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21/09/2007

Malmab: Le Service de Sécurité du Ministère de la Défense israëlien.

Assez parlé de la CIA,et changeons de continent,pour débarquer en Israël.Au milieu du célébrissime "Mossad",le service de renseignements extérieur de l'Etat hébreu,ou du Shin Beth (appelé aussi Shabak),existe un petit service,quasiment inconnu du grand public :Il s'agit du contre-espionnage militaire israélien,le Malmab .

Créé en 1975,le Malmab s'est développé sur la base du Lakam ,le renseignement scientifique dépendant du Ministère de la Défense israëlien.Pour mémoire,c'est le Lakam qui recruta et traita Jonathan Pollard,l'analyste spécialisé dans l'antiterrorisme au sein de la Marine US,qui fut arrêté en 1985,provoquant un scandale entre Israël et les Etats-Unis.Le Malmab,acronyme de Service de Sécurité du Ministère de la Défense, est une petite structure,chargée de la sécurité militaire de l'Etat d'Israël.Parmi ses missions : Enquêter sur  les affaires de corruption au sein de l'industrie militaire et rechercher les auteurs de "fuites d'informations" sur les secrets de l'industrie militaire, empêcher l'infiltration de Tsahal (Armée israëlienne) par des services secrets étrangers,le Malmab est aussi chargé de proteger les secrets des établissements militaires (Ce en quoi il fait concurrence avec le Shin Beth,le contre-espionnage israëlien,qui est chargé de cette mission par décision en Conseil des Ministres prise en 1974).Parmi eux,notons le réacteur nucléaire de Dimona.Pour remplir ses missions,le Malmab a aussi des contacts avec la censure militaire (Il y a une censure militaire en Israël) pour éviter la publication de certaines informations.Par exemple  pour empêcher la publication de l'ouvrage d'Avner Cohen "Israël et la bombe",relatif a la bombe atomique que Israël a développée dans le plus grand secret dans les années 60.

Le nom du patron du Malmab a lui aussi été censuré durant plusieurs années avant d'être enfin rendu public en novembre 1999 :Il se nomme Yehiel Horev.Horev est né en 1944 a Tel-Aviv.Il a servi dans une unité d'infanterie,dans le092427717054436bc06228e5ec1d62b.jpg Golan,avant de rejoindre les forces réservistes ,comme officier d'une unité de tanks.

A gauche,Yehiel Horev,patron du Malmab de 1986 a 2007. 

Il a ensuite été promu au rang de Major,et envoyé aider l'armée congolaise dans les années 60.Retour en Israël en 1969 ou il est recruté comme officier de sécurité dans une des installations de  l'Agence pour l'Energie Atomique israëlienne.Envoyé au Malmab en 1974,il en prend le commandement en 1986.

Au fil des années,étant donné son domaine de compétences particulièrement vaste,le Malmab s'est heurté a la concurrence du Shin Beth (BBC 02.02.1998) autour de leurs compétences respectives.Les contacts pris alors entre les deux services secrets pour redéfinir leurs compétences n'ont pas aboutis.Cela n'a pas empêché le Malmab d'étendre son influence,comme le montre le décret signé fin 1999 par le Premier Ministre Ehud Barak et autorisant le Malmab a échanger des informations avec les services secrets étrangers,au grand dam du patron du Shin Beth.

Dernier rôle enfin du Malmab,la délivrance d'autorisations de ventes d'armes a l'étranger.Par exemple,en 2005,le service a enquêté sur des entrepreneurs israëliens qui négociaient la vente de technologies avec la Chine.Il s'avéra que ses technologies n'avaient pas un but militaire.Ou,au grand dam des Etats-Unis,la vente de drônes "Harpy",a la Chine aussi,fut approuvée par Horev.

Début 2007 Yehiel Horev a quitté son poste de chef du Malmab pour être nommé directeur général du Ministère de la Défense.Il a été remplacé en août par Amir Kain,qui a été pendant plusieurs années en charge des questions de sécurité des informations au sein du Malmab.Ce dernier aura sans doute beaucoup de boulot dans la lutte contre le Hezbollah:Il apparaît que au cours des dernières années le Parti de Dieu chiite libanais a augmenté ses capacités de renseignement et de sécurité,y compris en recrutant des personnes vivant ou se rendans en Israël,avec pour mission d'y collecter des informations,y compris sur Tsahal,comme le montre ce remarquable article: http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0036-...

 

 Remerciements aux informations publiées par la BBC,le Jerusalem Post,Intelligence Online

05/07/2007

Le rapport du renseignement saoudien sur la mort de Ben Laden est-il crédible?

Cela fait depuis plus deux ans,plus précisément depuis sa dernière apparition,dans une vidéo diffusée fin 2004,que le Cheikh Oussama Ben Laden,commanditaire des attentats du 11 septembre et qui avait émis une "fatwa" contre l'Occident n'a plus donné signe de vie.Exception d'une de ses déclarations,faite début 2006,quand le Premier Ministre israëlien Ariel Sharon sombra dans le coma (Ben Laden appela alors "tous les musulmans a prier pour que la mort de Sharon soit lente et douloureuse") .Mais j'ignore si cet appel attribué a Oussama Ben Laden était bien fait par lui ) . Après sa dernière apparition publique, d'autres terroristes ont faits la "une" de l'actualité: Le Cheikh Nasrallah,patron du Hezbollah chiite libanais,Al-Zarquavi en Irak,ainsi que Fazel Abdullah Mohammed en Somalie.Pourtant,c'est dans les habitudes de Ben Laden de "jouer" ainsi avec les nerfs du public,en envoyant aux médias ses déclarations.Figure mondialement connue (surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001 qu'il a commandité ), Ben Laden paraît avoir bien compris l'influence des médias;il s'en servait donc pour rappeler qu'il est toujours présent.Jusqu'a la fin 2004.

ca15ff3153f664bcba632795ac66afba.jpgAyman Al Zawahiri et Oussama Ben Laden

Quand avait fuitée en septembre dernier une note de la DGSE, datée du 21.09.2006, indiquant que Ben Laden a contracté une thyphoïde (maladie se transmettant par l'eau et les aliments,entraînant entre autres des effets toxiques pour l'organisme le 23.08.2006 ,et en est décédé (information venant tout droit des services de renseignements saoudiens)),je ne sais pas pourquoi,mais mon 6ème sens m'a alerté,un pressentiment disant que l'information est vraie..Peut-être parce que l'information vient des services de renseignements saoudiens. Après avoir été eux-mêmes les victimes de plusieurs attentats sanglants a partir de 2003,revendiqués par Al-Qaïda,les Saoudiens se sont empressés de coopérer avec les services secrets occidentaux dans la lutte antiterroriste.

4b75ff451e47c1e83d4a84371cbfc662.gifCarte montrant le Waziristan et sa proximité avec l'Afghanistan.C'est au Waziristan que se serait caché Ben Laden,selon toute probabilité.Si il est toujours en vie,ce dont on peut douter.

Il faut aussi noter que,selon le rapport,Ben Laden est mort au Pakistan.La aussi,cela paraît probable: Quand Ben Laden a échappé aux forces américaines fin 2001,il s'est replié vers la frontière afghano-pakistanaise,une zone difficile d'accès. Même les autorités pakistanaises ont le plus grand mal a entrer dans ses territoires situés a leur frontière avec l'Afghanistan,ceux-ci agissant hors du contrôle des autorités centrales du Général Musharraf.Quel meilleur repli pour Ben Laden et ses hommes? Et sortir de cette zone serait particulièrement dangereux. Les rumeurs circulant selon lequelles Ben Laden aurait été vu il y a plusieurs années dans les vallées du Pankissi,en Géorgie (Qui est une des bases de repli et d'entraînements des extrémistes wahhabites tchétchénes,comme l'a d'ailleurs montré l'année dernière une vidéo des services secrets géorgiens) paraissent peu fiables; trop dangereux d'agir dans cette zone,et cela implique pour Ben Laden de passer par les frontières iraniennes,puis arméniennes ou azéries,et enfin géorgiennes pour accéder a cette zone.Etant donné que le nouveau Président géorgien,Mikhaïl Saakachvili,est un allié des américains ,lequels traquent Ben Laden avec acharnement.. .

Il faut enfin noter que Al-Qaïda a établi au Pakistan,plus précisément dans la région du Waziristan (A la frontière avec l'Afghanistan) des camps d'entraînements (sources: Gordon Thomas, "Mossad: les nouveaux défis",page 176; Témoignage du Directeur National du Renseignement John Negroponte le 11.01.2007, devant la commission permanente du renseignement du Sénat américain. Le document est disponible a l'adresse suivante: http://www.dni.gov/testimonies/20070111_transcript.pdf ).Voici certaines des déclarations de John Negroponte,issues de son "testimony": "Many of our most important interests intersect in Pakistan, where the Taliban and al-Qa’ida maintain critical sanctuaries. As I noted earlier, Pakistan is our partner in the war on terror and has captured several al-Qa’ida leaders. However, it is also a major source of Islamic extremism.Eliminating the safehaven that the Taliban and other extremists have found in Pakistan’s tribal
areas is not sufficient to end the insurgency in Afghanistan but it is necessary."

Toujours dans le cadre du " Annual Threat Assessment to the Senate Select Committee on Intelligence"du 11.01.2007 , les dires de John Negroponte sont corroborrées par celles du Général Maples,patron du renseignement militaire US, la DIA : "Pakistan's direct assistance has led to the eradication or capture of numerous al Qaeda terrorists. Nevertheless, Pakistan’s border region with Afghanistan remains a haven for al Qaeda’s leadership and other extremists." (page 26), ou celle du général Hayden. Répondant aux questions d'un sénateur,le patron de la CIA déclara:" The immediate threat comes from providing al Qaeda that which they are attempting to seek in several locations right now, be it Somalia, the tribal area of Pakistan, or Anbar province: a safe haven to rival that which they had in Afghanistan." (page 28).

C'est d'ailleurs dans cette région,au Waziristan, que les services de renseignements américains avaient repérés Ben Laden et ses proches en 2004.Donc la thèse selon laquelle Ben laden était jusque récémment au Pakistan paraît crédible.Maintenant,y reste selon toute vraisemblance son Etat-Major.

Enfin,pour en savoir plus,le mieux serait d'avoir le rappport du renseignement saoudien entre les mains,pour pouvoir l'évaluer (enfin la je suis trop exigeant).Et si les auteurs du rapport ont tout faux et que Ben Laden est toujours vivant,alors préparez les gags que je devrais faire pour m'être magistralement gourré! 

 

N.B en date du 05.07.2007,12h 52 GMT: Je viens de recevoir une information indiquant que a été diffusée une nouvelle vidéo de Ayman Al-Zawahiri,le n°2 d'Al-Qaïda.Voici l'extrait de l'information provenant de l'ESISC:  "

0:43  


FLASH/Terrorisme : nouvelle vidéo d’Ayman al-Zawahiri

Site institute, un centre de recherches spécialisés, annonçait mercredi soir la diffusion d’une nouvelle vidéo du docteur Ayman al-Zawahiri, le « numéro deux » d’al-Qaïda. Dans ce message de 95 minutes, sous-titré en anglais et intitulé : « Un avis à ceux qui sont concernés », al-Zawahiri aborde différents sujets, de l’Irak à la Palestine, en passant par l’Arabie saoudite et l’Egypte.Al-Zawahiri appelle, une fois de plus, à l’unité de tous les Moudjahidin, mais ce qui frappe est le professionnalisme de cet enregistrement. Le chef terroriste utilise par exemple des extraits du dernier livre du journaliste américain Bob Woodward pour mettre en accusation la monarchie saoudienne. Des extraits d’émissions de télévisions et de discours du prince Bandar Bin Sultan viennent illustrer ses propos. Il annonce que de nouveaux groupes ont prêté serment à Oussama Ben Laden et rejoints al-Qaïda mais préfèrent que leur ralliement reste secret pour l’instant mais seront rendus publics dans un proche futur. Au sujet de l’Egypte, al-Zawahiri évoque la répression et met en cause la volonté de dialogue des Frères Musulmans (le docteur al-Zawahiri est Egyptien et est issu de la mouvance des Frères…).Eclairant la stratégie d’al-Qaïda, al-Zawahiri explique que l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie sont et seront employés comme bases d’entraînement pour les djihadistes. Etant donné qu’al-Zawahiri attaque le Hamas qui a choisi la « voix de la négociation », on peut penser que l’enregistrement remonte à plusieurs semaines, soit avant les évènements qui ont amené cette organisation à prendre le contrôle de la Bande de Gaza, à la mi-juin. Ce délai indique que la direction  d'al-Qaïda applique toujours de très strictes règles de sécurité, qui ralentissent fortement ses liaisons mais assure la survie de ses dirigeants."

 

 Pourquoi est-ce que ce n'est pas Ben Laden qui s'exprime,même si les cassettes mettent plusieurs semaines a arriver? Le Cheikh Ben Laden est une figure beaucoup plus connue (et populaire chez beaucoup de personnes du monde arabe) que Al-Zawahiri pourtant.

16/04/2007

Le travail de la DGSE contre Al-Qaïda

Je me montre généralement très critique vis-a-vis du "Monde",mais la ses journalistes ne peuvent que être félicités.Dans ce passionant article est détaillé ce que savait la DGSE,le service de renseignement extérieur francais,sur Al-Qaïda,de 2000 jusqu'aux attentats du 11.09.2001....

 

Enquête
 
11 septembre 2001 :Les Francais en savaient long 
LE MONDE | 16.04.07 | 11h08  •  Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
 
C' est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très spéciale, nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.

Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.

Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi,que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.

 

Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"

Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.

Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.

Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.

 

Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.


Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."

De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.

A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.

Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…)Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."

Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.

C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".

Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
 
 

La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.


Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…)Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."

Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.

 

 
 

 

14/04/2007

La station de la CIA a Tel-Aviv

 

"Faire confiance mais surveiller"  Ronald Reagan,a propos des alliés des Etats-Unis.

 

 

 

LA STATION DE LA CIA A TEL-AVIV

Dès sa création en 1951,le service de renseignement extérieur israëlien,le Mossad,conscient de la menace que représentent les pays arabes qui l'entourent (Et qui sont hostiles a l'Etat hébreu) ,demandera l'aide des services secrets occidentaux, américains aussi bien que britanniques ou francais,dans le domaine de l'équipement technique,ainsi que sur les intentions de leurs menacants voisins.L'Etat hébreu est alors un petit Etat a l'industrie peu développée,encore mal armé pour faire face a la menace de voisins arabes qui tentèrent de l'envahir dès sa création.La coopération CIA-Mossad ne commence que en juin 1951,quand le Directeur du Mossad,Reuven Shiloah,se rend a Washington pour rencontrer le chef de la CIA,Walter Bedell Smith,et le chef du contre-espionnage,James Angleton.

La date exacte de l'ouverture de la station de Tel-Aviv,malheureusement,est inconnue. Le premier chef de station identifié est Peter C.Jessup ,qui sera en poste de 1959 a 1961. Mais la méfiance vis-a-vis de l'Etat hébreu est forte,car en ce contexte de Guerre Froide,les idées socialistes sont très répandues en Israël,ce qui est mal vu a Washington,au Département d'Etat et a la CIA. Malgré l'excellente coopération entre CIA et Mossad dans le domaine du renseignement,la méfiance reste entre les deux services.Ce n'est pas l'avis de James Angleton,chef du contre-espionnage de la CIA jusque 1974,persuadé que Israël est un fidèle allié des Etats-Unis.Angleton ne cessera de tout faire pour soutenir le Mossad,n'hésitant pas a bloquer ou minimiser les informations qui,selon lui,peuvent "nuire a Israël".

 

Mais les américains découvrent la volonté des israëliens de se doter de la bombe nucléaire ( A l'été 1960,les avions-espions U2 détectent un réacteur a Dimona,et la CIA prévient le Président Eisenhower que les israëliens construisent dans le désert du Néguev un réacteur nucléaire pour la mise au point de la bombe atomique.),y compris par l'espionnage sur le sol américain.La station de Tel-Aviv est donc chargée de surveiller ,dans les années 60,les installations militaires israëliennes.Elle est alors dirigée par John Hadden (De 1961 a 1967) et se concentre donc en priorité sur la mise au point par Israël de la bombe atomique.Malgré les déclarations politiques et les assurances réitérées des dirigeants israëliens,Hadden,et d'autres officiers de la CIA,estiment que ce sont juste des paroles.Israël compte avoir l'arme nucléaire,ce n'est pas pour rien si les strétèges israëliens ont estimés que l'arme nucléaire est un moyen pour mettre fin aux guerres au Moyen-Orient.L'antenne de Tel-Aviv concluera ,dans le milieu des années 60,que le programme nucléaire israëlien est un fait établi,mais ne peut guère faire quoi que ce soit pour empêcher la contre-prolifération nucléaire.Par exemple,le FBI ne tarde pas a établir que une entreprise américaine,Numec, dirigée par un dénommé Salman Shapiro,a signée un contrat avec le gouvernement de Tel-Aviv,pour la pasteurisation d'aliments et la stérilisation d'échantillons médicaux par irradiation.Numec est une entreprise spécialisée dans le retraitement de l'uranium enrichi,ce dont Israël a besoin pour former une bombe nucléaire.La crainte du FBI est que le contrat passé soit une couverture pour fournir clandestinement a Israël de l'uranium,mais la station de Tel-Aviv,malgré les efforts de John Hadden,ne pourra confirmer que les conteneurs envoyés par Numec a Tel-Aviv étaient bien destinés a Dimona,ou est situé un réacteur nucléaire..

Un des officiers affectés a la station de la CIA a Tel-Aviv en 1967, Steve Mc Carthy,(entré en 1952 a la CIA,et qui a aussi servi au contre-espionnage de la CIA) aura l'honneur de se rendre compte de l'efficacité de l'armée israëlienne en pleine Guerre des Six Jours,tout comme Hadden,qui est remplacé peu après par John D.Walker,lequel sera remplacé par Jessup.

 

En ses années,la Direction des Plans de la CIA (qui sera rebaptisée Direction des Opérations en 1973) ne compte pas de "Israël Desk".L'antenne de Tel-Aviv voit son travail supervisé par la Division du Contre-espionnage de la CIA,alors dirigée par James Angleton.. Nommé depuis peu Directeur de la CIA,William Colby découvrira avec étonnement que l'antenne de Tel-Aviv n'a pas le droit d'échanger des câbles avec les autres antennes de la CIA au Moyen-Orient;tout doit absolument passer par la Division du contre-espionnage,que Angleton dirige toujours.Ce qui ralentit la circulation des informations,par exemple lors de la guerre du Kipour en 1973,ou la CIA fera une grave erreur d'analyse:En ce début d'année 1973,alors que Peter C.Jessup est de retour a Tel-Aviv pour prendre les rênes de l'antenne,le maréchal de l'armée égyptienne Ahmed Ismael Ali est nommé chef d'Etat-Major sur les trois fronts -Syrie,Jordanie,Egypte.Le Premier Ministre égyptien déclarera que "le gouvernement a décidé d'économiser les ressources pour la guerre contre Israël".En mars 1973,le Président égyptien Sadate forme un nouveau gouvernement,avec un seul but: Se préparer a une guerre totale contre Israël.Des avions militaires arrivent en Egypte.Le 23 septembre 1973,les troupes syriennes passent en état d'alerte.Mais la CIA considère qu'il s'agit d'une guerre psychologique de la part des egyptiens.Les mouvements des troupes syriennes et egyptiennes sont juste des manoeuvres,estiment la CIA et les services secrets israëliens.Grave erreur d'analyse de la CIA,encore aggravée par les comptes-rendus faits par la CIA a Henry Kissinger.Ce dernier est alerté quelques heures avant le début du conflit par un message urgent de l'ambassade américaine a Tel-Aviv :Deux heures avant,Le Premier Ministre israëlien Golda Meir a invitée chez elle l'ambassadeur américain,a qui elle déclara que "aujourd'hui commence la Guerre".Kissinger tente de joindre les responsables de la diplomatie soviétiques,égyptiens,syriens,avant d'apprendre que les troupes égyptiennes et syriennes ont attaquées Israël...Kissinger en demande plus aux services secrets américains,lequels affirment que se déroulent de "petits affrontements"...La CIA a eu tout faux,sur toute la ligne.Les combats sont en fait très violents,et Tsahal,au prix de combats acharnés,réussira a redresser la situation,et a défaire les armées egyptiennes et syriennes,mais le mal est fait. Aussi c'est désormais la Division Moyen-Orient qui recoit les câbles de l'antenne israëlienne.Progressivement,au fur et a mesure que le pouvoir de Angleton se vera rogné,la supervision du travail en Israël sera rendue a la Division Moyen-Orient de la DO CIA.Stephen Millett,un des adjoints de Angleton qui dirige la section Israël a la Division du contre-espionnage de la CIA,doit donc laisser les rênes,ce qui est fait le 17.12.1974.

 


Les Etats-Unis s'impliquent fortement dans les conflits au Moyen-Orient  (lutte contre le régime des ayatollahs qui arrivent au pouvoir en Iran en 1979,guerre au Liban,menaces de la Syrie..) tandis que l'Etat hébreu doit faire face a des voisins menacants.Les deux pays coopèrent donc.La CIA peut compter sur les informations que recoit le Mossad,service très compétent,tandis que le Mossad peut s'appuyer sur les moyens financiers de l'Agence américaine et sur un parc de satellites performants (Par exemple,le bombardement en 1981 d'un réacteur irakien par l'armée israëlienne se fit entre autres sur la base des photos prises par les satellites de la CIA) ,qui a beaucoup plus de mal a implanter un réseau d'informateurs dans nombre de pays difficiles d'accès (Irak,Iran,Syrie) voire n'ose pas dans certains (Par exemple en Arabie Saoudite).La coopération Mossad-CIA se fait par les officiers de liaisons dans les ambassades.Par exemple,Naum Admoni,qui diriga le Mossad du 27.06.1982 a 1989 fut officier de liaison a Washington dans la première moitié des années 70,ce qui implique qu'il a participé a toutes les opérations conjointes menées avec la CIA.Cela n'empêche pas la CIA  d'établir aussi,au début des années 70,un contact avec Yasser Arafat,ainsi le leader de l'OLP dispose d'un "canal diplomatique" avec Washington,au grand dam des israëliens.

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 Andre Legallo a travaillé a la CIA de 1961 a 1994.Il a été en poste au Maroc de 1965 a 1966,au Mali de 1966 a 1970,de nouveau au Maroc jusque 1974, en Hongrie en 1976,chef de station a Bucarest de 1976 a 1978 ,en poste a Téhéran de 1978 a 1979  chef de station,en Israël,Belgique,Algérie,en poste au Laos a une période inconnue,et enfin National Intelligence Officer for terrorism en 1988.

Dans les années 80 le chef de l'antenne de la CIA semble avoir été André Legallo (Apparement de 1984 a 1988) .C'est durant cette période que éclatent plusieurs scandales,que les médias ne reprendront guère:Suite a l'affaire Pollard qui éclate en 1985 (Un analyste du renseignement naval américain qui a passé des informations au Lakam, le service de renseignement scientifique,indépendant du Mossad),Itzak Rabin,alors Ministre de la défense,révèle que le Shin Beth a mis a jour ,sur la période fin des années 70-début des années 80, cinq cas d'espionnage menées par la CIA contre Israël.L'un est le cas d'un scientifique américain travaillant, dans le cadre d'un échange scientifique, au réacteur nucléaire de Nakhal Sorek (Il était traité par des officiers de la CIA venant de l'étranger).Un autre travaillait dans une firme étatique,"Raphaël",a Haïfa.

Est aussi cité le cas du Major Yossi Amit,qui sera condamné en 1986 a 12 ans de prison au profit des Etats-Unis.Son traitant a l'antenne de Tel-Aviv est Thomas Volz,officiellement 2ème secrétaire de l'ambassade américaine,qui a travaillé en Namibie en 1991 puis a Hambourg en 1999,ou il travaillera contre les extrémistes islamistes.Le nom de Volz est lié a une autre affaire,car cet officier de la CIA a recruté Andrzej Kielczynski,un industriel membre du Comité Central du Likoud et proche de Ariel Sharon (Patron du Likoud). Le duo s'est rencontré lors d'une soirée a la villa de l'ambassadeur allemand en Israël.Volz recrutera l'industriel d'abord en l'aidant a faire un visa pour les Etats-Unis.Le recrutement définitif se fera a Francfort,ou Kielczynski retrouve Volz,et signe le document ou il s'engage a travailler pour la CIA en 1985.Volz s'efface ensuite,l'industriel sera successivement traité par deux officiers de la CIA lors de rencontres secrètes. Il passera des informations sur les opérations menées par le renseignement israëlien aux Etats-Unis et ailleurs.Parmi ses informations,certaines concernent Pollard,qui sera arêté un mois après par le FBI,ainsi que sur les  constructions des colonies juives,le programme nucléaire israëlien,les discussions au gouvernement et aux commissions des affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.Kielczynski avait aussi des contacts au sein de l'industrie militaire israëlienne.En échange de ses informations,la CIA lui promet 3000 dollars par mois et la citoyenneté américaine.L'industriel renseignera plusieurs années durant la CIA avant de sentir en 1992 qu'il est suspecté.Il s'envole aussitôt en Pologne ou il sera arrêté pour vols et racket.

Un autre officier de la station de Tel-Aviv est Franklin J.Sparhawk,qui était en poste en 1987 sous la couverture d'attaché commercial.Sparhawk a été en poste a Moscou dans la première partie des années 80,officiellement comme 2ème secrétaire,puis au tout début des années 90 il est en poste a Erevan (Chef de station ou Chef adjoint,pour l'instant non détérminé ),officiellement 1er secrétaire,puis a Talinn,comme chef d'antenne. 


Jusque 1995,Jim Flynn dirige la station de la CIA a Tel-Aviv,avant d'être remplacé par Stanley Moscowitz. En ses années,le poste de Tel-Aviv était (et il reste aujourd'hui) un des plus importants,de par la délicatesse et la médiatisation du problème israélo-palestinien.Le chef de station doit alors se transformer en diplomate,chargé d'agir pour le processus de paix ,aussi bien en combattant le terrorisme (par des échanges d'informations avec les services secrets israéliens et palestiniens) que en s'efforcant de réunir les deux clans des services sécuritaires autour d'une même table.La CIA a même établie un officier chargé de coordonner la coopération entre les deux camps.Sous Moscowicz,les officiers de la station de Tel-Aviv ont contrôlés l'activité des services secrets de Arafat, supervisés les déploiements des troupes israëliennes et palestiniennes,le travail de la communauté israëlienne du renseignement pour éviter ou calmer les provocations dans la Berge Ouest et a Gaza,tout en prévenant les attaques terroristes,les crimes commis contre les palestiniens...Donc les officiers de l'antenne,avec l'amélioration (A partir de 1993 ,avec les accords de Camp David) des relations israëlo-palestiniennes,ont des contacts réguliers avec les deux camps. Ce canal fut par exemple utilisé en 1998 lors des négociations de Wye Plantation. Il faut aussi noter que la CIA assure la formation des cadres des services secrets palestiniens a Langley.C'est ce que s'efforce de faire Moscowicz,dont le nom se retrouve jeté au public en janvier 1998. Benyamin Netanyaou,alors 1er Ministre israëlien,demandera le rappel de Moscowicz,lequel ne quitte Tel-Aviv que en 1999. A partir de 1999 c'est Jeff O'Connell qui prend le relais.


En 2003 c'est Deborah Morris qui dirige l'antenne de la CIA a Tel-Aviv.Deborah Morris a auparavant supervisé le travail en direction de l'Arabie Saoudite a la Division Moyen-Orient de la Direction des Opérations de la CIA.Elle est mariée a James L.Morris,un officier qui a quitté la CIA vers 1996-1997 après y avoir occupé nombre de postes importants (Chef de station adjoint a Islamabad en 1988;Chef de station a Moscou de 1993 a 1994)

 

Mes remerciements a Fabrice,ainsi que aux auteurs des différents ouvrages qui m'ont aidés pour ce document :Tom Mengold ("Cold Warrior" paru en 1991),Léonid Mlétchin (Ouvrage "Le Mossad"), A.D.Prokhorov ("Les services secrets israëliens"),Joseph Deutchmann (Ouvrage "Le Mossad") ,ainsi que le Middle East Intelligence Bulletin

07/03/2007

Un haut responsable de la Défense iranienne a fait déféction

 

medium_Asghari_nvelle_foto.jpgAli Asghari

L'information a commencée a circuler samedi dernier,mais les grands médias ne l'ont pas reprises jusqu'a présent: la communauté occidentale du renseignement vient de marquer un point,apparement d'importance,contre la République islamique d'Iran:Un très haut responsable du Ministère de la Défense iranienne,Ali Askari (ou Asquari) avait disparu d'Istanbul, en Turquie le 7 février dernier.Les iraniens avaient aussitôt accusés le Mossad ,ou la CIA, de l'avoir enlevé.Les journalistes qui avaient leurs contacts informels au sein du Mossad (donc non autorisés par la direction du Mossad) ont eu une réponse très claire :Le Mossad n'est absolument pas lié a cette affaire.Donc exit le Mossad! Et comme le constate l'ESISC,il paraissait risqué que la CIA mène une telle opération,étant donné tous les scandales qui s'accumulent autour du renseignement extérieur américain (L'affaire des vols de la CIA).

Restait donc comme hypothèse la déféction de M.Askari,hypothèse qui semble se confirmer:Les informations obtenues indiquent que le général Askari a fait déféction au profit de la CIA et est ,actuellement,soit débriéfé dans un pays européen,soit aux Etats-Unis même (Etant donné que sa déféction date d'il y a un mois maintenant ,et connaissant le fonctionnement de la CIA ,qui a toujours préféré amener les transfuges sur le sol américain par sécurité [Je pense par exemple aux transfuges soviétiques comme Anatoly Golitsyn qui a été emmené aux USA quand il fuit en octobre 1961,ou beaucoup plus récémment au colonel de l'armée chinoise Xu Junping qui fit déféction en décembre 2000),donc la dernière hypothèse est la plus probable.

Si l'information est confirmée,ce sera sans doute une des plus belles réussites ,de par les postes que Askari a occupé: Askari,proche de l'ayatollah Khomeiny (le guide spirituel de la Révolution islamique iranienne décédé en 1989) a aussi été général des Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution iranienne),ou il a entre autres été chargé de la liaison entre l'Iran et le Hezbollah au Liban dans les années 80 et au début des années 90.Il a aussi été vice-Ministre de la Défense iranienne,jusque sa retraite, qu'il a prise en 2005.Se pose la question des connaissances du Général Askari ,aussi,sur le programme nucléaire iranien.Selon les informations obtenues,les debriefings actuels du Général Asghari ne porteraient pas sur le programme nucléaire iranien.

La question se pose de savoir si cette déféction a été menée par le général seul,ou si il était en contact avec un service secret depuis un certain temps pour la planifier? Sur ce point,il n'y a pas (du moins pas encore) de réponse précise,mais selon les informations obtenues par le Washington Post,le Mossad aurait joué un rôle fondamental dans le recrutement de Asghari,et son exfiltration de Turquie.

 

Des mises a jour seront effectuées sur cet article dès que de nouveaux renseignements seront disponibles.

 Cette note a été modifiée le 12.03.2007