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La communauté du renseignement - Page 2

  • Conférence de Bernard Bajolet, "Le rôle du coordonnateur du renseignement".

    Le blog "la communauté du renseignement" publie ici les notes prises lors de la conférence organisée par l' ANAJ IHEDN à l' Ecole Militaire, début octobre 2010.Encore bravo à l' ANAJ IHEDN pour cette conférence de qualité!

    Invité: Bernard Bajolet

    Sujet: Le rôle du coordinateur du renseignement

    Coordinateur du renseignement, suffit pas que ce soit écrit sur un papier pour que cela marche. Il faut encore une volonté des services, qui ont un accès plus ou moins direct à la présidence. A pas suffi que on créé le CNR et le poste du coordinateur du renseignement: Du aussi à la volonté des directeurs des services. Avant, grandes messes à 25, maintenant raccourci à 8. L' aspect informel est très important.

    Huilage du dispositif, très important même si c'est pas dans le décret. Car BAJOLET est amené à faire travailler des services qui ne dépendent pas de la même hiérarchie, par exemple la DCRI relève de la police nationale relevant du Ministre de l' Intérieur. Il détaille aussi pour les autres services: TRACFIN pour MinFIn etc... Le coordinateur court circuite cela, il faut une très bonne entente avec les ministres, les hiérarchies, Matignon. Bajolet a une relation régulière avec le cabinet du premier ministre. Le coordinateur s' assure donc du bon huilage des rouages.

    Autre aspect : faire remonter le renseignement au président de la république et au premier ministre. Avant, arrivait, mais pas de manière aussi systématique, et peut être pas aussi régulière. Autour de Bajolet, 15 personnes, ce qui étonne les américains qui disaient à Bajolet: vous avez dus oublier un 0. On fait en sorte que les autorités sachent aussi quel est le service à l' origine du renseignement pour le valoriser, ce qui permet ensuite de faire des retours.

    Autre aspect important, la définition des priorités des services. Maintenant la détermination des priorités repose sur l' expression des besoins constatée auprès des différents utilisateurs (les Ministères, le premier ministre, le président de la république, entre autres le conseiller diplomatique). Tranché au plus haut niveau de l' État, au CNR, qui pour l' instant ne s'est réuni que une fois en 2009 mais avait pris les décisions essentielles donc pas eu besoin pour l' instant de le reconvoquer. Plan national du renseignement, document de base des services, à moyen et long terme. Les priorités permettent de planifier la réorientation des moyens humains et matériels. Plan réajusté tous les ans.

    Veille que les services aient les moyens dont ils ont besoin. Idée de favoriser la mobilité entre services, ouverture entre services, pour favoriser les expériences et provenances, l' Académie du renseignement a été créé dans ce but sur rapport de Florent Blazy, maître des requêtes au conseil d' État.

    Le budget, coordinateur n' a pas d' autorité sur les budgets, sauf investissements et les fonds spéciaux qui relèvent du premier ministre. Il y a aussi pour coordinateur tout l' aspect juridique, comme dans le projet LOPSI articles pour la protection des agents. Relations avec le parlement, délégation parlementaire du renseignement, puisque le décret prévoit que le coordinateur peut être entendu par la délégation parlementaire. En ce qui concerne les relations avec les partenaires étrangers, chaque service a ses relations. Le patron de la DGSE voit par exemple non seulement le patron de la CIA mais aussi la NSA ou la NGA. Bajolet quand il faut coordonner entre plusieurs services pour des négociations. Ainsi, cohérent, est porte parole de la communauté française du renseignement. Le risque de duplication est donc limité. Tentés un accord avec les américains, mais raté.

    Le SGDSN relève du premier ministre, et le coordinateur, les anciens groupes du groupe interministériel du renseignement créé sous Rocard ont été refondés, pour établir des synthèses stratégiques intéressant le président ou le PM. SGDSN fournit un appui technique au coordinateur, c'est un appui indispensable.

    Coordinateur n'est pas DG des services, ce ue craignaient certains, c'est plutôt un facilitateur, un chef d' équipes, le système paraît satisfaisant pour Bajolet, même si il reste fragile car il repose sur la dimension humaine. Le patron de la DNI , pas sur que ca marche mieux, car il a bcp plus de pouvoirs sur lepapier, mais c'est une énorme machine qu'il n' est pas si facile à faire fonctionner. Avantage pour la france, plus petit.

     

    QUESTIONS

     

    Pourtquoi autant d' agences en France?

    IL y en a bcp moins que aux USA. Et service par service, fusionner n' aurait pas de sens car ont des fonctions très différentes. DRM vis à vis de la DPSD par exemple. CNI, service unique en Espagne, mais culture différente, il faut donc que ca aille avec la culture du pays.

     

    Le renseignement économique est il décorélé du renseignement stratégique?

    Non car la délégation interministérielle à l' intelligence économique n'est pas un service de renseignement. Intelligence économique, informations économiques acquises hors renseignement. Mais il y a corrélation entre les deux pour DCRI et DPSD puisque toutes les deux protègent notre patrimoine économique et scientifique. Il faut distinguer les deux pour éviter les ambiguïtés vis à vis des partenaires étrangers.

     

    Rôle du coordinateur dans les alertes aux attentats? Manque de coordination?

    Ce que Squarcini a dit correspond à l' évaluation collective qui avait été faite, cela avait fait l' objet d'un consensus, on est dans le domaine du renseignement intérieur donc cela relevait de lui. Il n'y a pas de problème de communication, mais cequi a pu faire penser à des problèmes de communications sont le problème de la menace en Europe selon les USA.


    (Questions de l' auteur) : Les américains et les russes font des efforts pour "communiquer", y compris par le biais de la déclassification de documents, où en sommes-nous en France? La DGSE avait été rattachée au Ministère de la Défense suite au scandale Ben Barka, or ce n'est pas un service de renseignement proprement militaire, est ce judicieux que le Service continue à dépendre du Ministère de la Défense, et est-il prévu de le rattacher à une autre autorité? Vous parliez des objectifs à moyen et long terme, ne craignez vous pas que nous ayons une situation digne de la catastrophe des Falklands, à savoir: des priorités nouvelles données, plus une baisse du budget du renseignement britannique, entraînant la fermeture de leur antenne MI6 Buenos Aires, et par conséquent ils furent surpris par l' occupation de l' île par l' armée argentine ?

    En effet la DGSE n'est pas un service de renseignement militaire, comme vous l' avez soulignés, mais cela fonctionne bien.

    Communication, comptent faire des efforts, mais c'est relativement nouveau.

    Crainte d'une nouvelle « Falklands » , raison de souligner, car si on hiérarchise les priorités,si il y a un + quelque part il y a un – quelque part. Donc on peut rater quelque chose en effet, donc compensation en s' appuyant sur des serrvices alliés, pas forcément grands mais performants. Ensuite, des groupes mobiles, par exemple guerre Russie-Géorgie, selon Bajolet, si il se rappelle bien, il n' y avait ni attaché militaire ni ambassadeur sur place, mais on a utilisés des unités mobiles de renseignement pour faire remonter les informations jusque à l' exécutif pour vérifier ainsi que chaque partie respecte les accords.

    Renseignement, valeur qui se partage le moins. Mais il y a des structures de coopérations , mais ne croit pas à un renseignement purement européen, mais il peut y avoir une coopération étroite. GAT groupe anti terroriste; SITCEN, modèle, fonctionne très bien, collecte des renseignements en provenance de services européens, pour les dirigeants européens, pour apprécier la situation, préparer une visite etc.. Deux point importants, la dimension européenne est importante, par exemple SWIFT, soulevé par le parlement européen. Deuxième aspect, les fichiers de passagers européens, fichiers nationaux, incongru. Il faut prévenir le terrorisme, prévention, pour cela il faut raisonner dans un cadre SCHENGEN. Coopération multibilatérale, belges, parfois néerlandais, anglais, espagne, britanniques... Jusque à présent les services n'ont pas de relation institutionnalisée , l' Académie du renseignement pourra orienter les activités, prévoit des actions de sensibilisation.

     

    Comment va évaluer ensuite le poste de coordinateur?

    Cela dépendra de la personnalité de son titulaire mais aussi de la relation qu'il établira avec le président de la république, les autorités de l' État, les différents services.


    Fin de la conférence et applaudissements


    Une fois la conférence terminée, l' auteur de "La communauté du renseignement" a évoqué quelques questions relatives au renseignement, sur la comparaison entre le DNI (Director of National Intelligence US) et le coordonnateur du renseignement. Il est ressorti de cet échange que le DNI a autorité sur l' ensemble de la communauté US du renseignement, contrairement au coordonnateur français du renseignement. Pour autant, son équipe est limitée à 15/20 personnes, pas plus, des "généralistes" tandis que le DNI US fait travailler, pour coordonner la communauté du renseignement US, entre 1500 et 2000 personnes! Surtout que le nombre de "spécialistes" (Le responsable des programmes de renseignement; le superviseur pour la Corée du nord etc...) font que l' on s'y perd, et il est difficile, selon M.Bajolet, de savoir à qui s' adresser! Par exemple, indiqua M. Bajolet, quand il rencontra les responsables de la commuanuté US du renseignement, ce furent tous les 16 patrons des différents services qui étaient là, avec chacun son assiette avec l' emblème de son service!

     

  • Cloisonnement, coupures, et difficultés d' exploitations du renseignement par l' Intelligence community US

    Le génie des américains consiste dans le fait que ils ne font jamais d' erreurs simples et stupides. Ils font des erreurs stupides et compliquées qui obligent tout le monde à se casser la tête et à rechercher dans ses erreurs un sens caché quelconque". Nasser

     

    La longue enquête du Washington Post relative au cloisonnement des services de renseignement et de sécurité US, y compris entre Services, n' est guère une surprise. Combien d' ouvrages, de documents, de rapports, qui ont pointés en filigramme ce problème! Ainsi de Victor Marchetti et John Marks, dans leur ouvrage "La CIA et le culte du renseignement" paru.. dans les années 70, qui constatent les doublons entre la CIA et la DIA; ainsi aussi bien du rapport officiel relatif aux attentats du 11 septembre que du rapport de l' Inspecteur général de la CIA relatif aux mêmes évènements, qui pointe l' absence de coopération entre CIA et FBI dans la chasse aux terroristes commettant des attentats sur instruction de Oussama Ben Laden. Ainsi, dans la lutte contre le terrorisme, sont impliqués: Le Département de sécurité intérieure; la CIA; le FBI; le Directeur national du renseignement; la NSA; le Département d' Etat; le National Counterterrorism Center; le Département du Trésor, et j' en oublie... Chaque Agence avec ses méthodes, ses protocoles de sécurité, ses informations...

    Reconnaissons au Washington Post l' avantage de centrer clairement son article sur ce phénomène. Même si l' article du Washington Post a fait l' objet de critiques, Le Figaro indiquant que l' administration US réfute "certains mythes" de l' article, disponible ici, l' ambiance décrite est malheureusement véridique.

    Il serait faux de penser que la situation n' existait pas avant les attentats du 11 septembre: Elle était déjà bien présente. La meilleure preuve, ce sont les attentats eux-mêmes, dont une des raisons fut le manque de coopération et la rétention d' informations entre Agences. Non, le 11 septembre n' a fait que empirer les choses, avec la création de nouveaux doublons: C'est la mise en place du TTIC puis du NCTC; la mise en place du Département for Homeland Security, qui s' efforce de rassembler sous un même toit plusieurs agences touchant à la sécurité intérieure US; la mise en place, par la CIA, de postes de chefs de stations exclusivement chargés de la lutte antiterrorisme, parallèment au classique chef de station de la CIA (Par exemple en Grèce et en France); sans compter les multiples organismes y compris privés chargés de surveiller les forums et sites djihadistes

    C'est un travers de ce vaste ensemble qu' est la Communauté US du renseignement. Certes, des efforts sont faits pour essayer de modifier les choses: En 2004, le rôle de Directeur national du renseignement, qui revenait auparavant au Directeur de la CIA, a été détaché: Un poste de DNI a été créé en soi, chargé de coordonner l' ensemble de la communauté US du renseignement. Il est malheureusement à craindre que la création d'un tel poste n' ait été que un nouvel empilement sur un millefeuilles déjà trop lourd, avec un échelon bureaucratique supplémentaire: le DNI dispose de ses propres analystes, responsables de la communications, superviseurs pour la Corée du Nord (Auparavant, aussi, pour le Vénézuela et Cuba!) en plus de ceux que comptent la CIA, le FBI, le DIA etc etc.... Le meilleur exemple en est encore la tentative d' attentat commise sur un avion en partance pour les USA, fin 2009: l' information entre Services avait fait défaut.

    Les travers sont alors au nombre de deux: la coupure entre Services (Voire parfois au sein d'une Agence même!) empêche une circulation efficace de l' information; les doublons entre Services, chargés parfois des mêmes fonctions, entraîne parfois des divergences analytiques et d'information préjudiciables quant aux interprétations données et à la remontée des informations en haut lieu. La communauté US du renseignement peut, certes, souffrir d'un manque d' informations: Il est très difficile de connaître le potentiel militaire ou nucléaire de la Corée du Nord par exemple, tant le régime est fermé, et les meilleures photos satellites ainsi que les meilleurs analystes ne compenseront jamais le renseignement humain, extrêmement difficile à obtenir. Mais, parfois, c'est l' inverse qui se produit: La communauté US du renseignement, grâce à ses propres informations et à celles obtenues par le biais des partenaires étrangers, obtient TROP d'informations divergentes. Une nouvelle fois, c'est l' ouvrage "La CIA et la communauté du renseignement" qui l' illustre: Après la crise de Cuba, le PFIAB fut chargé d' examiner les raisons pour lesquelles les services secrets US avaient détectés si tardivement la présence de missiles installés par les soviétiques à Cuba. Le PFIAB découvrit que sur les milliers de rapports en circulation, deux seulement présentaient les faits sous leur jour exact.

    Certes, toute Agence doit avoir ses règles de sécurité; il serait faux de dire que la coopération entre Agences est inexistante. le dialogue entre Agences existe. Le but de cet article n'en est que de dénoncer les travers et les dangers, et, peut-être, d' en appeler à une certaine rationnalisation du renseignement.

     

  • "Les diplomates. Derrière la façade des ambassades de France

    Un ouvrage qui dérange le pouvoir peut se reconnaître à une chose: la réaction qu'a le pouvoir à son encontre. Il peut être attaqué en justice, ou bien se voir limité par de discrètes mesures "administratives". L' ouvrage de Franck Renaud entre dans la seconde catégorie, puisque selon une information,  le Quai d' Orsay s'est empressé que le présent ouvrage ne figure pas sur la liste des livres envoyés aux postes diplomatiques français à l' étranger!

    Par delà une lecture relativement aisée, l' auteur a le bon goût d' éviter les formules alambiquées et incompréhensibles au profit de la description de l' ambiance régnant au Quai d' Orsay que l' on pourrait résumer à "Pas de vague et langue de bois!". Certains regretteront peut-être que l' auteur ne brosse pas un portrait haut en couleur des Ministres des affaires étrangères, ou de description détaillée du processus de décision de la diplomatie française ainsi que ces grandes orientations. Mais là n'est pas le but de l' ouvrage: Loin des clichés, l' auteur dépoussière cette vénérable institution. Et ce n'est pas triste, appuyé par une documentation fouillée. L' ouvrage se découpe en thèmes, et paraît parfois se livrer à une étude sociologique très intéressante: découvrir par exemple l' évolution sociologique de la provenance des ambassadeurs; d' insister sur les ambassadeurs "thématiques" très peu connus du grand public; de démontrer l' effet pervers des coupes budgétaires sur les programmes des ambassades, ou le recours aux contractuels locaux; de démontrer la quasi autonomie des bureaux économiques des ambassades. On vire parfois du cocasse (Les surnoms de Douste-Blazy; les visites des Ministres à l' étranger) au tragique. Sur ce point, l' auteur insiste, avec beaucoup de précisions, sur les affaires de pédophilie au sein de la diplomatie française. L' auteur s' appuie sur une série d' exemples, plus particulièrement en Asie, et donne des détails biographiques de certains pédophiles présumés ou condamnés, qui se reconnaîtront aisément. Un ouvrage recommandé, tout simplement.

  • Bref commentaire de l' affaire des espions russes aux USA

    L' affaire, assez médiatisée, du réseau présumé des services de renseignements extérieurs russes (SVR) démantelé il y a moins de 48 heures par le FBI, qui s'est soldé par une dizaine d' interpellations, appelle quelques commentaires


    Les commentaires évoquant des "méthodes de guerre froide" et autres bêtises de ce genre ne font que sourire. Messieurs, tout pays espionne les autres pays, aussi bien amis, ennemis, que pays aux relations tièdes. Sauf que quand le renseignement russe agit aux USA, on parle de "relents de guerre froide"; quand c'est un officier de la CIA arrêté à Moscou, on ressort la bonne vieille "provocation" du KGB. Mais bon, pour Messieurs les journalistes, la Guerre froide reste un peu trop présente en tête...

    Je passerai aussi sur un article écrit dans le "Nouvel observateur" en date du 29.06.2010, dans le cadre de cette fameuse affaire, indiquant que "A la chute de l’URSS, les activités du KGB ont été confiées à deux institutions séparées, le Service de renseignement extérieur et le Service fédéral de sécurité (FSB), chargé du renseignement en Russie et du contre-espionnage.." PARDON???? Ah oui, dès qu'il s' agit de services secrets, certains journalistes sont les premiers à raconter des conneries et à s' embrouiller, j' oubliais. A la chute de l' URSS, le KGB n'est pas scindé en deux, non. Comptez avec moi: Les gardes-frontières deviennent un corps indépendant (Avant d' être réintégrés dans les années 2000 au FSB); le FAPSI est créé (Aujourd'hui dissous) , responsable à la fois du décryptage des communications des Etats adverses et de la protection des communications russes; TcSR devenu le SVR (renseignement extérieur); l' AFB devenu MBRF, FSK, et FSB (sécurité intérieure, contre-espionnage, antiterrorisme) ainsi que le SBP (ancienne 9ème Direction du KGB, responsable de la sécurité des dirigeants). Cela fait CINQ, pas DEUX!

    Enfin, l' utilisation des illégaux n'est pas une surprise. La dissolution du KGB en plusieurs entités indépendantes l' une de l' autre n' a pas empêché le SVR de conserver le département des illégaux, qui sera dirigé par Youri Juravlev, à partir de 1991; puis Vladimir Zaverchinsky de 1994 à 2000. Dans une interview donnée en décembre 2005 à l' agence INTERFAX, le directeur du SVR Sergey Lebedev, à la question posée: "Le SVR dispose-il, actuellement, d'illégaux du niveau de Abel, Molody, ou les Cinq de Cambridge?", il répondra: "Le public ne découvre le travail des illégaux que plusieurs années après (leurs activités, NDLR). Celui qui dirigera le Service dans 50 ans vous racontera les réussites actuelles du SVR, à vos futurs collègues".

    Là ou l' affaire est plus délicate, et aussi plus surprenante, c'est le nombre de personnes impliquées (Une dizaine). En règle générale, le KGB, puis le SVR, n' envoyaient les illégaux à l' étranger que seuls ou en couple, sans contact avec les autres illégaux! Cette pratique est toujours de vigueur, comme le montrent: l' interpellation d'un couple d' illégaux utilisant de faux passeports britanniques vers 1992; l' interpellation d'un autre couple d' illégaux au Canada en 1996; l' interpellation d'un illégal, tout seul, au Canada toujours, en 2006, ainsi que l' illégal du SVR qui traitait Ermann Simm, un haut responsable du Ministère estonien de la Défense.

     


  • Le personnel de la Direction de la Stratégie de la DGSE

     

    Le personnel de la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense de la République Française.


    Cette brève note se concentre plus sur les membres, le personnel, de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Un précédent article avait brièvement analysé les buts et utilités de ce Service, apparu en 1989 et successeur de la Cellule Prospective créée à l' initiative de Pierre Marion en 1981 et dirigée par le préfet Arsène Lux. Selon différents auteurs, les membres de la DS (Direction de la Stratégie) viennent essentiellement du monde de la diplomatie. Toutefois, on y retrouve aussi beaucoup de membres de la DGSE, ayant plus particulièrement à leur actif soit une expérience du terrain, ou bien des personnes à la carrière plus « politique ». Exemples à l' appui, sauf pour les directeurs de la Direction de la Stratégie, dont les carrières ont été détaillées ici:


    Les « Politiques »:



    Jean-Marie Chouzenoux

    Né le 22.07.1967 à Brest, Jean-Marie Chouzenoux a décroché un Master 2 Recherche en Histoire à l' Université Paris IV avant d' entrer à la DGSE par le « tour extérieur » après un début de carrière politique comme collaborateur de la vice-présidente de l' Assemblée Nationale Nicole Catala, il arrive à la Direction du renseignement de la DGSE, secteur Russie, en 1994 (Grade de délégué), avant d'être nommé chef de cabinet du Directeur de la Stratégie de 1998 à 2004, ce qui ne l' empêche pas d'être auditeur à l' Institut des Hautes Études de Défense Nationale ( session 2003-2004). Il quitte ensuite la DGSE avant d'y revenir pour diriger le Centre de situation de 2007 à 2008. Entre-temps, il fut chef de cabinet du secrétaire d' État aux affaires étrangères (2004 à 2005) puis du Ministre de l' Outre-Mer (2005 à 2007). À partir de 2008, responsable de la cellule Intelligence Economique de TOTAL.


    Pierre-Antoine Lorenzi. C'est une personne au parcours entre le politique et l' administratif qui rejoint la DGSE en 1997. Diplômé de Sciences Po Paris, Pierre-Antoine Lorenzi a d' abord commencé comme conseiller politique de Laurent Fabius, alors Président de l' Assemblée Nationale, de 1988 à 1992, avant d' être le chef de cabinet du Ministre de la Justice Michel Vauzelle, de 1992 à 1993. Il est ensuite secrétaire général du Service central de prévention de la corruption de 1993 à 1997. Au sein de la DGSE, il commence comme « chargé de mission » à la Direction de la Stratégie (1997-2000), sans que l' on en sache plus. Il sera, pour cette activité, décoré du grade de Chevalier par décret du 16;11.1999. Il est ensuite Chef de cabinet du Directeur de la DGSE (2000-2001) avant d' entrer dans le privé, chez ADP puis Sérénus International avec l' ancien officier de la DGSE Alexandre Hollander.



    Les « Professionnels du renseignement »:


    Alain Chouet


    Entré au SDECE en 1972, Alain Robert Chouet s'est spécialisé sur le Moyen-Orient et le terrorisme. Il enchaîne les postes à Beyrouth et Damas avant de diriger la lutte antiterrorisme de 1980 à 1985. En poste au Maroc comme « chargé de mission » (1985-1988) puis au Service de la formation (1988-1990). De 1990 à 1992, conseiller pour le terrorisme et le monde arabe du Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE. C'est à cette occasion, au moins, que sa carrière croisera celle de Jean-Claude Cousseran, alors à la tête de la Direction de la Stratégie, et futur Directeur de la DGSE. Ensuite,  à Genève puis conseiller technique pour le terrorisme et l' islam du directeur du renseignement de la DGSE, avant d'être affecté à Bruxelles de 1999 à 2000 comme deuxième conseiller de l' ambassade de France, dissimulant à peine sa fonction de chef de poste DGSE en Belgique. En 2000, rappelé et nommé chef du Service de Renseignement de Sécurité de la Direction du renseignement de 2000 à 2002, avant d' en être débarqué suite à l' affaire du « compte japonais de Jacques Chirac ». Grade de chevalier par décret du 08.04.1998; En avril 2009,par décret, Alain Chouet est promu officier de la Légion d' Honneur, ancien chef de service au Ministère de la Défense. Grade de chef d' études du Ministère de la Défense depuis 1989.



    Etienne Dubern

    C'est un officier du renseignement expérimenté qui termine sa carrière à la Direction de la Stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure du Ministère de la Défense en 2008: En poste comme « premier secrétaire » de l' ambassade de France au Kosovo de 2000 à 2001, puis « premier secrétaire » en Croatie de 2002 à 2005, ainsi que comme analyste, Etienne Dubern s'est plus particulièrement spécialisé sur les Balkans. À partir de 2008, il est dans le secteur privé, chez Amarante International, avant de fonder Boislandry Consulting.


    Vincent François Nibourel. C'est un « pur produit » de la Caserne Mortier (le siège de la DGSE) ou il se serait spécialisé dans les questions de contre-espionnage. Entré vers 1981, ce civil était 1993, responsable de la recherche au bureau d' État-Major de la Direction du renseignement de la DGSE. Il est ensuite affecté au poste de Bruxelles. Sur 1999-2000, après un poste à l' étranger, auditeur à l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, avant de revenir au QG et de prendre en main le Service de Renseignement Politique (SRP) de la Direction du renseignement de 2000 à 2002. Suite à des conflits au sein de la Direction du renseignement de la DGSE, il «  s' exile » à la Direction de la Stratégie de 2002 à 2005, comme numéro 2, avant d'être nommé vers 2005 à la tête du service TOTEM en remplacement de Michèle Le Dirat. Grade de chef de service au Ministère de la Défense.



    Les « diplomates »:


    Francis Blondet

    Il fait partie de « l' équipe Cousseran » durant son passage à la Direction de la Stratégie, comme chef d' études, de 1990 à 1992, avant de retourner à la diplomatie d' abord comme deuxième conseiller à Rome de 1992 à 1995 puis d'enchaîner les postes en Afrique (2ème conseiller au Sénégal de 1995 à 1999; sous directeur pour l' Afrique occidentale à la Direction Afrique/Océan Indien au Quai d'Orsay de 1999 à 2003 puis de l' Afrique Occidentale de 2006 à 2007; ambassadeur de France au Burkina Faso de 2003 à 2006 puis en Angola de juillet 2007 à mai 2010. Il vient de faire valoir ses droits à la retraite il y a quelques jours.



    Martin Juillard.

    Diplomate pur jus, il fait partie de ses diplomates détachés auprès de la « Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense ». Par arrêté de 2004, il accède au grade de deuxième conseiller du cadre général du Ministère des affaires étrangères, avant d'être détaché pour deux ans à compter du 01.10.2006 comme chargé de mission à la Direction de la Stratégie, grade de « chef d' études au Ministère de la Défense. ». Grade de 2ème secrétaire à partir de 2000; conseiller de 2ème classe du cadre général à partir du 01.10.2004; Direction de la Stratégie de 2006 à 2008; actuellement Sous-directeur des menaces transversales au Ministère des affaires étrangères.



    Jean-Marin Schuh

    C'est un diplomate plus particulièrement porté sur l' Asie qui est affecté à la DGSE: 3ème puis 2ème secrétaire de l' ambassade de France à Beijing du 01.04.1989 au 10.08.1993; rédacteur au service des affaires stratégiques et du désarmement de la Direction des affaires politiques du Ministère des affaires étrangères (30.08.1993 au 14.11.1995); Grade de Conseiller de 2ème classe à compter du 01.01.1996, à l' administration centrale de 1996 à 1998; 2ème conseiller puis Conseiller de 1ère classe de l' ambassade de France à Islamabad à compter du 06.11.1998 puis à Kaboul à compter de la fin 2001 jusque avril 2002. Consul général de France à Shanghaï à partir de 2002 il est affecté à son retour en 2006 à la Direction de la Stratégie de la DGSE: Un arrêté daté du 06.10.2006 le nomme « conseiller pour l' Asie, le Pacifique et les Amériques à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense », avec grade de chargé d' études hors classe. Conformément à l' arrêté de nomination, il est affecté à ce poste pendant deux ans. Il retourne ensuite au Quai d' Orsay. Auditeur de la session annuelle 2008-2009 de l' Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, puis Ministre-conseiller de l' ambassade de France en Inde. Pour éviter toute confusion, nous préférons indiquer que ce n'est pas lui le chef de poste DGSE à Delhi.



    Les « inclassables ».


    François Gautier. Difficile de ranger dans une catégorie particulière cet officier traitant de la DGSE qui, après un poste à l' étranger, travaillera à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense, avant de s' orienter vers la diplomatie et le politique. Né en 1969, ce diplômé en gestion de l' Institut des Études Politiques de Paris aurait, selon « La lettre du continent », « fait toute sa carrière dans les services secrets français ». Il est exact que l' on dispose d'un 'trou' dans sa biographie durant les années 90, mais sa biographie officielle indique que il occupera à la fin des années 90 des fonctions au sein de la Direction de la Stratégie de la DGSE, avant d' être envoyé en 2000 comme Premier secrétaire à Kinshasa, et sans doute chef du poste DGSE en République Démocratique du Congo. En effet, comme l' indiquent plusieurs actes administratifs, quand Gautier est nommé ensuite dans les allées du pouvoir, il est « détaché du Ministère de la Défense », qui semble bien être son corps d'origine. De retour de Kinshasa en 2003, "chargé de mission à la Direction de la Stratégie du Ministère de la Défense" puis à partir de 2004 affecté au Quai d' Orsay (Direction Afrique et Océan Indien de 2004 à 2007; Centre d' analyse et de prévision du Quai de il est affecté au Centre d' analyse du Ministère des Affaires étrangères, 2007 à 2008). Jusque 2009, il appartient, malgré son détachement, au corps des "délégués du Ministère de la Défense".  Depuis fin 2008, François Gautier est conseiller diplomatique du Président du Sénat, et officiellement intégré au corps des secrétaires des affaires étrangères à compter du 01.02.2009 (Arrêté du Ministre des affaires étrangères et européennes du 18.11.2008).



    Jean-Philippe Gouyet.


    Sa biographie est un gruyère: M.Gouyet a effectué une bonne partie de sa carrière à la Direction de la Stratégie de la DGSE, d' abord comme adjoint de Guy Azaïs, de 1993 à 1995, puis comme adjoint de Bruno Joubert, le patron de la Direction de la Stratégie de la DGSE. Il aurait ensuite travaillé à la Société générale puis au groupe Somdiaa-Vilgrain. Aujourd'hui, M.Gouyet travaille à EADS, comme adjoint du patron de la société.


    Roger Silhol

    La carrière du sous-préfet Silhol est beaucoup plus administrative et technique que politique: Ingénieur des travaux publics d' État puis conseiller pour les affaires internationales au GIAT, il est une première fois détaché à la DGSE comme chargé de mission auprès du Directeur de 1981 à 1986; il travaille ensuite au SGDN puis de nouveau au GIAT, avant de revenir Boulevard Mortier, comme Adjoint au Directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1990 à 1994. La suite de sa carrière le confirme:il sera successivement sous préfet de Péronne; Provins; Montluçon; et depuis septembre 2007 de Dreux, si l' on excepte un passage comme sous directeur de l' administration des Finances au SCTIP de 1996 à 1997.


     

  • Sergey Ivanov

    Né le 31.01.1953

    Termine ses études à l' université de Léningrad en 1975

    Envoyé au KGB en 1975

    Cours supérieurs à l' école du KGB de Minsk terminés en 1976 (Une année)

    Affecté à la Direction du KGB de Léningrad, soit au sein du service des cadres, soit au Contre-espionnage (sources divergentes)

    Termine l' Institut du Drapeau Rouge (Formation des officiers de la Première Direction Principale du KGB) en 1981

    3ème Département (Commonwealth et Pays scandinaves) de la Première Direction Principale du KGB

    Deuxième secrétaire de l' ambassade soviétique à Londres de 1981 à 1983

    Expulsé le 01.04.1983 avec Igor Titov, et un officier du GRU

    En poste en Finlande de 1984 à 1990 officiellement deuxième secrétaire

    Chef de station du KGB au Kenya

    1er Adjoint du chef du 4ème département (Europe de l' Est et Europe orientale) du SVR, Direction des Opérations, en 1995

    Passe au FSB, Directeur du département de l' Analyse, de la Prospective et de la Planification stratégique de août 1998 à novembre 1999

    Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie de 1999 à 2001

    Ministre de la Défense de la Fédération de Russie du 28.03.2001 au 15.03.2007

    Parallèlement, adjoint du 1er Ministre du 14.11.2005 au 15.03.2007

    1er Adjoint du Premier Ministre de la Fédération de Russie à partir du 15.03.2007

  • Les officiers du renseignement dans les structures internationales

    Un constat peut être fait: Depuis les années 90 au minimum, les Etats prennent l' habitude d' envoyer, de détacher, des officiers des services de renseignement pour les mettre à la disposition de structures internationales, comme l' ONU ou l' Union Européenne.

    Nous ne parlons pas ici d' officiers agissant sous la couverture de leur représentation auprès d'une organisation internationale pour faire de l' espionnage, mais de professionnels du renseignement, détachés par leur pays, sciemment, pour aider les structures internationales par le biais de leur expérience. Les exemples sont nombreux: Par exemple quand l' ONU décide de créer un Groupe d' experts chargé d' appuyer le Conseil de sécurité dans la lutte contre Al-Qaïda, c'est à Richard Barrett (voir plus bas) qu'il revient de le présider. Quand, selon l' ancien officier du SVR Sergey Tretiakov, l' ONU créé son propre centre de situation, c'est un officier du SVR qui est détaché. Enfin, le "Centre de situation conjoint de l' Union Européenne" ,est chargé "d' assurer un suivi
    permanent de l'actualité et de produire des évaluations de moyen terme sur des questions géographiques ou thématiques intéressant l'Union européenne, au profit du Secrétaire général/Haut représentant et des instances du Conseil, notamment du Comité politique et de sécurité. Doté d'une cellule de renseignement, il fournit également des analyses sur le contexte dans lequel se développent les opérations de gestion de crise de l'Union européenne"
    (Guide de la politique européenne de sécurité et de défense [PESD] de 2006). Cette structure accueillait, en 2003, un officier de la DGSE, le service de renseignement français, Monsieur M.., civil toujours en exercice aujourd'hui. Beaucoup plus récemment, c'est un lieutenant-colonel de la DGSE (Voir plus bas), précédemment chef de poste en Afrique et en Amérique du Nord, qui dirigea l' analyse au sein du centre de situation conjoint de l' UE.

    Cette "intégration" d' officiers des services secrets au sein même d' organes internationaux répond à une double logique: La participation accrue de l' intervention des organisations internationales dans les conflits internationaux; la nécessité de personnel expérimenté pour les fonctions d' analyse, de collecte d' information, de veille etc....

    Ce qui ne signifie pas que toutes les personnes membres de ses structures soient membres d'un service de renseignement. Par exemple, Stanislav Frolov, détaché par les autorités russes dans le comité auprès de l' ONU chargé de la lutte contre Al-Qaïda (Paragraphe 7 de la Résolution 1526 du Conseil de sécurité de l' ONU) , a une expérience plus "policière" que d' espionnage: Il a été précédemment détaché par le Ministère de l' Intérieur russe pour participer à des opérations de l' ONU dans les Balkans.

    Alors, quels critères utilisés? Ici, nous sommes en plein empirisme. Selon un communiqué de l' ONU, le groupe d' experts chargé de l' appui analytique et de la surveillance des sanctions dans le cadre de la résolution 1267 de 1999, pour le Conseil de sécurité, contre Al-Qaïda et les Talibans indique par exemple que les experts choisis sont plus globalement spécialisés "dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme et les législations en la matière, le financement du terrorisme et les opérations financières internationales, les systèmes de virement de remplacement, les activités caritatives et l' utilisation de messagers, le contrôle des frontières, y compris la sécurité portuaire, les embargos sur les armes et les contrôles des exportations ainsi que le trafic de drogues". Aucune obligation n' est ici posée pour que les membres soient obligatoirement des membres des services de renseignement: Cela peut aussi être des diplomates, des policiers, des membres des services de sécurité. Sauf si l' organisation internationale le demande expressément aux Etats-membres: Ce sera le cas, au milieu des années 90, pour le centre de situation de l' ONU (Tretiakov, op.cité)

    Néanmoins, reste une inconnue dans cette équation: Les officiers du renseignement détachés auprès des instances internationales sont-ils chargés, ainsi, de les espionner, ou au contraire de leur apporter leur appui et leurs compétences?

     

     

    Biographie de Richard Martin Donne Barrett

     

    Né en 1949

    En poste en Turquie à partir de 1987

    Premier secrétaire à la délégation britannique auprès de l' ONU à New York de 1988 à 1992

    Ordre de l' Empire Britannique le 30.12.1992

    En poste à Amman à partir de 1997

    Chef de la Branche Antiterrorisme, Contrôllerate “Global Tasks”, Directorate of Production and Requirements du Secret Intelligence Service.

    Coordinateur à l' ONU de l' équipe d' appui au Conseil de sécurité chargée de Al-Qaïda et des Talibans, depuis 2004.

     

    M.X

     

    Grade de chevalier à la fin des années 80

    Lieutenant-colonel de la DGSE

    Chef de poste dans un pays d' Afrique dans les années 90

    Chef de poste dans un Pays d' Amérique du Nord au tout début des années 2000


  • Consultation

    "La communauté du renseignement" vous invite à laisser votre avis, vos idées, voire des thèmes qui seraient intéressants à aborder, directement sur le blog. En vous souhaitant aussi, à l' avance, une bonne année 2010!

  • Les chefs du 1er département du renseignement extérieur NKGB-NKVD-NKGB-MGB-KI-MGB-MVD-KGB

     

    Au KGB, ainsi que chez ses prédecesseurs, le poste de chef du Premier Département était, au sein du renseignement extérieur, un des plus sensibles: Chargé de couvrir l' Amérique, (Donc de 1951 à 1992 "l' ennemi principal") c' était, et cela reste toujours, un poste très convoité au sein du renseignement extérieur et exigeant un certain doigté. Ce Premier Département, en tant que structure, va connaître plusieurs évolutions: En plus de couvrir les Etats-Unis d' Amérique, il supervisera aussi, au début seulement, le travail en direction de la Grande-Bretagne. A un moment, aussi, le travail en direction de l' Amérique Latine.


    En voici l' organigramme:

    Décision du 30.05.1947 du Conseil des Ministres d' URSS, le Renseignement extérieur du MGB et le Renseignement militaire (GRU) sont rassemblés dans une même structure, le Comité d' Information, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères. Les USA dépendent du 1er Directoire du Comité, qui couvre aussi la Grande-Bretagne.

    Suite aux ratées du KI, cette structure est dissoute officiellement le 02.11.1951, le renseignement civil retourne au MGB, et redevient la 1ère Direction, tandis que l' Armée récupère le GRU. De Direction, le service chargé de l' Amérique du Nord et de la Grande-Bretagne passe au statut de département. Peu après, est créée une Direction Europe de l' Ouest au sein de la PGU MGB, qui supervise entre autres le travail en direction de la Grande-Bretagne.

    Staline avait comme projet de créer le GRU MGB (Direction principale du renseignement du Ministère de la sécurité d' Etat) chargé uniquement de l' espionnage et du contre-espionnage. La décision est prise le 05.01.1953 mais la mort de Staline en mars stoppe le projet.

    Lavrenti Beria décide alors de fusionner le MGB (Sécurité d' Etat) avec le MVD (Ministère de l' Intérieur) par décision du 05.03.1953. Le renseignement extérieur devient la 2ème Direction principale du MVD. La section Amérique est dissoute, et remplacée par une section chargée de couvrir les USA, le Canada, l' Argentine, le Mexique. La chute brutale de Beria entraîne une énième remise à jour:

    Le Présidium du Comité central, par décision du 10.02.1954, décide de séparer MVD et Sécurité d' Etat. Le décret du 13.03.1954 du Présidium du Haut conseil d' URSS créé le Comité pour la Sécurité d' Etat (KGB auprès du conseil des ministres d' URSS). Au sein de son 1er Directoire principal (Renseignement extérieur) , le 1er Département est chargé de l' Amérique du Nord.

    Il semble que ensuite il ait aussi récupéré la supervision du renseignement en direction de l' Amérique Latine (Au sein du 1er département, cette zone est supervisée Sergey Nikolaïevitch Antonov) jusque'à ce que, vers 1960, un "Deuxième département" soit créé, chargé de l' Amérique Latine et des Caraïbes exclusivement. Antonov en sera son premier directeur.

    Le 1er Département est donc chargé des USA et du Canada (Zone Amérique du Nord). Sous le SVR, ce département a été rebaptisé "Département A" au sein de la Direction des opérations, avec les mêmes fonctions.

     


    1er département (Amérique du Nord)


    Konstantin Koukine Mai 1949-1952.

    Boris Ivanov 1953-1955

    Alexandre Feklissov 1956-1960

    Nikolai Kulebiakine Années 60.

    Vladimir Kazakov -1967

    Mikhaïl Polonik 1967-1968

    Anatoly Kireyev 1969-1974.

    Vladimir Kazakov 1974-1978

    Youri Linkov-1982.

    Dmitri Yakoushkine 1982-1986

    Anatoly Flavnov? 1987

    Vyatcheslav Trubnikov 1991

     

    SVR (Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie): Département "A" de la Direction des Opérations (Amérique du Nord).

    Yuli Kobiakov?

    Sergey Labur 1997

  • Sergey Alexandrovitch Labur

    Sergey Alexandrovitch Labur

    Chef de station en Turquie dans les années 70-80?

    Chef de station KGB Ottawa de 1984 a 1989

    Chef du département "A" (Amérique du Nord), Direction des Opérations du SVR en 1997.

    En 2006 représentant du SVR dans un pays d' ex-URSS

  • Yuli Nikolaïevitch Kobiakov

    Yuli Nikolaïevitch Kobiakov


    Entré au KGB en 1957

    Participe a l'enquête sur Vitaly Yourtchenko

    Numéro deux du 1er département de la Première Direction Principale au milieu des années 80.

    Fait carrière jusque 1997 (au SVR) se spécialise sur les Etats-Unis, possible chef du département "A" (Amérique du Nord) , Direction des opérations du SVR

    A la retraite depuis 1997

    Grade de général-major.


     

  • Vyacheslav Ivanovitch Trubnikov

     

    Vyacheslav Ivanovitch Trubnikov


    Né le 25.04.1944 a Irkutsk.

    Termine le MGIMO en 1967.

    Entré a la 1ère Direction générale du KGB en 1967

    A plusieurs reprises en poste dans la zone Asie de 1971 a 1977, en Inde, au Pakistan et au Népal, sous couverture de correspondant de l'Agence de presse Novosti.

    En poste au QG de la 1ère Direction générale du KGB de 1977 a 1984.

    Chef de station au Bangladesh de 1984 a 1987

    Chef de station en Inde de 1987 a 1990

    De 1990 à 1991 chef du 17 ème Département (Asie du Sud) au Renseignement extérieur du KGB

    Chef du 1er département (Amérique du Nord) , Première Direction générale du KGB d'URSS en 1991

    Nommé 1er adjoint du Directeur du SVR en janvier 1992, poste qu'il occupe jusque 1996.

    Nommé Directeur du SVR en janvier 1996 jusque juin 2000.

    Occupe plusieurs postes diplomatiques, dernièrement ambassadeur de la Fédération de Russie en Inde

    Parle couramment anglais et hindou.

    A la retraite depuis 2009

  • Dmitri Ivanovitch Yakushkin

    Dmitri Ivanovitch Yakushkin

    Né le 16.05.1923

    Vétéran de la Grande guerre patriotique

    Entré au renseignement extérieur en 1960

    En poste a New York de 1963 a 1969

    Chef adjoint de la division Amérique a la PGU 1969-1971

    Chef de la 3ème division du renseignement extérieur du KGB de 1971 a 1975 (Pays scandinaves, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni)

    Chef de station a Washington de 1975 a 1982

    Chef du 1er département renseignement extérieur de 1982 a 1986

    Quitte le service en 1986, travaille a ITAR-TASS

    Décédé en 1994

     

  • Youri Konstantinovitch Linkov

    Youri Konstantinovitch Linkov

    En poste à la station du KGB à Washington à la fin des années 60, officier traitant de John Walker

    Rézident adjoint (apparement de la ligne "N") du KGB a Washington en 1978

    Chef du 1er Département (USA et Canada) de la 1ère Direction principale jusque 1982

  • Anatoli Tikhonovitch Kireev

    Anatoli Tikhonovitch Kireev


    Né en 1923

    Participe a la Grande guerre patriotique

    Termine le MGIMO

    Envoyé au renseignement extérieur

    Termine l'école 101 en 1952

    En poste aux Etats-Unis de 1957 a 1959

    Adjoint du rézident a Washington, chef de la ligne PR (Renseignement Politique)

    Chef de la ligne PR de la station de New York, officiellement conseiller de la mission soviétique à New York, expulsé en septembre 1967

    De 1969 a 1974, chef du 1er département du renseignement extérieur de la PGU (Amérique du Nord)

    Chef de station au Liban de 1974 a 1977

    Chef du service de contre-espionnage a la PGU de 1979 a 1987

    Représentant du KGB auprès des autorités polonaises de 1987 a 1990

    Décédé en 1990