.
(A gauche).A la tête du Service "Action" de septembre 1987 a 1989, Jean Heinrich fut le créateur, et aussi le premier dirigeant, de la Direction des opérations de la DGSE, qu'il commanda de 1989 a 1992. (A droite): Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de 2000 a 2004. Créée en 1989 a l'initiative du général Jean Heinrich, la Direction des Opérations est chargée des opérations spéciales, a haut risque; c'est cette Direction qui envoie des officiers dans des zones réputées dangereuses (Par exemple en Irak, au Kosovo ou en Tchétchénie) sans oublier les opérations "Homo" (assassinats) , les ouvertures de courrier, fouilles de valises..L'habitude voulant que ce soit un général de l'armée qui la dirige, c'est le général Xavier Bout de Marnach qui la dirige depuis 2000. (Depuis le 01.09.2007, il a pris le commandement de la KFOR au Kosovo).

Bruno Joubert, directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1997 a 2001. La Direction de la Stratégie est chargée de transmettre aux décideurs politiques les informations recueillies par la DGSE et de recueillir leurs avis mais aussi de participer avec le Quai d'Orsay, le Ministère des affaires étrangères, a l'élaboration de la politique étrangère gouvernementale. C'est beaucoup plus un service "diplomatique", ce qui explique pourquoi c'est toujours un diplomate qui l'a toujours dirigé. Depuis septembre 1997 c'est Bruno Joubert (Nommé en mars 2008 conseiller diplomatique adjoint de Nicolas Sarkozy) qui est a sa tête.

La Direction technique est chargée a la fois de la recherche et de l'exploitation des informations d'origine technique (ce qui laisse supposer que le service des écoutes lui est rattaché) sans oublier les poses de micros, caméras etc..A sa tête se trouve Jean-Francois Sillière.

Paul-Henri Trollé La Direction de l'administration est chargée des questions d'administration au sein de la DGSE (affectation du personnel, assistance juridique, formation du personne, acquisition de matériel). C'est Paul-Henri Trollé qui la dirige.

Pour des raisons bureaucratiques, toutefois, le numéro 2 de la DGSE est non pas, comme plusieurs années auparavant, le Directeur du renseignement, qui occupe toujours, néanmoins, une position prépondérante; mais le Directeur de cabinet. Comme le note l'arrêté du 04.12.2002 relatif a la DGSE, "le Directeur de la DGSE est assisté d'un directeur de cabinet qui le remplace en cas d'absence ou d'empêchement".
Dominique Champtiaux (tenant le drapeau)

Ce dernier est, depuis mars 2000, le général Dominique Champtiaux. Un spécialiste des opérations clandestines: Il a dirigé le Service Action de 1996 a 1997 puis la Direction des Opérations de 1997 a mars 2000.
A gauche, Jacques Dewatre; à droite son successeur, Jean-Claude Cousseran. C'est un remarquable article signé Jacques Isnard, paru dans le "Monde" du 20.12.1999, qui signale le prochain remplacement de Jacques Dewatre, le patron de la DGSE, par un diplomate pur jus, arabophone, et fondateur de la Direction de la Stratégie de la DGSE: Jean-Claude Cousseran. Pourquoi ce remplacement?  Le principal grief fait a la DGSE est son action lors de la récente guerre du Kosovo, réputée "particulièrement discrète pour ne pas dire inexistante" (Ce qui n'empêchera pas le chef de la section "Balkans" de l'époque d'être ensuite promu). Toutefois il convient de relativiser: D'une part la station de la DGSE a Belgrade a dûe être fermée suite a l'évacuation de l'ambassade de France, empêchant la collecte du renseignement. D'autre part, malgré les propositions d'un officier de la DGSE, le ministre des affaires étrangères Hubert Vedrine refuse que soient organisés des contacts avec l'UCK, Armée de Libération du Kosovo, avant les accords de Rambouillet,ce qui aurait permis d'en apprendre plus sur les intentions de l'UCK.

Autre reproche fait a Dewatre: ses tendances, selon l'article de Isnard, a faire de la "diplomatie parallèle", a la grande fureur du Quai d'Orsay. Toutefois, tous n'est pas noir: On doit a Dewatre la mise en place de postes DGSE en Asie centrale (Par exemple au Kazakhstan et en Ouzbékistan), postes avancés de la lutte antiterrorisme (NDLR: Surtout quand on sait que un des principaux mouvements d'opposition ouzbéks, le MOI, est très proche de Ben Laden. Comme le démontrera Guillaume Dasquié dans son remarquable article, par l'intermédiaire du chef de guerre Rachid Dostom, les services secrets ouzbéks ont faits infiltrer le MOI, collectant ainsi des renseignements sur cetrte organisation et sur Al-Qaïda, et en faisant ainsi profiter aussi bien la CIA que la DGSE, grâce aux débuts d'une coopération interservices). Suite à la Guerre du Kosovo, une antenne est aussi installée à Pristina; elle sera dirigée par "Etienne", officier spécialisé dans la région Balkans entré dans le privé en 2008

De gauche a droite: Arnaud Danjean et Pierre-Antoine Lorenzi.

Cousseran, nommé a la tête de la DGSE, s'entoure d'une équipe a sa solde, en nommant comme conseillers uprès du Directeur: Arnaud Laloum pour l'Afrique; Marc Pimond pour le Monde arabe et le Terrorisme; et Arnaud Danjean (qui justement dirigeait la section "Balkans" au service de recherche de la Direction du renseignement de la DGSE de 1998 a 2000) pour l'Europe et la Russie, ainsi que Pierre-Antoine Lorenzi comme chef de cabinet. Mais deux "hics" apparaissent très rapidement dans la composition de l'équipe nouvelle: c'est d'une part les luttes d'influence entre les différentes "familles" politisées (socialistes et RPRistes) et d'autre part les militaires, qui jouent toujours une place prépondérante au sein de la Maison (Nombre de chefs de postes sont des militaires de carrière, le plus souvent issus de l'armée de terre, par exemple, en cette année 2000, les chefs de postes en Bulgarie, au Kazakhstan et a Washington). Aussi, Cousseran est obligé de "composer": Sur proposition de l'Elysée, c'est Jean-Pierre Pochon, chiraquien pur jus, qui est nommé a la tête de la Direction du renseignement. Haut responsable de la police nationale, Pochon a fait une carrière aux RG et a la DST. C'est a lui qu'on doit l'interpellation, en 1980, des dirigeants du groupe terroriste "Action Directe". Pour satisfaire les militaires, Cousseran choisit un des leurs, le Général Dominique Champtiaux,comme directeur de cabinet, et le nomme numéro 2, de facto, du Service.
Autre problème, la volonté du nouveau Directeur de réformer la DGSE, conscient des faiblesses du Service, ou il avait déja précédemment travaillé , en tant que Directeur de la Stratégie de 1989 a 1992. Quitte a provoquer la fureur des "barons" de la DGSE!

Philippe Hayez

La première mesure, prise dès mai 2000, est l'inauguration d'un "centre de situation", chargé de suivre les crises importantes de par le monde, comme en Côte d'Ivoire, au Congo, ou en Irak (Dirigé par le conseiller a la Cour des comptes Philippe Hayez) , provoquant des grincements de dents chez les officiers de la Direction du renseignement et de la Direction des Opérations.

La deuxième mesure est proposée par Bruno Joubert, a la tête de la Direction de la Stratégie depuis 1997: Il s'agit de réformer la Direction du renseignement, pour rendre ses structures plus adaptées a un contexte de globalisation, ou les questions du renseignement économique mais aussi de la lutte contre les différentes formes de criminalité organisée, tel que le trafic de stupéfiants et le terrorisme, sont de plus en plus une évidence. Les structures de la Direction du renseignement , réparties selon d'une part le renseignement classique, d'autre part le contre-espionnage, et enfin l'analyse, paraissent inadéquates.
Alain Chouet. Par conséquent, en octobre 2000, trois services sont créés au sein de la Direction du Renseignement, réformant en profondeur les structures: Le Service de Renseignement Politique (SRP), chargé des informations a caractère politique, le Service de Renseignement de Sécurité, SRS,chargé de la lutte contre le terrorisme, la prolifération nucléaire, du contre-espionnage et de toute forme de criminalité, et la Direction centrale du renseignement, chargée de diriger les stations de la DGSE dans le monde et de coordonner l'ensemble. Ancien chef de poste a l'étranger, "Vincent" a fait une année comme auditeur a l'Institut des hautes études de Défense Nationale avant d'être nommé a la tête du SRP; A la direction du SRS est nommé Alain Chouet , un spécialiste du Moyen-Orient qui a été en poste a Beyrouth, Damas, mais aussi conseiller technique pour le monde arabe et le terrorisme de 1990 a 1992 auprès de Jean-Claude Cousseran, quand celui-ci dirigeait la Direction de la Stratégie de la DGSE. Nommé a la tête de la Direction du Renseignement, Jean-Pierre Pochon se retrouve avec trois services séparés, et constate, a sa grande fureur, que Chouet en réfère directement a Cousseran (les deux hommes se connaissent) sans l'en aviser. Pour ajouter a la confusion, est nommé comme adjoint de Pochon "Gerald", ancien chef de poste a Washington qui avait, ensuite, été sanctionné par une mise a pied par le prédécesseur de Cousseran, Jacques Dewatre, suite a la découverte de malversations au sein du TOTEM, que "Gerald" dirigea.
Francois-Xavier Deniau Durant l'année 2001,Cousseran change aussi nombre de cadres du service, a l'exception de la Direction du renseignement. Si l'entente avec Pochon n'est pas des meilleures, Cousseran n'hésite pas a le contourner.
Ainsi, la tête de la Direction technique, Yves Mathian remplace Jean-Francois Sillière; Bruno Joubert quitte la Direction de la Stratégie et est nommé ambassadeur auprès de l'OSCE a Vienne; son remplacant est le diplomate Francois-Xavier Deniau ; Paul-Henri Trollé est remplacé a la tête de la Direction de l'administration en 2002; le chef de cabinet Pierre-Antoine Lorenzi est remplacé en juin 2001 par Marc Pimond, qui occupait le poste de conseiller technique pour le monde arabe et le Terrorisme du Directeur de la DGSE.

Au-dela des changements internes, la DGSE va se retrouver mobilisée sur le front de la lutte antiterrorisme, domaine ou elle excelle:
Le chef de guerre Rachid Dostom La fin de l'année 2001 a été excellente pour la DGSE, car le Service a surtout montré ses aptitudes dans deux domaines: l'Afghanistan et la lutte antiterrorisme. Avant le 11 septembre 2001, la DGSE suit avec attention les réseaux de Oussama Ben Laden, y consacrant plusieurs notes montrant très clairement l'intention du réseau Ben Laden de frapper les Etats-Unis. Une note du 05.01.2001 évoque même les projets de détournements d'avions! Le Service de Renseignement de Sécurité , chargé entre autres de la lutte antiterroriste au sein de la Direction du Renseignement de la DGSE,  peut s'appuyer sur un travail a long terme mené contre le réseau Al Qaïda: Outre le recrutement d'informateurs, la DGSE bénéficie du soutien de l'Alliance du Nord, groupe afghan dirigé par Ahmed Shah Massoud, et de Rachid Dostom, un chef de guerre ouzbek qui a fait infiltrer le MOI  (Mouvement Islamique Ouzbek, dirigé par Tahir Youldachev), groupe terroriste ouzbek proche de Ben Laden. Ajouté a la coopération, déja a cette époque, avec certains services secrets, par exemple ouzbeks, qui sont confrontés de plein fouet au terrorisme islamique d'obédiance wahhabite du MOI. Notons aussi une collaboration sans heurts avec la DST (événement rare et qui mérite d'être souligné) et qui sera encore renforcée après le 11 septembre 2001. Le système est donc efficace, les alliés (dont américains) normalement prévenus. Ce qui n'empêchera malheureusement pas les attentats du 11 septembre, spectaculaires et sanglants...

Après la surprise, l'offensive. Etant donné que l'attaque a été menée par Al Qaïda, lequel groupe est basé en Afghanistan, aussitôt ordre est donné d'attaquer le groupe terroriste et ses satellites.
La DGSE s'appuie donc sur ses contacts en Afghanistan, des contacts éprouvés , ce qui sera la clé du succès pour le Service: Comme le rappele Pierre Marion ,Directeur de la DGSE de 1981 a 1982, il envoie a cette époque un détachement du Service Action (Alors dirigé par le Colonel Lorblanches) pour aider livrer des armes a la résistance afghane, soutenu par l'ISI (renseignement militaire pakistanais) avec qui le chef de poste DGSE a Peshawar de 1983 a 1986, le commandant Michel Derlot, maintient le contact, mais contrairement aux autorités pakistanaises la DGSE refuse de soutenir les fractions radicales, et mise sur Ahmed Shah Massoud, surnommé le "Lion du Panchir". Même après la fin de la Guerre d'Afghanistan a la fin des années 80 et le retrait des troupes soviétiques, la DGSE conserve le contact avec l'Afghanistan. Et lorsque décision est prise d'envahir l'Afghanistan pour chasser les talibans et traquer Al Qaïda, la CIA pourra bénéficier d'une DGSE très bien introduite auprès de l'Alliance du Nord. Jean-Pierre Pochon, a la tête de la Direction du Renseignement de la DGSE, centralise les informations, Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de la DGSE, fait envoyer des commandos du Service Action ( Dirigé depuis 1999 par le colonel Bertrand Fleury) renforcer le poste DGSE auprès de l'Alliance du Nord tandis que Dominique Champtiaux,  Directeur de cabinet du patron de la DGSE , visite secrètement l'Afghanistan, pour rencontrer les officiers du Service Action présents dans la zone Nord. Une occasion pour cet ancien patron du Service Action (De 1996 a juillet 1997) qui fut aussi a la tête de la Direction des Opérations de 1997 a 2000, de renouer avec le terrain. Du côté des contacts avec les services secrets américains, ils sont renforcés, menés par Bill Murray, chef de station de la CIA a Paris, et "Jean" (je l'appelerai ainsi), chef de poste de la DGSE a Washington qui est arrivé dans la capitale politique américaine peu avant les attentats du 11 septembre. Ce spécialiste du contre-espionnage a été nommé au grade d'officier de la Légion d' honneur quelques années plus tôt.


Christian Ganczarski, terroriste interpellé grâce a la coordination au sein de "Alliance Base".

Autre opération menée par la DGSE , après le 11 septembre 2001 est la créée une cellule chargée exclusivement d'échanger des renseignements sur Al Qaïda avec plusieurs services secrets alliés, tels que la CIA, les britanniques ,mais aussi les homologues allemands , canadiens et australiens . Cette Base, située a l'Ecole Militaire a Paris, prendra le nom de Alliance Base. A sa tête, un haut responsable de la Direction du renseignement de la DGSE, "Gerald" ,l'ancien adjoint de Pochon a la Direction du renseignement (qui sera remplacé en 2003 comme n°2 de la DR par Philippe Hayez). Un des succès attribués a Alliance Base est l'interpellation de Christian Ganczarski. Lié a l'attentat commis en 2002 a Djerba, ce résident allemand est très lié a nombre de proches de Ben Laden, car les policiers du BKA allemand découvriront chez lui les numéros de téléphones de nombre de membres du réseau.

Néanmoins, les guerres intestines prennent le dessus: Furieux que sa Direction soit divisée en trois entités différentes et que Chouet ne passe pas par lui pour transmettre ses notes a la hiérarchie, Pochon ne met pas les pieds a la DGSE plusieurs mois durant suite a son conflit avec Cousseran. Ce dernier essaye de reprendre la situation en main en demandant la révocation de Cousseran, pour pouvoir nommer un nouveau Directeur du renseignement de la DGSE. Refus de Jacques Chirac. Résultat: Pochon étant toujours nominalement Chef de la DR mais factuellement n'occupant pas ce poste, la DR tourne a vide. C'est par conséquent Dominique Champtiaux, directeur de cabinet et n°2 de la DGSE ( Le décret de 2002 indiquant que le Directeur de cabinet du Directeur de la DGSE est aussi n°2 du service) qui pilote "en direct" la DR, au grand dam de nombres d'officiers ebranlés par ses luttes internes. Mais les dégâts ne sont pas terminés: Jacques Chirac avait appris en septembre 2001, par le capitaine Bernard Coquart de la DGSE, que le Service a déclenché des recherches sur un compte bancaire qu'il aurait au Japon, et enquêterait sur ses liens troubles avec un japonais condamné dans son pays. C'est la section de Contre-Criminalité (Dirigée par un magistrat , Gilbert Flam) du Service de Renseignement de Sécurité qui dirige les recherches, menées sur place par les chefs de station de la DGSE a Tokyo : Jean-Claude Guillot ( De 1996 a 1998) puis Alexis May (Futur chef de poste a Beijing). L'entourage du Président craint alors une manoeuvre des socialistes, peu avant la présidentielle, pour destabiliser le Président. les socialistes infirment, faisant remarquer que ils n'avaient jamais pris l'information au sérieux.

Par précaution néanmoins,un ménage est fait a la DGSE, au grand dam de nombre d'officiers lassés des guerres de couloirs et autres intrigues politiques: Flam est le premier a être débarqué, suivi en juillet 2002 de Cousseran, puis en octobre Alain Chouet. En novembre, Alain Juillet est nommé Directeur du renseignement de la DGSE en remplacement de Pochon. . "Vincent", de son côté, est envoyé à la Direction de la Stratégie, dont le patron est le diplomate Francois-Xavier Deniau (Qui a remplacé Bruno Joubert en juillet 2001), et ce le temps que les orages se calment.. Hasard? les trois conseillers pour la géopolitique de Cousseran sont "mutés": Arnaud Danjean, qui était le conseiller pour l'Europe et la Russie du directeur, est envoyé en poste à Genève; Laloum occupe le poste de chef de station en Afrique Marc Pimond, qui fut le conseiller pour le monde arabe puis chef de cabinet de Cousseran, est envoyé diriger une station à l' étranger et remplacé par Jean-François Mouchel.

Alain Juillet, Directeur du renseignement de la DGSE de novembre 2002 a décembre 2003. Après la tempête, qui a mis la Direction du renseignement a feu et a sang, comme l'estime un officier de la DGSE, l'éclaircie: Le calme revient, malgré les désaccords entre Juillet et Brochand sur la stratégie que la DGSE doit adopter. Les conflits de couloirs ne sont pas complètement éteints comme le montre la nomination de Philippe Hayez a la mi-2003 comme adjoint de Juillet, et ce sur insistance de Brochand.Ce calme se paye néanmoins au prix fort, puisque la réforme des structures de la Direction du renseignement, initiée par Pochon et Joubert, est abandonnée: on revient a un classique service de recherches, (dirigé de juillet 2003 a 2005 par "Benoît", ancien chef de station a Riyad, puis durant le conflit en Irak en 2003 chef de la division Moyen-Orient), un service d'analyse, pris en main par "Patrick", lequel remplacera Philippe Hayez comme directeur adjoint du renseignement a la mi-2006, et un service des relations avec les services secrets étrangers et les entreprises. Ce dernier est dirigé par Michèle Ledirat jusqu'a la mi-2005, avant d'être remplacée par..."Vincent"

Les considérations politiques ont aussi entraînées une immixtion au coeur de la DGSE, et le débarquement de spécialistes du renseignement fort estimés, tels que Chouet et Cousseran, tous deux bons spécialistes du monde arabe. Un élément indispensable en ses temps de lutte contre le terrorisme islamique extrémiste, ou le Moyen-Orient, pour être compris, a besoin de spécialistes de la région.


ARTICLE DE JACQUES ISNARD, "LE MONDE", 20.12.1999

RENSEIGNEMENT - Le chef de la DGSE est remercié après les échecs de son service en Yougoslavie.
Par JACQUES ISNARD.
20 décembre 1999


Nommé en juin 1993 par le gouvernement d'Edouard Balladur, Jacques Dewatre va céder sa place à la tête de l'espionnage français à un diplomate, Jean-Claude Cousseran, qui a appartenu à plusieurs cabinets ministériels socialistes

AU TOUT DÉBUT de l'an 2000, l'ambassadeur de France en Turquie, Jean-Claude Cousseran, ancien membre de plusieurs cabinets ministériels socialistes, devrait être nommé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il succédera à Jacques Dewatre, qui avait été nommé à ce poste par le gouvernement d'Edouard Balladur en juin 1993. Un diplomate, familier de la DGSE, se substitue à un préfet qui ne l'était pas moins, lui aussi, avant d'en devenir le patron, puisque, jeune officier, M. Dewatre avait appartenu au service « action », chargé des opérations clandestines. Agé de soixante-trois ans, il devrait être nommé à un poste d'ambassadeur.

Forte de 4 050 civils et militaires, la DGSE est chargée, au profit de l'ensemble du gouvernement, de rechercher et d'analyser le renseignement intéressant la sécurité de la France, de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage contre les intérêts nationaux et, le cas échéant, de mener des opérations clandestines. Elle dispose d'un budget avoué de l'ordre de 1,66 milliard de francs (253 millions d'euros) - c'est ce qui est prévu pour 2000 - et reçoit environ 200 millions de francs par an pour ses opérations sur les fonds secrets du premier ministre.

M. Dewatre aura exercé un des plus longs mandats à la tête de la DGSE après celui d'Alexandre de Marenches, dans les années 70, à la direction du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), ancêtre de l'actuelle DGSE. En période de cohabitation, le changement de responsable des services spéciaux est une affaire délicate à régler: il requiert, plus que tout autre, l'accord de l'Elysée et du gouvernement, pour lesquels la DGSE travaille. M. Dewatre a réussi à maintenir un équilibre entre la présidence et le gouvernement, mais sans pour autant éviter les critiques de l'une et de l'autre. En particulier, il lui a souvent été reproché de faire cavalier seul par rapport à son service et de jouer au diplomate occulte, non mandaté par les autorités politiques de son pays, se déplaçant fréquemment à l'étranger sans en informer ses supérieurs ni ses collaborateurs, au risque de dévaluer la production de la DGSE en la concurrençant avec ses propres analyses. Ni au sommet de l'Etat ni à la DGSE, on n'a apprécié ces absences répétées.

MÉFIANCE ET OPACITÉ

En Serbie, l'action de la DGSE a été particulièrement discrète, pour ne pas dire inexistante, à l'exception de quelques commandos envoyés - sur le tard - au Kosovo. L'évacuation de l'ambassade française à Belgrade, dès les premiers raids de l'OTAN, puis sa fermeture ont abouti à interrompre les liens que la DGSE pouvait avoir avec quelques sources sur place. Cette attitude a joué contre M. Dewatre et a probablement précipité son départ. Les ratages de la DGSE ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Au fil des ans, les missions de la DGSE ont évolué. Son expertise militaire a été contestée par la Direction du renseignement militaire (DRM) naissante. Elle a dû se tourner davantage vers l'interprétation des faits économiques, commerciaux, industriels et technologiques et vers la lutte contre l'argent sale et le terrorisme international, pour lesquelles elle ne dispose pas toujours des personnels les mieux formés.

Ce qui l'oblige à lancer une politique de recrutement essentiellement orientée vers la société civile et censée viser la qualité, malgré ses difficultés administratives pour attirer l'élite des candidats. Dès son arrivée, M. Cousseran trouvera une DGSE repliée sur elle-même et rendue méfiante par ce manque d'ouverture au monde extérieur et par son opacité, à la différence d'autres services étrangers qui, comme le BND allemand par exemple, tentent aujourd'hui une transparence délicate. M. Dewatre s'est, d'autre part, employé à multiplier les cloisonnements internes, de sorte que les personnels de la DGSE ont du mal à coopérer entre eux et, a fortiori, avec d'autres services comme la DST.

Le nouveau directeur général des services spéciaux n'est toutefois pas un inconnu dans sa maison. Entre 1989 et 1992, M. Cousseran a été chargé de mettre sur pied une direction de la stratégie à la DGSE, du temps où les services français étaient dirigés par Claude Silberzhan. Il travaillait, en pratique, en binôme avec le directeur du renseignement, Michel Lacarrière. Cette direction stratégique avait pour tâche, au quotidien, de synthétiser et de mettre en forme les informations de la DGSE à destination de ses « clients », c'est-à-dire les autorités gouvernementales. Ainsi, ce diplomate, au profil assez atypique, ne fait pas partie de nombre de ces fonctionnaires du Quai d'Orsay, que révulse la seule perspective d'avoir à fréquenter des agents secrets.

On prête au gouvernement l'intention de créer, pour éviter une discontinuité dans le travail accompli quotidiennement par la DGSE, un poste de numéro deux, qui pourrait être attribué au général Dominique Champtiaux, l'actuel directeur des opérations. Ce numéro deux de la haute hiérarchie aurait autorité sur les cinq autres grands directeurs de service en l'absence de M. Cousseran. Le choix du général Champtiaux calmerait les militaires, dont le poids a diminué au sein de la DGSE.

Modifications le 27.02.2010

27/05/2008

Le service de renseignement extérieur géorgien a désormais son site Internet

Le service de renseignement extérieur géorgien vient d'inaugurer son propre site Internet ( http://www.gis.gov.ge/ ) , avec pour but d'informer sur les missions, les buts, et les structures du Service. Malheureusement, les informations disponibles dessus sont en géorgien, une langue particulièrement difficile a apprendre...

 

Rappelons que depuis 2006 le Service de renseignement extérieur géorgien est dirigé par Guéla Béjouachvili, ancien Ministre des affaires étrangères. Une des priorités de ce service paraît être la collecte du renseignement en direction de la Russie: Les autorités russes ont affirmés depuis un ans avoir arrêtés deux espions géorgiens sur le territoire de la Fédération de Russie, tous deux issus du milieu du crime organisé.

 

08/05/2008

Kim Yong-Gan, une étoile montante qui redescend?

Kim Yong-Gan, une étoile montante qui redescend?

Si un pays concentre actuellement l'attention de la communauté du renseignement , c'est incontestablement la Corée du Nord. Ce pays, une des rares dictatures communistes encore existantes, inquiète non seulement Israël, en fournissant des armes a nombre de régimes (par exemple la Syrie) qui lui sont hostiles, mais aussi les Etats-Unis et la Corée du Sud, l'Etat de guerre entre les deux Corées n'étant toujours pas levé ( En 1953 a été signé seulement un cessez-le-feu) et un des buts du régime nord-coréen est toujours la réunification des deux Corées, tout en luttant contre l'impérialisme US. Les parties se regardent en chien de faïence, et ne reste pour les différents services secrets travaillant en direction de la Corée du Nord qu'a étudier les informations obtenues "ouvertement", le recrutement d'informateurs étant très risqué (Le Ministère de la Sécurité nord-coréen est très vigileant) et très peu d'informations filtrent. Néanmoins, il est possible d'identifier les "étoiles montantes" au sein du régime, et ce selon leur participation aux cérémonies officielles et la place qu'ils y occupent, leurs promotions, les missions qui leur sont confiées. C'est dans ce cadre qu'apparaît une de ses "étoiles montantes", issue du renseignement politique nord-coréen: Kim Yang-Gon, directeur du Département du Front Uni du Travail nord-coréen.
Au premier plan, le Directeur du DFUT, Kim Yong-Gan,lors de son arrivée a Séoul en novembre 2007. Il est apparement le deuxième représentant nord-coréen a se rendre a Séoul.

 

Comme le rappele le remarquable "Intelligence Online", Kim Yang-Gon , né le 24.04.1938 a Anju, une province du Pyongyan, a toujours travaillé dans les services de renseignement politique dépendant du Comité central du Parti des Travailleurs de Corée.

Comme je l'avais évoqué dans une précédente note, existe en Corée du Nord: Le Ministère de Protection de la Sécurité de l'Etat, sorte de KGB, chargé du renseignement extérieur comme du contre-espionnage interne; le service de renseignement militaire, qui dépend du Ministère de la Défense, et dépendant du Comité Central du Parti, la 35ème chambre, en fait le Département des Liaisons Internationales, chargé des relations avec les partis politiques "frères", mais aussi le Département du Front Uni du Travail (que j'avais oublié), également dépendant du Comité central, et chargé des contacts avec les "organisations de masses", et la communauté coréenne a l'étranger. C'est ce service que prend en main en 2006 Kim Yang-Gon. Et ce après avoir "monté les marches" au sein du régime: Directeur-adjoint du Département des Liaisons Internationales, DLI, (devenu en 1998 la "35ème chambre") de 1986 a 1997, il est parallèlement nommé vice-président de l'association coréenne des affaires étrangères en 1991.Il prend la tête du DLI en 1997, et le dirige jusque 2006. A ce poste, il est entre autres réputé pour avoir noué de bonnes relations avec son homologue chinois du Département des Liaisons Internationales, Zhu Liang. Ce qui n'est pas inutile: Les relations sino-nord coréennes ne sont pas forcément aussi idylliques qu'on pourrait le penser. Le fait que le régime de Pékin ait décidé de se tourner vers le capitalisme, au mépris de l'économie planifiée, sans compter le développement des relations entre la Corée du Sud et la Chine populaire, au grand dam de la République Populaire de Corée, s'accompagne d'une forte augmentation des échanges commerciaux entre ses deux pays. Pyongyang, en tant que ennemi du régime sud-coréen, n'a guère apprécié. Néanmoins, la Chine et la Corée du Nord ont besoin l'un de l'autre: La Corée du Nord pour être protégée en cas d'agression; la Chine pour éviter , dans un contexte international de défiance vis-a-vis de la Chine, que le régime de Pyongyang soit remplacé par un régime moins favorable a Pékin..
Novembre 2007. Kim Yong-Gan, au centre, en compagnie du Ministre sud-coréen de l'unification,Lee Jae-joung. A droite, Kim Man-Bok, directeur du National Intelligence Service (NIS) de Corée du Sud. Ce dernier devra quitter ses fonctions en janvier 2008, pour avoir fait fuiter dans la presse un compte-rendu de sa rencontre le 18.12.2007 avec Kim Yang-Gon

En 2006, donc, Kim Yang-Gon prend la tête du DFUT. La mission du DFUT? Entretenir non seulement des relations avec les communautés coréennes a l'étranger, mais aussi contrôler les organisations "de masse" a l'étranger, aussi les syndicats que les organisations religieuses.
Plusieurs indices montrent très clairement sa montée en puissance: En tant que directeur du DFUT, il est chargé des relations avec la Corée du Sud : Il rencontrera a plusieurs reprises des responsables du renseignement sud-coréen, le National Intelligence Service, et, fait exceptionnel et qui mérite d'être souligné, se rend en novembre dernier a Séoul pour négocier avec ses collègues sud-coréens des mesures visant au rapprochement entre les deux Corées, en facilitant le dialogue. Le fait que ce poste, et cette mission, lui aient été confiés, montre la confiance qui lui est accordée. D'autres éléments témoignent de sa montée en puissance: Kim Jong-Il a nommé en 2005 Kim Yang-Gon conseiller a la Commission de Défense Nationale, présidée par Kim Jong-Il, et ce dans un pays ou l'armée, du fait des tensions entre les deux Corées, joue un rôle important (Hwang Jang-Yop, ancien secrétaire du Comité Central du Parti des travailleurs nord-coréen qui fera déféction en 1997, estimera dans une interview que "les militaires sont tout puissant en Corée du Nord"). Dernier indice: Kim Jong-Il est réputé ne se rendre que rarement aux récéptions,hors lors d'une de ses rares présences a une récéption, a l'ambassade de Chine a Pyongyang, en mars 2007, Kim Yang-Gon fait partie des rares personnes qui l'accompagnent, avec le vice-ministre des affaires étrangères du régime.

La boucle est-elle bouclée? Pas sûr. En février dernier , un communiqué de Reuters annonce que le n°2 du DFUT, Choe Sung-Chol (Donc l'adjoint de Kim Yang-Gon) est suspendu , faisant l'objet d'une enquête pour corruption. Selon le NIS, depuis décembre 2007, Choe Sung-Chol était "absent". Une source de préciser que  "In trouble is not only deputy director Choe but also the entire United Front Department which orchestrates all South Korean affairs". Sous-entendu, Kim Yang-Gon est aussi visé. Il ne peut être exclu que cette étoile montante du régime nord-coréen ne redescende très vite..A moins que les investigations en cours ne soient que une tempête dans un verre d'eau, ou que le directeur du DFUT réussisse a étouffer l'affaire grâce a ses protections..

09/02/2008

Le travail du renseignement nord-coréen contre l'URSS et la Russie: Brève analyse et commentaires.

Un épisode de la "guerre froide" est peu connu, et mérite pourtant d'être analysé: La CIA ou le MI6 , par exemple, n'étaient pas les seuls a collecter des renseignements de manière clandestine sur le territoire soviétique. Parmi les services secrets actifs, il faut en effet citer les services secrets chinois, roumains , yougoslaves...et nord-coréens. C'est ce qui transparaît du peu de documentation accessible sur le sujet, mais qui sera analysé, ainsi que les activités des services secrets de la République Populaire de Corée du Nord après la chute de l'URSS en 1991, ou la aussi on devra se contenter d'informations extrêmement incomplètes, parcellaires, mais qui permettent néanmoins de dresser un certain tableau.

Il convient d'abord de souligner que très peu d'informations sont disponibles sur les services secrets nord-coréens, le régime de Pyongyang étant extrêmement fermé, rendant les fuites d'informations extrêmement difficiles. Les informations obtenues font état au minimum de trois services secrets: Le SSD, Ministère de Protection de la Sécurité de l'Etat, chargé aussi bien du contre-espionnage que de l'espionnage, et qui constitue un équivalent du Guojia Anquanbu chinois ou du KGB soviétique ; le service de renseignement du Ministère de la Défense, en charge du renseignement militaire; le service de renseignement du Parti, devenu en 1998 la "35ème chambre", plus connu sous le terme de Section de Liaison du Comité Central du Parti des Travailleurs Nord-Coréen.

Il convient en effet de revenir aux années 60, qui sont marquées par le schiisme au coeur du Bloc communiste: La République Populaire de Chine décide de prendre publiquement ses distances avec l'URSS, suivie en cela par l'Albanie, puis beaucoup plus tard par la Corée du Nord. Les accusations de "réactionnaire faisant le jeu de l'impérialisme" fusent de part et d'autre, marqué par des incidents meurtriers a la frontière russo-chinoise, avec des accrochages entre les gardes-frontières du KGB et les troupes chinoises au sujet des Iles Damansk. Dans ce contexte, les services secrets des deux Blocs s'activent pour espionner l'autre. Avant , avait ete constatee la propension de Pyongyang a espionner ses allies surtout dans le domaine industriel, et ce pour developper l industrie et le domaine militaire. La collecte du renseignement depuis sa résidentura de Pyongyang étant très difficile, le KGB agit par conséquent en périphérie, par exemple depuis son poste de Copenhague contre les nord-coréens. Les nord-coréens font de même, en utilisant pour leurs opérations deux bases: La première est la station des services secrets nord-coréens sous couvert de leur ambassade a Moscou, pour collecter des renseignements dans la capitale soviétique. La deuxième est dûe a la géographie, la Russie et la Corée du Nord ayant en commun des frontières maritimes mais aussi terrestres, les services secrets nord-coréens infiltrent, recrutent dans la zone Extrême-Orient de la Russie, se basant pour cela sur la communauté coréenne qui est surtout implantée dans cette région. Le résultat ne se fait pas attendre, le KGB constatant l'activation des nord-coréens, y répond en mettant a jour les réseaux du régime de Pyongyang, dont les priorités en URSS sont les informations a caractère économique, industriel et militaire.

 Dans son rapport n°646-A/OB du 02.04.1979 relatif au travail du KGB sur l'année 1978, le Patron du KGB Youri Andropov note en page 5 que le KGB a empêché les représentants des services secrets yougoslaves, roumains ET NORD-COREENS de faire de l'espionnage en direction de l'URSS. Dans le même rapport, en page 10, Andropov indique clairement que le KGB n'a aucun contact avec les services secrets de ses trois pays..

Cette tendance n'aura de cesse de se confirmer par la suite, comme le montrent les rapports annuels du KGB déclassifiés: Dans sa note N° 877-A/OB du 31.03.1981 relatif au travail du KGB pour l'année 1980, le patron du KGB Youri Andropov indique clairement que "a été mise a jour et neutralisée -c'est a dire démantelée la station dirigée par l'attaché militaire de l'ambassade de Corée du Nord a Moscou Khen Kim Ser, ce dernier ayant des contacts avec les services secrets chinois.5 citoyens soviétiques qui faisaient de l'espionnage pour le compte de la Corée du Nord ont été interpellés. Le même rapport évoque 2 citoyens coréens (sans doute de Corée du Nord) , agents des services secrets coréens et qui étaient auditeurs d'une école militaire. Le duo a été expulsé.

 Une des possibilités d'action des services secrets nord-coréens est tout simplement d'infiltrer la zone Extrême-Orient, ce que montrent une nouvelle fois les rapports déclassifiés du KGB : Pour l'année 1981, le KGB aurait démasqué 6 espions nord-coréens, citoyens coréens, en Extrême-Orient (Rapport du Directeur du KGB Youri Andropov du 10.04.1982 sur les activités du KGB pour l'année 1981, a l'intention du Secrétaire Général du PCUS Léonid Brejnev). Durant l'année 1982, c'est 5 personnes, infiltrées dans la colonie coréenne a Sakaline, qui sont démasquées (Rapport du 15.03.1983 du Directeur du KGB Tchébrikov sur l'activité du KGB pour l'année 1982, a l'intention du Comité Central du PCUS et du Secrétaire Général du PCUS Youri Andropov)

 

L'arrivée au pouvoir de Boris Eltsine est évidemment mal vue par le pouvoir nord-coréen; la fin de l'URSS, et donc de l'idéologie communiste, est proclamée, tandis que la nouvelle équipe dirigeante tourne ostensiblement le dos au communisme mais aussi au régime dictatorial de Pyongyang au profit de Séoul, qui est entré dans l'ère démocratique en 1988. Les échanges bilatéraux se développent donc entre la Russie et la Corée du Sud, y compris au niveau commercial, a la grande fureur de Kim Il-Sung.

Cette ouverture de la Russie a la démocratie et la fin du régime comuniste, accompagné du démantèlement, au moins partiel , du KGB, n'est toutefois pas forcément une mauvaise chose pour la République Populaire: La chute de l'URSS a aussi entraîné une baisse drastique du Complexe Militaro-Industriel accompagné d'une forte inflation (a partir de 1992) qui touche surtout les classes moyennes et les personnes disposant de peu de revenus. Et la baisse de la surveillance très présente des services de contre-espionnage russe. Nombre d'ingénieurs n'ont plus guère les moyens de subvenir a leurs besoins, ce qui constitue un excellent terrain pour les services secrets nord-coréens, qui s'efforcent de les recruter pour les convaincre d'aller travailler en Corée du Nord, ou de leur transmettre des informations sur les développements de nouveaux armements. Comme durant l'URSS, les services secrets nord-coréens opèrent en direction de Moscou et de la zone Extrême-Orient. Deux scandales le démontrent: Fin 1993 c'est l'annonce officielle de l'expulsion d'un membre de l'ambassade de Corée du Nord a Moscou, le conseiller Nam Gae-Wok. Ce Général-Major s'efforcait de recruter des scientifiqus russes spécialisés dans le domaine spatial et des missiles pour les convaincre d'aller travailler en Corée du Nord. (The Times du 17.11.1993 page 10).

En 1995 le contre-espionnage russe empêche de justesse un citoyen nord-coréen,Khan Shan Gela, d'avoir accès a des informations a caractère militaire: Il s'apprêtait a avoir accès a une miraillette faite pour le combat sous l'eau. Un équipement utilisé par les unités d'élites de marine militaire russe de l'Océan Pacifique. Pour cela , il avait réussi a convaincre un officier d'un des services de la région Océan Pacifique. Le nord-coréen a été interpellé a Vladivostok par le FSB pour la région de l'Océan Pacifique.

Priorite est donc donnee aux nouvelles technologies militaires, le regime de Pyongyang etant toujours en etat de guerre avec son voisin du Sud, lequel voisin peut compter sur l allie americain. Il s agit donc de compenser au maximum voire d essayer de rattraper le retard du regime de Pyongyang, y compris en espionnant le voisin russe, specialise dans la production de technologies ;ilitaires qui peuvent etre de haut vol.

DOCUMENTS

 

№ 48
31.03.1981. Записка № 877-А/ОВ председателя КГБ СССР Ю. В. Андропова Генеральному
секретарю ЦК КПСС Л. И. Брежневу «Отчет о работе Комитета государственной
безопасности за 1980 год».
Особой важности
ОСОБАЯ ПАПКА359
Отчет о работе Комитета
государственной безопас-
ности СССР за 1980 год
Вся

Первостепенное значение придавалось срыву попыток спецслужб
противника
создать агентурные позиции в нашей стране. Разоблачены
2 агента американской, 2 западногерманской разведок из числа совет-
ских граждан, 6 засланных в СССР агентов спецслужб Китая. Выявле-
на и ликвидирована разведывательная резидентура, возглавлявшаяся
связанным со спецслужбами Китая военным атташе посольства КНДР
в Москве Хен Кым Сером, арестовано 5 советских граждан, привле-
ченных корейцем к шпионской деятельности.

Пресечена путем выдворения из Советского Союза шпионс-
кая деятельность двух агентов корейских спецслужб из числа слушате-
лей высшего военного училища.

 

 10.04.1982. Записка № 728/А-ОВ председателя КГБ СССР Ю. В. Андропова Генеральному
секретарю ЦК КПСС Л. И. Брежневу «Отчет о работе Комитета государственной
безопасности за 1981 год».
Особой важности
ОСОБАЯ ПАПКА 373

На Дальнем Востоке выявлено 6 агентов спецслужб КНДР из числа
корейских граждан.

 

№ 53
15.03.1983. Записка № 547-Ч/ОВ председателя КГБ СССР В. М. Чебрикова в ЦК КПСС и Ге-
неральному секретарю ЦК КПСС Ю. В. Андропову «Отчет о работе Комитета госу-
дарственной безопасности СССР за 1982 год».
Особой важности

 Установлено 5 агентов спецслужб КНДР в корейской колонии на Сахалине

02/02/2008

Le Ministre des affaires géorgien prend la tête du renseignement extérieur

Ministre des affaires étrangères géorgien depuis 2005, Guéla Bejouachvili vient d'être nommé a la tête du service de renseignement extérieur géorgien. Les sources varient sur ce diplomate, qualifié par les uns de "pro-russe", par d'autres de "pro-occidental".

Depuis l'éléction a la Présidence de Mikhaïl Saakachvili en 2004, les services secrets géorgiens ont subis plusieurs réformes structurelles: fin décembre 2004, le Ministère de la Sécurité d'Etat et le Ministère de l'Intérieur sont remplacés par le Ministère de la police et de la sécurité publique, dont dépend le départment de contre-espionnage; le centre antiterrorisme, dirigé fin 2005 par Guéorgui Guabunia; le département de la protection de la Constitution, chargé de la sécurité économique, de la lutte contre la corruption, de la lutte contre l'extrémisme; le département d'analyse et d'information; le département opérationnel spécial, chargé de la lutte contre le crime organisé, et qui comprend aussi une unité de Spetsnaz (unité d'élite), entre autres.

Le service de renseignement extérieur, qui était dirigé depuis Mars 2006 par Anna Jvania, dépend depuis la réforme de 2004 directement du Président.

On notera l'existence d'autres services de sécurité en Géorgie:  Le service spécial de protection de l'Etat, chargé de protéger les personnalités; et, dépendants du Ministère de la Défense, le Département du renseignement; le Département du renseignement militaire; le Département de la police militaire

14/01/2008

la Direction de la Stratégie de la DGSE, une structure importante au sein du renseignement francais

Créée en 1989, la Direction de la Stratégie (DS) de la DGSE est un service chargé d'une mission spécifique, a savoir diffuser les rapports de la DGSE auprès des institutions gouvernementales, en un sens, et dans l'autre sens de recueillir leurs critiques sur les rapports (La "production") et de recevoir les demandes de renseignement des instances officielles.  Ce n'est pas un service chargé de la collecte du renseignement; cette mission relève de la Direction du Renseignement , chargée de la collecte du renseignement aussi bien de manière clandestine par l'intermédiaire de personnes recrutées, que de manière ouverte, par la lecture de la presse, et la Direction des Opérations, qui comprend entre autres le Service Action et ce qu'on appelait dans les années 60 le "Service 7" chargé de "fouiller" les bagages de personnes intéréssant la DGSE ou d'examiner les valises diplomatiques. La DS est chargée uniquement de l'interface ,entre la DGSE et les institutions. UNe fois la demande de renseignements ou les critiques d'un Ministère sur un rapport transmis a la DS, c'est elle qui le fait parvenir au Service de la DGSE concerné. Par exemple, si l'Elysée souhaite avoir des éclairages sur la situation politique a Washington, éléctions présidentielles approchant, la DS recoit la demande et la répercute a la Direction du renseignement, laquelle transmet un câble a la station de la DGSE a Washington, qui collecte les renseignements attendus ( De manière clandestine ou ouverte) puis la station envoie un câble a la Direction du renseignement de la DGSE sur les informations obtenues, cette dernière répercute auprès de la Direction de la Stratégie qui fait remonter le rapport jusqu'a l'Elysée. Cet exemple , très théorique, montre comment fonctionne le système. Les demandes de renseignement peuvent être a court (L'exemple sur la demande de la situation a Washington) , moyen ou long terme (Par exemple sur la situation politique en Irak et les chances de stabilisation du pays).

 

Une autre mission tout aussi importante de la DS est d'entretenir des contacts avec le Quai d'Orsay, le Ministère des affaires étrangères francais. Ici, la mission est de participer, avec le Quai d'Orsay, afin d'aider a l'élaboration de la politique étrangère francaise, une nouvelle fois sur le court, moyen ou long terme selon la situation. La DGSE et le Quai d'Orsay ont en effet des missions très différentes, qui les conduisent a avoir des vues qui peuvent (ou ne sont pas) très éloignées. Les diplomates sont chargés de représenter la France a l'étranger, de défendre ses intérêts, la DGSE d'empêcher les menaces venant de l'éxtérieur ( Ce que j'appelle le "Renseignement défensif", a savoir recruter des officiers de services secrets étrangers ou de détecter le passage de la Syrie vers l'Irak de djihadistes ) mais aussi de collecter des informations a caractère militaire, politique, économique, social, pour faire remonter ensuite les informations (Ce que je qualifie de "Renseignement offensif", par exemple la situation sociale a Dakar ou les orientations prises par les autorités britanniques lors d'un sommet européen ). il en résulte que leurs sources peuvent être très différentes, or pour pouvoir prendre des orientations politiques sur un sujet donné, il faut connaître les intentions et orientations des personnes auquel on s'intéresse. Le fait que deux institutions aussi différentes que la DGSE (représentée par la DS) et le Quai d'Orsay s'associent pour l'élaboration de la politique étrangère entraîne sans doute des différences de point de vue mais aussi des rapprochements, enrichit les points de vue et permet , en évitant de rejeter les informations des professionels du renseignements, une approche qui peut potentiellement être plus efficace.


3f8e01a067ebc56683551845370ada39.jpgArsène Lux, premier Directeur de l'ancêtre de la Direction de la Stratégie de la DGSE: La cellule "Prospection" du SDECE puis de la DGSE

La création d'une Direction de la Stratégie n'est pas une nouveauté en soi; elle est l'ancêtre de la cellule de Prospection, créée en août 1981 (Chef: Arsène Lux)  par Pierre Marion, Directeur de la DGSE de 1981 a 1982. Arrivé aux commandes de ce qui s'appelait alors le SDECE, le Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage, cet industriel , effaré par le fonctionnement du service de renseignement extérieur francais, est bien décidé a le réformer. La création d'une unité chargée de la Prospective répond au besoin d'avoir une vision sur le long et le moyen terme pour le service de renseignement francais, pour éviter les mauvaises surprises. N'oublions pas que les services secrets francais, dépendants du Ministère de la Défense, travaillent pour le compte de l'éxécutif. Ils lui rendent compte, l'informent sur les menaces provenant des autres pays pour permettre ensuite a l'éxécutif , disposant ainsi des informations, puisse adopter les mesures nécéssaires.

 Notons que ce sont toujours des diplomates qui ont dirigés la DS. Il est vrai que ce service n'est pas "opérationnel", il a beaucoup plus des fonctions d'analyses et de prospection. Les biographies des chefs de la DS DGSE ainsi que leurs photos sont disponibles plus bas.

Les Directeurs de la DS DGSE ont été :

Jean-Claude Cousseran octobre 1989-avril 1992

Patrick Gautrat avril 1992-1993

Guy Azaïs 1993-septembre 1997

Bruno Joubert septembre 1997-novembre 2001

Francois-Xavier Deniau novembre 2001-septembre 2005

Pascal Teixeira da Silva septembre 2005- 

 

 DOCUMENTS

 Décret n° 82-306 du 2 avril 1982 portant création et fixant les attributions de la
direction générale de la sécurité extérieure.

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre de la défense,
Vu l'ordonnance n° 59-147 du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la
défense;
Vu le décret n° 62-811 du 18 juillet 1962 modifié fixant les attributions du ministre des
armées;
Vu le décret n° 66-66 du 2 janvier 1966 portant rattachement du service de
documentation extérieure et de contre-espionnage au ministère des armées;
Vu le décret n° 77-1343 du 6 décembre 1977 modifié portant organisation de
l'administration centrale du ministère de la défense,
Décrète:
Art. 1er. -
Il est créé une direction générale de la sécurité extérieure, placée sous l'autorité d'un
directeur général relevant directement du ministre de la défense et nommé par décret en
conseil des ministres.
Art. 2. -
La direction générale de la sécurité extérieure a pour mission, au profit du
Gouvernement et en collaboration étroite avec les autres organismes concernés, de
rechercher et d'exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi
que de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage
dirigées contre les intérêts français afin d'en prévenir les conséquences.
Art. 3. -
Pour l'exercice de ses missions, la direction générale de la sécurité extérieure est
notamment chargée:
D'assurer les liaisons nécessaires avec les autres services ou organismes concernés;
D'effectuer, dans le cadre de ses attributions, toute action qui lui serait confiée par le
Gouvernement;
De fournir les synthèses des renseignements dont elle dispose.
Art. 4. -
L'organisation et le fonctionnement de la direction générale de la sécurité extérieure
sont fixés par arrêté du ministre de la défense.
Art. 5. -
Le décret du 4 janvier 1946 portant création d'un service de documentation extérieure
et de contre-espionnage est abrogé.
Art. 6. -
Le Premier ministre et le ministre de la défense sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la
République française.
Fait à Paris, le 2 avril 1982.
FRANÇOIS MITTERRAND.
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
PIERRE MAUROY.
Le ministre de la défense,
CHARLES HERNU

 Article 6 de l'arrêté du 04.12.2002 portant organisation de la direction générale de la sécurité extérieure

La Direction de la Stratégie est chargée de la transmission est du suivi des orientations recueillies auprès des interlocuteurs officiels de la direction générale de la sécurité extérieure ainsi que de l'animation et de l'évaluation de la production de renseignements. 

 

 SITE DU MINISTERE DE LA DEFENSE

La Direction de la Stratégie est chargée de la transmission et du suivi des orientations recueillies auprès des interlocuteurs officiels de la direction générale de la sécurité extérieure ainsi que de l’animation et de l’évaluation de la production de renseignements. Elle est responsable de l'adéquation du renseignement recherché avec les besoins des clients. Elle entretient, notamment, le contact avec le ministère des Affaires Étrangères. Elle élabore des documents de doctrine et d'orientation générale, ainsi que des études sur les options possibles de la politique française. A 60% son travail consiste à avoir une assise stratégique dans les ministères et les opérations internes. De plus elle travaille beaucoup pour son propre compte afin d'accroître sa marge de manoeuvres en France comme à l'étranger afin d'échapper aux différents contrôles gouvernementaux. Les organismes de recherche et d’exploitation du renseignement répondent aux orientations des autorités de l’Etat. Ces orientations empruntent deux voies :

Un cadre annuel et institutionnel : le comité interministériel du renseignement (CIR)

L’ordonnance du 7 janvier 1959 confie l’orientation et la coordination des services de renseignement au CIR, avec l’appui du secrétariat général de la défense nationale (SGDN).

Le CIR élabore (et révise chaque année) le plan national de renseignement (PNR), qui est soumis à l’approbation du président de la République. Il anime les groupes de travail prévus au plan national de renseignement et établit au profit des plus hautes autorités de l'Etat des synthèses de renseignements, ainsi que des notes d'anticipation et d'alerte.

Un cadre quotidien et informel : les « commandes »

Les besoins en renseignement du gouvernement sont aussi soumis à l’actualité immédiate. Les demandes sont alors directement adressées au jour le jour, aux services concernés.

Dans le cas de la DGSE, c’est la direction de la stratégie qui assure l’interface avec les autorités de l’ Etat dans ce domaine.

Un travail en quatre phases

Le Service, une fois orienté, liste les objectifs susceptibles de détenir les renseignements, puis mène la recherche avec l’ensemble de ses moyens humains, techniques et opérationnels.

Les informations et renseignements recueillis sont alors exploités et analysés. Les plus intéressants sont mis en forme et diffusés aux autorités de l’Etat.

La direction de la stratégie assure le suivi des diffusions du Service auprès des destinataires gouvernementaux, recueille les critiques de la production et les éventuelles réorientations.

Ainsi s’enclenche le cycle du renseignement...

 

BIOGRAPHIES DES DIRECTEURS DE LA DIRECTION DE LA STRATEGIE DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SECURITE EXTERIEURE

ea5984abb09b49abbc3faffcf66c08ce.jpg JEAN-CLAUDE COUSSERAN

 Né le 15 septembre 1944 à Toulouse (Haute-Garonne), M. Jean-Claude COUSSERAN est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’études arabes. Il est marié, père de deux enfants.

Entré en 1970 au ministère des Affaires étrangères, il a été successivement en poste à Beyrouth (1973-1974), à Bagdad (1974-1977), puis à Téhéran (1977-1980), avant de rejoindre la mission permanente de la France auprès des Nations-Unies à New-York (1980-1981).

De retour à Paris, il intègre le cabinet de M. Charles HERNU, ministre de la Défense. En juin 1982, il est nommé conseiller technique auprès de M. Claude CHEYSSON, ministre des Affaires étrangères. M. Roland DUMAS, qui succède à M. CHEYSSON, le nomme directeur-adjoint de son cabinet.

Diplomate de carrière, en poste à Téhéran durant la Révolution Islamique de 1979, il fut le directeur adjoint du cabinet du ministre des affaires étrangères Roland Dumas et participa aux négociations pour libérer les otages français au Liban en 1985-1986.

De 1986 à 1988, il est en poste à Jérusalem comme Consul général, avant de regagner le cabinet de M. Roland DUMAS, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, jusqu’en septembre 1989.

Détaché en tant que Directeur de la stratégie auprès du ministère de la Défense (1989-1992), il est nommé conseiller diplomatique du Premier ministre, Pierre Bérégovoy, de 1992 à 1993. Ambassadeur de France à Damas (1993-1996), il devient Directeur du Département d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères (1996-1999), avant d’être désigné Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Ankara (1999-2000), puis directeur de la Direction Générale de la sécurité extérieure (2000-2002).

Impliqué dans l'affaire des comptes japonais du Président de la République au Japon, auprès de la Tokyo Sowa Bank, il a été écarté, ainsi que Gilbert Flam et quelques autres fonctionnaires.

Il a pris ses fonctions comme Ambassadeur de France en République Arabe d’Egypte le 1er novembre 2002.

Diplomate de carrière, M. Jean-Claude COUSSERAN est ministre plénipotentiaire hors classe. Avec le retour de Bernard Kouchner au Ministère des Affaires Etrangères, il représente la France en tant qu'émissaire "ayant le rang d'ambassadeur". Une première mission a été envisagée en Iran. On l'a vu ensuite, le 9 juin 2007, à Beyrouth, préparant la réunion organisée par la France dans le but de réconcilier les diverses factions libanaises. Son voyage s'est également prolongé en Syrie.

 

 PATRICK GAUTRAT

 

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Ministre plénipotentiaire hors classe.

Chevalier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite

né le 21 mars 1944

marié avec Mme Eliane Aujard, deux enfants de 30 et 24 ans.

Diplômes

Licence en droit Diplôme de l’Institut d’études politiques Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration.

Carrière

A l’Ecole nationale d’administration, 1968-1970 ;

Titularisé en qualité de secrétaire des Affaires étrangères, 1er juin 1970 ;

à la disposition du ministère du travail, de l’emploi et de la population, 1970-1971 ;

Deuxième Secrétaire à Varsovie, 1971-1974 ; à l’Administration centrale (Information et presse), 1974-1976 ;

Conseiller technique au cabinet du Ministre du commerce extérieur, 1976 ;

Chargé de mission au cabinet du Premier ministre, Raymond Barre, 1976-1977 ;

Deuxième Conseiller à Washington, 1977-1981 ;

Détaché auprès du Ministère des transports (délégué général adjoint puis délégué général du Comité central des armateurs de France), 1981-1987 ;

à l’administration centrale (Affaires économiques et financières), chef du service des affaires générales, 1987-1989 ;

Auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale, 1986-1987 ;

Consul Général à Barcelone, 1989-1992 ;

Détaché auprès du Ministère de la Défense, 1992-1993 ;

Détaché auprès du Ministère de la jeunesse et des sports (Directeur des sports), 1993-1995 ;

Consul général à New-York, 1996-1998 ;

à l’Administration centrale, inspecteur général adjoint des Affaires étrangères, 1998-2001

Ambassadeur de France en Pologne, 2001-2004

Ambassadeur de France au Portugal, depuis le 27 septembre 2004.

 

GUY AZAIS

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Naissance: 21 juillet 1942.

Diplôme: École navale

IEP-Paris

ENA (1971, promotion "Thomas More")

Profession: Ministre plénipotentiaire de 1ère classe

Parcours: Premier conseiller à Ottawa (1985-1989)

Ambassadeur au Bénin (1989-1992)

Chef du service des affaires francophones du ministère des Affaires étrangères (1992-1993)

Directeur au ministère de la Défense (1993-1997)

Ambassadeur en Colombie (1997-2000)

Ambassadeur spécialement chargé du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (septembre 2000-février 2004)

Ambassadeur en Angola (février 2004-2007)

 

BRUNO JOUBERT 

 d061ce3c50b45d72d005f965f4ef54cb.jpgné le 29 juillet 1950

diplôme de l'Institut d'études politiques

ancien élève de l'Ecole nationale d'administration, promotion "Pierre Mendès-France", 1978

 Ministre plénipotentiaire de 1re classe

Postes occupés:

- à l'Ecole nationale d'administration, 1976-1978

- deuxième secrétaire à Washington, 1978-1979

- premier secrétaire au même poste, 1979-1982

- à l'administration centrale (Affaires économiques et financières), 1982-1985

- deuxième conseiller à la représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes à Bruxelles, 1985-1990

- à l'administration centrale (Secrétariat général) 1990-1993

- directeur adjoint du personnel et de l'administration générale et chef du service du personnel, 1993; chef de service, 1993-1995; (Direction générale de l'administration), directeur des ressources humaines, 1993-1995

- directeur de cabinet du ministre délégué aux affaires européennes, 1995-1997

- détaché auprès du ministère de la défense (directeur) 1997-2001

- ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à Vienne, depuis juin 2001-2003

-Directeur de l'Afrique et de l'Océan indien au ministère des Affaires étrangères (janvier 2003-septembre 2006)

-Secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères (15 septembre 2006-juin 2007)

-Conseiller diplomatique adjoint du président de la République, Nicolas Sarkozy (juin 2007- )

 

 FRANCOIS-XAVIER DENIAU

91494326a52ab8e0b0e8d3f32d908bf2.jpgDENIAU (François-Xavier, Nicolas, Marie), né le 4 mars 1955 (Chevalier de la Légion d’honneur) ; diplômé de l’École polytechnique, diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique ; ancien élève de l’École nationale d’administration, promotion « Droits de l’Homme », 1981.

Ministre plénipotentiaire de 2e classe.

 

Etats de service

  • 1978 : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques.
  • 1979-1981 : École Nationale d’Administration.
  • 1er juin 1981 : Nommé et titularisé secrétaire des Affaires étrangères.
  • 1981-1984 : Administration centrale du Ministère des Affaires Etrangères (Affaires économiques et financières).
  • 1984-1988 : Premier secrétaire puis Deuxième conseiller à Rome (Quirinal).
  • 1988-1992 : Conseiller à la Représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes à Bruxelles.
  • 1992-1995 : Ministre-Conseiller à Tunis.
  • 1995-1997 : Conseiller diplomatique du Cabinet du Ministre de l’aménagement du territoire, de l’équipement et des transports.
  • Avril-mai 1997 : Directeur adjoint du cabinet du Ministre des Affaires Etrangères.
  • 1998-2001 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Saint-Domingue.
  • 1998-2001 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Nassau (en résidence à Saint-Domingue).
  • Novembre 2001 : Détaché auprès du ministère de la défense, directeur.
  • 13 juillet 2004 : Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Septembre 2005 : Ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies et des Organisations internationales à Vienne.

 PASCAL TEIXEIRA DA SILVA

 

Naissance: 10 octobre 1957

Diplôme: ENA (1984, promotion Louise Michel)

Profession: Ministre plénipotentiaire

Parcours: Premier secrétaire à Bonn (1986-1990)

Deuxième conseiller à Moscou (1990-1993)

Chargé de mission auprès du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (1993-1997)

Deuxième conseiller à la Mission permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations-Unies à New-York (1997-1998)

Premier conseiller à la Mission permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations-Unies à New-York (1998-2001)

Directeur adjoint des Nations unies et des organisations internationales à la direction générale pour les affaires politiques et de sécurité au ministère des Affaires étrangères (octobre 2001-août 2005)

Directeur de la stratégie à la DGSE du ministère de la Défense (septembre 2005- )

 

Note modifiée le 26.05.2008 

24/10/2007

Guojia Anquanbu :Anatomie (2ème partie)

GUOJIA ANQUANBU MINISTERE DE LA SECURITE D'ETAT CHINOIS

 

Parmi les priorités du MSS,aussi bien la lutte contre les espions étrangers que contre les opposants politiques.Par exemple,les proches du Dalaï Lama,ou la secte Falungong. Nombre d'affaires le démontreront

En décembre 1995, le MSS de Lhassa, dirigé par Gaisang Qupei, neutralise un groupe de tibétains qui tentait de recruter des compatriotes pour faire de l'espionnage. En sens inverse, en novembre 1995, le contre-espionage indien avait neutralisé trois chinois qui tentaient d'espionner le Dalaï Lama (Une des principales bases de refuges des tibétains fuyant la Chine communiste est l'Inde).

Un autre problème suscite la préoccupation des autorités chinoises, et c'est au MSS de s'y coller : La lutte antiterroriste. Mention particulière au terrorisme ouïgour.

LA LUTTE ANTITERRORISTE

En mars 1997, plusieurs bombes explosent a Pékin, Lhassa, et Urumqi (Province du Xinjiang). En effet, dans cette dernière province existe une ethnie ouïgoure (musulmane), qui se bat depuis plusieurs siècles pour obtenir un Etat indépendant. Le MSS décide d'agir, sous le commandement de Zhang Ruihua, chef du bureau MSS Xinjinag, et de Gaisang Qupei, qui dirige toujours l'antenne de Lhassa. Les autorités chinoises, en effet, n'excluent pas une alliance,alors,entre ouïgours et tibétains,étant donné la simultanéité des attentats. Le MSS décide aussi d'installer une section musulmane a Shanghaï .C'est une occasion aussi d'établir des relations avec la DGSE francaise, qui combat de son côté le crime organisé chinois.

L'ESPIONNAGE EXTERIEUR

Les information actuelles montrent clairement une activation du MSS hors des frontières chinoises: le Directeur du Renseignement National US déclarera publiquement en 2007 que les services secrets chinois et russes comptent parmi les plus agressifs dans la collecte de renseignements sur le sol américain, tandis que dans un rapport, le BFV, le contre-espionnage fédéral allemand, s'inquiétant de la vente par la Chine d'ordinateurs qui auraient été piégés aux institutions allemandes.

LE TRAVAIL DU MSS EN DIRECTION DES ETATS-UNIS: LE RAPPORT DE 1998

Voici ce que note par exemple un rapport, "Report to Congress on Chinese espionnage activities against the United States" en date du 01.01.2000, relatif a l'année fiscale 1998. Destiné au Congrès américain, ce rapport a été déclassifié l'année dernière, en janvier 2006 :

En premier lieu sont rappelées les priorités pour la sécurité nationale chinoise, a savoir le maintien de la stabilité intérieure, la collecte de renseignements a caractère scientifique et technologique et destiné a aider au développement économique de la Chine, la surveillance des développements touchant Taïwan et les intérêts intrenationaux chinois.Le rapport estime aussi que,en date de 1998, la collecte de renseignements est l'oeuvre,en majorité,de non-professionels du renseignements, d'individus et d'organisations agissant hors du contrôle des services secrets chinois. Ce sont des entreprises, des compagnies privées, des Instituts de recherche, qui ont pour but de collecter des renseignements,pour en profiter a titre privé. Les services secrets chinois, estime le rapport, ont plus pour habitude d'utiliser des étudiants chinois pour la collecte du renseignements, et de souligner que beaucoup d'étudiants chinois aux Etats-Unis étudient les sciences, leur donnant ainsi la possibilité une grande variété de renseignements dans le domaine des technologies.

Rappelant ensuite les différents services de renseignements extérieurs chinois, a savoir le MSS, le Qingbao (Renseignement militaire) et le Departement de Liaison ,une unité du département politique de l'Armée Populaire de Libération chargé de la collecte du renseignement contre Taïwan, le rapport détaille ensuite sur le travail des services secrets chinois contre les Etats-Unis:

Dans le domaine du renseignement politique, estime le rapport, Beijing continue a voir les Etats-Unis comme une de leurs cibles majeures dans la collecte du renseignement.Une attention particulière est portée a la politique étrangère et aux intentions des Etats-Unis ,ainsi que sur les leaders américains et les négociations bilatérales ou multilatérales sensibles.

Concernant le renseignement militaire, il est surtout conduit par les attachés militaires chinois ,aussi bien du bureau de l'attaché militaire a l'ambassade de la République Popualire de Chine a Washington que du Comité d'Etat-Major des Nations Unies a New York. La collecte du renseignement se fait souvent par les méthodes "ouvertes" (lecture de journaux spécialisés, observation..), mais depuis 1987, le FBI et les Douanes auraient détéctées deux opérations clandestines conduites par le Qingbao aux Etats-Unis.Priorité est donnée aux technologies militaires américaines, ou aux opérations militaires américaines,sans oublier les ventes d'armement militaire a Taïwan.

Dans le domaine du renseignement économique, le rapport note que c'est une priorité pour les services secrets chinois,entre autres pour le MSS ,qui agit,étant donné ses fonctions ,aussi bien sur le territoire américain que en Chine.Le MSS serait particulièrement actif contre les hommes d'affaires occidentaux,surtout en Chine. Quant aux personnes d'origine chinoise, elle sont évidemment l'objet de tentatives de recrutement du MSS. Toutefois,la part de renseignements collectés dans le domaine scientifique et technique en Chine même est faible, par rapport au travail de renseignement hors de la Chine.

Durant les 20 dernières années,la Chine a donc établie des réseaux solides aux Etats-Unis même, avec pour cible aussi bien les institutions étatiques que les entreprises privées, les académies, les instituts, laboratoires, toutes personnes impliquées dans un travail donnant accès a des informations confidentielles.

 

LA COLLECTE DU RENSEIGNEMENT ETATS-UNIS EXCEPTES.

Parfois,des scandales apparaissent: en 2005,un cadre du MSS fait déféction en Australie et révèle que le MSS a pour principale cible la secte Falungong. En 2006, c'est un codeur japonais qui se suicide. Dans la note qu'il laisse, il affirmera avoir subi un chantage du MSS,quand il était a Shanghaï (Chef du MSS Shanghaï: Cai Xumin)

La priorité reste toutefois l'adversaire,les services secrets taïwanais,comme le montre le scandale qui vient d'éclater:

Fin septembre 2007, Lin Yu-Nung, un officier du Bureau du renseignement du Ministère de la Justice taïwanais, est interpellé: Il avait été recruté par les services secrets chinois. Son recruteur Chen Chih-Kao, est un ancien collègue de travail "retourné" en 2005 par les services secrets chinois a Shanghaï.Le MSS peut,pour ses opérations, aussi se baser sur une communauté chinoise a l'étranger extrêmement vaste,et souvent bien implantée, pour la collecte de renseignements ou la couverture. Le Guojia Anquanbu s'est donc, au cours des dernières années, retrouvé confronté a nombre de tâches : Citons aussi son implantation a Hong Kong, depuis la rétrocession de la colonnie par la Grande-Bretagne en 1997.Selon "Intelligence Online",le MSS utilise la couverture du Security Department des services de renseignements politique de la Colonie,le Liaison Office of the Central Governement in Hong Kong Special Administrative Region.Les opérations sont surtout menées depuis la Direction du MSS de Canton, dirigée par Xu An.Notons que les services secrets chinois privilégient,comme leurs homologues allemands du BND (Renseignement fédéral ouest-allemand) les couvertures commerciales .Ils utilisent aussi les couvertures diplomatiques,mais rien n'a permis de distinguer ,a mes yeux, dans les ambassades de Chine a l'étranger, les officiers du MSS de leur homologues du Ministère des affaires étrangères chinois.

Restent toujours prioritaires aux yeux du MSS le travail en direction des pays de la zone Asie et le développement de ses réseaux de renseignements, sans compter une augmentation de son implantation en Afrique , auquel s'était déja efforcé son prédécesseur dans les années 60.Il s'agissait alors d'implanter le marxisme en Afrique; désormais il s'agit pour le MSS de s'implanter par le biais de l'économie, la Chine augmentant fortement son commerce et s'implantant en Afrique par des projets, des entreprises, des prêts a des taux extrêmement faibles (Voire nuls).

LE RENFORCEMENT DE LA COOPERATION AVEC LES SERVICES SECRETS ETRANGERS.

Boris Eltsine approuve, par ce document du 04.08.1994, des negociations en vue d'un accord de cooperation entre le FSK et le Guoanbu

Le Guoanbu entretient des relations avec nombres de services secrets. Par exemple,un acte administratif du 04.07.1994 de Boris Eltsine fait etat de negociations, en vue d'un accord de cooperation, entre le FSK (Service federal de contre-espionnage de la Federation de Russie, devenu en 1995 le FSB) et le Ministere de la Securite d'Etat de la Republique Populaire de Chine.  Début 2007, le MSS a établi des contacts avec la Sécurité ukrainienne, le SBU, et avec le service de la Sécurité d'Etat géorgien.

CONTRE-ESPIONNAGE

Le MSS ne se contente pas de piquer les secrets dans les autres pays: Il doit aussi défendre les secrets chinois: Fin 2001 les autorités chinoises découvrent des micros dans le Boeing destiné au Président chinois, et qui a été fabriqué aux USA. Vers le début de l'année 2002, c'est le patron de la station de la CIA a Beijing, Stephen Holder, qui est déclaré "persona non grata" et expulsé par les chinois,pour des raisons inconnues. Selon "Intelligence Online" du 06.07.2007 (information a prendre avec prudence car elle n'a recu aucune confirmation) les services secrets nord-coréens se seraient également activés en Chine, surtout dans plusieurs provinces frontalières de la Corée du Nord. Plusieurs réseaux auraient été démantelés. Mais les chinois, qui ont aussi envoyés des officiers sous couverture en Corée du Nord, auraient également eus des pertes..

Lorsque en septembre 2007 les autorités chinoises ont été accusées de pirater plusieurs sites internet, dont celui du Pentagone, elles ont niées et aussitôt rappelées que les services secrets occidentaux se livrent aux mêmes activités contre les Chinois..

 

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Xu Yongyue ( A gauche) , et son remplacant Geng Huishang (A droite)

De 1998 a la mi-2007,le patron du Guojia Anquanbu était Xu Rongyue.Il a été remplacé a ce poste par Geng Huishang,55 ans,qui occupait depuis 1998 le poste de Vice-Ministre de la Sécurité d'Etat.Il est décrit comme un spécialiste de la protection des secrets commerciaux.

Aujourd'hui,voici l'organigramme du Ministère de la Sécurité d'Etat.:

Division opérationnelle :

-1er département ,renseignement intérieur,chargé entre autres de recruter en Chine même des informateurs.

-2ème département,opérations a l'étranger,et analyse des informations ainsi obtenues.

-3ème département,opérations en direction de Hong Kong ,Macao, Taïwan.

-4ème département, appui technique. (Appareils photos,micros etc..)

-5ème département,coordination et direction du travail des services régionaux du Guoanbu.

-6ème département, contre-espionnage.

-7ème département,circulation,en fait le Département chargé d'analyser les informations venant des différents services du Guojia Anquanbu.

-8ème département,Institut contemporain des relations internationales.

-9ème département,sécurité interne du Guojia Anquanbu, et coordination des sections du contre-espionnage militaire au sein de l' APL.

-10 ème département,collecte de renseignement économique,scientifique et technologique.

-11ème département,renseignement éléctronique contre les autres pays, et sécurité informatique (Pour empêcher les intrusions des services secrets occidentaux dans les ordinateurs du Minsitère de la Sécurité d'Etat),ainsi que analyse des informations ainsi obtenues.En décembre 2003,le 11ème département était dirigé par Wu Shizhong.

-Département des affaires étrangères,contacts avec les services de renseignements étrangers,et coordination de la coopération.

 

Mes remerciements a :Fabrice,Roger Faligot,FAS.

 

 

12/10/2007

Guojia Anquanbu: Anatomie (1ère partie)

GUOJIA ANQUANBU, MINISTERE DE LA SECURITE D'ETAT CHINOIS.

Si il y a un service qui doit aujourd'hui attirer l'attention de la communauté du renseignement, c'est incontestablement celui-la. Le Guojia Anquanbu,créé en 1983,n'a cessé depuis de monter en puissance,aussi bien dans le domaine du renseignement extérieur que dans la lutte contre l'espionnage. On peut retenir ,par exemple,les déclarations de John Brenner, patron du NCIX (National Counterintelligence Executive) qui déclara en mars 2007 que les services secrets chinois sont parmi les plus actifs sur le territoire américain,déplorant les fuites de technologies vers la Chine communiste, et l'infiltration du contre-espionnage américain.Brenner citera en exemple l'affaire Leung, cette femme d'affaires chinoise arrêtée en 2003 qui a soutiré des informations a son amant, officier du FBI spécialiste de la Chine,puis les a transmises a Pékin.

 

Le Guojia Anquanbu, appelé aussi Guoanbu, (Ministry of State Security, MSS)  a été créé le 06.06.1983, et fut inauguré le 01.07.1983.Officialisé  lors de la 1ère cession de la VI ème Assemblée Nationale Populaire. Il récupère les fonctions de contre-espionnage du Gonganbu,de renseignement extérieur qui était dévolu au Central Investigation Department (Diaochabu), et est aussi chargé de la protection des frontières et de la lutte contre les déviances idéologiques (Les opposants). Ses missions sont donc de protéger la souveraineté et les intérêts de l'Etat. Les tâches sont ainsi mieux séparées: Le Guojia Anquanbu s'occupe de la Sécurité de l'Etat,le Gonganbu de l'ordre public et de la lutte contre la criminalité.

Ling Yun, vice-Ministre du Gonganbu depuis 1964, prend le commandement du nouveau Ministère de la Sécurité d'Etat,et dans une conférence de presse qui se tient peu après la création du service,fin juin 1983, il dénonce l'augmentation des activités d'espionnage contre la RPC et des sabotages, et fait appel a la population pour aider les services de la sécurité d'Etat a lutter contre les espions.

A peine créé le Ministère de la Sécurité d'Etat se jette dans la bataille: Il faut a la fois lutter contre les sabotages, les réseaux des services secrets étrangers (Un des plus dangereux étant le renseignement taïwanais), mais aussi, avec la CIA , coordonner l'aide aux rebelles afghans se battant contre les soviétiques. En 1984, peu après la mort de Youri Andropov au Kremlin, le patron de la CIA Bill Casey se rend en Asie. De passage a Pékin, avec le chef de la Station de la CIA a Beijing Ted Price, il négociera avec Ling Yun l'aide aux moudjahidins afghans.

Il faut aussi établir des contacts avec les autres services secrets. Ling Yun part donc a la tête d'une délégation pour Belgrade avec Yang Dezhong (Directeur-adjoint du département des affaires générales du Comité Central du Parti communiste chinois) ou il arrive le 29.02.1984 , avec pour but la coopération entre les services secrets des deux pays. Le 05.03.1984 ils seront recus par Franko Heoljvic, membre du Présidium du Parti communiste yougoslave, ce qui paraît démontrer l'intérêt des yougoslaves pour leurs homologues chinois. Une autre délégation du MSS arrivera a Belgrade le 09.10.1986, a l'invitation de Dobroslav Culafic, Secrétaire Fédéral pour les affaires intérieures. Elle est dirigée par Jia Chunwang, le remplacant de Ling Yun a la tête du Guojia Anquanbu. Pourquoi ce remplacement si rapide du Ministre?

Le MSS remporte pourtant très vite ses premiers succès dans la lutte contre les services secrets étrangers , avec le démantèlement d'un réseau a la solde des services secrets taïwanais,ce qui paraît consolider la position de Ling Yun a la tête du MSS. L'information est rendue publique début 1985, mais on ignore quand les personnes ont été arrêtées et jugées.Leur condamnation,selon le MSS, aurait eu lieu peu avant. Ont interpellées trois personnes, parmi elles: Xin Peiwen, 46 ans, acteur dans une troupe culturelle de l'armée, qui aurait contacté les services secrets taïwanais en octobre 1983 et aurait fourni a ses services un document top-secret (il n'est pas précisé quoi) en mars 1984. Le rapport public du MSS accusera M.Peiwen d'avoir collecté des renseignements a caractère politique et militaire a Pékin et d'avoir incité des pilotes de l'armée de l'air a faire déféction. Les deux autres seraient Su Mao, 27 ans, musicien dans une troupe du Ballet de Pékin,et son oncle de 39 ans,acteur lui aussi dans une troupe,qui aurait commencé a travailler pour les taïwanais alors qu'il était a l'étranger en avril 1982. Ce n'est pas le premier coup du Guojia Anquanbu contre les services secrets de Formose,puisque selon un rapport du MSS,entre septembre 1984 et février 1985 12 personnes ont été identifiées comme espions taïwanais. L'une a même été éxécutée. Et Le service réussit aussi a neutraliser un informateur de la CIA, Lo Fu, un journaliste de Hong Kong.

Mais quand il parlait de l'activation des services secrets contre la Chine, le Ministre de la Sécurité d'Etat ne croyait pas si bien dire,puisqu'il est confronté,a la mi-1985, a la déféction d'un cadre de son propre service;Yu Shenzan,du service du contre-espionnage du MSS,fuit a Hong Kong puis est exfiltré par la CIA...Devant le scandale, Ling Yun démissionne. Il est remplacé par Jia Chunwang, lequel conservera son poste de 1985 a 1998, avant d'être remplacé en mars 1998.

ac630ce3badfb43e4c4e56e19fdddd83.jpgJia Chunwang, Ministre de la Sécurité d'Etat de 1985 a 1998. Il fut ensuite Ministre de la Sécurité Publique (La police chinoise) de 1998 a 2002. Il a ensuite exercé les fonctions de Procureur général adjoint du Parquet populaire suprême de décembre 2002 a mars 2003 avant d'être élu Procureur général du Parquet populaire suprême en mars 2003.

Le MSS continue son travail, par exemple en mettant au point en 1987 une directive visant a limiter et contrôler les contacts entre chinois et étrangers. Le Parti communiste chinois prévient de son côté ses adhérents de ne pas parler avec les correspondants des journaux étrangers sans une autorisation expresse.. Seront par exemple expulsés le correspondant de l'AFP Lawrence Mc Donald en janvier 1987 ou son homologue japonais du Kyodo News Service Shuitsu Henmi en mai 1987.

Le MSS se retrouve plus que jamais a lutter sur plusieurs front a la fois: Il s'implique donc aussi bien dans la répréssion des dissidents en 1989 (Lors des événements de la Place Tian An Men) que contre tout ce qui peut menacer le pouvoir chinois,en y voyant souvent la main des services secrets taïwanais, comme le montre l'article du 24.06.1989 de la BBC (en fin d'article).A l'occasion de la répression de la Place TianAnMen, plusieurs étudiants disparaissent. Certains réussissent a quitter la Chine,par l'intermédiaire de filières créées par les différents services de renseignement occidentaux (DGSE, CIA, MI6) et visant a les faire passer a Macao ou Hong-Kong.Cette opération est connue sous le nom de YELLOW BIRD. Le MSS tentera d'infiltrer ses filières,par exemple en dépêchant une équipe a Canton.

D'autres étudiants sont eux arrêtés.Le MSS sera accusé d'avoir secrètement arrêté plusieurs étudiants,dont trois de Macao: Chen Tse-Wei, 29 ans; Chin Kuo-Tung,21 ans; Liang Tsao-Hua, 23 ans. Ils étudiaient a l'université de Canton. Leur interpellation a ensuite été confirmée par le Bureau de la Sécurité Publique de Canton,sans plus de précisions..

Dans un rapport daté de fin 1989, le Guojia Anquanbu s'inquiète de l'augmentation du nombre d'affaires d'espionnages. Selon un rapport du Ministère,plus d'une centaine de personnes, en 1987 et 1988, ont été interpellées, travaillant aussi bien pour le gouvernement, l'armée, ou le domaine politique, pour espionnage. Le rapport constate que l'ouverture (économique,NDLR) de la Chine a attiré l'attention du monde entier,entraînant l'augmentation de l'attention des services secrets étrangers, en direction de la République Populaire de Chine. Encore confirmé dans la lutte contre les services secrets taïwanais, avec le démantèlement de plusieurs réseaux en 1990 (Voir l'article de la BBC du 20.08.1990 en bas, sur le sujet).

Il faut y ajouter la menace contre les représentations chinoises a l'étranger, suite a la répréssion de la Place Tian An Men, qui oblige a augmenter la vigileance des officiers du MSS. 

Et enfin,sur le front intérieur, le Tibet, annexé par la Chine sous Mao. Ce qui entraîne l'arrivée a Lhassa le 06.08.1990 du patron du Guojia Anquanbu, Jia Chunwang, accompagné d'une délégation, avec pour but d'inspecter l'antenne du MSS sur place. M.Chunwang déclarera ensuite au journaliste de la télévision tibétaine que la situation sur place est "stable". Cette inspection apparaît néanmoins importante,si on tient compte de sa longueur: La délégation restera au Tibet jusqu'au 22.08.1990, soit deux semaines.Il paraît quand même étonnant que le Ministre de la Sécurité d'Etat, qui ne s'est jusqu'a présent jamais montré a la télé,intervienne, et reste aussi longtemps au Tibet. Ses élements semblent clairement indiquer que la situation au Tibet est, aux yeux des autorités chinoises, très préoccupante. Le texte sur le sujet est en annexe 3.

 

 

ANNEXE 1

BBC June 24, 1989, Saturday


SECTION: Part 3 The Far East; A. INTERNATIONAL AFFAIRS; 3. FAR EASTERN RELATIONS; FE/0491/A3/ 1; 

LENGTH: 1973 words

HEADLINE: ARREST OF ''KMT AGENTS'' SHOWN ON PEKING TELEVISION

SOURCE: Peking television 1000 gmt 22 Jun 89

Text of report (FE/0490 i)

BODY:
According to a news release from the Ministry of State Security, after strict investigations, state security organisations in Peking and other parts of China have cracked the cases of a number of secret agents of Taiwan's Kuomintang [KMT] who had a hand in the student unrest and turmoil occurring since mid-April, and have confiscated a mass of criminal evidence of their espionage activities.

The KMT secret service in Taiwan has adopted various means through different channels to fan the so-called movement for freedom and democracy on the mainland, and plotted to stir up social turmoil to subvert the PRC's people's democratic regime. Since the student unrest and turmoil in Peking and other parts of China, the KMT secret service in Taiwan, while stepping up rumourmongering, instigation and demagogic reactionary propaganda against the mainland, had ordered its agents hidden on the mainland to take part directly in the turmoil and aggravate the situation in an attempt to escalate the so-called pro-democracy movement on the mainland into a general anti-communist and violent resistance movement. Hidden agents deployed by Taiwan's secret service on the mainland have also kept a close watch on the turmoil and collected and delivered information on the turbulent situation to espionage agencies outside China. Counter-revolutionary activities carried out by Taiwan's KMT secret agents hidden on the mainland have been exposed by China's state security organisations, and some KMT secret agents who had a hand in the turmoil have surrendered themselves to China's state security organisations. The following are some of the KMT espionage cases that have been uncovered

The Peking municipal state security bureau detained, according to law, KMT secret agents Wang Changhong, Qian Rongmian and Liang Qiang on 19th and 27th May. [Video opens with shots of night scene, car speeding away, two plainclothes men escorting middle-aged man into building, then cut to show close-up shots of Wang and Qian, seated inside unidentified building and being interrogated]

Secret agent Wang Changhong, 38, male, a former cadre at a Peking factory, joined the KMT secret service after Taiwan's Mainland Work Committee incited him to defect while he was abroad in 1988. In the wake of the turmoil in Peking, the KMT secret service appointed Wang Changhong a provincial level special agent, and instructed him to return to Peking to collect information on the turmoil and prepare to set up an undergorund Peking work committee. Upon returning to Peking on 27th April, Wang Changhong recruited Qian Rongmian, also a former factory cadre, as a secret agent, and informed the KMT secret service about China's turbulent situation. He also repeatedly spread rumours in Tiananmen Square, instigated turmoil, and mingled with the students on hunger strike, inciting them by saying the Government is inhuman. What is the use of keeping such a government? He also spread rumorus that the civilian police in Xian had beaten tens of students. Wang Changhong also suggessted to Taiwan's secret service that it is necessary to focus the current work on the workers' movement, in a vain attempt to stir up strikes and escalate the turmoil. After the case was brought to light, criminal evidence, including the secret codes for Wang Changhong to contact Taiwan's secret service, were discovered. [While the announcer reads the report, video shows still pictures and video clippings of Wang, standing in front of a crowd of young people with his right hand up in a ''V'' sign, mingling with the students on hunger strike, clapping his hands, raising both hands in a ''V'' sign, shouting to demonstrators, and checking mail inside a post office; occasionally video pauses to focus on Wang and circles him in red. After showing a small notebook written in code, some cash, letters, colour pictures and developed negatives, video focuses briefly on Wang being interrogated, and saying ''. . . contacted KMT relevant officials. . . '']
Secret agent Liang Qian, 36, male, also a former Peking factory cadre, joined a Taiwan secret service organisation, the Mainland Work Committee, in 1986 when he studied abroad. He was appointed as a central special agent and sent back home. The Taiwan secret service organisation instructed him to recruit intellectuals for setting up organisations upon returning home. After the turmoil occurred in Peking, Liang Qiang bustled continuously between schools of higher learning and Tiananmen Square, making trouble, participating in disturbances and writing reactionary propaganda for the unlawful organisations the Peking College Students Autonomous Union and the Autonomous Federation of College Students from Other Places. He also drafted a declaration of the Chinese Unity Party, boasted of setting up another government, and secretly reported to the Taiwan secret service time and again about his activities. [Video shows shots of Liang being taken away by two plainclothes men, cuts to show Liang seated and being interrogated; it also shows still pictures and video clippings of Liang mingling with students at Tiananmen Square and on college campuses, pausing to focus on and circle him in red, as well as a sheet of paper with the heading ''Declaration of the Chinese Unity Party'']

The Shanghai municipal state security bureau detained, according to law, KMT secret agents Qiu Lin, and Zhou Yan, Cao Weiguo, Feng Jin and Lu Zhengging on 7th and 14th June.

Secret agent Qiu Lin, 30, male, a former newspaper reporter, left China to take up permanent residence abroad in 1986. Shortly after joining an espionage organisation of Taiwan's Military Intelligence Bureau in 1988, he was sent back home to carry out activities. During disturbances in Shanghai, the Taiwan espionage organisation repeatedly instructed him to exploit the new situation arising from the confrontation between the students and Chinese communists by fermenting the masses' solidarity for building the student movement to move in the direction of overthrowing the Chinese communist regime. Acting on the espionage organisation's arrangements, Qiu Lin manoeuvred everywhere, attending meetings at salons, and repeatedly reported the turbulent situation to the espionage organisation. After he was brought to light, the tools he used for writing secret letters and their original drafts were seized. [Video shows close-up shots of Qiu and an arrest warrant, cutting to show Qiu being interrogated, a still picture of him identified as Taiwan's special agent and alias Wu Mingxuan in parentheses; then it shows video clippings of Qiu talking to young people inside unidentified rooms and some letters; it also shows Qiu seated and answering questions, saying ''. . . established contacts through this method. . . I was given a code name and frequency, 4123 or 4223, . . . Li Daye's address was written in secret code].

Secret agent Zhou Yan, 23, male, a former company worker in Shanghai, joined Taiwan's Military Intelligence Bureau while he was studying abroad at his own expense in 1988. Cao Weiguo, Feng Jin and Lu Zhengqing joined the Taiwan espionage organisation through Zhou Yan. In late April this year, Taiwan's espionage organisation instructed Zhou Yan to seize the current opportunity, take part in the student movement, and report back on fruitful achievements. Zhou Yan immediately collaborated with Feng Jin, Cao Weiguo and Lu Zhengqing in actively carrying out activities. They reported to the Taiwan espionage organisation We have formed teams to join demonstrations and to support the students, with a slogan I Love Money But I Love Even More Freedom and Democracy and that our appearance as the self-employed can give a strong impetus to the demonstrations, appeal greatly to the citizens and have a great influence. After the case was cracked, the state security organ seized criminal evidence, including the Taiwan espionage organisation's secret letters and instructions to Zhou Yan. [Video shows Zhou being taken out of a car and interrogated, cuts to show still pictures of Feng Jin, Cao Weiguo and Lu Zhengqing, as well as several letters; it also shows video clippings of demonstrations in Shanghai, without identifying any of the demonstrators]

On 14th June the Guangdong provincial state security department detained, according to law, secret agents Zhang Yi and Wu Jidong, and seized evidence of their spy activities. [Video opens with shots showing Zhang Yi and Wu Jidong, each held by two policemen, followed by still pictures of evidence including a radio set, letters, a bottle of ink and pens]

Zhang Yi, male, aged 25, is an unemployed person, while Wu Jidong, male, aged 23, was originally a worker for a certain guesthouse in Canton city. Recruited by the Taiwan Military Intelligence Bureau, both Zhang Yi and Wu Jidong joined a spy organisation. During the chaotic period in Canton, Zhang and Wu acted according to the directives from the Taiwan spy organisation, received and spread the rumours concocted by the Taiwan Broadcasting Station, and provoked turmoil. They had also repeatedly submitted secret reports to the Taiwan spy organisation on the chaotic situations in Peking and the Canton district.

With the close co-ordination of the state security organs in Gansu and other localities, the state security organ in the Ningxia Hui Autonomous Region on 2nd June detained, according to law, special agent Gao Xiaoshi, who was dispatched by the Taiwan Military Intelligence Bureau. The Ningxia state security organ also seized criminal evidence such as intelligence tools for writing in invisible ink. [Video opens with shots showing Gao Xiaoshi, held by two plainclothes policemen, followed by evidence including a radio, identification cards, a bottle of ink, pens and handbills]

Gao Xiaoshi, male, aged 32, formerly worked for a certain literary and art organisation in Ningxia. He participated in a spy organisation under the Taiwan Military Intelligence Bureau outside of China in 1988 and was sent back to China to carry out spying activities. Based on the plan made by the Taiwan spy organisation, he actively compiled information on the chaotic situation in China and secretly reported to the spy organisation in Taiwan on the reactionary handbills which he collected during the turmoil.
Special agent Qu Zuojie of the Taiwan Military Intelligence Bureau recently surrendered himself to a Chinese state security organisation. [Video opens with Qu Zuojie sitting on a chair facing his interrogators followed by shots which show Qu entering a building and walking along a street. [Video opens with Qu Zhojie sitting on a chair facing his interrogators followed by shots which show Qu entering a building and walking along a street. Video also shows evidence including coins, paper money and chemicals for spying activities].

Qu Zuojie, male, aged 26, originally worked for a certain factory in Shenyang City. In March 1989, he joined a spy organisation under the Taiwan Military Intelligence Bureau outside of China. When turmoil prevailed in China, the Taiwan spy organisation immediately sent him back into China to develop organisational ties and promote the ''student movement''. Qu Zuojie's activities in the country had always been closely watched by China's state security organisations. Awed by the power of the masses and the state security organisations, he surrendered himself to the state security organisation in Liaoning on 25th May, explained his assignment and tasks as well as handed over the tools for carrying out his spy activities.

The cases cracked with regard to these special agents are under investigation. Those spies who surrendered themselves will be treated with leniency after investigation and education.

                                                    

 

                                            

    ANNEXE 2
 

BBC Summary of World Broadcasts August 20, 1990, Monday


HEADLINE: CHINA UNCOVERS KUOMINTANG ''SPIES''

SOURCE: Xinhua News Agency, Peking, domestic service in Chinese 0746 gmt 18 Aug 90

Text of report

BODY:
State security organs have recently solved a number of cases of spies scheming to create turmoil on the mainland, arrested a number of spies and seized a great deal of evidence pertaining to espionage. The Ministry of State Security announced four cases today [18th August] .

- The Xu Jiansheng case, cracked by the Guangdong provincial department of state security Xu Jiansheng, from Chenghai county in Guangdong Province, joined a KMT spy organisation of Taiwan outside the mainland in 1989. After training, he was sent back to the mainland to engage in espionage. His main task was to establish spy strongholds and organise underground armed forces on the mainland. After arriving on the mainland, Xu established frequent contacts with a KMT spy organisation and actively carried out spying activities. Moreover, he conspired secretly with his spy organisation in an attempt to instigate new turmoil.

- The Fujian provincial department of state security has solved a spy case involving a military intelligence bureau of the KMT on Taiwan and arrested a number of spies, including Sun Daoshun, Liu Bihua, Chi Hecan and Chen Xuedeng. Sun Daoshun, from Fujian Province's Lianjiang county, joined the KMT military intelligence bureau in 1989. He later recruited Liu Bihua, Chi Hecan and Chen Xuedeng to become spies. They were deployed by their spy organisation to instigate rebellion among our personnel, establish spy organisations, and look for an opportunity to launch the so-called ''democracy movement'' activities in an effort to create turmoil on the mainland. Following the instructions of their spy organisation, Sun Daoshun and the others carried out frantic activities. On many occasions they secretly brought in and distributed videotapes and printed matter compiled by their spy organisation with the aim of instigating turmoil on the mainland.

- The Hainan provincial department of state security has solved a spy case involving a military intelligence bureau of the KMT on Taiwan and arrested spies Zhan Taixing, Zhou Changzhou and Wang Qianyang. Zhan Taixing, originally from Qionghai county of Hainan Province, joined the KMT military intelligence bureau in 1986. After sneaking into the mainland, he established the so-called ''nuclear armed unit behind the enemy lines''. Zhan Taixing sneaked into Hainan Province many times. He recruited Zhou Changzhou and Wang Qianyang to become spies of the spy organisation, establishedan underground organisation called ''Union of Hainan youth for national salvation'', and conspired to co-ordinate with his spy organisation to ship weapons from Taiwan to the mainland in an attempt to create large-scale unrest.

- The Henan provincial department of state security has solved a spy case involving a dispatched spy by the name of Bai Xue. Bai Xue, from Kaifeng city of Henan Province, joined a spy organisation of the KMT's military intelligence bureau on Taiwan outside the mainland in 1987. After receiving espionage training, his spy organisation arranged for him to sneak into the mainland to establish ''underground organisations'' and to look for an opportunity to instigate turmoil. Following the instructions of his spy organisation, Bai Xue has secretly supplied his spy organisation with information, such as the situation on the mainland, many times.

These Taiwan spies have all confessed their crimes, and the cases are being further investigated.

 

                                               ANNEXE 3 

BBC Summary of World BroadcastsAugust 27, 1990, Monday

SECTION: Part 3 The Far East; B. INTERNAL AFFAIRS; 2. CHINA; FE/0853/B2/ 1; 

LENGTH: 497 words

HEADLINE: SECURITY MINISTER ''CONSPIRATORIAL ACTIVITIES'' IN TIBET ''STILL VERY GRAVE''

SOURCE: Tibet television, Lhasa, in Standard Chinese 1200 gmt 23 Aug 90

Text of report

BODY:
Led by Jia Chunwang, Minister of State Security, a four-man delegation arrived in Lhasa on 6th August to inspect state security work in our region. After completing its inspection work, the delegation left Lhasa by plane on 22nd August.

After arriving in Lhasa, Minister Jia, ignoring fatigue from the long journey and reaction to high altitude, began intense inspection work immediately. Over a period of a few days, he listened to a work report by the regional state security department, attended a meeting of the security department to present honorary citations and certificates to the advanced, braved the rain to inspect work sites where state security projects are under construction, called on some cadres who had been hospitalised for treatment of illnesses and cadres who had been transferred to work in Tibet, and conveyed the cordial regards of the leadership of the Ministry of State Security for them.

Beginning 8th August, Minister Jia Chunwang visited Lhasa city, Xigaze prefecture and Nagu prefecture, travelling more than 3,000 km by car. He inspected grassroots state security organs, border stations and farming and pastoral areas to study the conditions there and to help grassroots state security organs resolve practical difficulties.
During his spection tour, Minister Jia issued many important instructions on state security work in our region.
He said In Tibet, the political situation is stable; there are unity and harmony among the nationalities; the people are living and working in peace and happiness; and they want stability, development and prosperity. The situation is gratifying. However, it is necessary to note that the conspiratorial activities of foreign hostile forces and national splittists to infiltrate and sabotage China and effect peaceful evolution in China are still very grave. They have vainly attempted to find a breakthrough in Tibet. We should be mentally prepared for a long struggle against this.

Minister Jia fully affirmed the work of state security organs in our region.Referring to future work, Minister Jia pointed out State security organs in Tibet shoulder the heavy responsibility of opposing splittism, safeguarding the unification of the motherland and protecting the security of the state. In accordance with the Party Central Committee's principle that stability is above all else and the guilding thought put forward at the fourth party congress of the autonomous region, they should earnestly implement the important directives issued by General Secretary Jiang Zemin during his inspection tour of Tibet, focus on stabilising the situation in Tibet and its economic development, and give priority to the work of stabilising the situation. This is the priority task for state security organs in Tibet.During his inspection tour in our region, the principal leading comrades of the regional party committee and people's government called on him many times to exchange views.