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  • Les services secrets britanniques recrutent dans les universités.

     

    Les services secrets britanniques, ce n'est point un secret, recrutent de manière "ouverte". Cela veut dire que un de leurs représentants, a visage découvert, n'hésite pas a aller dans les universités de Sa Majesté, a vanter les mérites de son service, proposant aux étudiants de tenter, ensuite, d'y entrer. Un exemple concret en a été donné il y a quelques semaines, très précisément a la mi-octobre, quand James Morrison, ancien espion de Sa Majesté, a pris la parole a l'université de Canterburry, dans une conférence intitulée "The Craft of Intelligence Analysis: Secrets, Assessments, Prophecies, Delusions and Damned Lies".

     

    James Morrison Se présentant comme un ancien analyste du MI5, M.Morrison déclarera simplement être un ancien du MI5, rappelant quelques principes du métier: Que si vous détenez une information, il ne faut pas que l'ennemi sache que vous lui avez piqués ses secrets; que le travaille d'un analyste consiste a vérifier 1000 fois les informations recues afin d'éviter les erreurs de jugements, et d'ironiser que "si vous voulez de l'action, évitez d'être analyste au MI5, la seule raison qui vous entraînera chez le kiné est d'avoir mal au dos a force d'être assis sur de mauvaises chaises!" Rien que de très convenu certes, mais un des préceptes du métier, après tout, est d'en dire le moins possible. On voyait donc mal M.Morrison raconter les opérations qu'il a mené ou dévoiler les noms de ses collègues.

    Avant de déclarer publiquement aux étudiants: "Le MI5 recrute et l'organisation cherche des personnes issues de tout cursus universitaire; pourquoi pas vous?". Cela a l'avantage de la franchise et appelle deux commentaires: Primo, époque de communication aidant les services secrets n'hésitent plus a recruter de manière "ouverte", la France est loin d'avoir saisie cette culture contrairement a ses collègues britanniques ou américains. Secundo, et c'est plus une surprise, pour moi, c'est que M.Morrison se prétende "analyste au MI5". Un rapide coup d'oeil sur sa bio a permis de découvrir que il émargeait plutôt au DIS..le Défense Intelligence Staff, le renseignement militaire de Sa Majesté. En effet, il est incongru que M.Morrison se présente comme un officier du MI5, contre-espionnage civil, alors que il apparaît, quand il fut présenté, comme "Deputy Chief of Defense Intelligence and Senior Fellow of the Brunel Centre for Intelligence and Security Studies", c'est-a-dire numéro deux du renseignement militaire britannique!

    Sa carrière le confirme: Apparaît un dénommé John Noble Lennox Morrison, né le 14.07.1943, entré au Défense Intelligence Staff en 1967 en tant que analyste, avant d'occuper plusieurs postes a responsabilité au sein du DIS, et de finir sa carrière en 1999, après avoir passé quatre ans comme adjoint du directeur du DIS et a la tête du service d'analyse. Après sa carrière au DIS,il travaillera a la commission parlementaire de contrôle de l'activité des services secrets, et ce jusque 2004 (Il quittera alors son poste suite a un scandale). Actuellement, il travaille au Brunei Centre for Intelligence. En tout cas, son ancien emploi "d'analyste au MI5" ressemble a s'y méprendre a une "couverture" pour recruter les étudiants en réalité pour le Defense Intelligence Staff. Ce sont les gars du MI5 qui vont être contents!

     

     

     

     

  • AVENTURISME GEORGIEN, une note de l'ESISC

    Est ici publiée une note de l'ESISC, intitulée "AVENTURISME GEORGIEN", assez critique vis-a-vis de l'attitude des autorités géorgiennes dans le conflit ossète.

    Vous pouvez la retrouver sur le site de l'ESISC


    Par Claude MONIQUET


    Président de l’ESISC


    En quelques heures, dans la nuit du 7 au 8 août, le président Mikhaïl Saakachvili est parvenu, en utilisant la force pour tenter de régler un problème qui ne présentait aucune urgence, à rendre le plus mauvais service qui soit à son pays, à l’équilibre du Caucase, au renforcement de l’OTAN et à l’influence occidentale aux marches de la Russie.


    Nous ne nous prononcerons pas, ici, sur le fond du problème, à savoir la revendication indépendantiste de l’Ossétie du Sud, bien que nous soyons en droit de nous demander à quel titre on refuserait aux Ossètes un droit que l’on reconnaît aux Kosovars…


    Nous nous contenterons simplement de rappeler que –même si Moscou a un peu soufflé sur les braises en 1992 – c’est incontestablement l’intransigeance nationaliste des Géorgiens, incapables de prendre en compte le besoin d’autonomie de minorités nationales importantes, qui fut à l’origine de lapremière guerre en Ossétie du Sud, en 1991. Il était possible de faire des concessions aux Ossètes, mais Tbilissi préféra envoyer 6000 soldats sur place pour « y rétablir l’ordre». Avec les résultats que l’on sait: Moscou soutint la revendication ossète et la Géorgie connut une honteuse défaite. Depuis, l’Ossétiedu Sud s’est érigée en «Etat » indépendant (qu’aucun autre pays, même la Russie, ne reconnaît) mais le calme régnait dans la région. Jusqu’en 2004…


    Arrivé au pouvoir dans la foulée de la Révolution des Roses qui a mis fin au règne de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev, Edouard Cheverdnadzé, M.Saakachvili a promis l’ouverture et les réformes. Son bilan est pour le moins mitigé. Si le pays
    connaît une croissance de 9% par an, Mafia et corruption continuent à y tenir le haut du pavé, et le pouvoir a été agité par d’incessantes querelles de palais donnant lieu à des limogeages évoquant davantage la République bananière que l’Etat de droit.


    Moitié pour faire oublier cet échec partiel, moitié sans doute pour complaire à la partie la plus radicale de son opinion, le président Saakachvili a alors commencé, à son tour, à surfer sur la vague nationaliste en promettant la réunification du pays –qui devait faire face à la sécession de trois régions : l’Abkhazie, l’Adjarie et l’Ossétie du Sud. La question adjare a été réglée par la diplomatie, le retour de la province rebelle sous la tutelle de Tbilissi ayant étant obtenu largement grâce aux pressions de Moscou. Le dossier abkhaze est au point mort mais, depuis 2004 - et singulièrement ces derniers mois – les incidents entre l’armée géorgienne et les forces ossètes se sont multipliés. La situation, toutefois, restait gérable. Jusqu'à 7 août dernier.


    Ce jour-là, en jetant les troupes géorgiennes sur l’Ossétie, Mikhaïl Saakachvili a «commis plus qu’un crime, une faute». D’abord, même si l’on peut comprendre l’inconfort de Tbilissi face à la volonté sécessionniste d’une partie de sa population, quelle urgence y avait-il à briser par la force un statu quo vieux d’une quinzaine d’années ? Ensuite, récupérer un territoire de moins de 4000 km², peuplé de 70 000 âmes qui refusent et refuseront de se couler dans le moule géorgien, valait-il la peine de faire couler le sang ? Enfin et surtout, le président géorgien a-t-il vraiment pensé que Moscou allait assister, les bras croisés, à la normalisation d’une Ossétie du Sud que la Russie soutient depuis quinze ans ?