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30/06/2010

Bref commentaire de l' affaire des espions russes aux USA

L' affaire, assez médiatisée, du réseau présumé des services de renseignements extérieurs russes (SVR) démantelé il y a moins de 48 heures par le FBI, qui s'est soldé par une dizaine d' interpellations, appelle quelques commentaires


Les commentaires évoquant des "méthodes de guerre froide" et autres bêtises de ce genre ne font que sourire. Messieurs, tout pays espionne les autres pays, aussi bien amis, ennemis, que pays aux relations tièdes. Sauf que quand le renseignement russe agit aux USA, on parle de "relents de guerre froide"; quand c'est un officier de la CIA arrêté à Moscou, on ressort la bonne vieille "provocation" du KGB. Mais bon, pour Messieurs les journalistes, la Guerre froide reste un peu trop présente en tête...

Je passerai aussi sur un article écrit dans le "Nouvel observateur" en date du 29.06.2010, dans le cadre de cette fameuse affaire, indiquant que "A la chute de l’URSS, les activités du KGB ont été confiées à deux institutions séparées, le Service de renseignement extérieur et le Service fédéral de sécurité (FSB), chargé du renseignement en Russie et du contre-espionnage.." PARDON???? Ah oui, dès qu'il s' agit de services secrets, certains journalistes sont les premiers à raconter des conneries et à s' embrouiller, j' oubliais. A la chute de l' URSS, le KGB n'est pas scindé en deux, non. Comptez avec moi: Les gardes-frontières deviennent un corps indépendant (Avant d' être réintégrés dans les années 2000 au FSB); le FAPSI est créé (Aujourd'hui dissous) , responsable à la fois du décryptage des communications des Etats adverses et de la protection des communications russes; TcSR devenu le SVR (renseignement extérieur); l' AFB devenu MBRF, FSK, et FSB (sécurité intérieure, contre-espionnage, antiterrorisme) ainsi que le SBP (ancienne 9ème Direction du KGB, responsable de la sécurité des dirigeants). Cela fait CINQ, pas DEUX!

Enfin, l' utilisation des illégaux n'est pas une surprise. La dissolution du KGB en plusieurs entités indépendantes l' une de l' autre n' a pas empêché le SVR de conserver le département des illégaux, qui sera dirigé par Youri Juravlev, à partir de 1991; puis Vladimir Zaverchinsky de 1994 à 2000. Dans une interview donnée en décembre 2005 à l' agence INTERFAX, le directeur du SVR Sergey Lebedev, à la question posée: "Le SVR dispose-il, actuellement, d'illégaux du niveau de Abel, Molody, ou les Cinq de Cambridge?", il répondra: "Le public ne découvre le travail des illégaux que plusieurs années après (leurs activités, NDLR). Celui qui dirigera le Service dans 50 ans vous racontera les réussites actuelles du SVR, à vos futurs collègues".

Là ou l' affaire est plus délicate, et aussi plus surprenante, c'est le nombre de personnes impliquées (Une dizaine). En règle générale, le KGB, puis le SVR, n' envoyaient les illégaux à l' étranger que seuls ou en couple, sans contact avec les autres illégaux! Cette pratique est toujours de vigueur, comme le montrent: l' interpellation d'un couple d' illégaux utilisant de faux passeports britanniques vers 1992; l' interpellation d'un autre couple d' illégaux au Canada en 1996; l' interpellation d'un illégal, tout seul, au Canada toujours, en 2006, ainsi que l' illégal du SVR qui traitait Ermann Simm, un haut responsable du Ministère estonien de la Défense.

 


20/06/2010

Le personnel de la Direction de la Stratégie de la DGSE

 

Le personnel de la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense de la République Française.


Cette brève note se concentre plus sur les membres, le personnel, de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Un précédent article avait brièvement analysé les buts et utilités de ce Service, apparu en 1989 et successeur de la Cellule Prospective créée à l' initiative de Pierre Marion en 1981 et dirigée par le préfet Arsène Lux. Selon différents auteurs, les membres de la DS (Direction de la Stratégie) viennent essentiellement du monde de la diplomatie. Toutefois, on y retrouve aussi beaucoup de membres de la DGSE, ayant plus particulièrement à leur actif soit une expérience du terrain, ou bien des personnes à la carrière plus « politique ». Exemples à l' appui, sauf pour les directeurs de la Direction de la Stratégie, dont les carrières ont été détaillées ici:


Les « Politiques »:



Jean-Marie Chouzenoux

Né le 22.07.1967 à Brest, Jean-Marie Chouzenoux a décroché un Master 2 Recherche en Histoire à l' Université Paris IV avant d' entrer à la DGSE par le « tour extérieur » après un début de carrière politique comme collaborateur de la vice-présidente de l' Assemblée Nationale Nicole Catala, il arrive à la Direction du renseignement de la DGSE, secteur Russie, en 1994 (Grade de délégué), avant d'être nommé chef de cabinet du Directeur de la Stratégie de 1998 à 2004, ce qui ne l' empêche pas d'être auditeur à l' Institut des Hautes Études de Défense Nationale ( session 2003-2004). Il quitte ensuite la DGSE avant d'y revenir pour diriger le Centre de situation de 2007 à 2008. Entre-temps, il fut chef de cabinet du secrétaire d' État aux affaires étrangères (2004 à 2005) puis du Ministre de l' Outre-Mer (2005 à 2007). À partir de 2008, responsable de la cellule Intelligence Economique de TOTAL.


Pierre-Antoine Lorenzi. C'est une personne au parcours entre le politique et l' administratif qui rejoint la DGSE en 1997. Diplômé de Sciences Po Paris, Pierre-Antoine Lorenzi a d' abord commencé comme conseiller politique de Laurent Fabius, alors Président de l' Assemblée Nationale, de 1988 à 1992, avant d' être le chef de cabinet du Ministre de la Justice Michel Vauzelle, de 1992 à 1993. Il est ensuite secrétaire général du Service central de prévention de la corruption de 1993 à 1997. Au sein de la DGSE, il commence comme « chargé de mission » à la Direction de la Stratégie (1997-2000), sans que l' on en sache plus. Il sera, pour cette activité, décoré du grade de Chevalier par décret du 16;11.1999. Il est ensuite Chef de cabinet du Directeur de la DGSE (2000-2001) avant d' entrer dans le privé, chez ADP puis Sérénus International avec l' ancien officier de la DGSE Alexandre Hollander.



Les « Professionnels du renseignement »:


Alain Chouet


Entré au SDECE en 1972, Alain Robert Chouet s'est spécialisé sur le Moyen-Orient et le terrorisme. Il enchaîne les postes à Beyrouth et Damas avant de diriger la lutte antiterrorisme de 1980 à 1985. En poste au Maroc comme « chargé de mission » (1985-1988) puis au Service de la formation (1988-1990). De 1990 à 1992, conseiller pour le terrorisme et le monde arabe du Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE. C'est à cette occasion, au moins, que sa carrière croisera celle de Jean-Claude Cousseran, alors à la tête de la Direction de la Stratégie, et futur Directeur de la DGSE. Ensuite,  à Genève puis conseiller technique pour le terrorisme et l' islam du directeur du renseignement de la DGSE, avant d'être affecté à Bruxelles de 1999 à 2000 comme deuxième conseiller de l' ambassade de France, dissimulant à peine sa fonction de chef de poste DGSE en Belgique. En 2000, rappelé et nommé chef du Service de Renseignement de Sécurité de la Direction du renseignement de 2000 à 2002, avant d' en être débarqué suite à l' affaire du « compte japonais de Jacques Chirac ». Grade de chevalier par décret du 08.04.1998; En avril 2009,par décret, Alain Chouet est promu officier de la Légion d' Honneur, ancien chef de service au Ministère de la Défense. Grade de chef d' études du Ministère de la Défense depuis 1989.



Etienne Dubern

C'est un officier du renseignement expérimenté qui termine sa carrière à la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense en 2008: En poste comme « premier secrétaire » de l' ambassade de France au Kosovo de 2000 à 2001, puis « premier secrétaire » en Croatie de 2002 à 2005, ainsi que comme analyste, Etienne Dubern s'est plus particulièrement spécialisé sur les Balkans. À partir de 2008, il est dans le secteur privé, chez Amarante International, avant de fonder Boislandry Consulting.


Vincent François Nibourel. C'est un « pur produit » de la Caserne Mortier (le siège de la DGSE) ou il se serait spécialisé dans les questions de contre-espionnage. Entré vers 1981, ce civil était 1993, responsable de la recherche au bureau d' État-Major de la Direction du renseignement de la DGSE. Il est ensuite affecté au poste de Bruxelles. Sur 1999-2000, après un poste à l' étranger, auditeur à l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, avant de revenir au QG et de prendre en main le Service de Renseignement Politique (SRP) de la Direction du renseignement de 2000 à 2002. Suite à des conflits au sein de la Direction du renseignement de la DGSE, il «  s' exile » à la Direction de la Stratégie de 2002 à 2005, comme numéro 2, avant d'être nommé vers 2005 à la tête du service TOTEM en remplacement de Michèle Le Dirat. Grade de chef de service au Ministère de la Défense.



Les « diplomates »:


Francis Blondet

Il fait partie de « l' équipe Cousseran » durant son passage à la Direction de la Stratégie, comme chef d' études, de 1990 à 1992, avant de retourner à la diplomatie d' abord comme deuxième conseiller à Rome de 1992 à 1995 puis d'enchaîner les postes en Afrique (2ème conseiller au Sénégal de 1995 à 1999; sous directeur pour l' Afrique occidentale à la Direction Afrique/Océan Indien au Quai d'Orsay de 1999 à 2003 puis de l' Afrique Occidentale de 2006 à 2007; ambassadeur de France au Burkina Faso de 2003 à 2006 puis en Angola de juillet 2007 à mai 2010. Il vient de faire valoir ses droits à la retraite il y a quelques jours.



Martin Juillard.

Diplomate pur jus, il fait partie de ses diplomates détachés auprès de la « Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense ». Par arrêté de 2004, il accède au grade de deuxième conseiller du cadre général du Ministère des affaires étrangères, avant d'être détaché pour deux ans à compter du 01.10.2006 comme chargé de mission à la Direction de la Stratégie, grade de « chef d' études au Ministère de la Défense. ». Grade de 2ème secrétaire à partir de 2000; conseiller de 2ème classe du cadre général à partir du 01.10.2004; Direction de la Stratégie de 2006 à 2008; actuellement Sous-directeur des menaces transversales au Ministère des affaires étrangères.



Jean-Marin Schuh

C'est un diplomate plus particulièrement porté sur l' Asie qui est affecté à la DGSE: 3ème puis 2ème secrétaire de l' ambassade de France à Beijing du 01.04.1989 au 10.08.1993; rédacteur au service des affaires stratégiques et du désarmement de la Direction des affaires politiques du Ministère des affaires étrangères (30.08.1993 au 14.11.1995); Grade de Conseiller de 2ème classe à compter du 01.01.1996, à l' administration centrale de 1996 à 1998; 2ème conseiller puis Conseiller de 1ère classe de l' ambassade de France à Islamabad à compter du 06.11.1998 puis à Kaboul à compter de la fin 2001 jusque avril 2002. Consul général de France à Shanghaï à partir de 2002 il est affecté à son retour en 2006 à la Direction de la Stratégie de la DGSE: Un arrêté daté du 06.10.2006 le nomme « conseiller pour l' Asie, le Pacifique et les Amériques à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense », avec grade de chargé d' études hors classe. Conformément à l' arrêté de nomination, il est affecté à ce poste pendant deux ans. Il retourne ensuite au Quai d' Orsay. Auditeur de la session annuelle 2008-2009 de l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, puis Ministre-conseiller de l' ambassade de France en Inde. Pour éviter toute confusion, nous préférons indiquer que ce n'est pas lui le chef de poste DGSE à Delhi.



Les « inclassables ».


François Gautier. Difficile de ranger dans une catégorie particulière cet officier traitant de la DGSE qui, après un poste à l' étranger, travaillera à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense, avant de s' orienter vers la diplomatie et le politique. Né en 1969, ce diplômé en gestion de l' Institut des Études Politiques de Paris aurait, selon « La lettre du continent », « fait toute sa carrière dans les services secrets français ». Il est exact que l' on dispose d'un 'trou' dans sa biographie durant les années 90, mais sa biographie officielle indique que il occupera à la fin des années 90 des fonctions au sein de la Direction de la Stratégie de la DGSE, avant d' être envoyé en 2000 comme Premier secrétaire à Kinshasa, et sans doute chef du poste DGSE en République Démocratique du Congo. En effet, comme l' indiquent plusieurs actes administratifs, quand Gautier est nommé ensuite dans les allées du pouvoir, il est « détaché du Ministère de la Défense », qui semble bien être son corps d'origine. De retour de Kinshasa en 2003, "chargé de mission à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense" puis à partir de 2004 affecté au Quai d' Orsay (Direction Afrique et Océan Indien de 2004 à 2007; Centre d' analyse et de prévision du Quai de il est affecté au Centre d' analyse du Ministère des Affaires étrangères, 2007 à 2008). Jusque 2009, il appartient, malgré son détachement, au corps des "délégués du Ministère de la Défense".  Depuis fin 2008, François Gautier est conseiller diplomatique du Président du Sénat, et officiellement intégré au corps des secrétaires des affaires étrangères à compter du 01.02.2009 (Arrêté du Ministre des affaires étrangères et européennes du 18.11.2008).



Jean-Philippe Gouyet.


Sa biographie est un gruyère: M.Gouyet a effectué une bonne partie de sa carrière à la Direction de la Stratégie de la DGSE, d' abord comme adjoint de Guy Azaïs, de 1993 à 1995, puis comme adjoint de Bruno Joubert, le patron de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Il aurait ensuite travaillé à la Société générale puis au groupe Somdiaa-Vilgrain. Aujourd'hui, M.Gouyet travaille à EADS, comme adjoint du patron de la société.


Roger Silhol

La carrière du sous-préfet Silhol est beaucoup plus administrative et technique que politique: Ingénieur des travaux publics d' État puis conseiller pour les affaires internationales au GIAT, il est une première fois détaché à la DGSE comme chargé de mission auprès du Directeur de 1981 à 1986; il travaille ensuite au SGDN puis de nouveau au GIAT, avant de revenir Boulevard Mortier, comme Adjoint au Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1990 à 1994. La suite de sa carrière le confirme:il sera successivement sous préfet de Péronne; Provins; Montluçon; et depuis septembre 2007 de Dreux, si l' on excepte un passage comme sous directeur de l' administration des Finances au SCTIP de 1996 à 1997.


 

12/05/2010

Sergey Ivanov

Né le 31.01.1953

Termine ses études à l' université de Léningrad en 1975

Envoyé au KGB en 1975

Cours supérieurs à l' école du KGB de Minsk terminés en 1976 (Une année)

Affecté à la Direction du KGB de Léningrad, soit au sein du service des cadres, soit au Contre-espionnage (sources divergentes)

Termine l' Institut du Drapeau Rouge (Formation des officiers de la Première Direction Principale du KGB) en 1981

3ème Département (Commonwealth et Pays scandinaves) de la Première Direction Principale du KGB

Deuxième secrétaire de l' ambassade soviétique à Londres de 1981 à 1983

Expulsé le 01.04.1983 avec Igor Titov, et un officier du GRU

En poste en Finlande de 1984 à 1990 officiellement deuxième secrétaire

Chef de station du KGB au Kenya

1er Adjoint du chef du 4ème département (Europe de l' Est et Europe orientale) du SVR, Direction des Opérations, en 1995

Passe au FSB, Directeur du département de l' Analyse, de la Prospective et de la Planification stratégique de août 1998 à novembre 1999

Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie de 1999 à 2001

Ministre de la Défense de la Fédération de Russie du 28.03.2001 au 15.03.2007

Parallèlement, adjoint du 1er Ministre du 14.11.2005 au 15.03.2007

1er Adjoint du Premier Ministre de la Fédération de Russie à partir du 15.03.2007

05/02/2010

Les officiers du renseignement dans les structures internationales

Un constat peut être fait: Depuis les années 90 au minimum, les Etats prennent l' habitude d' envoyer, de détacher, des officiers des services de renseignement pour les mettre à la disposition de structures internationales, comme l' ONU ou l' Union Européenne.

Nous ne parlons pas ici d' officiers agissant sous la couverture de leur représentation auprès d'une organisation internationale pour faire de l' espionnage, mais de professionnels du renseignement, détachés par leur pays, sciemment, pour aider les structures internationales par le biais de leur expérience. Les exemples sont nombreux: Par exemple quand l' ONU décide de créer un Groupe d' experts chargé d' appuyer le Conseil de sécurité dans la lutte contre Al-Qaïda, c'est à Richard Barrett (voir plus bas) qu'il revient de le présider. Quand, selon l' ancien officier du SVR Sergey Tretiakov, l' ONU créé son propre centre de situation, c'est un officier du SVR qui est détaché. Enfin, le "Centre de situation conjoint de l' Union Européenne" ,est chargé "d' assurer un suivi
permanent de l'actualité et de produire des évaluations de moyen terme sur des questions géographiques ou thématiques intéressant l'Union européenne, au profit du Secrétaire général/Haut représentant et des instances du Conseil, notamment du Comité politique et de sécurité. Doté d'une cellule de renseignement, il fournit également des analyses sur le contexte dans lequel se développent les opérations de gestion de crise de l'Union européenne"
(Guide de la politique européenne de sécurité et de défense [PESD] de 2006). Cette structure accueillait, en 2003, un officier de la DGSE, le service de renseignement français, Monsieur M.., civil toujours en exercice aujourd'hui. Beaucoup plus récemment, c'est un lieutenant-colonel de la DGSE (Voir plus bas), précédemment chef de poste en Afrique et en Amérique du Nord, qui dirigea l' analyse au sein du centre de situation conjoint de l' UE.

Cette "intégration" d' officiers des services secrets au sein même d' organes internationaux répond à une double logique: La participation accrue de l' intervention des organisations internationales dans les conflits internationaux; la nécessité de personnel expérimenté pour les fonctions d' analyse, de collecte d' information, de veille etc....

Ce qui ne signifie pas que toutes les personnes membres de ses structures soient membres d'un service de renseignement. Par exemple, Stanislav Frolov, détaché par les autorités russes dans le comité auprès de l' ONU chargé de la lutte contre Al-Qaïda (Paragraphe 7 de la Résolution 1526 du Conseil de sécurité de l' ONU) , a une expérience plus "policière" que d' espionnage: Il a été précédemment détaché par le Ministère de l' Intérieur russe pour participer à des opérations de l' ONU dans les Balkans.

Alors, quels critères utilisés? Ici, nous sommes en plein empirisme. Selon un communiqué de l' ONU, le groupe d' experts chargé de l' appui analytique et de la surveillance des sanctions dans le cadre de la résolution 1267 de 1999, pour le Conseil de sécurité, contre Al-Qaïda et les Talibans indique par exemple que les experts choisis sont plus globalement spécialisés "dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme et les législations en la matière, le financement du terrorisme et les opérations financières internationales, les systèmes de virement de remplacement, les activités caritatives et l' utilisation de messagers, le contrôle des frontières, y compris la sécurité portuaire, les embargos sur les armes et les contrôles des exportations ainsi que le trafic de drogues". Aucune obligation n' est ici posée pour que les membres soient obligatoirement des membres des services de renseignement: Cela peut aussi être des diplomates, des policiers, des membres des services de sécurité. Sauf si l' organisation internationale le demande expressément aux Etats-membres: Ce sera le cas, au milieu des années 90, pour le centre de situation de l' ONU (Tretiakov, op.cité)

Néanmoins, reste une inconnue dans cette équation: Les officiers du renseignement détachés auprès des instances internationales sont-ils chargés, ainsi, de les espionner, ou au contraire de leur apporter leur appui et leurs compétences?

 

 

Biographie de Richard Martin Donne Barrett

 

Né en 1949

En poste en Turquie à partir de 1987

Premier secrétaire à la délégation britannique auprès de l' ONU à New York de 1988 à 1992

Ordre de l' Empire Britannique le 30.12.1992

En poste à Amman à partir de 1997

Chef de la Branche Antiterrorisme, Contrôllerate “Global Tasks”, Directorate of Production and Requirements du Secret Intelligence Service.

Coordinateur à l' ONU de l' équipe d' appui au Conseil de sécurité chargée de Al-Qaïda et des Talibans, depuis 2004.

 

M.X

 

Grade de chevalier à la fin des années 80

Lieutenant-colonel de la DGSE

Chef de poste dans un pays d' Afrique dans les années 90

Chef de poste dans un Pays d' Amérique du Nord au tout début des années 2000


30/12/2009

Consultation

"La communauté du renseignement" vous invite à laisser votre avis, vos idées, voire des thèmes qui seraient intéressants à aborder, directement sur le blog. En vous souhaitant aussi, à l' avance, une bonne année 2010!

27/12/2009

Les chefs du 1er département du renseignement extérieur NKGB-NKVD-NKGB-MGB-KI-MGB-MVD-KGB

 

Au KGB, ainsi que chez ses prédecesseurs, le poste de chef du Premier Département était, au sein du renseignement extérieur, un des plus sensibles: Chargé de couvrir l' Amérique, (Donc de 1951 à 1992 "l' ennemi principal") c' était, et cela reste toujours, un poste très convoité au sein du renseignement extérieur et exigeant un certain doigté. Ce Premier Département, en tant que structure, va connaître plusieurs évolutions: En plus de couvrir les Etats-Unis d' Amérique, il supervisera aussi, au début seulement, le travail en direction de la Grande-Bretagne. A un moment, aussi, le travail en direction de l' Amérique Latine.


En voici l' organigramme:

Décision du 30.05.1947 du Conseil des Ministres d' URSS, le Renseignement extérieur du MGB et le Renseignement militaire (GRU) sont rassemblés dans une même structure, le Comité d' Information, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères. Les USA dépendent du 1er Directoire du Comité, qui couvre aussi la Grande-Bretagne.

Suite aux ratées du KI, cette structure est dissoute officiellement le 02.11.1951, le renseignement civil retourne au MGB, et redevient la 1ère Direction, tandis que l' Armée récupère le GRU. De Direction, le service chargé de l' Amérique du Nord et de la Grande-Bretagne passe au statut de département. Peu après, est créée une Direction Europe de l' Ouest au sein de la PGU MGB, qui supervise entre autres le travail en direction de la Grande-Bretagne.

Staline avait comme projet de créer le GRU MGB (Direction principale du renseignement du Ministère de la sécurité d' Etat) chargé uniquement de l' espionnage et du contre-espionnage. La décision est prise le 05.01.1953 mais la mort de Staline en mars stoppe le projet.

Lavrenti Beria décide alors de fusionner le MGB (Sécurité d' Etat) avec le MVD (Ministère de l' Intérieur) par décision du 05.03.1953. Le renseignement extérieur devient la 2ème Direction principale du MVD. La section Amérique est dissoute, et remplacée par une section chargée de couvrir les USA, le Canada, l' Argentine, le Mexique. La chute brutale de Beria entraîne une énième remise à jour:

Le Présidium du Comité central, par décision du 10.02.1954, décide de séparer MVD et Sécurité d' Etat. Le décret du 13.03.1954 du Présidium du Haut conseil d' URSS créé le Comité pour la Sécurité d' Etat (KGB auprès du conseil des ministres d' URSS). Au sein de son 1er Directoire principal (Renseignement extérieur) , le 1er Département est chargé de l' Amérique du Nord.

Il semble que ensuite il ait aussi récupéré la supervision du renseignement en direction de l' Amérique Latine (Au sein du 1er département, cette zone est supervisée Sergey Nikolaïevitch Antonov) jusque'à ce que, vers 1960, un "Deuxième département" soit créé, chargé de l' Amérique Latine et des Caraïbes exclusivement. Antonov en sera son premier directeur.

Le 1er Département est donc chargé des USA et du Canada (Zone Amérique du Nord). Sous le SVR, ce département a été rebaptisé "Département A" au sein de la Direction des opérations, avec les mêmes fonctions.

 


1er département (Amérique du Nord)


Konstantin Koukine Mai 1949-1952.

Boris Ivanov 1953-1955

Alexandre Feklissov 1956-1960

Nikolai Kulebiakine Années 60.

Vladimir Kazakov -1967

Mikhaïl Polonik 1967-1968

Anatoly Kireyev 1969-1974.

Vladimir Kazakov 1974-1978

Youri Linkov-1982.

Dmitri Yakoushkine 1982-1986

Anatoly Flavnov? 1987

Vyatcheslav Trubnikov 1991

 

SVR (Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie): Département "A" de la Direction des Opérations (Amérique du Nord).

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997

25/12/2009

Sergey Alexandrovitch Labur

Sergey Alexandrovitch Labur

Chef de station en Turquie dans les années 70-80?

Chef de station KGB Ottawa de 1984 a 1989

Chef du département "A" (Amérique du Nord), Direction des Opérations du SVR en 1997.

En 2006 représentant du SVR dans un pays d' ex-URSS

Yuli Nikolaïevitch Kobiakov

Yuli Nikolaïevitch Kobiakov


Entré au KGB en 1957

Participe a l'enquête sur Vitaly Yourtchenko

Numéro deux du 1er département de la Première Direction Principale au milieu des années 80.

Fait carrière jusque 1997 (au SVR) se spécialise sur les Etats-Unis, possible chef du département "A" (Amérique du Nord) , Direction des opérations du SVR

A la retraite depuis 1997

Grade de général-major.


 

Vyacheslav Ivanovitch Trubnikov

 

Vyacheslav Ivanovitch Trubnikov


Né le 25.04.1944 a Irkutsk.

Termine le MGIMO en 1967.

Entré a la 1ère Direction générale du KGB en 1967

A plusieurs reprises en poste dans la zone Asie de 1971 a 1977, en Inde, au Pakistan et au Népal, sous couverture de correspondant de l'Agence de presse Novosti.

En poste au QG de la 1ère Direction générale du KGB de 1977 a 1984.

Chef de station au Bangladesh de 1984 a 1987

Chef de station en Inde de 1987 a 1990

De 1990 à 1991 chef du 17 ème Département (Asie du Sud) au Renseignement extérieur du KGB

Chef du 1er département (Amérique du Nord) , Première Direction générale du KGB d'URSS en 1991

Nommé 1er adjoint du Directeur du SVR en janvier 1992, poste qu'il occupe jusque 1996.

Nommé Directeur du SVR en janvier 1996 jusque juin 2000.

Occupe plusieurs postes diplomatiques, dernièrement ambassadeur de la Fédération de Russie en Inde

Parle couramment anglais et hindou.

A la retraite depuis 2009

Dmitri Ivanovitch Yakushkin

Dmitri Ivanovitch Yakushkin

Né le 16.05.1923

Vétéran de la Grande guerre patriotique

Entré au renseignement extérieur en 1960

En poste a New York de 1963 a 1969

Chef adjoint de la division Amérique a la PGU 1969-1971

Chef de la 3ème division du renseignement extérieur du KGB de 1971 a 1975 (Pays scandinaves, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni)

Chef de station a Washington de 1975 a 1982

Chef du 1er département renseignement extérieur de 1982 a 1986

Quitte le service en 1986, travaille a ITAR-TASS

Décédé en 1994

 

Youri Konstantinovitch Linkov

Youri Konstantinovitch Linkov

En poste à la station du KGB à Washington à la fin des années 60, officier traitant de John Walker

Rézident adjoint (apparement de la ligne "N") du KGB a Washington en 1978

Chef du 1er Département (USA et Canada) de la 1ère Direction principale jusque 1982

Anatoli Tikhonovitch Kireev

Anatoli Tikhonovitch Kireev


Né en 1923

Participe a la Grande guerre patriotique

Termine le MGIMO

Envoyé au renseignement extérieur

Termine l'école 101 en 1952

En poste aux Etats-Unis de 1957 a 1959

Adjoint du rézident a Washington, chef de la ligne PR (Renseignement Politique)

Chef de la ligne PR de la station de New York, officiellement conseiller de la mission soviétique à New York, expulsé en septembre 1967

De 1969 a 1974, chef du 1er département du renseignement extérieur de la PGU (Amérique du Nord)

Chef de station au Liban de 1974 a 1977

Chef du service de contre-espionnage a la PGU de 1979 a 1987

Représentant du KGB auprès des autorités polonaises de 1987 a 1990

Décédé en 1990

Mikhaïl Korneïevitch Polonik

Mikhaïl Korneïevitch Polonik

Chef de la ligne PR de la station de New York en 1962

Chef du 1er département de la 1ère Direction principale du KGB en 1967

Chef de station a Washington de 1968 a 1975

Chef du 8ème département de la Première Direction Principale du KGB en 1979 (pays du Proche-Orient non arabes, Israel, Afghanistan, Turquie et Iran compris), jusque 1982.

Vladimir Mikhaïlovitch Kazakov

Vladimir Mikhaïlovitch Kazakov

A deux reprises en poste aux USA

Chef de la division Amérique du Nord (1er département) vers 1967

En poste à Santiago de 1968 à 1970, chef de station?

Chef de la division Amérique du Nord de la PGU KGB de 1974 à 1979

Chef de station a New York de 1979 a 1985 officiellement adjoint du représentant permanent soviétique à l' ONU

 

Nikolaï Panteleïmonovitch Koulebiakine

 

Nikolaï Panteleïmonovitch Koulebiakine

Chef de la ligne PR à New York en 1960

Chef du 1er département de la 1ère direction principale du KGB dans les années 60

Chef de station a New York de 1966 a 1968 officiellement adjoint du représentant officiel soviétique à l' ONU

Rappelé d'urgence quand le Centre se rend compte que son CV est truqué et que Kulebiakine n'a jamais terminé sa scolarité ni accompli son service militaire

Renvoyé du KGB et exclu du PCUS