23.11.2008

Richard Thompson, un espion de Sa Majesté en Mésopotamie

Depuis environ un ans, la guerre en Irak fait moins l' actualité journalistique, ce qui peut être attribué aussi bien a la formation progressive de la police et de l' armée irakienne, aux accords conclu avec différents chefs tribaux, ainsi que a la lutte antiterroriste entre autres. Il convient de le reconnaître, cela n' était pas gagné: les armes de destruction massives introuvables, le scandale Valérie Plame, l 'augmentation des tensions et des violences, les tortures sur des prisonniers.. Petit détail peu connu du public, car passé entre les gouttes de la presse, des membres des services secrets de Sa Majesté ont eu connaissance de ses méthodes. Se sont-elles tues pour éviter le scandale? Ou n'ont elles pas pris conscience des violations commises par les américains, Il serait intéréssant de poser la question au chef de station du SIS a Bagdad de l' époque, Richard Thompson.


Richard Thompson. Né en 1960, conformément a la tradition, Richard Paul Reynier Thompson est officiellement un « diplomate » du Foreign and Commonwealth Office, le Ministère des affaires étrangères de Sa Majesté. Les éléments disponibles sur sa carrière indiquent alors une orientation « Europe de l' Ouest »: Après un poste a Stockholm en 1991, il sert a Genève en 1996.

Richard Tomlinson est un ancien officier du SIS qui, pour se venger de son ancien service (lequel l'avait viré) a publié la liste de plusieurs de ses anciens collègues . Le nom de Thompson apparaît pour la première fois en 1999; c'est la « liste Tomlinson », laquelle identifie pas moins de 116 officiers du SIS, qui indique entre autres un dénommé Richard Thompson. Notons au passage que plusieurs des noms dévoilés a cette occasion ont pus être certifiés:  Citons Andrew Gibbs et Raymond Asquith, ou Richard Dearlove, John Scarlett, Andrew Robert Fulton, Clive Dare Newell, Norman McSween, Ian Forbes McCredie .

Cet accroc de carrière semble avoir obligé le SIS a changer Thompson d' affectation: après avoir travaillé dans le cadre du contrôleurat « Europe » il est affecté au Kosovo, avant d'arriver a Bagdad: Le « Times » du 04.04.2007 fait clairement référence a Richard Thompson comme ayant servi en tant que chef de station a Bagdad, sans en dire plus.

Ambassade britannique a Bagdad Je me montrerai plus précis: Selon les listes diplomatiques britanniques Richard Thompson était officiellement conseiller a l' ambassade britannique a Bagdad en 2004 et 2005, avant d' être remplacé. On peut supposer que il est arrivé dans la capitale irakienne peu après que les troupes état-uniennes et leurs alliés aient pris contrôle de l' ensemble du territoire, donc dès 2003.


C' est a Bagdad que il est confronté indirectement a un nouveau scandale, car même si son nom n'est cité nulle part, un rapport officiel de la chambre des communes fait très clairement référence a des pratiques illégales dont avaient connaissance les officiers du SIS a Bagdad, mais dont ils n'ont pas évalués qu'il constituait une violation de la convention de Genève: Ce rapport de mars 2005 est passé a travers les gouttes de la presse, et pourtant il est passionant. Intitulé Handling of Detainees by UK Intelligence Personnel in Afghanistan, Guantanamo Bay and Iraq , il définit, pour commencer, les missions du renseignement britannique en Irak:

-Collecter des informations en Irak.

-Participer au travail de l'Iraq Survey Group, chargé de retrouver les armes de destruction massives

-Diriger les interrogatoires des personnes mêlées au programme des ADM irakiens

-Examiner les armes saisies pour les besoins du renseignement

-Fournir des informations pour protéger les Forces de la coalition d'attaques imminentes.

Le rapport se montre ensuite particulièrement sévère vis-a-vis du SIS, mais moins sur l'Irak: Si il critique le fait que aucun officier du SIS (Ni du MI5 ou du DIS) n'a reçu de formation a propos de la Convention de Genève, ce qui conduisit a des erreurs de jugement grossières:  Le rapport indique que dans un cas, en juin 2003, deux officiers du SIS chargés d'interroger un irakien lié aux programmes d' ADM et détenu par les américains ont vus arriver leur "client" enchaîné et avec sur la tête une cagoule. Les deux officiers pensèrent alors que ses mesures étaient nécessaires pour des raisons de sécurité, et cet incident ne sera rapporté que en mai 2004 quand les différentes agences de renseignement britannique furent chargées de demander a leur personnel chargé des interrogatoires de détenus si des abus ou des actions contraires a la politique britannique s'étaient produits. Par conséquent, les différents Ministères ne furent alertés que en mai 2004.

Un autre exemple donné dans ce rapport concerne l'interrogatoire, en 2003 toujours, d'un autre irakien lié au programme des ADM, par des officiers du SIS. Ils notèrent que les conditions de vie du détenu sont inacceptables et que son traitement laisse a désirer. A l'automne 2003, un officier du SIS qui visita a trois reprises cet établissement américain nota que les conditions s'étaient améliorées. Petit détail bizarre dans ce rapport: Selon lui, les Ministres ne furent au courant que a la mi-2004. Pourtant, dès janvier 2004, est évoquée une possible violation de la Convention de Genève dont a connaissance le SIS par le centre d'interrogatoire américaine a Battlefield, a l'aéroport de Bagdad. Et le rapport de préciser que la question fut soulevée par le représentant supérieur du SIS (Sans doute Richard Thompson) avec l'officier américain a la tête de cet établissement, lequel affirma que la Convention de Genève était respectée. Et quand la question fut évoquée par le représentant du SIS avec le lieutenant général Sanchez, haut responsable de la Coalition en Irak, le 21.01.2004, le haut grade de l'armée d'évoquer une enquête menée pour découvrir les auteurs d' abus sur des détenus. Selon le rapport, "les Ministres n'en entendirent parler pas avant mai 2004". On peut tout de même avoir un doute sur le fait que les Ministres soient prévenus si tard: Normalement, les officiers du SIS rendent compte a Vauxhall Cross, le QG du SIS, lequel, après tri, fait remonter les informations vers le Ministère des affaires étrangères (Foreign and Commonwealth Office) voire le Cabinet Office. Que l'information sur ses événements soit remontée si tard peut surprendre.  Pour la petite histoire, les officiers du SIS recurent des instructions sur le traitement a l'égard des détenus...en juin 2004. Le rapport note toutefois que les incidents de ce genre sont rares, et que aucun membre des services de renseignement britanniques n'a commis d'abus sur des prisonniers

Vauxhall Cross, le QG du SIS sur la Tamise.

Après son poste a Bagdad qu' il quitte vers 2005-2006, la carrière de Thompson compte une année de « trou », ou ses activités sont quasiment inconnues. Sans doute occupe-il une fonction au coeur du Secret Intelligence Service.

En avril 2007, il est détaché auprès du Ministère de l' Intérieur, le Home Office, et nommé a la tête de la nouvelle Police Nucléaire, la Civil Nuclear Constabulary, dont la mission est de protéger les centrales nucléaires. Les biographies officielles, selon la tradition, le décrivent comme un "senior diplomat of the Foreign and Commonwealth Office" qui a de l'expérience dans le domaine de la défense et de la sécurité.

15.09.2008

Dernières informations sur le terrorisme en Tchétchénie

Le blog "la communauté du renseignement" a obtenu récemment quelques informations sur la délicatesse de la situation en Tchétchénie. Si la guerre est terminée (Selon le directeur du FSB Nikolaï Patrushev , 12.12.2007) les forces armées russes et le gouvernement tchétchène continuent leur lutte contre les "boïevikis". Au niveau russe, la lutte implique en premier lieu le Ministère de la Défense, aussi bien a travers ses unités régulières que ses unités d'élites (Les Brigades "Spetsnaz" du GRU) ainsi que le Ministère de l'Intérieur. Le FSB (et surtout ses services de lutte contre le terrorisme) auraient un rôle plus limité, actuellement, dans le conflit, le FSB laissant ce rôle aux deux Ministères cités.

Concernant les "boïevikis", la chasse qui leur est donnée par les "structures de force" russes et tchétchènes, les interpellations, opérations, sans compter ceux qui sont passés du côté des Forces fédérales a obligé a un changement de tactique (sans doute dû aussi a une baisse des effectifs): Désormais ils se planquent, sortent de leur cachette pour commettre quelque attaque et se replanquent immédiatement. Notons aussi que selon les informations obtenues, très peu de ses "boïevikis" sont des tchétchènes. La majorité d'netre eux seraient plus des personnes issues d'autres régions, par exemple le Moyen-Orient ou l'Ukraine. Ses informations restent a recouper et confirmer

08.07.2008

Le Mossad et Osirak

A la fin des années 70 la France comptait livre un réacteur nucléaire a l'Irak, alors dirigée par Saddam Hussein. Ce dernier ayant comme volonté d'enrichir ainsi l'uranium a des fins militaires, priorité est donnée au Mossad (Entre autres a sa Division TZOMET, responsable des opérations en Europe, et a la branche KIDON [Assassinats] de la Division METSADA (Opérations spéciales) d'empêcher la France de livrer a l'Irak ce réacteur. Ce film évoque une partie de l'opération alors conduite, mais oublie de préciser un détail: Le Mossad avait obtenu des informations sur le réacteur suite au recrutement, en août 1978, d'un physicien irakien, un dénommé Butrouss Heibin Halim. C'est sans doute a cette personne que fait référence Viktor Ostrovsky dans son livre sur le Mossad publié en 1990, et qui raconte l'opération. Pour terminer, précisons que cette opération, conduite par le Mossad en France, n'a pas empêchée la livraison d'un réacteur par la France a l'Irak; lequel sera détruit en 1981, par des avions de chasse israëliens (Bombardement d'Osirak). Et enfin, citons les noms de certains des participants, au sein du Mossad, a l'opération: Dan Arbel, alors chef de la station TZOMET du Mossad a Paris; David Biran, chef du TZOMET (Et qui sera, selon une information, nommé chef du TEVEL en 1990) et enfin Shabtai Shavit, alors chef de la METSADA.
 

Quand le mossad frappe en France
envoyé par Homer-Dalort
 

15.06.2008

La DGSE de 2000 a 2002


Pour des raisons de sécurité, certains noms ne sont pas publiés, et remplacés par un pseudo.



Située Boulevard Mortier, la DGSE, Direction Générale de la Sécurité Extérieure, a été confrontée a une forte crise interne ses dernières années, conséquence des luttes au sommet de la hiérarchie du Service.

La DGSE, dont le quartier général est toujours situé Boulevard Mortier, a Paris (Surnom du QG: La Piscine, a cause de la Piscine des Tourelles située juste a côté), compte depuis 1987 cinq grandes directions:
Jean-Pierre Pochon. La Direction du Renseignement (DR) est chargée de la collecte et de l'analyse du renseignement, obtenu aussi bien de manière "ouverte" (presse, conversations, documents officiels..) que "fermés" (recrutement d'informateurs), sur les menaces extérieures a la France mais aussi dans les domaines politiques, économiques, scientifiques.Elle s'appuie pour cela sur des postes de la DGSE a l'étranger, par exemple a Berlin ou Washington, quoique l'existence de postes DGSE sur le territoire national même, pour espionner les voisins et lutter contre des menaces, n'est pas a exclure. La DR sera dirigée a partir de mars 2000 par Jean-Pierre Pochon.
(A gauche).A la tête du Service "Action" de septembre 1987 a 1989, Jean Heinrich fut le créateur, et aussi le premier dirigeant, de la Direction des opérations de la DGSE, qu'il commanda de 1989 a 1992. (A droite): Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de 2000 a 2004.   Créée en 1989 a l'initiative du général Jean Heinrich, la Direction des Opérations est chargée des opérations spéciales, a haut risque; c'est cette Direction qui envoie des officiers dans des zones réputées dangereuses (Par exemple en Irak, au Kosovo ou en Tchétchénie) sans oublier les opérations "Homo" (assassinats) , les ouvertures de courrier, fouilles de valises..L'habitude voulant que ce soit un général de l'armée qui la dirige, c'est le général Xavier Bout de Marnach qui la dirige depuis 2000. (Depuis le 01.09.2007, il a pris le commandement de la KFOR au Kosovo).

Bruno Joubert, directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1997 a 2001. La Direction de la Stratégie est chargée de transmettre aux décideurs politiques les informations recueillies par la DGSE et de recueillir leurs avis mais aussi de participer avec le Quai d'Orsay, le Ministère des affaires étrangères, a l'élaboration de la politique étrangère gouvernementale. C'est beaucoup plus un service "diplomatique", ce qui explique pourquoi c'est toujours un diplomate qui l'a toujours dirigé. Depuis septembre 1997 c'est Bruno Joubert (Nommé en mars 2008 conseiller diplomatique adjoint de Nicolas Sarkozy) qui est a sa tête.

La Direction technique est chargée a la fois de la recherche et de l'exploitation des informations d'origine technique (ce qui laisse supposer que le service des écoutes lui est rattaché) sans oublier les poses de micros, caméras etc..A sa tête se trouve Jean-Francois Sillière.

Paul-Henri Trollé  La Direction de l'administration est chargée des questions d'administration au sein de la DGSE (affectation du personnel, assistance juridique, formation du personne, acquisition de matériel). C'est Paul-Henri Trollé qui la dirige.

  Pour des raisons bureaucratiques, toutefois, le numéro 2 de la DGSE est non pas, comme plusieurs années auparavant, le Directeur du renseignement, qui occupe toujours, néanmoins, une position prépondérante; mais le Directeur de cabinet. Comme le note l'arrêté du 04.12.2002 relatif a la DGSE, "le Directeur de la DGSE est assisté d'un directeur de cabinet qui le remplace en cas d'absence ou d'empêchement".
  Dominique Champtiaux (tenant le drapeau)

Ce dernier est, depuis mars 2000, le général Dominique Champtiaux. Un spécialiste des opérations clandestines: Il a dirigé le Service Action de 1996 a 1997 puis la Direction des Opérations de 1997 a mars 2000.
A gauche, Jacques Dewatre et son successeur, Jean-Claude Cousseran.    C'est un remarquable article signé Jacques Isnard, paru dans le "Monde" du 20.12.1999, qui signale le prochain remplacement de Jacques Dewatre, le patron de la DGSE, par un diplomate pur jus, arabophone, et fondateur de la Direction de la Stratégie de la DGSE: Jean-Claude Cousseran. Pourquoi ce remplacement?  Le principal grief fait a la DGSE est son action lors de la récente guerre du Kosovo, réputée "particulièrement discrète pour ne pas dire inexistante" (Ce qui n'empêchera pas le chef de la section "Balkans" de l'époque d'être ensuite promu). Toutefois il convient de relativiser: D'une part la station de la DGSE a Belgrade a dûe être fermée suite a l'évacuation de l'ambassade de France, empêchant la collecte du renseignement. D'autre part, malgré les propositions d'un officier de la DGSE, le ministre des affaires étrangères Hubert Vedrine refuse que soient organisés des contacts avec l'UCK, Armée de Libération du Kosovo, avant les accords de Rambouillet,ce qui aurait permis d'en apprendre plus sur les intentions de l'UCK.

Autre reproche fait a Dewatre: ses tendances, selon l'article de Isnard, a faire de la "diplomatie parallèle", a la grande fureur du Quai d'Orsay. Toutefois, tous n'est pas noir: On doit a Dewatre la mise en place de postes DGSE en Asie centrale (Par exemple au Kazakhstan et en Ouzbékistan), postes avancés de la lutte antiterrorisme (NDLR: Surtout quand on sait que un des principaux mouvements d'opposition ouzbéks, le MOI, est très proche de Ben Laden. Comme le démontrera Guillaume Dasquié dans son remarquable article, par l'intermédiaire du chef de guerre Rachid Dostom, les services secrets ouzbéks ont faits infiltrer le MOI, collectant ainsi des renseignements sur cetrte organisation et sur Al-Qaïda, et en faisant ainsi profiter aussi bien la CIA que la DGSE, grâce aux débuts d'une coopération interservices).

De gauche a droite: Arnaud Danjean et Pierre-Antoine Lorenzi.

Cousseran, nommé a la tête de la DGSE, s'entoure d'une équipe a sa solde, en nommant comme conseillers personnels Arnaud Laloum pour l'Afrique et Arnaud Danjean (qui justement dirigeait la section "Balkans" au service de recherche de la Direction du renseignement de la DGSE de 1998 a 2000) pour l'Europe et la Russie, ainsi que Pierre-Antoine Lorenzi comme chef de cabinet. Mais deux "hics" apparaissent très rapidement dans la composition de l'équipe nouvelle: c'est d'une part les luttes d'influence entre les différentes "familles" politisées (socialistes et RPRistes) et d'autre part les militaires, qui jouent toujours une place prépondérante au sein de la Maison (Nombre de chefs de postes sont des militaires de carrière, le plus souvent issus de l'armée de terre, par exemple, en cette année 2000, les chefs de postes en Bulgarie, au Kazakhstan et a Washington). Aussi, Cousseran est obligé de "composer": Sur proposition de l'Elysée, c'est Jean-Pierre Pochon, chiraquien pur jus, qui est nommé a la tête de la Direction du renseignement. Haut responsable de la police nationale, Pochon a fait une carrière aux RG et a la DST. C'est a lui qu'on doit l'interpellation, en 1980, des dirigeants du groupe terroriste "Action Directe". Pour satisfaire les militaires, Cousseran choisit un des leurs, le Général Dominique Champtiaux,comme directeur de cabinet, et le nomme numéro 2, de facto, du Service.
 Autre problème, la volonté du nouveau Directeur de réformer la DGSE, conscient des faiblesses du Service, ou il avait déja précédemment travaillé , en tant que Directeur de la Stratégie de 1989 a 1992. Quitte a provoquer la fureur des "barons" de la DGSE!

Philippe Hayez

La première mesure, prise dès mai 2000, est l'inauguration d'un "centre de situation", chargé de suivre les crises importantes de par le monde, comme en Côte d'Ivoire, au Congo, ou en Irak (Dirigé par le conseiller a la Cour des comptes Philippe Hayez) , provoquant des grincements de dents chez les officiers de la Direction du renseignement et de la Direction des Opérations.

La deuxième mesure est proposée par Bruno Joubert, a la tête de la Direction de la Stratégie depuis 1997: Il s'agit de réformer la Direction du renseignement, pour rendre ses structures plus adaptées a un contexte de globalisation, ou les questions du renseignement économique mais aussi de la lutte contre les différentes formes de criminalité organisée, tel que le trafic de stupéfiants et le terrorisme, sont de plus en plus une évidence. Les structures de la Direction du renseignement , réparties selon d'une part le renseignement classique, d'autre part le contre-espionnage, et enfin l'analyse, paraissent inadéquates.
Alain Chouet.    Par conséquent, en octobre 2000, trois services sont créés au sein de la Direction du Renseignement, réformant en profondeur les structures: Le Service de Renseignement Politique (SRP), chargé des informations a caractère politique, le Service de Renseignement de Sécurité, SRS,chargé de la lutte contre le terrorisme, la prolifération nucléaire et toute forme de criminalité, et la Direction centrale du renseignement, chargée de diriger les stations de la DGSE dans le monde et de coordonner l'ensemble. Ancien chef de poste a l'étranger, Vincent Nibourel a fait une année comme auditeur a l'Institut des hautes études de Défense Nationale (cession 1999-2000) avant d'être nommé a la tête du SRP; A la direction du SRS est nommé Alain Chouet , un spécialiste du Moyen-Orient qui a été en poste a Beyrouth, Damas, mais aussi conseiller technique pour le monde arabe et le terrorisme de 1990 a 1992 auprès de Jean-Claude Cousseran, quand celui-ci dirigeait la Direction de la Stratégie de la DGSE. Nommé a la tête de la Direction du Renseignement, Jean-Pierre Pochon se retrouve avec trois services séparés, et constate, a sa grande fureur, que Chouet en réfère directement a Cousseran (les deux hommes se connaissent) sans l'en aviser. Pour ajouter a la confusion, est nommé comme adjoint de Pochon "Gerald", ancien chef de poste a Washington qui avait, ensuite, été sanctionné par une mise a pied par le prédécesseur de Cousseran, Jacques Dewatre, suite a la découverte de malversations au sein du TOTEM, que "Gerald" dirigea.
Francois-Xavier Deniau  Durant l'année 2001,Cousseran change aussi nombre de cadres du service, a l'exception de la Direction du renseignement. Si l'entente avec Pochon n'est pas des meilleures, Cousseran n'hésite pas a le contourner.
Ainsi, la tête de la Direction technique, Yves Mathian remplace Jean-Francois Sillière; Bruno Joubert quitte la Direction de la Stratégie et est nommé ambassadeur auprès de l'OSCE a Vienne; son remplacant est le diplomate Francois-Xavier Deniau ; Paul-Henri Trollé est remplacé a la tête de la Direction de l'administration en 2002; le chef de cabinet Pierre-Antoine Lorenzi est remplacé en juin 2001.

Au-dela des changements internes, la DGSE va se retrouver mobilisée sur le front de la lutte antiterrorisme, domaine ou elle excelle:
Le chef de guerre Rachid Dostom   La fin de l'année 2001 a été excellente pour la DGSE, car le Service a surtout montré ses aptitudes dans deux domaines: l'Afghanistan et la lutte antiterrorisme. Avant le 11 septembre 2001, la DGSE suit avec attention les réseaux de Oussama Ben Laden, y consacrant plusieurs notes montrant très clairement l'intention du réseau Ben Laden de frapper les Etats-Unis. Une note du 05.01.2001 évoque même les projets de détournements d'avions! Le Service de Renseignement de Sécurité , chargé entre autres de la lutte antiterroriste au sein de la Direction du Renseignement de la DGSE,  peut s'appuyer sur un travail a long terme mené contre le réseau Al Qaïda: Outre le recrutement d'informateurs, la DGSE bénéficie du soutien de l'Alliance du Nord, groupe afghan dirigé par Ahmed Shah Massoud, et de Rachid Dostom, un chef de guerre ouzbek qui a fait infiltrer le MOI  (Mouvement Islamique Ouzbek, dirigé par Tahir Youldachev), groupe terroriste ouzbek proche de Ben Laden. Ajouté a la coopération, déja a cette époque, avec certains services secrets, par exemple ouzbeks, qui sont confrontés de plein fouet au terrorisme islamique d'obédiance wahhabite du MOI. Notons aussi une collaboration sans heurts avec la DST (événement rare et qui mérite d'être souligné) et qui sera encore renforcée après le 11 septembre 2001. Le système est donc efficace, les alliés (dont américains) normalement prévenus. Ce qui n'empêchera malheureusement pas les attentats du 11 septembre, spectaculaires et sanglants...

Après la surprise, l'offensive. Etant donné que l'attaque a été menée par Al Qaïda, lequel groupe est basé en Afghanistan, aussitôt ordre est donné d'attaquer le groupe terroriste et ses satellites.
La DGSE s'appuie donc sur ses contacts en Afghanistan, des contacts éprouvés , ce qui sera la clé du succès pour le Service: Comme le rappele Pierre Marion ,Directeur de la DGSE de 1981 a 1982, il envoie a cette époque un détachement du Service Action (Alors dirigé par le Colonel Lorblanches) pour aider livrer des armes a la résistance afghane, soutenu par l'ISI (renseignement militaire pakistanais) avec qui le chef de poste DGSE a Peshawar de 1983 a 1986, le commandant Michel Derlot, maintient le contact, mais contrairement aux autorités pakistanaises la DGSE refuse de soutenir les fractions radicales, et mise sur Ahmed Shah Massoud, surnommé le "Lion du Panchir". Même après la fin de la Guerre d'Afghanistan a la fin des années 80 et le retrait des troupes soviétiques, la DGSE conserve le contact avec l'Afghanistan. Et lorsque décision est prise d'envahir l'Afghanistan pour chasser les talibans et traquer Al Qaïda, la CIA pourra bénéficier d'une DGSE très bien introduite auprès de l'Alliance du Nord. Jean-Pierre Pochon, a la tête de la Direction du Renseignement de la DGSE, centralise les informations, Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de la DGSE, fait envoyer des commandos du Service Action ( Dirigé depuis 1999 par le colonel Bertrand Fleury) renforcer le poste DGSE auprès de l'Alliance du Nord tandis que Dominique Champtiaux,  Directeur de cabinet du patron de la DGSE , visite secrètement l'Afghanistan, pour rencontrer les officiers du Service Action présents dans la zone Nord. Une occasion pour cet ancien patron du Service Action (De 1996 a juillet 1997) qui fut aussi a la tête de la Direction des Opérations de 1997 a 2000, de renouer avec le terrain. Du côté des contacts avec les services secrets américains, ils sont renforcés, menés par Bill Murray, chef de station de la CIA a Paris, et "Jean" (je l'appelerai ainsi), chef de poste de la DGSE a Washington qui est arrivé dans la capitale politique américaine peu avant les attentats du 11 septembre. Ce spécialiste du contre-espionnage a été nommé au grade d'officier quelques années plus tôt.

Christian Ganczarski, terroriste interpellé grâce a la coordination au sein de "Alliance Base". 

Autre opération menée par la DGSE , après le 11 septembre 2001 est la créée une cellule chargée exclusivement d'échanger des renseignements sur Al Qaïda avec plusieurs services secrets alliés, tels que la CIA, les britanniques ,mais aussi les homologues allemands , canadiens et australiens . Cette Base, située a l'Ecole Militaire a Paris, prendra le nom de Alliance Base. A sa tête, un haut responsable de la Direction du renseignement de la DGSE, "Gerald" ,l'ancien adjoint de Pochon a la Direction du renseignement (qui sera remplacé en 2003 comme n°2 de la DR par Philippe Hayez). Un des succès attribués a Alliance Base est l'interpellation de Christian Ganczarski. Lié a l'attentat commis en 2002 a Djerba, ce résident allemand est très lié a nombre de proches de Ben Laden, car les policiers du BKA allemand découvriront chez lui les numéros de téléphones de nombre de membres du réseau.

Néanmoins, les guerres intestines prennent le dessus: Furieux que sa Direction soit divisée en trois entités différentes et que Chouet ne passe pas par lui pour transmettre ses notes a la hiérarchie, Pochon ne met pas les pieds a la DGSE plusieurs mois durant suite a son conflit avec Cousseran. Ce dernier essaye de reprendre la situation en main en demandant la révocation de Cousseran, pour pouvoir nommer un nouveau Directeur du renseignement de la DGSE. Refus de Jacques Chirac. Résultat: Pochon étant toujours nominalement Chef de la DR mais factuellement n'occupant pas ce poste, la DR tourne a vide. C'est par conséquent Dominique Champtiaux, directeur de cabinet et n°2 de la DGSE ( Le décret de 2002 indiquant que le Directeur de cabinet du Directeur de la DGSE est aussi n°2 du service) qui pilote "en direct" la DR, au grand dam de nombres d'officiers ebranlés par ses luttes internes. Mais les dégâts ne sont pas terminés: Jacques Chirac avait appris en septembre 2001, grâce au capitaine Bernard Coquart de la DGSE, que le Service a déclenché des recherches sur un compte bancaire qu'il aurait au Japon, et enquêterait sur ses liens troubles avec un japonais condamné dans son pays. C'est la section de Contre-Criminalité (Dirigée par un magistrat , Gilbert Flam) du Service de Renseignement de Sécurité qui dirige les recherches, menées sur place par les chefs de station de la DGSE a Tokyo : Jean-Claude Guillot ( De 1996 a 1998) puis Alexis May (Futur chef de poste a Beijing). L'entourage du Président craint alors une manoeuvre des socialistes, peu avant la présidentielle, pour destabiliser le Président. les socialistes infirment, faisant remarquer que ils n'avaient jamais pris l'information au sérieux.

Par précaution néanmoins,un ménage est fait a la DGSE, au grand dam de nombre d'officiers lassés des guerres de couloirs et autres intrigues politiques: Flam est le premier a être débarqué, suivi en juillet 2002 de Cousseran, puis en octobre Alain Chouet. En novembre, Alain Juillet est nommé Directeur du renseignement de la DGSE en remplacement de Pochon. . Vincent Nibourel, de son côté, est envoyé comme directeur-adjoint de la Direction de la Stratégie, le diplomate Francois-Xavier Deniau (Qui a remplacé Bruno Joubert en juillet 2001), et ce le temps que les orages se calment..
Alain Juillet, Directeur du renseignement de la DGSE de novembre 2002 a décembre 2003.    Après la tempête, qui a mis la Direction du renseignement a feu et a sang, comme l'estime un officier de la DGSE, l'éclaircie: Le calme revient, malgré les désaccords entre Juillet et Brochand sur la stratégie que la DGSE doit adopter. Les conflits de couloirs ne sont pas complètement éteints comme le montre la nomination de Philippe Hayez a la mi-2003 comme adjoint de Juillet, et ce sur insistance de Brochand.Ce calme se paye néanmoins au prix fort, puisque la réforme des structures de la Direction du renseignement, initiée par Pochon et Joubert, est abandonnée: on revient a un classique service de recherches, (dirigé de juillet 2003 a 2005 par "Benoît", ancien chef de station a Riyad, puis durant le conflit en Irak en 2003 chef de la division Moyen-Orient), , un service d'analyse, pris en main par "Patrick", lequel remplacera Philippe Hayez comme directeur adjoint du renseignement a la mi-2006, et un service des relations avec les services secrets étrangers et les entreprises. Ce dernier est dirigé par Michèle Ledirat jusqu'a la mi-2005, avant d'être remplacée par...Vincent Nibourel.

Les considérations politiques ont aussi entraînées une immixtion au coeur de la DGSE, et le débarquement de spécialistes du renseignement fort estimés, tels que Chouet et Cousseran, tous deux bons spécialistes du monde arabe. Un élément indispensable en ses temps de lutte contre le terrorisme islamique extrémiste, ou le Moyen-Orient, pour être compris, a besoin de spécialistes de la région.

 

ARTICLE DE JACQUES ISNARD, "LE MONDE", 20.12.1999

RENSEIGNEMENT - Le chef de la DGSE est remercié après les échecs de son service en Yougoslavie.
Par JACQUES ISNARD.
20 décembre 1999


Nommé en juin 1993 par le gouvernement d'Edouard Balladur, Jacques Dewatre va céder sa place à la tête de l'espionnage français à un diplomate, Jean-Claude Cousseran, qui a appartenu à plusieurs cabinets ministériels socialistes

AU TOUT DÉBUT de l'an 2000, l'ambassadeur de France en Turquie, Jean-Claude Cousseran, ancien membre de plusieurs cabinets ministériels socialistes, devrait être nommé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il succédera à Jacques Dewatre, qui avait été nommé à ce poste par le gouvernement d'Edouard Balladur en juin 1993. Un diplomate, familier de la DGSE, se substitue à un préfet qui ne l'était pas moins, lui aussi, avant d'en devenir le patron, puisque, jeune officier, M. Dewatre avait appartenu au service « action », chargé des opérations clandestines. Agé de soixante-trois ans, il devrait être nommé à un poste d'ambassadeur.

Forte de 4 050 civils et militaires, la DGSE est chargée, au profit de l'ensemble du gouvernement, de rechercher et d'analyser le renseignement intéressant la sécurité de la France, de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage contre les intérêts nationaux et, le cas échéant, de mener des opérations clandestines. Elle dispose d'un budget avoué de l'ordre de 1,66 milliard de francs (253 millions d'euros) - c'est ce qui est prévu pour 2000 - et reçoit environ 200 millions de francs par an pour ses opérations sur les fonds secrets du premier ministre.

M. Dewatre aura exercé un des plus longs mandats à la tête de la DGSE après celui d'Alexandre de Marenches, dans les années 70, à la direction du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), ancêtre de l'actuelle DGSE. En période de cohabitation, le changement de responsable des services spéciaux est une affaire délicate à régler: il requiert, plus que tout autre, l'accord de l'Elysée et du gouvernement, pour lesquels la DGSE travaille. M. Dewatre a réussi à maintenir un équilibre entre la présidence et le gouvernement, mais sans pour autant éviter les critiques de l'une et de l'autre. En particulier, il lui a souvent été reproché de faire cavalier seul par rapport à son service et de jouer au diplomate occulte, non mandaté par les autorités politiques de son pays, se déplaçant fréquemment à l'étranger sans en informer ses supérieurs ni ses collaborateurs, au risque de dévaluer la production de la DGSE en la concurrençant avec ses propres analyses. Ni au sommet de l'Etat ni à la DGSE, on n'a apprécié ces absences répétées.

MÉFIANCE ET OPACITÉ

En Serbie, l'action de la DGSE a été particulièrement discrète, pour ne pas dire inexistante, à l'exception de quelques commandos envoyés - sur le tard - au Kosovo. L'évacuation de l'ambassade française à Belgrade, dès les premiers raids de l'OTAN, puis sa fermeture ont abouti à interrompre les liens que la DGSE pouvait avoir avec quelques sources sur place. Cette attitude a joué contre M. Dewatre et a probablement précipité son départ. Les ratages de la DGSE ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Au fil des ans, les missions de la DGSE ont évolué. Son expertise militaire a été contestée par la Direction du renseignement militaire (DRM) naissante. Elle a dû se tourner davantage vers l'interprétation des faits économiques, commerciaux, industriels et technologiques et vers la lutte contre l'argent sale et le terrorisme international, pour lesquelles elle ne dispose pas toujours des personnels les mieux formés.

Ce qui l'oblige à lancer une politique de recrutement essentiellement orientée vers la société civile et censée viser la qualité, malgré ses difficultés administratives pour attirer l'élite des candidats. Dès son arrivée, M. Cousseran trouvera une DGSE repliée sur elle-même et rendue méfiante par ce manque d'ouverture au monde extérieur et par son opacité, à la différence d'autres services étrangers qui, comme le BND allemand par exemple, tentent aujourd'hui une transparence délicate. M. Dewatre s'est, d'autre part, employé à multiplier les cloisonnements internes, de sorte que les personnels de la DGSE ont du mal à coopérer entre eux et, a fortiori, avec d'autres services comme la DST.

Le nouveau directeur général des services spéciaux n'est toutefois pas un inconnu dans sa maison. Entre 1989 et 1992, M. Cousseran a été chargé de mettre sur pied une direction de la stratégie à la DGSE, du temps où les services français étaient dirigés par Claude Silberzhan. Il travaillait, en pratique, en binôme avec le directeur du renseignement, Michel Lacarrière. Cette direction stratégique avait pour tâche, au quotidien, de synthétiser et de mettre en forme les informations de la DGSE à destination de ses « clients », c'est-à-dire les autorités gouvernementales. Ainsi, ce diplomate, au profil assez atypique, ne fait pas partie de nombre de ces fonctionnaires du Quai d'Orsay, que révulse la seule perspective d'avoir à fréquenter des agents secrets.

On prête au gouvernement l'intention de créer, pour éviter une discontinuité dans le travail accompli quotidiennement par la DGSE, un poste de numéro deux, qui pourrait être attribué au général Dominique Champtiaux, l'actuel directeur des opérations. Ce numéro deux de la haute hiérarchie aurait autorité sur les cinq autres grands directeurs de service en l'absence de M. Cousseran. Le choix du général Champtiaux calmerait les militaires, dont le poids a diminué au sein de la DGSE.

03.06.2008

Les postes du SDECE a l'étranger, brève analyse.

La lecture de nombre d'ouvrages consacrés au renseignement extérieur francais, ainsi que des recherches personnelles, poussent a faire quelques constats sur les postes du SDECE (Service de Documentation Extérieur et de Contre-Espionnage , le service de renseignement extérieur francais de 1946 a 1982). Si certaines des remarques ne sont pas des surprises pour un spécialiste du renseignement, ici l'effort est donné vers une analyse plus poussée. Notre dossier. 

Premier constat pour les officiers du SDECE envoyés a l'étranger, les couvertures diplomatiques qui leur sont attribuées par le Quai d'Orsay. Elles présentaient l'inconvénient de rendre le chef de poste SDECE très facilement identifiable: Citons d'abord la couverture "d'attaché militaire adjoint" qui fut attribuée pêle-mêle a:

Robert Cantais, chef de poste a Tokyo jusque 1963.

René Crignola, chef de poste a Prague de 1964 a 1966 environ,puis Tokyo a partir de 1970 , a chaque fois sous la même couverture.

Jean Deuve, chef de poste a Tokyo de 1967 (au minimum) a 1970.

Au commandant Perret , chef de poste a Moscou de 1951 a 1955, puis a son successeur, le capitaine Michaut 

Le commandant Humm, chef du poste chargé du renseignement a Vienne jusque 1963.

Jacques Lafou de Lageneste, chef de poste en Hongrie a compter de 1951

Michel Bourrel de la Roncière, envoyé a Belgrade en 1954

Les capitaines Husson (chef de poste au Cambodge jusque 1962) puis son successeur, le capitaine Touzelet (1962-1965)

 

Ensuite, couverture tout aussi ridicule, celle de "chargé de mission", qui fut attribuée a :

Philippe Thyraud de Vosjoli, chef de poste SDECE a Washington de 1951 a 1963

Raymond Laporte, chef de poste SDECE a Washington de 1963 a 1968

Paul Blondel, chef de poste a Beyrouth de 1959 a 1962

Reynold de Seresin,chef de poste au Liban de 1969 a 1971.

 

Citons celle, moins utilisée mais tout aussi inefficace, de vice-consul (Maurice Clément, chef du poste Contre-espionnage a Vienne a compter de 1963), d'"attaché naval adjoint" , par exemple Albert Labbens de 1962 a 1964 a Moscou ou le capitaine de corvette René Taro a Istanbul de 1962 a 1964) ou d'attaché de presse adjoint pour Bounier, chef de poste au Cameroun (alors qu'il n'y a même pas d'attaché de presse!). Mais tous les "attachés militaires adjoints" ne sont pas des officiers du SDECE. La réciproque n'est pas vraie.

Notons que certains officiers du SDECE ont pus disposer de couvertures plus discrètes (Par exemple Jacques Levacher, chef de poste successivement a Sofia de 1960 a 1966 puis La Havane de 1967 a 1971 sous la couverture de conseiller commercial).

 

Le SDECE réussira ensuite, peu a peu, a obtenir des postes diplomatiques a l'étranger plus classiques pour ses officiers en poste a l'étranger, rendant plus difficile leur identification par les services ennemis. Par exemple, Roger Aymé ouvre le poste SDECE de Beijing en 1972 sous la couverture de "conseiller d'ambassade". Pierre Chirol arrive a Bagdad en 1968 comme deuxième secrétaire d'ambassade (il y restera jusque 1970, avant d'apparaître avec la même couverture diplomatique a Aden, au Yémen).  Même si les mauvais exemples restent: Citons Alain Bolley, chef du poste SDECE (puis DGSE) de 1980 a 1985 a Delhi, officiellement "attaché militaire adjoint!". Ou Alain Chouet, "chargé de mission" a Rabat de 1985 a 1988! Aujourd'hui, les chefs de postes de la DGSE disposent d'une couverture, très classique, de secrétaire  ou de conseiller d'ambassade.

 

Deuxième remarque, la faiblesse des postes SDECE a l'étranger, surtout comparé au KGB ou a la CIA, et même vis-a-vis du SIS, le service de renseignement extérieur britannique! Généralement, un poste SDECE ne comporte que le chef de poste et son secrétaire, sauf quelques postes, comme le Sénégal, ou l'Allemagne et l'Autriche. Le chef de poste se retrouve, le plus souvent, seul. Or, devant déja non seulement lire la presse quotidienne du pays affecté, traiter les sources (si il en dispose) du poste SDECE, mais aussi rencontrer des officiels (si il est officiellement diplomate)et rédiger des rapports quotidiens, son efficacité en pâtit, et il est parfois difficile de lancer de nouvelles approches ou de connaître parfaitement la situation d'un pays, faute d'avoir le temps d'une vue d'ensemble. Heureusement, le chef de poste bénéficie de l'assistance de son secrétaire (par exemple pour les contres-surveillances) et généralement s'entend très bien avec l'attaché militaire de l'ambassade, permettant ainsi d'échanger les informations.

Troisième remarque, la division du travail: Dans certains pays, existe a la fois un poste SDECE chargé de faire du renseignement, et un autre poste chargé du contre-espionnage. C'est le cas au Sénégal a la fin des années 50 (Ou Maurice Robert dirige le renseignement offensif et son homologue, M.Roger, s'occupe du contre-espionnage) ou en Autriche. Cette complémentarité apparente (le poste chargé du renseignement "attaque", celui du contre-espionnage "défend") n'est que de facade, car d'abord cette méthode n'empêche pas les doublons entre lesdeux postes, qui peuvent en venir a tenter de recruter la source de l'"adversaire", et ce qui n'aide pas, les deux postes ne dépendent pas de la même autorité. L'un dépend du service de renseignement, l'autre du service de contre-espionnage, empêchant une coordination efficace, a moins d'une bonne entente a tous les niveaux.

Quatrième remarque, regrettable, sur l'absence, pour des raisons budgétaires (manque de moyens) , politiques (Fermeture de la station du SDECE a Prétoria, dirigée par le commandant Hamon, tout simplement parce que le nouveau gouvernement s'oppose a l'appartheid! Il aurait été, au contraire, préférable de laisser l'antenne du SDECE en fonctionnement pour collecter des renseignements), techniques (Impossibilité de faire du renseignement derrière le Rideau de Fer, d'ou la conclusion du directeur du SDECE dans les années 70: Il faut fermer les postes!) ou stratégiques (le pays en question n'a que peu d'importance, voire aucune) de postes SDECE dans certains pays. Par exemple, le SDECE est très peu implanté a la fin des années 50 en Amérique Latine (quoique les informations obtenues font supposer l'ouverture, en 1962, d'un poste en Argentine et d'un autre au Pérou). Résultat, certains pays soit ne sont pas couverts, ou bien sont couverts, mais depuis un pays tiers.

Citons Albert Labbens, précédemment nommé, et qui dirigea le poste de Moscou de 1962 a 1964: Il était aussi chargé de couvrir la Pologne et la Finlande. Ou son homologue Jacques Levacher, en poste a Cuba, est aussi compétent pour la République Dominicaine. Prenons l'exemple du chef de poste du SDECE au Sénégal chargé de couvrir les pays voisins. Ayant déja beaucoup de travail a Dakar, il ne peut se rendre a intervalles réguliers dans les pays qu'il est chargé de couvrir. Résultat, parfois pendant plusieurs mois, le Centre (Expression personnelle pour parler du QG du SDECE) n'est informé sur la situation dans le pays donné que par la presse ecrite. L'absence d'un chef de poste sur place, qui soit au contact quotidien aussi bien de la population que des officiels ou de ses sources, empêche un véritable travail de renseignement. En Afrique, sous l'égide de Maurice Robert a partir du tout début des années 60, cette situation s'améliore, avec la création des postes de Liaison et de Renseignement (PLR), chargés de faire du renseignement "ouvert" et d'assister les services secrets des pays amis dans la formation de leurs officiers, sans oublier l'échange de renseignement. Ses postes seront implantés en Côte d'Ivoire, au Tchad (Jusque 1963, quand le PLR, suite a un incident entre le chef de l'Etat tchadien et le chef du poste,le commandant Mallet, entraîne sa fermeture), au Gabon, en Mauritanie, au Sénégal, au Mali, en Haute-Volta (Burkina Faso) au Cameroun,en Centrafrique, au Congo et a Madagascar. Ne font du renseignement "clandestin" que les antennes implantées en Guinée (jusque 1965, avec la rupture des relations diplomatiques entre la France et la Guinée), au Tchad (A partir de 1963), ainsi que au Congo, au Mali et en Mauritanie.

 

 

29.02.2008

Communiqué du MI5 sur Ossama Bin London

27 February 2008

TERRORIST RECRUITERS CONVICTED

Four London men have been found guilty and another three have admitted a range of terrorist offences in a five-month trial held at Woolwich Crown Court. The court heard that the ringleaders of the group sought to radicalise young men in London and encourage them to murder non-Muslims.

Mohammed Hamid, an extremist who called himself "Osama bin London", organised terrorist training camps at a number of locations around England. He was convicted on three counts of soliciting murder and three counts of providing terrorist training.

The other defendants were convicted on a variety of charges including providing training for terrorism, attending a place for the purpose of terrorism training and possessing a record containing information likely to be useful to a person committing or preparing an act of terrorism.

The case was the first to be brought under section 8 of the Terrorism Act 2006, under which it is a criminal offence to provide terrorist training or attend a place used for terrorist training. The convictions marked a successful conclusion to Operation Overamp, a two-year joint investigation by the police and Security Service. Sentencing will take place in March.

In addition, two other men were convicted and sentenced in earlier hearings that could not previously be disclosed due to reporting restrictions. Hassan Mutegombwa was jailed for ten years for intending to travel overseas to carry out acts of terrorism, and Mustafa Abdullah was sentenced to two years' imprisonment for possessing a record containing information likely to be useful to a person committing or preparing an act of terrorism.

For more information on these cases, please see:

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© Crown Copyright 2008

19.02.2008

La CIA abandonne son programme des "immersions profondes".

L'information vient tout droit du Los Angeles Times, journal américain généralement bien informé sur les questions de renseignement: La CIA vient d'abandonner son programme dit des "immersions profondes".

De quoi s'agit-il? Un officier de la CIA en poste a l'étranger utilise généralement une couverture diplomatique ou consulaire pour ses activités d'espionnage dans le pays qui l'accueille. Il est donc amené, en tant que diplomate, a rencontrer d'autres diplomates, industriels, économistes, hommes politiques...Un domaine qui ne permet pas d'infiltrer et de neutraliser les cellules de groupes terroristes. Consciente de cette faille, au lendemain du 11 septembre, la CIA décide de développer son programme NOC (Non Official Cover). Il s'agit d'implanter dans des pays autres que les Etats-Unis des officiers de la CIA au sein d'entreprises , avec pour but qu'ils infiltrent les groupes terroristes. Il est en effet plus facile, moins soupconneux, d'être un entrepreneur ou un industriel que un diplomate, les ambassades ayant la réputation (mais la réputation seulement ) d'être des nids d'officiers de la CIA.

L'utilisation de NOC n'est pas une première au sein de la CIA, ou de tout autre service secret. Tout service secret utilise, pour ses missions, des couvertures commerciales ou industrielles par exemples. Reste en mémoire le BND (Renseignement extérieur de la République Fédérale allemande) et le Guojia Anquanbu (Renseignement et contre-espionnage chinois) qui utilisent très souvent cette couverture. Notons aussi que la CIA a déja utilisé ses couvertures NOC pour des opérations d'espionnage économique: Elle a instauré des officiers sous NOC a la fin des années 80 au Japon, et reste en mémoire le cas de Mary Ann Baumgartner, cette "représentante de société" qui tenta de recruter en France un haut fonctionnaire, Henri Plagnol , scandale rendu public en 1995 et qui entraîna l'expulsion entre autres de Baumgartner et du chef de station de la CIA a Paris Richard Holm.

Cette opération de la CIA ,ou ont été crées de 2002 a 2004 12 sociétés permanentes, masquant des officiers de la CIA, en Europe, ou sont implantées tout comme d'autres régions du monde des cellules terroristes, avait pour but d'infiltrer ses dernières. Des moyens financiers considérables (On parle de centaines de millions de dollars) ont été mis en oeuvre pour l'implantation des entreprises et le renforcement de la couverture des officiers de la CIA NOC.

Mais l'opération a échouée. En effet, les terroristes ne fréquentent ni les cocktails diplomatiques, ni le monde des affaires , exception faite pour les financiers du terrorisme. 

Il faut y ajouter l'opposition , dans certains cas, de l'utilisation du NOC. L'article donne en exemple le chef de la station de la CIA a Riyad qui a refusé qu'on envoie en Arabie Saoudite un officier en NOC, lequel était invité a une conférence sur l'énérgie a Riyad. Ou les critiques dans l'approche des NOC faite par Rolf-Mowatt-Larssen, alors chef de la Division Europe de la Direction des Opérations de la CIA.

Un des dangers du NOC, il est vrai, est l'absence de couverture efficace en cas d'arrestation. Un officier de la CIA sous couverture diplomatique arrêté pour espionnage risque seulement d'être expulsé; un officier NOC la prison , avec les risques dans certains pays du globe d'être torturé, et d'avouer, racontant les méthodes et les cibles de la CIA,voire le dévoilement du réseau NOC dans son ensemble.

Notons aussi que une des firmes a vu sa couverture bousillée quand il a été rendu public en 2003 que Valérie Plame, une officier du WINPAC (La division chargée de l'analyse des informations en matière d'armement, et entre autres d'ADM) de la CIA était une fonctionnaire de la CIA travaillant sous couverture de la firme "Brewster Jennings & Associates".

Toutefois, selon l'article, sur les 12 sociétés, 10 seulement ont été fermées. Quid des deux dernières? Auraient-elles atteints leur but? La question se pose. 

Une solution pour pallier l'inefficacité du dispositif antiterroriste? Le recrutement d'informateurs, toujours, mais aussi d' "access agents" , des personnes ne détenant pas d'informations secrètes mais qui ont des contacts dans les milieux intéréssant un service secret. Ses "access agents" , en tant que citoyens d"un pays tiers, ont plus de latitude pour entretenir des contacts, présenter a un "case officer" (officier traitant) des personnes l'intéréssant,  qui pourront éventuellement être recrutées. Une autre possibilité, évoquée dans l'article, est de modifier la stratégie des NOC, en visant et créant les organisations caritatives pour les étudiants musulmans, par exemple.

 Article du Los Angeles Times

 

CIA's ambitious post-9/11 spy plan crumbles

'Fox News Sunday'
ADAPTATION: Rep. Peter Hoekstra, R-Mich., says: “I don’t believe the intelligence community has made the fundamental shift in how it operates to adapt to the different targets that are out there."
The agency spent millions setting up front companies overseas to snag terrorists. Officials now say the bogus firms were ill-conceived and not close enough to Muslim enclaves.
By Greg Miller, Los Angeles Times Staff Writer
February 17, 2008

WASHINGTON -- The CIA set up a network of front companies in Europe and elsewhere after the Sept. 11 attacks as part of a constellation of "black stations" for a new generation of spies, according to current and former agency officials.

But after spending hundreds of millions of dollars setting up as many as 12 of the companies, the agency shut down all but two after concluding they were ill-conceived and poorly positioned for gathering intelligence on the CIA's principal targets: terrorist groups and unconventional weapons proliferation networks.

 The closures were a blow to two of the CIA's most pressing priorities after the 2001 terrorist attacks: expanding its overseas presence and changing the way it deploys spies.

The companies were the centerpiece of an ambitious plan to increase the number of case officers sent overseas under what is known as "nonofficial cover," meaning they would pose as employees of investment banks, consulting firms or other fictitious enterprises with no apparent ties to the U.S. government.

But the plan became the source of significant dispute within the agency and was plagued with problems, officials said. The bogus companies were located far from Muslim enclaves in Europe and other targets. Their size raised concerns that one mistake would blow the cover of many agents. And because business travelers don't ordinarily come into contact with Al Qaeda or other high-priority adversaries, officials said, the cover didn't work.

Summing up what many considered the fatal flaw of the program, one former high-ranking CIA official said, "They were built on the theory of the 'Field of Dreams': Build them and the targets will come."

Officials said the experience reflected an ongoing struggle at the CIA to adapt to a new environment in espionage. The agency has sought to regroup by designing covers that would provide pretexts for spies to get close to radical Muslim groups, nuclear equipment manufacturers and other high-priority targets.

But current and former officials say progress has been painfully slow, and that the agency's efforts to alter its use of personal and corporate disguises have yet to produce a significant penetration of a terrorist or weapons proliferation network.

"I don't believe the intelligence community has made the fundamental shift in how it operates to adapt to the different targets that are out there," said Rep. Peter Hoekstra of Michigan, the top Republican on the House Intelligence Committee.

The cover arrangements most commonly employed by the CIA "don't get you near radical Islam," Hoekstra said, adding that six years after the attacks on New York and the Pentagon, "We don't have nearly the kind of penetrations I would have expected against hard targets."

Trying to get close

Whatever their cover, the CIA's spies are unlikely to single-handedly penetrate terrorist or proliferation groups, officials said. Instead, the agency stalks informants around the edges of such quarry -- moderate Muslims troubled by the radical message at their mosques; mercenary shipping companies that might accept illicit nuclear components as cargo; chemists whose colleagues have suspicious contacts with extremist groups.

Agency officials declined to respond to questions about the front companies and the decision to close them.

"Cover is designed to protect the officers and operations that protect America," CIA spokesman Paul Gimigliano said. "The CIA does not, for that very compelling reason, publicly discuss cover in detail."

But senior CIA officials have publicly acknowledged that the agency has devoted considerable energy to creating new ways for its case officers -- the CIA's term for its overseas spies -- to operate under false identities.

"In terms of the collection of intelligence, there has been a great deal of emphasis for us to use nontraditional methods," CIA Director Michael V. Hayden said in November 2006 radio interview shortly after taking the helm at the agency. "For us that means nontraditional platforms -- what folks call 'out of embassy' platforms -- and we're progressing along those lines."

The vast majority of the CIA's spies traditionally have operated under what is known as official cover, meaning they pose as U.S. diplomats or employees of another government agency.

The approach has advantages, including diplomatic immunity, which means that an operative under official cover might get kicked out of a country if he or she is caught spying, but won't be imprisoned or executed.

Official cover is also cheaper and easier. Front companies can take a year or more to set up. They require renting office space, having staff to answer phones and paying for cars and other props. They also involve creating fictitious client lists and resumes that can withstand sustained scrutiny.

One of the CIA's commercial cover platforms was exposed in 2003 when undercover officer Valerie Plame was exposed in a newspaper by columnist Robert Novak. Public records quickly led to the unraveling of the company that served as her cover during overseas trips, a fictitious CIA firm called Brewster Jennings & Associates.

Official cover worked well for the duration of the Cold War, when holding a job at a U.S. Embassy enabled American spies to make contact with Soviet officials and other communist targets.

But many intelligence officials are convinced that embassy posts aren't useful against a new breed of adversaries. "Terrorists and weapons proliferators aren't going to be on the diplomatic cocktail circuit," said one government official familiar with the CIA's cover operations.

Under intense pressure

After the terrorist strikes, the Bush administration ordered the agency to expand its overseas operation by 50%. The agency came under intense pressure from Congress to alter its approach to designing cover and got a major boost in funding to expand the nonofficial cover program, which is commonly referred to by the acronym NOC, pronounced "knock."

Although the agency has used nonofficial cover throughout its history, the newer front companies were designed to operate on a different scale. Rather than setting up one- or two-person consulting firms, the plan called for the creation of companies that would employ six to nine case officers apiece, plus support staff.

The NOC program typically had functioned as an elite entity, made up of a small number of carefully selected case officers, some of whom would spend years in training and a decade or more overseas with only intermittent contact with headquarters. But the new plan called for the front companies to serve as way stations even for relatively inexperienced officers, who would be rotated in and out much the way they would in standard embassy assignments.

"The idea was that these were going to be almost like black stations," said a former CIA official involved in the plan to form the companies. "We were trying to build something that had a life span, that had durability."

In the process, the agency hoped to break a logjam in getting post-Sept. 11 recruits overseas. Thousands of applicants had rushed to join the CIA after the attacks, and many were sent to Afghanistan and Iraq. But outside of those war zones, open slots were scarce.

"The embassies were full," said a former CIA official involved in deployment decisions. "We were losing officers by the dozens because we didn't have slots for them overseas."

In separate interviews, two former CIA case officers who joined the agency after the attacks said that 15% to 20% of their classmates had quit within a few years. Among them, they said, was one who had earned his master's degree in business administration from Harvard University and was fluent in Chinese and another who had left a high-paying job at the investment firm Goldman Sachs.

The front companies were created between 2002 and 2004, officials said, and most were set up to look like consulting firms or other businesses designed to be deliberately bland enough to escape attention.

About half were set up in Europe, officials said -- in part to put the agency in better position to track radical Muslim groups there, but also because of the ease of travel and comfortable living conditions. That consideration vexed some CIA veterans.

"How do you let someone have a white-collar lifestyle and be part of the blue-collar terrorist infrastructure?" said one high-ranking official who was critical of the program.

But the plan was to use the companies solely as bases. Case officers were forbidden from conducting operations in the country where their company was located. Instead, they were expected to adopt second and sometimes third aliases before traveling to their targets. The companies, known as platforms, would then remain intact to serve as vessels for the next crop of case officers who would have different targets.

'A very bitter fight'

The concept triggered fierce debate within the agency, officials said.

"This was a very bitter fight," said a CIA official who was a proponent of the plan because it insulated the fictitious firms from the actual work of espionage.

"When you link the cover to the operation, the minute the operation starts getting dicey, you run across the screen of the local police, the local [intelligence service] or even the senior people in the mosque," the official said. "I saw this kill these platforms repeatedly. The CIA invests millions of dollars and then something goes wrong and it's gone."

But critics called the arrangement convoluted, and argued that whatever energy the agency was devoting to the creation of covers should be focused on platforms that could get U.S. spies close to their most important targets.

"How does a businessman contact a terrorist?" said a former CIA official involved in the decision to shut down the companies. "If you're out there selling widgets, why are you walking around a mosque in Hamburg?"

Rather than random businesses, these officials said, the agency should be creating student aid organizations that work with Muslim students, or financial firms that associate with Arab investors.

Besides broad concerns about the approach, officials said there were other problems with the companies. Some questioned where they were located. One, for example, was set up in Portugal even though its principal targets were in North Africa.

The issue became so divisive that the agency's then-director, Porter J. Goss, tapped the official then in charge of the CIA's European division, Rolf Mowatt-Larssen, to lead an in-house review of the NOC strategy.

Mowatt-Larssen sided with critics of the approach and began pulling the plug on the companies before he left the agency to take a senior intelligence post at the Department of Energy, officials said. Mowatt-Larssen declined to comment.

The agency is in the midst of rolling out a series of new platforms that are more narrowly targeted, officials said. The External Operations and Cover Division has been placed under Eric Pound, a veteran foreign officer who was CIA station chief in Athens during the 2004 Olympics.

But the agency is still struggling to overcome obstacles, including resistance from many of the agency's station chiefs overseas, most of whom rose through the ranks under traditional cover assignments and regard the NOC program with suspicion and distrust.

In one recent case, officials said, the CIA's station chief in Saudi Arabia vetoed a plan to send a NOC officer who had spent years developing credentials in the nuclear field to an energy conference in Riyadh.

The NOC "had been invited to the conference, had seen a list of invitees and saw a target he had been trying to get to," said a former CIA official familiar with the matter. "The boss said, 'No, that's why we have case officers here.' "

 

 

31.01.2008

MI6 Urged UK to Drop Saudi Inquiry

 

By DAVID STRINGER
The Associated Press
Tuesday, January 29, 2008; 6:34 PM

 

LONDON -- Britain's head of overseas intelligence warned that Saudi Arabia likely would stop sharing vital information on terrorism if prosecutors pursued an investigation into alleged corruption in an arms deal, lawmakers disclosed Tuesday.

Ministers were told the inquiry into the BAE Systems PLC arms deal with Saudi Arabia could lead to a withdrawal of Saudi assistance on counterterrorism, according to the annual report of the Intelligence and Security committee. The committee scrutinizes the work of Britain's intelligence and security agencies.

Britain's Serious Fraud Office in December 2006 ended the inquiry into allegations that BAE Systems ran a $118.9 million "slush fund" offering sweeteners to Saudi Arabian officials in return for lucrative arms contracts.

BAE has denied the accusations. Prince Bandar bin Sultan, a former ambassador to the United States and now head of Saudi Arabia's National Security Council, has also denied that he profited from the deal.

MI6, Britain's overseas intelligence service, believed Saudi Arabia likely would end information-sharing with Britain if investigators continued the inquiry, former Attorney General Peter Goldsmith told the committee. MI6 raised objections to the prosecution before Britain's Serious Fraud Office decided to end the case, he said.

"All relevant agencies were clear about the crucial importance of U.K.-Saudi co-operation in the fight against terrorism and the damage to U.K. interests _ and, potentially, U.K. lives _ if that co-operation were withdrawn," Goldsmith said.

Then-Prime Minister Tony Blair explained the decision to drop the case by insisting Saudi Arabia had privately threatened to end intelligence ties if it continued. Saudi officials did not make the threat publicly _ arrousing some public skepticism over the scrapping of the inquiry.

The head of MI6, John Scarlett, told the committee that antagonizing Saudi Arabia risked losing vital intelligence.

"There were threats made to the existence of the co-operation (and) there was reason to take those threats seriously," he said. "Saudi Arabia is an absolutely key country ... they have turned themselves into a very important and powerful player in the world counterterrorism campaign."

After the inquiry was dropped, Saudi Arabia signed a $8.7 billion agreement with Britain to buy 72 Eurofighter Typhoon jets from BAE.

14.01.2008

"Intellworld" publie un article sur la station de la CIA a Bagdad

Un article paru aujourd'hui sur "Intellworld" explore et analyse un domaine assez délicat , a savoir le travail de la CIA depuis sa station de Bagdad depuis l'année 2003. Court et concis, cet article restitue l'ambiance et a l'avantage de la clarté.

09.01.2008

Dieter Kaundinya

Parmi les services secrets, l'un que j'ai "survolé" mérite pourtant largement d'être traité. Sorti des décombres de l'Allemagne nazie au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, forgé a la lutte contre le communisme et connu jusque 1956 sous le nom de Organisation Gehlen, le BND (Bundesnachrichtendienst) , Service de renseignement fédéral d'Allemagne de l'Ouest, est un service secret plutôt discret qui a néanmoins connu des succès et quelques scandales retentissants (Mise sur écoutes et surveillance d'un célèbre journaliste allemand,; découverte durant la Guerre Froide et après de taupes travaillant au coeur du BND au profit du KGB ou du HVA, le service de renseignement extérieur d'Allemagne de l'Est). Néanmoins, les services secrets font toujours plus la une de l'actualité pour leurs ratées que pour leurs réussites. Parmi les cadres du BND, l'un a été choisi, car de par sa carrière il a été en poste dans des pays confrontés a l'instabilité politique ou au terrorisme. Il se nomme Dieter Kaundinya.

658179343a6dabfb3f8330c4e7608ba5.jpgDieter Kaundinya


Kaundinya, dont, il faut le souligner, la carrière est incomplète par endroits, est entré au BND en 1968, c'est-a-dire l'année ou le fondateur du BND, le général Gehlen, ancien haut responsable nazi du renseignement en direction des pays de l'Est, prend sa retraite après avoir fondé au lendemain de la Seconde Guerre avec le soutien des américains la Gehlen Org, devenue en 1956 dépendante du chancellier d'Allemagne de l'Ouest et devenue le BND. Si le Service comptait a ses débuts nombre d'anciens nazis, quand Kaundinya entre au BND, nombre d'entre eux ont déja quittés l'organisation. Place a une nouvelle génération.

 

La carrière de Kaundinya est "vide" de 1968 a 1975, soit sept ans, avant qu'il apparaisse en 1975 en Israël: Il vient d'être nommé Chef de station a Tel-Aviv. Un poste qui peut incontestablement être considéré comme d'importance. En effet, Richard Gehlen s'est dès la création du service efforcé d'entretenir de bonnes relations avec les services secrets israëliens, sans doute pour essayer de faire pardonner les atrocités commises par les nazis a l'égard des Juifs durant la seconde guerre. Il racontera lui-même dans ses mémoires que il s'est efforcé d'aider les services secrets israëliens , comprenant que ils jouent un rôle central dans la lutte contre le communisme. Cette coopération sera d'ailleurs démontrée très clairement quand avec l'aide du BND le Mossad envera un de ses agents, Wolfgang Lotz, collecter des informations dans l'Egypte de Nasser. Lotz transmettra nombre d'informations importantes avant d'être capturé par le contre-espionnage egyptien puis échangé contre des prisonniers de la Guerre des Six Jours.Israël a aussi des services secrets très bien implantés au Moyen-Orient, et a pu obtenir nombre d'informations sur l'URSS (On est alors en pleine guerre froide) en interrogeant les immigrés juifs qui arrivent sur cette période en Israël. Kaundinya restera a la tête de la station jusque 1981

 Après Israël, Kaunidinya est nommé en cette année 1981 a un poste très important de la Guerre froide: L'Inde. Comme se rappele Robert Baer, en poste a la fin des années 70, "l'Inde était un des meilleurs terrains pour recruter des soviétiques". Les soviétiques fournissaient en armes et conseillers les indiens, donc il paraît logique que les services secrets occidentaux en aient faits leur terrain de jeu. Il occupera le poste jusque 1986.

Après l'Asie, retour pour l'officier du BND a Pullach en 1987, le QG du BND. Il est nommé a la tête d'une division du BND, , chargée des évaluations et des approvisionnements (Leiter Zentral referate Auswertung und Beschaffung). Il quitte ce poste en 1994.

 Ensuite Kaundinya est nommé a un poste très important: Chef de station du BND a Moscou. Selon Erich Schmidt-Eenboom, historien qui s'est spécialisé sur les services secrets allemands (Interview au site Agentura.ru en 2005)  Kaundinya a travaillé a Moscou de 1992 a 1998 comme chef de station adjoint. Mais une autre biographie de Kaundinya , en allemand, disponible en bas, indique que il était chef de la station de Moscou de 1994 a 1998.Shmidt semble s'être trompé .Kaundinya a bien été chef de station, j'expliquerai plus bas pourquoi.

Concernant la station du BND a Moscou même, très peu d'informations sont disponibles. Tout comme la CIA, le BND a commencé a entretenir des contacts officiels avec le KGB (Pour le BND , les contacts commencent en 1991, avant le putsch) sans doute dans le domaine de la lutte contre le crime organisé. La station du BND de Moscou a été prise au dépourvu par le putsch d'août 1991, et les conséquences seront le limogeage du chef de la station, premier représentant légal du BND auprès des autorités russes, M. Kreitschmann, lequel ne parlait pas russe en plus. 

 La Russie a toujours été considérée comme un pays top prioritaire par le BND, au même titre que l'Iran ou la Syrie. Il paraît logique que le BND s'active pour obtenir des informations, entre autres a caractère politique. Selon Udo Ulfkotte, auteur d'un ouvrage paru en 1998 sur le BND, un diplomate russe en poste a Washington a proposé a un officier du BND de travailler pour Pullach dès qu'il revient en Russie. Il paraît alors logique que ce soit a la station de Moscou, dirigée par Kaundinya, de le "traiter". Toutefois il est assez incroyable que l"auteur "balance" ainsi une source du BND, ce qui ne peut manquer d'alerter le FSB, le contre-espionnage russe, qui fera tout pour démasquer (si ce diplomate existe, ce qui n'est pas certain) le traître...

De retour a Pullach en 1998, Kaundinya est nommé responsable-adjoint de la Division en charge de la Russie et du Caucase, de l'Asie centrale ,du Moyen-Orient , de l'Afrique du Nord. Le fait qu'il soit nommé a ce poste indique a mes yeux que il paraît bien avoir été chef de poste a Moscou et non chef-adjoint. pour des raisons bureaucratiques, car le BND, comme tout service permet a ses membres de s'élever dans la hiérarchie, mais en douceur, et la nomination d'un chef de station adjoint ( Même a un poste aussi important que Moscou) directement comme chef d'une division aussi importante est plutôt illogique. Peu d'informations sont disponibles si ce n'est évidemment le souvenir du soutien accordé par le BND ( Et donc par la Division commandée par Kaundinya)  en 1999 a l'UCK,Armée de Libération du Kosovo, alors en lutte contre les serbes, mais il est difficile de dire si cela relevait de la division de Kaundinya.

 En 2001 la tête de la Division chargée de la lutte contre le terrorisme international, le crime organisé, et du contre-espionnage du BND (poste qu'il occupe lors des attentats du 11 setpmbre puis lors de l'invasion de l'OTAN en Afghanistan, donc au minimum il est a la tête du service antiterroriste jusqu'au début 2002)

Ensuite, selon Schimdt-Eeboom, Kaundinya a été affecté a Delhi, ou il était en poste en 2005 (Ce qui fait un "trou" dans sa bio de 2002 a 2005). Une rapide recherche sur les listes diplomatiques de l'ambassade d'Allemagne a Delhi a donné ceci:

 
Embassy of the Federal Republic of GERMANY : Diplomatic List
As on July 25, 2005

Name     Designation
H.E. Mr. Heimo Richter     Ambassador Extraordinary and Plenipotentiary
Mr. Hans-Joachim Kiderlen                            Minister
Colonel (GS) Hubertus Von Schönfeldt            Defence Attaché
Dr. Michael Koch                                          Minister Counsellor (Head of Political Department)
Mr. Johann-Hinrich Ernst                               Minister Counsellor (Economic & Commercial)
Dr. Robert Weber                                         Counsellor (Political Department)
Mrs. Maria-Theresia Larretgére                      Counsellor (Administration)
Dr. Wolfhard Behrens                                   Counsellor (Development)
Mr. Dieter Kaundinya                                              Counsellor (Political)
Mrs. Anke Reiffenstuel                                 Counsellor (Culture & Education)
Mr. Michael Reiffenstuel                               Counsellor (Press)
Dr. Oliver Lamprecht                                    Counsellor (Economic & Commercial)
Dr. Hans-Wolfgang Benkel                           Counsellor (Medical Officer)
Mrs. Marian Schuegraf                                 Counsellor (Science & Technology)
Mr. York Schuegraf                                      Counsellor (Political) 

 

 

Cette information permet de se demander une première chose: le poste de Delhi serait-il , au sein du BND, devenu un poste honorifique , comme Washington, Londres, ou Paris? La réponse paraît négative, car pour le BND, l'Inde fait partie des pays prioritaires (mais pas comme la Russie hautement prioritaires) comme la Chine, l'Egypte , l'Afrique du Sud ou le Pakistan. En tout cas cette liste permet d'établir une possibilité d'identifier les chefs de poste du BND a l'étranger, de par leur couverture, mes connaissances du BND ( et de l'allemand) étant très insuffisantes....

 

Kaundinya, Dieter

Direktor im Bundesnachrichtendienst, Abteilungsleiter Organisierte Kriminalität, internationaler Terrorismus und Gegenspionage (seit 2001). 1959 bis 1960 Wehrdienst (Hauptmann der Reserve), Studium Indologie, Orientalistik,Politik, 1968 Eintritt in den Bundesnachrichtendienst. 1975 bis 1981 Resident in Tel Aviv. 1981 bis 1986 Resident in New Delhi. 1987 bis 1994 Leiter Zentral referate Auswertung und Beschaffung. 1994 bis 1998 Resident Moskau. 1999 bis 2001 Unterabteilungsleiter Aufklärung Osteuropa, Russland, Zentralasien, Kaukasus, Nahmittelost, Nordafrika.  

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