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06/03/2008

La station du KGB a Pékin

La station du KGB a Beijing

Suite a la victoire du Parti communiste chinois contre les troupes de Tchang Kaï-Tchek et la proclamation en 1949 de la République Populaire de Chine, Staline ordonne d'arrêter les opérations de renseignement contre cet allié de l'URSS en octobre 1949 .

De gauche a droite; Andrey Otrochtchenko, chef de la 3ème Division du Comité d'Information (Renseignement extérieur), qui supervise entre autres les activités en direction de la Chine populaire; Itsak Akhmérov, et Andreï Raïna, conseillers du KI/MGB/MVD/KGB en Chine populaire.

Des officiers du KI ( Qui ensuite sera de nouveau regroupé avec les services de sécurité intérieure et de contre-espionnage, mais séparé du renseignement militaire, pour devenir par décret du Conseil des Ministres d'URSS de 1954 le KGB, ) sont envoyés a Pékin, sous la supervision de Andrey Otrochtchenko, responsable de la 3ème Direction (Moyen et Extrême-Orient) du Comité d'Information (Qui regroupe le renseignement extérieur politique et militaire) avec pour mission de tenir au courant Moscou sur la situation sur place, par le biais de renseignements obtenus de sources ouvertes, et aussi d'aider les chinois a former leurs appareils sécuritaires. Le réseau de citoyens chinois travaillant pour le renseignement extérieur soviétique est gelé, provisoirement. Sur demande de Mao, Les services secrets soviétiques transmettent a leurs homologues chinois les noms de leurs informateurs en Chine.  Les officiers du KGB envoyés sur place font office de conseillers, chargés d'aider les services secrets chinois a se former, mais aussi d'informer Moscou sur la situation en Chine, par la collecte de renseignements de manière ouverte. Toutefois, les chinois ne laissent pas les soviétiques prendre le contrôle de leurs services de sécurité, refusant par exemple que les officiers du Comité d'Information se mêlent aux opérations menées par les chinois. Néanmoins, une certaine coopération existe, comme la proposition d'envoyer des officiers chinois a Moscou pour se former aux techniques du renseignement. Parmi les conseillers , Andreï Raïna, un des principaux fondateurs du département scientifique et  technologique du renseignement extérieur, créé en 1946. Il sera  envoyé en Chine dès 1949, pour conseiller les nouveaux services secrets (Le Diaochabu, renseignement extérieur, et le Gonganbu, chargé de la police et du contre-espionnage) de la jeune République Populaire sur les questions de sécurité, pour revenir , de 1953 a 1954, comme adjoint du conseiller pour le renseignement auprès du Gonganbu, le Ministère de la Sécurité publique chinois.Le conseiller est alors Itsak Akhmérov (En poste comme Raïna de 1953 a 1954) , un spécialiste du renseignement qui a servi comme chef de station "illégal" aux Etats-Unis de 1942 a 1945. Autre conseiller a Pékin, Nikolaï Guéorguivitch Soudarikov, qui sera en poste de 1956 a 1962.

Vladimir Vertiporokh, 1er chef de station du renseignement soviétique a Tel-Aviv jusque 1953 , fut ensuite chef de la Division Extrême-Orient au renseignement extérieur du MVD/KGB, poste qu'il occupa de 1953 a 1957, avant d'être envoyé comme représentant de la 1ère Direction générale du KGB (Renseignement extérieur) en Chine.

A Moscou, on sent néanmoins la tension entre la Chine et l'URSS, aussi c'est une des étoiles montantes du renseignement extérieur, Vladimir Ivanovitch Vertiporokh, qui est envoyé comme représentant de la 1ère Direction générale a Beijing en 1957.Il décédéra en 1960 d'une crise cardiaque.

Evguéni Pitovranov, chef de la représentation du KGB a Beijing de 1960 a 1962.

Cette même année, le KGB décide de rapatrier nombre de ses officiers, ne laissant a Beijing que une petite station. Pourtant, en mars 1960, le général Pitovranov, une des légendes du KGB , arrive a Beijing. Il dirigera la représentation du KGB a Pékin auprès du renseignement politique chinois ( Sans doute le Diaochabu) avant d'être remplacé en février 1962 par son adjoint, Nikolaï Pavlovitch Goussiev, lequel restera en poste jusque octobre 1964. Dans ses câbles au QG du KGB, Pitovranov indique très clairement que les dirigeants chinois refusent la politique soviétique de coexistence pacifique avec les pays capitalistes, considérant que c'est une concession faite a l'impérialisme. Ils refusent aussi le passage pacifique au socialisme dans les pays développés. Après la mort de Staline, Mao ne lui voyait pas d'équivalent, et n'appréciait guère Khrouchtchev, lequel retire en 1960 les conseillers soviétiques en Chine et fait cesser toute coopération dans le domaine de l'armement nucléaire. Il faut y ajouter que, apparement, le KGB n'a pas livré tous ses agents chinois, et continue des activités d'espionnage, mais de faible intensité.

Devant la dégradation des relations sino-soviétiques, puis la mise au point de la bombe atomique chinoise en 1964, le KGB réagit et décide d'augmenter les effectifs de son antenne de Pékin, a partir de 1965, tandis que l'ordre est donné désormais de recruter des chinois. Priorité est donnée aux intentions des autorités chinoises. A tel point que la Chine devient l'objectif numéro 2 du KGB, juste après les Etats-Unis!
Parmi les officiers en poste a Beijing, Ronald Lébidinsky, en poste au plus fort de la Révolution culturelle, sur la période 1965-1966. Il sera ensuite en poste en France en 1970. Evidemment,avec la Révolution culturelle,la collecte de renseignements est particulièrement difficile. Priorité est donnée aux stations du KGB de contrer l'influence chinoise,par exemple au Japon (Décrit par Stanislav Levchenko dans son ouvrage coécrit avec John Barron) et en Amérique Latine. Paradoxalement, Yuri Andropov, patron du KGB, n'a jamais exclu de renouer de bonnes relations avec la Chine communiste. Quand il sera nommé en 1982 Secrétaire général du Parti Communiste,ce sera d'ailleurs un des axes de sa politique. Ce qui contribuera a détendre les relations avec les chinois.

  Youri Drozdov arrive en 1964 a Beijing avec pour instruction claire d'activer le travail du KGB en direction de la Chine populaire depuis la station de Beijing agissant sous couverture de l'ambassade soviétique. Plus facile a dire qu'a faire!

Aussi arrive en août 1964 a la tête de la station de Beijing (Poste qu'il occupe jusque 1968) Yuri Drozdov, qui fera ensuite une brillante carrière au sein du KGB comme chef de station a New York puis chef de la Division des illégaux au renseignement extérieur du KGB. Chargé de renforcer la collecte du renseignement, Drozdov et son équipe se heurtent non seulement a la surveillance efficace du Gonganbu,  mais aussi a la haine de chinois contre les soviétiques, considérés comme des réactionnaires.L e recutement de fonctionnaires chinois, en Chine même comme a l'étranger, du fait de la surveillance très présente des autorités chinoises, est quasiment impossible. Se procurer le journal de l'Armée populaire de libération (APL) chinoise, le Jiefangjunbao, un exploit.  Même l'achat de riz tourne a l'opération a la James Bond: les officiers du KGB sortent le soir , en voiture, en trombe de l'ambassade soviétique , s'arrêtent sur un marché pour acheter les sacs de riz et repartent au pas de course vers l'ambassade. Les soviétiques se retrouvent enfermés dans l'ambassade. Aussi, trois méthodes sont utilisées pour la collecte du renseignement: la première est l'envoi d'illégaux a travers la Chine. D'origine mongole ou d'Asie centrale, ils peuvent plus facilement se faire passer pour des chinois, et sont envoyés a partir de Alma Ata, Khabarovsk et Irkoutsk ; la deuxième consistera a faire quitter l'ambassade soviétique, de nuit, dans des voitures, des officiers du KGB ressemblait a des chinois. Laissés a un endroit, ils peuvent se mêler a la foule, prendre l'ambiance, lire les journaux.. Une des meilleurs sources pour s'informer sont les Dazibao, les journaux muraux. Comme le racontera le correspondant de TASS a Pékin ( Qui n'était pas officier du KGB) Alexei Antonkin, les journaux muraux racontent les conflits internes aux universités, administrations, banques...On apprend même par ses journaux les révoltes au Tibet, qui ont été réprimées par l'APL.
La troisième voie utilisée sera la collecte du renseignement auprès des étrangers vivant a Beijing. Par exemple, la station de Beijing apprend d'un cadre du Parti des travailleurs suisse, qui suit un stage a Shanghaï, que se préparent des purges visant aussi bien le PCC que la population. Ou Drozdov apprendra du représentant de la firme Krupp a Pékin que les chinois ont augmentés leur importations d'aciers et massent des troupes a la frontière sino-soviétique. Les informations sont envoyées a Nikolaï Pavlovitch Goussiev, qui a pris la tête de la section Chine au renseignement extérieur du KGB en octobre 1964 ( Il conservera ce poste jusque 1967) et au chef du 7ème département (Vassili Startsev) de la 1ère Direction générale du KGB, qui couvre la zone Asie, aussi bien la Chine que Singapour , l'Inde, le Pakistan, le Japon, l'Indonésie etc... Startsev est considéré comme un des meilleurs chefs du KGB. Il dirigera la "7" de 1957 a 1972.

Vassili Startsev, patron du 7ème département de la 1ère Direction générale du KGB, de 1957 a 1972, sera un des superviseurs du travail de la station de Beijing.

Tout cela ne va pas sans "pertes" pour les officiers de la station de Beijing: Pas moins de cinq officiers sont expulsés sur la période 1966-1967: Le 30.12.1966 sont déclarés PNG Andreï P.Krouchinski, correspondant de la Komsomolskaya Pravda a Pékin, et Youri L.Kossyukov, correspondant des Izvestia. Le 11.03.1967 c'est au tour de Oleg A.Yedanov, officiellement 2ème secrétaire de la section consulaire arrivé dans la capitale chinoise en 1964 , et Nikolaï G.Natachine officiellement 2ème secrétaire , puis le samedi 06.05.1967 est notifiée l'expulsion de Valentin M.Passentchouk, correspondant de la Pravda a Beijing, lequel quitte la Chine le 13.05.1967

  Néanmoins la station de Pékin réussit , durant l'année 1967, a envoyer ses officiers dans les provinces de Harbin et Heiluntzian, ou ils apprenent que les troupes chinoises s'apprêtent a se saisir des Iles Damansk.
Dans une interview, Youri Drozdov raconte que , a la fin des années 60, il envoie un câble a la Loubianka pour signaler l'augmentation des troupes chinoises a la frontière soviétique. Résolution de la Loubianka sur ce câble (Répércutant les ordres d'un apparatchik du Comité Central) : "Vérifier. Si l'information n'est pas confirmée, punir le chef de station". L'information a été confirmée, mais on a laissés passer du temps, et le 02.03.1969 les chinois ont organisés une provocation, en s'emparant d'îles, conduisant a de sanglants accorchages entre les gardes-frontières du KGB et l'Armée Populaire de Libération.Néanmoins la station de Pékin, n'a pas accès aux informations politiques de haut lieu, faute de contacts.


Responsable des liaisons avec les Partis communistes a travers le monde d'avril 1957 a mai 1967, Youri Andropov ne pourra que regretter de voir les chinois quitter le giron soviétique, et éspérera les y faire revenir; prenant en mai 1967 la direction du KGB (Poste qu'il conservera jusque mai 1982), il suivra attentivement la situation en Chine et ses conséquences internationales ou bilatérales.

La collecte du renseignement se renforce avec le plan du 15.05.1970, qui prévoit a travers le monde l'ouverture de postes d'écoutes du KGB dans les ambassades. Andropov donne son accord, et apparaît a Beijing le poste "Crabe", chargé des interceptions de communications chinoises. Néanmoins, la collecte du renseignement depuis la station de Beijing est toujours aussi critique, déclarera Youri Andropov a une réunion en décembre 1974: "La Chine continue d'être une vaste énigme. L'ambassadeur Tolstiakov a envoyé des propositions au Politburo, mais comment réagira le Politburo si la situation en Chine n'est pas claire? Difficile question. Le Politburo est surchargé en paperasses , et j'entends souvent des grognements, des reproches"

Surtout que quelques mois avant, le Gonganbu a marqué un nouveau point contre les soviétiques! Le 15.01.1974, le 1er secrétaire d'ambassade Vladimir I.Marchenko (D'après une source, chef de station du KGB) dépose au volant de sa Volga grise Yuri A.Semionov, officiellement 3ème secrétaire d'ambassade, et A.Kolosov, "intérprète militaire", près d'un petit pont. Ils ont rendez-vous avec Li Hongzhou, un "illégal", formé par le GRU en 1970 a Moscou et renvoyé en Chine en juin 1972 avec pour mission de recruter de nouveaux agents et de créer un nouveau réseau. Manque de bol, ils ne sont pas les seuls au rendez-vous, puisque Hongzou, son assistant, ainsi que Semionov et Kolosov sont alpagués par le contre-espionnage du Gonganbu! Comble de malchance, a ce moment, Martchenko revient sur les lieux..Les diplomates soviétiques sont déclarés "persona non grata" et expulsés.

A partir de l'année 1975, on peut se faire une situation plus précise sur les réussites du KGB en direction de la Chine, et ce grâce aux rapports annuels du KGB qui ont été déclassifiés. Ainsi, le rapport du travail du KGB pour l'année 1975 (Note du 30.03.1976 n°709-A/0B du Directeur du KGB Youri Andropov a l'intention de Léonid Brejnev) indique que le KGB a obtenu des renseignements (Comment ont-ils obtenus ses informations? Et ont-elles été de grande valeur?) sur la situation en Chine populaire, les buts des dirigeants maoïstes dans le domaine de la politique étrangère, les relations entre la Chine et les Etats-Unis ,le Japon, nombre de pays européens et pays du Tiers-Monde.

 En 1976 arrive a la tête de la station de Beijing Mikhaïl Turchak.Mao meurt cette année-la, permettant ainsi a ses successeurs d'ouvrir la voie a la libéralisation du pays. C'est les "quatre modernisations", lancées par Zhou Enlai en 1975 puis reprises par Deng Xiaoping en 1978. L'accès aux informations est plus facile que durant la Révolution culturelle. Selon le rapport n°414-A du Directeur du KGB destiné au Secrétaire général du PCUS , en date du 28.02.1977 et relatif au travail du KGB pour l'année 1976, est souligné la régularité avec laquelle le KGB obtenait des informations relatives aux relations américano-chinoises , ainsi que aux questions de lutte de pouvoir au plus haut degré du Parti Communiste Chinois, de la situation au sein de l'Armée, de l'état de l'économie, des problèmes dans les relations sino-soviétiques et sino-américaines.Le rapport d'activité du KGB pour l'année 1977 (N°577-A/OB du 27.03.1978) se contente d'indiquer que le KGB a obtenu des informations sur la situation dans le gouvernement chinois, tandis que le rapport d'activité du KGB pour l'année 1978 (En date du 04.02.1979, numéro 646-A/OB , signé de Youri Andropov, Directeur du KGB, a l'intention du Secrétaire Général d'URSS Léonid Brejnev ) note que le KGB a réussi a obtenir des informations sur la mise au point et le perfectionnement des systèmes d'armement chinois.

Les informations relatives aux activités politiques et militaires ne sont pas les seules priorités: Des documents fournis a la DST (Contre-espionnage francais) par Vladimir Vetrov, un lieutenant-colonel du renseignement scientifique et technique du renseignement extérieur du KGB, il ressort que la Chine est visée dans les domaines technologiques et scientifiques, aussi bien pour ses ressources que pour sa coopération avec d'autres pays. Par exemple, le KGB est très intéréssé par les technologies informations chinoises. C'est ce que confirme le rapport du KGB pour les activités du Comité pour l'année 1980 (Rapport du 31.03.1981 N°877-A/OB de Youri Andropov a Léonid Brejnev), lequel indique que les informations obtenues éclairaient les travaux menés aussi bien a l'Ouest que en Chine populaire dans les domaines de la mise au point et du perfectionnement des systèmes stratégiques d'armement, du développement de l'énérgie atomique, du domaine radioéléctronique, de la technologie des missiles.Le rapport pour l'année 1982 ( N°547-Ч/OB du Directeur du KGB Viktor Tchébrikov au Comité central du PCUS et au Secrétaire général du PCUS Youri Andropov) indique que le service de renseignement, systématiquement, éclairait les questions militaires, militaro-politiques, d'économie extérieur chinois.

 Mikhaïl Turchak dirigera la station jusque 1981, pour ensuite prendre la tête de la Section Chine a la 1ère Direction Générale du KGB. Il semble avoir été remplacé dans la capitale chinois par Viktor Kravenninikov, un officier arrivé a Pékin en 1977, et qui a travaillé a la section Chine de la station du KGB de Washington en 1973, officiellement comme 1er secrétaire.
L'équipe de Turchak comprenait aussi deux autres officiers: Vladimir Kolesnikov, qui a travaillé auparavant avec Kravenninikov a la section Chine de la station du KGB a Washington (Il a quitté Washington en 1972, officiellement 2ème secrétaire, pour revenir en 1973 dans la capitale politique américaine) , et Arkadi Alexeïevitch Gemtchugov, arrivé en 1972. Il restera en poste a Pékin jusqu'a l'été 1978.

Arkadi Jemtchugov travaillera plusieurs années durant dans la zone Asie pour la 1ère Direction générale (Renseignement extérieur) du KGB, aussi bien en Birmanie et a Pékin que, ensuite, comme chef de station en Indonésie et en Malaisie.

Malgré le peu d'informations disponibles, la Chine est restée, selon d'anciens transfuges, une des cibles majeures du KGB dans les années 80; par conséquent, la station de Pékin a dû conserver un certain rythme d'activité.
En 1989, Ivan Vladimirovitch Grigorov dirige la station du KGB de Pékin, avec le grade de conseiller d'ambassade. Il se retrouve en première ligne lors des événements de la Place Tian An Men. A la mi-mai 1989, ordre est donné par le Centre a Grigorov de transmettre plusieurs fois par jours les informations les plus précises sur ce qui se passe dans la capitale chinoise. Ses câbles sont lus aussi bien par le Directeur du KGB, Vladimir Krioutchkov, que par Mikhaïl Gorbatchev. Avec l'ouverture de la Chine au capitalisme, on est loin de l'ambiance de la Révolution culturelle! Aussi, la station de Beijing en profite, collecte des renseignements, sort, et recoit , selon Roger Faligot, des informations venant directement des Services secrets chinois (Une taupe?), et informant la 6ème division du renseignement extérieur soviétique, laquelle supervise le travail aussi bien en direction de la République Populaire de Chine que de la Corée du Nord, sans oublier le Viétnam, le Laos, et le Cambodge.
Lorsque l'APL envoie les troupes contre les étudiants, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, Grigorov envoie le 4 au matin un rapport au Directeur du KGB (Extrait de "Les services secrets chinois" de Roger Faligot) :

"Sont engagés:
 Au début, des troupes de cinq corps d'armée qui forment la région militaire de Pékin:
 
-Le 24ème corps d'armée (Basé a Chengde, a l'est de Pékin province du Hebei, qui encercle la région de Pékin) et leur 1ère division blindée (Tianjin)
-Le 38ème régiment ,Etat-Major a Shijiazhuang (Hebei) dont la 13ème brigade de cavalerie (chars)
-Le 63ème corps d'armée (état-major de Tianyuan {Shaanxi})
-Le 65ème corps d'armée (état-major de Zhangjiakou, Hebei)
-Les forces spéciales de protection du gouvernement et des dirigeants: L'unité centrale des gardes (57003) dépendant de la région militaire, sous commandement de la Commission centrale militaire.


Comme la situation s'est aggravée ces derniers jours, les soldats de Pékin ont recus des renforts de régiments de la Région militaire de Lanzhou (contrôlant les districts militaires du Shaanxi, Gansu, Qinghai, Ningxia et du Xinjiang)

-Le 21ème corps d'armée, régiment de la région militaire de Lanzhou, basé a Baoji (Shaanxi)
-Les unités spéciales 84835 (Qingtongxia, province de Ningxia)
-Des unités arrivant de Hohhot (Mongolie intérieure)
-Des régiments de défense des gardes-frontières qui dépendent du Gonganbu (Ministère de la Sécurité publique, NDLR)
-La brigade n°205 avec des Ouïgours et des Mongols
-Des unités de la police armée populaire

A noter que les chars qui tiraient sur les soldats de la région militaire de Pékin appartenaient au 21ème corps d'armée. Ils se sont affrontés notamment a des blindés de la 6ème division appartenant au 38ème corps d'armée."

02/02/2008

Le Ministre des affaires géorgien prend la tête du renseignement extérieur

Ministre des affaires étrangères géorgien depuis 2005, Guéla Bejouachvili vient d'être nommé a la tête du service de renseignement extérieur géorgien. Les sources varient sur ce diplomate, qualifié par les uns de "pro-russe", par d'autres de "pro-occidental".

Depuis l'éléction a la Présidence de Mikhaïl Saakachvili en 2004, les services secrets géorgiens ont subis plusieurs réformes structurelles: fin décembre 2004, le Ministère de la Sécurité d'Etat et le Ministère de l'Intérieur sont remplacés par le Ministère de la police et de la sécurité publique, dont dépend le départment de contre-espionnage; le centre antiterrorisme, dirigé fin 2005 par Guéorgui Guabunia; le département de la protection de la Constitution, chargé de la sécurité économique, de la lutte contre la corruption, de la lutte contre l'extrémisme; le département d'analyse et d'information; le département opérationnel spécial, chargé de la lutte contre le crime organisé, et qui comprend aussi une unité de Spetsnaz (unité d'élite), entre autres.

Le service de renseignement extérieur, qui était dirigé depuis Mars 2006 par Anna Jvania, dépend depuis la réforme de 2004 directement du Président.

On notera l'existence d'autres services de sécurité en Géorgie:  Le service spécial de protection de l'Etat, chargé de protéger les personnalités; et, dépendants du Ministère de la Défense, le Département du renseignement; le Département du renseignement militaire; le Département de la police militaire

26/01/2008

Un des plus importants parrains du crime organisé russe interpellé le 25 janvier

Semion Mogilevitch, un des plus importants parrains du crome organisé russe, a été interpellé le 25.01.2008 a Moscou. Recherché par le FBI dans le cadre des affairs YBM Magnex et Bank of New York, ainsi que par Scotland Yard pour blanchiment d'argent venant du trafic d'armes, il a été interpellé a Moscou pour fraude fiscale

09/01/2008

Dieter Kaundinya

Parmi les services secrets, l'un que j'ai "survolé" mérite pourtant largement d'être traité. Sorti des décombres de l'Allemagne nazie au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, forgé a la lutte contre le communisme et connu jusque 1956 sous le nom de Organisation Gehlen, le BND (Bundesnachrichtendienst) , Service de renseignement fédéral d'Allemagne de l'Ouest, est un service secret plutôt discret qui a néanmoins connu des succès et quelques scandales retentissants (Mise sur écoutes et surveillance d'un célèbre journaliste allemand,; découverte durant la Guerre Froide et après de taupes travaillant au coeur du BND au profit du KGB ou du HVA, le service de renseignement extérieur d'Allemagne de l'Est). Néanmoins, les services secrets font toujours plus la une de l'actualité pour leurs ratées que pour leurs réussites. Parmi les cadres du BND, l'un a été choisi, car de par sa carrière il a été en poste dans des pays confrontés a l'instabilité politique ou au terrorisme. Il se nomme Dieter Kaundinya.

658179343a6dabfb3f8330c4e7608ba5.jpgDieter Kaundinya


Kaundinya, dont, il faut le souligner, la carrière est incomplète par endroits, est entré au BND en 1968, c'est-a-dire l'année ou le fondateur du BND, le général Gehlen, ancien haut responsable nazi du renseignement en direction des pays de l'Est, prend sa retraite après avoir fondé au lendemain de la Seconde Guerre avec le soutien des américains la Gehlen Org, devenue en 1956 dépendante du chancellier d'Allemagne de l'Ouest et devenue le BND. Si le Service comptait a ses débuts nombre d'anciens nazis, quand Kaundinya entre au BND, nombre d'entre eux ont déja quittés l'organisation. Place a une nouvelle génération.

 

La carrière de Kaundinya est "vide" de 1968 a 1975, soit sept ans, avant qu'il apparaisse en 1975 en Israël: Il vient d'être nommé Chef de station a Tel-Aviv. Un poste qui peut incontestablement être considéré comme d'importance. En effet, Richard Gehlen s'est dès la création du service efforcé d'entretenir de bonnes relations avec les services secrets israëliens, sans doute pour essayer de faire pardonner les atrocités commises par les nazis a l'égard des Juifs durant la seconde guerre. Il racontera lui-même dans ses mémoires que il s'est efforcé d'aider les services secrets israëliens , comprenant que ils jouent un rôle central dans la lutte contre le communisme. Cette coopération sera d'ailleurs démontrée très clairement quand avec l'aide du BND le Mossad envera un de ses agents, Wolfgang Lotz, collecter des informations dans l'Egypte de Nasser. Lotz transmettra nombre d'informations importantes avant d'être capturé par le contre-espionnage egyptien puis échangé contre des prisonniers de la Guerre des Six Jours.Israël a aussi des services secrets très bien implantés au Moyen-Orient, et a pu obtenir nombre d'informations sur l'URSS (On est alors en pleine guerre froide) en interrogeant les immigrés juifs qui arrivent sur cette période en Israël. Kaundinya restera a la tête de la station jusque 1981

 Après Israël, Kaunidinya est nommé en cette année 1981 a un poste très important de la Guerre froide: L'Inde. Comme se rappele Robert Baer, en poste a la fin des années 70, "l'Inde était un des meilleurs terrains pour recruter des soviétiques". Les soviétiques fournissaient en armes et conseillers les indiens, donc il paraît logique que les services secrets occidentaux en aient faits leur terrain de jeu. Il occupera le poste jusque 1986.

Après l'Asie, retour pour l'officier du BND a Pullach en 1987, le QG du BND. Il est nommé a la tête d'une division du BND, , chargée des évaluations et des approvisionnements (Leiter Zentral referate Auswertung und Beschaffung). Il quitte ce poste en 1994.

 Ensuite Kaundinya est nommé a un poste très important: Chef de station du BND a Moscou. Selon Erich Schmidt-Eenboom, historien qui s'est spécialisé sur les services secrets allemands (Interview au site Agentura.ru en 2005)  Kaundinya a travaillé a Moscou de 1992 a 1998 comme chef de station adjoint. Mais une autre biographie de Kaundinya , en allemand, disponible en bas, indique que il était chef de la station de Moscou de 1994 a 1998.Shmidt semble s'être trompé .Kaundinya a bien été chef de station, j'expliquerai plus bas pourquoi.

Concernant la station du BND a Moscou même, très peu d'informations sont disponibles. Tout comme la CIA, le BND a commencé a entretenir des contacts officiels avec le KGB (Pour le BND , les contacts commencent en 1991, avant le putsch) sans doute dans le domaine de la lutte contre le crime organisé. La station du BND de Moscou a été prise au dépourvu par le putsch d'août 1991, et les conséquences seront le limogeage du chef de la station, premier représentant légal du BND auprès des autorités russes, M. Kreitschmann, lequel ne parlait pas russe en plus. 

 La Russie a toujours été considérée comme un pays top prioritaire par le BND, au même titre que l'Iran ou la Syrie. Il paraît logique que le BND s'active pour obtenir des informations, entre autres a caractère politique. Selon Udo Ulfkotte, auteur d'un ouvrage paru en 1998 sur le BND, un diplomate russe en poste a Washington a proposé a un officier du BND de travailler pour Pullach dès qu'il revient en Russie. Il paraît alors logique que ce soit a la station de Moscou, dirigée par Kaundinya, de le "traiter". Toutefois il est assez incroyable que l"auteur "balance" ainsi une source du BND, ce qui ne peut manquer d'alerter le FSB, le contre-espionnage russe, qui fera tout pour démasquer (si ce diplomate existe, ce qui n'est pas certain) le traître...

De retour a Pullach en 1998, Kaundinya est nommé responsable-adjoint de la Division en charge de la Russie et du Caucase, de l'Asie centrale ,du Moyen-Orient , de l'Afrique du Nord. Le fait qu'il soit nommé a ce poste indique a mes yeux que il paraît bien avoir été chef de poste a Moscou et non chef-adjoint. pour des raisons bureaucratiques, car le BND, comme tout service permet a ses membres de s'élever dans la hiérarchie, mais en douceur, et la nomination d'un chef de station adjoint ( Même a un poste aussi important que Moscou) directement comme chef d'une division aussi importante est plutôt illogique. Peu d'informations sont disponibles si ce n'est évidemment le souvenir du soutien accordé par le BND ( Et donc par la Division commandée par Kaundinya)  en 1999 a l'UCK,Armée de Libération du Kosovo, alors en lutte contre les serbes, mais il est difficile de dire si cela relevait de la division de Kaundinya.

 En 2001 la tête de la Division chargée de la lutte contre le terrorisme international, le crime organisé, et du contre-espionnage du BND (poste qu'il occupe lors des attentats du 11 setpmbre puis lors de l'invasion de l'OTAN en Afghanistan, donc au minimum il est a la tête du service antiterroriste jusqu'au début 2002)

Ensuite, selon Schimdt-Eeboom, Kaundinya a été affecté a Delhi, ou il était en poste en 2005 (Ce qui fait un "trou" dans sa bio de 2002 a 2005). Une rapide recherche sur les listes diplomatiques de l'ambassade d'Allemagne a Delhi a donné ceci:

 
Embassy of the Federal Republic of GERMANY : Diplomatic List
As on July 25, 2005

Name     Designation
H.E. Mr. Heimo Richter     Ambassador Extraordinary and Plenipotentiary
Mr. Hans-Joachim Kiderlen                            Minister
Colonel (GS) Hubertus Von Schönfeldt            Defence Attaché
Dr. Michael Koch                                          Minister Counsellor (Head of Political Department)
Mr. Johann-Hinrich Ernst                               Minister Counsellor (Economic & Commercial)
Dr. Robert Weber                                         Counsellor (Political Department)
Mrs. Maria-Theresia Larretgére                      Counsellor (Administration)
Dr. Wolfhard Behrens                                   Counsellor (Development)
Mr. Dieter Kaundinya                                              Counsellor (Political)
Mrs. Anke Reiffenstuel                                 Counsellor (Culture & Education)
Mr. Michael Reiffenstuel                               Counsellor (Press)
Dr. Oliver Lamprecht                                    Counsellor (Economic & Commercial)
Dr. Hans-Wolfgang Benkel                           Counsellor (Medical Officer)
Mrs. Marian Schuegraf                                 Counsellor (Science & Technology)
Mr. York Schuegraf                                      Counsellor (Political) 

 

 

Cette information permet de se demander une première chose: le poste de Delhi serait-il , au sein du BND, devenu un poste honorifique , comme Washington, Londres, ou Paris? La réponse paraît négative, car pour le BND, l'Inde fait partie des pays prioritaires (mais pas comme la Russie hautement prioritaires) comme la Chine, l'Egypte , l'Afrique du Sud ou le Pakistan. En tout cas cette liste permet d'établir une possibilité d'identifier les chefs de poste du BND a l'étranger, de par leur couverture, mes connaissances du BND ( et de l'allemand) étant très insuffisantes....

 

Kaundinya, Dieter

Direktor im Bundesnachrichtendienst, Abteilungsleiter Organisierte Kriminalität, internationaler Terrorismus und Gegenspionage (seit 2001). 1959 bis 1960 Wehrdienst (Hauptmann der Reserve), Studium Indologie, Orientalistik,Politik, 1968 Eintritt in den Bundesnachrichtendienst. 1975 bis 1981 Resident in Tel Aviv. 1981 bis 1986 Resident in New Delhi. 1987 bis 1994 Leiter Zentral referate Auswertung und Beschaffung. 1994 bis 1998 Resident Moskau. 1999 bis 2001 Unterabteilungsleiter Aufklärung Osteuropa, Russland, Zentralasien, Kaukasus, Nahmittelost, Nordafrika.  

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24/12/2007

Le terrorisme en Tchétchénie: la situation actuelle

Le 12 décembre dernier, s'exprimant devant des officiers du FSB, le Directeur du Service Fédéral de Sécurité Nikolaï Patrushev déclara que la guerre contre le terrorisme international, dans la zone Caucase du Nord ( Y ont été touchés plus précisément la Tchétchénie, l'Ingouchie, le Dagustan et l'Ossétie) est terminée. Au prix de lourdes pertes : Rien que dans les rangs du FSB, selon Patrushev, il y a eu 299 morts: C'est l'année 2002 qui fut de loin la plus sanglante, avec 64 morts dans les rangs du Service de sécurité russe. En 1999 le FSB a perdu deux membres, en 2000-42, en 2001-40, en 2003-41 (en prenant en compte les gardes-frontières, qui cette année-la ont réintégrés le giron du FSB), en 2004-40 ( Dont 10 membres du Service des opérations spéciales du Département antiterroriste lors de la prise d'otages de Beslan) , en 2005-31, en 2006-13, et en 2007 (Jusqu'au 12 décembre)-6.

Il convient de rappeler le contexte de l'entrée des troupes russes en 1999 en Tchétchénie: Quand le général Doudaïev proclame dans la deuxième partie de l'année 1991 l'indépendance de la Tchétchénie, Moscou ne fait guère attention a ce fait: L'heure est alors a la fin du régime communiste et aux luttes de pouvoir a Moscou. Doudaiev, autant le dire directement, etait un dictateur: Prenant le pouvoir ( sans aucune election) il s'empressera de pourchasser les opposants a son regime. La situation est si chaotique dans cette petite Republique ( Selon Pavel Khlebnikov dans son Livre sur Boris Berezovsky, ainsi que Evgueni Primakov dans ses memoires, Doudaiev s'est empresse de piller le complexe petro-chimique et de liberer les criminels emprisonnes) que un haut responsable russe estimera a 350000 le nombre de tchetchenes fuyant le pays de 1991 a 1994. Eltsine a accepte l'independance de nombre de pays, mais suite a des accords avec ses futurs Etats. L'independance unilaterale de la Tchetchenie, le refus de se soumettre au pouvoir constitutionnel russe ( Juridiquement la Tchetchenie depend toujours de la Russie) entrainent une premiere operation dans la deuxieme moitie de l'annee 1994: Soutenus par les blindes russes, l'opposition tchethene tente de prendre le controle du territoire. Echec complet.

Inquiet de la partition de la Tchétchénie , le pouvoir russe, qui n'accepte guère la partition de la Tchétchénie,donne l'ordre aux troupes russes d'entrer sur le territoire de la République. Ratee totale. L'armee russe est desorganisee, le FSK ( Service federal de contre-espionnage) a, suite au demantelement du KGB et aux reformes chaotiques de Eltsine, beaucoup perdu en efficacite, empechnt une collecte efficace du renseignement. Les combats durent deux annees. C'est durant cette periode que commencent a s'illustrer les wahhabites (Branche extremiste du sunnisme, qui considere y compris les chiites comme des mecreants!), par exemple par la prise d'otages d'un hopital a Boudennovsk en 1995. Si est signé un accord de paix en 1996 ,entrainant le depart des troupes russes de Tchetchenie, cela ne veut pas dire que la situation est stable. Loin de la: Les autorités centrales tchétchénes ont le plus grand mal a rétablir l'ordre dans une petite République aux prises avec les groupes terroristes wahhabites qui commettent des enlèvements contre rancons mais aussi des assassinats ou attentats ( Attentat a la bombe le 28.04.1997 contre un gare a Piatigorsk commanditée par Salman Radouïev; enlèvement de quatre francais, membres de l'association humanitaire "Equilibre"...). Le 5 mars 1999, c'est rien de moins que le general Gennadi Shpigun, du Ministere de l'Interieur de la Federation de Russie qui est enleve en plein aeroport de Grozny! Son corps ne sera retrouve par les russes que en 2000.... Se pose aussi la question de l'attitude même du Président, Maskhadov. Avait-il ou non la volonté de lutter contre les wahhabites, lequels déclaraient très clairement que leur but est l'instauration d'un qualifat dans la région Caucase du Nord? Je n'en suis pas sûr quand je le vois, sur des photos et des vidéos, aux côtés de Khattab (une vidéo de 1997 les montrent se faisant la bise)  ou de Bassaïev...

Quand aux "chefs de guerres" comme les appelent certains journalistes ( Je pense a cet article , toujours aussi nul , du "Monde " lors de la mort de Bassaïev par exemple) je poserai juste une question: Pour vous, une personne qui tue,  veut imposer aux autres par la violence voire en tuant sa propre conception de l'islam, et n'hésite pas a tuer, c'est un chef de guerre ou un terroriste? Pour avoir vu certaines vidéos des "exploits" de Khattab, Bassaïev et compagnie, je n'hésite pas. Par exemple une vidéo datée de 1996 ou un russe, un soldat je pense, est littéralement égorgé avec un gros couteau devant une camera.... Idem en 1999 au Daguestan. Voila pour les méthodes "humaniste" de ses messieurs! Et si vous ne me croyez pas, les vidéos sont disponibles sur les sites "Kavkazcenter" ou "Alkavkaz". Et elles sont éloquentes.

Dans son ouvrage "Les seigneurs du crime", Jean Ziegler notait lui-même la fragilité de la paix dans la région. Elle vole en éclat en août 1999 au Daguestan :Le 2, six policiers de l'unité d'élite OMON ( Section de police des missions spéciales) ,près de la frontière avec la Tchétchénie, sont pris dans une embuscade tendue par des terroristes. Dans la nuit du 3, nouvel affrontement armé entre policiers daguestanais et terroristes, dans le village de Kotchali. 3 morts du côté des forces de l'ordre. A 5 heures le 07.08.1999, plus de 1000 terroristes sous les ordres de Chamil Bassaïev et de Salman Radouïev entrent sur le territoire du Daguestan et s'emparent de plusieurs localités: Tando, Chondroda, Rakhata....Le but de Bassaïev est d'instaurer la "Charia" et de combattre les troupes fédérales. Bassaïev appelera publiquement au renversement du pouvoir constitutionnel, a la création d'un Etat respectant la Charia, et a faire partir les forces fédérales russes. La réponse ne se fait pas attendre puisque le 8 août les troupes fédérales russes commencent une opération de grande ampleur pour interpeller et chasser les terroristes. Bilan: 8 policiers tués, ainsi que 5 membres des Forces intérieures et 74 membres du Ministère de la Défense. Et 295 blessés.

Selon le Parquet russe, pour se venger de l'intervention des troupes russes au Daguestan, Bassaïev aurait décidé de frapper la Russie, avec les attentats commis en septembre 1999 . Au demeurant, une des personnes interpellées a reconnue avoir transportée les terroristes et les explosifs a Buïnask. Pour mettre fin a l'instabilité causée par les terroristes, ordre est donné aux troupes russes de rentrer en Tchétchénie. Notons qu'il est faux d'affirmer que la guerre en Tchetchenie a ete declenchee par Poutine pour asseoir sa popularite, pour une simple raison: Dans ses memoires, Sergey Stepachine note ue c'est depuis le debut de l'annee 1999 que les russes prevoyaient de retourner en Tchetchenie. Poutine a sans doute participe a ce plan, mais alors en tant que simple executant: Il etait alors "seulement" directeur du FSB.

 

Il est sûr que, après un pic du terrorisme dans les années 90 et le début des années 2000, dû aux groupes terroristes wahhabites ( Sunnites extrémistes considérant tout occidental ou toute personne coopérant avec eu comme un infidèle qui doit être éliminé. les wahhabites s'en sont aussi pris aux chiites. Le wahhabisme est le courant non seulement prêché en Arabie Saoudite, mais aussi par Oussama Ben Laden)  l'intervention des forces armées russes en Thétchénie fin 1999 puis les multiples opérations antiterroristes menées et enfin les propositions d'amnisties successives  ont causées des ravages dans les rangs des groupes terroristes tchétchénes. Ils y ont perdus nombre de leurs chefs, connus du public : Salman Radouïev, capturé le 13.03.2001 ,condamné a la réclusion a perpétuité et décédé en prison fin 2002; Amir Ibn-El Khattab, tué en mars 2002; Abu Dzeït, représentant de Al-Qaïda dans le Caucase ( Arrivé en Tchétchénie en octobre 1999, il aurait, selon le FSB, participé au financement et a la planification de l'attaque de Nazran, la capitale de l'Ingouchie a la mi-2004 et a celle de la prise d'otage de Beslan ) abattu lors d'une opération antiterroriste le 16.02.2005 en Ingouchie.
Abu Dzeït était sous les ordres de Abu Hafsa, lui-même abattu lors d'une opérations antiterroriste du FSB au Daguestan fin 2006 (Selon le FSB Hafsa est soupconné par les autorités américaines d'avoir pris part a l'attaque contre l'ambassade US a Nairobi en 1998 et contre l'ambassade de Jordanie a Bagdad en 2003.

Enfin, Chamil Bassaïev, un des terroristes les plus sanglants , qui revendiqua l'attaque contre le Daguestan en août 1999 mais aussi la prise d'otages de Boudiennovsk en 1995 mais aussi celle de Beslan, et félicita les assassins de quatre diplomates russes, tués en Irak en 2006.. Les autorités russes ont soupconnées Bassaïev, avec Hattab, d'avoir planifié les attentats perpétrés en 1999 en Russie (300 morts). Finalement, Bassaïev a été abattu lors d'une opération antiterroriste du FSB a la mi-2006...

Toutefois, ce n'est pas "la fin" du terrorisme international dans le Caucase, ni la fin du terrorisme tout court comme l'estimait Nikolaï Patrushev: Subsistent encore des groupes de terroristes prêts a se battre pour tuer et déstabiliser la région. Même si ils n'ont plus la puissance des années précédentes, le danger qu'ils représentent n'est pas négligeable; on ne peut exclure un nouvel attentat terroriste sanglant, rappelant que "ils sont la".

Ironie de l'histoire, on peut se demander si l'intervention américaine en Irak n'a pas justement aidé les russes dans le Causase , puisque désormais la priorité pour islamistes extrémistes n'était plus de soutenir leurs camarades au Caucase mais ceux en ex-Mésopothamie.. Il en découle un soutien financier et matériel moins important.

Le responsable, Nikolaï Rogojkin, des Troupes intérieures russes, estimait a la date du 11.12.2007 que il reste encore 700 "combattants" dans la zone Caucase du Nord

Et comme pour rappeler a la réalité, le 14.12.2007, un poste de police a été mitraillé en Ingouchie , tandis que le 16 était menée une opération antiterroriste a Grozny. Aux termes d'une fusillade a l'arme lourde entre les unités d'élites et quatre terroristes retranchés dans un appartement, les terroristes et un policier trouvèrent la mort. Le quatuor était , selon les services de sécurité, responsable de l'assassinat de policiers récemment..

 

19/12/2007

Décès d'un haut responsable du contre-espionnage du FSB

Un communiqué du FSB en date du 05.12.2007 vient d'annoncer le décès d'un haut responsable du FSB, le service de sécurité intérieure de la Fédération de Russie: Le 05.12.2007 est décédé a l'âge de 56 ans le Général-Colonel Mikhaïl Vladimirovitch Netchaïev, chef de la division des opérations du contre-espionnage au sein du Service de Contre-espionnage (1er département) du FSB.

a2a61503b9c79cec8cb00067796da5df.gif  Mikhaïl Vladimirovitch Netchaïev

Selon sa biographie extrêmement succinte, M.V.Netchaïev est né le 11.03.1952 , et est entré a la Haute école du KGB en 1969. On ignore ensuite les postes qu'il a occupé au sein du KGB (Sans doute a la 2ème Direction Générale du KGB, en charge du contre-espionnage et donc de la lutte contre les services secrets ennemis). C'est ensuite seulement que sa biographie devient plus précise: Il a a un moment (non précisé) dirigé la section du contre-espionnage au sein de la Direction du FSB pour Moscou et sa région (Un service qui concurrence par conséquent les Services centraux du FSB, eux aussi implantés dans la capitale russe) et était un des dirigeants de l'unité en charge de la lutte contre le terrorisme international du FSB pour la région Caucase du Nord. Il est sans doute fait référence a la Direction chargée des opérations et de la coordination du FSB pour le Caucase du Nord, (Commandée en 2001 par Arkadi Edelév. Edelév a, de 1992 a 1998, dirigé la section chargée d'assurer la sécurité des objectifs stratégiques pour la Direction Régionale du FSB dans la région Baïkal. Après avoir dirigé la lutte contre le terrorisme dans le Caucase, Edelév a été n°2 du 2ème Service du FSB) qui dépend du 2ème Service du FSB, appelé aussi Département antiterroriste ou Centre antiterroriste (Son appelation en 1995). Ce service, dont le vrai nom est "Département de Protection de la Constitution et de lutte contre le terrorisme" est chargé aussi bien de lutter contre les groupes extrêmistes, tels que le Parti National-Bolchévique de Edouard Limonov, allié de Gary Kasparov lors des dernières éléctions législatives russes, que de la lutte contre les groupes terroristes tchétchènes ou Al-Qaïda).

Netchaïev a ensuite dirigé le département des opérations du contre-espionnage au sein de la Division du Contre-espionnage du FSB. La date précise de son arrivée a ce poste est inconnue; on sait seulement que elle est ultérieure a août 2003 (Chef de la section en août 2003: Nikolaï Volobuyév)

 Un décret du FSB en date du 14.09.2007 , n°465, enregistré au Ministère de la Justice russe le 15.10.2007 (numéro d'enregistrement 10321) , permet toutefois d'en savoir plus sur les différents services du FSB. Concernant le 1er Département (Dirigé par Oleg Syromolotov depuis 2001) il comporte deux sections:

-Le département des opérations de contre-espionnage

-La direction de la coordination et de l'analyse des activités de contre-espionnage.

Netchayév était a la tête des opérations de contre-espionnage. Selon le communiqué extrêmement succint du FSB, Netchayev a participé personnellement et dirigé nombre d'opérations de contre-espionnage. Sans qu'on en sache plus. Etant donné les récents scandales d'espionnage en Russie, on ne peut exclure qu'il ait participé a l'enquête qui permit de démasquer l'ex-officier du GRU Skripalia, recruté par le SIS britannique et interpellé par le FSB en décembre 2004; la découverte de la "pierre" qui permettait a un informateur du SIS (peut-être Skripalia justement) de communiquer avec ses officiers traitants, ou l'enquête sur les déclarations de Viatcheslav Jarko, ancien officier du FSNP, le Service Fédéral de Police Fiscale, qui prétendit avoir été recruté par le SIS en 2003. Selon Jarko, ont participés a son recrutement Alexandre Litvinenko et Boris Bérézovsky.

Les raisons du décès de M.V.Netchayév ne sont pas précisées, on ne peut exclure une crise cardiaque, mais le sujet n'a pas été approfondi, les journaux se contentant de rapporter le communiqué du FSB sans plus d'informations, malheureusement.

 

 

DOCUMENTS

 

COMMUNIQUE DU FSB DU 05.12.2007

 

РОССИЙСКАЯ КОНТРРАЗВЕДКА И ОТЕЧЕСТВЕННЫЕ СПЕЦСЛУЖБЫ ПОНЕСЛИ ТЯЖЕЛУЮ УТРАТУ.

11.03.1952 - 05.12.2007

5 декабря 2007 года на 56 году жизни скоропостижно скончался первый заместитель руководителя Службы – руководитель Департамента контрразведывательных операций Службы контрразведки ФСБ России генерал-полковник Нечаев Михаил Владимирович.

Военную службу в органах госбезопасности Михаил Владимирович начал в 1969 году, поступив в Высшую Краснознаменную школу КГБ при СМ СССР им. Ф.Э.Дзержинского. Последовательно поднимаясь по ступеням профессионального и должностного роста от оперуполномоченного до первого заместителя руководителя Службы - руководителя Департамента контрразведывательных операций Службы контрразведки ФСБ России, Михаил Владимирович добился значительных результатов в противоборстве с иностранными спецслужбами. Получив значительный опыт работы по линии контрразведки в УФСБ России по Москве и Московской области, Михаил Владимирович смог блестяще применить его в Департаменте контрразведывательных операций, где руководил самыми сложными направлениями деятельности и лично участвовал в контрразведывательных мероприятиях. Являлся одним из руководителей оперативной группы ФСБ России по пресечению деятельности членов международных террористических организаций на территории Северо-Кавказского региона. Результаты мероприятий неоднократно получали широкий общественный резонанс, как в России, так и за рубежом, высоко оценивались Президентом Российской Федерации.

Его заслуги неоднократно отмечены высокими государственными наградами, среди которых: орден «За заслуги перед Отечеством» III степени (с изображением мечей), орден «За военные заслуги», орден Почета, нагрудный знак «Почетный сотрудник контрразведки» и другие многочисленные награды.

Высокие личные качества, проявленные на службе Отечеству, профессиональный подход к делу, умение в сложных ситуациях находить оптимальные решения, талант руководителя и верность лучшим чекистским традициям снискали заслуженное и глубокое уважение к Михаилу Владимировичу среди коллег-контрразведчиков.

В памяти сотрудников органов безопасности России Михаил Владимирович Нечаев останется доблестным чекистом, авторитетным руководителем и наставником, порядочным, чутким и отзывчивым человеком.

 

 DECRET DU FSB

 

Приказ ФСБ РФ от 14 сентября 2007 г. N 465
“Об утверждении Перечня категорий руководителей органов контрразведки и их заместителей, уполномоченных возбуждать ходатайство о проведении контрразведывательных мероприятий, ограничивающих конституционные права граждан”

В соответствии со статьей 9 Федерального закона от 3 апреля 1995 г. N 40-ФЗ «О федеральной службе безопасности» (Собрание законодательства Российской Федерации, 1995, N 15, ст. 1269; 2000, N 1 (ч. 1), ст. 9, N 46, ст. 4537; 2001, N 53 (ч. 1), ст. 5030; 2002, N 19, ст. 1794, N 30, ст. 3033; 2003, N 2, ст. 156, N 27 (ч. 1), ст. 2700; 2004, N 35, ст. 3607; 2005, N 10, ст. 763; 2006, N 17 (ч. 1), ст. 1779, N 31 (ч. 1), ст. 3452, 2007, N 28, ст. 3348, N 31, ст. 4008) приказываю

утвердить прилагаемый Перечень категорий руководителей органов контрразведки и их заместителей, уполномоченных возбуждать ходатайство о проведении контрразведывательных мероприятий, ограничивающих конституционные права граждан*.

Врио Директора С. Смирнов

______________________________

* Права граждан на тайну переписки, телефонных переговоров, почтовых, телеграфных и иных сообщений, передаваемых по сетям электрической и почтовой связи, право граждан на неприкосновенность жилища.

Зарегистрировано в Минюсте РФ 15 октября 2007 г.

Регистрационный N 10321

Приложение
к приказу ФСБ РФ
от 14 сентября 2007 г. N 465

Перечень
категорий руководителей органов контрразведки и их заместителей, уполномоченных возбуждать ходатайство о проведении контрразведывательных мероприятий, ограничивающих конституционные права граждан

Руководство ФСБ России;

руководители, начальники подразделений ФСБ России (Служба контрразведки ФСБ России, Служба экономической безопасности ФСБ России, Департамент военной контрразведки ФСБ России, Управление собственной безопасности ФСБ России, Управление по контрразведывательному обеспечению Министерства внутренних дел Российской Федерации, Министерства юстиции Российской Федерации и Министерства Российской Федерации по делам гражданской обороны, чрезвычайным ситуациям и ликвидации последствий стихийных бедствий ФСБ России) и их заместители;

заместители руководителя Пограничной службы ФСБ России, курирующие подразделения, осуществляющие контрразведывательную деятельность;

руководители, начальники подразделений, входящих в Службы ФСБ России (Департамент контрразведывательных операций Службы контрразведки ФСБ России, Управление координации и анализа контрразведывательной деятельности Службы контрразведки ФСБ России, Управление по контрразведывательному обеспечению объектов промышленности Службы экономической безопасности ФСБ России, Управление по контрразведывательному обеспечению объектов транспорта Службы экономической безопасности ФСБ России, Управление по контрразведывательному обеспечению кредитно-финансовой сферы Службы экономической безопасности ФСБ России, Организационно-аналитическое управление Службы экономической безопасности ФСБ России, оперативное управление Пограничной службы ФСБ России), и их заместители;

начальники управлений (отделов) федерального органа исполнительной власти в области обеспечения безопасности по отдельным регионам и субъектам Российской Федерации (территориальных органов безопасности) и их заместители, курирующие подразделения, осуществляющие контрразведывательную деятельность;

начальники управлений (отделов) федерального органа исполнительной власти в области обеспечения безопасности по военным округам и флотам, Балтийскому флоту и войскам в Калининградской области, Командованию специального назначения, 12 Главному управлению Министерства обороны Российской Федерации, внутренним войскам Министерства внутренних дел Российской Федерации, Космическим войскам, Объединениям Военно-воздушных сил Верховного Главного командования, ракетным армиям, Специальным объектам федеральных органов государственной власти Российской Федерации, военным академиям и научно-исследовательским институтам г. Москвы, войсковая часть 28254 и их заместители;

начальники управлений (отделов, отрядов) федерального органа исполнительной власти в области обеспечения безопасности по пограничной службе (пограничных органов) и их заместители, курирующие подразделения, осуществляющие контрразведывательную деятельность.

Приказ ФСБ РФ от 14 сентября 2007 г. N 465 “Об утверждении Перечня категорий руководителей органов контрразведки и их заместителей, уполномоченных возбуждать ходатайство о проведении контрразведывательных мероприятий, ограничивающих конституционные права граждан”

Зарегистрировано в Минюсте РФ 15 октября 2007 г.

Регистрационный N 10321

Текст приказа официально опубликован не был

14/12/2007

Stephen Kappes

Parmi les maîtres espions "made in US", l'un de ceux qui retient incontestablement l'attention a eu l'honneur d'être nommé Directeur-adjoint de la CIA a la mi-2006, après une carrière tournée en priorité vers le Moyen-Orient au sein de l'Agence, ou il est entré en 1981. Il s'agit de Stephen Kappes.

 

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Stephen Kappes 

 

Stephen Kappes, est entré a la CIA en 1981,sans qu'on en sache plus. Il est fort possible qu'il ait été affecté a la Division Moyen-Orient / Asie du Sud (Alors dirigée par Charles Cogan) , Kappes y ayant fait l'essentiel de sa carrière.D'après une information, il a ét en poste durant sa carrière au Pakistan, donc soit entre 1981 et 1988, soit entre 1991 et 1995 (Donc a titre de Chef de station)

C'est en 1988 que sa biographie se précise:  Kappes est nommé n° 2 de l'unité "Tefran" de la CIA  (Equipe de la CIA basée a l'ambassade américaine a Francfort chargée de travailler contre l'Iran) ,chargée de la collecte de renseignements contre l'Iran et du débriefing des exilés. La CIA, après la perte de sa station a Téhéran (Prise d'otage de nombre de ses diplomates, dont le Chef de la station, Thomas Ahern) l'ambassade américaine a Téhéran en 1979 et plusieurs e) travaille donc contre l'Iran a partir de pays limitrophes, ou de pays ou la communauté iranienne est importante. C'est ainsi que l'unité "Tefran" a réussie a constituer un réseau au coeur de l'Iran. Pas pour longtemps: Le contre-espionnage iranien réussit a démanteler le réseau de la CIA durant 1988-1989, avec a la clé une trentaine d'interpellations. On peut aussi se demander (uniquement a titre d'hypothèse) si "Tefran" n'a pas joué un rôle dans l'enquête sur l'attentat de Lockerbie perpétré le 21.12.1988. Les informations obtenues indiquent très clairement que l'Iran était alors soupconnée d'avoir commandité cet attentat, hors le Vol 103 de la Pan Am a été la cible d'une bombe ressemblant fortement a celles utilisées par une cellule du FPLP-CG  (Front Populaire de Libération de la Palestine-Commandement Général de Ahmed Jibril) lequel avait entre autres des contacts avec l'Iran..

Kappes est vers 1990 rappelé de Francfort et envoyé a l'Irak Task Force de la CIA (Alors dirigée par Whitley Bruner , et donc l'adjoint est Bruce Riedel) ,chargée de la collecte du renseignement ontre l'Irak suite a l'invasion du Koweït en août 1990. Kappes paraît, après seulement 10 ans de carrière a la CIA, avoir fait ses preuves, puisqu'il est nommé Chef de station a Koweït City quand le Koweït est libéré, avec pour mission de rouvrir la station. on peut donc supposer que il ne fut en poste que durant trois mois environ: Les officiers de la CIA chargés d'ouvrir une station ne restent sur place que trois mois puis sont remplacés par un officier qui, lui, la dirigera normalement, c'est-a-dire pendant 2 ou 3 ans..

Début 1995, il esr  chef de l'unité chargée de la Prolifération nucléaire a la Division Eurasie Centrale de la Direction des Opérations de la CIA, avant d'être nommé en juillet 1995 "Senior Intelligence officer" de la CIA, sans qu'on en sache plus sur le poste qu'il occupe alors.

Il dirigera la station de Moscou de 1996 a 1999 (interlocuteur officiel auprès des services secrets russes) ou il remplace Michaël Sulick.Chef de la Division Moyen-Orient de 1999 a 2000,il est ensuite patron du Counterintelligence center de la CIA de 2000 a 2002, chargé d'empêcher les infiltrations des services secrets adverses (Avec une priorité pour les Chinois du MSS) au sein de la CIA .

Kappes est nommé n°2 de la Direction des Opérations de 2002 a 2004. A ce poste il réussira deux opérations dans la lutte contre la prolifération nucléaire. La première sera de convaincre le dirigeant libyen Mouamar Kadhafi d'abandonner son programme d'armes de destructions massives en échange d'une aide américaine. La deuxième est le démantèlement, au moins partiel, du réseau dirigé par le docteur A.Q.Khan. Ce scientifique pakistanais, père de la bombe atomique pakistanaise, a aidé entre autres la Corée du Nord ou l'Iran a se doter de composants pour développer une bombe atomique..

 Ses succès de Kappes a la CIA n'empêchent pas son arrivée dans un contexte particulièrement difficile : Il est nommé  patron de la Direction des Opérations en juin 2004, en remplacement de James Pavitt, qui vient de démissioner suite au scandale des Armes de destruction massives en Irak: Bien que Georges W.Bush affirme haut et fort que Saddam Hussein est en possession d'un dangereux arsenal d'armes chimiques, biologiques et nucléaires, il s'avérera après coup qu'il n'en est rien..La CIA ayant fourni certaines informations allant en ce sens s'en trouve décridibilisée , d'ou la démission de Pavitt, suivie par celle de Georges Tenet, le Directeur de la CIA et son remplacement par Porter Goss.Précédemment,c'est Alan Foley, Directeur du WINPAC ,chargé de l'analyse des informations relatives aux armements des autres pays ,et Tyler Drumhueller, patron de la Division Europe de l'Ouest de la Direction des Opérations de la CIA, qui ont claqués la porte.

Très vite, le ton monte entre Goss et Kappes. Une des raisons est la découverte après la réouverture en 2000 de l'ambassade américaine a Belgrade (Fermée suite a la Guerre du Kosovo) que certains documents secrets de la station de la CIA a Belgrade n'avaient pas été détruits durant l'évacuation..Kappes estimera que il n' y a pas eu divulgation des documents et s'opposera a toute sanction contre le chef de station, au contraire de Goss. Ce sera une des raisons du départ de Kappes en novembre 2004 , accompagné de Michaël Sulick, n°2 de la Direction des Opérations de la CIA.Il ne sera pas le seul a quitter Langley: Parmi les démissionaires on note Rolf Mowatt-Larssen, qui a remplacé Drumhueller a la tête de la Division Europe de l'Ouest; John R.Sano, ADDO ;Arthur Brown, qui a entre autres dirigé les stations de la CIA en Birmanie, en Corée du Sud et a Tokyo et qui est a la tête de la Division Asie; Robert Richer, chef de la Division Moyen-Orient de la Direction des Opérations (Auparavant chef de station a Oman et en Jordanie) part dans le domaine privé chez Blackwater.

Démissionant de la CIA en novembre 2004 suite au conflit avec le directeur de la CIA Porter Goss, il part pour Londres pour occuper un poste dans la firme de sécurité privée ArmorGroup International ,avant d'être rappelé a la CIA et  nommé a la mi-2006 Directeur-adjoint de la CIA par le nouveau Directeur de la CIA Michaël Hayden, visiblement soucieux de mettre fin a l'ère Goss, qui n'apparaît pas avoir été appréciée a la CIA.. Kappes semble d'être surtout spécialisé sur le Moyen-Orient durant sa carrière, avec priorité pour l'Iran. Il se rendra d'ailleurs en février 2007 au Pakistan pour rencontrer des responsables de l'ISI, le service de renseignement pakistanais, et le général Musharraf en personne. But de la visite: Montrer aux autorités pakistanaises que Al-Qaîda se réactive sur le territoire pakistanais. Plus récémment, il aurait semblé convaincu, selon des sources de la CIA -a prendre avec prudence- par le récent NIE affirmant que l'Iran a cessé son programme nucléaire..

30/11/2007

Un exemple de la lutte des services secrets contre la corruption

Parmi les missions incombant aux services secrets on notera la lutte contre la criminalité organisée, qu'il s'agisse du terrorisme ou du blanchiment d'argent, du trafic de stupéfiants ou d'armes etc...

En Russie, au sein du FSB (Contre-espionnage et sécurité intérieure de la Fédération de Russie) cette mission relève du Service antiterrorisme (2ème Service du FSB), depuis 2000 du Contre-espionnage militaire (Pour les infractions commises au sein des Forces armées) et aussi du 4ème Service du FSB , le contre-espionnage économique, dont l'appelation officielle est SEB ( Служба экономической безопасности ,Service de la sécurité économique). Le SEB est dirigé depuis 2004  par Alexandre Bortnikov.

ed8d6021e1d7e61b125f2b5d410bd4a7.jpgAlexandre Bortnikov est depuis 2004 a la tête du Service de sécurité économique du FSB de la Fédération de Russie. Entré au KGB en 1975, il a travaillé comme n°2 de la Direction du FSB pour la Région de Saint-Pétersbourg avant d'en prendre la tête en juin 2003.Nommé le 24.02.2004 a la tête du 4ème Service du FSB. Général-lieutenant, il a eu entre autres a traiter l'affaire ici relatée.
En plus de son travail en tant que patron du 4ème Service, Bortnikov est aussi: Depuis juin 2004 membre du groupe de travail interservices d'étude de la conception de la stratégie nationale dans la lutte contre le blanchiment de l'argent provenant d'activités criminelles; Depuis octobre 2004 Membre de la Commission gouvernementale sur les questions d'intégration économique; depuis 2004, membre du conseil des Directeurs de la société "Sovkomflot"; depuis avril 2005 membre de la commission du contrôle des exportations de la Fédéraion de Russie; depuis décembre 2005 membre de la commission gouvernementale pour les questions du complexe énérgétiques; a partir d'avril 2006 membre de la commission gouvernementale assurant l'intégration des entreprises de construction de la Fédération de Russie. 

Est ici relatée une affaire de corruption traitée par le SEB fin 2005, et qui a connu un premier dénouement judiciaire en avril dernier, avec la condamnation d'un des principaux accusés a 10 ans de prison. 

Tout commence en 2005 par une enquête de la 50ème inspection interdépartementale ( chargée du contrôle des banques)  du FNS ( Service Fédéral des Impôts russe), relative a plusieurs transactions sur les pierres précieuses effectuées entre plusieurs banques russes de 2001 a 2002, dont l'une d'elle est la banque de crédits russe "Rossiiskii Kapital" (Capital russe). Les services fiscaux suspectent ses transaction de cacher en réalité un schéma pour éviter de payer la TVA. Aussi le FNS exige a l'automne 2004 de "Rossiiskii Kapital" , pour non-paiement de la TVA, une somme de deux milliards de roubles a titre d'impôts non payés, soit le quart de l'actif de la banque.

C'est alors que un jeune haut fonctionnaire du FNS, Oleg Alexeyev, au courant (Dans le cadre de ses activités au FNS) des problèmes rencontrés par la Banque décide de les "aider" et ,en compagnie de Alexey Mishin , de la Banque de Russie, rencontre en septembre 2005 Alexey Ivachenko, Président du Conseil des Directeurs de l"Rossiiskii Kapital" a qui il propose contre un pot-de-vin (appelés aussi "dessous de table" ou "commissions occultes") de 5.3 millions de dollars (Soit 10% de la somme exigée par les Services du FNS)  de "passer l'éponge" sur l'impayé de "Rossiiskii Kapital", en annulant cette dette. Alexeyev déclarera a Ivachenko que si elle ne paye pas, alors une enquête criminelle sera ouverte tandis que la banque même fera faillite. Ivachenko prévient immédiatement le Service de sécurité du FNS puis le FSB, qui décide de tendre un piège au corrupteur.  Le FSB commence aussitôt a utiliser son arcenal pour rassembler des preuves (Qui seront plus tard utilisées par le Tribunal) : Il est mis sur écoutes et surveillé.

Le schéma proposé est le suivant: Oleg Alexeyev s'adresse a la Direction principale territoriale pour Moscou de la Banque de Russie, qui lui fournira un document officiel indiquant que les violations commises par l'établissement de crédit ne sont pas si graves. En échange "Rossiskii Kapital" payera a Alexeyev 1 million de dollars. Une deuxième partie, 2.5 millions de dollars, doit être remise a des fonctionnaires du FNS et de la Direction Principale Territoriale pour Moscou de la Banque de Russie. 

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Interpellation de Oleg Alexeyev (Photos du FSB) 

 

  Le 17.10.2005 au soir, le Service de sécurité économique du FSB , en coopération avec le Service de sécurité du FNS interpelle Oleg Alexeyev, 28 ans, chef-adjoint de la Direction des organismes de crédits au FNS.  L'interpellation de Alexeyev a eu lieu juste en face du Kremlin, au restaurant de l'hôtel "Balchug Kempinski Moscou", juste après que un salarié de la Banque ait remis a Alexeyev une malette contenant 1 millions de dollars. C'est au moment ou Alexeyev a commencé a compter l'argent contenu dans la malette que se sont approchés de lui les officiers du FSB et du FNS

94530cfcfa32ec0ef6b4402d09b973ed.jpgLes officiers du FSB emmenent Alexeyev

A 4 heures du matin le 28.10.2005, les forces de l'ordre russes investissent un appartement, Chaussée Roublev a Moscou. Ils interpellent Alexey Mishin, 26 ans, haut fonctionnaire, du Service juridique de la Direction principale territoriale pour Moscou de la Banque de Russie, et complice de Alexeyev. La perquisition menée a son domicile n'a rien donnée.

Le plus intéréssant, notent les responsables des services de sécurité, est la perquisition du bureau de Mishin a la Banque de Russie : Y sont découvertes trois valises remplies d'argent. Montant total: 968000 dollars et 45000 euros, sans que il soit possible de déterminer d'ou vient cet argent. Interrogé sur la provenance de cette somme, il a indiqué que cela n'a rien a voir avec cette affaire. Les enquêteurs n'excluent pas que ce n'est pas la première fois que le fonctionnaire se faisait remettre des pots-de-vin. Les enquêteurs découvriront aussi que Mishin a menti a ses patrons de la Banque de Russie en affirmant ne pas avoir d'appartement ( Alors qu'il avait celui Chaussée Roublev et une a Kountsévo ) et a donc recu un appartement de fonction sur la Perspective Lénine.

Les deux fonctionnaires ont été inculpés sur la base de l'article 290 alinéa 4 du Code pénal de la Fédération de Russie selon l'officier instructeur en charge des affaires d'importance au Bureau du Procureur de Moscou Ilya Maloféev, et maintenus en détention pour éviter leur fuite.

L'article 290 du Code Pénal de la Fédération de Russie, en son alinéa 1, indique que cet article concerne la corruption dont les auteurs sont des personnes occupant des fonctions officielles (Donc les représentants de l'Etat). Cette corruption peut prendre plusieurs formes: Recevoir de l'argent, un bien, des actions ou des avantages matériels . Et ce pour des activités en faveur de la personne qui donne le pot-de-vin ou des personnes qu'il représente , si de telles activités entrent dans le cadre du service de la personne occupant une fontion officielle. Selon l'alinéa 4 de l'article 290 du Code Pénal russe, les activités prévues a l'article 290-1 du Code Pénal sont punies de 7 a 12 ans de prison avec une amende pouvant aller jusqu'a 1 million de roubles dans les cas: Ou l'infraction a été commise par un groupe organisé ou planifié; utilisation de la force; que le pot-de-vin a été obtenu par extorsion ( Donc que le fonctionnaire a exigé le pot-de-vin) ; que la somme du pot-de-vin est importante.

Toutefois, selon les déclarations de Ivachenko, Alexeyev a fait référence de payer aussi des pots-de-vins a de hauts responsables du Ministère des finances russe. Sans que on en sache plus. Ironie de l'histoire, le Ministre des Finances Alexei Kudrin avait déclaré 96 heures avant l'interpellation de Alexeyev qu'il faut non pas se battre pour baisser les impôts, mais contre les "impôts corrompus"... Le MinFin s'est refusé a tout commentaire a propos de cette affaire, et aucun fonctionnaire n'a été inculpé, faute de preuves. Alexeyev lui-même ne s'est guère montré coopératif au cours de l'instruction, niant les faits puis préntendant que il pensait que dans la malette il y avait des documents pour régler le conflit.. 

e90293135244a9ae09fb09ecb06027a3.jpgAlexeyev et Mishin lors de leur jugement

Jugés en première instance en avril 2007 par le Tribunal de Moscou ,Alexeyev et Mishin ont été condamnés a 10 ans de prison, 1million de dollars d'amende chacun. Le Tribunal a aussi accepté la plainte déposée par Alexey Ivachenko qui réclame a titre de dommages-intérêts $68000 (Le pourcentage de crédits pour le million de dollars qu'il a dû prendre a sa propre banque)

 Après tout me diront certains, ce n'est rien, une affaire parmi d'autres, la corruption n'est pas vaincue en Russie . D'autres soutiendront peut-être que cela ne sert a rien de lutter contre la corruption, que les pots-de-vins sont la règle.

Concernant le premier point c'est a mes yeux une affaire symbolique, ( Etant donné le statut des personnes interpellées)  qui montre bien que il y a des tentatives,en Russie, pour se battre contre la corruption, y compris a très haut niveau. Cela a été confirmé la semaine dernière par l'interpellation d'un Vice-Ministre des Finances pour détournement de fonds. Le chemin pour eradiquer la corruption en Russie sera extrêmement long, mais les forces de l'ordre, bien que elles aussi touchées par ce phénomène, comptent elles aussi des personnes honnêtes.

Concernant le second point, ma réponse est  catégorique, et c'est non. Que permet la corruption, sinon de fausser la concurrence ,puisqu'il suffira par exemple de donner une commission occulte pour obtenir un marché un un avantage ? Dans le cadre des marchés publics par exemple, les entreprises ne seraient plus séléctionnées selon leur compétence mais selon le montant du pot-de-vin... Que permettra la corruption, sinon de poursuivre le principe 'Tout s'achète", et que comme le note la commissaire des Renseignements généraux Brigitte Henri ( Ouvrage "Au coeur de la corruption. Par une commissaire des RG) la corruption entraîne le clientélisme, et le pillage, mais aussi ,quand elle touche comme ici des personnes dépositaires du service public , que elle entrave l'action de l'Etat car ses agents seront plus sensibles aux pots-de-vins que a l'accomplissement de leur mission? Alexeyev comptait, pour lui et une poignée de personnes, obtenir par des pots-de-vin des fonds d'une banque qui n'avait pas payée la TVA aux services fiscaux russes. La banque devait pour cela payer 5.3 millions de dollars a Alexeyev et ses amis ( Ou prétendus amis, on ne peut exclure qu'il aurait mené seul avec Mishin toute l'opération et aurait prétendu que il faut graisser la patte de nombre de personnes uniquement pour justifier l'obtention d'une somme aussi rondelette) soit 6% (Selon une source) ou 10% (selon une autre) de ce que devait la Banque au fisc. Je vous laisse calculer, si les criminels avaient réussis, combien ne serait pas rentré dans  le Budget étatique russe.

 

 

Sites:

FSB de la Fédération de Russie  http://www.fsb.ru

FNS Service Fédéral des Impôts http://www.nalog.ru/

Banque "Rossiiskii Kapital"        http://roscap.ru/ 

 

 

18/11/2007

Interview de Nikolaï Patrushev, Directeur du FSB (En russe ).

 

8e98f5128e3e7d74b3dabde640139b3f.jpg Interview donnée par Nikolaï Platonovitch Patrushev (photo) ,directeur du FSB , le service de sécurité intérieure et de contre-espionnage russe , au journal "Arguments et faits" ( Argumentii i fakti).

 

Контрразведка: шпионов сегодня ловят так...Опубликована: 10.10.2007 16:56:30


Сегодня Россия является объектом пристального внимания нескольких десятков иностранных разведывательных служб. За какими секретами охотятся иностранные шпионы и как работает российская контрразведка, главному редактору «АиФ» Николаю Зятькову рассказал директор ФСБ России генерал армии Николай Патрушев
- Николай Платонович, с чем связана активизация в последние годы разведдеятельности иностранных спецслужб в отношении России?

 

— Деятельность иностранных разведок в отношении нашего государства всегда была масштабна, а их активность не снижалась. При этом расходы ведущих иностранных держав на содержание спецслужб ежегодно увеличиваются на 15-20%. Прежде всего они интересуются сведениями о политической и социально-экономической обстановке в России, шагах руководства страны, направленных на укрепление государственности, территориальной целостности и экономики, отстаивание национальных интересов на международной арене, в том числе о реакции на развитие событий в странах СНГ. Особенно интересует зарубежные разведорганы состояние боеготовности, ход реорганизации российских Вооружённых сил, в первую очередь их ракетно-ядерной составляющей, развитие оборонно-промышленного комплекса, передовые образцы вооружений и военной техники, перспективные научные исследования, положение на Северном Кавказе и в регионах Дальнего Востока, Сибири, сырьевые ресурсы и инфраструктура их транспортировки.

В настоящее время значительные усилия зарубежных спецслужб направлены на получение информации о ситуации, связанной с предстоящими выборами в Государственную думу и Президента Российской Федерации. Большой интерес с их стороны проявлен к расстановке политических сил, характеризующих данных кандидатов в депутаты и на пост главы страны, деятельности оппозиции. Кроме того, они пытаются в выгодном руководству своих государств русле оказывать влияние на протестные настроения и выступления в России.

Помимо этого в ряде западных держав продолжают сохранять свои позиции политики, всё ещё мыслящие категориями времён «холодной войны». В духе школы Бжезинского ими прилагаются значительные усилия для того, чтобы воспрепятствовать России стать равноправным участником международных отношений, предъявляются претензии на наши территории и национальные богатства. Ставя распад СССР себе в заслугу, они теперь вынашивают планы, направленные на расчленение России. Специальные службы и организации ими рассматриваются в качестве достаточно эффективного инструмента их реализации.

Грузия и Польша на службе ЦРУ

- Спецслужбы каких государств особенно активны в этом плане?

— Несмотря на известные всем глобальные изменения, произошедшие в конце 80-х — начале 90-х гг. прошлого века, спецслужбы государств — членов НАТО по-прежнему весьма активны в отношении России. Причём в этом ряду особо следует выделить Великобританию, спецорганы которой не только ведут разведку по всем направлениям, но и стараются повлиять на развитие внутриполитической ситуации в нашей стране.

Отличаются своими действиями и турецкие спецслужбы, которые стремятся создавать и развивать позиции среди политической элиты и представителей крупного бизнеса в российских регионах компактного проживания мусульман. Пакистанская разведка стремится получить доступ к технологиям военного и двойного назначения, а также добыть сведения в отношении военно-технического сотрудничества России с рядом стран.

ЦРУ и СИС (основные разведорганы США и Великобритании. — Ред.) продолжают привлекать к работе на российском направлении своих партнёров из Польши, Грузии, стран Балтии и некоторых других.

- Удивляет, что против России активно действуют польские, прибалтийские и тем более грузинские спецслужбы.

— А что здесь удивительного? Американские и британские спецслужбы оказывают серьёзное влияние на специальные органы как этих государств, так и некоторых других стран Восточной Европы. Это относится к самому широкому спектру: от формирования кадрового состава и распределения бюджета до выбора стратегических направлений деятельности и непосредственной организации совместных разведмероприятий.

В угоду интересам «старших партнёров» и в соответствии с конъюнктурными соображениями политического руководства своих стран упомянутые разведки проводят операции, выходящие далеко за рамки их национальных интересов.

Так, на территории указанных стран развёрнута работа, целью которой является вербовка российских граждан, проводятся операции по связи с агентурой. При этом некоторые из американских и английских союзников действуют весьма агрессивно. Кроме того, отдельные сотрудники спецслужб Грузии не брезгуют поддерживать связи с криминалитетом и всё чаще использовать его в разведывательных акциях и различных провокациях.

- В последнее время в различных источниках часто появляется информация о провалах британской разведки…

— Противодействуя британской разведке, мы всегда учитывали её многовековые традиции и огромный опыт в агентурной работе. Нам известны как её сильные стороны, так и слабые. Со времён королевы Елизаветы I сотрудники СИС руководствуются принципом «Цель оправдывает средства». Деньги, подкуп, шантаж, освобождение от наказания за совершённые преступления — их основные методы вербовки.

Разоблачённые нашей контрразведкой в разное время агенты занимали достаточно высокое должностное положение. Это бывшие ответственные сотрудники военной разведки Скрипаль, МИДа — Обухов, внешней разведки — Гордиевский и Оямяэ.

Вместе с тем в последнее время для достижения определённых политических целей англичане сделали ставку на лиц, обвиняемых в совершении уголовных преступлений и скрывающихся за рубежом от российского правосудия. Читатели, несомненно, помнят публикации в различных СМИ на тему обращения в органы безопасности российского гражданина Вячеслава Жарко с заявлением о его вербовке сотрудниками СИС при активном участии Березовского и Литвиненко.

Всё это не могло не сказаться на качестве работы британской разведки — отсюда и провалы.

Среди шпионов — военные и учёные

- Какие подразделения ФСБ России занимаются непосредственно контрразведкой?

— Главные задачи по противодействию спецслужбам иностранных государств возложены на Службу контрразведки, название которой говорит само за себя. Помимо этого она участвует в оперативном прикрытии государственной границы, совместно с другими подразделениями ФСБ России обеспечивает безопасность представительств иностранных государств на территории нашей страны, а также российских учреждений и граждан за рубежом во взаимодействии с заинтересованными ведомствами.

Значительная роль в защите сведений, составляющих государственную тайну, и борьбе с научно-техническим и экономическим шпионажем принадлежит Службе экономической безопасности. Обеспечением безопасности в Вооружённых силах, в том числе и противодействием иностранным разведкам, занимается Департамент военной контрразведки. Противодействием вниманию зарубежных спецслужб к самим органам безопасности занимается Управление собственной безопасности.

Под руководством этих подразделений организуют свою деятельность территориальные органы безопасности, органы безопасности в войсках и иных воинских формированиях, оперативно-технические и научно-технические структуры. В целом можно сказать, что в контрразведывательной деятельности участвуют в той или иной степени все наши подразделения.

- И каковы результаты их работы?

— За период с 2003 года выявлено более 270 активно действовавших кадровых сотрудников и 70 агентов иностранных разведок, в числе которых 35 российских граждан. Предупреждены преступные действия ещё 6 граждан нашей страны, намеревавшихся инициативно передать зарубежным спецслужбам сведения, составляющие государственную тайну.

В качестве примеров можно привести разоблачение и осуждение на длительные сроки лишения свободы упомянутых Оямяэ, Скрипаля, Обухова, а также Сыпачёва, Думенкова, Смаля, Белошапкина, Запорожского и других.

Только в текущем году пресечена деятельность 14 кадровых сотрудников и 33 агентов спецслужб иностранных государств. В частности, судом признан виновным в совершении преступления, предусмотренного ст. 275 Уголовного кодекса (государственная измена), бывший военнослужащий Шабатуров, который с 1999 года сотрудничал с разведслужбой одного из западноевропейских государств и выдал ей сведения о ряде сотрудников российской военной разведки. Совсем недавно, 12 сентября, по этой же статье осуждён бывший сотрудник одного из НИИ Минобороны России Арсентьев, передавший иностранной спецслужбе сведения, составляющие государственную тайну. Сейчас в суде рассматривается уголовное дело ещё на одного человека, а в отношении троих ведётся следствие.

Камень с электронной начинкой

- Какие новинки шпионской техники используют иностранные разведки?

— Разведки стремятся обеспечить своих агентов созданной на основе новейших достижений науки специальной техникой, которая позволяла бы им действовать тайно.

Например, одним из самых уязвимых мест в деятельности спецслужб являются операции по связи, поэтому их техническому обеспечению уделяется самое пристальное внимание.

В частности, такие технические средства использовались сотрудниками резидентуры СИС, действовавшими под прикрытием дипломатических должностей посольства Великобритании в России и разоблачёнными в декабре 2005 года.

К техническим новинкам спецслужб Великобритании можно отнести и специальное устройство, замаскированное под аккумуляторную батарею портативного компьютера, работающее на тех же частотах, что и большинство мобильных телефонов. Им англичане снабдили одного из своих агентов. Сотрудник резидентуры, находясь на удалении и не вступая непосредственно в контакт с агентом, мог считывать с «аккумулятора» информацию и передавать собственную. Кроме того, российскому гражданину была передана программа, которая позволяла ему работать на компьютере, не оставляя никаких следов на жёстком диске.

Также зарубежные разведорганы всё чаще пытаются использовать, в частности, возможности Интернета.

- В последние годы мы часто слышим о том, что иностранные разведки используют в своей работе неправительственные организации…

— Действительно, в арсенале иностранных спецслужб есть практика использования неправительственных организаций (НПО) как для добывания разведывательной информации, так и в качестве инструмента оказания скрытого влияния на политические процессы. Примеры тому можно найти, анализируя события, происходившие во время так называемых «цветных революций» на Украине, в бывшей Югославии, в Грузии и некоторых других странах. Немалую роль в них сыграли молодёжные организации, члены которых были подготовлены на зарубежные средства.

Существует также угроза финансирования через возможности отдельных иностранных НПО фактически подрывной деятельности против России. Она зачастую исходит от международных террористических организаций, которые используют отдельные НПО в собственных интересах, в частности для финансовой поддержки бандформирований на Северном Кавказе. Всё это мы учитываем при организации нашей контрразведывательной деятельности.

Внимательно изучаем и зарубежный опыт. Так, в Соединённых Штатах Америки разработан новый порядок выделения Агентством США по международному развитию грантов неправительственным организациям, который предусматривает ужесточение контроля за их деятельностью, в том числе со стороны спецслужб. Это позволит американским компетентным органам предотвращать использование выделяемых НПО средств в ущерб национальной безопасности своей страны.

- Как изменилась ситуация в условиях действия нового российского закона о неправительственных организациях?

— Изменения, внесённые в нормативный правовой акт, касаются общегосударственных мер по упорядочению деятельности НПО. Они не затрагивают прав ФСБ России — у нас не добавилось ни функций, ни полномочий.

Хотел бы особо отметить, что мы понимаем важную роль неправительственных организаций в развитии и укреплении гражданского общества в нашей стране и заинтересованы в их деятельности. Внимание же контрразведки привлекают те НПО или их сотрудники, которые занимаются противоправной деятельностью, относящейся к нашей компетенции. Например, это могут быть попытки получить неправомочный доступ к сведениям, составляющим государственную тайну, или совершение иных действий, угрожающих безопасности России. Естественно, что такая деятельность очень далека от официально заявляемых целей.

Общий враг России, США и Англии

- Вы неоднократно подчёркивали важность международного сотрудничества спецслужб в условиях возрастания террористических угроз. Как это можно соотнести с работой контрразведки?

— Несмотря на остроту противоборства с иностранными разведками, мы хорошо понимаем, что есть сферы, где спецслужбам необходимо взаимодействовать, в первую очередь это борьба с международным терроризмом.

По нашему мнению, нам удалось сформировать достаточно действенную систему международного сотрудничества. На сегодняшний день сохраняется устойчивая тенденция к расширению его масштабов. Наша служба поддерживает активные контакты со 136 органами безопасности и спецслужбами 76 стран.

Наиболее тесные отношения у нас сложились с коллегами из стран — участниц СНГ в рамках Совета руководителей органов безопасности этих государств (СРОБ). В последние годы к его работе проявляют всё больший интерес наши партнёры из дальнего зарубежья. Так, на заседания совета приглашаются в качестве наблюдателей представители спецслужб Италии, Франции, Германии и Испании. Кроме того, используются механизмы взаимодействия по линии рабочих органов «восьмёрки», институтов ООН, ЕС и ОБСЕ, ШОС и других международных или региональных организаций. Расширяется и сотрудничество в пограничной сфере — повышается эффективность работы Пограничного комитета Союзного государства России и Белоруссии, Совета командующих Пограничными войсками стран СНГ, Совета по пограничным вопросам государств — членов ЕврАзЭС и ряда других структур.

Развитию партнёрских отношений служат ежегодно организуемые ФСБ России мероприятия более широкого формата — международные совещания руководителей спецслужб, органов безопасности и правоохранительных органов. В работе шестого совещания, которое прошло 6-7 сентября в Хабаровске, участвовали представители 53 стран и 4 международных организаций. В ходе этой встречи состоялся конструктивный и весьма полезный обмен мнениями по наиболее актуальным проблемам борьбы с терроризмом.

18/09/2007

Michaël Sulick's career

CIA Director Hayden appointed in Friday Michaël Sulick as National Clandestine Service's head.

Sulick is a seasoned CIA officer.

His career:

Entered in the CIA,Directorate of Operations ,in 1980.

Posted in Japan and Peru (I don't know when,probably in 80's)

-Deputy station chief in Moscow from 1988 to 1991.Officially first secretary of the political section of the US Embassy in Moscow.

-Internal Operations chief of the CIA Soviet Division (Internal Operations supervises the work of the Soviet Division inside USSR)

-In August 1991,Sulick goes to Vilnius,to establish contacts with now power.

-From 1994 to 1996,Station chief in Moscow,officially counsellor of regional affairs.

-From 1996 to 1999,CIA Station chief in Warsaw.

-After the Kosovo War,appointed as Eurasia Division Chief,in 1999.

-From 2002 to 2004,Counterintelligence center head.

-From 2004 to November 2004,deputy chief of the Operative Directorate.

Fired from the CIA after conflict with CIA Director Porter Goss

-Named as National Clandestine Service Chief in september 2007. 

17/09/2007

Michaël J.Sulick

 

Je viens a peine d'apprendre la nouvelle que je me  projette immédiatement dans mes souvenirs,remonte les archives sur le personnage, remémore les informations recues.Le nouveau chef du NCS de la CIA vient d'être nommé.Et ce n'est pas n'importe qui (Cela fait depuis la mi-2004 que je suis sa carrière).Michaël Sulick est un vétéran de la CIA,qui a fait carrière en pleine Guerre froide,principalement contre la Russie,ou il a été chef de station.

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Michaël J.Sulick

Michaël J.Sulick est né a New York vers 1949.Il a servi au Vietnam,puis est entré a la CIA en 1980.Il a été en poste au Japon,au Pérou,en Pologne,a des dates non déterminées.Sa biographie devient plus précise quand il se retrouve nommé chef de station adjoint de la station de la CIA a Moscou,poste qu'il occupe de 1988 a 1991 sous la couverture de 1er secrétaire de la section politique de l'ambassade américaine.Parmi les opérations menées par Michaël Sulick a Moscou,notons que il rencontrera personnellement "Tony",en fait l'officier du GRU Vyatcheslav Baranov qui a été recruté en 1989 par la CIA a Dhaka .Revenu de Moscou,"Klettering" (Son pseudo a la CIA) est nommé chef des Internal Opérations (Chargée des opérations en URSS même) a la Division Soviétique de la CIA.Milton Bearden estimera lui-même que "Klettering" compte parmi les meilleurs officiers de sa génération.En aout 1991,suite a la décomposition de l'URSS,après la tentative de putsch manquée menée par des conservateurs,Sulick est envoyé en Lituanie pour établir des contacts avec les autorités officielles ,entre autres avec le Président Landsbergis.Cette histoire est d'alleurs racontée par Sulick lui-même dans un article du Center for study of intelligence de la CIA en date de la mi-2006 (http://www.cia.gov/library/center-for-the-study-of-intell...).  Puis Sulick est de nouveau nommé a Moscou,suite a l'expulsion du chef de station,James L.Morris.Rolf Mowatt-Larssen,un officier qui fera aussi carrière au sein de la CIA,est nommé acting chief of station le temps que le remplacant arrive.C'est Sulick qui débarque,en 1994 comme chef de station a Moscou.Officiellement,il est conseiller aux affaires régionales de l'ambassade américaine.Il occupera le poste jusque 1996,puis est nommé chef de la station de Varsovie,avant de retourner a Langley en 1999 et d'enchaîner les postes d'importance .Nommé chef de la Division Eurasie de la Direction des Opérations de la CIA il dirigera donc les opérations de la CIA juste après la Guerre du Kosovo. Selon une biographie,Sulick recentrera le travail de la CIA dans les Balkans et en Asie Centrale dans la lutte antiterroriste suite aux attentats du 11 septembre.En 2002 Sulick est nommé chef du Counterintelligence center de la CIA,le service chargé d'empêcher les fuites d'informations vers les services secrets étrangers,aussi bien ennemis que alliés.Puis en 2004 Sulick est nommé n°2 de la Direction des Opérations de la CIA. (Plus tard remodelée et rebaptisée  National Clandestine Service),jusqu'a un conflit avec Porter Goss.Michaël Sulick quitte alors la CIA en mars 2005.Suite a la démission de Porter Goss de la Direction de la CIA et son remplacement par Michaël Hayden,Stephen Kappes a été nommé°2 de la CIA.Michaël Sulick est lui aussi repris,il doit prendre ses fonctions le 30.09.2007 en remplacement de José Rodriguez.

07/07/2007

Brève histoire des services secrets soviétiques et russes

Suite à la Révolution bolchévique de 1917 est fondée la VTchéKa (commission extraordinaire panrusse de lutte contre la contre-révolution et le sabotage), chargée du renseignement intérieur, extérieur, de la sécurité et de la lutte contre les opposants. En contrepartie, l'Armée rouge se dote en octobre 1918 de son propre service de renseignement, la IVe direction principale de l'état-major général de l'Armée rouge. Après la Seconde Guerre mondiale, ce service sera renommé : il deviendra le GRU, Direction Principale du Renseignement.

Concernant la VTchéKa, elle changera plusieurs fois de nom (Tchéka,OGPU,GPU,NKVD,NKGB,MGB,MVD), mais ses tâches resteront les mêmes. Petite différence toutefois : quand l'ancienne Tchéka deviendra le NKVD ou MVD, les services de sécurité soviétiques perdent en autonomie ; il ne sont alors qu'une branche des différents services de police d'URSS, le NKVD englobant aussi bien le contre-espionnage que la police, les pompiers ou le Goulag. Les services de sécurité et de renseignement extérieurs, au sein du NKVD, sont réunis dans le GUGB (Direction Principale de la Sécurité d'Etat) du NKVD.

La Guerre froide arrivant, Staline décide de s'inspirer du modèle de la CIA. Est alors créé le KI, le Comité d'information, qui regroupe le renseignement extérieur politique et le GRU. Mais l'expérience échoue.

Par décret de 1954 est créé le Comité pour la Sécurité d'Etat,le KGB, (Donc les services de sécurité perdent leur statut de Ministère ,ils sont désormais un simple Comité)  chargé aussi bien du contre-espionnage que des gardes-frontières, du renseignement extérieur, de la lutte contre les opposants ou de la protection des personnalités. Lui font concurrence le GRU, rattaché a l'Armée rouge mais aussi le MVD c'est-à-dire la police. Le Ministre de l'Intérieur sous Brejnev, Chtchelokov, n'aura de cesse d'essayer de réduire le poids du KGB sur le plan intérieur.

Le KGB a néanmoins un avantage de taille sur la police et le GRU : d'une part, il peut surveiller ces deux organismes, par le biais de la 3e direction du KGB (contre-espionnage militaire), par exemple, en recrutant des officiers du GRU ou en essayant d'y démasquer les traîtres (ce rôle revient à la 2e sous-section du 1er département de la 3e direction du KGB, à l'intérieur de l'URSS, et à la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, la section "K" de la Première Direction Principale, dans les ambassades, consulats, délégations, etc.). Concernant la police, est créée en 1982 au sein de la 3e direction la section "V", chargée de la lutte contre la corruption au sein des forces armées (donc la police comprise). Le KGB a donc en premier un moyen d'interférer dans le travail de ces deux organisations concurrentes.

D'autre part, le KGB peut doubler les deux concurrents. En effet, rien n'interdit au KGB de collecter des renseignements militaires ; c'est même un de ses rôles, et ainsi il concurrence le GRU dont c'est la mission. Et rien n'interdit non plus le KGB d'enquêter (ce qui est aussi un de ses rôles) dans les affaires de crime organisé, de terrorisme ou de lutte contre la corruption, doublant ainsi le MVD (ministère de l'Intérieur, police).

La chute de l'URSS en 1991 change la donne, le KGB est divisé en plusieurs services indépendants : l'ex-direction du renseignement extérieur du KGB (1ère Direction Générale) devient le SVR, service de renseignement extérieur. Le service de protection des personnalités est désormais directement rattaché au président de la Fédération de Russie, il se nomme le FSO, tout comme un autre service beaucoup moins connu, le GUSP (Direction Principale des Programmes Spéciaux, en fait l'ex-15e direction du KGB, chargée de la construction des bunkers protégeant les dirigeants en cas de guerre).

Le GRU ne voit pas son statut modifié, de son côté, tandis que les services chargés de la création des codes secrets (8e direction du KGB) et du brisage des codes utilisés par les adversaires (16e Direction générale) sont rassemblés dans une Agence fédérale, le FAPSI. Enfin, le KGB perd ses pouvoirs d'instruction, et ses unités d'élite entrent dans le giron du concurrent, le Ministère de l'Intérieur. Les services chargés de la Sécurité intérieure (protection des secrets économiques, industriels, du contre-espionnages, de la sécurité des transports, antiterrorisme et lutte contre le crime organisé ) sont rassemblés dans le FSK,Service Fédéral de contre-espionnage lequel, insécurité puis guerre de Tchétchénie aidant, regagne très vite ses pouvoirs d'instruction et d'écoutes (dès 1993). En remplacement du FSK est créé en 1995 le FSB, Service fédéral de Sécurité, avec les mêmes missions. Les unités d'élites reviennent dans le giron du FSB cette année-là, et en 2002, le FAPSI et les gardes-frontières sont rendus au FSB.

 

Cet article sera régulièrement remis a jour

26/06/2007

Le dossier Boris Belitsky

LE DOSSIER BORIS BELITSKY

Dans le cadre de ses efforts contre l'URSS,la CIA réussit en 1958 a recruter un citoyen soviétique,correspondant de Radio-Moscou.Apparement,un succès.Sauf que plusieurs années après la Compagnie apprendra que ce soviétique travaille sous le contrôle du KGB...Dans le climat ambiant de guerre froide ,l'affaire Belitsky en fut un des épisodes.

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 Boris Belitsky

Boris Belitsky était correspondant de la section anglaise de Radio-Moscou.Parlant très couramment anglais (il est traducteur depuis 1945) ,il fut chargé par la radio de couvrir nombre d'événements internationaux,ce qui lui permettait de voyager.Parmi les événements couverts par Belitsky durant sa carrière,notons qu'il traduisit les propos de Youri Gagarine lors de ses conférences de presse,qu'il fut aussi le traducteur de Gagarine quand celui-ci fut recu par la Reine Elizabeth II a Buckingham Palace.En 1989,il est nommé Directeur adjoint des émissions en langue anglaise de "Radio-Moscou".

C'est l'officier de la CIA George Goldberg,un letton parlant couramment russe,qui le recrute en 1958,a Bruxelles,a la Foire internationale.Pseudo de Belitsky a l'Agence: AEWIRELESS.Il est ensuite retourné et contrôlé par la section américaine du contre-espionnage du KGB vers 1961,mais la CIA découvre que Belitsky est contrôlé par le KGB peu après:A la mi- 1962,a Genève,Belitsky devant rencontrer ses traitants de la CIA,c'est l'officier du KGB Vladimir Lvovitch Artemov (Entré au KGB en 1957,Artemov travaillait au sein de la DDP,le contre-espionnage du KGB a la section américaine), qui est chargé de diriger Belitsky sur place,en Suisse. Il bénéficie de l'assistance d'un officier de la section américaine du 2ème Directoire Principal du KGB,Youri Nossenko.Lequel contacte la CIA a Genève.Il révèle évidemment le fait que Belitsky travaille pour le KGB,et donnera même les noms des deux officiers traitants de Belitsky a la CIA,Goldberg et Young.Cette information ne surprend guère a la CIA: Certains officiers de la Section Soviétique de la Direction des Opérations de la CIA doutaient de la bonne fois de Belitsky.Parmi eux,l'officier chargé d'évaluer les rapports de Belitsky a la section SR-9 de la division soviétique,avait conclu au fait que Belitsky était contrôlé par le KGB.

Néanmoins,Nossenko déclarera a la CIA que Belitsky avait été recruté par la CIA a Londres en 1960 ou 1961 (Belitsky a en effet eu des contacts avec ses officiers traitants de la CIA a Londres en 1961.Il lui ont même faits passer le détecteur de mensonges,qui n'avait rien détécté d'anormal).Nossenko ignorait que Belitsky avait été en réalité recruté en 1958 a Bruxelles,mais aussi que le but du KGB était de faire en sorte que la CIA ait des contacts avec Belitsky a Moscou même (rapports de son interrogatoire en 1968 par l'officier de la CIA Bruce Solie) .Ce qui permettrait a la DDP de mettre a jour les méthodes et les officiers traitants de la CIA en URSS même.Car Belitsky avait surtout des contacts avec la CIA en dehors du territoire soviétique,pour la bonne et simple raison que sa profession l'oblige a voyager fréquemment a l'étranger.Pourquoi la CIA prendrait le risque de le rencontrer en URSS même,alors? Nossenko ignorait que la CIA avait contactée Belitsky en URSS même,lui envoyant trois lettres (Postées par les officiers de la CIA en poste a Moscou?) en 1959 et dans la première partie de l'année 1960.Nossenko ignorait aussi que Belitsky avait une adresse,hors d'URSS,pour contacter la CIA De plus,toujours selon Nossenko,la 2ème section du département américain de la Deuxième Direction Principale a tenté,au début,d'utiliser Belitsky contre les britanniques.Est-ce a dire que au début le KGB pensait que Belitsky avait été recruté par les britanniques? C'est probable.Il faut y ajouter que Nossenko ignorait comment Belitsky avait été recruté sur le territoire britannique,la nature de ses contacts avec la CIA et quel type d'information il transmettait a ses traitants.

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Youri Nossenko,officier de la Deuxième Direction Principale du KGB qui participa au traitement de Belitsky.

Donc,Belitsky aurait caché au contre-espionnage soviétique que il avait été en réalité recruté deux ans plus tôt a Bruxelles.On peut donc supposer que Belitsky a sincèrement travaillé pour la CIA de 1958 a 1960.Pourquoi avoir contacté si tardivement le KGB? On ne sait pas.

Il est malheureusement impossible de savoir quelles sont les informations transmises par Belitsky a la CIA..Sans doute,étant donné son travail,des informations a caractère politique. 

Pendant que Nossenko révélait a la CIA que Belitsky était contrôlé par le KGB, AEWIRELESS,qui était venu a Genève en mai 1962 couvrir la conférence sur la paix, rencontrait dans une planque de Genève son officier traitant,Goldberg.Ils eurent plusieurs entretiens,totalisant 18 heures,au cours dequelles,estima Goldberg,Belitsky avait livré des informations authentiques et confidentielles.Il fut néanmoins prévenu que son informateur était contrôlé par le KGB.  

La CIA continua néanmoins a contrôler Belitsky,pour pouvoir déterminer quelles informations on peut en tirer,entre autres en pleine crise des missiles a Cuba en octobre 1962.La suite du traitement par la CIA de Belitsky est malheureusement inconnue.Il est probable que,suite a la déféction de Nossenko ,survenue en 1964,le KGB,supposant que Belitsky ait été "balancé" par Nossenko a la CIA ,ait aussitôt cessé le "jeu".Pour l'anecdote,Belitsky sera un des trois traducteurs en anglais durant le procès en mai 1963 de Oleg Penkovsky,colonel du GRU qui était traité par la CIA et le MI6.

Remerciements a Radio-Moscou,ainsi que aux informations disponibles dans nombre d'ouvrages ('Molehunt" de David Wise, "L'affaire Penkovsky",éditions Terra 1997, "Kontrrazvédka" de Vadim Abramov, "Cold Warrior" de Tom Mengold ). Un autre document passionant a lire est le rapport de synthèse déclassifié,et disponible au grand public,de l'interrogatoire de Youri Nossenko par l'officier CIA Bruce Solie.

19/05/2007

Rolf Mowatt-Larssen

Est créée au sein du blog une nouvelle section qui concernera les biographies d'officiers des services secrets aujourd'hui a la retraite ou connus du grand public

Nous commencons avec un officier de la CIA peu connu du grand public ,mais qui joue aujourd'hui encore un rôle important dans la communauté américaine du renseignement,en tant que chef du département du renseignement du Ministère de l'Energie Américain.Il s'agit de Rolf Mowatt-Larssen.

Je tiens a préciser que,a la date du 21.09.2007,cette note a été remise a jour. Vous trouverez les ajouts tout en bas,ainsi vous pourrez comparer entre les informations AVANT,a la date de publication de l'article,et après. 

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 Rolf Mowatt-Larssen

Rolf Mowatt-Larssen est né vers 1955,a étudié a l'académie militaire de West Point d'ou il sort diplômé en 1976.Ensuite il sert dans les paras de l'armée américaine.

Entrée vers 1982 a la CIA,Mowatt-Larssen a été en poste en Suède puis en Grèce,a des périodes non déterminées.Apparement avant d'être muté a Moscou,ou il arrive en 1988 comme officier traitant.Il occupe le poste jusque 1991,avant d'être réaffecté dans la capitale russe en 1992 comme Chef de station adjoint,et ce jusque 1994,officiellement comme secrétaire de la section politique de l'ambassade américaine.Mowatt-Larssen est alors chargé des contacts officiels entre la CIA et le SVR,le nouveau service de renseignement extérieur russe.Il faut savoir que le KGB avait tenté de contacter la station de la CIA a Moscou,plus précisément son patron,Carl Gebhardt,en 1984.Les services secrets américains,prudents,n'y avaient pas immédiatement donnés suite.Puis,sous Gorbatchev,eurent lieu une série de rencontres,a Vienne,Helsinki,Moscou.La chute de l'URSS accélère les contacts ,dans des domaines comme la lutte contre les différentes formes de criminalité organisée (Terrorisme,trafic de drogue...).Mowatt-Larssen y prend donc part.   

Nommé temporairement Chef de station de la CIA a Moscou suite a l'expulsion fin mars 1994 de James L.Morris,le temps que Langley lui envoie en remplacement Michaël Sulick..

Petite précision (et disgression) :Selon Ron Suskind dans son ouvrage "La Guerre selon Bush",Mowatt-Larssen aurait été deux fois en poste en URSS comme chef de station,et en aurait été expulsé les deux fois.Au vu des informations que j'ai eu,M.Suskind s'est trompé: Après vérifications,d'une part,Mowatt-Larssen n'a jamais ,autant que je sache,été éxpulsé,d'une part.D'autre part,il n'a pas été deux fois Chef de station.L'officier CIA est entré a l'Agence en 1982,et la règle veut que un officier CIA puisse devenir chef d'antenne au bout de cinq ans,quand c'est une petite antenne.Quand c'est une station aussi importante que celle de Moscou,c'est carrément du jamais vu que un officier bénéficiant de moins de 10 ans d'expérience soit nommé Chef de la station de Moscou a temps complet.Par exemple,Richard Stolz,qui a dirigé l'antene moscovite de 1964 a 1965,avait 14 ans de CIA derrière lui (Entrée en 1950).Idem pour Burton Gerber,qui a été a la tête du poste de la CIA dans la capitale soviétique de 1980 a 1982,et qui était a la CIA depuis 1956..

Peut-être chef de station de la CIA a Berne en 1995.En tout cas,Mowatt-Larssen,selon les russes,aurait tenté de recruter le patron du SVR a Berne "peu après le scandale de l'affaire Ames",sans plus de précisions.

Ensuite chef de station de la CIA dans un pays non encore déterminé (La biographie de ce géant de deux mètres comporte un trou etre 1995 et 2000.Il semble qu'il se soit spécialisé dans le domaine de l'armement nucléaire,sans qu'on en sache plus)

Pendant un ans,Mowatt-Larssen a servi dans l'équipe de George Tenet,patron de la CIA,avant ,vers juillet 2001,d'être détaché:il devait prendre le commandement de la station de la CIA a Beijing et commenca donc a suivre avec sa femme des cours intensifs de chinois.Mais suite aux attentats du 11 septembre ,il est nommé fin 2001 a la tête de la Division de Contreprolifération (CPD) de la Direction des Opérations de la CIA,Tenet estimant qu'il a besoin de ce spécialiste de la contre-prolifération.C'est un petit service,qui compte a peine 4 officier,quand Mowatt en prend le commandement.Le CPD aura a son actif le démantèlement,au moins partiel,du réseau du docteur Khan,le père de la bombe atomique pakistanaise qui fournit alors en technologiques et plans aussi bien la Corée du Nord que la Libye ou l'Iran....C'est un service d'action,actif,a ne pas confondre avec le Winpac (Weapons Intelligence,Non Prolifération,and Arms Control Center) ,service chargé de l'analyse du potentiel ballistique et nucléaire des différents pays,aussi bien la Russie que la Chine ou la Corée du Nord.Winpac dépend donc de la Direction du renseignement (Analyse) et non de la Direction des Opérations (Chargé des opérations sur le terrain),et est apparu avant les attentats du 11 septembre,date exacte inconnue (Probablement a la mi-2001)

Puis cet officier de la CIA aurait été chef de la Division Europe de l'Ouest, qu'il commandera de 2004 a 2005.En 2005 Mowatt-Larssen a quitté la CIA,après 23 ans de carrière a l'Agence,pour prendre la tête du service de renseignements et de contre-espionnage du Ministère de l'Energie américain,service qu'il commande a l'heure actuelle.Le service de renseignements du Ministère de l'Energie américain est chargé,par des "canaux ouverts" (informations officielles,bavardages etc...) de recueillir des informations et de les analyser,entre autres sur le potentiel nucléaire des autres pays.Dans le contexte international actuel,ce service est donc impliqué dans le suivi des programmes nucléaires nord-coréens et iraniens...

 

En date du 21.09.2007: Le site http://www.nhdf.org/speakers.php?id=56&back=agenda

vient d'ajouter nombre d'éléments de la carrière de Rolf Mowatt-Larssen.Reprenons-les (en y mêlant les informations publiées en mai) :

Officier de la station de la CIA a Stoskholm de 1984 a 1987;officier de la station de la CIA a Moscou de 1988 a 1990,en poste a la station de la CIA a Athènes (Officier ou chef de station adjoint? ) de 1990 a 1992; Chef de station adjoint de la station de la CIA a Moscou de 1992 a 1994 sous la couverture de 1er secrétaire de la section politique; nommé Acting Chief of station suite a l'expulsion du chef de l'antenne ,James L.Morris en mars 1994;Chef de Base de la CIA a Zurich de 1994 a 1996;Chef de station de la CIA a Oslo de 1998 a 2000.

En comparant la biographie publiée en mai dernier avec ses ajouts,quelques remarques: La Biographie de mai 2007 de Rolf Mowatt-Larssen cadre très bien avec ses ajouts.Les seules erreurs que j'ai commises en mai ont été les suivantes: Cet officier CIA a été en poste a Moscou jusque 1990 et non 1991 et a été en poste en Grèce non pas avant d'arriver a Moscou mais pendant ses deux postes.Dernière erreur d'analyse,il a été en poste a Zurich et non Berne comme je le supposais.

Sinon,les erreurs sont peu nombreuses.la bio de la National Homeland Defense Foundation confirme tous les postes indiqués en mai,et je ne m'étais pas trompé en indiquant que Mowatt a été en poste comme chef de station entre 1995 et 2000.Je supposais que c'était dans la zone Europe de l'Ouest,mais n'étant pas sûr j'avais gardé mes doutes pour moi...  Néanmoins il ressort des précisions ajoutées que mes sources se sont avérées plutôt fiables,les analyses correctes.

 

 

16/04/2007

Le travail de la DGSE contre Al-Qaïda

Je me montre généralement très critique vis-a-vis du "Monde",mais la ses journalistes ne peuvent que être félicités.Dans ce passionant article est détaillé ce que savait la DGSE,le service de renseignement extérieur francais,sur Al-Qaïda,de 2000 jusqu'aux attentats du 11.09.2001....

 

Enquête
 
11 septembre 2001 :Les Francais en savaient long 
LE MONDE | 16.04.07 | 11h08  •  Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
 
C' est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très spéciale, nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.

Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.

Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi,que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.

 

Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"

Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.

Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.

Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.

 

Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.


Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."

De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.

A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.

Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…)Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."

Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.

C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".

Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
 
 

La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.


Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…)Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."

Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.