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  • John Brennan

     Et un  chef de station de plus! me suis-je dit en apprenant durant septembre 2007 que John Brennan,un officier de la CIA dont je ne me souviens même plus si j'en avais entendu parler ou pas (Pour dire a quel point il n'a vraiment pas retenu mon attention)  avait en réalité été Chef de station de la CIA a Riyad! Wow,ca change tout. Le travail de la CIA en direction de ce pays du Golfe Persique attirait l'attention.Sans doute  parce que ce pays est au coeur du Moyen-Orient,que c'est le pays ou est né  Oussama Ben Laden mais aussi le coeur du wahhabisme,cette division du sunnisme qui prétend faire respecter le Coran a la lettre au point d'inviter a tuer les infidèles! 9cc029f420b3e4c4acadc5bf3e60b32c.jpg

    John Brennan.

    Entré a la CIA en 1980,Brennan a rejoint la Direction du renseignement de la CIA en 1981.Ce service,le Directorate of Intelligence (DI) ,chargée d'analyser les informations recues,est beaucoup moins réputé que son homologue,la Direction des Opérations (DO),chargée des opérations clandestines a l'étranger.Néanmoins,Brennan y fera carrière:Il est envoyé a  Djeddah de 1982 a 1984,officiellement comme membre de la section politique de l'ambassade américaine.De 1984 a 1989,en poste a la Direction du renseignement de la CIA,a la Division Moyen-Orient et Asie du Sud. Il est Chef de la section antiterroriste a la Division du Renseignement de la CIA de 1990 a 1992,chargée de l'analyse des informations.En pleine Guerre du Golfe contre l'Irak de Saddam Hussein.C'est alors une période ou l'on craint les attentats commis par les hommes de main de Saddam Hussein sur les territoires étrangers.Ensuite,Brennan occupe un poste de responsabilité a la Division Moyen-Orient et Asie du Sud a la Direction du Renseignement de la CIA, avant d'être Chargé du briefing quotidien de la Maison Blanche en 1994 et 1995.Pas une sinécure,Bill Clinton ayant la réputation de s'être désintéréssé d'une CIA minée par les scandales.C'est apparement au début des années 90 que Brennan a rencontré George Tenet,Président de la commission permanente sur le renseignement du Sénat US de 1988 a 1993 puis Directeur pour les programmes du renseignement au National Sécurity Council de 1993 a 1995.Les deux hommes vont devenir amis,ce qui va encore accélérer la carrière de Brennan a la CIA.Tenet prend le poste de Directeur-adjoint de la CIA en 1995, et prend Brennan avec lui comme assistant éxécutif. Tenet sera nommé Directeur de la CIA en 1997.Apparement,Tenet a compris la délicatesse des relations américano-saoudienne,puisque en 1996 c'est Brennan qu'il envoie diriger la station de Riyad.

    Sans citer le nom,Robert Baer,alors numéro 2 du Groupe Sud a la Division Asie Centrale de la Direction des Opérations de la CIA n'est pas tendre: Critiquant la nomination par David Cohen (Patron de la Direction des Opérations de la CIA de 1995 a 1997) de personnes "qui n'étaient pas compétentes" a la tête des stations de Tel-Aviv ,Nairobi,mais aussi Riyad,il ajoute sur ce dernier que "la seule qualification du chef de station de Riyad avait été d'avoir travaillé comme conseiller de George Tenet au National Sécurity Council".Il est vrai que Brennan n'a jamais travaillé a la Direction des Opérations de la CIA,son envoi a Riyad est ,en quelque sorte,sa première sortie sur le terrain. Mais la station de Riyad est une station assez particulière,ce n'est pas une station "offensive",c'est-a-dire une station agressive dans le recrutement et le traitement d'informateurs d'origine saoudienne.Pour ne pas fâcher l'Arabie Saoudite,fidèle alliée des américains.Quand,par exemple,a la fin des années 70,circula a Washington un rapport très défavorable sur la situation en Arabie Saoudite,la réponse des autorités saoudiennes fut extrêmement claire:En cette année 1978,le chef de station de la CIA dans le Royaume,George Cave,est déclaré "persona non grata" et expulsé. Les relations se compliquent par le manque de coopération de Riyad vis-a-vis de Washington dans la lutte antiterroriste.C'est pourquoi Brennan est envoyé,pour établir des contacts a haut niveau,faire pression pour que les saoudiens coopèrent.Un exemple est donné par James Risen dans son ouvrage "Etat de guerre":Les saoudiens détenaient en 1997 un des principaux conseillers financiers de Oussama Ben Laden,Sayebd Tahib Al-Madani. Malgré les insistances de la CIA auprès des saoudiens,elle ne put avoir accès a ce personnage que après les attentats du 11 septembre 2001..

    739dcbb3691a767376d9c469229c9562.jpgDégâts causés par la voiture piégée le 13.11.1995

    Pourtant,il y a de quoi déclencher l'alerte: Une voiture piégée explose le 13.11.1995 devant un bâtiment de la Garde Nationale Saoudienne a Riyad.Bilan,7 morts dont 5 américains et 60 blessés. 

    Le 25.06.1996,un camion-citerne Mercedes contenant 2200 Kilos d'explosifs  explose devant les Tours Khobar, le bâtiment ou habitent les militaires étrangers,a 9.50 heure locale (GMT +.3,donc 7h50 heure de Paris).Bilan initial: 20 morts et 372 blessés.

     

    1cab50f44015412890909ad79dcc9bab.jpgLes Tours Khobar peu après l'attaque terroriste

     On peut donc craindre que les terroristes ne recommencent.Mais Langley refuse,même après l'attaque de Khobar,que l'antenne de Riyad ne collecte des renseignements sur els extrémistes du Royaume.Pour ne pas se fâcher avec les Princes saoudiens que George Tenet s'efforce de séduire.Néanmoins,la station n'est pas complètement inactive.Dans ses mémoires "At the center of the storm",George Tenet rappele que a l'automne 1999 la CIA décide de harceler les officiers du renseignement extérieur iranien ,le MOIS en poste a l'étranger.Question de déstabiliser le principal soutien du Hezbollah.John Brennan,toujours chef de station a Riyad,est donc chargé de contacter son homologue du MOIS a Riyad.Ce qui donne lieu a une scène hilarante:Interpellant l'iranien,il se présente comme étant de l'ambassade américaine.L'iranien bondit de sa voiture,visiblement paniqué,et clamant que l'iran est un pays de paix.Après ce séjour a Riyad,Tenet prend Brennan comme Durecteur de cabinet, jusque 2001 ,avant d'en faire le Directeur éxécutif adjoint du Directeur Central du Renseignement (DCI George Tenet) le 26.03.2001 (Jusqu'en 2004,le patron de la CIA était automatiquement le patron de l'ensemble de la communauté américaine du renseignement,le Directeur Central du Renseignement,DCI).Le 12.03.2003,Brennan est nommé patron du du tout nouveau TTIC (Terrorist Threat Integration Center ),un service interagences chargé de fournir des informations sur les risques terroristes potentiels pour les Etats-Unis.On peut ,néanmoins,que rester sceptique devant la création de ce nouveau service,qui entraîne un nouvel empilement de structures bureaucratiques dans la lutte antiterroriste..

    Inauguration du quartier général du TTIC en 2005. John Brennan et Georges W.Bush

     

    John O. Brennan President and Chief Executive Officer Mr. Brennan was appointed President and CEO of The Analysis Corporation (TAC) in McLean, VA in November 2005. Prior to joining TAC, Mr. Brennan had a distinguished 25-year career with the Central Intelligence Agency, serving in a variety of senior positions throughout the Intelligence Community. His last assignment was (interim) Director of the National Counterterrorism Center (NCTC). Mr. Brennan was appointed to that position, with the approval of the President, by the Director of Central Intelligence in October 2004. He served as head of the NCTC until August 2005. Mr. Brennan also served as the Director of the Terrorist Threat Integration Center (TTIC) from 12 March 2003 until 6 December 2004. When the NCTC was formally launched in December 2004, all functions and responsibilities of the TTIC were transferred to the NCTC.

    Mr. Brennan began his career as an intelligence officer in 1980 with the Central Intelligence Agency's Directorate of Operations as a Career Trainee. After joining the Directorate of Intelligence in 1981, he served with the Department of State as a political officer at the U.S. Embassy in Jeddah, Saudi Arabia from 1982 to 1984. From 1984 to 1989, he served in a variety of analytic assignments in the Office of Near Eastern and South Asian Analysis in the Directorate of Intelligence. Mr. Brennan was in charge of terrorism analysis in the DCI's Counterterrorist Center between 1990 and 1992, including during Desert Shield and Desert Storm. After a management position in the Office of Near Eastern and South Asian Analysis, Mr. Brennan served as the CIA's daily intelligence briefer at the White House in 1994 and 1995. Mr. Brennan was the Executive Assistant to then-DDCI George Tenet from 1995 to 1996, and he served as Chief of Station in a major Middle East capital from 1996 to 1999. Mr. Brennan served as DCI Tenet's Chief of Staff from 1999 to 2001 and as Deputy Executive Director of the Central Intelligence Agency from March 2001 to March 2003.

    In April 2007, Mr. Brennan was appointed Chairman of the Board of The Intelligence and National Security Alliance (INSA), a not-for-profit professional association of public and private sector leaders of the intelligence and national security communities.

    Mr. Brennan is the recipient of numerous awards and commendations including the National Security Medal, the Distinguished Intelligence Medal, the Distinguished Career Intelligence Medal, the Director of Central Intelligence Director's Medal, and the Defense Intelligence Agency's Director's Award.

    Mr. Brennan earned a BA in Political Science from Fordham University in 1977, including study at the American University of Cairo in 1975 to 1976. He received a MA in Government with a concentration in Middle Eastern Studies from the University of Texas at Austin in 1980.

    Modification de l'article le 26.01.2008 et le 23.04.2008

  • La station de la CIA a Beijing

    C'est une note que je trouve quelque part décevante,car pleine de trous,mais il paraissait a mes yeux intéréssant de la publier,peut-être que quelqu'un pourra m'aider a la compléter...

     

    LA STATION DE LA CIA A PEKIN

    LA SITUATION DE 1949 A 1973 

     La débâcle des troupes de Tchang Kaï-Tchek en 1949 face aux communistes dirigés par Mao Tsé-Toung oblige les troupes nationalistes a prendre la direction de l'île de Formose,et la CIA de fermer la station de Pékin.La Chine ,d'amie,devient pour les Etats-Unis un ennemi avec la prise du pouvoir du PCC en 1949,dirigé par Mao.Et les Etats-Unis n'ayant pas de relations diplomatiques avec la Chine communiste,la CIA doit agir depuis les pays aux alentours.
    La Guerre de Corée ,déclenchée par Kim Il Sung en 1950,aussi,quand les troupes de l'ONU se mêlent au conflit ,se pose la question de l'attitude de la Chine.Il semble que ,alors,la section Chine de la CIA comptait beaucoup d'experts de ce pays.Selon le général Mac Arthur,qui dirigeait les opérations contre les troupes nord-coréennes,les experts de la CIA estimèrent que si les troupes de l'ONU entreront sur le territoire de la Corée du Nord,qu'il est fort probable que la Chine se mêlera du conflit.La RPC-République Populaire de Chine- ne cachait pas ses intentions.L'ambassadeur indien a Pékin Pannikar fut informé en septembre,officiellement,par les autorités chinoises,que la Chine ne compte pas rester sur le côté,et l'autorise a prévenir Washington,ce que l'ambassadeur fit.

    Même si l'URSS reste alors la priorité numéro 1,la CIA surveille attentivement les chinois.
    L'absence de station en Chine oblige la CIA  a travailler depuis les stations a l'étranger,entre autres celles qui entourent la Chine communiste.La station de Rangoon a aussi une section spécialisée en direction des Chinois.
    Une autre base avancée est la station de Bangkok ,d'ou la CIA envoie des changkaïchekistes .Après les ratées dans les tentatives d'envahir par les provinces du Sud de la Chine communiste,a partir de la Birmanie et de la Thaïlande de l'armée du général Li Mee et l'absence de soulèvements comme l'éspérait la CIA,la station de Bangkok fut utlisée pour former des chinois et les envoyer sur le territoire de la Chine communiste.
    De 1955 a 1957, c'est William V. Broe qui dirige la Division Chine a la Direction de la Planification de la CIA (Postérieurement appelée Direction des Opérations de la CIA).Broe sera impliqué,plus tard,dans les opérations de destabilisation du Chili (De 1965 a 1972,Broe dirigea la Division Hémisphère Ouest de la Direction des Opérations de la CIA, chargée de l'Amérique Latine).

     La priorité de la CIA concernant la Chine communiste,la RCP,est la collecte de renseignements.
    Difficile de recruter des chinois ou de les pousser a faire déféction.La CIA obtiendra néanmoins quelques résultats:Zhao Fu,responsable de la sécurité de l'ambassade de Chine a Stockholm,prend la fuite en 1962.C'était la 1ere fois que les autorités pékinoises ont reconnues la fuite d'un des leurs.
    En mai 1964,c'est Dong Jiping,qui a été envoyé a Burundi en tant qu'attaché culturel adjoint en 1963,qui fait déféction au profit de la CIA.Né a Shanghai en 1940,il y suit les cours de l'Institut des langues étrangères,et intègre ensuite le service de renseignement extérieur chinois.Il livre l'ordre de bataille du renseignement chinois en Afrique a la CIA;ce qui est fort précieux,sachant que l'Afrique est justement un des continents ou la Chine cherche le plus a s'implanter.

    Parmi les officiers 'sinologues',notons Floyd.L.Paseman qui arrivera a recruter un chinois dans les années 70.Paseman fera ensuite une brillante carrière au sein de la CIA en direction de l'Asie :Chef de station a Singapour en 1990, puis Chef de la Division Asie de la Direction des Opérations de la CIA de 1992 a 1994.

     1973: OUVERTURE DE LA STATION DE PEKIN

    Les choses changent avec la reprise des relations diplomatiques entre Pékin et Washington en 1972;la CIA ouvre alors une station a Pékin,et c'est James R.Lilley qui en prend la tête.

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     Biographie: James R.Lilley a été chef de la station de la CIA a Pékin du 16.07.1973 a mars 1975.Entré a la CIA en 1951,Lilley a été en poste au Japon ,a Taïwan,aux Philippines de 1958 a 1960, au Cambodge de 1961 a 1963, et en Thaïlande de 1963 a  1964, puis Chef de station adjoint a Vientiane,au Laos, de 1965 a 1968 et Chef de station adjoint a Hong Kong de 1968 a 1970. Chef adjoint du "China Desk" de la Direction des Opérations de la CIA de 1970 a 1973, puis Chef de station a Beijing. National Intelligence Officer pour la Chine a son retour a Langley de Pékin (Donc en mars 1975) jusque janvier 1979,quand il quitte la CIA pour la diplomatie.Ambassadeur a Taïwan du 11.01.1982 jusque 1984 , en Corée du Sud a partir de novembre 1986 jusque septembre 1988 ,et a Pékin du 02.05.1989 a 1991.

     Arrivé a Beijing sous couverture de membre de la section politique de la représentation américaine,Lilley ne fait pas de renseignement fermé.Pas encore question de recruter des informateurs,faire de l'espionnage,cela risquerait de contrarier le régime de Pékin.Et difficile d'avoir des contacts avec les chinois.Lilley fait donc du renseignement "visuel",envoyant a Langley des rapports sur ce qu'il a vu et entendu,et cultivant les contacts avec les diplomates d'Europe de l'Est,mieux introduits dans la capitale chinoise.Lilley décrira par exemple dans ses mémoires que c'est un diplomate roumain qui l'informa a l'avance de la nomination de Deng Xiaoping a la tête de la puissante Commission Militaire Centrale.

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    Biographie: David D.Gries ( A droite) a été chef de station de la CIA a Pékin de 1979 a 1980.C'est sous son ère que s'est accélérée la coopération entre les chinois et la CIA. Entré a la CIA en 1961,Gries a  en poste a Taïwan de 1962  a 1964,a Singapour de 1964 a 1968,au Japon de 1974 a 1976.En 1983 et 1984 ,Gries était National Intelligence Officer for Narcotics.  Vers 1986,Gries sera chargé des relations avec le Congrès, puis il sera directeur du Centre des études sur le renseignement (Center fot the Study of Intelligence) ,jusqu'a ce qu'il quitte le CSI a la mi-juin 1994, et la CIA en novembre 1994,après 33 ans de CIA.

    La normalisation des relations entre Pékin et Washington en 1978 ouvrent une ère de coopération entre la CIA et les services secrets chinois,qui durera jusque 1989 et les événements de la Place Tian An Men.La priorité étant la lutte antisoviétique,c'est dans ce cadre que chinois et américains coopérent a trois niveaux: C'est d'abord l'échange de renseignements concernant les soviétiques.Ensuite,en septembre 1980,le directeur de la CIA Stansfield Turner effectue son dernier voyage a l'étranger en tant que patron de l'Agence;il se rend en Chine pour conclure,en compagnie du chef de station a Beijing David D.Gries, un accord top secret concernant deux stations de surveillance de missiles soviétiques (situées a Qorla et Qitai) qui seront situées sur le territoire chinois en remplacement de celles perdues en Iran.Enfin,c' est la fourniture par la CIA d'armes achetées aux chinois et destinées aux moudjahidines afghans.Il convient de rappeler que le câble du 09.01.1973 envoyé par BKHERALD (Division soviétique de la Direction des Opérations de la CIA) a ordonné a toutes les stations de la CIA dans le monde de réactiver leur travail contre les soviétiques,en s'efforcant d'en recruter ou de les inciter a la déféction. 

     

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     Douglas Paal est un spécialiste de la Chine qui a travaillé au Département d'Etat et a la Direction du renseignement de la CIA.

    En cette année 1980 arrive aussi a Pékin Douglas Paal,spécialiste de la Chine a la Direction du renseignement de la CIA (le service des analystes).Il s'agit,ainsi,de "prendre connaissance avec le terrain".

     

     

     

    3aeeb92b2bb81ec06cf896364a19ac5c.jpg744f715361a9188bf16541439ee9d771.jpgDe gauche a droite:Jack Downing,Hugh "Ted"Price.

     Biographies

    Jack Downing (John Grégory Downing),chef de station de la CIA a Pékin de 1980 a 1982.Parle couramment chinois et russe.Né le 21.06.1940 a Honolulu,Hawaï,vétéran de la Guerre du Vietnam,Downing est entré a la CIA en 1969.Il a été en poste a Hong Kong  en 1969.DCOS a Moscou sous la couverture d'adjoint civil de l'attaché militaire de 1974 a 1976. Chef de station de la CIA a Moscou de fin 1986 a 1989.Chef de la Division Asie de la Direction des Opérations de la CIA de 1989 a 1992.Directeur de la Direction des Opérations de la CIA de 1997 a 1999.

    Hugh Price.Né en 1937 a Brooklyn,il a servi dans l'Air Force.34 ans de CIA.Entré en 1961 a la CIA,en poste a Taïwan de 1965 a 1970,en Birmanie de 1970 a 1973 .Chef de station a Pékin en 1984.Patron du service du personnel de 1986 a 1988.Chef-adjoint du Counterintelligence center de la CIA de 1988 a 1990.Chef du Counterintelligence center de 1990 a 1991 environ.Chef de la Direction des Opérations de la CIA de 1993 a 1995 (Price a été réprimandé en septembre 1994 dans le cadre de l'affaire Ames).A été en poste en Thaïlande,Birmanie,Hong Kong,Singapour,Pékin,Vietnam,Laos.Parle mandarin. 

     

      Remplacant Gries a la tête de la Station David Gries en 1980, Jack Downing en 1980 poursuit la coopération entreprise avec les chinois.Lui-même reconnaîtra ensuite que elles étaient a l'époque excellentes; elles se sont dégradées avec les événements de la Place Tian An Men en 1989..Puis Ted Price prend le relais, de 1982 a 1984. L'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan a la Maison-Blanche n'a fait que renforcer les bonnes coopérations sino-américaines.Il semble que le chef du "China Desk" a la Direction du renseignement (analyse) de la CIA ,a ce moment,soit Charles Neuhauser.

    Cela n'empêche pas la CIA,apparement a cette période,de s'activer non plus depuis Hong Kong ou la Tanzanie,mais directement depuis la station de Beijing,dans la collecte du renseignement sur les activités chinoises.On en ignore toutefois la date exacte.

     
    a14fe7d5c117674ad64d3171f014eb10.jpegBiographie: Joseph DeTrani ( A droite sur la photo), a été chef de station de la CIA a Pékin vers 1984.Entré a la CIA en 1965.En 1986,chef des services techniques de la CIA,puis nommé en 1990 chef du Centre de presse de la CIA,poste qu'il occupera jusque début 1992.Chef de la Division Europe de l'Ouest a la Direction des Opérations de la CIA en 1995,il devait être nommé chef de station a Paris en 1995 mais ,ayant dirigé les opérations de la CIA en France qui furent dévoilées dans la presse francaise en 1995,il était indésirable..Chef du CNC CIA de 1999 a 2000,puis de la Division Asie de la Direction des Opérations de la CIA de 2000 a 2003.En 2004 DeTrani a dirigé la délégation américaine chargée des négociations avec les Nord-Coréens.Ensuite,il a été chargé par le Directeur National du Renseignement John Negroponte de la coordination des activités du renseignement en direction de la Corée du Nord,poste qu'il occupe toujours.De Trani a été en poste,dans le cadre de sa carrière a la CIA, a Séoul,Hong Kong,Téhéran,Rangoon,Pékin. Parle couramment chinois et francais.

     En janvier 1986,le sénateur américain Orrin Hatch part pour Pékin.Le régime chinois aide la CIA en la fournissant en équipements qui sont ensuite transmis aux moudjahidins afghans via les services secrets militaires pakistanais,l'ISI.Accompagné du chef des services de renseignement du Département d'Etat Morton Abramowitz,du directeur-adjoint de la Direction des Opérations de la CIA et du chef de station de la CIA a Beijing.Hatch demandera aux officiels chinois d'aider les Etats-Unis dans leur soutien,pour équiper les moudjahidins en matériel plus sophistiqué.Par exemple en missiles Stinger.Les Chinois donneront leur accord.

    Dans un communiqué en date du 18.09.1989,le Guojia Anquanbu,le service de renseignements extérieur et de contre-espionnage chinois,s'inquiète de l'augmentation des affaires d'espionnage.Selon le rapport,ont été mises en cause pas moins d'une centaine de personnes pour espionnage,travaillant dans l'armée,les services gouvernementaux,le domaine politique.L'ouverture de la Chine a en effet facilité l'établissement de contacts avec les Chinois;sa montée en puissance inquiète les rivaux ainsi que les pays alentours,d'ou une activation des services de renseignements pour obtenir des informations dans les différents domaines: Politique,économique et militaire.

    Néanmoins,les informations sur la station de Beijing sont rares,pour la simple et bonne raison que elles sont soigneusement tues par Pékin.Malgré de longues recherches,il n'a pas été possible de découvrir ne serait ce que UNE annonce publique ou Pékin déclare expulser un diplomate (pas un attaché militaire) américain pour "activités incompatibles avec le statut de diplomate",doux euphémisme pour le terme d'espionnage en général.Une manière d'éviter de remuer le couteau dans la plaie.. 

    LA CRISE DE LA PLACE TIAN AN MEN VUE PAR LA CIA

    Les événements de la Place Tian An Men prendront la CIA par surprise,et sa gestion sera catastrophique.
    Tout commence avec le décès de Hu Yaobang,secrétaire général du PCC de 1980 a 1987,le 15.04.1989, qui fut écarté du pouvoir car trop "libéral". Sa mort est l'occasion de manifestations contre le régime :10000 étudiants manifestent alors sur la Place Tian An Men, un lieu hautement symbolique car elle est proche de tous les lieux importants du pouvoir;c'est un centre névralégique de Beijng,d'une part,d'autre part c'est sur la Place Tian An Men qu'eut lieu,le 01.10.1949 ,la cérémonie proclamant l'instauration de la République Populaire de Chine .

    585d347a4643864dff4bebaed5137d03.jpgPhoto de la Place Tian An Men de nos jours.

    Les étudiants dénoncent la corruption politique et crient des slogans favorables a la démocratie. Ses manifestations prennent la station de Beijing par surprise.Puis,c'est la gestion de la crise en elle-même qui sera catastrophique .Ainsi,George Bush ,alors Président des Etats-Unis,recoit un rapport affirmant que Deng Xiaoping était dans le coma.Information démentie par l'intéréssé.
    Deux jours avant que l'armée ne tire sur la foule rassemblée sur la Place ,le chef de la station de Pékin est a Langley,et assure ses chefs que l'armée ne fera rien,bien que la loi martiale ait été proclamée une dizaine de jours auparavant et que les troupes chinoises soient entrées a Pékin.

    Erreur de taille: l'armée tire sur la foule pour dégager la place, sous les yeux des officiers de la CIA qui sont répartis aux points clés de la capitale.Parmi eux, le nom de l'un  (Ou plutôt l'une) vient récémment d'être dévoilé:

    6cdda2db11c01049857db30783974f6e.jpgMartha Sutherland (a gauche) était en poste a la station de la CIA a Beijing lors des événements de la Place Tian An Men en 1989   

    Ayant depuis quitté la CIA , Martha Sutherland a passé 18 ans a la Direction des Opérations et était en poste a la station de Beijing lors de la répréssion. D'après Roger Faligot , dans son ouvrage "'les services secrets chinois de Mao aux JO", elle était même chef de station adjoint. Devant l'absence du Chef de station de la CIA a Pékin,c'est James Lilley,alors ambassadeur américain dans la capitale chinoise, qui a été lui-même chef de station a Beijing de 1973 a 1975 ,qui prend les commandes.On s'étonne néanmoins que ce rôle n'ait pas été dévolu au Chef de station adjoint de l'antenne,chargé de remplacer,normalement,son supérieur.                                                                                             

     Devant la violence de la répréssion des services de sécurité chinois,la CIA réagit avec l'opération YELLOW BIRD, sur ordre écrit (Finding présidentiel) de George Bush : En coordination avec la DGSE et le MI6 ,mais aussi avec l'aide des Triades chinoises ,la CIA réussit a faire exfiltrer nombre de dissidents politiques chinois. Six mois durant,après la répréssion de la Place Tian An Men, se basant sur ses meilleurs agents en Chine, a Hong Kong,et Macao ,la CIA fait procurer des refuges sûrs et des moyens d'évasion.

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     Li Lu

    Ainsi "disparaissent" les dissidents Li Lu (Un des principaux organisateurs et leaders du mouvement estudiantin dissident)  et Wuer Kaizi (Leader étudiant d'origine Ouïgour) ,puis Wan Runnan et Yan Jiaqi.On estime que des centaines de dissidents seront ainsi exfiltrés vers Hong Kong, et environ 200 voire 250 personnes au total seront sauvées lors de l'opération "YELLOW BIRD".

     

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    Yan Jiaqi 

    La CIA mettra dans l'opération toute sa panoplie :Déguisements, téléphones brouillés, signaux infrarouges, hors-bords et armes pour les opérations en mer. Selon un ouvrage,un officier de la CIA commenca a secourir les dissidents quand les chars de l'armée chinoise commencèrent a écraser les protestants dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 a Beijing. 15 des 21 étudiants "les plus recherchés" furent ainsi secourus par le renseignement américain avec l'aide des services britanniques et francais,mais deux des leaders étudiants qui furent capturés,et probablement éxécutés,étaient les informateurs les plus importants de la CIA en Chine.Pour "YELLOW BIRD" ,la CIA utilisa des fondations et corporations francaises,britanniques, portugaises, pour brouiller les pistes.Il semble que le Guojia Anquanbu,le Ministère de la Sécurité d'Etat chinois,ait compris l'existence de cette filière.Les informations obtenues par la presse fin 1989 font état d'une unité du Guojia Anquanbu dépêchée a Canton,(une des plus grandes villes chinoises, très proche de Macao et Hong Kong géographiquement) pour enquêter sur l'existence de cette filière d'évasion.
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    Wuer Caixi

    Les événements de la Place Tian An Men ont évidemment envenimés les relations non seulement diplomatiques avec la Chine,mais aussi sur le terrain du renseignement.Les stations d'écoute de Qorla et Qitai seront fermées.

     
    LA CHINE,UNE PRIORITE DE LA CIA.

    La chute de l'URSS en 1991 n'a pas que des conséquences en Europe de l'Est: La principale raison de la coopération CIA-Services secrets chinois était la lutte contre les soviétiques.Il faut y ajouter que la Chine communiste,a partir de 1992,reprend de la puissance,avec la relance des réformes économiques libérales.La croissance annuelle est de 8% en moyenne.Et les deux pays n'ont eus de cesse de s'espionner.Donc,la CIA ne cesse de surveiller la Chine,et de se concentrer sur ce pays.
    Il semble que la station de Beijing ait été dirigée de 1992 a 1994 par Joseph DeTrani.En effet,les informations obtenues indiquent que DeTrani ai été deux fois chef de station a Beijing,et après analyse ,il semble que la deuxième fois qu'il dirigea l'antenne,ce fut de 1992 a 1994.

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     De 1995 a 1997 c'est Scott Harrison,un officier particulièrement expérimenté ,qui dirigera la station de Pékin

     Biographie:Scott Harrison,Chef de station de la CIA a Beijing de 1995 a 1997.Harrison est entré a la CIA en 1969. Il a servi au Laos,en Thaïlande, puis en 1982aux Philippines , en Sierra Leone de 1985 a 1987, en Malaisie en 1990,en Ethiopie de 1990 a 1992, au Cambodge vers 1993,chef de station a Pékin de 1995 a la fin 1997. Quitte la CIA en 1999.Son dernier poste était celui de coordonner le travail des différents agences fédérales américaines dans la lutte contre le narcotrafic.Il travaillait alors au Centre antinarcotiques de la Direction des Opérations de la CIA.

    Bien que la CIA continue a travailler en direction de la Chine,elle doit faire face a nombre de problèmes: c'est la bureaucratisation des procédures, l'envoi d'officiers peu expérimentés-quand ils ne parlent pas la langue du pays ou ils sont envoyés- ainsi que le désintérêt manifeste de Bill Clinton dès sa prise de fonction comme Président des Etats-Unis en 1992 pour ce qui touche a la CIA.

    L'arrivée a la tête de la CIA de Georges Tenet entraîne un début de crispation.Tenet indique publiquement que la Chine,comme la Russie,sont des priorités pour la CIA.Tenet estime que la CIA se conduit "de manière passive" vis-a-vis de ses deux pays,car ,comme il le déclare,même si la Guerre froide est terminée.

     Parmi les pays prioritaires pour la CIA se trouve la Corée du Nord.Donc,étant donné que nombre de nord-coréens se réfugient en Chine,et que les deux régimes ont de bonnes relations, la station de Beijing sert aussi a la collecte d'informations sur la Corée du Nord.

    46c552c2dc76e692c89a487bc60a7873.jpgHwang Jang Yop,haut fonctionnaire du Parti des travailleurs nord-coréen

    Ainsi,le 12.02.1997,se réfugie a l'ambassade sud-coréenne a Beijing Hwang Jang Yop.Pas n'importe qui: Jang Yop,74 ans, était secrétaire au Comité Central du Parti des travailleurs nord-coréen,chargé des affaires internationales,et proche de Kim Jong-Il,le leader nord-coréen.Donc il ne connaît que trop le système de la Corée du Nord.Le jour même de sa déféction,Hwang rencontre le chef de la station de Pékin,pour lui donner la liste de 5-7 hauts fonctionnaires nord-coréens prêts a faire défection,selon lui.Malgré les pressions exercées par le régime de Pyongyang,Beijing autorise le départ de Hwang Jang Yop pour Séoul.

    Les relations sino-américaines,néanmoins,qui s'étaient dégradées suite aux événements de la Place Tian An Men en 1989 ,et normalisées ensuite,subissent un nouveau coup suita a une erreur monumentale: En pleine Guerre du Kosovo en 1999,les forces de l'OTAN bombardent Belgrade.Et un des sites touchés est...l'ambassade de Chine a Belgrade,provoquant la fureur des autorités de Pékin et des manifestations devant son ambassade.Dans son édition du 11.05.1999,le "Figaro" indique que sur ordre de Langley,la station de la CIA a Beijing (Alors dirigée par Timothy Long?) détruit les documents les plus sensibles dès le début du siège de l'ambassade .Il est hors de question que ,comme en 1979 a Téhéran,une foule ne s'empare de l'ambassade et des documents de la station de la CIA..Cette information du "Figaro" n'a,toutefois,pas été confirmée par d'autres sources.Etant donné le climat latent,elle paraît néanmoins fort probable.Ensuite,le calme reviendra.

     Evidemment;une des menaces est la puissance militaire chinoise.La CIA devra tenir compte de la réussite des essais chinois de leur nouveau missile,le DF-31 ,le 02.08.1999,par la deuxième base d'artillerie de l'Armée Populaire de Libération chinoisedans la province de Shanxi,tandis que le point d'impact était a Lob Nor.

    Donc,début septembre 1999 est rendue publique une analyse de la CIA  sur les pays représentant un danger pour les Etats-Unis avec leurs missiles ballistiques.Le danger n°1 est la Russie,avec ses 1000 ICBM (Missiles Intercontinentaux Ballistiques.On appele ses missiles des ICBM car les ICBM ont une portée pouvant aller de 6000 a 13000 Kilomètres.On les distingue des missiles tactiques- missiles balistiques a courte portée,les SRBM- dont la portée est inférieure a 800 kilomètres,et des IRBM,a portée intermédiaire,entre 2400 et 6400 Kilomètres ),et la menace numéro 2 est la Chine communiste avec 20 missiles capables d'atteindre les Etats-Unis.En cette année 1999,la Chine a essayée un système de missiles du nom de DF-31 qui dispose d'un rayon d'action de 8000 Kilomètres.Ses missiles,toutefois,sont dirigés non pas contre les Etats-Unis,mais contre ... les pays d'Asie et la Russie.La CIA estime néanmoins que vers 2015 la Chine aura une dizaine de ICBM dirigés contre les Etats-Unis,et qui donc menaceront le territoire national

    Suivant le mot d'ordre de Tenet,donc,la CIA cible les représentations chinoises,parfois de concert avec les services secrets locaux.Le but est d'obtenir le plus d'informations sur les intentions de la Chine,ses responsables.

     En décembre 2000,un haut responsable de l'Armée Populaire de Libération (Armée de la Chine communiste),le lieutenant-colonel Xu Junping,fait déféction au profit des services secrets américains.Xu Junping,qui parlait couramment anglais, était depuis 1996 chef du département Amérique du Nord et Océanie au bureau des Affaires étrangères du Ministère de la Défense chinoise,c'est donc un des personnages clefs de l'élaboration de la stratégie militaire chinoise envers les Etats-Unis.Il devait être nommé prochainement Général de l'armée chinoise.Un poste important.Sa déféction fera donc beaucoup de bruit.Beau succès pour la CIA,qui est néanmoins a relativiser: Xu Junping était un "walk-in",c'est-a-dire que il n'a pas été recruté par les services secrets américains,mais a proposé lui-même ses services.Se pose néanmoins la question:Pourquoi?

    Les versions varient sur sa déféction de ce haut cadre de l'armée chinoise: Selon une version, il aurait ,grâce a son passeport diplomatique,pris un vol jusque Bangkok,et de la un vol vers Washington,d'ou il appelle un numéro qu'un officier de la station de la CIA a Beijing lui aurait donné. Selon un autre version,il aurait fui du Canada ou de New York alors qu'il était avec une mission militaire chinoise.Concernant sa femme,qui était restée a Pékin,elle aurait été exfiltrée lors d'un cocktail diplomatique (Donc par la station de la CIA a Pékin).Une fois pris en main par les services secrets américains,il entre dans le programme de protection des témoins.

    Xu a commencé sa carrière dans le milieu des années 70,quand il est choisi pour partir étudier l'anglais en Grande-Bretagne.Avec une élite triée sur le volet:Parmi eux,Yang Jiechi,qui fut ensuite ambassadeur chinois a Washington de 2001 a 2005,et est actuellement vice-Ministre des affaires étrangères ,ainsi que le patron de Xu Junping a l'office des affaires étrangères de la Commission Militaire Centrale,le Major-Général Zhan Maohai.Cette année en Grande-Bretagne,a l'université de Bath (secteur sud-ouest de la Grande-Bretagne) permettra a Xu d'apprendre l'anglais.En 1996,Xu Junping est nommé chef  du département Amérique du Nord et Océanie au bureau des Affaires étrangères du Ministère de la Défense chinoise.En 1998,il part pour étudier un ans a Harvard dans un cycle d'études spéciales en management politique destiné aux officiers supérieurs chinois,jusque 1999,ou il retourne alors a Pékin après la fin de l'année académique.

    Parmi les informations fournies par Xu Junping au cours de ses débriefings par les officiers de la CIA aux Etats-Unis :Des informations sur les opérations d'espionnage des services secrets chinois contre les principaux secteurs économiques et industriels aux Etats-Unis; le renseignement chinois a établi des bases dans les quartiers de Chinatown a San Fransisco, New York et d'autres villes.Certains sont sous l'apparence de restaurants ou de maisons closes; le renseignement chinois paye des étudiants chinois pour faire de l'espionnage.

    Avec la montée en puissance progressive de la Chine depuis 1978 (avec les réformes économiques sous l'ère de Deng Xiaoping),la Chine communiste s'est modernisée ,est devenue une puissance majeure du point de vue économique et politique.Les journaux ont particulièrement abondé en ce sens,parfois en exagérant,durant l'année 2005. Concernant la CIA,il est significatif de noter que lors d'une réunion en janvier 2001 ou participèrent George Bush,ainsi que pour la CIA le directeur George Tenet et le patron de la Direction des Opérations de la CIA James Pavitt, l'émérgence de la Chine et en particulier de ses capacités militaires était considéré comme la 3ème menace majeure pour la sécurité nationale des Etats-Unis (Même si ce problème ne se poserait pas avant cinq a quinze ans minimum) , juste après Ben Laden d'une part,et le problème de la prolifération des armes de destruction massives sous forme chimique,nucléaire et biologique d'autre part. Cela montre clairement l'importance qu'attache la CIA sur l'évolution de la RPC.

    Le dispositif mis en place par les services de renseignement américains pour surveiller la Chine est particulièrement vaste: En plus des stations de la CIA a Beijing et Hong Kong,l'Agence a déployée au coeur du territoire chinois des officiers dans les consulats de Shanghaï,Chengdu,Guangzhou.Autour de la Chine communiste,la surveillance s'opère depuis Taïwan et le Japon (Voir l'article en annexes)

     36647e0628f8f13188109cb8ab9566c1.jpg

     Rolf Mowatt-Larssen devait prendre vers 2002 la tête de la station de la CIA a Beijing.La biographie de cet officier de la CIA est disponible ici

     

     Les attentats du 11 septembre 2001 changent évidemment la donne,puisque désormais priorité est donnée a la lutte antiterroriste par l'administration Bush,d'ou un renforcement de la coopération avec Pékin.A tel point que Rolf Mowatt-Larrssen,chef de station de la CIA a Moscou en 1994,et qui prenait des cours de chinois juste après le 11 septembre,devait prendre la tête de la station de Pékin.Le contexte de lutte antiterroriste oblige a changer la donne,puisque Mowatt-Larrssen se voit confier la direction du CPD (Département de contreprolifération de la Direction des Opérations de la CIA) ,qui monte en puissance.La CIA doit donc chercher un successeur a Mowatt-Larrssen.

    b26a67645add64858a1f246119e12cdb.jpg

     

    Biographie: Stephen Holder,chef de station de la CIA a Pékin en 2002 sous la couverture de conseiller pour la coordination des programmes de l'ambassade américaine.En poste a la station de Pékin en 1980.Chef de station a Kiev en 1997,officiellement conseiller aux affaires régionales de l'ambassade américaine.Chef de station a Pékin. Date exacte d'arrivée en Chine pour l'instant inconnue.Expulsé en 2002.Holder a quitté la CIA peu après avoir été expulsé de Beijing.Il a été en poste aussi a Taîwan et en Italie.


    Les relations Chine-USA commencent néanmoins a se dégrader, illustrées par l'expulsion en 2002 de Stephen G. Holder, Chef de station a Pékin,officiellement conseiller pour les programmes et les plans de l'ambassade américaine a Beijing. Les informations obtenues indiquent que Stephen Holder avait aussi été en poste a l'ambassade américaine a Beijing en 1980.Aujourd'hui,Holder est âgé de 57 ans.Il est difficile de dire quand exactement Holder est arrivé a Pékin.Etant donné que son expulsion a été "évoquée" (Vraiment très discrètement) dans la presse,a l'occasion de la tournée de Colin Powell en Asie a la mi-2002,on peut supposer que l'expulsion est plutôt récente.Se pose la question:Pourquoi expulser Holder? La question n'a pas obtenue de réponse,on se contentera de formuler plusieurs hypothèses:

    Holder a pu être pris en flagrant délit d'espionnage et expulsé;il a été mêlé a une affaire d'espionnage et en a payé les conséquences avec un peu de retard (On peut très bien partir de l'hypothèse,par exemple,que il est mêlé a la déféction de Xu Junping,mais que les chinois n'ont réagis ou ne l'ont découverts que tardivement); mesure de représailles (Ainsi Pékin fait clairement savoir qu'il en a assez des opérations menées par la CIA depuis sa station de Pékin) 

     
    Pour le remplacer il semble que ce soit Keith E.Riggin,entré en 1982 a la CIA,qui arrive a Beijing.Riggin parle couramment chinois,et a fait ses preuves a Myanmar (Officiellement il était 2ème secrétaire de l'ambassade américaine a Rangoon,Birmanie) ,ou il était en place en 1990,en soutenant l'opposition au régime dictatorial en place.De 2000 a 2002,Keith Riggin a été chef de station a Kuala Lampur (Malaisie),officiellement conseiller aux affaires régionales.Il a quitté la CIA en 2006.Une des raisons de son départ,selon lui,est sa décéption de voir le peu de ressources qu'on accorde pour travailler sur la Chine.


    En février 2005 le patron de la CIA Porter Goss déclare que "Le développement des forces militaires chinoises pourrait mettre en cause l'équilibre stratégique avec Taïwan et menace aussi les forces américaines en Asie",car la modernisation de l'armée chinoise pourrait,pour reprendre le directeur de la CIA, "modifier l'équilibre des pouvoirs dans le détroit de Taïwan".Est notée l'augmentation,continue et importante, des dépenses militaires chinoises ,le passage des différents corps d'armées sous la férule du Comité permanent de la Commission militaire centrale  sans oublier l'augmentation des investissements en matière de hautes technologies.
    Les analystes de la CIA notent toutefois que la Chine est aussi un pays très fragile,confronté a des problèmes aussi bien sur le plan financier (Créances douteuses,corruption) que social (Pollution,inégalités,chômage,pauvreté) et géopolitique.Dans un rapport déclassifié daté de 2001,le Center for intelligence study note par exemple que,depuis deux décénnies,les médias chinois se sont autonomisés et diversifiés,avec une multiplication ,par exemple ,du nombre de journaux (Plus de 2200 en 1997,contre 382 en 1968).Il faut y noter le déclin de l'idéologie ,l'augmentation du scepticisme de la population vis-a-vis du régime,l'augmentation des contacts avec les pays de l'Ouest,ce qui a permis cette autonomisation,et diversification,de la presse.Néanmoins,les autorités exercent toujours un contrôle sur les médias.

     En 2004 débarque le chef de station de Pékin Monsieur M..,officiellement Conseiller pour les programmes et les plans de l'ambassade américaine.Il prend la tête de l'antenne pékinoise,qui reste incontestablement une des stations les plus importantes du monde pour la CIA.Le rôle des stations de la CIA dans le monde est encore renforcé par la Directive du Directeur National du Renseignement,John Négroponte daté de mai 2005,et demandant a tous les chefs de station (Donc celui de Beijing compris) de le représenter localement,d'une part;de lui rendre immédiatement compte dès qu'une question concerne plusieurs services de renseignement d'autre part.Sur le papier est donc indiquée la prééminence des chefs de station de la CIA sur leurs homologues des autres services.

    Il semble bien que c'est M... qui a remplacé Keith Riggin.M... a quitté Pékin en 2007, pour être remplacé par un officier qui a été en poste a Beijing il y a quelques années.

     

     

    ANNEXES

     

    The Weekend Australian Samedi 14.04.2001

    HEADLINE: US to resume air watch on China - SPY PLANE CRISIS: THE FALLOUT

    SOURCE: The Times



    BODY:THE US is expected to send a spy plane on a new mission to the Chinese coast
    within the next week.

        The planned flight is likely to anger Beijing and could undermine a meeting
    next Wednesday at which China and America will discuss the future of
    reconnaissance operations in the South China Sea.

        Analysts say clashes over such intelligence missions are likely to continue.
    The plane, expected to be a Navy P3 Orion anti-submarine craft or an air force
    four-jet-engine RC135 based on the Boeing 707, will leave from a US base in
    Japan and may be intercepted by Chinese jets as neither side has made any
    commitment so far to scale back operations.

        Eric Grove, of Hull University in northeast England, said: "More of these
    conflicts will crop up in the future."

        The potential for conflict is substantial because of the size and diversity
    of the US spying effort, and because of the ferocity with which China opposes
    it. Washington's intelligence-gathering operation on China uses satellites;
    mobile reconnaissance teams in Pakistan, Central Asia and Mongolia; listening
    stations in Taiwan, Japan and South Korea; submarines tapping into deep sea
    cables; warships observing Chinese naval exercises; surveillance aircraft; and
    CIA stations in Beijing and Hong Kong, as well as CIA officers in the Shanghai,
    Chengdu and Guangzhou consulates.

        Robert Karniol, of Janes Defence Weekly, said: "All of these things work in
    combination." The information gathered is processed at a base in Omaha,
    Nebraska, and then parcelled out to US agencies and government departments.

        The monitoring is mainly aimed at the Chinese military to assess both its
    hardware and its operational capabilities. By observing exercises, US analysts
    can assess anything from the rigidity of the chain of command to the morale of
    different sections of the People's Liberation Army.

        Observers say they believe assessments of an opponent's human capabilities
    are often more important than knowing exactly how many tanks and submarines are
    deployed by the other side. This explains why the US is relying so heavily on
    espionage planes with listening equipment rather than solely on satellites,
    which are safer but can only photograph hardware.

        Dr Grove said: "This type of reconnaissance provides one of the best
    pictures you can get of the other side." US officials said the Chinese operation
    was flying the same number of intelligence-gathering planes as at the height of
    the Cold War. The number of missions targeting China is more than 200 a year.
    "This is a multi-billion-dollar effort," one

        US defence official noted.

        According to military analysts, China is more strongly opposed to such
    missions than even the Soviet Union was during the Cold War. Unlike Moscow,
    Beijing does not have the capabilities to conduct a wide range of high-tech
    spying missions and therefore feels more vulnerable.

        According to Dr Grove, China and the US could try to minimise future
    conflict over intelligence-gathering by agreeing to certain regulations.

        He said: "One of the Cold War lessons about how to keep it cold is that you
    need rules, both formal and informal. They could agree on a minimum distance
    their ships and planes have to keep from each other. I would not be surprised if
    there were a Chinese officer sitting down right now to write a memo advocating
    this."

        The main precedent for such regulations is the 1972 Incidents at Sea
    Agreement between the Soviet Union and the US. Before that, Russian sailors
    regularly engaged in games of chicken leading to loss of life, according to
    university textbook American Naval Heritage in Brief.

        Even if such rules are agreed, the potential for conflict remains. As long
    as Beijing and Washington are fundamentally divided over intelligence-gathering,
    the Sino-US relationship is likely to remain in limbo.

        More than anything, the differing attitudes over spy flights exposes the
    split. A Chinese Foreign Ministry spokesman called the flights an insult to
    China's dignity.

        Across the Pacific, Richard Fisher, a senior fellow at the Jamestown
    Foundation, a Washington-based defence think tank, said: "These flights should
    resume to make the point that this is international airspace, and we have the
    right to conduct surveillance that is deemed vital to our national security."

       WASHINGTON'S EYES ON BEIJING

       US Air Force 'Rivet Joint" electronic surveillance aircraft Aleutian Islands

       THE BOEING RC 135 "RIVET JOINT"

       DIMENSIONS

       LENGTH: 164ft

       WINGSPAN: 145ft 9in

       WEIGHTS

       EMPTY: 77.6 TONNES

       TAKE-OFF: 152.4 TONNES

       PERFORMANCE

       MAXIMUM SPEED: 530 mph

       RANGE: 11 HOURS, 20 WITH INFLIGHT REFUELLING

       ARMAMENTS

       NONE

       CREW

       FOUR FLIGHT CREW PLUS INTELLIGENCE PERSONNEL

       AIRCRAFT TYPE

       * Signals intelligence collection with sophisticated electronic warfare
    support

       * Can transfer information to AWACS aircraft and to Tactical Digital
    Information link via satellite

       * Has secure VHF, HF and SATCOM communications

    LOAD-DATE: November 27, 2001

     

     EXTRAIT DE L'INTERVIEW DE COLIN POWELL RELATIVE A STEPHEN HOLDER

    Interview by "Far Eastern Economic Review"

    Secretary Colin L.Powell 

    Bangkok, Thailand

    July 29, 2002.

     

    QUESTION: I know we don’t have a whole lot of time, so just a couple or few more questions, just one specific one: Can you shed any light on the Steven Coulder (sp) who was the Counselor for Programs and Plans in the Beijing Embassy? We understand he’s the CIA Station Chief there, and the Chinese asked to have him removed, and he has left Beijing. Can you shed any light on that?

    SECRETARY POWELL: No.

    QUESTION: No comment at all on that? You can understand my reason for asking that.

    SECRETARY POWELL: And you can understand mine.

     

    Note  modifiée le 26.11.2007 et le 24.04.2008

  • La station de la CIA a Paris

    CIA STATION IN PARIS

    La station de la CIA a Paris ouvre dès 1948,quand est envoyé sur place Philip C.Horton,un chef de station particulièrement alarmiste sur la situation en France.Alors,les relations entre services secrets US et francais sont réduits 0543eaaab75b995ec4a2e46c129f9a2f.jpgau minimum.

       Robert Thayer,chef de station a Paris de 1952 a 1954.

    Parmi les renseignements intéréssant Langley,ceux relatifs aux programmes nucléaires francais.Pour cela,la CIA peut aussi compter sur la coopération ,secrète,de la Nouvelle-Zélande.Dans un rapport daté du 29.05.1957 (et largement caviardé),l'Office of Current Intelligence de la CIA estime que "En France la pression semble augmenter,en faveur d'un programme national d'armement nucléaire,un commentaire de l'AFP du 27.05.1957 notant même que les Partis politiques francais les plus importants sont tous d'accord sur un point: L'arme atomique est une condition nécéssaire pour l'indépendance de la France.Aucun gouvernement n'est capable de renouveler les assurances de Guy Mollet ,qui avait assuré que la France ne se dotera de l'arme nucléaire que si un accord sur un désarmement partiel est atteint".
      L'arrivée de De Gaulle au pouvoir change évidemment la donne.Celui-ci compte bien faire de la France une grande puissance ,indépendante aussi bien vis-a-vis des américains que des soviétiques.Cela se manifeste clairement avec sa volonté de donner a la France une force nucléaire.

    a100808a3b1a5e9a85fe8abc2ea25359.jpgDe Gaulle ordonnera même l'expulsion du chef de station de la CIA a Paris,James Hunt (1954-1958,chef de station a Paris)

     James Hunt,chef de station de la CIA a Paris de 1954 a 1958.Il assistera au retour au pouvoir du Général de Gaulle.

    C est sous Hunt justement que services secrets americains et francais developpent leurs relations. La CIA fait toutefois plus confiance a la DST , le contre-espionnage francais, plus fiable que le SDECE qui a la reputation d etre infiltre par les services secrets du Bloc communiste et donc moins fiable

     

     

     

    . Photo prise en 1967 par le satellite KH7 de l'archipel de Mururoa.Les flèches désignent les sites d'essais d'armes nucléaires.

    Dans les années 60,c'est la chasse a la taupe au sein du SDECE qui va particulièrement intérésser la station de Paris.Tout part des informations du transfuge du KGB Anatoly Golitsine,qui a fait déféction fin 1961 au profit de la CIA et prétend que le KGB dispose d'un réseau d'informateurs au sein du SDECE,le renseignement extérieur francais.Sur demande de Kennedy en personne,au printemps 1962,Alfred Ulmer,alors chef de station a Paris,rencontre De Gaulle pour lui remettre une lettre du Président des Etats-Unis."Vos histoires d'espions m'indiffèrent" réplique le Général,persuadé que cette histoire n'est qu'une invention des américains. Il a de quoi,car la CIA n'apprécie guère De Gaulle et ses velleités d'indépendance.Elle aimerait reruter des personnes dans son entourage,et rédigera une note sur Maurice Couve de Murville,un des plus fidèles alliés du général.Mais,estime la CIA,il n'a pas le profil pour trahir le Général.

    Cela n empeche pas des cette epoque le debut de l affrontment entre services secrets de se poursuivre en Afrique, ou la CIA ,le BND , le SDECE et le Mossad doivent affronter les sovietiques et leurs allies qui ont choisis les pays decolonises comme cible pour s implanter. Les services secrets du monde occidental ont alors deux objectifs: Preserver et/ou implanter leurs interets nationaux dans les pays d Afrique mais aussi faire piece au developpement du communisme. Le SDECE y prend une part tres active, en tentant de renverser Sekou Toure ou en soutenant l insurrection armee dans la region du Biafra au Nigeria. Mais la concurrence entre services secrets occidentaux existe aussi. Sous le commandement de Maurice Robert, alors chef de la Division Afrique a la section du Renseignement du SDECE, on decouvre l intention des amercicains de soutenir un opposant au regime gabonais pour renverser le regime qui a le soutien de Paris. La reponse est immediate : Cet opposant est prevenu qu il est demasque tandis que Mqurice Robert rencontre un officier de la Station de Paris pour lui dire de cesser les activites au Gabon. En retour ,en 1964, Maurice Robert est invite au QG de la CIA pour une semaine, pour faire le point sur la situation en Afrique.

    af1b280a5f329d35f3c71eeb08c9cd3a.jpgDavid Murphy (a gauche).   Ensuite,durant les années 70,la Station de Paris va être touchée par plusieurs scandales. La CIA a toujours privilegie une DST plus fiable a un SDECE passoire, mais Alexandres de Marenches, nomme directeur du SDECE et americanophile, a comme priorite de retablir de bons contacts avec l Agence americaine. Sauf que quand le patron de la Division du contre-espionnage de la CIA ,James Angleton,dit au chef du SDECE,Alexandre de Marenches,que le chef de station a Paris James Murphy , arrive en 1968 a la tete de l antenne dans la capitale francaise, est un espion a la solde des soviétiques,ca fait froid dans le dos! La DST et le SDECE ont de quoi hésiter a coopérer avec la station de la CIA a Paris. Fort heureusement, les propos de Angleton seront ensuite contredits par une enquete interne de la CIA, l'incident est clos, et Angleton, qui etqit depuis longtemps considere comme paranoiaque, devra quitter la CIA fin 1974.

    .Mais ensuite,c'est le Parti communiste Francais qui découvre l'opération "Aquarium",montée par la CIA,consistant a surveiller le siège du PCF. Le Parti se fera un plaisir d'avertir les services secrets francais qui n'apprécient guère que les 2a5186dfe8896c4ee7e46e5616da1864.jpgaméricains agissent en France comme si ils étaient chez eux. Parmi les officiers impliqués apparaît Michael Berger, un spécialiste du travail contre les partis communistes en Amérique Latine.

    Jim Olson,officier de la CIA a partir de 1969,commencera sa carrière a Paris ou il est envoyé en 1971.Il fera ensuite une ascension, fulgurante,servant a Moscou comme chef de station adjoint,a Langley comme chef des opérations en URSS de la Division Soviétique,a Vienne comme Chef de station puis ,de retour a Langley,il sera succesivement chef-adjoint et enfon chef du Counterintelligence center de la CIA.

     

     Puis en 1976,Libération publie une liste d'officiers de la CIA en poste a Paris! c'est presque toute la station qui se retrouve "grillée".Les dégâts sont considérables: Sont dévoilés les noms de 44 officiers de la CIA,ainsi que les méthodes pour les identifier etc..


    250e9f78cced2a1ede9ae9fd0f084114.jpgDonald Bowman,officier de la station de Paris de 1974 a 1978.  

    Les informations obtenues ont permis de confirmer l'appartenance a la CIA de nombre de personnes citées,:Eugene Burgstaller ,le chef de la station de Paris,qui a quitté la CIA en 1979;Francis Jeton,spécialiste des affaires africaines (Normal pour un ancien chef de station a Prétoria,Afrique du Sud),Oleg Selsky ,spécialiste des soviétiques (En poste au Chili,son nom est ensuite apparu dans le cadre de l'affaire Loguinov,Selsky ayant interrogé Loguinov quand celui-ci était détenu en Afrique du Sud) qui a fait carrière au sein de la Division soviétique essentiellement tout comme Jack Platt,et Donald E.Bowman a été ensuite identifié comme chef de station en Asie,.Après l'orage l'antenne parisienne de la CIA se fait plus discrète.Sous la couverture de 1er secrétaire des affaires multilatérales de l'ambassade américaine a Paris,le chef de station Edwin Franklin Atkins (En poste au Caire lors de la crise de Suez de 1956 puis a Rome dans les années 70) réactive discrètement la station,qui pronostiquera très justement la victoire de Francois Mitterrand aux éléctions présidentielles de 1981. Atkins quitte peu après la CIA pour le secteur privé.

    Vers 1982,la station (Alors dirigée par John Seidel) compte environ 70 officiers ,selon Yves Bonnet,alors patron de la DST.Elle entretient de très bons liens avec les services secrets francais (Seidel préviendra par exemple Yves Bonnet que le terroriste Carlos a été localisé en Suisse,mais l'équipe envoyée sur place ne vera pas le célèbre tueur) ,sans pour autant en faire des subordonnés. On peut se demander ce que font autant d'officiers affectés a Paris? Evidemment, les priorités ont déja été énumérées (Travail en direction de l'Afrique,surveillance du nucléaire francais,lutte contre le KGB.....).Mais les services secrets francais n'apprécient guère que la CIA vienne mettre le nez sur leur territoire.Par exemple est expulsé ,au début des années 80,un officier de la CIA en poste a Paris qui traitait un attaché hongrois,sans que la DST en soit avisée. Un autre officier de la Station qui tentait de recruter un cubain quittera precipitamment Paris fin 1981.

     

    4547e297ed3bc3eda05b35abc5fd5e98.jpgRobert Baer,officier de la Station de Paris a partir de 1989.

     Selon Robert Baer,qui fut affecté a la station de Paris de 1988 a 1989  ,en fait la station de Paris ne faisait RIEN.Dans son ouvrage "La chute de la CIA",Baer est catégorique:La station de Paris (et ce alors que la France dispose d'une forte population musulmane,et avait été victime en 1985 et 1986 d'attentats sanglants commis par Fouad Ali Saleh et son réseau agissant pour le Hezbollah) ne disposait que de quelques agents arabes,opérant a la périphérie du terrorisme.Et d'un! Baer en rajoute,estimant que la station de Paris "faisait semblant d'espionner",les informations obtenues étant d'un intérêt médiocre.Ajoutez-y que peu d'officiers traitants parlaient francais. Exception pour le Chef de station de Paris,Charles Cogan (1984-1989) ,francophile parfait (L'auteur de l'article ,ayant eu l'occasion de rencontrer M.Cogan,confirme ce point).

     

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     Charles Cogan,chef de station a Paris de 1984 a 1989.Cogan a dirigé la Division Asie du Sud/Moyen-Orient de 1979 a 1984,ce qui l'a placé au coeur de la lutte antiterroriste au Liban et de la fourniture d'armes aux moudjahidins afghans luttant contre les soviétiques.

    Inactive la station de  Paris? Pas sûr.En cette fin des années 80,la DGSE perd soudainement son réseau au coeur des Etats-Unis,surtout dans le domaine de l'espionnage industriel.La raison? Un officier de la DGSE alcoolique a été "retourné" par un officier de la CIA en poste a Paris et a livré tout ce qu'il savait sur le travail de la DGSE contre les Etats-Unis.. Les industriels concernes seront discretement affectes dans des entreprises, et la DGSE et la CIA ne retabliront de bonnes relations que en 1991.

    La station de Paris n'est pas un terrain aussi difficile que Moscou,Delhi,Vienne ou Pékin,ou entre KGB et CIA ,la bataille est rude pour recruter dans le camp d'en face la priorité numéro 1. Si la station de la CIA a Paris est ,surtout dans les années 40 et 50,au premier plan consacrée dans la lutte contre les communistes en France,cette tendace évoluera ensuite .La jeune CIA compte alors des officiers de l'OSS ou des diplômés d'universités..Ensuite,la station de Paris,même si elle continue son travail contre un Parti communiste francais qui décline progressivement ,ainsi que un les soviétiques et leurs satellites,devient surtout une station "honorifique",dont la direction est confiée a des officiers méritants et ayant déja une grande expérience a leur actif. Ce phénomène s'amorce avec l'arrivée a Paris de Al Ulmer (Nommé chef de station a Paris en récompense de ses succès a l'antenne d'Athènes).Il sera ensuite confirmé avec la nomination a Paris en 1968 de David Murphy ,qui quitte le commandement de la Division soviétique de la Direction des Opérations de la CIA.Ensuite,ce sont surtout des officiers en fin de carrière,après avoir travaillés une bonne partie de leur vie a la CIA,qui ont l'honneur de diriger la station de la capitale francaise.Eugène Burgstaller dirigera la station de Paris jusque 1979,prendra sa retraite la même année.Son successeur,Ed Atkins,qui sera a la tête de la station de 1978 a 1981,quitte la CIA en 1982.Et Charles Cogan,qui dirigera l'antenne de 1984 a 1989,quitte la CIA en 1992.Dernièrement,c'est Will  Murray,qui dirigea récemment la station,vers 2002,a quitté l'Agence.                                                           5f74b33c4ae94692d114a68e9f50f36c.jpg

     Jay Gruner   Après Charles Cogan,c'est Jay Gruner,ancien chef de station a Bucarest de 1971 a 1974 qui prend la tête de la station de Paris,juste le temps que le scandale de l'Irangate (livraisons d'armes a l'Iran ,en échange,les otages américains au Liban étaient libérés) ,auquel Grunner a pris part,le rattrape.

    C'est donc a Richard Holm,un officier traitant spécialiste de l'Afrique,de prendre le relais.Holm peut compter sur une solide expérience au sein de l'Agence: Il a été en poste au Laos,au Congo,a Hong Kong et Bruxelles (Ou,en tant que chef de station,il a retourné un officier du KGB) ,avant de se retrouver a la tête de la station de Paris.C'est a ce moment que,bénéficiant des informations d'un terroriste recruté en 1987,la CIA réussit a déterminer ou est Ramiez Sanchez,dit "Carlos", le fameux terroriste.L'information est transmise a  une DST furieuse contre Carlos pour l'asssassinat Rue Toullier en 1975 de deux de ses inspecteurs ,et en accord avec les autorités soudanaises,réussit a kidnapper Carlos et a l'envoyer a Paris,ou il sera jugé et condamné.


    c6abd5a9f7ead2d087a016c1bd6df136.jpgRichard Holm,a gauche                                                         

    En pleines négociations du GATT ,la station de Paris monte une opération pour connaître la position de la France sur le dossier du GATT.Pour cela ,est utilisée Mary Ann Baumgartner,une officier de la CIA en "immersion profonde",agissant sous une couverture commerciale.C'est en avril 1992 que Baumgartner rencontre,lors d'un cocktail a l'UNESCO en avril 1992,Henri Plagnol,jeune haut fonctionnaire du Conseil d'Etat.Elle se dit chargée des relations publiques du Dalas Market Center,une fondation américaine.Baumgartner est très bien introduite dans le tout-Paris,et elle déjeune a 5-6 reprises avec Plagnol au Cercle Interallié,Rue du Faubourg Saint-Honoré. Elle "cultive" le contact avec Plagnol,jusqu'a lui demander en décembre 1992 de rédiger pour sa fondation une étrude relative au contentieux franco-américain autour de l'OTAN,du GATT et des problèmes monétaires.Plagnol remet son rapport a l'officier de la CIA,tout en ignorant que Baumgartner fait partie de l'Agence de renseignement US.L'officier de la CIA remet $2000 au haut fonctionnaire. Sauf que quand Plagnol se retrouve conseiller au cabinet du 1er Ministre,la DST alerte le Cabinet de Edouard Balladur,et Plagnol démissionne.

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    Henri Plagnol 

    La DST décide alors d'intoxiquer les américains sur le dossier du GATT,et Plagnol est chargé de recontacter sa traitante a la CIA.L'opération,qui est dévoilée en 1995 par Charles Pasqua,alors Ministre de l'Intérieur,au public .Résultat: Cinq officiers de la CIA sont expulsés: Holm ,qui assumera publiquement la responsabilité de cet échec,William Green (précédemment en poste a Genève,et qui se reconvertira dans le privé chez TD International),Joan Cozar,Lawrence Hoffman et Mary Ann Baumgartner.

     

      

    d10e1293c6888b09f0e69fa6ee078cd3.jpgJoseph DeTrani    

    Cette affaire rend aussi "persona non grata" le chef de la Division Europe de l'Ouest de la Direction des Opérations de la CIA,Joseph DeTrani,un ancien chef de station a Pékin,et qui a supervisé l'opération sur le territoire francais. Ironie de l'histoire,c'est lui qui devait remplacer Holm a la tête de l'antenne de Paris.

    Ensuite,la station se fait discrète,jusqu'a ce qu'elle se trouve plongée au coeur de la guerre contre le terrorisme,avec les attentats du 11 septembre 2001.Tout le monde est stupéfait,et les officiers de la CIA de se rendre aussitôt au siège des différents services secrets francais (DST,DGSE,RG) en suppliant qu'on leur donne tout ce qu'ils ont sur Al Qaïda. Gentlemans,les officiers de la communauté du renseignement francais leurs donnent volontiers,en regrettant qu'ils n'aient pas été écoutés avant.....Est peu après créée la cellule "Alliance Base",située a l'Ecole Militaire a Paris,et comprenant des responsables des services secrets francais,américains,canadiens,britanniques,allemands et australiens,pour la coopération et l'échange de renseignements.La cellule aurait par exemple permis l'interpellation en 2003 de Christian Ganczarski,un logisticien du réseau Ben Laden.

    62c65b28ec8dcedd05da7518130a9981.jpg  Tyler Drumheller,ancien chef de station a Vienne puis chef de la Division Europe de l'Ouest.                           

    Autre priorite donnee a la station de Paris: le travail contre l Irak.La bonne coopération américano-francaise y prendra néanmoins du plomb dans l'aile avec la volonté de nombres de haut responsables de l'Administration américaine de se concentrer sur le régime irakien de Saddam Hussein! La DGSE,plutôt efficace dans la zone Moyen-Orient (rappelons que par exemple elle fut un des seuls services a pronostiquer en 1978 la chute très prochaine du Shah d'Iran) réussit une très belle opération en retournant le Ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein Naji Sabri,en coopération avec la CIA ,et notamment son chef de station a Paris William Murray (Auparavant chef de station 8cb03d783cbed77ffa79e2ab30256d43.jpga Beyrouth et Islamabad) qui rencontrera le Ministre.

    Naji Sabri,Ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein 

    Sabri affirmera clairement,lors d'une rencontre avec des officiers de la CIA a New York fin 2002 que l'Irak "ne possède pas d'armes de destruction massives".Selon Georges Tenet,alors patron de la CIA,il n'en sera pas tenu compte a la Maison-Blanche.C'est Tyler Drumheller,ancien  chef de la Division Europe de l'Ouest de la Direction des Opérations de la CIA,qui révèlera en mars 2006 les informations transmises par Sabri.

    Ensuite il sera reproche a Bill Murray de ne pas tenir compte des informations d un iranien residant a Paris. Murray retorquera que cet iranien n apportait rien et qu il ne comptait pas par consequent y gaspiller ses ressources.

     

    Cette note sera très prochainement modifiée. Modifications les 1,2,et 4 octobre 2007, 02.11.2007, 3 et 4.01.2008