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24/12/2007

Le terrorisme en Tchétchénie: la situation actuelle

Le 12 décembre dernier, s'exprimant devant des officiers du FSB, le Directeur du Service Fédéral de Sécurité Nikolaï Patrushev déclara que la guerre contre le terrorisme international, dans la zone Caucase du Nord ( Y ont été touchés plus précisément la Tchétchénie, l'Ingouchie, le Dagustan et l'Ossétie) est terminée. Au prix de lourdes pertes : Rien que dans les rangs du FSB, selon Patrushev, il y a eu 299 morts: C'est l'année 2002 qui fut de loin la plus sanglante, avec 64 morts dans les rangs du Service de sécurité russe. En 1999 le FSB a perdu deux membres, en 2000-42, en 2001-40, en 2003-41 (en prenant en compte les gardes-frontières, qui cette année-la ont réintégrés le giron du FSB), en 2004-40 ( Dont 10 membres du Service des opérations spéciales du Département antiterroriste lors de la prise d'otages de Beslan) , en 2005-31, en 2006-13, et en 2007 (Jusqu'au 12 décembre)-6.

Il convient de rappeler le contexte de l'entrée des troupes russes en 1999 en Tchétchénie: Quand le général Doudaïev proclame dans la deuxième partie de l'année 1991 l'indépendance de la Tchétchénie, Moscou ne fait guère attention a ce fait: L'heure est alors a la fin du régime communiste et aux luttes de pouvoir a Moscou. Doudaiev, autant le dire directement, etait un dictateur: Prenant le pouvoir ( sans aucune election) il s'empressera de pourchasser les opposants a son regime. La situation est si chaotique dans cette petite Republique ( Selon Pavel Khlebnikov dans son Livre sur Boris Berezovsky, ainsi que Evgueni Primakov dans ses memoires, Doudaiev s'est empresse de piller le complexe petro-chimique et de liberer les criminels emprisonnes) que un haut responsable russe estimera a 350000 le nombre de tchetchenes fuyant le pays de 1991 a 1994. Eltsine a accepte l'independance de nombre de pays, mais suite a des accords avec ses futurs Etats. L'independance unilaterale de la Tchetchenie, le refus de se soumettre au pouvoir constitutionnel russe ( Juridiquement la Tchetchenie depend toujours de la Russie) entrainent une premiere operation dans la deuxieme moitie de l'annee 1994: Soutenus par les blindes russes, l'opposition tchethene tente de prendre le controle du territoire. Echec complet.

Inquiet de la partition de la Tchétchénie , le pouvoir russe, qui n'accepte guère la partition de la Tchétchénie,donne l'ordre aux troupes russes d'entrer sur le territoire de la République. Ratee totale. L'armee russe est desorganisee, le FSK ( Service federal de contre-espionnage) a, suite au demantelement du KGB et aux reformes chaotiques de Eltsine, beaucoup perdu en efficacite, empechnt une collecte efficace du renseignement. Les combats durent deux annees. C'est durant cette periode que commencent a s'illustrer les wahhabites (Branche extremiste du sunnisme, qui considere y compris les chiites comme des mecreants!), par exemple par la prise d'otages d'un hopital a Boudennovsk en 1995. Si est signé un accord de paix en 1996 ,entrainant le depart des troupes russes de Tchetchenie, cela ne veut pas dire que la situation est stable. Loin de la: Les autorités centrales tchétchénes ont le plus grand mal a rétablir l'ordre dans une petite République aux prises avec les groupes terroristes wahhabites qui commettent des enlèvements contre rancons mais aussi des assassinats ou attentats ( Attentat a la bombe le 28.04.1997 contre un gare a Piatigorsk commanditée par Salman Radouïev; enlèvement de quatre francais, membres de l'association humanitaire "Equilibre"...). Le 5 mars 1999, c'est rien de moins que le general Gennadi Shpigun, du Ministere de l'Interieur de la Federation de Russie qui est enleve en plein aeroport de Grozny! Son corps ne sera retrouve par les russes que en 2000.... Se pose aussi la question de l'attitude même du Président, Maskhadov. Avait-il ou non la volonté de lutter contre les wahhabites, lequels déclaraient très clairement que leur but est l'instauration d'un qualifat dans la région Caucase du Nord? Je n'en suis pas sûr quand je le vois, sur des photos et des vidéos, aux côtés de Khattab (une vidéo de 1997 les montrent se faisant la bise)  ou de Bassaïev...

Quand aux "chefs de guerres" comme les appelent certains journalistes ( Je pense a cet article , toujours aussi nul , du "Monde " lors de la mort de Bassaïev par exemple) je poserai juste une question: Pour vous, une personne qui tue,  veut imposer aux autres par la violence voire en tuant sa propre conception de l'islam, et n'hésite pas a tuer, c'est un chef de guerre ou un terroriste? Pour avoir vu certaines vidéos des "exploits" de Khattab, Bassaïev et compagnie, je n'hésite pas. Par exemple une vidéo datée de 1996 ou un russe, un soldat je pense, est littéralement égorgé avec un gros couteau devant une camera.... Idem en 1999 au Daguestan. Voila pour les méthodes "humaniste" de ses messieurs! Et si vous ne me croyez pas, les vidéos sont disponibles sur les sites "Kavkazcenter" ou "Alkavkaz". Et elles sont éloquentes.

Dans son ouvrage "Les seigneurs du crime", Jean Ziegler notait lui-même la fragilité de la paix dans la région. Elle vole en éclat en août 1999 au Daguestan :Le 2, six policiers de l'unité d'élite OMON ( Section de police des missions spéciales) ,près de la frontière avec la Tchétchénie, sont pris dans une embuscade tendue par des terroristes. Dans la nuit du 3, nouvel affrontement armé entre policiers daguestanais et terroristes, dans le village de Kotchali. 3 morts du côté des forces de l'ordre. A 5 heures le 07.08.1999, plus de 1000 terroristes sous les ordres de Chamil Bassaïev et de Salman Radouïev entrent sur le territoire du Daguestan et s'emparent de plusieurs localités: Tando, Chondroda, Rakhata....Le but de Bassaïev est d'instaurer la "Charia" et de combattre les troupes fédérales. Bassaïev appelera publiquement au renversement du pouvoir constitutionnel, a la création d'un Etat respectant la Charia, et a faire partir les forces fédérales russes. La réponse ne se fait pas attendre puisque le 8 août les troupes fédérales russes commencent une opération de grande ampleur pour interpeller et chasser les terroristes. Bilan: 8 policiers tués, ainsi que 5 membres des Forces intérieures et 74 membres du Ministère de la Défense. Et 295 blessés.

Selon le Parquet russe, pour se venger de l'intervention des troupes russes au Daguestan, Bassaïev aurait décidé de frapper la Russie, avec les attentats commis en septembre 1999 . Au demeurant, une des personnes interpellées a reconnue avoir transportée les terroristes et les explosifs a Buïnask. Pour mettre fin a l'instabilité causée par les terroristes, ordre est donné aux troupes russes de rentrer en Tchétchénie. Notons qu'il est faux d'affirmer que la guerre en Tchetchenie a ete declenchee par Poutine pour asseoir sa popularite, pour une simple raison: Dans ses memoires, Sergey Stepachine note ue c'est depuis le debut de l'annee 1999 que les russes prevoyaient de retourner en Tchetchenie. Poutine a sans doute participe a ce plan, mais alors en tant que simple executant: Il etait alors "seulement" directeur du FSB.

 

Il est sûr que, après un pic du terrorisme dans les années 90 et le début des années 2000, dû aux groupes terroristes wahhabites ( Sunnites extrémistes considérant tout occidental ou toute personne coopérant avec eu comme un infidèle qui doit être éliminé. les wahhabites s'en sont aussi pris aux chiites. Le wahhabisme est le courant non seulement prêché en Arabie Saoudite, mais aussi par Oussama Ben Laden)  l'intervention des forces armées russes en Thétchénie fin 1999 puis les multiples opérations antiterroristes menées et enfin les propositions d'amnisties successives  ont causées des ravages dans les rangs des groupes terroristes tchétchénes. Ils y ont perdus nombre de leurs chefs, connus du public : Salman Radouïev, capturé le 13.03.2001 ,condamné a la réclusion a perpétuité et décédé en prison fin 2002; Amir Ibn-El Khattab, tué en mars 2002; Abu Dzeït, représentant de Al-Qaïda dans le Caucase ( Arrivé en Tchétchénie en octobre 1999, il aurait, selon le FSB, participé au financement et a la planification de l'attaque de Nazran, la capitale de l'Ingouchie a la mi-2004 et a celle de la prise d'otage de Beslan ) abattu lors d'une opération antiterroriste le 16.02.2005 en Ingouchie.
Abu Dzeït était sous les ordres de Abu Hafsa, lui-même abattu lors d'une opérations antiterroriste du FSB au Daguestan fin 2006 (Selon le FSB Hafsa est soupconné par les autorités américaines d'avoir pris part a l'attaque contre l'ambassade US a Nairobi en 1998 et contre l'ambassade de Jordanie a Bagdad en 2003.

Enfin, Chamil Bassaïev, un des terroristes les plus sanglants , qui revendiqua l'attaque contre le Daguestan en août 1999 mais aussi la prise d'otages de Boudiennovsk en 1995 mais aussi celle de Beslan, et félicita les assassins de quatre diplomates russes, tués en Irak en 2006.. Les autorités russes ont soupconnées Bassaïev, avec Hattab, d'avoir planifié les attentats perpétrés en 1999 en Russie (300 morts). Finalement, Bassaïev a été abattu lors d'une opération antiterroriste du FSB a la mi-2006...

Toutefois, ce n'est pas "la fin" du terrorisme international dans le Caucase, ni la fin du terrorisme tout court comme l'estimait Nikolaï Patrushev: Subsistent encore des groupes de terroristes prêts a se battre pour tuer et déstabiliser la région. Même si ils n'ont plus la puissance des années précédentes, le danger qu'ils représentent n'est pas négligeable; on ne peut exclure un nouvel attentat terroriste sanglant, rappelant que "ils sont la".

Ironie de l'histoire, on peut se demander si l'intervention américaine en Irak n'a pas justement aidé les russes dans le Causase , puisque désormais la priorité pour islamistes extrémistes n'était plus de soutenir leurs camarades au Caucase mais ceux en ex-Mésopothamie.. Il en découle un soutien financier et matériel moins important.

Le responsable, Nikolaï Rogojkin, des Troupes intérieures russes, estimait a la date du 11.12.2007 que il reste encore 700 "combattants" dans la zone Caucase du Nord

Et comme pour rappeler a la réalité, le 14.12.2007, un poste de police a été mitraillé en Ingouchie , tandis que le 16 était menée une opération antiterroriste a Grozny. Aux termes d'une fusillade a l'arme lourde entre les unités d'élites et quatre terroristes retranchés dans un appartement, les terroristes et un policier trouvèrent la mort. Le quatuor était , selon les services de sécurité, responsable de l'assassinat de policiers récemment..

 

14/12/2007

Stephen Kappes

Parmi les maîtres espions "made in US", l'un de ceux qui retient incontestablement l'attention a eu l'honneur d'être nommé Directeur-adjoint de la CIA a la mi-2006, après une carrière tournée en priorité vers le Moyen-Orient au sein de l'Agence, ou il est entré en 1981. Il s'agit de Stephen Kappes.

 

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Stephen Kappes 

 

Stephen Kappes, est entré a la CIA en 1981,sans qu'on en sache plus. Il est fort possible qu'il ait été affecté a la Division Moyen-Orient / Asie du Sud (Alors dirigée par Charles Cogan) , Kappes y ayant fait l'essentiel de sa carrière.D'après une information, il a ét en poste durant sa carrière au Pakistan, donc soit entre 1981 et 1988, soit entre 1991 et 1995 (Donc a titre de Chef de station)

C'est en 1988 que sa biographie se précise:  Kappes est nommé n° 2 de l'unité "Tefran" de la CIA  (Equipe de la CIA basée a l'ambassade américaine a Francfort chargée de travailler contre l'Iran) ,chargée de la collecte de renseignements contre l'Iran et du débriefing des exilés. La CIA, après la perte de sa station a Téhéran (Prise d'otage de nombre de ses diplomates, dont le Chef de la station, Thomas Ahern) l'ambassade américaine a Téhéran en 1979 et plusieurs e) travaille donc contre l'Iran a partir de pays limitrophes, ou de pays ou la communauté iranienne est importante. C'est ainsi que l'unité "Tefran" a réussie a constituer un réseau au coeur de l'Iran. Pas pour longtemps: Le contre-espionnage iranien réussit a démanteler le réseau de la CIA durant 1988-1989, avec a la clé une trentaine d'interpellations. On peut aussi se demander (uniquement a titre d'hypothèse) si "Tefran" n'a pas joué un rôle dans l'enquête sur l'attentat de Lockerbie perpétré le 21.12.1988. Les informations obtenues indiquent très clairement que l'Iran était alors soupconnée d'avoir commandité cet attentat, hors le Vol 103 de la Pan Am a été la cible d'une bombe ressemblant fortement a celles utilisées par une cellule du FPLP-CG  (Front Populaire de Libération de la Palestine-Commandement Général de Ahmed Jibril) lequel avait entre autres des contacts avec l'Iran..

Kappes est vers 1990 rappelé de Francfort et envoyé a l'Irak Task Force de la CIA (Alors dirigée par Whitley Bruner , et donc l'adjoint est Bruce Riedel) ,chargée de la collecte du renseignement ontre l'Irak suite a l'invasion du Koweït en août 1990. Kappes paraît, après seulement 10 ans de carrière a la CIA, avoir fait ses preuves, puisqu'il est nommé Chef de station a Koweït City quand le Koweït est libéré, avec pour mission de rouvrir la station. on peut donc supposer que il ne fut en poste que durant trois mois environ: Les officiers de la CIA chargés d'ouvrir une station ne restent sur place que trois mois puis sont remplacés par un officier qui, lui, la dirigera normalement, c'est-a-dire pendant 2 ou 3 ans..

Début 1995, il esr  chef de l'unité chargée de la Prolifération nucléaire a la Division Eurasie Centrale de la Direction des Opérations de la CIA, avant d'être nommé en juillet 1995 "Senior Intelligence officer" de la CIA, sans qu'on en sache plus sur le poste qu'il occupe alors.

Il dirigera la station de Moscou de 1996 a 1999 (interlocuteur officiel auprès des services secrets russes) ou il remplace Michaël Sulick.Chef de la Division Moyen-Orient de 1999 a 2000,il est ensuite patron du Counterintelligence center de la CIA de 2000 a 2002, chargé d'empêcher les infiltrations des services secrets adverses (Avec une priorité pour les Chinois du MSS) au sein de la CIA .

Kappes est nommé n°2 de la Direction des Opérations de 2002 a 2004. A ce poste il réussira deux opérations dans la lutte contre la prolifération nucléaire. La première sera de convaincre le dirigeant libyen Mouamar Kadhafi d'abandonner son programme d'armes de destructions massives en échange d'une aide américaine. La deuxième est le démantèlement, au moins partiel, du réseau dirigé par le docteur A.Q.Khan. Ce scientifique pakistanais, père de la bombe atomique pakistanaise, a aidé entre autres la Corée du Nord ou l'Iran a se doter de composants pour développer une bombe atomique..

 Ses succès de Kappes a la CIA n'empêchent pas son arrivée dans un contexte particulièrement difficile : Il est nommé  patron de la Direction des Opérations en juin 2004, en remplacement de James Pavitt, qui vient de démissioner suite au scandale des Armes de destruction massives en Irak: Bien que Georges W.Bush affirme haut et fort que Saddam Hussein est en possession d'un dangereux arsenal d'armes chimiques, biologiques et nucléaires, il s'avérera après coup qu'il n'en est rien..La CIA ayant fourni certaines informations allant en ce sens s'en trouve décridibilisée , d'ou la démission de Pavitt, suivie par celle de Georges Tenet, le Directeur de la CIA et son remplacement par Porter Goss.Précédemment,c'est Alan Foley, Directeur du WINPAC ,chargé de l'analyse des informations relatives aux armements des autres pays ,et Tyler Drumhueller, patron de la Division Europe de l'Ouest de la Direction des Opérations de la CIA, qui ont claqués la porte.

Très vite, le ton monte entre Goss et Kappes. Une des raisons est la découverte après la réouverture en 2000 de l'ambassade américaine a Belgrade (Fermée suite a la Guerre du Kosovo) que certains documents secrets de la station de la CIA a Belgrade n'avaient pas été détruits durant l'évacuation..Kappes estimera que il n' y a pas eu divulgation des documents et s'opposera a toute sanction contre le chef de station, au contraire de Goss. Ce sera une des raisons du départ de Kappes en novembre 2004 , accompagné de Michaël Sulick, n°2 de la Direction des Opérations de la CIA.Il ne sera pas le seul a quitter Langley: Parmi les démissionaires on note Rolf Mowatt-Larssen, qui a remplacé Drumhueller a la tête de la Division Europe de l'Ouest; John R.Sano, ADDO ;Arthur Brown, qui a entre autres dirigé les stations de la CIA en Birmanie, en Corée du Sud et a Tokyo et qui est a la tête de la Division Asie; Robert Richer, chef de la Division Moyen-Orient de la Direction des Opérations (Auparavant chef de station a Oman et en Jordanie) part dans le domaine privé chez Blackwater.

Démissionant de la CIA en novembre 2004 suite au conflit avec le directeur de la CIA Porter Goss, il part pour Londres pour occuper un poste dans la firme de sécurité privée ArmorGroup International ,avant d'être rappelé a la CIA et  nommé a la mi-2006 Directeur-adjoint de la CIA par le nouveau Directeur de la CIA Michaël Hayden, visiblement soucieux de mettre fin a l'ère Goss, qui n'apparaît pas avoir été appréciée a la CIA.. Kappes semble d'être surtout spécialisé sur le Moyen-Orient durant sa carrière, avec priorité pour l'Iran. Il se rendra d'ailleurs en février 2007 au Pakistan pour rencontrer des responsables de l'ISI, le service de renseignement pakistanais, et le général Musharraf en personne. But de la visite: Montrer aux autorités pakistanaises que Al-Qaîda se réactive sur le territoire pakistanais. Plus récémment, il aurait semblé convaincu, selon des sources de la CIA -a prendre avec prudence- par le récent NIE affirmant que l'Iran a cessé son programme nucléaire..

18/11/2007

Interview de Nikolaï Patrushev, Directeur du FSB (En russe ).

 

8e98f5128e3e7d74b3dabde640139b3f.jpg Interview donnée par Nikolaï Platonovitch Patrushev (photo) ,directeur du FSB , le service de sécurité intérieure et de contre-espionnage russe , au journal "Arguments et faits" ( Argumentii i fakti).

 

Контрразведка: шпионов сегодня ловят так...Опубликована: 10.10.2007 16:56:30


Сегодня Россия является объектом пристального внимания нескольких десятков иностранных разведывательных служб. За какими секретами охотятся иностранные шпионы и как работает российская контрразведка, главному редактору «АиФ» Николаю Зятькову рассказал директор ФСБ России генерал армии Николай Патрушев
- Николай Платонович, с чем связана активизация в последние годы разведдеятельности иностранных спецслужб в отношении России?

 

— Деятельность иностранных разведок в отношении нашего государства всегда была масштабна, а их активность не снижалась. При этом расходы ведущих иностранных держав на содержание спецслужб ежегодно увеличиваются на 15-20%. Прежде всего они интересуются сведениями о политической и социально-экономической обстановке в России, шагах руководства страны, направленных на укрепление государственности, территориальной целостности и экономики, отстаивание национальных интересов на международной арене, в том числе о реакции на развитие событий в странах СНГ. Особенно интересует зарубежные разведорганы состояние боеготовности, ход реорганизации российских Вооружённых сил, в первую очередь их ракетно-ядерной составляющей, развитие оборонно-промышленного комплекса, передовые образцы вооружений и военной техники, перспективные научные исследования, положение на Северном Кавказе и в регионах Дальнего Востока, Сибири, сырьевые ресурсы и инфраструктура их транспортировки.

В настоящее время значительные усилия зарубежных спецслужб направлены на получение информации о ситуации, связанной с предстоящими выборами в Государственную думу и Президента Российской Федерации. Большой интерес с их стороны проявлен к расстановке политических сил, характеризующих данных кандидатов в депутаты и на пост главы страны, деятельности оппозиции. Кроме того, они пытаются в выгодном руководству своих государств русле оказывать влияние на протестные настроения и выступления в России.

Помимо этого в ряде западных держав продолжают сохранять свои позиции политики, всё ещё мыслящие категориями времён «холодной войны». В духе школы Бжезинского ими прилагаются значительные усилия для того, чтобы воспрепятствовать России стать равноправным участником международных отношений, предъявляются претензии на наши территории и национальные богатства. Ставя распад СССР себе в заслугу, они теперь вынашивают планы, направленные на расчленение России. Специальные службы и организации ими рассматриваются в качестве достаточно эффективного инструмента их реализации.

Грузия и Польша на службе ЦРУ

- Спецслужбы каких государств особенно активны в этом плане?

— Несмотря на известные всем глобальные изменения, произошедшие в конце 80-х — начале 90-х гг. прошлого века, спецслужбы государств — членов НАТО по-прежнему весьма активны в отношении России. Причём в этом ряду особо следует выделить Великобританию, спецорганы которой не только ведут разведку по всем направлениям, но и стараются повлиять на развитие внутриполитической ситуации в нашей стране.

Отличаются своими действиями и турецкие спецслужбы, которые стремятся создавать и развивать позиции среди политической элиты и представителей крупного бизнеса в российских регионах компактного проживания мусульман. Пакистанская разведка стремится получить доступ к технологиям военного и двойного назначения, а также добыть сведения в отношении военно-технического сотрудничества России с рядом стран.

ЦРУ и СИС (основные разведорганы США и Великобритании. — Ред.) продолжают привлекать к работе на российском направлении своих партнёров из Польши, Грузии, стран Балтии и некоторых других.

- Удивляет, что против России активно действуют польские, прибалтийские и тем более грузинские спецслужбы.

— А что здесь удивительного? Американские и британские спецслужбы оказывают серьёзное влияние на специальные органы как этих государств, так и некоторых других стран Восточной Европы. Это относится к самому широкому спектру: от формирования кадрового состава и распределения бюджета до выбора стратегических направлений деятельности и непосредственной организации совместных разведмероприятий.

В угоду интересам «старших партнёров» и в соответствии с конъюнктурными соображениями политического руководства своих стран упомянутые разведки проводят операции, выходящие далеко за рамки их национальных интересов.

Так, на территории указанных стран развёрнута работа, целью которой является вербовка российских граждан, проводятся операции по связи с агентурой. При этом некоторые из американских и английских союзников действуют весьма агрессивно. Кроме того, отдельные сотрудники спецслужб Грузии не брезгуют поддерживать связи с криминалитетом и всё чаще использовать его в разведывательных акциях и различных провокациях.

- В последнее время в различных источниках часто появляется информация о провалах британской разведки…

— Противодействуя британской разведке, мы всегда учитывали её многовековые традиции и огромный опыт в агентурной работе. Нам известны как её сильные стороны, так и слабые. Со времён королевы Елизаветы I сотрудники СИС руководствуются принципом «Цель оправдывает средства». Деньги, подкуп, шантаж, освобождение от наказания за совершённые преступления — их основные методы вербовки.

Разоблачённые нашей контрразведкой в разное время агенты занимали достаточно высокое должностное положение. Это бывшие ответственные сотрудники военной разведки Скрипаль, МИДа — Обухов, внешней разведки — Гордиевский и Оямяэ.

Вместе с тем в последнее время для достижения определённых политических целей англичане сделали ставку на лиц, обвиняемых в совершении уголовных преступлений и скрывающихся за рубежом от российского правосудия. Читатели, несомненно, помнят публикации в различных СМИ на тему обращения в органы безопасности российского гражданина Вячеслава Жарко с заявлением о его вербовке сотрудниками СИС при активном участии Березовского и Литвиненко.

Всё это не могло не сказаться на качестве работы британской разведки — отсюда и провалы.

Среди шпионов — военные и учёные

- Какие подразделения ФСБ России занимаются непосредственно контрразведкой?

— Главные задачи по противодействию спецслужбам иностранных государств возложены на Службу контрразведки, название которой говорит само за себя. Помимо этого она участвует в оперативном прикрытии государственной границы, совместно с другими подразделениями ФСБ России обеспечивает безопасность представительств иностранных государств на территории нашей страны, а также российских учреждений и граждан за рубежом во взаимодействии с заинтересованными ведомствами.

Значительная роль в защите сведений, составляющих государственную тайну, и борьбе с научно-техническим и экономическим шпионажем принадлежит Службе экономической безопасности. Обеспечением безопасности в Вооружённых силах, в том числе и противодействием иностранным разведкам, занимается Департамент военной контрразведки. Противодействием вниманию зарубежных спецслужб к самим органам безопасности занимается Управление собственной безопасности.

Под руководством этих подразделений организуют свою деятельность территориальные органы безопасности, органы безопасности в войсках и иных воинских формированиях, оперативно-технические и научно-технические структуры. В целом можно сказать, что в контрразведывательной деятельности участвуют в той или иной степени все наши подразделения.

- И каковы результаты их работы?

— За период с 2003 года выявлено более 270 активно действовавших кадровых сотрудников и 70 агентов иностранных разведок, в числе которых 35 российских граждан. Предупреждены преступные действия ещё 6 граждан нашей страны, намеревавшихся инициативно передать зарубежным спецслужбам сведения, составляющие государственную тайну.

В качестве примеров можно привести разоблачение и осуждение на длительные сроки лишения свободы упомянутых Оямяэ, Скрипаля, Обухова, а также Сыпачёва, Думенкова, Смаля, Белошапкина, Запорожского и других.

Только в текущем году пресечена деятельность 14 кадровых сотрудников и 33 агентов спецслужб иностранных государств. В частности, судом признан виновным в совершении преступления, предусмотренного ст. 275 Уголовного кодекса (государственная измена), бывший военнослужащий Шабатуров, который с 1999 года сотрудничал с разведслужбой одного из западноевропейских государств и выдал ей сведения о ряде сотрудников российской военной разведки. Совсем недавно, 12 сентября, по этой же статье осуждён бывший сотрудник одного из НИИ Минобороны России Арсентьев, передавший иностранной спецслужбе сведения, составляющие государственную тайну. Сейчас в суде рассматривается уголовное дело ещё на одного человека, а в отношении троих ведётся следствие.

Камень с электронной начинкой

- Какие новинки шпионской техники используют иностранные разведки?

— Разведки стремятся обеспечить своих агентов созданной на основе новейших достижений науки специальной техникой, которая позволяла бы им действовать тайно.

Например, одним из самых уязвимых мест в деятельности спецслужб являются операции по связи, поэтому их техническому обеспечению уделяется самое пристальное внимание.

В частности, такие технические средства использовались сотрудниками резидентуры СИС, действовавшими под прикрытием дипломатических должностей посольства Великобритании в России и разоблачёнными в декабре 2005 года.

К техническим новинкам спецслужб Великобритании можно отнести и специальное устройство, замаскированное под аккумуляторную батарею портативного компьютера, работающее на тех же частотах, что и большинство мобильных телефонов. Им англичане снабдили одного из своих агентов. Сотрудник резидентуры, находясь на удалении и не вступая непосредственно в контакт с агентом, мог считывать с «аккумулятора» информацию и передавать собственную. Кроме того, российскому гражданину была передана программа, которая позволяла ему работать на компьютере, не оставляя никаких следов на жёстком диске.

Также зарубежные разведорганы всё чаще пытаются использовать, в частности, возможности Интернета.

- В последние годы мы часто слышим о том, что иностранные разведки используют в своей работе неправительственные организации…

— Действительно, в арсенале иностранных спецслужб есть практика использования неправительственных организаций (НПО) как для добывания разведывательной информации, так и в качестве инструмента оказания скрытого влияния на политические процессы. Примеры тому можно найти, анализируя события, происходившие во время так называемых «цветных революций» на Украине, в бывшей Югославии, в Грузии и некоторых других странах. Немалую роль в них сыграли молодёжные организации, члены которых были подготовлены на зарубежные средства.

Существует также угроза финансирования через возможности отдельных иностранных НПО фактически подрывной деятельности против России. Она зачастую исходит от международных террористических организаций, которые используют отдельные НПО в собственных интересах, в частности для финансовой поддержки бандформирований на Северном Кавказе. Всё это мы учитываем при организации нашей контрразведывательной деятельности.

Внимательно изучаем и зарубежный опыт. Так, в Соединённых Штатах Америки разработан новый порядок выделения Агентством США по международному развитию грантов неправительственным организациям, который предусматривает ужесточение контроля за их деятельностью, в том числе со стороны спецслужб. Это позволит американским компетентным органам предотвращать использование выделяемых НПО средств в ущерб национальной безопасности своей страны.

- Как изменилась ситуация в условиях действия нового российского закона о неправительственных организациях?

— Изменения, внесённые в нормативный правовой акт, касаются общегосударственных мер по упорядочению деятельности НПО. Они не затрагивают прав ФСБ России — у нас не добавилось ни функций, ни полномочий.

Хотел бы особо отметить, что мы понимаем важную роль неправительственных организаций в развитии и укреплении гражданского общества в нашей стране и заинтересованы в их деятельности. Внимание же контрразведки привлекают те НПО или их сотрудники, которые занимаются противоправной деятельностью, относящейся к нашей компетенции. Например, это могут быть попытки получить неправомочный доступ к сведениям, составляющим государственную тайну, или совершение иных действий, угрожающих безопасности России. Естественно, что такая деятельность очень далека от официально заявляемых целей.

Общий враг России, США и Англии

- Вы неоднократно подчёркивали важность международного сотрудничества спецслужб в условиях возрастания террористических угроз. Как это можно соотнести с работой контрразведки?

— Несмотря на остроту противоборства с иностранными разведками, мы хорошо понимаем, что есть сферы, где спецслужбам необходимо взаимодействовать, в первую очередь это борьба с международным терроризмом.

По нашему мнению, нам удалось сформировать достаточно действенную систему международного сотрудничества. На сегодняшний день сохраняется устойчивая тенденция к расширению его масштабов. Наша служба поддерживает активные контакты со 136 органами безопасности и спецслужбами 76 стран.

Наиболее тесные отношения у нас сложились с коллегами из стран — участниц СНГ в рамках Совета руководителей органов безопасности этих государств (СРОБ). В последние годы к его работе проявляют всё больший интерес наши партнёры из дальнего зарубежья. Так, на заседания совета приглашаются в качестве наблюдателей представители спецслужб Италии, Франции, Германии и Испании. Кроме того, используются механизмы взаимодействия по линии рабочих органов «восьмёрки», институтов ООН, ЕС и ОБСЕ, ШОС и других международных или региональных организаций. Расширяется и сотрудничество в пограничной сфере — повышается эффективность работы Пограничного комитета Союзного государства России и Белоруссии, Совета командующих Пограничными войсками стран СНГ, Совета по пограничным вопросам государств — членов ЕврАзЭС и ряда других структур.

Развитию партнёрских отношений служат ежегодно организуемые ФСБ России мероприятия более широкого формата — международные совещания руководителей спецслужб, органов безопасности и правоохранительных органов. В работе шестого совещания, которое прошло 6-7 сентября в Хабаровске, участвовали представители 53 стран и 4 международных организаций. В ходе этой встречи состоялся конструктивный и весьма полезный обмен мнениями по наиболее актуальным проблемам борьбы с терроризмом.

17/11/2007

Le livre vert de l'IRA

Le "livre vert" est un manuel de l'IRA, Irish Republican Army, sur la conduite que doivent adopter les membres de l'organisation dans le cadre de leurs activités.

 

 

Irish Republican Army
 
The Green Book I
 
Commitment to the Republican Movement is the firm belief that its struggle both military and political is morally justified, that war is morally justified and that the Army is the direct representative of the 1918 Dail Eireann Parliament, and that as such they are the legal and lawful government of the Irish Republic, which has the moral right to pass laws for, and to claim jurisdiction over the territory, air space, mineral resources, means of production, distribution and exchange and all of its people regardless of creed or loyalty.
The most important thing is security. That means you:
 
DON`T TALK IN PUBLIC PLACES:
 
YOU DON`T TELL YOUR FAMILY, FRIENDS, GIRLFRIENDS OR WORKMATES THAT YOU ARE A MEMBER OF THE I.R.A. DON`T EXPRESS VIEWS ABOUT MILITARY MATTERS, IN OTHER WORDS YOU SAY NOTHING to any person. Don’t be seen in public marches, demonstrations or protests. Don’t be seen in the company of known Republicans, don’t frequent known Republican houses. Your prime duty is to remain unknown to the enemy forces and the public at large.
 
Another important thing volunteers must realise and understand is the danger in drinking alcohol and the very real danger of over-drinking. Quite a large body of information has been gathered in the past by enemy forces and their touts from volunteers who drank.Volunteers are warned that drink-induced loose talk is the MOST POTENTIAL DANGER facing any organisation, and in a military organisation it is SUICIDE.
 
[The recruit learns from Day One that:]
 
The Irish Republican Army, as the legal representatives of the Irish people, are morally justified in carrying out a campaign of resistance against foreign occupation forces and domestic collaborators. All volunteers are and must feel morally justified in carrying out the dictates of the legal government; they as the Army are the legal and lawful Army of the Irish Republic which has been forced underground by overwhelming forces.
 
The Army as an organisation claims and expects your total allegiance without reservation. It enters into every aspect of your life. It invades the privacy of your home life, it fragments your family and friends, in other words claims your total allegiance.All potential volunteers must realise that the threat of capture and of long jail sentences are a very real danger and a shadow which hangs over every volunteer. Many in the past have joined the Army out of romantic notions, or sheer adventure, but when captured and jailed they had after-thoughts about their allegiance to the Army. They realised at too late a stage that they had no real interest in being volunteers. This causes splits and dissension inside prisons and divided families and neighbours outside. Another important aspect all potential volunteers should think about is their ability to obey orders from a superior officer. All volunteers must obey orders issued to them by a superior officer whether they like the particular officer or not.
 
Before any potential volunteer decides to join the Irish Republican Army he should understand fully and clearly the issues involved. He should not join the Army because of emotionalism, sensationalism, or adventurism. He should examine fully his own motives, knowing the dangers involved and knowing that he will find no romance within the Movement. Again he should examine his political motives bearing in mind that the Army are intent on creating a Socialist Republic.
 
Volunteers are expected to wage a military war of liberation against a numerically superior force. This involves the use of arms and explosives. Firstly the use of arms. When volunteers are trained in the use of arms they must fully understand that guns are dangerous, and their main purpose is to take human life, in other words to kill people, and volunteers are trained to kill people. It is not an easy thing to take up a gun and go out to kill some person without strong convictions or justification. The Army, its motivating force, is based upon strong convictions which bonds the Army into one force and before any potential volunteer decides to join the Army he must have these strong convictions. Convictions which are strong enough to give him confidence to kill someone without hesitation and without regret. Again all people wishing to join the Army must fully realise that when life is being taken, that very well could mean their own. If you go out to shoot soldiers or police you must fully realise that they too can shoot you.Life in an underground army is extremely harsh and hard, cruel and disillusioning at times. So before any person decides to join the Army he should think seriously about the whole thing.
 
The nationhood of all Ireland has been an accepted fact for more than 1,000 years and has been recognised internationally as a fact. Professor Edmund Curtis, writing of Ireland in 800 AD says that ‘she was the first nation North of the Alps to produce a whole body of literature in her own speech’, and he is told how the Danes were driven out or assimilated by a people ‘whose civilisation was a shining light throughout Europe’, prior to the Norman invasion of 1169 with which there ‘commenced more than 8 centuries of RELENTLESS AND UNREMITTING WARFARE that has lasted down to this very day’.
 
The objective of the 800 years of oppression ‘is economic exploitation with the unjustly partitioned 6 counties remaining Britain’s directly controlled old-style colony’ and the South under the ‘continuing social, cultural, and economic domination of London’. This last led to Irish savings being invested in England ‘for a higher interest rate’ and many hundreds of thousands of boys and girls from this country had to emigrate to England to seek the employment which those exported savings created.
 
Another aspect of economic imperialism at work is the export of raw, unprocessed materials: live cattle on the hoof, mineral wealth, fish caught by foreign trawlers etc. Further, from 1958 on, the Free State abandoned all attempts to secure an independent economy, and brought in foreign multi-national companies to create jobs instead of buying their skills and then sending them home gradually.
 
‘Africanisation’ is the word for this process elsewhere. Control of our affairs in all of Ireland lies more than ever since 1921 outside the hands of the Irish people.
 
The logical outcome of all this was the full immersion in the E.E.C. in the 1970’s. The Republican Movement opposed this North and South in 1972 and 1975 and continues to do so. It is against such political economic power blocks East and West and military alliances such as NATO and the Warsaw Pact. It stands with our Celtic brothers and the other subject nations of Europe, and with the neutral and non-aligned peoples of the Third World; it seeks a third, socialist alternative which transcends both Western individualistic capitalism and Eastern state capitalism, which is in accordance with our best revolutionary traditions as a people.
 
The position of the Irish Republican Army since its foundation in 1916 has been one of sustained resistance and implacable hostility to the forces of imperialism, always keeping in the forefront of the most advanced revolutionary thinking and the latest guerrilla warfare techniques in the world.
 
The milestones, the battle honours won, the bloodstained trail of sacrifice, imprisonment, hunger strikes, executions, yet with telling blows delivered to the enemy, often in the heart of British imperialism itself, commanding the open admiration of freedom-loving peoples around the world.
 
Note: The moral position of the Irish Republican Army, its right to engage in warfare, is based on:
 
a) The right to resist foreign aggression
 
b) The right to revolt against tyranny and oppression
 
c) The direct lineal succession with the Provisional Government of 1916, the first Dail of 1919 and the second Dail of 1921.
 
In 1938 the seven surviving faithful Republican Deputies delegated executive powers to the Army Council of the I.R.A. as per the 1921 resolution. In 1969 the sole surviving Deputy, Joseph Clarke, reaffirmed publicly that the then Provisional Army Council and its successors were the inheritors of the first and second Dail as a Provisional Government.
 
Economic imperialism is evident on every main road and city street of Ireland: in Banking, Insurance, Merchant Marine, the Motor Industry, Mining, Fisheries, Industry in general, I.C.I., cultural imperialism epitomised in the Conor Cruise O’Briens of this Island, has been reinforced since the Treaty sell-out by successive Free State Governments via mass media, R.T.E., and the press and through education.
 
The injustice of being as an individual politically impotent, the injustice of unemployment, poverty, poor housing, inadequate social security, the injustice of the exploitation of our labour, our intelligence and our natural resources, the injustice of the bloody-minded destruction of our culture, our language, music, art, drama, customs, the inherent injustice of the state repression which is necessary to maintain the present system as a whole.
 
[So long as partition lasts a unified national concentration on correcting these injustices is not possible. ‘We must therefore first of all break the British connection’. The I.R.A. promises a democratic and socialist state]:
 
A Government system which will give every individual the opportunity to partake in the decisions which will affect him or her: by decentralising political power to the smallest social unit practicable where we would all have the opportunity to wield political power both individually and collectively in the interests of ourselves and the nation as a whole. Socially and Economically we will enact a policy aimed at eradicating the Social Imperialism of today, by returning the ownership of the wealth of Ireland to the people of Ireland through a system of co-operativism, worker ownership, and control of the industry, Agriculture and the Fisheries.
 
Culturally we would hope to restore Gaelic, not from the motivation of national chauvinism but from the viewpoint of achieving with the aid of a cultural revival the distinctive new Irish Socialist State: as a Bulwark against imperialist encroachments from whatever quarter. Internationally our alignment would hopefully be with the progressive Governments or former colonies like ourselves with the dual purpose of mutual advantage and of curbing the endeavours of imperialistic military and economic power blocs throughout the world.
 
A new recruit’s immediate obstacle is the removal of his (her) ignorance about how to handle weapons, military tactics, security, interrogations etc. An O.C.’s might be how to put a unit on a military footing; an I.O.’s how to create an effective intelligence network; a Cumann Chairman’s how best to mount a campaign on a given issue, e.g. H Blocks etc., and for all members of the movement regardless of which branch we belong to, to enhance our commitment to and participation in the struggle through gaining as comprehensive an understanding as possible of our present society and the proposed Republican alternative through self and group education.
 
Before we go on the offensive politically or militarily we take the greatest defensive precautions possible to ensure success, e.g. we do not advocate a United Ireland without being able to justify our right to such a state as opposed to partition; we do not employ revolutionary violence as our means without being able to illustrate that we have no recourse to any other means. Or in more everyday simple terms: we do not claim that we are going to escalate the war if we cannot do just that; we do not mount an operation without first having ensured that we have taken the necessary defensive precautions of accurate intelligence, security, that weapons are in proper working order with proper ammunition and that the volunteers involved know how to handle interrogations in the event of their capture etc., and of course that the operation itself enhances rather than alienates our supporters.
 
Even the given situations of adequate bomb warnings are exploited which is again our mistake in not having sufficiently considered our defensive before going on the offensive: the so-called Bloody Friday being the prime example. Either we did not stop to consider that the enemy would ‘Dirty Joe’ us on the warnings or we overestimated the Brits’ ability to handle so many operations. But regardless of which is the case we made the mistake and the enemy exploited it.
 
Other more everyday examples: the enemy exploits the mistake of a volunteer who stays in his own home by arresting him; he exploits the careless dumping of war materials by lifting them or, as is the most recent tactic, by assassinating volunteers who return to pick the materials up; he exploits I.R.A.-sticky [Official IRA] confrontations by staying out of the way to allow the subsequent detrimental publicity and effect on support to run its course; he exploits I.R.A.- Loyalist confrontations by moving in behind the I.R.A. unit and attacking it, plus again the detrimental international publicity.
 
We exploit the enemy’s mistakes by propagating the facts. So it was with their murderous mistakes of the Falls Road curfew, Bloody Sunday and internment, which were exploited to our advantage support-wise as was the murder of John Boyle in Dunloy.
 
Tactics are dictated by the existing conditions. Here again the logic is quite simple. Without support Volunteers, Dumps, Weapons, Finance, etc., we cannot mount an operation, much less a campaign. In September 1969 the existing conditions dictated that the Brits were not to be shot, but after the Falls curfew all Brits were to the people acceptable targets. The existing conditions had been changed.
 
Likewise at present, for example, although the leadership of the S.D.L.P. has proved itself to be collaborationist and thus an enemy of the people, at various stages since 1974 we could have employed the tactic of making them subjects of ridicule by tarring and feathering them when for instance they were members of an Executive which tortured and interned Irishmen, which penalised rent and rates strikers etc., or when they recently declared at Westminster in a debate on H Block that ‘ Life should mean Life and there should be no Political Status’. The defensive precaution in the latter example being of course that the people be made aware beforehand that they actually did make such an utterance.
 
The rule of thumb for all our actions can therefore be clearly seen to be that we must explain by whatever means we have at our disposal why we bomb, why we punish criminals, why we execute informers etc.
 
We do not exclude taking an action which does not completely fill the criteria of this analysis on how to conduct the struggle. Many instances have arisen and will arise again when we have had to step outside these general terms of reference to our immediate detriment propaganda-wise and support-wise. However even in such an eventuality, if we rationalise our action, get our defensive before our offensive, try to ensure that we have an alternative, relatively unaffected area of support from which to operate if the support in the area which the detrimental but unavoidable action takes place, we are adhering as best as possible under the circumstances to a proper conduct of the war.
 
THE ENEMY: CATEGORISE - CURE:
 
The enemy, generally speaking, are all those opposed to our short-term or long-term objectives. But having said that, we must realise that all our enemies are not the same and therefore there is no common cure for their enmity. The conclusion then is that we must categorise and then suggest cures for each category.Some examples: We have enemies through ignorance, through our own fault or default and of course the main enemy is the establishment.
 
The enemy through ignorance we attempt to cure through education though such an attempt is obviously futile if we do not firstly educate ourselves. Our means are marches, demonstrations, wall slogans, press statements, Republican press and publications and of course person-to-person communication. But as has already been stated, we must first educate ourselves, we must organise the protests and demonstrations efficiently, we must be prepared to paint the wall slogans and to sell and contribute to Republican press, Publications and Press statements.
 
The enemy through our own fault or default is the one we create ourselves through our personal conduct and through our collective conduct of the struggle: the wee woman whose gate or back door gets pulled off its hinges by a volunteer evading arrest and who doesn’t get an apology as soon as possible afterwards or more preferably has the damage repaired by one of our supporters; the family and neighbours of a criminal or informer who has been punished without their being informed why. In brief our personal conduct as well as our conduct of our Republican activities must be aimed at if not enhancing support, at least not creating enemies unnecessarily.
 
The establishment is all those who have a vested interest in maintaining the present status quo in politicians, media, judiciary, certain business elements and the Brit war machine compromising the Brit Army, U.D.R., R.U.C. ( r ) [reserve], Screws, Civilian Searchers. The cure for these armed branches of the establishment is well known and documented. But with the possible exceptions of the Brit Ministers in the ‘Northern Ireland Office’ and certain members of the judiciary, the overtly unarmed branches of the establishment are not so clearly identifiable to the people as our enemies as say armed Brits or R.U.C.
 
It is our task therefore to clearly identify them to the people as such and again depending on the existing conditions and our ability to get our defensive before our defensive, effect a cure. Execution, as earlier stated is not the only way of making this category of establishment enemy ineffective: we can variously expose them as liars, hypocrites, collaborators, make them subjects of ridicule etc., e.g. The ‘Mason-Superthug’ poster image, the ‘Captain Nervewreck’ cartoon strip, the Conor ‘Booze’ O’Brien pun etc.
 
GUERILLA STRATEGY:
 
Many figures of speech have been used to describe Guerrilla Warfare, one of the most apt being ‘The War of the Flea’ which conjured up the image of a flea harrying a creature of by comparison elephantine size into fleeing (forgive the pun). Thus it is with a Guerrilla Army such as the I.R.A. which employs hit and run tactics against the Brits while at the same time striking at the soft economic underbelly of the enemy, not with the hope of physically driving them into the sea but nevertheless expecting to effect their withdrawal by an effective campaign of continuing harassment contained in a fivefold guerrilla strategy.
 
The strategy is:
 
1. A War of attrition against enemy personnel which is aimed at causing as many casualties and deaths as possible so as to create a demand from their people at home for their withdrawal.
 
2. A bombing campaign aimed at making the enemy’s financial interest in our country unprofitable while at the same time curbing long term financial investment in our country.
 
3. To make the Six Counties as at present and for the past several years ungovernable except by colonial military rule.
 
4. To sustain the war and gain support for its end by National and International propaganda and publicity campaigns.
 
5. By defending the war of liberation by punishing criminals, collaborators and informers.
 
While one of our chief considerations in deciding tactics is the concern for our friends, relatives, neighbours, our people in the midst of whom we operate, the enemy is simply dealing with an impersonal, inferior foreigner, a ‘Paddy’, ‘Musck-Savage’ or ‘Bog-Wog’, and with the great added advantage of all the resources and back up of a conventional army, para-military police, etc., e.g. M.R.F., S.A.S., plain clothes units, covert surveillance teams etc. At this juncture the most obvious differences between the Brits and the I.R.A. volunteer, apart from the fact that the Brit is an uninvited armed foreigner who has no moral or historical justification for being here in the first place, are those of support, motivation and freedom of personal initiative. The Brits support, his billets, dumps, weapons, wages, etc., are all as stated earlier provided for by involuntary taxation. His people who pay the taxes have never indicated nor indeed have they been asked to indicate by any democratic means their assent to his being here at their expense. The I.R.A. volunteer receives all his support voluntarily from his people.
 
A member of the I.R.A. is such by his own choice, his convictions being the only factor which compels him to volunteer, his objectives the political freedom and social and economic justice for his people. Apart from the few minutes in the career of the average Brit that he comes under attack, the Brit has no freedom or personal initiative. He is told when to sleep, where to sleep, when to get up, where to spend his free time, etc.
 
The I.R.A. volunteer, except when carrying out a specific army task, acts most of the time on his own initiative and must therefore shoulder that responsibility in such a way that he enhances our necessary stated task of ensuring that his conduct is not a contributory factor to the Brit attempt to isolate us from our people.
 
By now it is clear that our task is not only to kill as many enemy personnel as possible but of equal importance to create support which will carry us not only through a war of liberation which could last another decade but which will support us pas t the ‘Brits Out’ stage to the ultimate aim of a Democratic Socialist Republic.
 
Resistance must be channelled into active and passive support with an on-going process through our actions, our education programmes, our policies, of attempting to turn the passive supporter into a dump holder, a member of the movement, a paper seller etc., with the purpose of building protective support barriers between the enemy and ourselves, thus curbing the enemy’s attempted isolation policy. And of course the more barriers there are, the harder it is for the enemy to get at us while at the same time we increase the potential for active support in its various forms.
 
The immediate protective barriers are of course, our own security, the other branches of the movement, our billets, etc. But we must build up other barriers by championing the various causes in our support areas through involvement in the various enemy structures which have been brought down as a result of the war: Policing, Transport, Bin-Collection, Advice-Centres, etc. The alternative to our plotting such a course is obvious. IF, for example, we have an area with a unit of I.R.A. volunteers and nothing else: No Sinn Fein Cumann, no Green Cross committee, no local involvement, etc., after a period, regardless of how successfully they have been against the Brits, they end up in jail leaving no structures behind: no potential for resistance, recruits, education or general enhancing of support.
 
[It will be seen from the foregoing that despite all the political and military training and advice, the recruit must be warned that jail is something he will almost inevitably experience. Interrogations are frequently simulated in training to increase the volunteers’ awareness of what confronts them, which brings us to Green Book II]
 
 

Irish Republican Army
 
The Green Book II
 
Volunteers Oath
"I do solemnly promise to uphold and have belief in the objectives of the IRA and obey all orders issued to me by the Army Council and all my superior officers"
 
ANTI-INTERROGATION
 
I. ARREST
Most volunteers are arrested on or as a result of a military operation. This causes an initial shock resulting in tension and anxiety. All volunteers feel that they have failed, resulting in a deep sense of disappointment. The police are aware of this feeling of disappointment and act upon this weakness by insults such as “you did not do very well: you are only an amateur: you are only second-class or worse”. While being arrested the police use heavy-handed `shock` tactics in order to frighten the prisoner and break down his resistance. The prisoner is usually dragged along the road to the waiting police wagon, flung into it, followed by the arresting personnel, e.g., police or Army. On the journey to the detention centre the prisoner is kicked, punched and the insults start. On arrival he is dragged from the police wagon through a gauntlet of kicks, punches and insults and flung into a cell.
 
What A Volunteer Should Do When Arrested
 
1. The most important thing to bear in mind when arrested is that you are a volunteer of a revolutionary Army, that you have been captured by an enemy force, that your cause is a just one, that you are right and that the enemy is wrong and that as a soldier you have taken the chance expected of a soldier and that there is nothing to be ashamed of in being captured.
 
2. You must bear in mind that the treatment meted out to you is designed to break you and so bleed you of all the information you may have with regard to the organisation to which you belong.
 
3. They will attempt to intimidate you by sheer numbers and by brutality. Volunteers who may feel disappointed are entering the first dangerous threshold because the police will act upon this disappointment to the detriment of the volunteer and to the furtherment of their own ends. Volunteers must condition themselves that they can be arrested and if and when arrested they should expect the worse and be prepared for it.
 
II. INTERROGATION
 
After the prisoner has been placed in a cell, he may be left for some time alone. During this lull, police officers, `The Interrogators`, will crowd around the outside of the cell door from time to time, shouting threats and insults, telling the prisoner what they will do to him when they go into the cell.
 
After some time the interrogators will enter the cell and ask the prisoner to make a confession. During this period he may be subjected to assaults and abusive language, depending on the circumstances surrounding the charge. At this stage he will be fingerprinted and other questions will be put to him, related to the specific charge or other charges. Usually his name and address will be taken, place of employment, occupation, educational standard and so forth. After this he will be again isolated in his cell while his `interrogators` check his identity, usually with local police, his home and place of employment. In this period of time the police will attempt to establish his political beliefs, if any, his associates, his police record, if any, and in this way build up a file on him.
 
Most probably `his associates` and general pattern of movement will give a pretty good idea to the police, if the person is involved in or is sympathetic to a political organisation. Armed with this body of information the police will re-enter the cell and accuse the prisoner of all sorts of activity. If the evidence does not indicate a degree of guilt on the specific charge, he will be accused of all kinds of vague activity.
 
The purpose of these vague accusations is to implant a feeling of guilt in the prisoner. If, however, the police have some evidence or strong beliefs, linking him with a specific charge, pressure will be applied immediately. This pressure will take the form of physical and psychological torture, most probably he will be punched and kicked around the cell while they scream at him to make a confession, indicating to him that they know all. One or more of the interrogating officers will act in a particular and brutal manner, if they fail to get a confession or on admission of guilt they will leave the cell, telling the prisoner they will be back and threatening him with the most barbaric forms of torture, implying that they extracted confessions from better men than he.
 
Another set of interrogators will enter the cell, possibly carrying a file with the prisoner’s name written on it. They will act quite friendly and sympathetic towards him, telling him that they do not condone the activity of the previous interrogators, that they were mad, crazy and possibly they will kill him when they come in later, they will go to extremes to impress the prisoner of their own sympathy towards him, and ask him to make a confession to them indicating that they do not want the previous interrogators `to get at him again`.
 
They will probably guarantee him that if he makes the confession they will not allow the former interrogators to re-enter the cell, this will be coupled with a warning that otherwise they cannot guarantee him safety. When the prisoner refuses to confess they will pretend to become very annoyed and disappointed at his lack of co-operation. They may strike him across the face or in the stomach while telling him that he ought to be thankful to them, that they saved him from the previous interrogators and indicating that his behaviour and attitude is a thankless way to repay their kindness.
 
The interrogators will then open up a file and pretend to read extracts from it, related to the prisoner’s past life and activities, even the most intimate and private aspects of his life will be read to him, and possibly a general account of his movements and associates. Most of this information may have been supplied by his friends, employer, school, family, or girlfriend, it may also be `Pub Talk`, local gossip, information supplied by touts or information extracted from other prisoners. This detailed information is designed to frighten the prisoner and to shatter his confidence in his associates and organisation. If, however, they get no confession, they will leave the cell, but before doing so they will give the prisoner their names and tell him to ask for them at any time he wishes to, again indicating that the next set of interrogators are crazy, drunk, and will do him severe damage, then they leave the cell.
 
After a period of time another set of interrogators will enter the cell, again these interrogators will be particularly brutal and nasty towards him. They will attack him immediately in a most hostile and vicious manner, suggesting to him that if he did not confess to the former interrogators he will confess to them, they will let him know that they have a reputation for getting confessions from people like him, implying that everyone they met confessed before they were finished with them.
 
The torture used will now take on a three-fold purpose:
 
1. Physical Torture.
 
2. Subtle Psychological Torture.
 
3. Humiliation.
 
1. Physical Torture
 
The physical torture will be in the form of beatings, kicking, punching and twisting of limbs, it may even be burning from cigarette ends.
 
2. Psychological Torture
 
This will be in the form of threats to his family, his friends and himself, e.g. threats of assassination and threats to castrate him
 
3. Humiliation
 
This takes the form of stripping the prisoner of his clothes and remarks passed about his sexual organs. This period of interrogation may last for as long as two hours or more and at the end of that period they may produce a factual or faked confession from an associate. Failing to get their confession they leave the cell, telling him they will be back and when they do come back they will break every bone in his body.
 
This process can continue for seven days without a break, the minimum of sleep is allowed and if they deem it necessary, no sleep will be allowed. Lack of sleep causes the prisoner to become confused.
 
Because of the existing laws which authorise the police to detain a person for seven days, it means in effect that the process of interrogation can continue to disorientate their victim, due in the main to lack of sleep.
 
Interrogation can have many different phases, depending on the evidence or information which the police have gathered. It is obvious that a volunteer captured carrying out an operation is already seen to be guilty, especially if captured with a weapon, bomb etc., in this case the police have all the evidence needed to obtain a conviction and interrogation becomes unnecessary. Most likely the volunteer will be beaten up in the police stations for what he has done, not for what he knows, if interrogated under these circumstances it will be to get information on the organisation to which he belongs and on his comrades. Another shady aspect directly related to interrogation is blackmail and bribe. When the police cannot obtain a confession they may attempt to blackmail the volunteer, this may be in the form of threats to spread scandalous stories about the volunteer, stories or threats may be designed to hit at the character of the volunteer such as a threat to tell his comrades or his organisation that he told everything or that he had been working for them for years. The other phase of this shady interrogation is bribe. A volunteer may be promised money, a passport and a safe passage to any country he so desires if he co-operates.
 
THE INTERROGATION - ANALYSIS
 
The best defence in anti-interrogation techniques is to understand the techniques as practised by police forces. The purpose of interrogation is to get a confession. If the interrogators knew what they were searching for there would be no need for interrogation, therefore interrogation is necessary only when the police are unaware of information, which would lead to a conviction. The best anti-interrogation is to SAY NOTHING. All police forces work from a story, suspicion or clue, therefore when a volunteer is arrested they strive to build on that clue, on that suspicion and the only way that can be done is to obtain information from their victim. They usually start by questioning their victim, writing down a recording of what he says, comparing this information with information already in their possession, looking for differences which contradict the information previously gained, going back to their victim, pointing out these differences, resulting in the victim changing his alibi in order to suit this difference. The police will again check this new story with other information and again look for a difference or mistake narrowing the prisoner’s alibi down until finally it breaks. All of these changes in his statements will be recorded and used as evidence against him, evidence which will without doubt be accepted by the court and so lead to his conviction. This cannot be over stressed: when arrested SAY NOTHING. Ask to see your solicitor and doctor immediately and keep on doing so.
 
DO NOT INDULGE IN CONVERSATION WITH THE POLICE.
 
After the prisoner had been placed in his cell, we have seen earlier in the lecture how the police had crowded outside the cell door shouting insults and banging on the door. The purpose of this exercise is to frighten the prisoner and so arouse anxiety in their victim. When anxiety has been aroused all natural, rational defence barriers break down or weaken. When this happens the prisoner becomes irrational and becomes more prone to interrogation, in other words an anxious man is easier to intimidate by interrogation than a cool, calculating person. During the time the prisoner is left alone in the cell he should, in as far is as possible, ignore the police, the threats and the insults and he should marshal all facts surrounding his arrest. He should bear in mind that he can be detained for no more than seven days if he remains silent or possibly years in prison if he speaks. Most volunteers speak from a sense of fear thinking mistakenly that if they speak, torture or ill treatment will not be used. It is a recorded fact that interrogators are guided by a simple rule of thumb: `If a prisoner won’t speak he may be innocent and interrogation may be a waste of time, if he speaks a little there is always more and so interrogation is necessary`, therefore the prisoner who speaks a little in order to avoid abuse is in effect inviting more abuse from his interrogators who will always assume there is something more. Therefore the best defence is to remain COOL, COLLECTED, CALM, and SAY NOTHING.
 
We have seen earlier in the lecture how the first batch of interrogators will enter the cell usually insulting, shouting and beating the prisoner. Volunteers should understand that this first batch of interrogators usually fingerprint, ask name, address etc. At this stage a little is known about the prisoner and therefore the task of the interrogator is to identify him positively. Again the prisoner must bear in mind that everything he says will be recorded and compared with existing information in the possession of the police. The purpose of abusing the prisoner at this stage is called the `softening up period`, usually one or more will act in a particularly nasty manner. This interrogation may last not more than one hour and is only a preliminary investigation. The purpose of using heavy-handed techniques and sheer hostility is an opening for the following batch of interrogators, whom we have seen act in a particularly sympathetic manner.
 
This set of interrogators, we have seen, acted in a friendly and sympathetic manner towards the prisoner, offering him cigarettes and friendship. Volunteers should be well aware and on guard against this feigned friendship. These interrogators pretend to be sympathetic towards the aims and objects of the movement, going to lengths to impress the volunteer, pretending that they too believe in a united Ireland. They will, no doubt, tell the volunteer that their father or grandfather was in the same organisation and that they were forced by economic circumstances to join the police force and they are now merely passing the time until they are pensioned off. They will try to convince the volunteer it is in his interest to make a confession to them in order to escape from the previous interrogators who, they claim, are anti-Republican and no and are not interested in getting a confession but are only interested in beating the prisoner up. The volunteer should understand that these seemingly kind police officers may be acting the tough cop with his comrades who had been or are arrested. Finally we have seen how these interrogators, pretending to become upset, had stretched forward and beat the volunteer about the face and body, declaring that their advice and friendship was being returned or repaid with a stubborn attitude and a refusal to make EVEN A PART OF A CONFESSION. This technique is as old as police forces, they attempt to win over the friendship and trust of the prisoner, hoping that if their prisoner falls into that trap he will become upset, not so much at the punching about the face which he received from them but at his own refusal to co-operate: this perhaps is the most dangerous type of interrogation and one which leaves the prisoner in a psychological vulnerable position.
 
Another technique is called TOP SECRET FILE TECHNIQUE, this involves the interrogators bringing into the cell a file with the prisoner’s name printed on it. The police will open this file in the presence of the prisoner as we have seen earlier in the lecture. They proceed to read from this file parts of the prisoner’s past life, even to the most intimate details and a general account of his movement and friends, especially those associated or known to have contacts or sympathies with a political organisation, e.g., Sinn Fein. They also have information gathered from various sources such as employer, neighbours, PUB TALK OR LOCAL GOSSIP. Very often the PUB TALK and gossip is factual, this arises from the volunteer or volunteers in general speaking in pubs under the influence of alcohol, telling close friends and girlfriends and boasting in a bravado manner about their exploits and the exploits of others. This type of bravado is POSITIVELY DANGEROUS, not only to the volunteer and his associates but to the Movement in general. Another dangerous aspect of interrogation is `an associate’s confession`, this involves an interrogator approaching the volunteer with a signed or unsigned, factual or unfactual confession of an associate. Volunteers must understand, (in the first place) this confession may be a hoax and in the second, even if it is a factual confession of his associate, this confession is not an indication of guilt and will not be accepted in court unless his associate who made the confession is prepared to turn State or Crown witness and is prepared to swear its truth in the witness box. Very often a volunteer may break under severe physical and psychological torture and make a confession, but rarely is prepared to turn Crown or State witness and swear against his comrades. If this technique is employed by the police DON`T FALL FOR IT, it is a trick to weaken the volunteer and so get him to make and sign a statement.
 
Another dangerous technique employed is bringing the prisoner who made a statement into the same room as the volunteer who refuses to co-operate, usually they are left on their own and the prisoner who made a statement may try to entice his comrade to do likewise. If this happens to you always bear in mind that you are not alone because the room is always bugged and any talk is recorded. Another important point to bear in mind is when the prisoner who confessed and perhaps implicated you approaches, don’t launch a verbal attack on him because this verbal attack on him would be an implication of your guilt. Always speak friendly to him and suggest he must be mistaken, that he is ill and advise him to seek medical attention.
 
Another important point to be remembered and one which is extremely important, DON`T GET INVOLVED IN A POLITICAL CONVERSATION, this technique is a universal tactic and one which recurs repeatedly. When volunteers refuse to make a confession and when all other tactics of interrogation have failed, the police usually, if not always, attempt to get the volunteer to speak on political matters. This is a technique which many volunteers fail to recognise, its purpose is to fling the volunteer off balance, to sound out his political thinking, to break his silence and so make it easier for him to speak freely. This tactic has been used against volunteers and very often to their own detriment. When a volunteer has been arrested and the usual terror tactics used against him, this display of friendship has a weakening effect upon him and can be explained in psychological terms.
 
As we have seen earlier in this lecture, these seemingly friendly interrogators will give their names to the prisoner before they leave the cell, telling him that the next set of interrogators are crazy, anti-Republicans who are out to do him harm, they will tell him to call upon them at any time he so wishes and they will do their best to save him from brutal treatment. All volunteers must understand and understand in the clearest possible way that no interrogator is his friend, that they are the enemy, the instruments of coercion, the tools of suppression and a more dangerous enemy than the interrogators who will beat him up. These people act a part in a well-rehearsed play, and are using subtle psychological techniques in order to undermine the morale of the volunteer. All volunteers are well versed in brutal treatment as practised by police and the Army. They understand what physical torture means, but now you will have to understand the meaning and application of psychological torture, perhaps the term is an uncommon one, but its effects are far reaching.
 
We have seen earlier in the lecture how the ‘heavy squad’ now enters the scene and proceeds to attack the volunteer in a most vicious and brutal manner. This shock treatment is well rehearsed and is meant to push the volunteer into a physical and mental corner, in other words they hope that their shock treatment will knock the volunteer off balance, and off guard in the hope that he will confess. They will shout statements to the effect that they have a reputation for extracting confessions, that they have never yet failed and that he will not fool them. Now we must analyse this approach, the first thing of importance we note of importance is the shouting in conjunction with the physical torture. The shouting as we shall see is a more important interrogation technique than the physical torture. Again, why shout? Why boast? Why tell the volunteer that they are experts at extracting information? This shouting and boasting is merely an assurance to the police that they can get a confession, it is the first obvious sign of their own weakness, a compensation for their own shortcomings and all volunteers should and ought to look upon this display as a modern war dance. Just as primitive people held war dances, and built totem poles in order to compensate themselves for their own known weaknesses, so two frustrated interrogators will shout and boast in front of the prisoner to compensate themselves for their own weakness. The best anti-interrogation technique when a volunteer finds himself in this situation, is to look upon the police officers as he would look upon primitive people, wearing the head of a dead animal, hoping that by doing this they gain the strength or cunning of the animal whose head they wear. All volunteers should look upon shouting, boasting policemen as they would look upon primitive people doing a war dance.
 
PSYCHOLOGICAL TORTURE
 
We have seen that this type of torture is widespread and usually in the form of threats to the volunteer in question, to his friends and family, threats to assassinate him, to blacken his character, to castrate him; loss of sleep, poor quality of food and continuous noise. This in conjunction with the physical torture and fear of physical torture builds up anxiety and borders on hysteria. All of this is designed to smash down the volunteer’s natural defence mechanism, usually a person held for a period of time, perhaps seven days, living in an environment of fear and indecision, constantly being threatened, cut off from all natural contacts, deprived of his usual social surroundings, lack of sleep etc. This can and does form disorientation and disillusionment: during this period the volunteer will get no sleep or very little sleep, living this type of vague existence for a number of days and can leave its mark and deserves an independent lecture.
 
[The sexual overtones of some interrogation techniques are graphically described in a section devoted to humiliation.]
 
HUMILIATION
 
We have seen that this type of interrogation technique invariably is stripping the prisoner of all his clothes and remarks passed about his sexual organs. Volunteers should be aware of the proven fact that clothes are an important aspect of the individual’s character or make up. By removing his clothes the interrogators hope to remove the volunteer’s character and make up, psychologically this is symbolic and by doing this the police like to humiliate the volunteer and so lift away the barriers, just as they find barriers preventing them from getting a confession. A person’s clothes become symbolic of this barrier and by removing them they hope to remove the natural defence mechanism of the volunteer.
 
The second part of the humiliation is to pass derogatory remarks about the volunteer’s sexual organs. This is quite common in all police stations, North, South, and in England. Volunteers should attempt to understand the mentality which underlies this act and so be better prepared to meet this angle if and when it happens to them. Just as they removed the volunteer’s clothes, which symbolised a defence mechanism or natural barrier, so too by passing derogatory remarks about the volunteer’s sexual organs they attempt to humiliate the volunteer and by so doing to weaken his will to resist. The mere act of doing this has deeper undertones than one would guess. Volunteers should understand that from a psychological point of view this act is called a penis complex. This complex is inherent in the homosexual and although the interrogators themselves may be married men with a family it indicates suppressed homosexual tendencies. When the volunteer realises and understands this proven fact he should not have great difficulty in triumphing over his interrogators. He should look upon them as homosexuals with the immunity of the establishment, as people who become sadistic from the homosexual tendencies, which underlie them.
 
The police sometimes attempt to use blackmail and bribe in the last vain attempt to obtain a confession. All volunteers should ignore this type of carrot dangling. Blackmail rarely works effectively and can backfire against the police in libellous action and so bad publicity. Bribe never works, despite the fact that a volunteer may be offered money and protection in exchange for information. He should bear in mind that when he is of no further use to the police they drop him and the protection means nothing, for example, Kenneth Lennon.
 
[Lennon was found dead in a ditch after the IRA tracked him down - in England.]
 
While being tortured in a brutal, physical manner it is important that a volunteer should consolidate his position, he should realise that it’s seven days if he keeps silent, perhaps seventeen years if he speaks. It’s no easy thing to dismiss physical torture as a small or meaningless thing. It is by no means small and by no means meaningless to the receiver. From time immemorial, from histories recorded as far back as the Babylonian Empire up through the days of Imperial Rome, from the Spanish Inquisition to Nazi Concentration Camps, Free State and British police stations, come stories of how people coped and defeated the attempts of police to beat information from prisoners.
 
One notable technique was the prisoners’ ability to form images in their minds or on the surrounding walls. People who were brutalised found that by directing their powers of concentration away from their interrogators and diverting it to images formed in their own mind they could in effect overcome the physical pain. Some people pictured images in their own mind or in the mind’s eye, this picture may have been a flickering candlelight, a leaf or a flower, but by concentrating upon it, by building it and by stabilising it, it seemed to attract their concentration so strongly in fact, that the physical abuse became meaningless. This mental exercise is called by some psychologists ‘mind over matter’ and is said to be a highly successfully and invincible anti-interrogation technique.
 
Little is known of the laws surrounding this technique but all authorities associated with its research maintain that people under severe physical and mental pressure seem to adapt themselves to this state. People without previous experience or knowledge of the subject, but who under interrogation stumbled across this technique maintained that it worked but they did not know why.
 
Again, some people found that by staring at a certain spot on a cell wall they experienced a similar sensation. It may be that the ancient Indian practice of Yoga has close or similar sensations, but one thing is certain is that when a person’s concentration is directed away from his interrogators he seems to triumph and perhaps torture is a m

04/10/2007

John Brennan

 Et un  chef de station de plus! me suis-je dit en apprenant durant septembre 2007 que John Brennan,un officier de la CIA dont je ne me souviens même plus si j'en avais entendu parler ou pas (Pour dire a quel point il n'a vraiment pas retenu mon attention)  avait en réalité été Chef de station de la CIA a Riyad! Wow,ca change tout. Le travail de la CIA en direction de ce pays du Golfe Persique attirait l'attention.Sans doute  parce que ce pays est au coeur du Moyen-Orient,que c'est le pays ou est né  Oussama Ben Laden mais aussi le coeur du wahhabisme,cette division du sunnisme qui prétend faire respecter le Coran a la lettre au point d'inviter a tuer les infidèles! 9cc029f420b3e4c4acadc5bf3e60b32c.jpg

John Brennan.

Entré a la CIA en 1980,Brennan a rejoint la Direction du renseignement de la CIA en 1981.Ce service,le Directorate of Intelligence (DI) ,chargée d'analyser les informations recues,est beaucoup moins réputé que son homologue,la Direction des Opérations (DO),chargée des opérations clandestines a l'étranger.Néanmoins,Brennan y fera carrière:Il est envoyé a  Djeddah de 1982 a 1984,officiellement comme membre de la section politique de l'ambassade américaine.De 1984 a 1989,en poste a la Direction du renseignement de la CIA,a la Division Moyen-Orient et Asie du Sud. Il est Chef de la section antiterroriste a la Division du Renseignement de la CIA de 1990 a 1992,chargée de l'analyse des informations.En pleine Guerre du Golfe contre l'Irak de Saddam Hussein.C'est alors une période ou l'on craint les attentats commis par les hommes de main de Saddam Hussein sur les territoires étrangers.Ensuite,Brennan occupe un poste de responsabilité a la Division Moyen-Orient et Asie du Sud a la Direction du Renseignement de la CIA, avant d'être Chargé du briefing quotidien de la Maison Blanche en 1994 et 1995.Pas une sinécure,Bill Clinton ayant la réputation de s'être désintéréssé d'une CIA minée par les scandales.C'est apparement au début des années 90 que Brennan a rencontré George Tenet,Président de la commission permanente sur le renseignement du Sénat US de 1988 a 1993 puis Directeur pour les programmes du renseignement au National Sécurity Council de 1993 a 1995.Les deux hommes vont devenir amis,ce qui va encore accélérer la carrière de Brennan a la CIA.Tenet prend le poste de Directeur-adjoint de la CIA en 1995, et prend Brennan avec lui comme assistant éxécutif. Tenet sera nommé Directeur de la CIA en 1997.Apparement,Tenet a compris la délicatesse des relations américano-saoudienne,puisque en 1996 c'est Brennan qu'il envoie diriger la station de Riyad.

Sans citer le nom,Robert Baer,alors numéro 2 du Groupe Sud a la Division Asie Centrale de la Direction des Opérations de la CIA n'est pas tendre: Critiquant la nomination par David Cohen (Patron de la Direction des Opérations de la CIA de 1995 a 1997) de personnes "qui n'étaient pas compétentes" a la tête des stations de Tel-Aviv ,Nairobi,mais aussi Riyad,il ajoute sur ce dernier que "la seule qualification du chef de station de Riyad avait été d'avoir travaillé comme conseiller de George Tenet au National Sécurity Council".Il est vrai que Brennan n'a jamais travaillé a la Direction des Opérations de la CIA,son envoi a Riyad est ,en quelque sorte,sa première sortie sur le terrain. Mais la station de Riyad est une station assez particulière,ce n'est pas une station "offensive",c'est-a-dire une station agressive dans le recrutement et le traitement d'informateurs d'origine saoudienne.Pour ne pas fâcher l'Arabie Saoudite,fidèle alliée des américains.Quand,par exemple,a la fin des années 70,circula a Washington un rapport très défavorable sur la situation en Arabie Saoudite,la réponse des autorités saoudiennes fut extrêmement claire:En cette année 1978,le chef de station de la CIA dans le Royaume,George Cave,est déclaré "persona non grata" et expulsé. Les relations se compliquent par le manque de coopération de Riyad vis-a-vis de Washington dans la lutte antiterroriste.C'est pourquoi Brennan est envoyé,pour établir des contacts a haut niveau,faire pression pour que les saoudiens coopèrent.Un exemple est donné par James Risen dans son ouvrage "Etat de guerre":Les saoudiens détenaient en 1997 un des principaux conseillers financiers de Oussama Ben Laden,Sayebd Tahib Al-Madani. Malgré les insistances de la CIA auprès des saoudiens,elle ne put avoir accès a ce personnage que après les attentats du 11 septembre 2001..

739dcbb3691a767376d9c469229c9562.jpgDégâts causés par la voiture piégée le 13.11.1995

Pourtant,il y a de quoi déclencher l'alerte: Une voiture piégée explose le 13.11.1995 devant un bâtiment de la Garde Nationale Saoudienne a Riyad.Bilan,7 morts dont 5 américains et 60 blessés. 

Le 25.06.1996,un camion-citerne Mercedes contenant 2200 Kilos d'explosifs  explose devant les Tours Khobar, le bâtiment ou habitent les militaires étrangers,a 9.50 heure locale (GMT +.3,donc 7h50 heure de Paris).Bilan initial: 20 morts et 372 blessés.

 

1cab50f44015412890909ad79dcc9bab.jpgLes Tours Khobar peu après l'attaque terroriste

 On peut donc craindre que les terroristes ne recommencent.Mais Langley refuse,même après l'attaque de Khobar,que l'antenne de Riyad ne collecte des renseignements sur els extrémistes du Royaume.Pour ne pas se fâcher avec les Princes saoudiens que George Tenet s'efforce de séduire.Néanmoins,la station n'est pas complètement inactive.Dans ses mémoires "At the center of the storm",George Tenet rappele que a l'automne 1999 la CIA décide de harceler les officiers du renseignement extérieur iranien ,le MOIS en poste a l'étranger.Question de déstabiliser le principal soutien du Hezbollah.John Brennan,toujours chef de station a Riyad,est donc chargé de contacter son homologue du MOIS a Riyad.Ce qui donne lieu a une scène hilarante:Interpellant l'iranien,il se présente comme étant de l'ambassade américaine.L'iranien bondit de sa voiture,visiblement paniqué,et clamant que l'iran est un pays de paix.Après ce séjour a Riyad,Tenet prend Brennan comme Durecteur de cabinet, jusque 2001 ,avant d'en faire le Directeur éxécutif adjoint du Directeur Central du Renseignement (DCI George Tenet) le 26.03.2001 (Jusqu'en 2004,le patron de la CIA était automatiquement le patron de l'ensemble de la communauté américaine du renseignement,le Directeur Central du Renseignement,DCI).Le 12.03.2003,Brennan est nommé patron du du tout nouveau TTIC (Terrorist Threat Integration Center ),un service interagences chargé de fournir des informations sur les risques terroristes potentiels pour les Etats-Unis.On peut ,néanmoins,que rester sceptique devant la création de ce nouveau service,qui entraîne un nouvel empilement de structures bureaucratiques dans la lutte antiterroriste..

Inauguration du quartier général du TTIC en 2005. John Brennan et Georges W.Bush

 

John O. Brennan President and Chief Executive Officer Mr. Brennan was appointed President and CEO of The Analysis Corporation (TAC) in McLean, VA in November 2005. Prior to joining TAC, Mr. Brennan had a distinguished 25-year career with the Central Intelligence Agency, serving in a variety of senior positions throughout the Intelligence Community. His last assignment was (interim) Director of the National Counterterrorism Center (NCTC). Mr. Brennan was appointed to that position, with the approval of the President, by the Director of Central Intelligence in October 2004. He served as head of the NCTC until August 2005. Mr. Brennan also served as the Director of the Terrorist Threat Integration Center (TTIC) from 12 March 2003 until 6 December 2004. When the NCTC was formally launched in December 2004, all functions and responsibilities of the TTIC were transferred to the NCTC.

Mr. Brennan began his career as an intelligence officer in 1980 with the Central Intelligence Agency's Directorate of Operations as a Career Trainee. After joining the Directorate of Intelligence in 1981, he served with the Department of State as a political officer at the U.S. Embassy in Jeddah, Saudi Arabia from 1982 to 1984. From 1984 to 1989, he served in a variety of analytic assignments in the Office of Near Eastern and South Asian Analysis in the Directorate of Intelligence. Mr. Brennan was in charge of terrorism analysis in the DCI's Counterterrorist Center between 1990 and 1992, including during Desert Shield and Desert Storm. After a management position in the Office of Near Eastern and South Asian Analysis, Mr. Brennan served as the CIA's daily intelligence briefer at the White House in 1994 and 1995. Mr. Brennan was the Executive Assistant to then-DDCI George Tenet from 1995 to 1996, and he served as Chief of Station in a major Middle East capital from 1996 to 1999. Mr. Brennan served as DCI Tenet's Chief of Staff from 1999 to 2001 and as Deputy Executive Director of the Central Intelligence Agency from March 2001 to March 2003.

In April 2007, Mr. Brennan was appointed Chairman of the Board of The Intelligence and National Security Alliance (INSA), a not-for-profit professional association of public and private sector leaders of the intelligence and national security communities.

Mr. Brennan is the recipient of numerous awards and commendations including the National Security Medal, the Distinguished Intelligence Medal, the Distinguished Career Intelligence Medal, the Director of Central Intelligence Director's Medal, and the Defense Intelligence Agency's Director's Award.

Mr. Brennan earned a BA in Political Science from Fordham University in 1977, including study at the American University of Cairo in 1975 to 1976. He received a MA in Government with a concentration in Middle Eastern Studies from the University of Texas at Austin in 1980.

Modification de l'article le 26.01.2008 et le 23.04.2008

24/09/2007

Sur le terrorisme wahhabite

Je souhaite faire deux remarques sur le terrorisme islamique extrémiste d'obédiance wahhabite:

 

Premièrement,dans une note publiée le 05.07.2007 sur ce blog (http://lemondedurenseignement.hautetfort.com/archive/2007...),je soutenais la thèse que Ben Laden était sans doute décédé.Sa récente réapparition infirmant cette supposition,il ne reste que a admettre que je me suis trompé.Bien que n'étant pas expert dans le domaine des bruitages ,en tout cas la voix de Ben Laden sur cette nouvelle vidéo ressemble a celle sur ses précédentes apparitions.C'est donc sans doute bel et bien UBL (Usama Ben Laden) qui est revenu.Evidemment,se pose la question de son silence pendant une aussi longue période.Pour l'instant il n'a pas été possible d'établir une réponse convaincante.

Deuxièmement,ne peut être que félicité le Center for Stratégic and International Studies pour sa note sur Al-Qaeda en Arabie Saoudite.Elle est réellement passionante.

Le lien vers le site du CSIS est a présent disponible dans la colonne de gauche.Ajouté a un autre lien mis aujourd'hui,donc des liens vers pas moins de 167 sites sont disponibles. 

05/07/2007

Le rapport du renseignement saoudien sur la mort de Ben Laden est-il crédible?

Cela fait depuis plus deux ans,plus précisément depuis sa dernière apparition,dans une vidéo diffusée fin 2004,que le Cheikh Oussama Ben Laden,commanditaire des attentats du 11 septembre et qui avait émis une "fatwa" contre l'Occident n'a plus donné signe de vie.Exception d'une de ses déclarations,faite début 2006,quand le Premier Ministre israëlien Ariel Sharon sombra dans le coma (Ben Laden appela alors "tous les musulmans a prier pour que la mort de Sharon soit lente et douloureuse") .Mais j'ignore si cet appel attribué a Oussama Ben Laden était bien fait par lui ) . Après sa dernière apparition publique, d'autres terroristes ont faits la "une" de l'actualité: Le Cheikh Nasrallah,patron du Hezbollah chiite libanais,Al-Zarquavi en Irak,ainsi que Fazel Abdullah Mohammed en Somalie.Pourtant,c'est dans les habitudes de Ben Laden de "jouer" ainsi avec les nerfs du public,en envoyant aux médias ses déclarations.Figure mondialement connue (surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001 qu'il a commandité ), Ben Laden paraît avoir bien compris l'influence des médias;il s'en servait donc pour rappeler qu'il est toujours présent.Jusqu'a la fin 2004.

ca15ff3153f664bcba632795ac66afba.jpgAyman Al Zawahiri et Oussama Ben Laden

Quand avait fuitée en septembre dernier une note de la DGSE, datée du 21.09.2006, indiquant que Ben Laden a contracté une thyphoïde (maladie se transmettant par l'eau et les aliments,entraînant entre autres des effets toxiques pour l'organisme le 23.08.2006 ,et en est décédé (information venant tout droit des services de renseignements saoudiens)),je ne sais pas pourquoi,mais mon 6ème sens m'a alerté,un pressentiment disant que l'information est vraie..Peut-être parce que l'information vient des services de renseignements saoudiens. Après avoir été eux-mêmes les victimes de plusieurs attentats sanglants a partir de 2003,revendiqués par Al-Qaïda,les Saoudiens se sont empressés de coopérer avec les services secrets occidentaux dans la lutte antiterroriste.

4b75ff451e47c1e83d4a84371cbfc662.gifCarte montrant le Waziristan et sa proximité avec l'Afghanistan.C'est au Waziristan que se serait caché Ben Laden,selon toute probabilité.Si il est toujours en vie,ce dont on peut douter.

Il faut aussi noter que,selon le rapport,Ben Laden est mort au Pakistan.La aussi,cela paraît probable: Quand Ben Laden a échappé aux forces américaines fin 2001,il s'est replié vers la frontière afghano-pakistanaise,une zone difficile d'accès. Même les autorités pakistanaises ont le plus grand mal a entrer dans ses territoires situés a leur frontière avec l'Afghanistan,ceux-ci agissant hors du contrôle des autorités centrales du Général Musharraf.Quel meilleur repli pour Ben Laden et ses hommes? Et sortir de cette zone serait particulièrement dangereux. Les rumeurs circulant selon lequelles Ben Laden aurait été vu il y a plusieurs années dans les vallées du Pankissi,en Géorgie (Qui est une des bases de repli et d'entraînements des extrémistes wahhabites tchétchénes,comme l'a d'ailleurs montré l'année dernière une vidéo des services secrets géorgiens) paraissent peu fiables; trop dangereux d'agir dans cette zone,et cela implique pour Ben Laden de passer par les frontières iraniennes,puis arméniennes ou azéries,et enfin géorgiennes pour accéder a cette zone.Etant donné que le nouveau Président géorgien,Mikhaïl Saakachvili,est un allié des américains ,lequels traquent Ben Laden avec acharnement.. .

Il faut enfin noter que Al-Qaïda a établi au Pakistan,plus précisément dans la région du Waziristan (A la frontière avec l'Afghanistan) des camps d'entraînements (sources: Gordon Thomas, "Mossad: les nouveaux défis",page 176; Témoignage du Directeur National du Renseignement John Negroponte le 11.01.2007, devant la commission permanente du renseignement du Sénat américain. Le document est disponible a l'adresse suivante: http://www.dni.gov/testimonies/20070111_transcript.pdf ).Voici certaines des déclarations de John Negroponte,issues de son "testimony": "Many of our most important interests intersect in Pakistan, where the Taliban and al-Qa’ida maintain critical sanctuaries. As I noted earlier, Pakistan is our partner in the war on terror and has captured several al-Qa’ida leaders. However, it is also a major source of Islamic extremism.Eliminating the safehaven that the Taliban and other extremists have found in Pakistan’s tribal
areas is not sufficient to end the insurgency in Afghanistan but it is necessary."

Toujours dans le cadre du " Annual Threat Assessment to the Senate Select Committee on Intelligence"du 11.01.2007 , les dires de John Negroponte sont corroborrées par celles du Général Maples,patron du renseignement militaire US, la DIA : "Pakistan's direct assistance has led to the eradication or capture of numerous al Qaeda terrorists. Nevertheless, Pakistan’s border region with Afghanistan remains a haven for al Qaeda’s leadership and other extremists." (page 26), ou celle du général Hayden. Répondant aux questions d'un sénateur,le patron de la CIA déclara:" The immediate threat comes from providing al Qaeda that which they are attempting to seek in several locations right now, be it Somalia, the tribal area of Pakistan, or Anbar province: a safe haven to rival that which they had in Afghanistan." (page 28).

C'est d'ailleurs dans cette région,au Waziristan, que les services de renseignements américains avaient repérés Ben Laden et ses proches en 2004.Donc la thèse selon laquelle Ben laden était jusque récémment au Pakistan paraît crédible.Maintenant,y reste selon toute vraisemblance son Etat-Major.

Enfin,pour en savoir plus,le mieux serait d'avoir le rappport du renseignement saoudien entre les mains,pour pouvoir l'évaluer (enfin la je suis trop exigeant).Et si les auteurs du rapport ont tout faux et que Ben Laden est toujours vivant,alors préparez les gags que je devrais faire pour m'être magistralement gourré! 

 

N.B en date du 05.07.2007,12h 52 GMT: Je viens de recevoir une information indiquant que a été diffusée une nouvelle vidéo de Ayman Al-Zawahiri,le n°2 d'Al-Qaïda.Voici l'extrait de l'information provenant de l'ESISC:  "

0:43  


FLASH/Terrorisme : nouvelle vidéo d’Ayman al-Zawahiri

Site institute, un centre de recherches spécialisés, annonçait mercredi soir la diffusion d’une nouvelle vidéo du docteur Ayman al-Zawahiri, le « numéro deux » d’al-Qaïda. Dans ce message de 95 minutes, sous-titré en anglais et intitulé : « Un avis à ceux qui sont concernés », al-Zawahiri aborde différents sujets, de l’Irak à la Palestine, en passant par l’Arabie saoudite et l’Egypte.Al-Zawahiri appelle, une fois de plus, à l’unité de tous les Moudjahidin, mais ce qui frappe est le professionnalisme de cet enregistrement. Le chef terroriste utilise par exemple des extraits du dernier livre du journaliste américain Bob Woodward pour mettre en accusation la monarchie saoudienne. Des extraits d’émissions de télévisions et de discours du prince Bandar Bin Sultan viennent illustrer ses propos. Il annonce que de nouveaux groupes ont prêté serment à Oussama Ben Laden et rejoints al-Qaïda mais préfèrent que leur ralliement reste secret pour l’instant mais seront rendus publics dans un proche futur. Au sujet de l’Egypte, al-Zawahiri évoque la répression et met en cause la volonté de dialogue des Frères Musulmans (le docteur al-Zawahiri est Egyptien et est issu de la mouvance des Frères…).Eclairant la stratégie d’al-Qaïda, al-Zawahiri explique que l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie sont et seront employés comme bases d’entraînement pour les djihadistes. Etant donné qu’al-Zawahiri attaque le Hamas qui a choisi la « voix de la négociation », on peut penser que l’enregistrement remonte à plusieurs semaines, soit avant les évènements qui ont amené cette organisation à prendre le contrôle de la Bande de Gaza, à la mi-juin. Ce délai indique que la direction  d'al-Qaïda applique toujours de très strictes règles de sécurité, qui ralentissent fortement ses liaisons mais assure la survie de ses dirigeants."

 

 Pourquoi est-ce que ce n'est pas Ben Laden qui s'exprime,même si les cassettes mettent plusieurs semaines a arriver? Le Cheikh Ben Laden est une figure beaucoup plus connue (et populaire chez beaucoup de personnes du monde arabe) que Al-Zawahiri pourtant.

16/04/2007

Le travail de la DGSE contre Al-Qaïda

Je me montre généralement très critique vis-a-vis du "Monde",mais la ses journalistes ne peuvent que être félicités.Dans ce passionant article est détaillé ce que savait la DGSE,le service de renseignement extérieur francais,sur Al-Qaïda,de 2000 jusqu'aux attentats du 11.09.2001....

 

Enquête
 
11 septembre 2001 :Les Francais en savaient long 
LE MONDE | 16.04.07 | 11h08  •  Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
 
C' est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très spéciale, nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.

Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.

Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi,que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.

 

Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"

Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.

Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.

Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.

 

Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.


Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."

De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.

A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.

Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…)Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."

Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.

C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".

Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
 
 

La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.


Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…)Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."

Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.