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25/12/2009

Vladimir Mikhaïlovitch Kazakov

Vladimir Mikhaïlovitch Kazakov

A deux reprises en poste aux USA

Chef de la division Amérique du Nord (1er département) vers 1967

En poste à Santiago de 1968 à 1970, chef de station?

Chef de la division Amérique du Nord de la PGU KGB de 1974 à 1979

Chef de station a New York de 1979 a 1985 officiellement adjoint du représentant permanent soviétique à l' ONU

 

Nikolaï Panteleïmonovitch Koulebiakine

 

Nikolaï Panteleïmonovitch Koulebiakine

Chef de la ligne PR à New York en 1960

Chef du 1er département de la 1ère direction principale du KGB dans les années 60

Chef de station a New York de 1966 a 1968 officiellement adjoint du représentant officiel soviétique à l' ONU

Rappelé d'urgence quand le Centre se rend compte que son CV est truqué et que Kulebiakine n'a jamais terminé sa scolarité ni accompli son service militaire

Renvoyé du KGB et exclu du PCUS

Alexandre Semionovitch Feklissov

Alexandre Semionovitch Feklissov


Né le 09.03.1914 a Moscou

Entré au NKVD, vers 1940, section américaine du 5ème service (renseignement extérieur)

En poste a New York a partir de février 1941, jusque 1946. Renseignement scientifique et technique

Travaille au QG de 1946 a 1947

Muté a la section britannique de la ligne renseignement scientifique en mai 1947

A partir de septembre 1947, adjoint du chef de station a Londres, ligne: Renseignement scientifique et technique, jusque avril 1950.Officiellement 2ème secrétaire.

Chef-adjoint de la section britannique au renseignement politique, QG du KI-MGB-MVD

De juin 1953 a décembre 1955, adjoint du représentant du KGB en Tchécoslovaquie

De décembre 1955 a 1960, chef de la section Amériques du 1er Directoire général du KGB (Amérique du Nord et du Sud). A la fin des années 50, le département étant scindé en deux, chef du 1er département (Amérique du Nord)

D'août 1960 a avril 1964, chef de station a Washington, officiellement conseiller politique de l' ambassade

Ensuite travaille a l'Institut Krassnoznaménii, jusqu'a sa retraite en 1974.

Décédé le 26.10.2007.

 

Boris Semionovitch Ivanov

 

Boris Semionovitch Ivanov

Né en 1916

Entré au NKVD en 1937

De 1941 a 1945, a la Direction du NKVD de la région de Volgodonsk

A partir de 1949, au renseignement extérieur, section Amérique.

De janvier 1953 a décembre 1955 chef du 1er département Renseignement extérieur MVD-MGB-KGB

Chef de station a New York de 1962 a 1965.

De 1965 a 1966, chef de la 13ème division (sabotages) de la 1ère Direction générale.

A partir de 1966, adjoint du chef de la PGU, supervise le contre-espionnage et le travail en direction des Amériques.

Chef de la représentation du KGB en Afghanistan du 17.03.1979 a 1982 environ

Chef du groupe des conseillers auprès du Directeur du KGB

Quitte le KGB en 1987

Décédé en 2001.

Konstantin Konstantinovitch Koukine

Konstantin Konstantinovitch Koukine

 

Né en 1897

Entré au parti bolchevique en 1918

Dans les équipes de partisans en Biélorussie en 1919

A partir de septembre 1919, adjoint du chef d'une unité de la 12ème armée.

Jusque 1931 dans l'armée

Entré en 1931 au NKID (Commissariat du peuple aux Affaires étrangères)

Entre peu après au renseignement extérieur

QG du renseignement extérieur

De 1933 a 1934 a Kharbin

En 1935 participe a la lutte contre les services secrets japonais dans la zone Baïkal

A partir de novembre 1937, en poste a Washington puis New-York sous couverture d'attaché puis deuxième secrétaire

De retour en URSS en 1940, en poste au QG de la 5ème section du GUGB NKVD URSS (Renseignement extérieur)

A partir de 1941, adjoint du chef de la 1ère section du 1er Directoire (renseignement extérieur) du NKGB

Accompagne Molotov en juillet 1942 aux USA.

Chef de station a Londres de mai 1943 a 1947 officiellement conseiller d'ambassade.

Chef de la 1ère section, chargée des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, de la 1ère Direction du NKGB, de mai 1949 a 1952

Quitte le service en 1952

Décédé en 1979.

13/09/2009

Les structures du SVR

C'est le résultat de plusieurs mois de recherches qui est livré ici, dans une première synthèse relative au SVR de la Fédération de Russie. Cet organigramme reste néanmoins incomplet. On ignore par exemple de qui dépend le Centre antiterrorisme du SVR. Notons que la Direction des Opérations, après analyse de carrières de trois de ses dirigeants et examen d' actes administratifs russes, paraît avoir été divisée en deux de 1994 à 2000, mais il n'y a pas de certitude absolue dessus,seulement un forte probabilité.

 

Organisme de renseignement, la priorité du SVR est le renseignement politique. Juste derrière, le renseignement économique, domaine en pleine expansion dans le Service et ce depuis le milieu des années 90. En plus, en tant qu'organisme de renseignement étatique, de voler les secrets et de transmettre les informations aux décideurs politiques, les responsables du SVR participent à une multitude de Commissions étatiques, chargées de préparer des projets de lois, des règlements, mais aussi de travailler sur certains points délicats au niveau international.

Citons ici: la Commission de déclassification des archives du PCUS, aujourd'hui incorporée dans la Commission interservices de protection des secrets d' Etats; la Commission interservices pour la participation de la Russie au G8; La Commission interservices de la Fédération de Russie pour la coopération avec l' OTAN et l' accomplissement de l' acte mutuel sur la coopération, la sécurité entre l' OTAN et la Russie; le groupe de travail interservices chargé de mettre en oeuvre dans la Fédération de Russie les passeports et visas de nouvelle génération; le conseil scientifique auprès du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie; la Commission antiterroriste fédérale; la Commission pour le contrôle des exportations; Commission gouvernementale sur les questions d' intégration économique; ou la Commission interservices du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie sur la sécurité internationale.

 

Enfin, petites révélations, sont ici dévoilées les biographies de trois pontes du SVR, inconnus du grand public.

Vladimir Zaverchinsky. Cet ancien du KGB a continué ensuite sa carrière au SVR, ou il occupa le poste de 1er Directeur adjoint de 2000 à 2008 avant d' être nommé au Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie. Sa biographie quant à sa carrière au sein du KGB/SVR est assez succinte: Après être sorti de l' École du KGB de Minsk vers 1971, il travaille quatre ans au contre-espionnage, avant de suivre les cours de l' Institut Andropov, qui forme les officiers du renseignement extérieur du KGB. Il entre au 1er Directoire du KGB en 1977, sera en poste en Afghanistan, puis jusque 1992 en RDA. Il attend sept mois pour obtenir un poste, et prend la tête un service du SVR, pendant un ans et demie environ. Puis il est nommé « chef d'un des services les plus importants du SVR », poste occupé pendant six ans, avant d' être nommé 1er Directeur adjoint. Ce fameux « service important » est en réalité la Direction des Illégaux du SVR. En effet, la description que Zaverchinsky faisait de ce "Service important", sans le nommer, son ambiance de travail, n' était pas sans rappeler à l' auteur de la note l' ambiance décrite par deux anciens chefs de la Division des illégaux dans leur mémoire, Youri Drozdov et Vadim Kirpichenko. Enfin, Zaverchinsky y décrivait comment deux espions russes, au milieu des années 90, furent arrêtés à l' étranger, mis en prison, puis relâchés au bout de quelques jours et rapatriés en Russie. Ce qui laissait supposer que ils ne disposaient pas de couverture diplomatique, donc la piste des illégaux était privilégiée. Enfin, peu après avoir formulé cette conclusion, l' auteur de la note découvrit que il n' était pas le seul à penser ainsi: Friedrich-Wilhelm Schlomann, dans une note en allemand, "Die heutige Spionage Rußlands" datée de 2000 indique que "Leiter der Verwaltung S ist der Deutschland-Spezialist Wladimir Sawerschinski, der bis 1989 im KGB-Hauptquartier
Berlin-Karlshorst war und von dort Einsätze von "Illegalen" in Westeuropa leitete."


Alexandre Balakine. Dans les documents administratifs russes il apparaît simplement comme un Directeur adjoint du SVR. En réalité, Alexandre Balakine remplace en juillet 2008 Vladimir Zaverchinsky au poste de 1er Directeur adjoint. Officiellement, son nom à ce poste n' a toujours pas été rendu public. Sa biographie est assez sommaire: Après avoir, semble il, commencé sa carrière à Téhéran à la fin des années 70, il réapparaît dans la deuxième moitié des années 90 comme adjoint du chef d'un département du SVR ou il travaille à la coordination avec les pays d' Asie centrale membres de la CEI, semble il sur les questions de terrorisme. Enfin, pendant un peu plus d'un ans, il dirige une représentation très importante du SVR à l' étranger avant d' en être rappelé et nommé 1er Directeur adjoint du SVR.

Sa biographie est pleine de mystères et de contradictions: Anatoly Korendiassev est entré au KGB en 1970, et affecté à la Direction du KGB de Volgograd. Il termine l' Institut Andropov en 1975, ce qui signifie une affectation à la 1ère Direction Principale du KGB, et est en poste à Paris, vers 1980, sous la couverture de 3ème secrétaire de l' ambassade soviétique. Ensuite, selon une biographie officielle, il aurait participé à la création du Groupe « Vimpel » (Donc 1981). Il travaille aux services administratifs du Comité Central de 1985 à 1988. Il est à partir de 1988 Directeur adjoint de la Première Direction Principale du KGB (renseignement extérieur). Ensuite toujours, il aurait travaillé sous les ordres de Evgueni Primakov et « aurait dirigé le renseignement en Tchétchénie ». Est il fait référence à la première, ou a la seconde guerre? Dans quel but? En tant que chef de service du SVR, aurait il participé à la création du groupe ZASLON, et ce dernier aurait il agi en Tchétchénie durant la seconde guerre? Enfin, deux informations se contredisent: Korendiassev a quitté le SVR en 2007, grade de général- lieutenant. D'après une information,il travaillait sur les problématiques de la CEI; d' après un document administratif russe, daté de 2006, il fait partie, en tant que chef de Direction du SVR, du groupe de travail interservices chargé de concevoir le programme chargé d' aider les russes vivant hors de la Fédération de Russie et souhaitant revenir.



Lors de sa création en 1991 le SVR comprend:

Le Directeur du SVR

Le 1er Directeur adjoint

Le Directeur adjoint aux Opérations

Le Directeur adjoint aux questions scientifiques

Le Directeur adjoint aux cadres

Le Directeur adjoint à l' administration

Le Directeur adjoint à la lutte contre le crime organisé


S'y ajoutent parmi les différents services:


Le service de presse du SVR

La Direction de l' analyse de l' Information

Le Service de renseignement économique.

Le service de contre-espionnage.

Le groupe des consultants auprès du Directeur du SVR.

Le service de liaison avec les autres services secrets.


Le 1er Directeur adjoint supervise le renseignement économique (Jusque 2001), les questions relatives au Secret-Défense et à la déclassification de documents, la lutte antiterrorisme, les questions de sécurité de la Défense. Il semble aussi que il supervise les Directions de l' analyse et de la Sécurité du SVR.


Modification des structures en 1994, la Direction des Opérations est divisée en deux. Il semble que elle soit « réunifiée » vers 2000, sous le commandement de Vitali Marguelov, qui était jusque-là Directeur adjoint pour les Amériques et l' Europe. Vers le milieu des années 90 toujours , le Service de renseignement économique, chargé de l' espionnage économique mais aussi de vérifier la solvabilité des entreprises étrangères lors de la signature des contrats avec les autorités russes, et leur solvabilité, accède au rang de Direction générale, témoignant de sa montée progressive en puissance. Même si la priorité n°1 du SVR reste le renseignement politique.


Modification des structures vers 2000-2001: La Direction de lutte contre le crime organisé, qui traitait entre autres les questions de financement du terrorisme, est dissoute. Ses fonctions sont confiées à la Direction des Opérations , qui supervisera le travail de renseignement durant le début de la guerre en Afghanistan fin 2001, et au 1er Directeur adjoint; la Direction des Opérations réunifiée, elle sera dirigée par Vitaly Marguelov, puis par Valery Rozanov, précédemment chef de station à Vienne.


Il semble que, alors, ait été créée une Direction spécialisée dans les questions économiques, financières, et industrielles, qui travaille aussi sur la lutte contre le financement du terrorisme. Elle est dirigée par le Directeur adjoint du SVR Youri Demchenko.


Depuis, la structure du SVR est la suivante:


Directeur du SVR

1er Directeur adjoint (Directeur-adjoint, chef de service).

Directeur adjoint des Opérations.

Directeur adjoint à l' administration.

Directeur adjoint aux cadres

Directeur adjoint aux questions scientifiques

Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières?


Notons que existe aussi un Centre antiterrorisme, qui apparaît pour la première fois dans les actes administratifs russes en 2007; et une unité d' élite, nommée ZASLON, qui aurait été créée en 1998


Organigramme du SVR:


Directeurs du SVR

Evgueni Primakov 1991-1996

Vyatcheslav Trubnikov 1996-2000

Sergey Lebedev 2000-2007

Mikhaïl Fradkov 2007-



1er Directeur adjoint du SVR

Vladimir Rojkov septembre 1991-janvier 1992

Viatcheslav Troubnikov janvier 1992-janvier 1996

Alexei Chtcherbakov janvier 1996-octobre 2000.

Vladimir Zaverchinsky Novembre 2000-juillet 2008.

Alexandre Balakine juillet 2008-


Directeur adjoint au Crime organisé (1992-2000)

Vladimir Rojkov 1992 à 1994 environ

Viktor Erine Juillet 1995-2000


Directeur adjoint à l' administration

Ivan Gorelovsky 1992- 2003?

D. Fadeyev? 2009


Directeur adjoint aux cadres.

Youri Zoubakov 1992-janvier 1996

Guennadi Novikov 1996-


Directeur adjoint aux questions scientifiques.

Alexei Chtcherbakov 1992-1996

A. Bolchakov 1996-2000

Viktor Karnakov 2000-2006



Directeur adjoint aux Opérations.

Vyatcheslav Gurguenov 1992-1994


Direction des Opérations, divisée en 1994

Grigori Rapota, chargé de superviser le travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe, ainsi que le travail du bureau de presse et les contacts avec les services secrets étrangers. 1994-1998

Vitaly Marguelov, 1998-2000, supervision du travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe

Alexandre Medianik, 1994-1998, chargé de superviser le travail en direction de la zone Asie, sans doute Directeur adjoint pour l' Asie.


Il semble que la Direction des Opérations ait été réunifiée en 2000

Vitaly Marguelov 2000-2002

Valery Rozanov 2002-2006

Vladimir Zimakov? 2006-


Service économique du SVR (Statut de Direction principale à partir du milieu des années 90)

Vladimir Riabikhine 1992-1997

Youri Demchenko 1997-

Devenue vers 2001 une Sous Direction du SVR, avec à sa tête un Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières.

Youri Demchenko 2001-


Service d' analyse de l' information.

Mikhaïl Dmitriev 1991-

Valery Rozanov 1995 minimum-1998

Mikhaïl Dmitriev 1998-2000

Léonid Rechetnikov -Avril 2009.


Bureau de presse du SVR

Youri Kobaladzé 1991-mars 1999.

Boris Laboussov mars 1999-2006

Sergey Ivanov août 2006-


Service des illégaux, Direction des Opérations du SVR

Youri Juravlev Mai 1991-

Vladimir Zaverchinsky 1994-2000


1er Département (Amérique du Nord), devenu ensuite le Service A, Direction des Opérations du SVR.

Viatcheslav Trubnikov 1991-Fin 1991

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997


Secteur Europe Centrale, Direction des Opérations du SVR.

Sergey Lebedev 1995. Adjoint, Sergey Borisovitch Ivanov.



Service de renseignement scientifique et technologique, Direction des questions scientifiques du SVR

Léonid Zaïtsev 1975-1992

Youri Zevakine 1992- Toujours en poste en 1999


Institut Andropov, devenu en 1994 Académie du renseignement extérieur, Direction des questions scientifiques du SVR

Valentin Revine 1991-juillet 1997

Nikolaï Gribine 1997-2005 ou 2006

Vladimir Gubernov 2006-


Service juridique

Vladimir Kantorov 1992-1999

Anatoli Paramonov 2002-

V. Lekarev. 2006


Service de contre-prolifération nucléaire.

Guennadi Evstafiev 1992-2000


Service des archives

Alexandre Belozerov 1991- Toujours en poste en 1997

Sergey Panin 2001 minimum- Toujours en poste en 2008


Service de sécurité.

Alexandre Golubev? Début des années 90

A. Zaroubine Fin des années 90

 

Sources utilisées

Friedrich-Wilhelm Schlomann, "Die heutige Spionage Rußlands", 2000 (Disponible sur Internet)

Actes administratifs de la Fédération de Russie

Interview de Vladimir Zaverchinsky

Comrade J, Sergey Tretiakov

Encyclopédie des services secrets russes

 

 

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26/08/2009

Prochain article sur le SVR de la Fédération de Russie

Sera très prochainement publié un article relatif aux structures et au personnel dirigeant du SVR, le Service de renseignements extérieurs de la Fédération de Russie. Entre autres scoops: Le nom du chef de la Direction des Illégaux du SVR dans les années 90; des éléments sur la modification des structures du SVR vers 2000-2001. Ainsi que, information que même la presse russe n' a jamais dévoilée, le nom du 1er Directeur adjoint du SVR depuis la mi-2008.

23/08/2009

Brefs commentaires sur le livre de Richard Tomlinson

 

Je relis pour une énième fois le livre « Plus permis de tuer » de Richard Tomlinson, ancien officier du SIS, le service de renseignement extérieur de Sa Majesté, qui travailla au SIS de 1992 à 1995. Dans son livre, M.Tomlinson expose son travail au sein du Service, ainsi que des informations sur nombre de ses collègues. Cette nouvelle lecture, combinée à l' analyse de la fameuse liste des 116 officiers du SIS dévoilée sur Internet en 1999, m' a laissée une impression un brin désagréable sur certains points.

Certes, M.Tomlinson n' indique pas pourquoi il fut viré du SIS en 1995, lui même affirmant l' ignorer, mais indiquant que , selon un de ses anciens supérieurs, le SIS craignait de voir en lui un « Aldrich Ames en puissance dans le service » , c'est-à-dire que M. Tomlinson trahirait, au profit de qui on l' ignore.


Néanmoins, la lecture de cet ouvrage incite à faire deux remarques:

Primo, selon Richard Tomlinson, son licenciement est dû entre autres aux manoeuvres de « Fowerlook », un des anciens patrons, qui dirigeait la section «  SOV/OPS », chargée des opérations contre les soviétiques (Production, URSS) au Contrôleurat Europe de l' Est quand Tomlinson y fut affecté, en 1992. Mais pourquoi? Tout au long de son ouvrage, Tomlinson indique clairement que « Fowerlook » manigançait contre lui mais sans indiquer aucune raison.

Secondo, il est assez surprenant de voir le nombre d' officiers du SIS balancés dans la fameuse liste des « 116 » et que l' on retrouve dans l' ouvrage de Tomlinson! En effet, la liste cite 116 officiers du SIS, avec leurs identités complètes, leurs dates de naissances, leurs postes respectifs. Or Tomlinson en a connu plusieurs comme le montre son ouvrage, ou il change certes le nom des personnes concernées, mais pas leur prénom, ni leurs postes, y compris à l' étranger.

« Raymond Horner », chef adjoint de la Base du MI6 à Moscou en 1985, apparaît dans la liste comme étant Raymond Asquith, qui sera ensuite chef de station à Kiev de 1992 a 1997.

« Stuart Russel », remplaçant de Fowerlook à la tête de la section « Production URSS » au Contrôleurat Europe de l' Est et patron de Tomlinson, aurait été, selon Tomlinson, en poste à Stockholm, Moscou, Lisbonne. En comparant avec la liste, il n'est pas difficile d' identifier Stuart Brooks.

« Rupert Boxten », selon l' auteur, trois années en poste en Namibie, puis premier chef de la base «  cabane » de Tirana, en Albanie, de septembre 1992 à 1993, et qui prit sa retraite peu après. La liste permet de découvrir Rupert Bowen, qui quitta le SIS en 1994 et fut mêlé à une affaire de trafic d' armes avec la Sierra Léone durant la guerre civile.

Pour « Nick Fish », le fameux numéro deux de P4 (Productions Balkans, Contrôleurat Europe de l' Est) en 1993 ou Tomlinson a travaillé, il s' agit de Nicholas Fishwick! Tomlinson ne s'est guère foulé pour cacher son identité.

Idem pour ses camarades de promo! Derrière « James Baxter », qui fut « deux ans dans une école arabe du Caire », on reconnaît facilement James Baxendale, qui suivit de 1994 à 1996 les cours de la MECAS du Caire. Ou « Hare », un autre de ses camarades de promo, qui selon l' ouvrage de Tomlinson,suivait vers 1994 des cours d' espagnol pour être affecté au Chili. Il ne fallut pas longtemps pour découvrir que il s' agissait de Andrew James Brear.


Sans compter les informations données par Tomlinson dans ses interviews, ainsi que dans sa lettre au juge Stephan chargé de l' enquête sur la mort de Lady Diana à Paris dans un accident de voiture en 1997: Tomlinson y indique que Richard Fletcher était en 1993 à la tête du Contrôleurat Europe de l' Est (il apparaît sur la liste Tomlinson), ou Andrew Mitchell, un des camarades de promotion, affecté à la station du MI6 de Bonn dans les années 90 pour y traiter ORCADE, un important informateur au sein de la BUNDESBANK. Ou enfin Maurice Kendrick-Piercey, chef du secteur « Production Balkans », surnommé dans le livre de Tomlinson « Maillot de Corps », P4, ou « M.Halliday ».

Pour les petits malins ou les services secrets adverses, cette liste représente une aubaine. Pour le MI6,non. Même si certains, voire la majorité des officiers cités dans la liste étaient connus de leurs adversaires, tous pas forcément, premièrement. Deuxièmement, leurs noms sont carrément rendus publics, limitant fortement leurs possibilités de faire du renseignement,donc de défendre la Couronne.

Loin de l' auteur l' idée d' être un pro-britannique convaincu. Mais comme le disait le Premier Ministre britannique Lord Palmerton: Les anglais n' ont pas d' amis constants ni d' ennemis constants. Ils n'ont que des intérêts constants ». Comme tous les pays du monde, et c'est respectable.

Alors, certes, M.Tomlinson critique le SIS. Peut-être a-il raison. Mais étais ce une raison pour rendre aussi « voyantes » les opérations du MI6, en dévoilant leurs informateurs, leurs officiers traitants, donc en sacrifiant à ce point la sécurité de la Couronne?

16/08/2009

Remise à jour de la liste des Officiers de la CIA au Vietnam

Fin 2007 "La communauté du renseignement" avait publié une première liste des officiers de la CIA en poste au Vietnam jusque 1975. Cette liste vient d' être complétée, même si il manque encore beaucoup de monde. Cette liste mêle officiers traitants et analystes, spécialistes de la communication et paramilitaires, logisticiens et membres du FBIS


Chefs de stations CIA a Saïgon

Emmett Mc Carthy 1954-1955

John G.Anderton 1955-1957.

Nicolas Natsios 1957-1959

William Colby 1959-1962.

John H.Richardon 1962-1963

David R.Smith (Acting chief of station)

Peer de Silva 1964-1965

John Lymond Hart 1966-1967

Lewis Lapham 1967-1969

Ted Shackley 1969-1972

Thomas Polgar 1972-1975


Officiers de la CIA en poste au Vietnam

Alan Hall. 1967-1969 FBIS.


Alexander Shatton. 1962-1966


Angelo Kalaris.


Arthur Kumro


Barbara Robbins. Secrétaire de la CIA au Vietnam, tuée dans un attentat à la bombe en 1965.


Bruce LeMessurier 1967-1969


Burdette Shields Wright


Charles Merchant. Officier de logistique.


Charles Shaver


Clark Gilbert Myers


Clifton Strathern


David Barry Kelly.


Dean Almy


Donald Blascak.


Donald Gregg


Donald Healey


Dorothy Lyman


Douglas Blaufarb.


Dudley Burris


Ed Deaborn.


Edward Carroll


Edward Groves


Edward James Smith.


Edward J. Doyle


Edwin Buchanan.

Evan James Parker


Felton Mark Wyatt


Frances Blancke


Francis Somers.


Garry Coit.


George Carver


George Neagoy


George W. Allen


Glenn Nelson


H. Clark Schor


Helen Morgan.


James Hodges Parker


James Lewis


Jeff Corydon


John Richardson


John Sager


John Sherry


John Singlaub


John Stockwell


Joseph Frank Baker


John Pierce Kennedy


Joseph Langan


Joseph Redick


Kenneth Absher


Lawrence Schoeps


Lawrence Woodward


Louis Di Filippo


Marcus Kostolich 1966-1968


Michaël Capraro


Milton Baroody 1973-1975


Orrin Magill


Pat Patty


Paul Harwood


Philip Jones


Ralph Katrosh


Richard Dorey 1968-1970


Richard Hale 1973-1975


Richard Ratcliff


Richard Williams Sellew


Robert Coffin.


Robert Bodroghy


Robert Grealy


Robert Komer


Robert Simmons


Samuel Adams


Stanley Moscowitz


Steven Kostic


Stuart Methven


Ted Price.


 

Thomas Ahern


Thomas Lucid


Thomas Moses Hewitt


Thomas Poole


Tucker Gougelmann


Walter Cronkite


Walter Krisa


William Christison


William Makino


William Ogden


William Stewart


Winthrop Brown

24/04/2009

Contact entre le chef de station de la CIA a Islamabad et le Premier ministre pakistanais

Comme vient de l' apprendre « Le monde du renseignement » , le lundi 10.11.2008, l' ambassadeur des États-Unis a Islamabad, avec a ses côtés le chef de station de la CIA au Pakistan (Qui entre autres avait dirigé une station de la CIA, au milieu des années 90, dans un pays d' Afrique francophone) ont appelés le nouveau premier ministre pakistanais,Yousaf Raza Gilani, élu en mars de l' année dernière, et qui fut le numéro 2 du Parti du Peuple Pakistanais, le PPP, dirigé jusqu'à son assassinat par Benazir Bhutto, et un des leaders de l' opposition a Parvez Musharraf. Le chef de station s'est alors entretenu au téléphone avec le chef du gouvernement « pour faire un briefing complet en matière de renseignement » sans que l' on en sache plus.. M. Gilani a abordé avec les deux américains l' affaire du Dr Afia Siddiqi, citoyenne pakistanaise détenue par les américains en Afghanistan.

Cette brève histoire ne fait que confirmer l' existence de contacts officiels entre la station de la CIA a Islamabad et les autorités pakistanaises au plus haut niveau, plus particulièrement dans le cadre des questions de lutte contre le terrorisme.

21/04/2009

Les "rézidents" du KGB en Finlande

 

Dans son ouvrage "Le KGB dans le monde" paru en 1990 en coopération avec Christopher Andrew, l' ancien officier du KGB Oleg Gordievsky livre un organigramme de plusieurs stations du KGB (Paris, Washington, New York, Delhi, Tokyo, Oslo, etc..) en indiquant les rézidents a leur tête. Mais pas celle de Helsinki! Oubli regrettable ( volontaire, sachant que un des officiers du KGB que il appréciait le plus, Albert Akoulov, y servait alors comme chef de station?) qui est ici compensé.


Située a la frontière avec l' URSS, la Finlande s' efforce, après la seconde guerre, d'entretenir de bonnes relations avec son grand voisin. Pour cela, des contacts sont établis entre les "rézidents" successifs du KGB et les autorités finlandaises au plus haut niveau: Urho Kekkonen, qui fut Président de la Finlande de 1956 à 1981. Ce qui entraînait des frictions entre l' ambassadeur soviétique et le rézident du KGB, chacun voulant l' exclusivité des contacts avec Kekkonen. Idem avec son successeur, Mauno Koivisto, qui entretiendra des contacts avec Viktor Vladimirov, chef de station a Helsinki jusque 1984. Ses "contacts de haut niveau" auraient cessés avec la chute de l' URSS.

Elisey Tikhonovitch Sinitsin 1939-1941

Vassili Petrovitch Roshtshin 1945-1947

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1947-1950

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1953-1957

Vladimir Vassilievitch Jenikhov -1962

Youri Nikolaîevitch Voronine 1962-1964

Vladimir Sevastianovitch Stepanov 1964-

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1970-1972

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1972-1975

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1977-1984

Albert Petrovitch Akoulov 1984-1990.

Ou Felix Karasev a partir de 1984? Toujours en poste en 1991.

16/03/2009

Le FSB fait-il de l' espionnage à l'étranger?

LE FSB A L' ÉTRANGER.

 

Il y a de cela quelques années, un auteur russe, Andrey Soldatov, écrivit que le FSB et le SVR s' étaient partagés les zones de compétence, le FSB faisant du renseignement dans la zone CEI, le SVR a l' extérieur. Au dessus de la mêlée, le GRU, chargé de faire du renseignement militaire. Cette thèse développée par l'auteur de l' article laissait un brun dubitatif: si c'est le cas, de quel service du FSB dépend ce fameux service d' espionnage qui ferait concurrence au SVR sur son propre terrain? Quelles sont ses missions? Et aussi, si partage des zones d' influence il y a, comment se fait il que le SVR dispose d'un représentant connu des autorités a Kiev, en Ukraine, et en Biélorussie à l' heure ou j' écris? La tradition veut que un représentant ne fait pas de l' espionnage dans le pays ou il est posté; il est chargé des contacts officiels avec les autorités locales, son identité est connue d' eux. Et aussi, faire passer des spécialistes du contre-espionnage ou des questions de sécurité au renseignement « offensif » n'est pas très facile; les formations ne sont pas les mêmes. Aussi, si le SVR dispose de représentants, est ce que cela ne serait pas, également, le cas pour le FSB?

 

Dmitri Medvedev et le Directeur du FSB Alexandre Bortnikov

On ne pouvait exclure que le FSB, comme nombre de services de sécurité, dispose d'un représentant sous couverture. Et ce sont les mémoires d'un ancien du FSB, Joseph Legan, parus en russe, qui ont confirmés cette thèse. Logan est un vétéran du KGB puis du FSB, avec pas moins de 35 années de service a son actif. Il a surtout travaillé au service d'inspection interne du KGB puis du FSB, chargé de découvrir et d' enquêter sur les fautes de travail commises par les services. Pour l' anecdote, c'est ce service qui mit à jour sous Gorbatchev un très gros scandale au coeur de la 3ème Direction principale du KGB, chargée du contre-espionnage militaire, qui a très peu filtré: Plusieurs affaires d' espionnage dont étaient chargés les services du contre-espionnage militaire étaient soit complètement fabriquées soit manquaient de preuves. Le scandale sera tel que le directeur de la 3ème Direction principale du KGB, Nikolaï Dushin, sera renvoyé a la fin des années 80.

Dans son ouvrage, Legan cite les exemples de deux responsables du FSB envoyés a l' étranger en tant que représentants du Service: Le premier est un responsable du service d' inspection du FSB qui sera envoyé en Mongolie. Le second est le général-major Petroukhine,qui sera envoyé comme représentant du FSB sous couverture diplomatique dans un pays asiatique de la CEI.

Enfin, que penser de Vitaly Vladimirovitch Burov, représentant du FSB a Washington sous la couverture de conseiller de l' ambassade de Russie depuis 2008.

Ses envois se font dans le cadre des accords de coopération, dont plusieurs commencent a être préparés en 1994, entre le FSB et différents services secrets, tels que la DGSE française et le Guojia Anquanbu, le Ministère de la Sécurité d' État chinois, comme le démontrent ses documents, faisant état de l' autorisation des responsables du FSK (prédécesseur du FSB) a commencer des négociations avec les services secrets concernés.

Un exemple de coopération: Ordre n°434 du Président de la Fédération de Russie du 15.08.1994 relatif a la coopération entre la DGSE française et le FSK, lequel est remplacé par le FSB en 1995. Le document indique clairement, entre autres, la possibilité de mettre en place un officier de liaison du FSK accrédité (Normalement sous couverture diplomatique) en France.

Ajoutons y les déclarations publiques de représentants du FSB a la presse ou par communiqué, qui font clairement référence a la coopération du FSB avec nombre de services secrets. Par exemple, Alexandre Bortnikov indiquera très dans une interview donnée à la mi-décembre 2008 que « Les représentants officiels du FSB sont dans 40 États ». Enfin, si le FSB fait du renseignement a l' extérieur, comment cela se fait il que aucun scandale n'ait éclaté sur ce thème, que aucun informateur n'ait été interpellé, aucun officier du FSB pris en flagrant délit? Et qui contrôle ce fameux service?

Sigle du 5ème Service du FSB, le Service d'information opérationnelle et des relations internationales.

Selon Andrey Soldatov, les officiers du FSB faisant du renseignement hors de la Fédération de Russie relèvent du Département de l' information opérationnelle du 5ème Service ( Service d'information opérationnelle et des relations internationales) du FSB, qui fut dirigée par Viatcheslav Oushakov jusque 2003 puis Sergey Besseda. Le 5ème Service, dont le patron actuel est Viktor Komogorov, est l' ancienne Direction d' analyse de l' information du KGB, créée en 1991. Le 5ème Service est donc chargé de l' analyse mais aussi des contacts avec les services secrets étrangers sur des sujets aussi délicats que la lutte contre le terrorisme ou les différentes formes de criminalité organisée.

Sigle du Département d'information opérationnelle, sigle copié sur le SVR.

Mais la thèse de Soldatov fait elle référence aux représentants du FSB ou a une sorte de « renseignement extérieur » du FSB, concurrent du SVR? La question mérite d' être posée, en effet, au sein du 5ème Service, une différence est établie entre la Direction des relations internationales, dirigée par le général Alexey Koziura, et ce fameux Département de l'information opérationnelle, dont une des seules traces laissées est la présence de son patron, Sergey Besseda, en Abkhazie, après que ce pays ait proclamé son indépendance, pour assister a un tournoi de tennis! Peut-être, évoque Soldatov, ce Département est chargé de remplacer les anciennes antennes du renseignement agissant depuis la Russie contre les pays voisins? Ce n'est pas a exclure, mais nous manquons de données concrètes pour clairement distinguer entre représentants officiels, espionnage du FSB a l' étranger, et opérations menées depuis le territoire de la Fédération de Russie contre les voisins.

07/02/2009

Léon Panetta a la tête de la CIA, une bonne nouvelle?

LÉON PANETTA A LA TÊTE DE LA CIA UNE BONNE NOUVELLE?

Après avoir a un moment envisagé la candidature de John Brennan, ancien officier de la CIA qui dirigea entre autres le TTIC, le choix du Président Barack Obama pour le poste de Directeur de la CIA s'est porté sur Léon Panetta, ancien secrétaire général de l' administration Clinton.

Choix qui a surpris car Panetta n'était pas sur la liste des candidats potentiels, mais aussi surprise sur la personne même qui a été choisie. En choisissant un « vieux de la vieille », Barack Obama n'a pas privilégié le changement, mais aussi, on peut se demander si le choix de Monsieur Panetta a la tête de la CIA est un choix opportun.

La sélection de Léon Panetta a un poste aussi délicat même est un mystère, elle fut sans doute le résultat de tractations de couloirs et de compromis, nécessaires sachant que le Directeur de la CIA choisi doit être approuvé par le Sénat.
Néanmoins, Léon Panetta ne s'est distingué en rien dans le travail du renseignement, sa carrière fut plus politique que autre chose. La nomination d'un « technocrate », pardonnez l' expression, était elle la bonne solution pour une CIA attaquée non seulement pour ne pas avoir empêchée le 11 septembre mais aussi pour l' affaire de ses transferts de prisonniers, sans oublier l'usage de la torture, ou les ratées en Afrique?

La CIA a besoin incontestablement de réformes pour gagner en efficacité, et un des plus gros problèmes auquel elle se heurte est sa bureaucratie même, sans compter la concurrence existant entre agences de renseignement. A cet égard, la création par Georges W. Bush du TTIC, énième structure chargée de participer a la lutte anti terroriste, n'a fait que rajouter une couche de bureaucratie supplémentaire dans un système complexe..

Léon Panetta arrivant a la tête de la CIA sans passer par le haut, saura il prendre conscience du problème?

L'auteur de l' article estimait en tout cas souhaitable que la personne nommée a la tête de la CIA soit une personne « qui en soit issue », un « insider », une personne qui en connaisse les problèmes pour en avoir grimpé les échelons et maîtrisant par conséquent son fonctionnement. C'est pourquoi l' auteur avait une petite préférence pour Mary Margaret Graham, qui fut une « opérationnelle » issue de la Direction des opérations de la CIA (poste en Espagne dans les années 80; chef de la station de New York lors des attentats  du 11 septembre puis chef du Centre de contre-espionnage), ou Stephen Kappes, dont la carrière fut extrêmement brillante (travail contre les Iraniens a la fin des années 80 puis contre l' Irak durant la guerre du Golfe, chef de station au Koweït juste après; chef du groupe chargé des questions de prolifération a la division Eurasie; chef de station a Moscou, chef du centre de contre-espionnage; n°2 de la direction des Opérations puis a la tête de la Direction des Opérations de la CIA; viré par Porter Goss puis rappelé en 2006 et nommé directeur adjoint de la CIA alors.), qui fut entre autres crédité du succès d'avoir réussi a convaincre le colonel Kadhafi d' abandonner son programme ADM. Sa candidature, si l'on en croit INTELLIGENCE ONLINE, a été écartée car KAPPES est considéré comme « un homme de Bush »...

Nous verrons si Panetta est l' homme de la situation aux résultats obtenus. Sera-il aussi terne et discret que John McCone, ou au contraire laissera-il son empreinte a la CIA tel Bill Casey, Allen Dulles, ou Georges Tenet, pour n'en citer que quelques uns? Son action permettra d'en juger, mais l' auteur doute de l' opportunité du choix, plus guidé pour des raisons politiques que pour une volonté de réformer la CIA.

28/01/2009

Comment travaillent et travaillaient les services secrets en direction de l' URSS puis en Russie.

COMMENT TRAVAILLENT ET TRAVAILLAIENT LES SERVICES SECRETS EN DIRECTION DE L'URSS PUIS EN RUSSIE

 

Cette note se base sur des informations tirées non seulement d' ouvrages mais aussi de documents déclassifiés, entre autres extraits des rapports annuels d' activité du KGB d' URSS, qui fournissent des éléments très intéressants d'information. Il convient de rappeler que durant l' existence de l' URSS la « surveillance omniprésente » du KGB relève dans certains cas plus du mythe que de la réalité: D'une part la 7ème Direction du KGB (Brigade de surveillance) n'avait pas les moyens de suivre toutes les personnes qui l' intéressaient (manque d' effectifs) et d'autre part il est absurde de suivre en 24/7 (24h/24 et 7 jours sur 7) une « cible » sauf si vous voulez la décourager de faire du travail d' espionnage. Mieux vaut au contraire « cibler » les moments ou elle est surveillée et ce pour éviter que la personne se rende compte que elle est sous surveillance constante et avoir plus de chance de découvrir son réseau d'informateurs. Néanmoins, le contre-espionnage du KGB était capable en effet, si la nécessité se faisait sentir, de mobiliser d'importants effectifs pour suivre une personne.

 

ALLEMAGNE. Très peu d' informations sont disponibles sur le travail du BND a Moscou même, le service paraît plus avoir concentré ses efforts sur la RDA, ainsi que l' Europe de l' Est ( Pologne et Tchécoslovaquie). Par exemple,la note n°547-Tch/OB du 15.03.1983 relative a l' activité du KGB pour l' année 1982 évoque l' arrestation d'un agent du renseignement extérieur de la RFA, citoyen tchécoslovaque.

Néanmoins, quelques informations apparaissent:le rapport n°709-A/ du 30.03.1976 , relatif a l'activité annuelle du KGB pour l' année 1975 évoque des personnes des « pays tiers » expulsés d' URSS pour espionnage au profit des « services de renseignement de la RFA ».

Une autre couverture utilisée est celle des sociétés allemandes travaillant sur le territoire soviétique. Le rapport n°414-A du 28.02.1977 relatif a l' activité du KGB pour l' année 1976 évoque par exemple l' arrestation pour espionnage d'un citoyen allemand, Chtchedrov, consultant de la firme ouest-allemande « Stubbe ». Le rapport n° 877-A/OB du 31.03.1981 relatif a l' activité du KGB pour l' année 1980 évoque toutefois deux citoyens soviétiques arrêtés pour espionnage au profit du renseignement extérieur de la RFA. Un autre cas a été dévoilé en 1986 quand est condamné un dénommé Ilya Suslov,qui transmettait des informations a caractéristique technologique au BND par l' intermédiaire du représentant d'une société allemande a Moscou.

Aujourd'hui le chef de station du BND a rang de conseiller de l' ambassade allemande a Moscou. Un de ses derniers chefs a Moscou (au début du mandat de Vladimir Poutine comme président) avait été représentant du BND a Beijing dans les années 80.

 

CHINE. La dégradation des relations sino-soviétiques a entraînée une activation du travail du KGB et du GRU en direction de la Chine communiste, et réciproquement le Shihuibu (renseignement extérieur) et le Gonganbu (Ministère de l' Intérieur, responsable entre autres du contre-espionnage), puis leur successeur a partir de 1983, le Guojia Anquanbu (Ministère de la Sécurité d' État, chargé du renseignement extérieur et du contre-espionnage) ont multipliés les opérations de renseignement en direction de l' URSS. Une des méthodes utilisées par les services secrets chinois était l' envoi de faux transfuges, chargés après débriefing par les autorités soviétiques de s' implanter durablement dans la zone Extrême-Orient en URSS. Les rapports annuels d' activité du KGB, déclassifiés pour la plupart, citent abondamment cette méthode comme exemple. Par exemple le rapport n°709-A/ du 30.03.1976 , relatif a l'activité annuelle du KGB pour l' année 1975 évoque deux agents du renseignement chinois démasqués par le KGB parmi les personnes fuyant la Chine communiste, chargés d'une mission de renseignement (apparement a court terme). La note n°728/A-OB du 10.04.1982 relative a l' activité du KGB pour l' année 1981 évoque quand a elle 7 agents du renseignement chinois démasqués,qui officiellement fuyaient la République populaire de Chine. Idem pour la note n°547-Tch/OB du 15.03.1983 relative a l' activité du KGB pour l' année 1982 qui évoque 10 espions chinois démasqués parmi les personnes fuyant le régime de la RPC. Autre méthode plus classique, l' envoi de personnes traversant illégalement la frontière dans la zone Extrême-Orient. Autre méthode utilisée, évoquée dans la note n°728/A-OB du 10.04.1982 relative a l' activité du KGB pour l' année 1981, l'envoi par la RPC d' agents parmi les personnes venant de pays du tiers monde.

 

CORÉE DU NORD. Le renseignement nord-coréen a travaillé en direction de l' URSS par les voies suivantes: envoi d' espions dans la région Extrême-Orient; travail de collecte de renseignement a partir de l' ambassade de Corée du Nord a Moscou; envoi de militaires auditeurs dans des écoles militaires soviétiques et chargées de recueillir des informations. La chute de l' URSS lui a ouvert de nouvelles possibilités dans la recherche de renseignements a caractère technologique, entre autres sur la question des armements ou des scientifiques. Deux scandales ont impliqués des activités du renseignement nord-coréen en Russie, en 1993 et 1994 respectivement, autour de tentatives d' obtentions d' informations a caractère technologique, surtout militaire.

 

ÉTATS-UNIS. La toute jeune CIA a due attendre 1953 pour pouvoir envoyer son premier officier sous couverture diplomatique a Moscou, et 1961 pour y nommer son premier chef de station, Paul Garbler. La station de la CIA a Moscou a été très active durant la guerre froide, comme le montrent la liste des informateurs traités qui furent démasqués. Citons Léonid Poleshuk, Oleg Penkovsky, Adolf Tolkachev, Evgueni Kapoustine, Dmitri Polyakov, Vladimir Vassiliev, qui étaient respectivement Officier de la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, colonel du GRU, ingénieur dans le domaine de l' éléctronique de pointe, travaillait dans une usine, général du GRU, colonel a la division des illégaux du GRU.

A partir du milieu des années 70, suite a l' interpellation d'un officier de la station de Moscou, Edmund Kelly, en Arménie alors que il avait un contact avec un informateur sur place,le traitement des informateurs se faisait a Moscou, ou bien a Léningrad, ou la CIA avait ouvert une base sous couvert du consulat général des États-Unis. Parmi les dirigeants de la Base CIA de Léningrad dans les années 80, citons Barbara Brian, Léonard Belgard, Michaël Grivski entres autre. La CIA s' appuyait sur les informateurs recrutés hors URSS ainsi que ceux qui proposaient leurs services en URSS même. Les recrutements en URSS étaient plutôt rares. La station de Moscou, qui au début ne comptait que 5 officiers environ, a atteint dans les années 70-80 le chiffre de 8 a 12 officiers traitants sous couverture diplomatique. Les informations aussi bien a caractère politique que économique ou militaire intéressaient la station de Moscou, qui pouvait dans certains cas compter sur l' aide de diplomates du département d' État. N' était pas épargné le travail contre le KGB et le GRU.

La CIA n'était pas seule a Moscou, faisaient aussi du renseignement les attachés militaires dépendants de la DIA, et le poste NSA a Moscou. On ignore le degré de coordination a Moscou même entre ses différentes structures. Toutefois, Rem Krassilnikov, dans ses mémoires, évoque Jack Roberts, officier en poste pour la NSA a Moscou dans les années 70 et qui sera envoyé a l' ambassade US a Kaboul après l'entrée des troupes soviétiques en Afghanistan.

La chute de l' URSS a ouvert de nouvelles opportunités de renseignement, car la Russie continue a être un concurrent sérieux des USA, et nombre d' informations sont a présent disponibles par le biais des sources ouvertes. Ses dernières années, c'est surtout la DIA qui s'est distinguée par son activité sur le territoire russe. Une coopération existe aussi entre les services secrets US (CIA, DEA etc..) et ceux de la Fédération de Russie (FSB et SVR surtout). Un des derniers chefs de station de la CIA a Moscou identifié est Robert Dannenberg, en poste de 2001 a 2003, et qui est entré dans le privé en 2007.

 

FRANCE. Le SDECE a ouvert un poste a Moscou dès les débuts de la guerre froide; Son premier représentant sur place clairement identifié est la dès 1951,il s'agit du commandant Perret, officiellement « attaché militaire adjoint ».Il est remplacé en 1955 par le capitaine Michaud, également chef du poste SDECE a Moscou sous la même couverture. La couverture de « attaché militaire adjoint » paraît refléter la priorité du SDECE que constitue le renseignement militaire, même si la collecte du renseignement politique et la question de la sécurité de l' ambassade n'est pas a négliger. Selon différents auteurs, le poste SDECE aurait été fermé au début des années 70 par Alexandre de Marenches, lequel estimait que il ne servait a rien de maintenir une station a Moscou puisque il était impossible d'y collecter du renseignement! Nous n'en sommes pas certains mais nous n' excluons pas que le dernier chef de poste soit Bernard Grué, qui quitte Moscou en 1971 officiellement comme attaché militaire adjoint et occupera dans la deuxième moitié des années 70 le poste de Directeur du renseignement du SDECE.

Le rapport du 03.12.1976 du chef de la 5ème Direction du KGB d' URSS Philip Bobkov, « Note analytique relative au caractère et aux raisons de certains comportements négatifs parmi les chercheurs et les étudiants », évoque la création par le Quai d' Orsay d'un service baptisé « service de la coopération » et qui, selon le rapport, « servirait a l' envoi, sous couverture de ce service, dans les établissements d' enseignement soviétiques, d' espions et d' agents ». Ses informations n'ont pu être confirmées.

La DGSE remplace le SDECE en 1982, mais elle n' a pas réussi a être un service très offensif en direction de l' URSS, malgré les efforts entrepris par Pierre Marion ( dès 1982) puis l' amiral Lacoste en ce sens. Le poste de Moscou a alors été rouvert, vers 1982 environ. Priorité est donnée a la collecte du renseignement « ouvert », par exemple en faisant « parler » les personnalités lors de cérémonies officielles, ainsi que l' utilisation de personnes, par exemple originaires de pays africains francophones, en URSS. La chute de l' URSS a ouvert des opportunités, mais le poste de la DGSE a Moscou semble plutôt privilégier le travail de relation avec les autorités russes et la collecte du renseignement ouvert, ainsi que le renseignement militaire par le biais du bureau de l' attaché militaire de l' ambassade de France. Ses chefs de stations sont des militaires de carrière, qui occupent une couverture diplomatique.


GÉORGIE. L'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Saakachvili a entraînée des changements dans les structures du renseignement géorgien. Ainsi, le service de renseignement extérieur, auparavant partie intégrante d'un Ministère de la Sécurité d' État, a gagné en indépendance; il dépend directement du Président.

Un article de la presse russe a évoqué le nom d'un diplomate géorgien présenté comme étant le chef de station du renseignement géorgien a Moscou en février 2004, un dénommé Nugzar Grzelichvili.. Les vérifications entreprises ont en tout cas confirmées la présence a Moscou de cette personne qui avait, selon les listes diplomatiques de 2005 et 2006, grade de conseiller supérieur de l' ambassade géorgienne a Moscou. Confirmation quand son successeur est identifié: Arrive en 2007 a l' ambassade géorgienne a Moscou, pour reprendre le bureau de Grzelichvili, Iraki Kotetishvili, auparavant ministre-adjoint du Ministère de la Sécurité d' Etat géorgienne, ou il coopéra très étroitement avec les russes dans la lutte contre le terrorisme tchétchène, entre autres dans la vallée du Pankissi en Géorgie.

Depuis février 2008, c'est un diplomate professionnel, Guéla Bejouachvili, qui est a la tête du renseignement extérieur spécial géorgien. Le nouveau service spécial de renseignement extérieur  géorgien a eu cette année-la les honneurs de la presse non seulement pour avoir inauguré son site Internet (qui, petit défaut, met du temps a charger) mais aussi pour le démantèlement d'un réseau durant les grandes vacances qui s' efforcait de collecter des informations dans le domaine militaire. Le réseau ne paraît pas avoir été dirigé a partir de la station du renseignement géorgien a Moscou mais plutôt directement avec des officiers traitants opérant depuis le territoire géorgien. Selon la presse russe, le renseignement géorgien s' intéressait aux objectifs stratégiques de la région fédérale Sud de la Fédération de Russie. Et ce en plein conflit ossète! La récente rupture diplomatique entre la Russie et la Géorgie a potentiellement posé des problèmes au nouveau service de renseignement spécial extérieur géorgien, qui ne peut plus agir a partir de son ambassade a Moscou. En tout cas tous ses événements n'ont pas empêchés le Président de la Géorgie de décorer le patron du service spécial de renseignement extérieur géorgien "for their recent conduct, professionalism and contribution to the defence and integrity of Georgia (Communiqué du 08.10.2008 disponible sur le site du renseignement extérieur géorgien)

 

GRANDE BRETAGNE. Le poste SIS Moscou a été particulièrement discret durant la guerre froide. Il était hors de question pour le gouvernement britannique de recommencer un éventuel «  complot Lockhart ». Le renseignement se fait plus par le biais des antennes situées hors du bloc communiste. Néanmoins, la station du SIS Moscou, discrète, prendra part a quelques opérations réussies, par exemple le traitement de Oleg Penkovsky dans les années 60 et l' exfiltration de Oleg Gordievsky en 1985. Priorité était donnée au traitement des rares sources disponibles sur place, a la collecte du renseignement politique, a la coopération avec le bureau de l' attaché militaire, a la mise en place de lieux de rencontre et de « boîtes aux lettres mortes » sûres, et a découvrir les méthodes de travail et le personnel de la brigade de surveillance du KGB. La station de Moscou s'est fortement activée suite a la chute de l' URSS, et a été mise sur la sellette suite a différents scandales, successivement en 1994,1996, et 2006.

IRAK. Très peu d' informations sont disponibles sur le travail des services irakiens en URSS puis en Russie. Toutefois quelques informations filtrent des rapports déclassifiés ou de déclarations officielles. Le rapport du KGB sur ses activités annuelles pour l' année 1980 fait référence a la découverte d'une rézidentura du renseignement irakien sur le territoire soviétique, « composée de citoyens irakiens et d'autres pays arabes, vivant constamment en URSS ».Le rapport rendu le 22.01.2002 relatif a l' activité du FSB pour l' année 2001 fait également état de l' interpellation de personnes travaillant pour les services secrets irakiens, sans que l' on en sache plus.

ISRAËL. Le Mossad semble, durant la guerre froide, ne guère avoir été actif derrière le Rideau de fer, au profit du Nativ, créé spécialement a cet effet en juin 1951 sur ordre de David Ben Gourion, et dont la mission fut assez particulière: Le Nativ était chargé de diriger et coordonner le travail d' émigration des juifs vivant derrière le Rideau de fer. Pour cela, le Nativ disposait de représentants a Vienne mais aussi aux États-Unis, a Londres, et derrière le Rideau de fer, chargés de faire du lobbying auprès des autorités occidentales mais aussi de garder le contact avec les juifs soviétiques. Pour leur travail, les officiers du Nativ établissaient des contacts, distribuaient, parfois secrètement, des Tora, jouaient la navette entre les juifs soviétiques et leur famille vivant en Israël etc..

Ce travail, qui ne ressemble guère a celui d'un service secret, était mené dans les règles de la clandestinité, cette activisme ne plaisant guère au contre-espionnage du KGB. Le premier représentant a Moscou fut Nechemia Levanon, en poste de juillet 1953 a août 1955 (expulsé). Un de ses remplaçants sera Benyamin Eliav dans les années 50, puis Yehoshua Pratt de 1959 a 1962. Suite a la rupture des relations diplomatiques entre Israël et l' Union Soviétique en 1967, le Nativ continua son travail a partir de l' ambassade néerlandaise a Moscou. De 1988 a 1991 c'est Yaakov Kedmi qui dirige la station du Nativ a Moscou. Il sera ensuite a la tête du Nativ, de 1992 a 1999.

Le Mossad ne paraît pas s'être investi dans les missions d'espionnage et de renseignement derrière le Rideau de fer, sans doute a cause du rôle spécifique du Nativ, mais aussi a cause de la priorité accordée aux pays du Moyen-Orient. Un des premiers représentants du Mossad en poste a Moscou est Reuven Dinnel, officiellement conseiller d'ambassade, arrivé en 1992, il est le représentant du TEVEL (« Diplomatie alternative) a Moscou, mais sera expulsé en 1995 pour espionnage. L'arrivée du Mossad en Russie n'a pas empêchée le Nativ de continuer ses activités, le service existe toujours, bien que il soit parfois question de le dissoudre, et sa mission n'a pas changée.

SYRIE. Le rapport de l' activité du KGB pour l' année 1977 se contente d' évoquer l' expulsion du secrétaire-archiviste de l' attaché militaire de l' ambassade de Syrie a Moscou.

 

TURKMÉNISTAN. Le service de renseignement turkmène, le KNB, Comité pour la Sécurité Nationale, apparu au lendemain de l' indépendance du pays, a ouvert une station a Moscou sous couverture de l' ambassade, dont la mission paraît être en premier lieu.. la collecte de renseignement contre les opposants au régime turkmène hébergés en Russie. En tout cas,le premier chef de poste du renseignement turkmène identifié est Rakhmanguli Allakov, arrivé a Moscou en octobre 1993 comme 3ème secrétaire et chef de station a partir de 1994, et qui avait précédemment fait ses classes a la 5ème Direction du KGB (« contre-espionnage idéologique »). Idem pour son prédécesseur a partir de 1996, Serdar Annayev, qui d'après une information s' était illustré dans la lutte contre l' intelligentsia a Ashkabad. Les officiers de la station du KNB a Moscou ont été mis en cause a plusieurs reprises pour leurs actions contre les opposants réfugiés a Moscou. Par exemple, selon la presse russe, Allakov aurait tenté de forcer un poète-dissident, Velsapar, de revenir au Turkménistan; ou les tentatives de recrutement de turkmènes a Moscou par son successeur en octobre 1997 pour surveiller les milieux dissidents. Annabayev a exercé son poste a Moscou jusqu'au début des années 2000 (En 2001 il était toujours "Premier secrétaire") avant de quitter la capitale russe. Son remplacant a ce poste fut sans doute Orazmuhamed Charyev, en poste a Moscou jusque 2005-2006, et qui fur remplacé par Maskat Annabaev en 2007. Ils se sont faits, en tout cas, beaucoup plus discrets a Moscou que Allakov et Annayev.

 

TURQUIE. Les intérêts turcs et russe s' opposent dans la zone Caucase, c'est par conséquent leur principal champ de bataille. Aucune information n'a filtrée sur le travail de la station du MIT a Moscou, ou plus précisément en Russie et en URSS.

Chef du contre-espionnage militaire pour la région militaire Caucase de 1964 a 1972, Boris Geraskine indique que du côté des voisins de la zone Caucase, c'est le renseignement turc qui était le plus actif, par exemple a travers son consulat a Batoumi.

Suite a la chute de l' URSS et a l' instauration de la Fédération de Russie, un peu plus d'informations sont disponibles: Un documentaire du FSB indique que le chef de station du MIT, apparement au début des années 90, était Ergan Szoi, qui dirigea en 1995 la section chargée de couvrir la Russie au QG du MIT. Le FSB a, a plusieurs reprises, mis en cause le travail du MIT dans la zone Caucase, entre autres en Tchétchénie. En 1995 est par exemple arrêtée Madame Chansli, une femme d'origine bulgare, qui a été recrutée par le MIT et essayait d'obtenir des informations a Krasnodar sur le fonctionnement et le travail des services de la police et du FSB locaux. La même année, un journaliste, Isak Kendir, est arrêté au Daguestan. On trouve aussi sur lui deux documents d'identité au nom de Itsak Kasap. est expulsé. Selon les autorités russes, le journaliste était en réalité un cadre du MIT chargé des contacts avec Djokar Dudaïev, leader des séparatistes tchétchènes. Doudaïev se servait de ce journaliste pour entretenir des contacts avec les autorités turques, et par exemple exiger d'elles que elles reconnaissent l' indépendance de la Tchétchénie .Kasap-Kendir, ainsi que un officier du MIT du nom de Hussein, chargé des contacts avec Doudaïev, sont expulsés..

Patron du 1er département du FSB (contre-espionnage), Oleg Syromolotov, dans une interview donnée en 2002 a la Rossiskaya Gazeta, citera, parmi les services secrets entretenant des contacts avec les séparatistes, ceux de la République de Turquie.

On peut aussi supposer une certaine coordination entre MIT et services russes a propos de la lutte contre les bandes armées en Tchétchénie, même si la position turque sur ce sujet manque de clarté. A plusieurs reprises, les autorités russes ont interpellées des citoyens turcs se battant dans les bandes tchétchènes. Citons comme exemples Ali Ollu, qui combattit les russes de 2001 jusqu'à son interpellation le 29.12.2005 en Russie, ou bien Abou Zar, qui prépara plusieurs groupes de terroristes dans la vallée du Pankissi en Géorgie. La Turquie est aussi un point de passage pour aller en Tchétchénie; Alexandre Zdanovitch, alors a la tête des relations publiques du FSB, cite comme exemple dans une interview du 15.08.2000 Muhammad Wahab, qui passa par la Turquie puis la Géorgie, et fut arrêté en 2000.

23/01/2009

Guerre du renseignement au sein de la Commission européenne?

GUERRE DU RENSEIGNEMENT AU SEIN DE LA COMMISSION EUROPEENNE?

Beaucoup est dit et écrit sur les guerres du renseignement, sur des thèmes incontestablement intéressants. Citons la lutte du FBI contre les espions soviétiques (ESPIONS ROUGE DE PIERRE HUS ET GEORGE KAPOCZI); la lutte de la CIA contre les soviétiques en Afghanistan (LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON de GEORGE CRILL; CIA-KGB LE DERNIER COMBAT de MILTON BEARDEN et JAMES RISEN); le travail du KGB dans le monde et y compris en URSS (KGB CONTRE L' OUEST DE ANDREW ET GORDIEVSKY; KGB DE JOHN BARRON; plus beaucoup d' autres ouvrages, y compris russes) , mais aucun ne se concentre sur la question de l' espionnage au sein de la Communauté économique européenne, puis l' UE.

Pourtant, les recherches effectuées ont permis de découvrir a trois reprises l' existence d' espions de pays occidentaux parmi les membres de membres de leurs pays, au sein même de la délégation permanente de leur pays auprès de la Commission européenne.

Peut être cité un haut responsable d'un service secret d' Europe occidentale spécialisé dans la lutte antiterroriste au début des années 2000, Monsieur H. Le nom de cette même personne apparaît dans la liste de 2007 de la délégation permanente de son pays auprès de l' Union Européenne..Un hasard?

Citons aussi tel pays, occidental aussi, qui dispose d'un chef de station sous couverture de conseiller d' ambassade a Bruxelles. Précision sur ce fameux chef de station, il fut auparavant en poste dans un pays de la zone Afrique ainsi que dans un pays asiatique. Pourtant, un autre officier de ce même service se trouve a la même période en poste dans la délégation permanente de ce pays auprès de la Commission...

Exemple beaucoup plus concret est celui de l'anglais Simon Butler-Madden. Ce professionnel du Secret Intelligence Service (35 ans de carrière) a démarré sa carrière au renseignement de Sa Majesté en 1966. Premier poste a l' étranger: Deuxième secrétaire a la délégation britannique auprès de la CEE a Bruxelles de 1969 a 1972..

 

Si les services secrets des Etats membres de l' UE s'amusent a placer leurs espions au coeur de la Commission européenne, dans quel but?

Il serait intéressant de travailler sur la question, en effet, de la place du renseignement au coeur même de la Commission. Richard Tomlinson, dans son ouvrage, ainsi que Roger Faligot, dans son volumineux « Histoire des services secrets français depuis 1870 » font bien référence a quelques opérations d' espionnage, de la DGSE contre la Grande-Bretagne lors des négociations de 1986, ou de celles de la station du SIS a Paris dans les années 70. Néanmoins ce n'est que la pointe d'un très gros iceberg. Le cadre du « marché commun » n'a jamais empêché les batailles entre États, et ce pour obtenir la plus grosse part du gâteau, politiquement mais aussi économiquement. Tout pays n'a pas d' ami constants ou d' ennemis constants, seulement des intérêts constants,pour paraphraser Lord Palmerton. Et il serait intéressant de se demander ce que font des espions au coeur de la Commission. S'agit-il d'espionner les « amis » ou la Commission carrément?