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28/04/2007

Breach,"Les fuites",le film sur l'affaire Hanssen

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Breach 

Film américain,avec Ryan Philippe (Officier FBI Eric O'Neill),Chris Cooper (Robert Hanssen),Laura Linney (Officier du FBI Kate Burroughs), Dennis Haysbert (Officier du FBI Dean Plesac).

 

Sorti en février dernier aux Etats-Unis,"Breach" raconte l'enquête menée par le FBI sur un de ses membres,Robert Hanssen,soupconné de travailler pour les services secrets russes..Personnellement,j'ai aimé ce film au style réaliste,froid,documentaire,détaché dans un certain sens,avec un Robert Hanssen complexe,a la fois méprisant,arrogant,hautain,et aussi un professionel du FBI ,surtout dans le domaine de la sécurité informatique .Et le style du film n'est pas étonnant :Eric O'Neill,un des scénaristes,est un des officiers du FBI qui a enquêté du FBI sur Robert Hanssen (Le vrai) ,qui espionna successivement pour le compte du GRU,du KGB et du SVR depuis 1979 jusqu'a son interpellation le 18.02.2001..Un regret ,néanmoins,pour le film:L'enquête en elle-même n'est pas assez fouillée. Voici le site (vraiment bien fait au demeurant) du film:http://www.breachmovie.net/

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  A gauche,Chris Cooper,dans le rôle de Robert Hanssen (Remarquable).A droite,le véritable Robert Hanssen.

Je profite de cette occasion pour revenir sur l'affaire Hanssen,car il n'est pas inutile de revoir cette affaire pour comprendre les dégâts qu'a causé a la Police fédérale américaine Robert Philip Hanssen..

 

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A gauche,Ryan Philippe,dans le rôle de l'officier du FBI Eric O'Neill.A droite,le vrai Eric O 'Neill. 

CARRIERE DE ROBERT HANSSEN 

Né le 18.04.1944 a Chicago dans une famille de policiers,Robert Philip Hanssen entre a la Police de Chicago en 1972,ou il travaille d'abord a la section financière de la Police de Chicago,puis a la section C-5 chargé de démasquer les policiers corrompus.Entrée au FBI le 12.01.1976. Hanssen a successivement occupé les postes d'officier chargé d'enquêter sur les infractions liées a la hauute technologie a Chicago,puis muté a New York en 1978,envoyé au QG du FBI a Washington en janvier 1981.En 1983,entre a la section URSS de la Division analytique du FBI.Début 1985, chef des Brigades de surveillance du FBI a New York.Nommé en 1987 Chef de la section de l'analyse des informations sur l'espionnage sur l'URSS.En juillet 1991,section du renseignement du FBI,pour empêcher l'acquisition par l'URSS des secrets scientifiques et techniques américains par l'URSS. Représentant officiel du FBI auprès du Département d'Etat de 1995 a 2001.Chef de la division d'assurance de l'information du FBI  du 12.01.2001, a son arrestation (Sécurité informatique interne du FBI).De par les postes qu'il a occupé ,Hanssen a fait des dégâts considérables a la communauté américaine du renseignement:Il a transmis les noms d'officiers,d'informateurs du FBI (Parmi les soviétiques) ,les programmes du FBI pour la lutte contre les soviétiques,a installé un dispositif d'écoute au coeur de la salle de conférence du Département d'Etat au profit du SVR,a transmis des informations sur les opérations du FBI contre les soviétiques (Tentatives de recrutements,surveillance,appâts) ainsi que les analyses du FBI sur l'URSS,sans oublier que grâce a Hanssen le KGB a limité la casse en 1988: Le FBI piste alors un haut fonctionnaire du Département d'Etat,Felix Bloch,soupconné de travailler pour le KGB.Le KGB prévenu,il alerte par le signal convenu Bloch tandis que l'illégal du KGB qui traitait Bloch est rappelé d'urgence en URSS..

 

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ENQUETE DU FBI.

Les dégâts causés par la perte de plusieurs "assets" (Informateurs) soviétiques  du FBI a évidemment alerté le Bureau:

-Valéry Martinov,sous-colonel de la section scientifique et technologique du renseignement extérieur du KGB recruté a Washington en 1983 ,est interpellé en 1985 par le KGB,condamné a mort et éxécuté en 1987.

-Sergey Motorine,Major de la section PR (Renseignement Politique) du renseignement extérieur du KGB recruté par le FBI en 1984,interpellé en 1985 ,condamné a mort et éxécuté en 1987.

medium_fbi.2.jpg-Dmitri Polyakov,Général du GRU recruté en 1961 par le FBI ,interpellé le 07.07.1986 ,condamné a mort et éxécuté en 1988.

-Boris Yuzhin,officier du KGB en poste a San Fransisco en 1975 par le FBI ,interpellé le 23.12.1986,condamné a 12 ans de prison. 

Le FBI créa aussitôt une unité spéciale,de six personnes,nom de code "ANLACE" pour déterminer les origines des pertes subies,mais le rapport rendu en décembre 1987 excluait la possibilité d'une infiltration du FBI.C'est l'enquête conjointe avec le Centre de contre-espionnage de la CIA qui permet au FBI de déboucher sur Aldrich Ames,haut fonctionnaire de la CIA qui a contacté le KGB en 1985.Le FBI croit alors avoir la réponse aux "pertes de 1985" que lui et la CIA ont subis,jusqu'a ce que,au fur et a mesure des interrogatoires et recoupements,le FBI remarque que Ames n'a pas pu balancer certaines opérations,compromises,pour la bonne et simple raison que il n'en avait pas connaissance.La traque est aussitôt relancée ,mais les enquêteurs se trompent de piste en soupconnant un officier de la CIA,qui connaissait Ames.Hanssen n'était même pas sur la liste des suspect.Jusqu'a ce que le FBI recrute un ancien du SVR,le service de renseignement extérieur russe,qui fournit au FBI des informations sur le fameux traître au sein du FBI ,contre 7 millions de dollars.

medium_hanssen_lieu.jpgmedium_hanssen_lieu_2.jpgHanssen déposa ,dans la réalité,mais aussi dans le film,une Boîte aux lettres morte sous ce pont,ce dimanche 18.02.2001.

Parmi les informations,l'enregistrement d'une conversation,en 1986,entre un officier du KGB et le fameux traître.En écoutant la bande,les officiers du FBI se rendent tout de suite compte que ce n'est pas leur suspect de la CIA.Mais qui?  Un analyste de la section Russe du FBI,réécoutant la bande,remarque une expression,du général Patton,employée au cours de la conversation par le mystérieur traître.Et cet analyste de se rappeler que il a entendu la même expression,de la bouche même de Robert Hanssen...

medium_hanssen_BLM.jpgLa boîte aux lettres morte déposée par Hanssen.

Nous sommes fin 2000,et le FBI décide de mettre le paquet pour interpeller Hanssen,qui doit prochainement prendre sa retraite.Il est muté a la tête d'un service spécialement créé pour lui,la division des ressources de l'information du FBI.Jusq'ua ce qu'il soit interpellé le dimanche 18.02.2001,après avoir déposé une Boîte aux lettres morte dans un parc..Hanssen a été condamné a la prison a vie.

23/04/2007

"The Good Shepherd","Raisons d'Etat"

Sortira le 04.07.2007 en France un film (Un de plus diront certains) sur la CIA: "The Good Shepherd" (Traduit par "Raison d'Etat") est un film réalisé par Robert de Niro avec Matt Damon,retracant l'ambiance paranoïaque qui régna a la CIA au début de la Guerre Froide,la crainte d'être infiltrés par les soviétiques..J'en saurai plus prochainement,peut-être.

16/04/2007

Le travail de la DGSE contre Al-Qaïda

Je me montre généralement très critique vis-a-vis du "Monde",mais la ses journalistes ne peuvent que être félicités.Dans ce passionant article est détaillé ce que savait la DGSE,le service de renseignement extérieur francais,sur Al-Qaïda,de 2000 jusqu'aux attentats du 11.09.2001....

 

Enquête
 
11 septembre 2001 :Les Francais en savaient long 
LE MONDE | 16.04.07 | 11h08  •  Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
 
C' est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très spéciale, nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.

Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.

Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi,que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.

 

Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"

Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.

Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.

Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.

 

Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.


Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."

De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.

A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.

Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…)Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."

Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.

C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".

Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
 
 

La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.


Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…)Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."

Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.

 

 
 

 

14/04/2007

La station de la CIA a Tel-Aviv

 

"Faire confiance mais surveiller"  Ronald Reagan,a propos des alliés des Etats-Unis.

 

 

 

LA STATION DE LA CIA A TEL-AVIV

Dès sa création en 1951,le service de renseignement extérieur israëlien,le Mossad,conscient de la menace que représentent les pays arabes qui l'entourent (Et qui sont hostiles a l'Etat hébreu) ,demandera l'aide des services secrets occidentaux, américains aussi bien que britanniques ou francais,dans le domaine de l'équipement technique,ainsi que sur les intentions de leurs menacants voisins.L'Etat hébreu est alors un petit Etat a l'industrie peu développée,encore mal armé pour faire face a la menace de voisins arabes qui tentèrent de l'envahir dès sa création.La coopération CIA-Mossad ne commence que en juin 1951,quand le Directeur du Mossad,Reuven Shiloah,se rend a Washington pour rencontrer le chef de la CIA,Walter Bedell Smith,et le chef du contre-espionnage,James Angleton.

La date exacte de l'ouverture de la station de Tel-Aviv,malheureusement,est inconnue. Le premier chef de station identifié est Peter C.Jessup ,qui sera en poste de 1959 a 1961. Mais la méfiance vis-a-vis de l'Etat hébreu est forte,car en ce contexte de Guerre Froide,les idées socialistes sont très répandues en Israël,ce qui est mal vu a Washington,au Département d'Etat et a la CIA. Malgré l'excellente coopération entre CIA et Mossad dans le domaine du renseignement,la méfiance reste entre les deux services.Ce n'est pas l'avis de James Angleton,chef du contre-espionnage de la CIA jusque 1974,persuadé que Israël est un fidèle allié des Etats-Unis.Angleton ne cessera de tout faire pour soutenir le Mossad,n'hésitant pas a bloquer ou minimiser les informations qui,selon lui,peuvent "nuire a Israël".

 

Mais les américains découvrent la volonté des israëliens de se doter de la bombe nucléaire ( A l'été 1960,les avions-espions U2 détectent un réacteur a Dimona,et la CIA prévient le Président Eisenhower que les israëliens construisent dans le désert du Néguev un réacteur nucléaire pour la mise au point de la bombe atomique.),y compris par l'espionnage sur le sol américain.La station de Tel-Aviv est donc chargée de surveiller ,dans les années 60,les installations militaires israëliennes.Elle est alors dirigée par John Hadden (De 1961 a 1967) et se concentre donc en priorité sur la mise au point par Israël de la bombe atomique.Malgré les déclarations politiques et les assurances réitérées des dirigeants israëliens,Hadden,et d'autres officiers de la CIA,estiment que ce sont juste des paroles.Israël compte avoir l'arme nucléaire,ce n'est pas pour rien si les strétèges israëliens ont estimés que l'arme nucléaire est un moyen pour mettre fin aux guerres au Moyen-Orient.L'antenne de Tel-Aviv concluera ,dans le milieu des années 60,que le programme nucléaire israëlien est un fait établi,mais ne peut guère faire quoi que ce soit pour empêcher la contre-prolifération nucléaire.Par exemple,le FBI ne tarde pas a établir que une entreprise américaine,Numec, dirigée par un dénommé Salman Shapiro,a signée un contrat avec le gouvernement de Tel-Aviv,pour la pasteurisation d'aliments et la stérilisation d'échantillons médicaux par irradiation.Numec est une entreprise spécialisée dans le retraitement de l'uranium enrichi,ce dont Israël a besoin pour former une bombe nucléaire.La crainte du FBI est que le contrat passé soit une couverture pour fournir clandestinement a Israël de l'uranium,mais la station de Tel-Aviv,malgré les efforts de John Hadden,ne pourra confirmer que les conteneurs envoyés par Numec a Tel-Aviv étaient bien destinés a Dimona,ou est situé un réacteur nucléaire..

Un des officiers affectés a la station de la CIA a Tel-Aviv en 1967, Steve Mc Carthy,(entré en 1952 a la CIA,et qui a aussi servi au contre-espionnage de la CIA) aura l'honneur de se rendre compte de l'efficacité de l'armée israëlienne en pleine Guerre des Six Jours,tout comme Hadden,qui est remplacé peu après par John D.Walker,lequel sera remplacé par Jessup.

 

En ses années,la Direction des Plans de la CIA (qui sera rebaptisée Direction des Opérations en 1973) ne compte pas de "Israël Desk".L'antenne de Tel-Aviv voit son travail supervisé par la Division du Contre-espionnage de la CIA,alors dirigée par James Angleton.. Nommé depuis peu Directeur de la CIA,William Colby découvrira avec étonnement que l'antenne de Tel-Aviv n'a pas le droit d'échanger des câbles avec les autres antennes de la CIA au Moyen-Orient;tout doit absolument passer par la Division du contre-espionnage,que Angleton dirige toujours.Ce qui ralentit la circulation des informations,par exemple lors de la guerre du Kipour en 1973,ou la CIA fera une grave erreur d'analyse:En ce début d'année 1973,alors que Peter C.Jessup est de retour a Tel-Aviv pour prendre les rênes de l'antenne,le maréchal de l'armée égyptienne Ahmed Ismael Ali est nommé chef d'Etat-Major sur les trois fronts -Syrie,Jordanie,Egypte.Le Premier Ministre égyptien déclarera que "le gouvernement a décidé d'économiser les ressources pour la guerre contre Israël".En mars 1973,le Président égyptien Sadate forme un nouveau gouvernement,avec un seul but: Se préparer a une guerre totale contre Israël.Des avions militaires arrivent en Egypte.Le 23 septembre 1973,les troupes syriennes passent en état d'alerte.Mais la CIA considère qu'il s'agit d'une guerre psychologique de la part des egyptiens.Les mouvements des troupes syriennes et egyptiennes sont juste des manoeuvres,estiment la CIA et les services secrets israëliens.Grave erreur d'analyse de la CIA,encore aggravée par les comptes-rendus faits par la CIA a Henry Kissinger.Ce dernier est alerté quelques heures avant le début du conflit par un message urgent de l'ambassade américaine a Tel-Aviv :Deux heures avant,Le Premier Ministre israëlien Golda Meir a invitée chez elle l'ambassadeur américain,a qui elle déclara que "aujourd'hui commence la Guerre".Kissinger tente de joindre les responsables de la diplomatie soviétiques,égyptiens,syriens,avant d'apprendre que les troupes égyptiennes et syriennes ont attaquées Israël...Kissinger en demande plus aux services secrets américains,lequels affirment que se déroulent de "petits affrontements"...La CIA a eu tout faux,sur toute la ligne.Les combats sont en fait très violents,et Tsahal,au prix de combats acharnés,réussira a redresser la situation,et a défaire les armées egyptiennes et syriennes,mais le mal est fait. Aussi c'est désormais la Division Moyen-Orient qui recoit les câbles de l'antenne israëlienne.Progressivement,au fur et a mesure que le pouvoir de Angleton se vera rogné,la supervision du travail en Israël sera rendue a la Division Moyen-Orient de la DO CIA.Stephen Millett,un des adjoints de Angleton qui dirige la section Israël a la Division du contre-espionnage de la CIA,doit donc laisser les rênes,ce qui est fait le 17.12.1974.

 


Les Etats-Unis s'impliquent fortement dans les conflits au Moyen-Orient  (lutte contre le régime des ayatollahs qui arrivent au pouvoir en Iran en 1979,guerre au Liban,menaces de la Syrie..) tandis que l'Etat hébreu doit faire face a des voisins menacants.Les deux pays coopèrent donc.La CIA peut compter sur les informations que recoit le Mossad,service très compétent,tandis que le Mossad peut s'appuyer sur les moyens financiers de l'Agence américaine et sur un parc de satellites performants (Par exemple,le bombardement en 1981 d'un réacteur irakien par l'armée israëlienne se fit entre autres sur la base des photos prises par les satellites de la CIA) ,qui a beaucoup plus de mal a implanter un réseau d'informateurs dans nombre de pays difficiles d'accès (Irak,Iran,Syrie) voire n'ose pas dans certains (Par exemple en Arabie Saoudite).La coopération Mossad-CIA se fait par les officiers de liaisons dans les ambassades.Par exemple,Naum Admoni,qui diriga le Mossad du 27.06.1982 a 1989 fut officier de liaison a Washington dans la première moitié des années 70,ce qui implique qu'il a participé a toutes les opérations conjointes menées avec la CIA.Cela n'empêche pas la CIA  d'établir aussi,au début des années 70,un contact avec Yasser Arafat,ainsi le leader de l'OLP dispose d'un "canal diplomatique" avec Washington,au grand dam des israëliens.

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 Andre Legallo a travaillé a la CIA de 1961 a 1994.Il a été en poste au Maroc de 1965 a 1966,au Mali de 1966 a 1970,de nouveau au Maroc jusque 1974, en Hongrie en 1976,chef de station a Bucarest de 1976 a 1978 ,en poste a Téhéran de 1978 a 1979  chef de station,en Israël,Belgique,Algérie,en poste au Laos a une période inconnue,et enfin National Intelligence Officer for terrorism en 1988.

Dans les années 80 le chef de l'antenne de la CIA semble avoir été André Legallo (Apparement de 1984 a 1988) .C'est durant cette période que éclatent plusieurs scandales,que les médias ne reprendront guère:Suite a l'affaire Pollard qui éclate en 1985 (Un analyste du renseignement naval américain qui a passé des informations au Lakam, le service de renseignement scientifique,indépendant du Mossad),Itzak Rabin,alors Ministre de la défense,révèle que le Shin Beth a mis a jour ,sur la période fin des années 70-début des années 80, cinq cas d'espionnage menées par la CIA contre Israël.L'un est le cas d'un scientifique américain travaillant, dans le cadre d'un échange scientifique, au réacteur nucléaire de Nakhal Sorek (Il était traité par des officiers de la CIA venant de l'étranger).Un autre travaillait dans une firme étatique,"Raphaël",a Haïfa.

Est aussi cité le cas du Major Yossi Amit,qui sera condamné en 1986 a 12 ans de prison au profit des Etats-Unis.Son traitant a l'antenne de Tel-Aviv est Thomas Volz,officiellement 2ème secrétaire de l'ambassade américaine,qui a travaillé en Namibie en 1991 puis a Hambourg en 1999,ou il travaillera contre les extrémistes islamistes.Le nom de Volz est lié a une autre affaire,car cet officier de la CIA a recruté Andrzej Kielczynski,un industriel membre du Comité Central du Likoud et proche de Ariel Sharon (Patron du Likoud). Le duo s'est rencontré lors d'une soirée a la villa de l'ambassadeur allemand en Israël.Volz recrutera l'industriel d'abord en l'aidant a faire un visa pour les Etats-Unis.Le recrutement définitif se fera a Francfort,ou Kielczynski retrouve Volz,et signe le document ou il s'engage a travailler pour la CIA en 1985.Volz s'efface ensuite,l'industriel sera successivement traité par deux officiers de la CIA lors de rencontres secrètes. Il passera des informations sur les opérations menées par le renseignement israëlien aux Etats-Unis et ailleurs.Parmi ses informations,certaines concernent Pollard,qui sera arêté un mois après par le FBI,ainsi que sur les  constructions des colonies juives,le programme nucléaire israëlien,les discussions au gouvernement et aux commissions des affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.Kielczynski avait aussi des contacts au sein de l'industrie militaire israëlienne.En échange de ses informations,la CIA lui promet 3000 dollars par mois et la citoyenneté américaine.L'industriel renseignera plusieurs années durant la CIA avant de sentir en 1992 qu'il est suspecté.Il s'envole aussitôt en Pologne ou il sera arrêté pour vols et racket.

Un autre officier de la station de Tel-Aviv est Franklin J.Sparhawk,qui était en poste en 1987 sous la couverture d'attaché commercial.Sparhawk a été en poste a Moscou dans la première partie des années 80,officiellement comme 2ème secrétaire,puis au tout début des années 90 il est en poste a Erevan (Chef de station ou Chef adjoint,pour l'instant non détérminé ),officiellement 1er secrétaire,puis a Talinn,comme chef d'antenne. 


Jusque 1995,Jim Flynn dirige la station de la CIA a Tel-Aviv,avant d'être remplacé par Stanley Moscowitz. En ses années,le poste de Tel-Aviv était (et il reste aujourd'hui) un des plus importants,de par la délicatesse et la médiatisation du problème israélo-palestinien.Le chef de station doit alors se transformer en diplomate,chargé d'agir pour le processus de paix ,aussi bien en combattant le terrorisme (par des échanges d'informations avec les services secrets israéliens et palestiniens) que en s'efforcant de réunir les deux clans des services sécuritaires autour d'une même table.La CIA a même établie un officier chargé de coordonner la coopération entre les deux camps.Sous Moscowicz,les officiers de la station de Tel-Aviv ont contrôlés l'activité des services secrets de Arafat, supervisés les déploiements des troupes israëliennes et palestiniennes,le travail de la communauté israëlienne du renseignement pour éviter ou calmer les provocations dans la Berge Ouest et a Gaza,tout en prévenant les attaques terroristes,les crimes commis contre les palestiniens...Donc les officiers de l'antenne,avec l'amélioration (A partir de 1993 ,avec les accords de Camp David) des relations israëlo-palestiniennes,ont des contacts réguliers avec les deux camps. Ce canal fut par exemple utilisé en 1998 lors des négociations de Wye Plantation. Il faut aussi noter que la CIA assure la formation des cadres des services secrets palestiniens a Langley.C'est ce que s'efforce de faire Moscowicz,dont le nom se retrouve jeté au public en janvier 1998. Benyamin Netanyaou,alors 1er Ministre israëlien,demandera le rappel de Moscowicz,lequel ne quitte Tel-Aviv que en 1999. A partir de 1999 c'est Jeff O'Connell qui prend le relais.


En 2003 c'est Deborah Morris qui dirige l'antenne de la CIA a Tel-Aviv.Deborah Morris a auparavant supervisé le travail en direction de l'Arabie Saoudite a la Division Moyen-Orient de la Direction des Opérations de la CIA.Elle est mariée a James L.Morris,un officier qui a quitté la CIA vers 1996-1997 après y avoir occupé nombre de postes importants (Chef de station adjoint a Islamabad en 1988;Chef de station a Moscou de 1993 a 1994)

 

Mes remerciements a Fabrice,ainsi que aux auteurs des différents ouvrages qui m'ont aidés pour ce document :Tom Mengold ("Cold Warrior" paru en 1991),Léonid Mlétchin (Ouvrage "Le Mossad"), A.D.Prokhorov ("Les services secrets israëliens"),Joseph Deutchmann (Ouvrage "Le Mossad") ,ainsi que le Middle East Intelligence Bulletin

13/04/2007

Colloque "Le choc des puissances"

Aujourd'hui au Sénat se tenait le colloque "Le choc des puissances",organisé par l'école de Guerre Economique  (http://www.ege.fr  ) de 9h a 18h30.Le colloque était dirigé par Christian Harbulot,Directeur de l'Ecole de Guerre Economique,et Ali Laïdi,journaliste de France 24 medium_SSM11088.JPG

Christian Harbulot (A gauche) et Ali Laïdi  (a droite)

 

 

Je tiens a féliciter tous ceux qui ont participés et/ou ont organisés ce débat qui était passionant (Croyez- moi,le déplacement en valait la peine).Leurs noms seront énumérés au fur et a mesure de leurs interventions.

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 Pierre Cosena

Pierre Cosena,Directeur Général de la Compagnie Européenne d'Intelligence Stratégique (Et ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense) a ouvert le colloque par une introduction réellement passionante,en soulignant que l'Occident et les terroristes islamiques agissent contre l'adversaire selon un certain nombre de principes communs:Pour chacun des deux camps l'ennemi est séléctionné,désigné,il représente "Le Mal", la guerre est faite a un ennemi conceptuel (Pour le terrorisme islamique,les juifs,les croisés.Pour l'Occident,le terrorisme,la prolifération nucléaire),la méthode utilisée est simple: La Guerre.Et chacun des deux camps se considère comme agressé par l'autre.A partir de la,chaque camp estime son action légitime.M.Cosena n'a eu de cesse de rappeler cette différence,soulignant l'utilisation,d'un côté,du terrorisme,arme des faibles,et de l'autre,les armées conventionnelles (Au Kosovo,en Irak,en Afghanistan)

M.Christian Harbulot,Directeur de l'école de Guerre Economique,s'est surtout attaché a définir ce qu'est une puissance ("La capacité d'une unité politique d'imposer sa volonté aux autres", dixit Raymond Aron ) ,en comparant la situation de la France (Ou la puissance est surtout considérée en terme d'indépendance et d'intégrité du territoire,de protection du patrimoine) et celle de la Grande-Bretagne (Qui considère le terme de puissance comme étant le contrôle des axes de circulation maritime,d'influence linguistique,de verrouillage des institutions européennes), puis en rappelant la problématique des puissances (Apparition de nouvelles puissances qui ont les coudées plus franches grâce a la fragilisation des puissances traditionnelles,volonté de survie des puissances traditionnelles,par exemple les Etats-Unis) et le fait que les Etats ne sont pas les seules puissances (Parmi les puissances non étatiques,citons les ONG,les groupes mafieux,le terrorisme, les firmes transnationales) 

M.Wolfgang Reineke ,écrivain allemand ,a fait part d'un point de vue beaucoup plus pro-atlantiste (qui est ,a mes yeux,a respecter,même si je ne suis pas entièrement d'accord),en rappelant que la politique étrangère américaine a utilisée l'OTAN a ses fins,et les ratées des USA en Irak

 

M Ali Rastbeen a fait part d'un point de vue  sur la stratégie américaine d'expansion,surtout en direction du Moyen-Orient,qui consiste a imposer la démocratie ,qui a,ensuite,été extrêmement critiqué (Et qui a mes yeux manquait de finesse) en comparant  maladroitement la stratégie de Bush d'imposer la démocratie a celle de Hitler,ce qui a suscité des protestations,y compris la mienne.Prennant la parole juste après son exposé,a la séance des questions,je rappelai que si l'administration Bush,tout comme le dictateur Hitler,a bien l'intention d'imposer un "Nouvel Ordre Mondial",néanmoins,l'administration américaine,contrairement aux Nazis,n'a jamais eue l'intention de tuer les populations civiles,et concernant l'Irak,Bush fils avait une volonté réelle d'instaurer la démocratie.Et je précisai que cette information sur la volonté de Bush fils ne provenait pas de ses partisans,mais de James Risen,extrait de son ouvrage qui est extrêmement critique vis-a-vis de l'administration américaine actuelle et qu'on ne peut taxer de complaisance,donc.  (Je ne me rappelai plus sur le moment du titre de l'ouvrage,mais je vis M.Christian Harbulot et Ali Laïdi,qui dirigaient le débat,acquieser de la tête a mes propos.En rentrant,je trouvais l'ouvrage: Il s'agit de "Etat de guerre",paru en France en mars 2006 aux éditions Albin Michel)

Après cette escarmouche (Mais nous pensons que M.Rastbeen s'est simplement mal exprimé,même si je ne partage pas entièrement son point de vue) ,une pose déjeuner s'imposa de 12h30 a 14h,puis M.Thomas Menk,spécialiste de la sécurité dans une entreprise allemande,dans un discours assez général mais en même temps fort complet et très intéréssant,rappela le principe même de l'intelligence  économique dans les entreprises allemandes,et de regretter que les entrepreneurs n'aient pas entièrement pris conscience du risque de l'espionnage économique.

medium_SSM11097.JPGM Jacques Baudoin

Puis c'est M. Jacques Baudouin,dans une allocution rééllement passionante et d'excellente qualité sur la Chine communiste,qui prend le relais,s'efforcant (Avec brio,s'appuyant sur une documentation solide et une analyse que j'ai trouvé extrêmement vigoureuse,très nuancée ) de dépoussiérer l'Empire du Milieu,loin des clichés.M Baudouin rappela le soutien de la Chine a certains régimes contestables (Fournitures d'armes au Pakistan,soutien aux régimes soudanais et birmans) ,la montée en puissance de l'Armée Populaire de Libération chinoise par l'augmentation constante de son budget et l'attention particulière portée a la Marine Chinoise,attention compréhensible sachant que la Chine est entourée de mers et que Taïwan représente la priorité numéro 1 de la République Populaire ) mais aussi la volonté chinoise de se laver de l'humiliation subie quand nombre de pays (Comme la France et la Grande-Bretagne) empêchèrent la Chine d'occuper la place qu'elle estime mériter dans les affaires internationales.M Baudoin rappela aussi que si la Chine est un marché gigantesque (Une centrale éléctrique construite chaque semaine,forts investissements venant de l'étranger ,les investisseurs étrangers (Sachant que ,selon M.Baudouin, 40% des exportations chinoises viennent de firmes étrangères a 100% et implantées en Chine) investissant beaucoup mais que les profits qui en sont tirés ne sont pas si importants qu'on peut le croire..M Baudouin rappela alors que si la Chine a bien l'intention d'instaurer un "Nouvel Ordre Mondial" (Ce qui resssort de certaines déclarations de dirigeants chinois),la Chine cherche avant tout la stabilité ,et la respectabilité sur le plan international,tout en souhaitant être une puissance régionale.

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A gauche,Pierre Naquin,un des organisateurs du colloques.A droite,Victor Pérévalov.

Puis c'est le professeur de droit russe Victor Pérévalov qui a pris la parole,sur le droit,la place de la Russie dans le monde,suivi par l'ancien chef de station de la CIA a Paris Charles Cogan qui a évoqué la politique étrangère américaine d'une manière très intéréssante,suivi par Cameron Kerry (Frère de John Kerry,candidat aux éléctions présidentielles américaines en 2004), le Général italien Carlo Jean (Depuis 2003 Commissaire délégué pour la sécurité nucléaire) qui a donné le point de vue italien de puissance,rappelant les difficultés auxquelles l'Italie s'est heurtée pour s'unifier,puis récémment avec le poids du Parti communiste italien et le manque de renouvellement de la classe politique italienne,ainsi que son homologue portugais le politologue Antonio Marques Bessa,qui s'est penché sur le point de vue portugais,avant que Michel Guénaire ne se penche sur les vertus de la puissance,suivi par M. Steve Gentili qui prononca une allocution de clôture.

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 Cameron Kerry,frère de John Kerry et avocat de formation.

 

Je tiens une nouvelle fois a remercier tous ceux que j'ai cité ici,ainsi que Pierre Naquin,qui m'a permis de m'inscrire,Jean-Benoît ,qui m'a informé de ce débat,et bien d'autres personnes.J'éspère les revoir lors du prochain colloque de l'Ecole de Guerre Economique.

 

 

03/04/2007

Colloque sur le renseignement britannique

Le 12.05.2007 a l'uiniversité de Warwick,Coventry,se tiendra un colloque baptisé "Spooked :cultures of intelligence in Britain (1945-2007).Je regrette de ne pouvoir y aller,mais si des personnes s'y rendent,qu'elles m'en informent,pour que je connaisse le résultat de ce colloque,qui sera publié sur ce blog.

Le colloque sera consacré aussi bien au renseignement du point de vue théorique que la coopération américano-britannique ( Je me permet une petite disgression ici:les relations américano-britanniques ne sont pas forcément si idyllique qu'on pourrait croire.Peter Wright,dans son ouvrage "Spycatcher",décrit une forte méfiance entre britanniques et américains,en particulier la haine de Hoover,le patron du FBI,pour le MI6.Ce point de vue a été confirmé dans sa biographie par Kim Philby,l'officier du MI6 qui travaillait pour les soviétiques),la Guerre Froide,le rôle des médias...

 Parmi les participants,notons Chritopher Andrew,auteur de plusieurs ouvrages sur les services secrets britanniques et soviétiques,ainsi que Stephen Dorril,auteur d'une monumentale oeuvre sur le MI6,le service de renseignement extérieur de Sa Majesté.

Il est a noter que la période abordée (1945-2007) est une période "nouvelle",alors,qui s'ouvre:La 2ème Guerre Mondiale vient de se  terminer,le renseignement extérieur britannique,le MI6,se relance aussitôt dans la bataille contre l'Union Soviétique (Le colonel Valentin Viviane,chef du contre-espionnage du SIS,considérait que il faut durant la guerre se battre contre les nazis,mais que le principal ennemi restait l'URSS) ,sans oublier de jouer son rôle au Moyen-Orient pour tenter de préserver l'influence britannique (sans grand succès,comme le montre la mise a mal des réseaux du SIS en Egypte sous Nasser) ainsi que l'évolution ,au lendemain de la fin de la Guerre Froide: Désormais,priorité est donnée au terrorisme,a l'Irak,l'Iran,la Corée du Nord,la contre-prolifération nucléaire.Les attentats du 11 septembre créent un choc par leur intensité,et ne font que renforcer la lutte antiterroriste,désormais qualifiée de priorité absolue.

 

Pour revenir au colloque,pour s'inscrire:   Sue Dibben HRC@warwick.ac.uk

 Plus d'informations sur le colloque:   http://www2.warwick.ac.uk/fac/arts/hrc/confs/spooked/

http://www.cf2r.org/fr/actualite/colloques-conferences-12...