27.12.2009

Les chefs du 1er département du renseignement extérieur NKGB-NKVD-NKGB-MGB-KI-MGB-MVD-KGB

 

Au KGB, ainsi que chez ses prédecesseurs, le poste de chef du Premier Département était, au sein du renseignement extérieur, un des plus sensibles: Chargé de couvrir l' Amérique, (Donc de 1951 à 1992 "l' ennemi principal") c' était, et cela reste toujours, un poste très convoité au sein du renseignement extérieur et exigeant un certain doigté. Ce Premier Département, en tant que structure, va connaître plusieurs évolutions: En plus de couvrir les Etats-Unis d' Amérique, il supervisera aussi, au début seulement, le travail en direction de la Grande-Bretagne. A un moment, aussi, le travail en direction de l' Amérique Latine.


En voici l' organigramme:

Décision du 30.05.1947 du Conseil des Ministres d' URSS, le Renseignement extérieur du MGB et le Renseignement militaire (GRU) sont rassemblés dans une même structure, le Comité d' Information, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères. Les USA dépendent du 1er Directoire du Comité, qui couvre aussi la Grande-Bretagne.

Suite aux ratées du KI, cette structure est dissoute officiellement le 02.11.1951, le renseignement civil retourne au MGB, et redevient la 1ère Direction, tandis que l' Armée récupère le GRU. De Direction, le service chargé de l' Amérique du Nord et de la Grande-Bretagne passe au statut de département. Peu après, est créée une Direction Europe de l' Ouest au sein de la PGU MGB, qui supervise entre autres le travail en direction de la Grande-Bretagne.

Staline avait comme projet de créer le GRU MGB (Direction principale du renseignement du Ministère de la sécurité d' Etat) chargé uniquement de l' espionnage et du contre-espionnage. La décision est prise le 05.01.1953 mais la mort de Staline en mars stoppe le projet.

Lavrenti Beria décide alors de fusionner le MGB (Sécurité d' Etat) avec le MVD (Ministère de l' Intérieur) par décision du 05.03.1953. Le renseignement extérieur devient la 2ème Direction principale du MVD. La section Amérique est dissoute, et remplacée par une section chargée de couvrir les USA, le Canada, l' Argentine, le Mexique. La chute brutale de Beria entraîne une énième remise à jour:

Le Présidium du Comité central, par décision du 10.02.1954, décide de séparer MVD et Sécurité d' Etat. Le décret du 13.03.1954 du Présidium du Haut conseil d' URSS créé le Comité pour la Sécurité d' Etat (KGB auprès du conseil des ministres d' URSS). Au sein de son 1er Directoire principal (Renseignement extérieur) , le 1er Département est chargé de l' Amérique du Nord.

Il semble que ensuite il ait aussi récupéré la supervision du renseignement en direction de l' Amérique Latine (Au sein du 1er département, cette zone est supervisée Sergey Nikolaïevitch Antonov) jusque'à ce que, vers 1960, un "Deuxième département" soit créé, chargé de l' Amérique Latine et des Caraïbes exclusivement. Antonov en sera son premier directeur.

Le 1er Département est donc chargé des USA et du Canada (Zone Amérique du Nord). Sous le SVR, ce département a été rebaptisé "Département A" au sein de la Direction des opérations, avec les mêmes fonctions.

 


1er département (Amérique du Nord)


Konstantin Koukine Mai 1949-1952.

Boris Ivanov 1953-1955

Alexandre Feklissov 1956-1960

Nikolai Kulebiakine Années 60.

Vladimir Kazakov -1967

Mikhaïl Polonik 1967-1968

Anatoly Kireyev 1969-1974.

Vladimir Kazakov 1974-1978

Youri Linkov-1982.

Dmitri Yakoushkine 1982-1986

Anatoly Flavnov? 1987

Vyatcheslav Trubnikov 1991

 

SVR (Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie): Département "A" de la Direction des Opérations (Amérique du Nord).

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997

08.12.2009

Structure de la DGSE en 2009

 

STRUCTURE DE LA DGSE EN 2009.


Structure centrale de la DGSE


Directeur: Préfet Erard Corbin de Mangoux.

 

Directeur de cabinet, Numéro 2 de la DGSE: Général de division Bertrand Ract-Madoux.

Chef de cabinet: Olivier Courteaud puis Commandant Agnès Féline.


Conseillers du Directeur (Moyen-Orient; Afrique; Europe et Russie).

Centre de situation (Surveillance des crises mondiales).

Service de sécurité



Directeur du renseignement (Collecte clandestine du renseignement à partir des postes DGSE sur le territoire national et à l' étranger; collecte du renseignement ouvert-Journaux et radio-, analyse): André Le Mer jusque décembre 2009. Depuis décembre 2009, Patrick Calvar. Adjoint, Lieutenant-colonel de réserve Patrick Perrichon jusque 2009. Depuis, colonel du cadre spécial Georges Dominique Peter.

 

Directeur du Service de renseignement: Capitaine de frégate de réserve Jean-Michel Godillon, a été à deux reprises au moins chef de poste DGSE, dont une, semble-il jusque 2005,à Bruxelles.

Chefs de secteurs géographiques (Asie; Moyen-Orient; Europe; etc..)

Chef du secteur Afrique: Madame X, chef de poste adjoint en Afrique australe au milieu des années 2000


Directeur du Service d' exploitation du renseignement (Analyse): Jean-Pierre Boucher.


Chef du service TOTEM (Liaison avec les services secrets des autres pays et avec les entreprises): Vincent Nibourel.


Centre antiterrorisme: Sylvain Chiffot?

Directeur de l' analyse au Centre antiterrorisme: Guillaume Delbauffe.


Directeur de la Direction de la Stratégie (Élaboration de la diplomatie française avec le Ministère des Affaires étrangères, circulation d' informations, prospective géopolitique): Ambassadeur plénipotentiaire Pascal Teixeira da Silva.


Directeur de la Direction des Opérations (Opérations paramilitaires, fouilles ): Général de brigade Christophe Rastouil.

Service Action; Service KY (Fouilles des bagages, vols de documents etc..)

Chef du service de soutien aux opérations: Général de brigade Philippe Blanquefort. Adjoint, Lieutenant-colonel Jean-Philippe Terec.


Directeur de l' administration (Affectation des cadres, financement du service, logistique etc..): Préfet Pierre Pouessel. Adjoint, Frédéric Négrerie.

Chef du service de la formation: Lieutenant-colonel Henri Donadieu de Lavit. Adjoint, Chef d'études Patrick Naouri

Chef du service du budget et des finances: Nathalie Leclerc. Adjoint, Chef d' études Jean-Yves Fleury.

Chef du service de l' administration des ressources humaines: Chef d' études Rémy Gicquel. Adjoint, Laurent Blum

Chef du service de gestion des emplois: Patrice Curty; chef adjoint, Sandrine Bardou.

Chef du service de la programmation budgétaire: Nathalie Redheuil. Adjoint, Guillaume Carat.


Directeur de la Direction Technique (Renseignement technique, micros, caméras etc..): Bernard Barbier.

 

 

Directeur du contre-espionnage.


Postes extérieurs de la DGSE:


Afrique.

Kinshasa, Luanda, Ndjamena, Le Caire, Yaoundé,Abidjan, Rabat, Tunis, Alger, Prétoria, Kampala, Ouagadougou, Nairobi, Libreville, Dakar, Nouakchott, Bangui, Khartoum, Tunis, Tripoli, Niamey, Lomé, Djibouti


Amériques.

Washington, New York, Canada, Mexico.


Asie.

Cambodge, Tokyo, Beijing, Manille, Séoul, Kuala Lumpur, Bangkok, Phnom Penh,


Europe.

Bruxelles, Berlin, Londres, Genève, Vienne, Rome, Ankara, Larnaka, Madrid


Ex-Union Soviétique et ex Bloc communiste d' Europe de l' Est, Balkans.

Sofia, Moscou, Kiev, Belgrade, Dushanbé,Tachkent, Tbilissi (Depuis fin 2003), Skopje, Athènes, Pristina, Sarajevo, Varsovie. Existait aussi à la fin des années 90 une station au Kazakhstan, mais aucune confirmation depuis


Moyen-Orient et Asie du Sud.

Bagdad, Damas, Téhéran, Le Caire, Tel-Aviv, Jérusalem, Riyadh, Djeddah, Amman, Oman, Abou Dhabi, Islamabad, Karachi, Delhi, Doha, Sanaa, Beyrouth, Mascate, Kaboul

 

13.09.2009

Les structures du SVR

C'est le résultat de plusieurs mois de recherches qui est livré ici, dans une première synthèse relative au SVR de la Fédération de Russie. Cet organigramme reste néanmoins incomplet. On ignore par exemple de qui dépend le Centre antiterrorisme du SVR. Notons que la Direction des Opérations, après analyse de carrières de trois de ses dirigeants et examen d' actes administratifs russes, paraît avoir été divisée en deux de 1994 à 2000, mais il n'y a pas de certitude absolue dessus,seulement un forte probabilité.

 

Organisme de renseignement, la priorité du SVR est le renseignement politique. Juste derrière, le renseignement économique, domaine en pleine expansion dans le Service et ce depuis le milieu des années 90. En plus, en tant qu'organisme de renseignement étatique, de voler les secrets et de transmettre les informations aux décideurs politiques, les responsables du SVR participent à une multitude de Commissions étatiques, chargées de préparer des projets de lois, des règlements, mais aussi de travailler sur certains points délicats au niveau international.

Citons ici: la Commission de déclassification des archives du PCUS, aujourd'hui incorporée dans la Commission interservices de protection des secrets d' Etats; la Commission interservices pour la participation de la Russie au G8; La Commission interservices de la Fédération de Russie pour la coopération avec l' OTAN et l' accomplissement de l' acte mutuel sur la coopération, la sécurité entre l' OTAN et la Russie; le groupe de travail interservices chargé de mettre en oeuvre dans la Fédération de Russie les passeports et visas de nouvelle génération; le conseil scientifique auprès du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie; la Commission antiterroriste fédérale; la Commission pour le contrôle des exportations; Commission gouvernementale sur les questions d' intégration économique; ou la Commission interservices du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie sur la sécurité internationale.

 

Enfin, petites révélations, sont ici dévoilées les biographies de trois pontes du SVR, inconnus du grand public.

Vladimir Zaverchinsky. Cet ancien du KGB a continué ensuite sa carrière au SVR, ou il occupa le poste de 1er Directeur adjoint de 2000 à 2008 avant d' être nommé au Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie. Sa biographie quant à sa carrière au sein du KGB/SVR est assez succinte: Après être sorti de l' École du KGB de Minsk vers 1971, il travaille quatre ans au contre-espionnage, avant de suivre les cours de l' Institut Andropov, qui forme les officiers du renseignement extérieur du KGB. Il entre au 1er Directoire du KGB en 1977, sera en poste en Afghanistan, puis jusque 1992 en RDA. Il attend sept mois pour obtenir un poste, et prend la tête un service du SVR, pendant un ans et demie environ. Puis il est nommé « chef d'un des services les plus importants du SVR », poste occupé pendant six ans, avant d' être nommé 1er Directeur adjoint. Ce fameux « service important » est en réalité la Direction des Illégaux du SVR. En effet, la description que Zaverchinsky faisait de ce "Service important", sans le nommer, son ambiance de travail, n' était pas sans rappeler à l' auteur de la note l' ambiance décrite par deux anciens chefs de la Division des illégaux dans leur mémoire, Youri Drozdov et Vadim Kirpichenko. Enfin, Zaverchinsky y décrivait comment deux espions russes, au milieu des années 90, furent arrêtés à l' étranger, mis en prison, puis relâchés au bout de quelques jours et rapatriés en Russie. Ce qui laissait supposer que ils ne disposaient pas de couverture diplomatique, donc la piste des illégaux était privilégiée. Enfin, peu après avoir formulé cette conclusion, l' auteur de la note découvrit que il n' était pas le seul à penser ainsi: Friedrich-Wilhelm Schlomann, dans une note en allemand, "Die heutige Spionage Rußlands" datée de 2000 indique que "Leiter der Verwaltung S ist der Deutschland-Spezialist Wladimir Sawerschinski, der bis 1989 im KGB-Hauptquartier
Berlin-Karlshorst war und von dort Einsätze von "Illegalen" in Westeuropa leitete."


Alexandre Balakine. Dans les documents administratifs russes il apparaît simplement comme un Directeur adjoint du SVR. En réalité, Alexandre Balakine remplace en juillet 2008 Vladimir Zaverchinsky au poste de 1er Directeur adjoint. Officiellement, son nom à ce poste n' a toujours pas été rendu public. Sa biographie est assez sommaire: Après avoir, semble il, commencé sa carrière à Téhéran à la fin des années 70, il réapparaît dans la deuxième moitié des années 90 comme adjoint du chef d'un département du SVR ou il travaille à la coordination avec les pays d' Asie centrale membres de la CEI, semble il sur les questions de terrorisme. Enfin, pendant un peu plus d'un ans, il dirige une représentation très importante du SVR à l' étranger avant d' en être rappelé et nommé 1er Directeur adjoint du SVR.

Sa biographie est pleine de mystères et de contradictions: Anatoly Korendiassev est entré au KGB en 1970, et affecté à la Direction du KGB de Volgograd. Il termine l' Institut Andropov en 1975, ce qui signifie une affectation à la 1ère Direction Principale du KGB, et est en poste à Paris, vers 1980, sous la couverture de 3ème secrétaire de l' ambassade soviétique. Ensuite, selon une biographie officielle, il aurait participé à la création du Groupe « Vimpel » (Donc 1981). Il travaille aux services administratifs du Comité Central de 1985 à 1988. Il est à partir de 1988 Directeur adjoint de la Première Direction Principale du KGB (renseignement extérieur). Ensuite toujours, il aurait travaillé sous les ordres de Evgueni Primakov et « aurait dirigé le renseignement en Tchétchénie ». Est il fait référence à la première, ou a la seconde guerre? Dans quel but? En tant que chef de service du SVR, aurait il participé à la création du groupe ZASLON, et ce dernier aurait il agi en Tchétchénie durant la seconde guerre? Enfin, deux informations se contredisent: Korendiassev a quitté le SVR en 2007, grade de général- lieutenant. D'après une information,il travaillait sur les problématiques de la CEI; d' après un document administratif russe, daté de 2006, il fait partie, en tant que chef de Direction du SVR, du groupe de travail interservices chargé de concevoir le programme chargé d' aider les russes vivant hors de la Fédération de Russie et souhaitant revenir.



Lors de sa création en 1991 le SVR comprend:

Le Directeur du SVR

Le 1er Directeur adjoint

Le Directeur adjoint aux Opérations

Le Directeur adjoint aux questions scientifiques

Le Directeur adjoint aux cadres

Le Directeur adjoint à l' administration

Le Directeur adjoint à la lutte contre le crime organisé


S'y ajoutent parmi les différents services:


Le service de presse du SVR

La Direction de l' analyse de l' Information

Le Service de renseignement économique.

Le service de contre-espionnage.

Le groupe des consultants auprès du Directeur du SVR.

Le service de liaison avec les autres services secrets.


Le 1er Directeur adjoint supervise le renseignement économique (Jusque 2001), les questions relatives au Secret-Défense et à la déclassification de documents, la lutte antiterrorisme, les questions de sécurité de la Défense. Il semble aussi que il supervise les Directions de l' analyse et de la Sécurité du SVR.


Modification des structures en 1994, la Direction des Opérations est divisée en deux. Il semble que elle soit « réunifiée » vers 2000, sous le commandement de Vitali Marguelov, qui était jusque-là Directeur adjoint pour les Amériques et l' Europe. Vers le milieu des années 90 toujours , le Service de renseignement économique, chargé de l' espionnage économique mais aussi de vérifier la solvabilité des entreprises étrangères lors de la signature des contrats avec les autorités russes, et leur solvabilité, accède au rang de Direction générale, témoignant de sa montée progressive en puissance. Même si la priorité n°1 du SVR reste le renseignement politique.


Modification des structures vers 2000-2001: La Direction de lutte contre le crime organisé, qui traitait entre autres les questions de financement du terrorisme, est dissoute. Ses fonctions sont confiées à la Direction des Opérations , qui supervisera le travail de renseignement durant le début de la guerre en Afghanistan fin 2001, et au 1er Directeur adjoint; la Direction des Opérations réunifiée, elle sera dirigée par Vitaly Marguelov, puis par Valery Rozanov, précédemment chef de station à Vienne.


Il semble que, alors, ait été créée une Direction spécialisée dans les questions économiques, financières, et industrielles, qui travaille aussi sur la lutte contre le financement du terrorisme. Elle est dirigée par le Directeur adjoint du SVR Youri Demchenko.


Depuis, la structure du SVR est la suivante:


Directeur du SVR

1er Directeur adjoint (Directeur-adjoint, chef de service).

Directeur adjoint des Opérations.

Directeur adjoint à l' administration.

Directeur adjoint aux cadres

Directeur adjoint aux questions scientifiques

Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières?


Notons que existe aussi un Centre antiterrorisme, qui apparaît pour la première fois dans les actes administratifs russes en 2007; et une unité d' élite, nommée ZASLON, qui aurait été créée en 1998


Organigramme du SVR:


Directeurs du SVR

Evgueni Primakov 1991-1996

Vyatcheslav Trubnikov 1996-2000

Sergey Lebedev 2000-2007

Mikhaïl Fradkov 2007-



1er Directeur adjoint du SVR

Vladimir Rojkov septembre 1991-janvier 1992

Viatcheslav Troubnikov janvier 1992-janvier 1996

Alexei Chtcherbakov janvier 1996-octobre 2000.

Vladimir Zaverchinsky Novembre 2000-juillet 2008.

Alexandre Balakine juillet 2008-


Directeur adjoint au Crime organisé (1992-2000)

Vladimir Rojkov 1992 à 1994 environ

Viktor Erine Juillet 1995-2000


Directeur adjoint à l' administration

Ivan Gorelovsky 1992- 2003?

D. Fadeyev? 2009


Directeur adjoint aux cadres.

Youri Zoubakov 1992-janvier 1996

Guennadi Novikov 1996-


Directeur adjoint aux questions scientifiques.

Alexei Chtcherbakov 1992-1996

A. Bolchakov 1996-2000

Viktor Karnakov 2000-2006



Directeur adjoint aux Opérations.

Vyatcheslav Gurguenov 1992-1994


Direction des Opérations, divisée en 1994

Grigori Rapota, chargé de superviser le travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe, ainsi que le travail du bureau de presse et les contacts avec les services secrets étrangers. 1994-1998

Vitaly Marguelov, 1998-2000, supervision du travail de renseignement en direction des Amériques et de l' Europe

Alexandre Medianik, 1994-1998, chargé de superviser le travail en direction de la zone Asie, sans doute Directeur adjoint pour l' Asie.


Il semble que la Direction des Opérations ait été réunifiée en 2000

Vitaly Marguelov 2000-2002

Valery Rozanov 2002-2006

Vladimir Zimakov? 2006-


Service économique du SVR (Statut de Direction principale à partir du milieu des années 90)

Vladimir Riabikhine 1992-1997

Youri Demchenko 1997-

Devenue vers 2001 une Sous Direction du SVR, avec à sa tête un Directeur adjoint aux questions économiques, industrielles, financières.

Youri Demchenko 2001-


Service d' analyse de l' information.

Mikhaïl Dmitriev 1991-

Valery Rozanov 1995 minimum-1998

Mikhaïl Dmitriev 1998-2000

Léonid Rechetnikov -Avril 2009.


Bureau de presse du SVR

Youri Kobaladzé 1991-mars 1999.

Boris Laboussov mars 1999-2006

Sergey Ivanov août 2006-


Service des illégaux, Direction des Opérations du SVR

Youri Juravlev Mai 1991-

Vladimir Zaverchinsky 1994-2000


1er Département (Amérique du Nord), devenu ensuite le Service A, Direction des Opérations du SVR.

Viatcheslav Trubnikov 1991-Fin 1991

Yuli Kobiakov?

Sergey Labur 1997


Secteur Europe Centrale, Direction des Opérations du SVR.

Sergey Lebedev 1995. Adjoint, Sergey Borisovitch Ivanov.



Service de renseignement scientifique et technologique, Direction des questions scientifiques du SVR

Léonid Zaïtsev 1975-1992

Youri Zevakine 1992- Toujours en poste en 1999


Institut Andropov, devenu en 1994 Académie du renseignement extérieur, Direction des questions scientifiques du SVR

Valentin Revine 1991-juillet 1997

Nikolaï Gribine 1997-2005 ou 2006

Vladimir Gubernov 2006-


Service juridique

Vladimir Kantorov 1992-1999

Anatoli Paramonov 2002-

V. Lekarev. 2006


Service de contre-prolifération nucléaire.

Guennadi Evstafiev 1992-2000


Service des archives

Alexandre Belozerov 1991- Toujours en poste en 1997

Sergey Panin 2001 minimum- Toujours en poste en 2008


Service de sécurité.

Alexandre Golubev? Début des années 90

A. Zaroubine Fin des années 90

 

Sources utilisées

Friedrich-Wilhelm Schlomann, "Die heutige Spionage Rußlands", 2000 (Disponible sur Internet)

Actes administratifs de la Fédération de Russie

Interview de Vladimir Zaverchinsky

Comrade J, Sergey Tretiakov

Encyclopédie des services secrets russes

 

 

<-->

26.08.2009

Prochain article sur le SVR de la Fédération de Russie

Sera très prochainement publié un article relatif aux structures et au personnel dirigeant du SVR, le Service de renseignements extérieurs de la Fédération de Russie. Entre autres scoops: Le nom du chef de la Direction des Illégaux du SVR dans les années 90; des éléments sur la modification des structures du SVR vers 2000-2001. Ainsi que, information que même la presse russe n' a jamais dévoilée, le nom du 1er Directeur adjoint du SVR depuis la mi-2008.

21.04.2009

Les "rézidents" du KGB en Finlande

 

Dans son ouvrage "Le KGB dans le monde" paru en 1990 en coopération avec Christopher Andrew, l' ancien officier du KGB Oleg Gordievsky livre un organigramme de plusieurs stations du KGB (Paris, Washington, New York, Delhi, Tokyo, Oslo, etc..) en indiquant les rézidents a leur tête. Mais pas celle de Helsinki! Oubli regrettable ( volontaire, sachant que un des officiers du KGB que il appréciait le plus, Albert Akoulov, y servait alors comme chef de station?) qui est ici compensé.


Située a la frontière avec l' URSS, la Finlande s' efforce, après la seconde guerre, d'entretenir de bonnes relations avec son grand voisin. Pour cela, des contacts sont établis entre les "rézidents" successifs du KGB et les autorités finlandaises au plus haut niveau: Urho Kekkonen, qui fut Président de la Finlande de 1956 à 1981. Ce qui entraînait des frictions entre l' ambassadeur soviétique et le rézident du KGB, chacun voulant l' exclusivité des contacts avec Kekkonen. Idem avec son successeur, Mauno Koivisto, qui entretiendra des contacts avec Viktor Vladimirov, chef de station a Helsinki jusque 1984. Ses "contacts de haut niveau" auraient cessés avec la chute de l' URSS.

Elisey Tikhonovitch Sinitsin 1939-1941

Vassili Petrovitch Roshtshin 1945-1947

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1947-1950

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1953-1957

Vladimir Vassilievitch Jenikhov -1962

Youri Nikolaîevitch Voronine 1962-1964

Vladimir Sevastianovitch Stepanov 1964-

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1970-1972

Mikhaïl Grigorievitch Kotov 1972-1975

Viktor Mikhaïlovitch Vladimirov 1977-1984

Albert Petrovitch Akoulov 1984-1990.

Ou Felix Karasev a partir de 1984? Toujours en poste en 1991.

22.10.2008

La station du SIS a Washington

SIS WASHINGTON STATION

(N.B: Suite a de nouveaux éléments, l'article est remis a jour en ce 29.10.2008)

La station de Washington est avant tout une station faite pour le travail avec les alliés américains, surtour de la CIA et de la NSA ; y sont coordonnés, planifiées, les stratégies, opérations communes. La station de Washington sert aussi a "prendre le poul" des humeurs de l'administration américaine par le biais du renseignement "ouvert" (l'espionnage entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis est interdit, conformément a un Traité bilatéral.)
Washington est donc surtout une station honorifique, qui est dirigée par les officiers soit en fin de carrière soit qui grimpent dans la hiérarchie. Comme l'explique Kim Philby dans ses mémoires, "la coopération entre la CIA et le SIS au niveau de leurs services centraux est devenue si étroite que tout officier du renseignement qui peut prétendre a occuper plus tard un poste élevé devait prendre connaissance des affaires traitées avec les services secrets américains".


La carrière de nombre de ses représentants du SIS le démontrent: trois d'entre eux finiront directeurs du SIS (Maurice Oldfield, Christopher Curwen et Richard Dearlove), nombre d'entre eux occuperont de hauts postes au sein du SIS (John Bruce Lockhart sera contrôleur Moyen-Orient; George Webb quitte le SIS en tant que Directeur du personnel et de l'administration; Christopher Philpotts dirigera le contre-espionnage) tandis que pour d'autres c'est un poste honorifique juste avant la retraite (John Colvin, Andrew Robert Fulton, ainsi que Michaël Shipster justement dont ce sera un des derniers voire le dernier poste)


Si Peter Dwyer (Chef de station a Washington de 1945 a 1949) a donné la priorité aux relations avec le FBI de l'irascible Edgard Hoover, ce dernier étant de toutes ses forces opposé a la toute jeune CIA, le nouveau chef de station du SIS Kim Philby est chargé d'établir de bons contacts avec la nouvelle Agence du renseignement US. Délicat, car FBI et CIA ne se supportent pas. Le chef de station du SIS doit donc faire preuve de diplomatie au milieu des deux "bélligérants"

Sous l'égide de Kim Philby par exemple , la station de Washington coordonne avec la CIA une opération visant a renverser le régime communiste albanais de Enver Hoxa. Grâce a ses contacts aussi bien a la CIA que au FBI Philby est aussi mis au courant du programme "Venona", le décryptage des communications soviétiques.

Notons que les relations entre MI6 et la communauté américaine du renseignement sera refroidie quand Philby sera soupconné (a juste titre) a partir de 1951 d'avoir été recruté par les services secrets soviétiques. Son remplacant, John Bruce Lockhart, fera tout pour rétablir de bonnes relations britannico-américaines.

 

Les représentants successifs du SIS a Washington seront:


Peter M.Dwyer Représentant du SIS a Washington de 1945 a 1949.

Kim Philby. Né le 01.01.1912 a Ambala dans le Panjab. Etudes a Cambridge. Entré en août 1940 au SIS, ou il travaille a la section ibérique au contre-espionnage. Chef de la section R5 (contre-espionnage soviétique) a partir de 1944. Chef de station a Ankara (1946-1949), officiellement premier secrétaire de l'ambassade, puis "Premier secrétaire a Washington", chargé de la liaison (1949-1951) avec les services secrets américains. Suite a la déféction de deux diplomates britanniques (Dont l'un était un de ses amis), il est rappelé a Londres, surtout que les soupcons sur son recrutement par les services secrets soviétiques se renforcent. Mais le MI5 et le SIS n'ont pas assez de preuves de son recrutement par le KGB, et il est blanchi. Le MI6 l'envoie a Beyrouth en août 1956, officiellement comme correspondant de presse.  Il faudra attendre 1963 pour que la preuve de son recrutement par le renseignement soviétique soit obtenue. Philby fuit alors en URSS, ou il deviendra consultant auprès de la Première Direction générale du KGB (renseignement extérieur). Décédé en 1988.


John Bruce Lockhart.Entré au SIS en 1942, il se spécialise d'abord sur le Moyen-Orient (Irak et Egypte), puis dirige a partir de 1944 les opérations du SIS en Italie (En tant que chef de station du SIS a Rome ou chef de la section Italie au Contrôleurat "Europe"?. Il retourne sur le terrain, d'abord a Paris en 1945 puis en Allemagne en 1948.  Il remplace Kim Philby a Washington (Officiellement en tant que 1er secrétaire d'ambassade de 1951 a 1953), ou il sera chargé de rétablir des relations de confiance avec les services secrets américains.Il sera ensuite contrôleur "Europe", "Moyen-Orient", "Afrique" et enfin directeur-adjoint du SIS. Il quitte le SIS en 1965. Décédé en 1995.

 

Leslie Herbert Mitchell Chef de station du SIS a Washington de 1953 a 1956, Mitchell aurait ensuite été en poste en Allemagne, sans doute comme chef de station.

 

John Albert Briance Chef de station du SIS de 1956 a 1958?

 

 

Maurice Oldfield. Maurice Oldfield a occupé plusieurs postes d'importance au sein du SIS:Entré au SIS vers 1947, il est nommé numéro 2 du R5 (contre-espionnage soviétique), poste qu'il occupe jusque 1949. n°2, puis chef de la station de Singapour,un bref passage a Londres (1958-1959) avant d'être nommé représentant du MI6 a Washington (1959-1962) , directeur du contre-espionnage du SIS (R5) puis numéro deux du MI6. Il dirigera le SIS de 1973 a 1978. Décédé le 11.03.1981.


Christopher Phillpotts Christopher Philpotts a dirigé successivement les stations du SIS a Athènes puis Paris (dernier poste avec la couverture de conseiller d'ambassade), avant d'être nommé représentant a Washington (Il occupe ce poste en octobre 1961) jusque 1966 environ, et d'être a la tête du contre-espionnage au sein du SIS.


Stephen de Mowbray Cadre du SIS chargé de surveiller le directeur-adjoint du MI5 en 1963 (qui était soupconné d'être une taupe du KGB), Stephen de Mowbray est en 1966 a Washington, en tant que responsable de la liaison du MI6.


Christopher Keith Curwen Né le 09.04.1929, il entre au SIS en 1952. En poste a Bangkok de 1954 a 1956 officiellement comme troisième secrétaire, au Laos de 1956 a 1958, de nouveau a Bangkok de 1961 a 1963 puis a Kuala Lumpur en 1963. De 1968 a 1970, il dirige la station du SIS a Washington Sans doute contrôleur "Asie", puis chef de la station de Genève de 1977 a 1980.En 1985, Christopher Curwen est nommé a la tête du SIS, poste qu'il occupe jusque 1989.


John Halkett Baddeley. Né en 1920, John Badderley est un spécialiste de la zone Asie: Il a travaillé a
Singapour (1952 a 1954), Hong-Kong, et en Birmanie (1954 a 1956).Notons aussi des postes en Grèce (1947 a 1949) et en Belgique (1957 a 1959). Sa biographie, comparable a un gruyère, indique que il occupera le poste de chef de la représentation du SIS a Washington de 1970 a 1972 officiellement en tant que conseiller d'ambassade (Auparavant, depuis le milieu des années 60, il était au QG du SIS). Il décède en 1972 d'une crise cardiaque, a son poste.

John Horace Ragnar Colvin. Né le 18.06.1922 a Tokyo, il entre officiellement au Foreign Office en 1951. Il sera en poste a Oslo puis en Autriche, a chaque fois pendant deux ans. "Consul général" a Hanoï de 1966 a 1967 (Chef de station?) avant de devenir ambassadeur en Mongolie de 1971 a 1974. Il est nommé a la tête de la représentation du SIS a Washington en 1977 (Poste qu'il occupe jusque 1980, officiellement en tant que conseiller). Il quitte peu après le SIS, et entre dans le privé a la Chase Manhattan Bank. Décédé le 04.10.2003

George Hannam Webb Né en 1929, George Webb a commencé comme administrateur colonial avant d'entrer vers 1963 au Secret Intelligence Service. En poste a Bangkok, puis au Ghana de 1969 a 1973. ses capacités sont assez appréciées pour qu'il soit nommé n°2 de la direction du personnel et de l'administration. Il est envoyé a Téhéran et assistera au départ du Shah d'Iran, puis prend la tête de la station de Washington en 1980. Rappelé au QG du SIS, il est nommé Director of administration and personnel. Il quitte le SIS en 1985. Décédé en décembre 2007.


Richard Fraser Darling
?Le nom a été dévoilé par la fameuse "Liste Tomlinson" de 1999, mais les informations sur Richard Darling sont assez contradictoires. Il est né en 1949, et aurait été en poste en Finlande , peut-être jusque 1984, avant d'être envoyé en Norvège la même année. Mais une autre information indique son affectation aux USA en 1984. Y était-il? Etait-il le chef de station? Ce sont des hypothèses.

Duncan Stuart.Né le 01.07.1934, Duncan Stuart a intégré MI6 en 1959, après un détour dans l'armée, ou il a été en poste entre autres a Chypre. De 1960 a 1961, en poste a Berlin comme jeune officier traitant, au bureau du conseiller politique. Un tour au QG du SIS de 1961 a 1964, pusi "second secrétaire" a Helsinki de 1964 a 1966, chef de chancellerie a Der-es-Salaam (Tanzanie) de 1966 a 1969, puis sans doute chef de station adjoint a Helsinki de 1970 a 1974 (Officiellement 1er secrétaire de 1970 a 1974). De retour au SIS, il est sans doute au contrôleurat "Europe" (1974-1980), puis chef de station a Bonn de 1980 a 1983. Nouveau poste au QG du SIS de 1980 a 1983, puis "conseiller d'ambassade" a Washington de 1986 a 1988. Sans doute contrôleur (Ou un autre poste d'importance) au QG du SIS de 1989 a 1992, et conseiller auprès du Ministère de la défense de Sa Majesté de 1992 a 1994.Un bref temps (1994-1995) il travaille a Cyrus International, puis "Special operations executive adviser" auprès du Ministère des affaires étrangères de 1996 a 2002.

John Clibborn John  Donovan Nelson Clibborn est né en 1941.Officiellement, il entre au Foreign Office (Ministère des affaires étrangères de Sa Majesté, dont dépend le MI6) en 1965, avec le garde de 3ème secrétaire. Il sert en premier lieu a Nicosie (Chypre) comme 3ème puis second secrétaire a l'aide au développement de 1967 a 1969. Après une année au QG du SIS, il retourne sur le terrain, sans doute comme chef de station adjoint a Bonn de 1972 a 1975 (Officiellement 1er secrétaire a la section économique) puis a la délégation britannique a la CEE de 1975 a 1981. Sept années durant, au QG du SIS (Comme contrôlleur?) puis  chef de station a Washington de 1988 a 1991 avec le grade de conseiller.La suite de sa briographie est disponible sur la période 1992-1995.

Richard Dearlove Né le 23.01.1945, Dearlove est entré au SIS en 1964. Affecté a Nairobi (1968-1971), il est ensuite chef adjoint de la station de Prague (1973 a 1976), sans doute chef de station adjoint a Paris (1980 a 1984), puis chef de station a Genève (1987 a 1991), avant d'être nommé représentant du SIS a Washington (1991 a 1993). Sa carrière se déroulera ensuite au QG du SIS: Director of administration and personnel (1993-1994), Director of Requirements and Production (1994-1998) et enfin a la tête du SIS de 1999 a 2004.


John Clibborn .Sa briographie est citée pour son début, de sa naissance a 1991. Après une année au QG du SIS, il retourne a Washington de 1991 (Ou 1992) il est officiellement conseiller a l'ambassade britannique a Washington jusque 1995. Il a ensuite continué sa carrière au nouveau siège du SIS, et ne semble pas avoir été ensuite affecté a l'étranger.

Andrew Robert Fulton. Entré au SIS en 1968, il est affecté successivement a Saïgon (1968 a 1973), Rome (1973 a 1978), Berlin-Est (1978 a 1984), et en Norvège (1984 a 1989). De 1989 a 1992 il est chef de station du SIS a New York et retourne au quartier général du SIS, ou il est affecté au Contrôleurat Europe de l'Est (Sans doute même comme contrôleur),ou il participe a l'établissement de relations entre SIS et SVR, avant d'être affecté a Washington (1995-1999), officiellement conseiller d'ambassade. De retour a Londres, M.Fulton est entré dans le secteur privé.

 

Ian Forbes McCredie. Né le 28.12.1950, son entrée au SIS date approximativement de 1976.Affecté a la Haute commission britannique de Lusaka (Zambie) de 1976 a 1979 puis a Téhéran de 1981 a 1983.En poste a Copenhague de 1985 a 1989, puis au QG du SIS de 1989 a 1992. En 1992, il est officiellement "conseiller" a la délégation britannique a l'ONU a New York, et sans aucun doute chef de station du SIS, jusque 1996.Retour au QG du MI6 (1997-1999) ou il occupe sans doute un poste d'importance. Il remplace Andrew Fulton en 1999, avec la même couverture, celle de conseiller d'ambassade. Il occupera le poste jusque 2004. En septembre 2004, il entre dans le privé chez Shell.

Michaël Shipster.Né le 17.03.1951, il joint le SIS en 1977 avec le grade de 2ème secrétaire.Il passe une année a l'école des langues de l'armée a Beaconsfield puis est en poste de 1981 a 1983 a Moscou, officiellement comme 1er secrétaire de la section économique de l'ambassade (Vu sa couverture, on peut supposer que il était chef de station adjoint). Ensuite il est affecté a Delhi de 1986 a 1989 (Officiellement 1er secrétaire. Il fera passer a l'Ouest un officier du renseignement tchécoslovaque), a Lusaka en 1990, puis a Johannesbourg de 1991 a 1994 (Officiellement consul politique). Sa candidature fut envisagée fin 1994 pour qu'il dirige la station du SIS a Moscou. Mais seulement envisagée..En 1997, il est en charge entre autres de la liaison avec les services secrets russes. Contrôleur "Moyen-Orient" au SIS (sans doute durant les débuts de la Guerre en Irak), puis chef de station du SIS a Washington de 2004 a 2007. Officiellement il était conseiller d'ambassade.Il entre ensuite chez Rolls-Royce.

Sources utilisées:

- Liste des diplomates étrangers en poste aux Etats-Unis

-Evguéni Primakov, "Au coeur du pouvoir"

-Alpha list MI6 (La fameuse "Liste Tomlinson)

-"Spycatcher" de Peter Wright (Paru en 1987)

-Histoire mondiale du renseignement, tome 2, Roger Faligot et Rémy Kauffer

-Ma guerre silencieuse, de Kim Philby

-Biographie de John Bruce Lockhart diffusé par le Oxford Dictionnary.

-http://www.specialforcesroh.com

-Intelligence Online

-Biographie de George Hannam Webb publiées par le Times et le Telegraph

- Kang Sheng et les services secrets chinois 1927-1987, Rémi Kauffer et Roger Faligot, editions Laffont 1987.

 

 


07.09.2008

Le Mossad, structures opérationnelles

Note de l'auteur: Cette note est basée sur la documentation accumulée, l'analyse, des réfléxions. Néanmoins, je n'exclue absolument pas de m'être trompé sur certains points dans les structures du Mossad..

A gauche, le sigle du Mossad. A droite, photo du quartier général du Mossad.
Très peu d'informations sont disponibles sur les structures du Mossad. Le Mossad, aussi appelé "L'Institut", est le service de renseignement extérieur israëlien.Créé en septembre 1951, il dépend directement du Premier Ministre. Confronté a différents dangers (Terrorisme extrémiste islamique, prolifération nucléaire) ses structures ont dûes s'adapter, et évoluer.

Victor Ostrovsky. Un des rares auteurs qui permit de s'en faire une idée précise est Viktor Ostrovsky, dans son ouvrage "By way the deception" qui date de ..1990.

Le Mossad est divisé entre directions, chacune avec sa compétence. Nommé en 2002 a la tête du Mossad (et occupant toujours la fonction), Meir Dagan aurait restructuré le Mossad autour de deux directions: la Direction des Opérations, et la Direction des services (Qui a une tâche beaucoup plus administrative). Nous nous concentrerons beaucoup plus sur les services opérationnels, sur lequels beaucoup plus d'informations sont disponibles.

Exception pour un service, directement rattaché au patron du Mossad: "Al", chargé de faire du renseignement aux Etats-Unis. Selon Viktor Ostrovsky, ce département, composé d'officiers triés sur le volet, travaille non pas depuis l'ambassade ou les consulats israëliens, mais depuis des appartements ou des sociétés. Les choses ont apparement évoluées, puisque comme l'a montré l'affaire Larry Franklin (Analyste du Ministère de la Défense américain arrêté pour avoir transmis des informations secrètes a l'AIPAC) le Mossad dispose d'une station sous couverture de l'ambassade israëlienne a Washington, laquelle n'hésite pas a faire de l'espionnage, y compris dans le domaine industriel ou militaire, ou politique.


D'abord, la Direction des Opérations du Mossad, qui est dirigée par le Directeur-adjoint du Mossad depuis 1995.

  • Parmi les services du Mossad, celui qui retient l'attention est le MELUSKAH qui est apparu en 1955 (Dont le nom jusque 1984 était TZOMET ou TSOMET): c'est le service chargé de collecter des informations dans les pays "amis", neutres, ou pro-paléstiniens. Pour cela, les officiers du TZOMET soit agissent a partir du poste TZOMET implanté sous couverture diplomatique dans l'ambassade, soit envoie des hommes sous une couverture (par exemple, savant), de préférence canadienne (Le Mossad, comme le montrait Ostrovsky, utilise de préférence les passeports canadiens).

Ilan Mizrahi sera a la tête du TZOMET de 1997 a 1999 avant de devenir directeur-adjoint du Mossad (De 2000 a 2002).

Le TZOMET dispose donc d'antennes a Rome, Paris, Madrid, Londres, Bruxelles, Copenhague, Berlin. Selon Ostrovsky, le TZOMET est divisé en trois services: Le Service Israël (Espagne, Chypre, Grèce, Turquie), la Branche B (Italie, Allemagne, Autriche),la Branche C (Angleterre, France, Scandinavie, Belgique, Pays-Bas). Le Service Israël possède cette spécificité, selon Ostrovsky, de travailler depuis Israël, ou il envoie dans ses pays a fortes tendances pro-paléstienienne ses katsas (Officiers traitants). Notons que les Branches B et C ont sans doute été restructurées, puisque désormais le TZOMET compte une Branche "Europe".

Le MELUSKAH a été dirigé par: Rehavia Vardi (Juste avant la guerre de Yom Kippour), David Biran (En 1980), Avi Dagan de 1993 a 1996, Ilan Mizrahi de 1997 a 1999), un dénommé N (jusque 2005, qui a ensuite été numéro 2 du Mossad de 2005 a 2007) puis un dénommé I (Auparavant a la tête de la section Europe du TZOMET)

  • Créé en 1958, le TEVEL (Devenue KAISARUT en 1984) est chargé de la "diplomatie alternative",c'est-a-dire aussi bien les contacts officiels avec les pays ou services secrets amis (Par exemple les Etats-Unis) que avec l'ennemi, aussi bien les Etats (Et ce en vue d'établir des relations diplomatique avec Israël) que les organisations. Pour cela, le TEVEL dispose de représentants dans les ambassades israëliennes a l'étranger (Par exemple a Paris, Washington, Londres, etc..) ou bien sous d'autres couvertures (Par exemple, selon Ostrovsky, le représentant du TEVEL en Indonésie dans les années 80 vivait a Djakarta sous passeport britannique). Le TEVEL  a été entre autres dirigé par Nahum Admoni (Au milieu des années 70), Ephraïm Halevy (De 1985 a 1990), David Biran (En remplacement de Halevy), Araleh Sherf (Vers 1995), Itzak Barzely (Vers 1996), Yoram Hessel (De 1999 a 2003), puis un dénommé D..(En 2005), précédemment officier-coordinateur.

Les chefs de la station TEVEL de Washington: Ephraïm Halevy, Nahum Admoni, Uri Chen et Yoram Hessel.

Le poste le plus important au sein des représentations du TEVEL a l'étranger est évidemment celui de Washington: Etant donné l'étroitesse des relations américano-israëliennes, ce qui implique entre les deux pays un fort degré de concertation, le représentant du TEVEL a ses entrées aussi bien a la CIA que dans l'administration présidentielle ou au Congrès. Ce poste est d'ailleurs très profitable, puisque les officiers l'ayant dirigés ont toujours gravis les échelons: Officiellement "conseiller politique" de l'ambassade israëlienne a Washington de 1970 a 1974, Ephraïm Halevy a ensuite dirigé les divisions BITZUR (De 1980 a 1985) et TEVEL (De 1985 a 1990) avant d'être au coeur des négociations aboutissant a la signature d'un traité de la paix avec la Jordanie en tant que Directeur-adjoint du Mossad (De 1990 a 1995) et enfin d'en prendre la tête (De 1998 a 2002). Idem pour Nahum Admoni, en poste dans la capitale politique etats-unienne dans les années 70 et qui dirigea en 1976 le TEVEL puis fut a la tête de l'Institut; Uri Chen, après avoir été représentant du TEVEL a Washington de 1989 a 1993 a ensuite dirigé la section Amérique du Nord du TEVEL a la fin des années 90, avant de quitter le Mossad comme chef du service d'analyse; son successeur Yoram Hessel a, après son poste a Washington de 1992 a 1997, dirigé le TEVEL, avant de quitter le Mossad en 2003. La seule exception a la règle est Dan Arbel, représentant du TEVEL dans la deuxième moitié des années 80 (Après avoir été arrêté dans le cadre du scandale de Lillehammer, puis avoir dirigé le TZOMET a Paris en 1980) dont la carrière est ensuite inconnue.

  • Reuven Dinel, représentant du TEVEL a Moscou de 1992 a 1995 (a gauche) sera interpellé pour des activités sans rapport avec la "diplomatie alternative" (photo de droite). Dans plusieurs pays, le Mossad a a la fois des représentants du TEVEL et des katsas du TZOMET. Le TEVEL n'est donc pas chargé de collecter du renseignement. Du moins officiellement, sauf pour les échanges d'informations (Par exemple avec la CIA). Toutefois on ne peut exclure que le TEVEL profite de l'opportunité qui lui est offerte pour obtenir des informations supplémentaires...Par exemple, un officiel du TEVEL devenu ami avec un officier de la CIA peut réussir a en faire dire plus que nécéssaire a ce dernier.. Parfois cela va assez loin: Fin 1995, le représentant du TEVEL a Moscou, Reuven Dinnel, est interpellé en flagrant délit d'espionnage dans le métro de la capitale russe. Officiellement conseiller d'ambassade, Dinnel avait été envoyé a Moscou en 1992, quand les relations diplomatique russo-israëliennes furent rétablies, avec pour mission la coordination entre les services secrets des deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues. Officieusement, il réussira a recruter un ancien officier du centre du renseignement spatial du GRU (Renseignement militaire russe), Vladimir Tkachenko, pour obtenir des photographies prises par les satellites du GRU. Dinnel sera arrêté en flagrant délit, dans le métro de Moscou, en décembre 1995, et expulsé. Un autre scandale a touchée le TEVEL indirectement: la tentative d'assassinat de Khaled Meshal en plein Amman (Jordanie) par des kidons du Mossad fin 1997. L'opération ayant été bâclée, deux membres du commando sont arrêtés par la police jordanienne, quatre autres se réfugient a l'ambassade israëlienne. Devant la colère du Roi (et le scandale international que créé l'évènement), les autorités israëliennes n'ont d'autres choix que de lui fournir un antidote pour sauver Meshal et libérer les prisonniers exigés. Mais le lien de confiance avec le Mossad est rompu, et le chef du poste TEVEL, un dénommé K.M., est obligé de quitter le territoire jordanien avec ses officiers. Le contact avec les autorités jordaniennes (qui coopèrent étroitement avec les israëliens) est rompu, jusqu'a la démission du patron du Mossad, Dany Yatom, condition sine qua non pour le Roi a la reprise de bonnes relations sino-jordaniennes.
  • La CAESAREA (Auparavant KOMETIUT ,et jusque 1984 appelé la Metsada) est l'élite du Mossad: Elle comprend a la fois la division "Kidon", chargée des assassinats (destabilisée par l'arrestation de deux de ses membres en Jordanie en 1997 lors d'une tentative d'assassinat, elle semble avoir repris des forces si on en croit l'assassinat récent de Imad Mugniyeh, haut responsable du Hezbollah, de Hisham Faiz Abu Libda, chef de cabinet de Khaled Meshal, haut responsable du Hamas, tous deux en plein Damas (Syrie) en 2008, et l'assassinat du chercheur nucléaire Ardeshir Hosseinpour en 2007, tous attribués au Mossad) mais aussi la collecte du renseignement au coeur de pays "dangereux", par exemple, en Syrie, ou en Iran. Pour cela, ils "traitent" des informateurs, chargés aussi bien de prévenir des plans de l'armée syrienne que de la soudaine préparation de lits d'hopitaux (en cas de guerre). Les officiers de la KESARIA n'opèrent jamais sous couverture diplomatique, ce qui affaiblit leur sécurité si ils sont repérés, mais leur permet de mieux se fondre dans la foule pour collecter des informations ou commettre des actions. Toutefois la dépendance hiérarchique de la CAESAREA pose problème: Dans son ouvrage "By way the deception", Victor Ostrovsky indique que la CAESAREA dépend directement du directeur du Mossad. La situation a-elle changée depuis?

Mike Harari (a gauche), chef du KOMETIUT, sera responsable de la traque des dirigeants de "Septembre noir" puis dirigera la station du Mossad a Mexico. Shabtaï Shavit, après avoir travaillé en Afrique, en Europe, avoir dirigé une section de la branche YARID (Sécurité en Europe) dans les années 70, sera a la tête de la CAESAREA de 1980 a 1987. La CAESAREA a été dirigée par Michaël Harari (Au début des années 70), Shabtai Shavit (De 1980 a 1987) et Hagai Haddas (Durant la tentative d'assassinat de Meshal)

  • Créée dans les années 50, la division TSAFRIRIM (Appelée aussi "BITZUR")  est chargée d'organiser les communautés juives de la diaspora et de participer a toute opération de sauvetage de Juifs menacés (Sauf en URSS durant la Guerre froide. Cette mission relevait du "Nativ"). Dernièrement,(Au tout début des années 2000) c'est une personne connue qui a dirigé ce service: D'origine francaise, Michel.M est sorti de la promotion 1984 en même temps que Victor Ostrovsky, et a ensuite été en poste a Bruxelles.

Araleh Scherf (a gauche) a dirigé le BITZUR en 1990. Vers 1995, il était a la tête du TEVEL. Un de ses prédécesseurs au BITZUR  était Ephraïm Halevy (photo de droite, ici avec Meir Dagan, son successeur a la tête du Mossad, et Ariel Sharon). Deux des précédents chefs du BITZUR sont également connus: C'est Ephraïm Halevy qui dirigea ce service de 1980 a 1985. On doit a son crédit le sauvetage de juifs ethiopiens sur les années 1984-1985. Un de ses successeurs est Araleh Scherf, a la tête de ce département en 1990.

  • La division NEVIOT (qui jusque 1984 s'appelait KESHET) est en charge des moyens techniques: ce sont les écoutes, les micros, les cambriolages, les technologies..Durant l'année 1998 (Période décidément très propice aux scandales pour le Mossad), des membres du NEVIOT se font prendre en flagrant délit en Suisse, alors qu'ils comptaient poser des micros dans l'appartement d'un terroriste présumé..Le chef du NEVIOT remettra sa démission a Ephraïm Hamevy, le nouveau patron du Mossad a partir de avril 1998.
  • La lutte antiterroriste est aussi une priorité au sein du Mossad. A l'origine concentrée exclusivement sur l'OLP, l'organisation de Yasser Arafat, elle s'est ensuite étendue a l'ensemble des groupes terroristes du monde arabe, aussi bien le Hezbollah que que le FPLP-CG Ahmed Djibril, le Hamas, le Djihad Islamique, le Front Islamique mondial contre les juifs et les croisés.. Cette unité, appelée PAHA, a un côté a la fois opérationnel, et aussi, apparement, d'analyse des informations sur le terrorisme. De 1997 a 2002, elle fut dirigée par Oded Ailam. Son prédécesseur a ce poste était Ilan Mizrahi.
  • La SHABAKA est le département de sécurité interne du Mossad. Chargé de détecter les cas de traîtrise, gérant le personnel de sécurité du Mossad , il assure aussi la sécurité des installations du Mossad en dehors d'Israël, par exemple, dans les ambassades israëliennes.
  • Le LAP est un département tout aussi important, car chargé de la désinformation.
  • Le département de la Recherche est chargé de l'analyse. Il a été créé en 1964 a l'instigation de Meir Amit, patron du Mossad de 1963 a 1969, qui avait auparavant dirigé le Aman (renseignement militaire israëlien). C'est d'ailleurs l'ancien chef de l'analyse du Aman, Rehavia Verdi, qui prend la tête de ce service en 1964. Plus récemment, c'est Uzi Arad, qui fut en poste a Paris en 1987 (officiellement il était 2ème secrétaire d'ambassade) qui dirigea ce service de 1997 a 1999, puis Uri Chen .

Rehavia Vardi (a gauche) fut le premier directeur de la Recherche au Mossad. Il est décédé en 2006. Au centre, Uzi Arad. A droite, un de ses successeurs, Uri Chen.

Selon Viktor Ostrovsky, le Département de la Recherche est divisé de manière suivante: Etats-Unis, Amérique du Sud, Bureau général (Canada et Europe de l'Ouest), Nucléaire, Egypte, Syrie, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Libye, Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), Afrique, URSS, Chine.



La Direction des services a une tâche beaucoup plus administrative: d'elle dépend la fourniture du matériel, le personnel, les moyens informatiques.

 

22.06.2008

Réorganisation des services secrets francais

Est ici repris l'article du blog Problematiques.fr, publié par Frank Strass sur la réorganisation des services secrets franacais, dans le cadre du Livre Blanc sur la défense qui a été présenté aujourd'hui au Président Nicolas Sarkozy.

Selon cet organigramme, la principale innovation est la création d'un Conseil National du Renseignement (CNR) qui sera chargé de centraliser les renseignements venant aussi bien de Ministère dont ne dépend aucun service ( Ministère des affaires étrangères, Ministère de l'économie et de l'industrie) que de structures qui auront au CNR un accès direct (Le Secrétariat général de la Défense Nationale; le Premier Ministre; Le coordinateur du renseignement auprès du secrétariat général du Président de la République). Les services de renseignement ou de sécurité se devront de passer par leurs Ministères traditionnels , qui fera office de "filtre", pour faire remonter les informations jusqu'au CNR. Tel est le cas pour la toute nouvelle DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) du Ministère de l'Intérieur, conséquence de la fusion entre les Renseignements Généraux (Information du gouvernement sur les extrémistes, les conflits, la situation intérieur politique, économique, sociale, lutte antiterrorisme) et la Direction de la Surveillance du Territoire (Lutte contre l'espionnage, le terrorisme, protection des secrets) que, au sein du M%inistère du Budget pour le TRACFIN (Cellule de lutte contre le blanchiment d'argent) ou la Direction Nationale de Recherche et d'Enquêtes Douanières, ou enfin au sein du Ministère de la Défense pour la Direction du renseignement militaire, la Direction de Protection et de Sécurité de la Défense (Sécurité militaire, protection des secrets des entreprises, industries, objectifs a caractère militaire) ou la DGSE (Chargée du renseignement extérieur).

Un regret toutefois: La situation de la DGSE, dépendante du Ministre de la Défense, n'a pas été changée. Il paraît en effet étonnant que un service chargé de recueillir hors du territoire national du renseignement qui est tout sauf militaire dépende néanmoins de l'autorité militaire!

 

 

Un nouvel organigramme pour le renseignement

 

 Le livre blanc sur la Défense a été présenté aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. Véritable instrument destiné à guider la politique de la France dans ce domaine jusqu’en 2020, le document met l’accent sur la nécessité d’un renforcement des services de renseignement. Au programme: un organigramme refondu et de nouvelles priorités.

J’ai décidé un effort massif d’investissement sur le renseignement, notamment d’origine spatiale, qui bénéficiera aussi bien à la décision politique qu’aux chefs militaires”, a expliqué ce mardi Nicolas Sarkozy. Le président de la République, qui procédait à la présentation du livre blanc sur la Défense a mentionné le regroupement des services existants “au sein de la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur”, et confirmé la nomination d’un “coordonnateur du renseignement, qui orientera les services et assurera la cohérence de leur action”.

Conformément aux informations distillées depuis plusieurs jours dans la presse, ce poste devrait revenir à Bernard Bajolet, pour quelques semaines encore ambassadeur à Alger. Il a auparavant occupé des fonctions similaires à Amman (Jordanie), Sarajevo et Bagdad. Il aura pour fonction de guider le président de la République auprès de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure, spécialisée dans l’espionnage; militaire), la Direction du renseignement militaire, la Direction de la protection et de la sécurité de la défense et de la Direction centrale du renseignement intérieur.

Le point fort de ce nouvel organigramme réside dans la création d’un Conseil national du renseignement (CNR), présidé par le chef de l’Etat, qui définira les priorités et les orientations des services civils et militaires de renseignement. Le coordonnateur, Bernard Bajolet en premier titulaire, animera ce Conseil. Son rattachement au chef de l’Etat est le signe d’une nouvelle donne en la matière: “dans un monde qui se caractérise par l’incertitude et l’instabilité, la connaissance constitue notre première ligne de défense”, indique le livre blanc.

  • L’organigramme reproduit ci-dessus provient d’un document mis en ligne par le site internet du Point. Les sigles non-détaillés ci-dessus correspondent aux services suivants: la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières et financières) et Tracfin (service de traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins).

Frank Strass

17 juin 2008 

15.06.2008

La DGSE de 2000 a 2002


Pour des raisons de sécurité, certains noms ne sont pas publiés, et remplacés par un pseudo.



Située Boulevard Mortier, la DGSE, Direction Générale de la Sécurité Extérieure, a été confrontée a une forte crise interne ses dernières années, conséquence des luttes au sommet de la hiérarchie du Service.

La DGSE, dont le quartier général est toujours situé Boulevard Mortier, a Paris (Surnom du QG: La Piscine, a cause de la Piscine des Tourelles située juste a côté), compte depuis 1987 cinq grandes directions:
Jean-Pierre Pochon. La Direction du Renseignement (DR) est chargée de la collecte et de l'analyse du renseignement, obtenu aussi bien de manière "ouverte" (presse, conversations, documents officiels..) que "fermés" (recrutement d'informateurs), sur les menaces extérieures a la France mais aussi dans les domaines politiques, économiques, scientifiques.Elle s'appuie pour cela sur des postes de la DGSE a l'étranger, par exemple a Berlin ou Washington, quoique l'existence de postes DGSE sur le territoire national même, pour espionner les voisins et lutter contre des menaces, n'est pas a exclure. La DR sera dirigée a partir de mars 2000 par Jean-Pierre Pochon.
(A gauche).A la tête du Service "Action" de septembre 1987 a 1989, Jean Heinrich fut le créateur, et aussi le premier dirigeant, de la Direction des opérations de la DGSE, qu'il commanda de 1989 a 1992. (A droite): Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de 2000 a 2004.   Créée en 1989 a l'initiative du général Jean Heinrich, la Direction des Opérations est chargée des opérations spéciales, a haut risque; c'est cette Direction qui envoie des officiers dans des zones réputées dangereuses (Par exemple en Irak, au Kosovo ou en Tchétchénie) sans oublier les opérations "Homo" (assassinats) , les ouvertures de courrier, fouilles de valises..L'habitude voulant que ce soit un général de l'armée qui la dirige, c'est le général Xavier Bout de Marnach qui la dirige depuis 2000. (Depuis le 01.09.2007, il a pris le commandement de la KFOR au Kosovo).

Bruno Joubert, directeur de la Direction de la Stratégie de la DGSE de 1997 a 2001. La Direction de la Stratégie est chargée de transmettre aux décideurs politiques les informations recueillies par la DGSE et de recueillir leurs avis mais aussi de participer avec le Quai d'Orsay, le Ministère des affaires étrangères, a l'élaboration de la politique étrangère gouvernementale. C'est beaucoup plus un service "diplomatique", ce qui explique pourquoi c'est toujours un diplomate qui l'a toujours dirigé. Depuis septembre 1997 c'est Bruno Joubert (Nommé en mars 2008 conseiller diplomatique adjoint de Nicolas Sarkozy) qui est a sa tête.

La Direction technique est chargée a la fois de la recherche et de l'exploitation des informations d'origine technique (ce qui laisse supposer que le service des écoutes lui est rattaché) sans oublier les poses de micros, caméras etc..A sa tête se trouve Jean-Francois Sillière.

Paul-Henri Trollé  La Direction de l'administration est chargée des questions d'administration au sein de la DGSE (affectation du personnel, assistance juridique, formation du personne, acquisition de matériel). C'est Paul-Henri Trollé qui la dirige.

  Pour des raisons bureaucratiques, toutefois, le numéro 2 de la DGSE est non pas, comme plusieurs années auparavant, le Directeur du renseignement, qui occupe toujours, néanmoins, une position prépondérante; mais le Directeur de cabinet. Comme le note l'arrêté du 04.12.2002 relatif a la DGSE, "le Directeur de la DGSE est assisté d'un directeur de cabinet qui le remplace en cas d'absence ou d'empêchement".
  Dominique Champtiaux (tenant le drapeau)

Ce dernier est, depuis mars 2000, le général Dominique Champtiaux. Un spécialiste des opérations clandestines: Il a dirigé le Service Action de 1996 a 1997 puis la Direction des Opérations de 1997 a mars 2000.
A gauche, Jacques Dewatre et son successeur, Jean-Claude Cousseran.    C'est un remarquable article signé Jacques Isnard, paru dans le "Monde" du 20.12.1999, qui signale le prochain remplacement de Jacques Dewatre, le patron de la DGSE, par un diplomate pur jus, arabophone, et fondateur de la Direction de la Stratégie de la DGSE: Jean-Claude Cousseran. Pourquoi ce remplacement?  Le principal grief fait a la DGSE est son action lors de la récente guerre du Kosovo, réputée "particulièrement discrète pour ne pas dire inexistante" (Ce qui n'empêchera pas le chef de la section "Balkans" de l'époque d'être ensuite promu). Toutefois il convient de relativiser: D'une part la station de la DGSE a Belgrade a dûe être fermée suite a l'évacuation de l'ambassade de France, empêchant la collecte du renseignement. D'autre part, malgré les propositions d'un officier de la DGSE, le ministre des affaires étrangères Hubert Vedrine refuse que soient organisés des contacts avec l'UCK, Armée de Libération du Kosovo, avant les accords de Rambouillet,ce qui aurait permis d'en apprendre plus sur les intentions de l'UCK.

Autre reproche fait a Dewatre: ses tendances, selon l'article de Isnard, a faire de la "diplomatie parallèle", a la grande fureur du Quai d'Orsay. Toutefois, tous n'est pas noir: On doit a Dewatre la mise en place de postes DGSE en Asie centrale (Par exemple au Kazakhstan et en Ouzbékistan), postes avancés de la lutte antiterrorisme (NDLR: Surtout quand on sait que un des principaux mouvements d'opposition ouzbéks, le MOI, est très proche de Ben Laden. Comme le démontrera Guillaume Dasquié dans son remarquable article, par l'intermédiaire du chef de guerre Rachid Dostom, les services secrets ouzbéks ont faits infiltrer le MOI, collectant ainsi des renseignements sur cetrte organisation et sur Al-Qaïda, et en faisant ainsi profiter aussi bien la CIA que la DGSE, grâce aux débuts d'une coopération interservices).

De gauche a droite: Arnaud Danjean et Pierre-Antoine Lorenzi.

Cousseran, nommé a la tête de la DGSE, s'entoure d'une équipe a sa solde, en nommant comme conseillers personnels Arnaud Laloum pour l'Afrique et Arnaud Danjean (qui justement dirigeait la section "Balkans" au service de recherche de la Direction du renseignement de la DGSE de 1998 a 2000) pour l'Europe et la Russie, ainsi que Pierre-Antoine Lorenzi comme chef de cabinet. Mais deux "hics" apparaissent très rapidement dans la composition de l'équipe nouvelle: c'est d'une part les luttes d'influence entre les différentes "familles" politisées (socialistes et RPRistes) et d'autre part les militaires, qui jouent toujours une place prépondérante au sein de la Maison (Nombre de chefs de postes sont des militaires de carrière, le plus souvent issus de l'armée de terre, par exemple, en cette année 2000, les chefs de postes en Bulgarie, au Kazakhstan et a Washington). Aussi, Cousseran est obligé de "composer": Sur proposition de l'Elysée, c'est Jean-Pierre Pochon, chiraquien pur jus, qui est nommé a la tête de la Direction du renseignement. Haut responsable de la police nationale, Pochon a fait une carrière aux RG et a la DST. C'est a lui qu'on doit l'interpellation, en 1980, des dirigeants du groupe terroriste "Action Directe". Pour satisfaire les militaires, Cousseran choisit un des leurs, le Général Dominique Champtiaux,comme directeur de cabinet, et le nomme numéro 2, de facto, du Service.
 Autre problème, la volonté du nouveau Directeur de réformer la DGSE, conscient des faiblesses du Service, ou il avait déja précédemment travaillé , en tant que Directeur de la Stratégie de 1989 a 1992. Quitte a provoquer la fureur des "barons" de la DGSE!

Philippe Hayez

La première mesure, prise dès mai 2000, est l'inauguration d'un "centre de situation", chargé de suivre les crises importantes de par le monde, comme en Côte d'Ivoire, au Congo, ou en Irak (Dirigé par le conseiller a la Cour des comptes Philippe Hayez) , provoquant des grincements de dents chez les officiers de la Direction du renseignement et de la Direction des Opérations.

La deuxième mesure est proposée par Bruno Joubert, a la tête de la Direction de la Stratégie depuis 1997: Il s'agit de réformer la Direction du renseignement, pour rendre ses structures plus adaptées a un contexte de globalisation, ou les questions du renseignement économique mais aussi de la lutte contre les différentes formes de criminalité organisée, tel que le trafic de stupéfiants et le terrorisme, sont de plus en plus une évidence. Les structures de la Direction du renseignement , réparties selon d'une part le renseignement classique, d'autre part le contre-espionnage, et enfin l'analyse, paraissent inadéquates.
Alain Chouet.    Par conséquent, en octobre 2000, trois services sont créés au sein de la Direction du Renseignement, réformant en profondeur les structures: Le Service de Renseignement Politique (SRP), chargé des informations a caractère politique, le Service de Renseignement de Sécurité, SRS,chargé de la lutte contre le terrorisme, la prolifération nucléaire et toute forme de criminalité, et la Direction centrale du renseignement, chargée de diriger les stations de la DGSE dans le monde et de coordonner l'ensemble. Ancien chef de poste a l'étranger, Vincent Nibourel a fait une année comme auditeur a l'Institut des hautes études de Défense Nationale (cession 1999-2000) avant d'être nommé a la tête du SRP; A la direction du SRS est nommé Alain Chouet , un spécialiste du Moyen-Orient qui a été en poste a Beyrouth, Damas, mais aussi conseiller technique pour le monde arabe et le terrorisme de 1990 a 1992 auprès de Jean-Claude Cousseran, quand celui-ci dirigeait la Direction de la Stratégie de la DGSE. Nommé a la tête de la Direction du Renseignement, Jean-Pierre Pochon se retrouve avec trois services séparés, et constate, a sa grande fureur, que Chouet en réfère directement a Cousseran (les deux hommes se connaissent) sans l'en aviser. Pour ajouter a la confusion, est nommé comme adjoint de Pochon "Gerald", ancien chef de poste a Washington qui avait, ensuite, été sanctionné par une mise a pied par le prédécesseur de Cousseran, Jacques Dewatre, suite a la découverte de malversations au sein du TOTEM, que "Gerald" dirigea.
Francois-Xavier Deniau  Durant l'année 2001,Cousseran change aussi nombre de cadres du service, a l'exception de la Direction du renseignement. Si l'entente avec Pochon n'est pas des meilleures, Cousseran n'hésite pas a le contourner.
Ainsi, la tête de la Direction technique, Yves Mathian remplace Jean-Francois Sillière; Bruno Joubert quitte la Direction de la Stratégie et est nommé ambassadeur auprès de l'OSCE a Vienne; son remplacant est le diplomate Francois-Xavier Deniau ; Paul-Henri Trollé est remplacé a la tête de la Direction de l'administration en 2002; le chef de cabinet Pierre-Antoine Lorenzi est remplacé en juin 2001.

Au-dela des changements internes, la DGSE va se retrouver mobilisée sur le front de la lutte antiterrorisme, domaine ou elle excelle:
Le chef de guerre Rachid Dostom   La fin de l'année 2001 a été excellente pour la DGSE, car le Service a surtout montré ses aptitudes dans deux domaines: l'Afghanistan et la lutte antiterrorisme. Avant le 11 septembre 2001, la DGSE suit avec attention les réseaux de Oussama Ben Laden, y consacrant plusieurs notes montrant très clairement l'intention du réseau Ben Laden de frapper les Etats-Unis. Une note du 05.01.2001 évoque même les projets de détournements d'avions! Le Service de Renseignement de Sécurité , chargé entre autres de la lutte antiterroriste au sein de la Direction du Renseignement de la DGSE,  peut s'appuyer sur un travail a long terme mené contre le réseau Al Qaïda: Outre le recrutement d'informateurs, la DGSE bénéficie du soutien de l'Alliance du Nord, groupe afghan dirigé par Ahmed Shah Massoud, et de Rachid Dostom, un chef de guerre ouzbek qui a fait infiltrer le MOI  (Mouvement Islamique Ouzbek, dirigé par Tahir Youldachev), groupe terroriste ouzbek proche de Ben Laden. Ajouté a la coopération, déja a cette époque, avec certains services secrets, par exemple ouzbeks, qui sont confrontés de plein fouet au terrorisme islamique d'obédiance wahhabite du MOI. Notons aussi une collaboration sans heurts avec la DST (événement rare et qui mérite d'être souligné) et qui sera encore renforcée après le 11 septembre 2001. Le système est donc efficace, les alliés (dont américains) normalement prévenus. Ce qui n'empêchera malheureusement pas les attentats du 11 septembre, spectaculaires et sanglants...

Après la surprise, l'offensive. Etant donné que l'attaque a été menée par Al Qaïda, lequel groupe est basé en Afghanistan, aussitôt ordre est donné d'attaquer le groupe terroriste et ses satellites.
La DGSE s'appuie donc sur ses contacts en Afghanistan, des contacts éprouvés , ce qui sera la clé du succès pour le Service: Comme le rappele Pierre Marion ,Directeur de la DGSE de 1981 a 1982, il envoie a cette époque un détachement du Service Action (Alors dirigé par le Colonel Lorblanches) pour aider livrer des armes a la résistance afghane, soutenu par l'ISI (renseignement militaire pakistanais) avec qui le chef de poste DGSE a Peshawar de 1983 a 1986, le commandant Michel Derlot, maintient le contact, mais contrairement aux autorités pakistanaises la DGSE refuse de soutenir les fractions radicales, et mise sur Ahmed Shah Massoud, surnommé le "Lion du Panchir". Même après la fin de la Guerre d'Afghanistan a la fin des années 80 et le retrait des troupes soviétiques, la DGSE conserve le contact avec l'Afghanistan. Et lorsque décision est prise d'envahir l'Afghanistan pour chasser les talibans et traquer Al Qaïda, la CIA pourra bénéficier d'une DGSE très bien introduite auprès de l'Alliance du Nord. Jean-Pierre Pochon, a la tête de la Direction du Renseignement de la DGSE, centralise les informations, Xavier Bout de Marnach, a la tête de la Direction des Opérations de la DGSE, fait envoyer des commandos du Service Action ( Dirigé depuis 1999 par le colonel Bertrand Fleury) renforcer le poste DGSE auprès de l'Alliance du Nord tandis que Dominique Champtiaux,  Directeur de cabinet du patron de la DGSE , visite secrètement l'Afghanistan, pour rencontrer les officiers du Service Action présents dans la zone Nord. Une occasion pour cet ancien patron du Service Action (De 1996 a juillet 1997) qui fut aussi a la tête de la Direction des Opérations de 1997 a 2000, de renouer avec le terrain. Du côté des contacts avec les services secrets américains, ils sont renforcés, menés par Bill Murray, chef de station de la CIA a Paris, et "Jean" (je l'appelerai ainsi), chef de poste de la DGSE a Washington qui est arrivé dans la capitale politique américaine peu avant les attentats du 11 septembre. Ce spécialiste du contre-espionnage a été nommé au grade d'officier quelques années plus tôt.

Christian Ganczarski, terroriste interpellé grâce a la coordination au sein de "Alliance Base". 

Autre opération menée par la DGSE , après le 11 septembre 2001 est la créée une cellule chargée exclusivement d'échanger des renseignements sur Al Qaïda avec plusieurs services secrets alliés, tels que la CIA, les britanniques ,mais aussi les homologues allemands , canadiens et australiens . Cette Base, située a l'Ecole Militaire a Paris, prendra le nom de Alliance Base. A sa tête, un haut responsable de la Direction du renseignement de la DGSE, "Gerald" ,l'ancien adjoint de Pochon a la Direction du renseignement (qui sera remplacé en 2003 comme n°2 de la DR par Philippe Hayez). Un des succès attribués a Alliance Base est l'interpellation de Christian Ganczarski. Lié a l'attentat commis en 2002 a Djerba, ce résident allemand est très lié a nombre de proches de Ben Laden, car les policiers du BKA allemand découvriront chez lui les numéros de téléphones de nombre de membres du réseau.

Néanmoins, les guerres intestines prennent le dessus: Furieux que sa Direction soit divisée en trois entités différentes et que Chouet ne passe pas par lui pour transmettre ses notes a la hiérarchie, Pochon ne met pas les pieds a la DGSE plusieurs mois durant suite a son conflit avec Cousseran. Ce dernier essaye de reprendre la situation en main en demandant la révocation de Cousseran, pour pouvoir nommer un nouveau Directeur du renseignement de la DGSE. Refus de Jacques Chirac. Résultat: Pochon étant toujours nominalement Chef de la DR mais factuellement n'occupant pas ce poste, la DR tourne a vide. C'est par conséquent Dominique Champtiaux, directeur de cabinet et n°2 de la DGSE ( Le décret de 2002 indiquant que le Directeur de cabinet du Directeur de la DGSE est aussi n°2 du service) qui pilote "en direct" la DR, au grand dam de nombres d'officiers ebranlés par ses luttes internes. Mais les dégâts ne sont pas terminés: Jacques Chirac avait appris en septembre 2001, grâce au capitaine Bernard Coquart de la DGSE, que le Service a déclenché des recherches sur un compte bancaire qu'il aurait au Japon, et enquêterait sur ses liens troubles avec un japonais condamné dans son pays. C'est la section de Contre-Criminalité (Dirigée par un magistrat , Gilbert Flam) du Service de Renseignement de Sécurité qui dirige les recherches, menées sur place par les chefs de station de la DGSE a Tokyo : Jean-Claude Guillot ( De 1996 a 1998) puis Alexis May (Futur chef de poste a Beijing). L'entourage du Président craint alors une manoeuvre des socialistes, peu avant la présidentielle, pour destabiliser le Président. les socialistes infirment, faisant remarquer que ils n'avaient jamais pris l'information au sérieux.

Par précaution néanmoins,un ménage est fait a la DGSE, au grand dam de nombre d'officiers lassés des guerres de couloirs et autres intrigues politiques: Flam est le premier a être débarqué, suivi en juillet 2002 de Cousseran, puis en octobre Alain Chouet. En novembre, Alain Juillet est nommé Directeur du renseignement de la DGSE en remplacement de Pochon. . Vincent Nibourel, de son côté, est envoyé comme directeur-adjoint de la Direction de la Stratégie, le diplomate Francois-Xavier Deniau (Qui a remplacé Bruno Joubert en juillet 2001), et ce le temps que les orages se calment..
Alain Juillet, Directeur du renseignement de la DGSE de novembre 2002 a décembre 2003.    Après la tempête, qui a mis la Direction du renseignement a feu et a sang, comme l'estime un officier de la DGSE, l'éclaircie: Le calme revient, malgré les désaccords entre Juillet et Brochand sur la stratégie que la DGSE doit adopter. Les conflits de couloirs ne sont pas complètement éteints comme le montre la nomination de Philippe Hayez a la mi-2003 comme adjoint de Juillet, et ce sur insistance de Brochand.Ce calme se paye néanmoins au prix fort, puisque la réforme des structures de la Direction du renseignement, initiée par Pochon et Joubert, est abandonnée: on revient a un classique service de recherches, (dirigé de juillet 2003 a 2005 par "Benoît", ancien chef de station a Riyad, puis durant le conflit en Irak en 2003 chef de la division Moyen-Orient), , un service d'analyse, pris en main par "Patrick", lequel remplacera Philippe Hayez comme directeur adjoint du renseignement a la mi-2006, et un service des relations avec les services secrets étrangers et les entreprises. Ce dernier est dirigé par Michèle Ledirat jusqu'a la mi-2005, avant d'être remplacée par...Vincent Nibourel.

Les considérations politiques ont aussi entraînées une immixtion au coeur de la DGSE, et le débarquement de spécialistes du renseignement fort estimés, tels que Chouet et Cousseran, tous deux bons spécialistes du monde arabe. Un élément indispensable en ses temps de lutte contre le terrorisme islamique extrémiste, ou le Moyen-Orient, pour être compris, a besoin de spécialistes de la région.

 

ARTICLE DE JACQUES ISNARD, "LE MONDE", 20.12.1999

RENSEIGNEMENT - Le chef de la DGSE est remercié après les échecs de son service en Yougoslavie.
Par JACQUES ISNARD.
20 décembre 1999


Nommé en juin 1993 par le gouvernement d'Edouard Balladur, Jacques Dewatre va céder sa place à la tête de l'espionnage français à un diplomate, Jean-Claude Cousseran, qui a appartenu à plusieurs cabinets ministériels socialistes

AU TOUT DÉBUT de l'an 2000, l'ambassadeur de France en Turquie, Jean-Claude Cousseran, ancien membre de plusieurs cabinets ministériels socialistes, devrait être nommé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il succédera à Jacques Dewatre, qui avait été nommé à ce poste par le gouvernement d'Edouard Balladur en juin 1993. Un diplomate, familier de la DGSE, se substitue à un préfet qui ne l'était pas moins, lui aussi, avant d'en devenir le patron, puisque, jeune officier, M. Dewatre avait appartenu au service « action », chargé des opérations clandestines. Agé de soixante-trois ans, il devrait être nommé à un poste d'ambassadeur.

Forte de 4 050 civils et militaires, la DGSE est chargée, au profit de l'ensemble du gouvernement, de rechercher et d'analyser le renseignement intéressant la sécurité de la France, de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage contre les intérêts nationaux et, le cas échéant, de mener des opérations clandestines. Elle dispose d'un budget avoué de l'ordre de 1,66 milliard de francs (253 millions d'euros) - c'est ce qui est prévu pour 2000 - et reçoit environ 200 millions de francs par an pour ses opérations sur les fonds secrets du premier ministre.

M. Dewatre aura exercé un des plus longs mandats à la tête de la DGSE après celui d'Alexandre de Marenches, dans les années 70, à la direction du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), ancêtre de l'actuelle DGSE. En période de cohabitation, le changement de responsable des services spéciaux est une affaire délicate à régler: il requiert, plus que tout autre, l'accord de l'Elysée et du gouvernement, pour lesquels la DGSE travaille. M. Dewatre a réussi à maintenir un équilibre entre la présidence et le gouvernement, mais sans pour autant éviter les critiques de l'une et de l'autre. En particulier, il lui a souvent été reproché de faire cavalier seul par rapport à son service et de jouer au diplomate occulte, non mandaté par les autorités politiques de son pays, se déplaçant fréquemment à l'étranger sans en informer ses supérieurs ni ses collaborateurs, au risque de dévaluer la production de la DGSE en la concurrençant avec ses propres analyses. Ni au sommet de l'Etat ni à la DGSE, on n'a apprécié ces absences répétées.

MÉFIANCE ET OPACITÉ

En Serbie, l'action de la DGSE a été particulièrement discrète, pour ne pas dire inexistante, à l'exception de quelques commandos envoyés - sur le tard - au Kosovo. L'évacuation de l'ambassade française à Belgrade, dès les premiers raids de l'OTAN, puis sa fermeture ont abouti à interrompre les liens que la DGSE pouvait avoir avec quelques sources sur place. Cette attitude a joué contre M. Dewatre et a probablement précipité son départ. Les ratages de la DGSE ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Au fil des ans, les missions de la DGSE ont évolué. Son expertise militaire a été contestée par la Direction du renseignement militaire (DRM) naissante. Elle a dû se tourner davantage vers l'interprétation des faits économiques, commerciaux, industriels et technologiques et vers la lutte contre l'argent sale et le terrorisme international, pour lesquelles elle ne dispose pas toujours des personnels les mieux formés.

Ce qui l'oblige à lancer une politique de recrutement essentiellement orientée vers la société civile et censée viser la qualité, malgré ses difficultés administratives pour attirer l'élite des candidats. Dès son arrivée, M. Cousseran trouvera une DGSE repliée sur elle-même et rendue méfiante par ce manque d'ouverture au monde extérieur et par son opacité, à la différence d'autres services étrangers qui, comme le BND allemand par exemple, tentent aujourd'hui une transparence délicate. M. Dewatre s'est, d'autre part, employé à multiplier les cloisonnements internes, de sorte que les personnels de la DGSE ont du mal à coopérer entre eux et, a fortiori, avec d'autres services comme la DST.

Le nouveau directeur général des services spéciaux n'est toutefois pas un inconnu dans sa maison. Entre 1989 et 1992, M. Cousseran a été chargé de mettre sur pied une direction de la stratégie à la DGSE, du temps où les services français étaient dirigés par Claude Silberzhan. Il travaillait, en pratique, en binôme avec le directeur du renseignement, Michel Lacarrière. Cette direction stratégique avait pour tâche, au quotidien, de synthétiser et de mettre en forme les informations de la DGSE à destination de ses « clients », c'est-à-dire les autorités gouvernementales. Ainsi, ce diplomate, au profil assez atypique, ne fait pas partie de nombre de ces fonctionnaires du Quai d'Orsay, que révulse la seule perspective d'avoir à fréquenter des agents secrets.

On prête au gouvernement l'intention de créer, pour éviter une discontinuité dans le travail accompli quotidiennement par la DGSE, un poste de numéro deux, qui pourrait être attribué au général Dominique Champtiaux, l'actuel directeur des opérations. Ce numéro deux de la haute hiérarchie aurait autorité sur les cinq autres grands directeurs de service en l'absence de M. Cousseran. Le choix du général Champtiaux calmerait les militaires, dont le poids a diminué au sein de la DGSE.

27.05.2008

Le service de renseignement extérieur géorgien a désormais son site Internet

Le service de renseignement extérieur géorgien vient d'inaugurer son propre site Internet ( http://www.gis.gov.ge/ ) , avec pour but d'informer sur les missions, les buts, et les structures du Service. Malheureusement, les informations disponibles dessus sont en géorgien, une langue particulièrement difficile a apprendre...

 

Rappelons que depuis 2006 le Service de renseignement extérieur géorgien est dirigé par Guéla Béjouachvili, ancien Ministre des affaires étrangères. Une des priorités de ce service paraît être la collecte du renseignement en direction de la Russie: Les autorités russes ont affirmés depuis un ans avoir arrêtés deux espions géorgiens sur le territoire de la Fédération de Russie, tous deux issus du milieu du crime organisé.

 

Toutes les notes