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La communauté du renseignement - Page 10

  • Déclassification de documents par la CIA

    La Central Intelligence Agency a annoncé le 06.06.2007 sur son site avoir déclassifié 420000 pages de documents ,qui sont désormais disponibles au grand public (https://www.cia.gov/news-information/featured-story-archive/over-10-million-pages-of-cia-declassified-records-available.html),au National Archives and Records Administration (NARA).Au sein du NARA,situé das le Maryland,ses documents se trouvent au CREST (CIA Records Search Tool),qui contient au total plus de 10 millions de pages de documents (ce qui nous rappele au passage que les services secrets ,comme dans tout pays,sont aussi des bureaucraties,dont le travail est plus de noircir de la paperasse que de mener de spectaculaires opérations a la James Bond..Ses documents sont disponibles sur place,aux Etats-Unis.Toutefois,ils peuvent sans doute être demandés par Internet (j'ai essayé,mais ils demandent a ce que la demande soit la plus précise possible)

    Concernant les documents déclassifiés récémment,ce sont des rapports des années 1940/1950,provenant aussi bien de la Direction des Opérations que de la Direction du renseignement (service d'analyse) ou du Directoire Scientifique et Technique

     Voici l'adresse mail pour contacter le NARA: alic@nara.gov

    Site du NARA:  http://www.archives.gov/ 

    Ou pour en savoir plus sur le CREST :  http://www.archives.gov/research/alic/tools/online-databases.html

  • Recherches en cours

    Est ouvert un dossier sur le "National Endowment for democracy",une institution américaine qui s'efforce de promouvoir la démocratie dans le monde et a été fondée en 1982.Les informations obtenues indiqueraient que le NED a bénéficié de l'aide de la CIA,d'ou mon intérêt. L'information en ce sens vient du Réseau Voltaire (dont je me méfie vu leurs théories conspirationnistes) ,d'ou ma prudence,jusqu'a ce que je me rappele que Ralph Mc Gehee,ex-officier de la CIA en poste en Thaïlande dans les années 70,avait cité le NED,pour avoir été liée aux événements de la place Tian An Men a Pékin en 1989.Selon Mc Gehee,le NED aurait aidé la CIA (avec d'autres institutions) pour mener des "covert actions" sur le territoire chinois (http://www.serendipity.li/cia/ciabase/ciabase_report_2.htm). Il est probablement fait référence d'une part au soutien aux dissidents chinois,puis,quand les autorités chinoises réprimèrent dans le sang les manifestations sur la Place,a l'opération YELLOW BIRD,consistant a faire exfiltrer des opposants chinois vers Hong-Kong et Macao.

    Si vous avez des informations sur le NED,prévenez-moi

    Site du NED:  http://www.ned.org/

  • Nouvelles sections.

    Une nouvelle section est créée au sein du blog: "Débats".Vous êtes invités a y laisser vos avis,commentaires,sur le sujet.N'hésitez pas a proposer des sujets!

    Premier sujet: What do you think about the russian secret services",mis en ligne le 31.05.2007.A vous l'honneur! 

    Si vous avez des idées,n'hésitez pas!

    Une autre section est intitulée "Le dossier du mois",autour d'un grand thème.Je n'ai,malheureusement,pas toujours pu,faute de temps,publier un dossier tout les mois comme je l'éspérais. 

    Au passage,le blog s'est équipé,avec des liens vers 140 sites (regarder a gauche) dont ceux de nombre de services secrets officiels (aussi bien grecs que jordaniens,sans oublier le FARA du Ministère de la Justice américain,auquel je ne comprends rien pour l'instant).Parmi les plus intéréssants,celui du National Intelligence Service de Corée du Sud,ou sont entre autres publié les témoignages de transfuges nord-coréens (en haut a gauche,aller sur la section "North Koréa",sans cliquer,apparaissent des icônes dont une est intitulée "testimonies of north korean defectors").

    Est ce que quelqu'un a ,par hasard,l'adresse du site du Guojia Anquanbu,le Ministère de la Sécurité d'Etat chinois? 

    Pour précision,je ne sais pas pourquoi,mais hier il était impossible d'envoyer des commentaires (je my suis repris a 3 reprises sans succès pour répondre au commentaire de Aldartus) 

  • What do you think about the Russian security services

    Les personnes consultant le blog ou juste de passage sont invitées a laisser leurs avis,commentaires,jusqu'au 14.06.2007 au soir,aux questions suivantes: Que pensez-vous des services secrets russes actuels ? Sont-ils efficaces ou non? Pourquoi ? Faut-il les supprimer?

     

    Personnellement,je ne donnerai ma réponse que une fois le débat terminé

    N.B: le délai est rallongé, il n'y a pas assez de commentaires. 

     

     

  • Ivan Markelov

    Ivan Alexeyevitch Markelov.

    Son nom est quasiment inconnu du grand public,et pourtant! Ivan Alexeyevitch Markelov a joué un rôle clé au sein du Contre-espionnage du KGB durant la Guerre Froide, en tant que Chef de la section Britannique dans les années 60,quand aux yeux du KGB le MI6 était un service beaucoup plus dangereux que la CIA,puis quand il occupe le fauteuil de Chef du contre-espionnage au moment ou la lutte entre le KGB et les services secrets occidentaux s'est intensifiée...

     

    febbb359053b2bfe52a209510eb71932.jpg Ivan Markelov

     Né en 1917 dans le village de Motigino,dans le Kraï de Krasnoyarsk,Markelov commence en travaillant a partir de 1936 dans un laboratoire de chimie,avant d'étudier sur la période 1937-1938 a l'université d'Etat d'Irkutsk,et d'entrer au NKVD en 1938.Entré aussitôt au NKVD de Novosibiirsk (Et au Parti communiste en 1940) ,Markelov en gravit très vite les échelons,passant d'opérationnel au poste de Chef-adjoint,puis Chef de la section du Contre-espionnage du MGB de Novosibiirsk.C'est alors que il est remarqué par Evguéni Pitovranov,haut responsable du MGB (Chef du 2ème Directoire Principal du MGB,le Contre-espionnage du Ministère pour la Sécurité d'Etat) qui le fait transférer au quartier général du MGB,a la Loubianka,Moscou,en 1949.La aussi,il gravit très vite les échelons,au sein de la Deuxième Direction Générale du MGB-1ère Direction Principale du MVD-2ème Direction Principale du KGB (Contre-espionnage),passant du grade d'opérationnel supérieur a celui de chef-adjoint puis Chef de section au sein du 2A,lequel 2A devient ensuite le 2ème Département,dont Markelov prend le commandement en 1956 et ce jusque 1962 (Il convient de noter que Markelov n'était pas encore chef de la section Britannique quand fut dévoilé en 1956 le Tunnel de Berlin,le chef de la section était alors Nikolaï Miakotnikh.Et il a,en 1962, suivi les débuts de l'enquête sur la trahison du colonel Oleg Penkovsky.C'est son successeur,Alexey Vassilievitch Suntsov, qui,fin 1962,en coopération avec les autres services du KGB,fera interpeller le traître.

    Le 2A est un service très important au sein du contre-espionnage du KGB: C'est lui qui est chargé du contrôle et des enquêtes sur les services secrets britanniques,dont le MI6. Comme le note dans son ouvrage Rem Krassilnikov,qui a dirigé de 1973 a 1979 ce fameux 2ème Département,"le MI6 était considéré au sein du KGB comme un service beaucoup plus expérimenté que la jeune CIA",cette dernière,créée en 1947,apparaissant alors comme le frère cadet du MI6.Il ne faut pas non plus oublier que dès le début des années 20 MI6 s'est avéré particulièrement agressif contre l'URSS,comme l'ont montrés le complot Lockhart,les opérations "Trust", "Tarantella"..D'autres opérations,plus tard mises a jour,tels que le Tunnel de Berlin ou l'interpellation du colonel Oleg Penkovsky ,sont plus a mettre au crédit du MI6 que de la CIA ,estime Krassilnikov,qui rappele au passage que la section chargée du suivi des américains (Donc les officiers de la CIA compris) s'appelait la section "2B".Selon Krassilnikov,les américains ne sont devenus prioritaires que a partir du milieu des années 60.

    En 1962,Markelov est nommé Chef-adjoint du contre-espionnage du KGB ,puis en 1964 envoyé diriger l'antenne du KGB de Riazan.Ce qui paraît assez surprenant :Un officier du KGB aussi important envoyé diriger un service du KGB au fin fond de l'URSS! Ce poste ressemble a une disgrâce.Mon hypothèse sur le sujet est la suivante: En 1964,Youri Nossenko,responsable au sein de la 2ème Direction Générale du KGB,passe a la CIA.Le résultat est immédiat:Plusieurs officiers du KGB sont rétrogradés,leur carrière brisée,certains virés,dont le chef de la 2ème Direction,Oleg Gribanov.On ne peut donc exclure que Markelov ait été victime de cette disgrâce.De 1970 a 1974,Markelov dirige la Direction du KGB de Bachkirie,avant de revenir au quartier général du KGB,au sein de la 5ème Direction (Créée en 1967 a l'initiative de Yuri Andropov,le patron du KGB,la "5" est chargée de la "lutte idéologique",ce qui implique aussi la lutte contre les opposants politiques.) d'abord en tant que adjoint du Chef de la "5",puis 1er adjoint du patron du même service.En 1979,nommé 1er adjoint du patron de la 1ère Direction Générale du KGB ,chargée du renseignement extérieur.Markelov est chargé a ce poste de la lutte contre la "subversion idéologique".

    En août 1983,Markelov prend la tête de la Deuxième Direction Générale du KGB,son service d'origine,et est nommé Patron-adjoint du KGB. (En 1985 il est élevé au grade de général-Colonel) .Il convient de rappeler que Markelov prend la tête du Contre-espionnage a un moment crucial dans la Guerre Froide: La décomposition de l'URSS est alors bien avancée,même si peu le savent,et les relations USA-URSS se sont fortement envenimées.Arrivé a la Maison-Blanche début 1981 ,Ronald Reagan,anticommuniste viscéral (Qui déclarera en 1982 que l'URSS est "L'Empire du Mal") ordonne a la CIA de mettre le paquet contre l'URSS.Les informations obtenues aussi bien du côté américain que soviétique le confirment: La Division soviétique de la Direction des Opérations de la CIA (Dirigée successivement par David Forden puis Burton Gerber) se réactive,multiplie les tentatives de recrutements de citoyens soviétiques.Le KGB ne peut que répondre a ses attaques,et c'est tout le boulot de la DDP (2ème Direction principale,contre-espionnage du KGB) en coopération avec les autres services,tels que le contre-espionnage militaire (3ème Direction Générale),le renseignement extérieur (1ère Direction Générale),les brigades de surveillance (7ème Directoire) ou les "psychologues"  de la lutte idéologique (5ème Directoire) sans oublier les services de sécurité économique et industrielle (6ème Direction) et dans les transports (4ème Direction).

    Le KGB rend donc coup sur coup,et marque des points:En septembre 1983 est interpellé en flag et expulsé pour espionnage David Von Augustenborg,officier de la CIA a Léningrad.Puis durant la période 1985-1986,la CIA perd presque tout son réseau d'informateurs en URSS.Il est vrai que la DDP (Ou DDG),en plus des techniques traditionnelles d'enquête, a été aidée dans sa tâche par les informations de la Première Direction Générale du KGB,obtenue grâce a des traîtres au sein de la communauté américaine du renseignement.Ensuite c'est le long travail d'enquête,de recoupement,qui permet seulement a la DDG d'interpeller les espions.

    Petite parenthèse sur Markelov lui-même.Des informations obtenues sur lui,j'ai eu deux impressions différentes: d'un côté,celle d'un homme autoritaire,manquant de subtilité (C'est l'impression tirée de la lecture du livre de Viktor Sherkashine "Spy Handler".Sherkashin a travaillé sous les ordres de Markelov a la section britannique du contre-espionnage du KGB dans les années 60),et de l'autre, (portrait tiré de ceux qui l'ont connus dans les années 80),deux officiers du contre-espionnage du KGB qui ont travaillés ,dans les années 80,sous les ordres de Markelov,en donnent un avis différent: Rem Krassilnikov estime que Markelov était un homme parlant peu,pensif,qui a acquis une énorme expérience du travail du KGB,et qui prit le 1er département (section américaine) de la DDG sous son contrôle personnel.Quant a Vyatcheslav Shironin,a ses yeux Markelov était "un des meilleurs dirigeants du KGB",un homme qui avait acquis énormément d'expérience en travaillant dans les organes territoriaux et au quartier général du KGB.Plein de sens analytique,pesant le pour et le contre,il aimait dire  "Cherchez l'agent d'après la signature des services secrets,elle ne change pas ,c'est pour ca que elle trahit".Au sujet des méthodes des services secrets allemands,a ses yeux,il fallait pour les comprendre étudier le cas du conte Friedrich Schullenberg,spécialiste du Caucase arrivé a Tbilissi en 1911 comme vice-consul..

    Markelov,malade,quitta la tête du contre-espionnage du KGB en septembre 1989.Il est décédé le 18.09.1990.

     

    Sources:

    Encyclopédie des services secrets soviétiques

    Les fantômes de la Rue Tchaïkovsky, Rem Krassilnikov

    Sous le contrôle du contre-espionnage, Vyatcheslav Chironine.

    Spy Handler, Viktor Cherkashine. 

  • Comment démasquer une personne travaillant pour l'ennemi (1ère méthode)

     

    "Cherchez l'agent d'après la signature des services secrets,elle ne change pas ,c'est pour ca que elle trahit". Ivan Markelov,patron de la 2ème Direction Générale du KGB (Contre-espionnage) de 1983 a 1989.

    1ère technique pour identifier un traître,c'est en partant du fait de savoir pour quel service il travaille.La CIA n'utilise pas les mêmes méthodes que le Mossad ou le Guojia Anquanbu chinois.Par exemple,la CIA privilégie les versements de sommes d'argent,bénéficie d'assez peu d'officiers parlant couramment des langues tel que le francais,le russe,le chinois,l'arabe,le farsi...Les informateurs peuvent donc être obligés de savoir un peu baragouiner l'anglais.Les chinois,eux,prennent le temps d'agir,préfèrent la collecte a long terme du renseignement etc..Palme d'or pour le Mossad,aux méthodes de sécurité pour les rencontres avec les informateurs particulièrement complexes,voire draconiennes.

  • Précisions

    Les partiels arrivant,je n'ai que peu de temps pour les articles.Toutefois,dans le cadre de la réorganisation du blog,sont créées deux sections : "Biographies",sur les carrières d'officiers des services secrets (Pas ceux qui oeuvrent aujourd'hui aussi bien a Amman que Ankara,Washington,Pékin,Prétoria ou Bagdad.Mon but n'est pas de les mettre en danger.),ainsi que "Techniques du renseignement",montrant les méthodes globales des services secrets.C'est a ce titre que je reprends intégralement l'article,très bien fait,d'Alain Rodier,qui est publié sur ce blog.

     

    je tiens aussi a préciser que la note sur la station de la CIA a Moscou est régulièrement remise a jour,de nouveaux détails et des faitsd apparaissant,a ma plus grande joie.La liste des officiers de la CIA a Moscou sera aussi prochainement remise a jour. 

    Au passage,un ptit coucou a nos chers amis de la CIA ,si vous passez sur ce blog,qui viennent récémment de rénover leur site (http://www.cia.gov )

  • Lettre pour les candidats espion par Alain Rodier,publié sur le site du Centre Francais de Recherche sur le renseignement


    Note de réfléxion n°5  

    Lettre ouverte aux candidats espions

     Alain Rodier

    Durant ma carrière professionnelle au service de l’Etat et, depuis que j’ai pris une retraite que je pense méritée mais active, j’ai été amené à rencontrer de nombreux postulants au métier d’« espion ».

    C’est avec beaucoup de réserve que j’ai communiqué avec certains d’entre eux car je savais pertinemment que la majorité de ces « volontaires » se faisait une idée totalement erronée à propos de ce métier. A leur décharge, ce n’est certes pas leur faute. En effet, le mot même « espionnage » a été totalement dévoyé par les auteurs de livres ou de films se rapportant à cette activité. La faute en incombe également aux services eux-mêmes qui, parfois, ont commis des bavures qui ont fait la « une » des médias. Bien sûr les journalistes ont aussi leur part de responsabilité étant donné les reportages pour le moins fantaisistes qu’ils ont commis sans être jamais démentis puisque qu’il est de tradition que les services ne répondent jamais aux attaques auxquelles ils sont régulièrement soumis.

    La fascination qu’exerce l’espionnage provient d’un sentiment psychologique autant fait d’attirance que de rejet. Attirance due aux fantasmes des auteurs cités plus haut qui laissent croire que l’espion connaît une folle vie d’aventures ponctuée de casinos, de coups de feu et de splendides créatures accueillantes. Le rejet provient de l’immoralité supposée de ces activités, surtout dans les démocraties respectueuses des Droits de l’Homme où les censeurs journalistiques ont remplacé le clergé d’antan.

    Je souhaite aujourd’hui tenter de répondre à quelques questions que les postulants à ce métier se posent légitimement.

    Il convient donc, dans un premier temps, de revenir à la dure réalité des choses en cassant les pattes à de nombreux canards qui ont cependant la vie dure comme le disait le regretté Robert Lamoureux dans un sketch « le canard est toujours vivant ».

    Premier mythe : le mot « espion »

    Il faut revenir à un peu de vocabulaire de base. Dans les services, le mot « espion » est proscrit ou, plutôt, il est réservé à l’adversaire car jugé comme péjoratif. C’est pour cela que l’on parle de « contre espionnage », activité qui consiste à déjouer les manœuvres de ses « espions » (car lui il en possède puisque c’est lui le « méchant »).

    Donc, selon le jargon usité, on parle de « recherche » et d’« exploitation » du renseignement mais surtout pas d’« espionnage ». Le fonctionnaire est en conséquence un « officier de renseignement », un « officier traitant » - OT - ou un « analyste ». L’« agent » n’appartient pas au service. C’est une personne rémunérée pour fournir des informations à son OT. Si ce quidam n’est pas rémunéré, c’est alors un « honorable correspondant » (HC).

    Deuxième mythe : la vie aventureuse

    S’il est vrai qu’un fonctionnaire des services est amené à prendre de temps en temps plus de risques que son homologue de la Poste (ce dernier ayant l’avantage d’avoir le droit de grève), cette affirmation est à nuancer. Durant toute sa carrière, il courra beaucoup plus de risques d’être la victime d’un accident de la circulation sur son trajet domicile-travail que dans toutes les activités qu’il pourra mener. Cela m’est arrivé : je me suis fait renverser sur un passage piétons, et il ne s’agissait pas d’une tentative d’assassinat mais d’un banal accident.

    Contrairement à ce que l’on peut voir dans les films du genre, c’est un métier ou l’on tue très peu. Si quelqu’un décide d’assassiner un officier de renseignement « histoire d’aérer » comme le disait avec humour Michel Audiard, c’est qu’il l’a repéré. A terme, tout ce qu’il gagne est que sa victime est remplacée par un autre OT qu’il ne connaît pas et qui, en conséquence, représente un risque encore plus important pour lui.

    D’autre part, tout fonctionnaire des services passe beaucoup plus de temps derrière un bureau que sur le terrain. Le début de carrière consiste d’ailleurs à devenir un spécialiste exploitant les renseignements et informations recueillis par d’autres. Certains y passeront toute leur carrière.

    Troisième mythe : le « terrain »

    Lorsque je dirigeais le premier exercice « terrain » destiné aux stagiaires subissant le stage initiatique de début de carrière, je les laissais s’habiller comme ils l’entendaient. La plupart d’entre eux revêtaient alors le déguisement du flic en civil façon « Starky & Hutch ». C'est-à-dire : blouson de cuir ou de toile, jean, baskets. J’avais alors énormément de mal à leur faire comprendre qu’ils étaient repérables par tout professionnel de la vie clandestine et qu’il est plus discret de porter une cravate (pour les hommes) et de l’ôter si l’on se retrouve dans un endroit où cela fait désordre (comme dans un quartier mal fréquenté), mais que l’inverse n’est pas vrai : un traîne savate qui entre dans un hôtel de luxe se fait immédiatement repérer par le personnel du desk.

    Ensuite, ce qui les surprenait, c’est le temps que l’on passe à attendre (et souvent pour aucun résultat) sans que rien ne se passe.

    La surprise la plus désagréable pour eux était le contrôle tatillon des financiers qui épluchaient leurs notes de frais. Attention à tout dépassement des barèmes imposés et surtout, à des dépenses non justifiées. Il fallait que je leur rappelle sans cesse qu’ils dépensaient l’argent du contribuable et que celui-ci devait être économisé et employé à juste titre. D’ailleurs, les services des autres pays sont liés aux mêmes règles administratives qui sont souvent encore plus draconiennes. Ainsi, dans un pays étranger que je ne nommerai pas, je repérais les personnes chargées de me filer car, une fois assises dans un café (ou un restaurant), elles ne consommaient pas car elles n’avaient de budget alloué pour cela.

    Les OT ne sont pas armés. Toujours dans ce pays étranger, j’aimais bien, lorsque je prenais un vol intérieur, m’installer dans la salle d’attente à proximité du portique de sécurité. Je repérais ainsi les policiers qui étaient chargés de surveiller mes faits et gestes car, comme tout passager embarquant sur un vol, ils étaient obligés de laisser leur arme de service aux membres de l’équipage. Il faut dire que pour ma défense personnelle, je ne possédais personnellement que mon stylo Mont Blanc « Diplomate » qui m’avait été gentiment offert par des amis avant mon départ en poste ! En effet, n’en déplaise à certains auteurs, les officiers de renseignement ne sont généralement pas armés car cela constitue un risque d’être repéré au premier contrôle de routine. La hiérarchie préfère un officier traitant mort qu’une « bavure » dont les conséquences diplomatiques et politiques peuvent être catastrophiques. Certes, il existe quelques exceptions à cette règle, mais elles sont extrêmement rares.

    Quatrième mythe : la « solitude » de l’espion

    Heureusement pour lui, c’est absolument faux. L’officier de renseignement travaille en équipe et d’ailleurs, c’est heureux pour lui car c’est ce qui fait sa force. Tout d’abord, il subit une formation initiale (que d’aucuns jugent trop courte) puis il poursuit son éducation dans les bureaux au contact des ses anciens qui lui enseignent peu à peu les rudiments du métier. Sur le terrain, il est dirigé, orienté et contrôlé en permanence par la hiérarchie. Il peut recevoir des renforts (parfois à son insu) et, s’il bénéficie tout de même d’une certaine autonomie, il doit finalement rendre compte de ses actions dans le moindre de détail. Aucun cadeau ne lui sera fait car il subira les conséquences de ses erreurs. S’il tente de dissimuler quoique ce soit, cela sera fatal pour sa carrière.

    Mais cette « assistance » est aussi une grande arme. Grâce à la Centrale, il peut apprendre qui est qui dans son environnement immédiat (elle lui communique uniquement les informations dont il a besoin pour mener à bien sa mission), il peut déjouer certaines chausses trappes, comprendre s’il va dans la bonne direction ou s’il est en train de se « planter en beauté ». C’est d’ailleurs là un des avantages qu’ont les services officiels sur les officines privées, lesquelles n’ont pas de ce soutien de la « base arrière ». L’Administration bénéficie d’une mémoire qu’aucune société privée au monde ne possède. Beaucoup d’anciens des services, passés dans le privé, se sont aperçus à leurs dépens de cette différence fondamentale.

    Cinquième mythe : l’espion est un « super héros »

    C’est dommage, mais c’est faux. L’officier de renseignement est un être humain, moyen, comme les autres. Les surdoués (ou plus exactement ceux qui croient l’être) considèrent très rapidement que leurs qualités ne sont pas correctement reconnues et exploitées ; que la hiérarchie ne leur fait pas assez confiance ; qu’elle ne leur confie pas les missions qui sont dignes d’eux, etc. Inutile de préciser que ces personnes ne font pas de vieux os dans les services et vont vite pantoufler dans le privé. Ils ont tout simplement oublié qu’une des premières qualités demandée à l’officier de renseignement est la modestie, voire l’humilité.

    Sixième mythe : l’enrichissement supposé des officiers de renseignement

    Un adage dit « si vous voulez sortir d’un casino avec beaucoup d’argent, il faut y être entré avec encore plus d’argent ». C’est également un peu le cas. En effet, la personne effectuant ce métier est avant tout un fonctionnaire (ce qui a des avantages que je ne contredis pas) qui gagne honnêtement sa vie mais qui n’a aucune chance de faire fortune grâce à ses activités professionnelles. A titre d’exemple, les fonctionnaires des Affaires étrangères parviennent à mettre beaucoup plus d’argent de côté pour leurs vieux jours. Ils passent en général, beaucoup plus d’années à l’étranger, où les salaires sont beaucoup plus avantageux qu’en métropole que les membres des services. D’ailleurs, beaucoup comprennent vite que l’enrichissement ne viendra pas de ce métier et, après quelques années d’activité au sein des services, ils passent dans le secteur privé qui est plus rémunérateur.

    Les fondements de la passion pour le renseignement

    Malgré tout ce qui précède, le renseignement est un métier passionnant.

    D’abord, il ne s’agit pas d’un métier mais de métiers au pluriel. La palette est large, du linguiste distingué au scientifique, de l’expert en armements au chimiste, en passant par le photographe, l’informaticien, le transmetteur, etc. Il faut vraiment être très difficile pour ne pas trouver un sujet qui corresponde à sa personnalité, à ses connaissances initiales - qui seront enrichies par un apprentissage de tous les jours - et à ses goûts et aspirations. D’ailleurs, s’il le souhaite, la carrière d’un membre des services peut évoluer avec le temps. Cependant, il faut bien reconnaître que quelques spécialistes très pointus dans leur domaine auront du mal à changer de branche.

    Puisque j’aborde le problème des carrières, il ne faut pas se faire d’illusion. Comme dans toutes les administrations, la progression et lente, soumise à la réussite de concours pour les personnels civils. En ce qui concerne les militaires, l’encadrement, lors de mon entrée dans les services, avait été très clair et franc : « si vous êtes venus chercher des galons et des décorations, vous vous êtes trompé de maison ». Il est presque impossible à un officier servant dans le renseignement d’atteindre le rang de général, même s’il possède tous les diplômes et la notation nécessaire. Cela est dû en grande partie au fait qu’il est « perdu » pour son arme d’origine dont le bureau des personnels préfère favoriser un officier qui a continué une carrière normale. Son dossier est classé tout au fond du tiroir.

    L’officier de renseignement, à la différence de la plupart de ses concitoyens sait qu’il est « en guerre ». Si ce n’est pas un conflit militaire ouvert, c’est une guerre au terrorisme, à la criminalité organisée, économique, politique, stratégique … Il a l’impression de ne pas être dupe. C’est pour cette raison qu’il a souvent envie de casser sa télévision au moment du journal de 20 h 00 en voyant toutes les fadaises qui sont déversées sur le bon peuple. « Citoyens, dormez tranquilles, nous veillons ». Tu parles ! Les dangers auxquels sont confrontés nos sociétés modernes sont immenses, actuels et permanents. C’est encore plus vrai depuis la fin de la Guerre froide car les cartes ont été redistribuées dans le plus grand désordre. Parfois, l’on ne sait plus très bien différencier l’ennemi de l’ami. Pour les services, il n’y a pas d’« amis » mais des pays ou des groupes avec lesquels on coopère à un instant «T» dans un cadre bien précis. Il ne faut pas se bercer d’illusions, personne ne nous fait de cadeau pour nos beaux yeux et notre « exception » française. De toute façon, les belles promesses n’engagent que ceux qui les croient ! Pour cela, il suffit de constater tous les beaux marchés commerciaux qui nous échappent, parfois en raison de l’arrogance, des préjugés ou plus simplement de l’imbécillité de certains décideurs. Cette maxime peut s’appliquer à eux : « si certains préfèrent une vie sans histoire, d’autres font l’Histoire ». Dans cette optique, l’officier de renseignement a l’impression de faire œuvre utile à son niveau dans cette guerre qui n’est pas officiellement déclarée, du moins en France.

    Au milieu de la morosité latente, l’officier de renseignement vit épisodiquement des moments de joie uniques, courts certes, mais intenses. Par exemple, quand l’officier traitant obtient le document classifié qu’il convoitait depuis des mois voire des années, quand l’exploitant constate qu’une de ses études amène des changements dans certains détails de la politique de son pays. Je dois reconnaître que j’ai parfois eu cette chance, beaucoup trop rarement à mon goût, mais on ne découvre pas des diamants tous les jours.

    Sur le plan humain, l’officier de renseignement est amené à rencontrer des personnes extraordinaires et extrêmement diverses même si, bien évidement, il est loin d’être le seul dans ce cas. Il côtoiera aussi des crapules de la pire espèce et là, il peut y avoir danger, certes pas pour sa vie mais pour son intégrité morale. Attention à ne pas se laisser séduire par les tentations !

    Je ne résiste pas au plaisir de citer le prince de Ligne, trouvant que ses paroles peuvent très bien s’appliquer aux métiers du renseignement comme elles le font déjà pour celui des armes (ne pas oublier que les services extérieurs français dépendent du ministère de la Défense) : « aimer le métier militaire au-dessus de tous les autres, à la passion, oui passion est le mot. Si vous ne rêvez pas militaire, si vous ne dévorez pas les livres et les plans de guerre et si vous ne baisez les pas des vieux soldats, si vous ne pleurez pas aux récits de leurs combats, quittez vite un habit que vous déshonorez (…) donnez votre place à un jeune homme tel que je le veux. C’est celui qui sera fou de l’art de Maurice de Saxe et qui sera persuadé qu’il faut faire trois fois son devoir pour le faire passablement. Malheur aux têtes tièdes, qu’elles rentrent au sein de leurs familles ».

    Voici donc réunies quelques brèves réflexions sur les métiers du renseignement. De mon expérience personnelle, je ne regrette rien d’autant, qu’avant de m’engager dans cette voie, j’ai d’abord connu une vie classique de militaire. Elle était également passionnante, mais ce qui est curieux, c’est que lorsque je dors, je ne rêve pas de cette période de ma vie alors que, presque toutes les nuits, je replonge dans l’espionnage. Je pense que c’est très symptomatique.

    Alain Rodier
    Janvier 2006

  • Nestor D.Sanchez

    Autre officier de la CIA peu connu,hélas,du grand public,et qui est depuis de longues années a la retraite :Nestor Sanchez.

    medium_CIA_Nestor_Sanchez.JPG Nestor Sanchez.    Nestor D.Sanchez est né vers 1928-1929 a Magdalena, New Mexico.Descendant de conquistadors,il parle couramment espagnol et passe huit années en Amérique Latine,étudie a l'Institut Militaire de New Mexico ,obtient un master de géopolitique a l'université de Georgetown, avant d'entrer dans la CIA vers 1949.Après avoir servi au Maroc de 1955 a 1960,il se spécialise sur la zone Amérique Latine.IL fait ainsi partie de la "Task Force" chargée de superviser,en 1961,le débarquement des cubains anticastristes a la Baie des Cochons.L'opération se solde par un fiasco total pour les anticastristes.Peu après,en 1963,Sanchez se voit associé au traitement de AM/LASH,en fait le commandant Rolando Cubelas,un cubain recruté par la CIA (Et qui sera capturé par la police cubaine le 01.03.1966).La CIA persuade AM/LASH de tuer Castro,et c'est Sanchez qui se rend a Paris et fournit le stylo contenant le poison au cubain le 22.11.1963 .Le stylo a bille avait été truqué avec une aiguille hypodermique si fine que Castro n'aurait pas senti la piqûre;le poison utilisé était le Blackleaf-40 ,très puissant.Mais l'opération ne restera que au stade de projet,car le jour même,John Kennedy,Président des Etats-Unis,est abattu.....Sanchez,de son côté,a été ensuite en poste comme Chef de station au Vénézuela de 1965 a 1967,au Guatemala de 1967 a 1971,en Colombie de 1972 a 1974.

     

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    Manuel Noriega,homme fort du Panama avec qui Sanchez entretenait d'excellents contacts.   Aurait été chef de station au Panama ,entre 1974 et 1979 (De quand a quand? Non déterminé pour l'instant) .Il est a noter que Sanchez avait d'excellentes relations avec le général Manuel Noriega,lequel dirigera de 1983 a 1989 le Panama,jusqu'a être renversé en 1989 par les troupes américaines..En effet,Noriega aurait en fait été recruté par la CIA en 1966 alors qu'il servait dans l'armée panaméenne. (Parmi ses recruteurs...Nestor Sanchez) .Il faut noter que Brent Scowcroft,conseiller pour la sécurité nationale de Bush Père,reconnaîtra publiquement en janvier 1990 que Noriega avait des contacts avec la CIA et qu'il a transmis des informations a Langley.Sanchez a été Chef de la Division Amérique Latine de la Direction des Opérations de la CIA de 1979 jusque 1981,puis il démissione de la CIA (Après 32 ans de CIA).Bien que anticommuniste,Sanchez n'est guère heureux de la politique menée par William Casey,le nouveau Directeur de la CIA,qui met le paquet sur les actions clandestines,surtout en direction de l'Amérique Latine.Mention spéciale pour Cuba et le Nicaragua.Il supervise la Zone Amérique Latine au Ministère de la Défense américaine,le Pentagone  (Deputy Assistant Secretary of Defense for Inter-American Affairs ) jusqu'au 31.01.1987,quand il quitte l'administration Reagan.Vers 1995,directeur de International Research 2000.

  • Rolf Mowatt-Larssen

    Est créée au sein du blog une nouvelle section qui concernera les biographies d'officiers des services secrets aujourd'hui a la retraite ou connus du grand public

    Nous commencons avec un officier de la CIA peu connu du grand public ,mais qui joue aujourd'hui encore un rôle important dans la communauté américaine du renseignement,en tant que chef du département du renseignement du Ministère de l'Energie Américain.Il s'agit de Rolf Mowatt-Larssen.

    Je tiens a préciser que,a la date du 21.09.2007,cette note a été remise a jour. Vous trouverez les ajouts tout en bas,ainsi vous pourrez comparer entre les informations AVANT,a la date de publication de l'article,et après. 

     medium_CIA_rolf_mowatt_larrssen.jpg

     Rolf Mowatt-Larssen

    Rolf Mowatt-Larssen est né vers 1955,a étudié a l'académie militaire de West Point d'ou il sort diplômé en 1976.Ensuite il sert dans les paras de l'armée américaine.

    Entrée vers 1982 a la CIA,Mowatt-Larssen a été en poste en Suède puis en Grèce,a des périodes non déterminées.Apparement avant d'être muté a Moscou,ou il arrive en 1988 comme officier traitant.Il occupe le poste jusque 1991,avant d'être réaffecté dans la capitale russe en 1992 comme Chef de station adjoint,et ce jusque 1994,officiellement comme secrétaire de la section politique de l'ambassade américaine.Mowatt-Larssen est alors chargé des contacts officiels entre la CIA et le SVR,le nouveau service de renseignement extérieur russe.Il faut savoir que le KGB avait tenté de contacter la station de la CIA a Moscou,plus précisément son patron,Carl Gebhardt,en 1984.Les services secrets américains,prudents,n'y avaient pas immédiatement donnés suite.Puis,sous Gorbatchev,eurent lieu une série de rencontres,a Vienne,Helsinki,Moscou.La chute de l'URSS accélère les contacts ,dans des domaines comme la lutte contre les différentes formes de criminalité organisée (Terrorisme,trafic de drogue...).Mowatt-Larssen y prend donc part.   

    Nommé temporairement Chef de station de la CIA a Moscou suite a l'expulsion fin mars 1994 de James L.Morris,le temps que Langley lui envoie en remplacement Michaël Sulick..

    Petite précision (et disgression) :Selon Ron Suskind dans son ouvrage "La Guerre selon Bush",Mowatt-Larssen aurait été deux fois en poste en URSS comme chef de station,et en aurait été expulsé les deux fois.Au vu des informations que j'ai eu,M.Suskind s'est trompé: Après vérifications,d'une part,Mowatt-Larssen n'a jamais ,autant que je sache,été éxpulsé,d'une part.D'autre part,il n'a pas été deux fois Chef de station.L'officier CIA est entré a l'Agence en 1982,et la règle veut que un officier CIA puisse devenir chef d'antenne au bout de cinq ans,quand c'est une petite antenne.Quand c'est une station aussi importante que celle de Moscou,c'est carrément du jamais vu que un officier bénéficiant de moins de 10 ans d'expérience soit nommé Chef de la station de Moscou a temps complet.Par exemple,Richard Stolz,qui a dirigé l'antene moscovite de 1964 a 1965,avait 14 ans de CIA derrière lui (Entrée en 1950).Idem pour Burton Gerber,qui a été a la tête du poste de la CIA dans la capitale soviétique de 1980 a 1982,et qui était a la CIA depuis 1956..

    Peut-être chef de station de la CIA a Berne en 1995.En tout cas,Mowatt-Larssen,selon les russes,aurait tenté de recruter le patron du SVR a Berne "peu après le scandale de l'affaire Ames",sans plus de précisions.

    Ensuite chef de station de la CIA dans un pays non encore déterminé (La biographie de ce géant de deux mètres comporte un trou etre 1995 et 2000.Il semble qu'il se soit spécialisé dans le domaine de l'armement nucléaire,sans qu'on en sache plus)

    Pendant un ans,Mowatt-Larssen a servi dans l'équipe de George Tenet,patron de la CIA,avant ,vers juillet 2001,d'être détaché:il devait prendre le commandement de la station de la CIA a Beijing et commenca donc a suivre avec sa femme des cours intensifs de chinois.Mais suite aux attentats du 11 septembre ,il est nommé fin 2001 a la tête de la Division de Contreprolifération (CPD) de la Direction des Opérations de la CIA,Tenet estimant qu'il a besoin de ce spécialiste de la contre-prolifération.C'est un petit service,qui compte a peine 4 officier,quand Mowatt en prend le commandement.Le CPD aura a son actif le démantèlement,au moins partiel,du réseau du docteur Khan,le père de la bombe atomique pakistanaise qui fournit alors en technologiques et plans aussi bien la Corée du Nord que la Libye ou l'Iran....C'est un service d'action,actif,a ne pas confondre avec le Winpac (Weapons Intelligence,Non Prolifération,and Arms Control Center) ,service chargé de l'analyse du potentiel ballistique et nucléaire des différents pays,aussi bien la Russie que la Chine ou la Corée du Nord.Winpac dépend donc de la Direction du renseignement (Analyse) et non de la Direction des Opérations (Chargé des opérations sur le terrain),et est apparu avant les attentats du 11 septembre,date exacte inconnue (Probablement a la mi-2001)

    Puis cet officier de la CIA aurait été chef de la Division Europe de l'Ouest, qu'il commandera de 2004 a 2005.En 2005 Mowatt-Larssen a quitté la CIA,après 23 ans de carrière a l'Agence,pour prendre la tête du service de renseignements et de contre-espionnage du Ministère de l'Energie américain,service qu'il commande a l'heure actuelle.Le service de renseignements du Ministère de l'Energie américain est chargé,par des "canaux ouverts" (informations officielles,bavardages etc...) de recueillir des informations et de les analyser,entre autres sur le potentiel nucléaire des autres pays.Dans le contexte international actuel,ce service est donc impliqué dans le suivi des programmes nucléaires nord-coréens et iraniens...

     

    En date du 21.09.2007: Le site http://www.nhdf.org/speakers.php?id=56&back=agenda

    vient d'ajouter nombre d'éléments de la carrière de Rolf Mowatt-Larssen.Reprenons-les (en y mêlant les informations publiées en mai) :

    Officier de la station de la CIA a Stoskholm de 1984 a 1987;officier de la station de la CIA a Moscou de 1988 a 1990,en poste a la station de la CIA a Athènes (Officier ou chef de station adjoint? ) de 1990 a 1992; Chef de station adjoint de la station de la CIA a Moscou de 1992 a 1994 sous la couverture de 1er secrétaire de la section politique; nommé Acting Chief of station suite a l'expulsion du chef de l'antenne ,James L.Morris en mars 1994;Chef de Base de la CIA a Zurich de 1994 a 1996;Chef de station de la CIA a Oslo de 1998 a 2000.

    En comparant la biographie publiée en mai dernier avec ses ajouts,quelques remarques: La Biographie de mai 2007 de Rolf Mowatt-Larssen cadre très bien avec ses ajouts.Les seules erreurs que j'ai commises en mai ont été les suivantes: Cet officier CIA a été en poste a Moscou jusque 1990 et non 1991 et a été en poste en Grèce non pas avant d'arriver a Moscou mais pendant ses deux postes.Dernière erreur d'analyse,il a été en poste a Zurich et non Berne comme je le supposais.

    Sinon,les erreurs sont peu nombreuses.la bio de la National Homeland Defense Foundation confirme tous les postes indiqués en mai,et je ne m'étais pas trompé en indiquant que Mowatt a été en poste comme chef de station entre 1995 et 2000.Je supposais que c'était dans la zone Europe de l'Ouest,mais n'étant pas sûr j'avais gardé mes doutes pour moi...  Néanmoins il ressort des précisions ajoutées que mes sources se sont avérées plutôt fiables,les analyses correctes.

     

     

  • La communauté chinoise du renseignement

    Article modifie le 07.08.2007 et le 11.10.2007

    Après la prise de pouvoir par Mao et ses alliés en 1949 de la Chine ,et l'instauration de la République Populaire de Chine,pour faire face a la menace du Kuomintang de Chang Kaï Chek et de ses hommes,qui se sont repliés sur l'île de Formose (Taïwan) ainsi que a ses alliés (Entre autres la CIA,dont la première antenne a  Taïwan sera dirigée par Paul Helliwell,décédé en 1976),les autorités révolutionnaires chinoises décident de mettre en place des appareils de renseignement et de sécurité.

    medium_mps1.jpgLogo du Gonganbu, Ministère de la Sécurité Publique chinois.    Est créé a cet effet en octobre 1949 le Gonganbu (Gongyong Anquan Bu) ,le Ministère de la Sécurité Publique,chargé aussi bien des fonctions de police traditionnelle que du contre-espionnage ,de la lutte contre les opposants politiques ou contre les Triades (Mafias) comme la 14K ou la Sun Yee On et de la gestion des LAOGAI (Le GOULAG chinois).Le Ministère de la Sécurité Publique s'appuie aussi sur des bureaux aussi bien a Beijing que dans les régions,villes (Les Gonganju) La surveillance des étrangers incombait a la Cinquième Division du Gonganbu,dans les années 70,la gestion des LAOGAI de la 8ème Division.Le Gonganbu comptait environ 750000 employés en 1992,contre près de 300000 dans les années 50. Voila pour la sécurité intérieure,"défensive".

    Pour l'offensive,la tâche est plus simple:Dès 1928 avait été créé,avec l'aide des soviétiques, le Shihuibu ,chargé de renseigner les dirigeants du PCC (Parti Communiste Chinois).Ce service ,une fois les communistes arrivés au pouvoir,n'ont plus qu'a se tourner vers l'extérieur,en mettant en place leurs réseaux.On notera que le renseignement chinois sera particulièrement offensif en Afrique et en Amérique Latine (Par exemple ,en soutenant le groupe "Sentier lumineux" au Pérou ou des groupes maoïstes au Brésil) .En 1961,le Shihuibu devient le Diaochabu.

    Est aussi mis en place (Date de création inconnue) le Qingbao  (Aussi appelé Qingbaobu),en fait le 2ème Département de l'Etat-Major général de l'Armée Populaire de libération (Armée chinoise),chargé du renseignement militaire.La couverture utilisée par les officiers du Qingbao est celle d'attaché militaire ,ou de correspondant militaire de Xinhua (Agence de presse "Chine nouvelle").Le quartier général du Qingbao est le 21 North Andeli Street a Pékin.

    Est aussi créé le 3ème département de l'Etat-Major général de l'APL,chargé de l'interception éléctronique des communications des armées étrangères.

    Pour veiller sur la sécurité des forces armées chinoises sera mis en place le contre-espionnage militaire,le Chi Pao Ko.

    Nous avons donc affaire a des organismes multiples,qui se concentrent en priorité en direction des Etats-Unis (A partir du déclenchement de la Guerre de Corée en 1950) puis,qui se tourneront beaucoup plus vers l'URSS,passée au fil des années 60 du statut de partenaire a celui "d'ennemi révisionniste".Collecter des informations en Chine est extrêmement difficile,la surveillance du Gonganbu intensive.Seuls les services secrets japonais tirent leur épingle du jeu,étant plutôt bien informés.Quant a la CIA,faute d'ambassade américaine a Beijing,elle doit se contenter d'agir depuis la périphérie (Hong Kong,Japon..) et il faudra attendre l'établissement de relations diplomatique USA-Chine en 1973 pour que la station de la CIA a Pékin ouvre enfin.Elle sera dirigée par James Lilley,ancien n°2 du China Desk a la Direction des Opérations de la CIA..

    L'ouverture économique de la Chine sous l'ère de Deng Xiaoping en 1978,qui poursuit ainsi l'ouverture du pays entreprise par le 1er Ministre Zhou Enlai (Décédé en 1976) permet aux investisseurs étrangers d'arriver en Chine,ce qui ne manque pas d'inquiéter les responsables chinois,craignant que cette ouverture vers l'étranger entraîne une augmentation des cas d'espionnage et de la diffusion de la liberté d'expression.

    Les autorités chinoises,détérminées a réagir,commencent en créant en décembre 1982 le Bureau d'information d'Outre-Mer du Département de la Propagande,chargé de ce que les soviétiques appelaient les "mesures actives" :Désinformation,intoxication...

    En avril 1983 apparaît la Police armée populaire,dépendante du Gonganbu,et chargée de la protection sociale,de la régulation du trafic,de la protection des bâtiments officiels,des frontières,des mines d'or,des forêts,ainsi que de la garde des ambassades sur le territoire chinois .

    Puis c'est la création du Ministère de la Sécurité d'Etat le 06.06.1983 (Le service sera inauguré le 01.07.1983),le Guojia Anquanbu (Aussi appelé Guoanbu),aussi appelé MSS (Chinese Ministry of State Security), service qui est officialisé lors de la 1ère cession de la VI ème Assemblée Nationale Populaire et qui récupère les fonctions de contre-espionnage du Gonganbu,de renseignement extérieur qui était dévolu au Central Investigation Department (Diaochabu),et qui est aussi chargé de la protection des frontières et de la lutte contre les déviances idéologiques (Les opposants),sans oublier le contre-espionnage militaire .Le Gonganbu a donc été déchargé de ses fonctions de contre-espionnage,et ce pour mieux pouvoir se concentrer sur la criminalité.

    Ling Yun,vice-Ministre du Gonganbu, prend le commandement du Guoanbu,et dans une conférence de presse qui se tient peu après la création du service,il dénonce l'augmentation des activités d'espionnage contre la RPC et des sabotages.Comme pour lui donner raison,le Guojia Anquanbu démantèle peu après un réseau des services secrets taïwanais,l'ennemi n°1 du régime de Beijing (Aujourd'hui encore) début 1985,puis fait déféction au profit de la CIA, en passant par Hong Kong, Yu Zhenshan...un chef de section du Counterintelligence Desk du Guojia Anquanbu...

     

    medium_Jia_Chunwang_was_appointed_Minister_of_State_Security_in_1985.2.jpg

    Jia Chunwang,Ministre de la Sécurité d'Etat de 1985 a 1998.

    Cette dernière affaire coûte son poste a Ling Yun,qui est remplacé par Jia Chunwang,lequel dirigera le Ministère de la Sécurité d'Etat de 1985 a 1998

     

    medium_Xu_Yongyue_actuel_Ministre_de_la_Securite_d_Etat_chinois.jpgmedium_Zhou_Yongkang.jpgDe gauche a droite,Xu Yongyue,actuel patron du Guojia Anquanbu (Poste qu'il occupe depuis 1998) et Zhou Yongkang,actuel patron du Gonganbu.

    L'actuel Ministre de la Sécurité d'Etat est Xu Yongyue,en poste depuis 1998.Il est a noter que le Ministère de la Sécurité d'Etat (MSS ,Ministry of State Security) dépend,et ce depuis sa création, du Conseil d'Etat,le gouvernement chinois,tout comme le Ministère de la Sécurité Publique,actuellement dirigé par Zhou Yongkang.Pas du Comité Central du PCC.

    On notera aussi l'existence d'un Département de la sécurité extérieure,dépendant du Ministère des affaires étrangères chinois et chargé,selon le site de ce Ministère, de" Mettre en application la politique de la Chine en matière de sécurité non-conventionnelle ; conduire études et recherches sur des sujets donnés ; assurer la coordination et le traitement des affaires extérieures."

    Actuellement,parmi les priorités de la communauté chinoise du renseignement,on peut souligner l'importance de la lutte contre la secte Falungong,le travail en direction de Taïwan,l'espionnage en direction des Etats-Unis.De ce point de vue,les services secrets chinois ont remportés plusieurs succès: Ont été démasqués Larry Wu Tai Chin (analyste du Foreign Broadcast Information Service de la CIA,arrêté en 1985),Kathrina Leung,qui deviendra l'amante du Chef de la section Chine du FBI de Los Angeles,James J.Smith (Ce qui lui permit d'obtenir d'importantes informations sur le travail du FBI contre la Chine),et sera arrêtée en 2003,puis Ronald Montaperto,analyste de la Chine a la DIA (Il semble que ce soit avec le Qingbao que Montaperto ait eu des contacts,car ses traitants étaient des attachés militaires en poste a l'ambassade chinoise a Washington.De 1983 a 1990,ses traitants étaient les colonels Yang Qiming et Yu Zenghe ) 

    On notera aussi l importance croissante de la lutte contre les Triades,la Mafia chinoise.Voici les missions du Ministère de la Sécurité publique chinois,tel que déterminées par le gouvernement chinois sur son site

    I. Responsibilities and Structure of Public Security Agencies in China

    The responsibilities of public security agencies in China include: the prevention, suppression and investigation of criminal activities; fight against terrorist activities; maintenance of social security and order; fight against behaviors jeopardizing social order; control over traffic, fire, dangerous objects and special trades; administration of household registration, identification cards, nationality, entry-&-exit and stay, travel of foreigners in China; maintenance of border security; protection of state assigned persons, venues and facilities; management of rallies, parades and demonstrations; security inspection of public information networks; supervision and instruction of security work in state organs, societal associations, enterprises and important construction sites; and instruction of crime prevention work of community security commissions.

    The Ministry of Public Security (MPS) is the functional organization under the State Council in charge of public security work nationwide. Public security departments are set in provinces and autonomous regions; metropolitan public security bureaus are set in direct municipalities; public security bureaus or divisions are assigned to cities and prefectures; sub-bureaus are set in sub-regions of cities (under the direct leadership of their superior public security agencies); public security bureaus are set in counties and banners, under the leadership of their respective local governments and superior public security agencies. Dispatched police stations are directly subordinate to their superior public security bureaus and sub-bureaus in counties, cities and banners.

    Within the MPS, there are such departments as General Office, Supervision, Personnel & Training, Public Relations, Economic Crime Investigation, Public Order Administration, Border Control, Criminal Investigation, Exit & Entry Administration, Fire Control, Security Protection, Public Information Network Security Supervision, Penitentiary Administration, Traffic Control, Legal Affairs, International Cooperation, Logistics and Finance, Drug Control, Science-&-Technology, Counter-Terrorism and Info-communications, assuming respective functions. Railway, navigation, civil aviation, forestry and anti-smuggling public security departments are under the dual leadership of their superioradministration and the MPS.

     

    medium_Gonganbu_QG.jpgQuartier général du Gonganbu a Beijing,14 Rue Dongchang'an-East Chang'an Street.

    Je termine en précisant que le site Internet du Gonganbu est http://www.mps.gov.cn 

    Le Guojia Anquanbu,apparement n'a pas de sites Internet,a moins que je l'aie loupé.. 

    Cet article sera modifié dans la semaine,et un autre article consacré spécifiquement au Guojia Anquanbu est en cours d'étude,tout comme un dossier sur les activités de la CIA en direction de la Chine.Malheureusement,faute d'élements suffisants,ce dernier dossier ne sera pas publié avant longtemps...

  • Dernières nouvelles

    Considérant,au vu de la masse d'informations a analyser (et qui sont en anglais) et des recoupements a faire,ajouté aux surcharges de travail personnel,le dossier relatif au travail du MI6 en direction de l'Irak ne sera malheureusement pas publié avant longtemps,malheureusement.

    Est actuellement en cours d'instruction un dossier,prochainement publié,sur la communauté chinoise du renseignement.Une importance particulière sera accordée au Guojia Anquanbu,le Ministère de la Sécurité d'Etat chinois.

    Je demande aussi a djeffal djelloul saiah karim  de cesser ses commentaires,absolument sans rapports avec le sujet traité...

    Si vous avez des idées de thèmes a traiter dans le cadre de ce blog,n'hésitez pas a m'en faire part. 

  • Breach,"Les fuites",le film sur l'affaire Hanssen

    medium_breach.2.jpg

    Breach 

    Film américain,avec Ryan Philippe (Officier FBI Eric O'Neill),Chris Cooper (Robert Hanssen),Laura Linney (Officier du FBI Kate Burroughs), Dennis Haysbert (Officier du FBI Dean Plesac).

     

    Sorti en février dernier aux Etats-Unis,"Breach" raconte l'enquête menée par le FBI sur un de ses membres,Robert Hanssen,soupconné de travailler pour les services secrets russes..Personnellement,j'ai aimé ce film au style réaliste,froid,documentaire,détaché dans un certain sens,avec un Robert Hanssen complexe,a la fois méprisant,arrogant,hautain,et aussi un professionel du FBI ,surtout dans le domaine de la sécurité informatique .Et le style du film n'est pas étonnant :Eric O'Neill,un des scénaristes,est un des officiers du FBI qui a enquêté du FBI sur Robert Hanssen (Le vrai) ,qui espionna successivement pour le compte du GRU,du KGB et du SVR depuis 1979 jusqu'a son interpellation le 18.02.2001..Un regret ,néanmoins,pour le film:L'enquête en elle-même n'est pas assez fouillée. Voici le site (vraiment bien fait au demeurant) du film:http://www.breachmovie.net/

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      A gauche,Chris Cooper,dans le rôle de Robert Hanssen (Remarquable).A droite,le véritable Robert Hanssen.

    Je profite de cette occasion pour revenir sur l'affaire Hanssen,car il n'est pas inutile de revoir cette affaire pour comprendre les dégâts qu'a causé a la Police fédérale américaine Robert Philip Hanssen..

     

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    A gauche,Ryan Philippe,dans le rôle de l'officier du FBI Eric O'Neill.A droite,le vrai Eric O 'Neill. 

    CARRIERE DE ROBERT HANSSEN 

    Né le 18.04.1944 a Chicago dans une famille de policiers,Robert Philip Hanssen entre a la Police de Chicago en 1972,ou il travaille d'abord a la section financière de la Police de Chicago,puis a la section C-5 chargé de démasquer les policiers corrompus.Entrée au FBI le 12.01.1976. Hanssen a successivement occupé les postes d'officier chargé d'enquêter sur les infractions liées a la hauute technologie a Chicago,puis muté a New York en 1978,envoyé au QG du FBI a Washington en janvier 1981.En 1983,entre a la section URSS de la Division analytique du FBI.Début 1985, chef des Brigades de surveillance du FBI a New York.Nommé en 1987 Chef de la section de l'analyse des informations sur l'espionnage sur l'URSS.En juillet 1991,section du renseignement du FBI,pour empêcher l'acquisition par l'URSS des secrets scientifiques et techniques américains par l'URSS. Représentant officiel du FBI auprès du Département d'Etat de 1995 a 2001.Chef de la division d'assurance de l'information du FBI  du 12.01.2001, a son arrestation (Sécurité informatique interne du FBI).De par les postes qu'il a occupé ,Hanssen a fait des dégâts considérables a la communauté américaine du renseignement:Il a transmis les noms d'officiers,d'informateurs du FBI (Parmi les soviétiques) ,les programmes du FBI pour la lutte contre les soviétiques,a installé un dispositif d'écoute au coeur de la salle de conférence du Département d'Etat au profit du SVR,a transmis des informations sur les opérations du FBI contre les soviétiques (Tentatives de recrutements,surveillance,appâts) ainsi que les analyses du FBI sur l'URSS,sans oublier que grâce a Hanssen le KGB a limité la casse en 1988: Le FBI piste alors un haut fonctionnaire du Département d'Etat,Felix Bloch,soupconné de travailler pour le KGB.Le KGB prévenu,il alerte par le signal convenu Bloch tandis que l'illégal du KGB qui traitait Bloch est rappelé d'urgence en URSS..

     

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    ENQUETE DU FBI.

    Les dégâts causés par la perte de plusieurs "assets" (Informateurs) soviétiques  du FBI a évidemment alerté le Bureau:

    -Valéry Martinov,sous-colonel de la section scientifique et technologique du renseignement extérieur du KGB recruté a Washington en 1983 ,est interpellé en 1985 par le KGB,condamné a mort et éxécuté en 1987.

    -Sergey Motorine,Major de la section PR (Renseignement Politique) du renseignement extérieur du KGB recruté par le FBI en 1984,interpellé en 1985 ,condamné a mort et éxécuté en 1987.

    medium_fbi.2.jpg-Dmitri Polyakov,Général du GRU recruté en 1961 par le FBI ,interpellé le 07.07.1986 ,condamné a mort et éxécuté en 1988.

    -Boris Yuzhin,officier du KGB en poste a San Fransisco en 1975 par le FBI ,interpellé le 23.12.1986,condamné a 12 ans de prison. 

    Le FBI créa aussitôt une unité spéciale,de six personnes,nom de code "ANLACE" pour déterminer les origines des pertes subies,mais le rapport rendu en décembre 1987 excluait la possibilité d'une infiltration du FBI.C'est l'enquête conjointe avec le Centre de contre-espionnage de la CIA qui permet au FBI de déboucher sur Aldrich Ames,haut fonctionnaire de la CIA qui a contacté le KGB en 1985.Le FBI croit alors avoir la réponse aux "pertes de 1985" que lui et la CIA ont subis,jusqu'a ce que,au fur et a mesure des interrogatoires et recoupements,le FBI remarque que Ames n'a pas pu balancer certaines opérations,compromises,pour la bonne et simple raison que il n'en avait pas connaissance.La traque est aussitôt relancée ,mais les enquêteurs se trompent de piste en soupconnant un officier de la CIA,qui connaissait Ames.Hanssen n'était même pas sur la liste des suspect.Jusqu'a ce que le FBI recrute un ancien du SVR,le service de renseignement extérieur russe,qui fournit au FBI des informations sur le fameux traître au sein du FBI ,contre 7 millions de dollars.

    medium_hanssen_lieu.jpgmedium_hanssen_lieu_2.jpgHanssen déposa ,dans la réalité,mais aussi dans le film,une Boîte aux lettres morte sous ce pont,ce dimanche 18.02.2001.

    Parmi les informations,l'enregistrement d'une conversation,en 1986,entre un officier du KGB et le fameux traître.En écoutant la bande,les officiers du FBI se rendent tout de suite compte que ce n'est pas leur suspect de la CIA.Mais qui?  Un analyste de la section Russe du FBI,réécoutant la bande,remarque une expression,du général Patton,employée au cours de la conversation par le mystérieur traître.Et cet analyste de se rappeler que il a entendu la même expression,de la bouche même de Robert Hanssen...

    medium_hanssen_BLM.jpgLa boîte aux lettres morte déposée par Hanssen.

    Nous sommes fin 2000,et le FBI décide de mettre le paquet pour interpeller Hanssen,qui doit prochainement prendre sa retraite.Il est muté a la tête d'un service spécialement créé pour lui,la division des ressources de l'information du FBI.Jusq'ua ce qu'il soit interpellé le dimanche 18.02.2001,après avoir déposé une Boîte aux lettres morte dans un parc..Hanssen a été condamné a la prison a vie.

  • "The Good Shepherd","Raisons d'Etat"

    Sortira le 04.07.2007 en France un film (Un de plus diront certains) sur la CIA: "The Good Shepherd" (Traduit par "Raison d'Etat") est un film réalisé par Robert de Niro avec Matt Damon,retracant l'ambiance paranoïaque qui régna a la CIA au début de la Guerre Froide,la crainte d'être infiltrés par les soviétiques..J'en saurai plus prochainement,peut-être.

  • Le travail de la DGSE contre Al-Qaïda

    Je me montre généralement très critique vis-a-vis du "Monde",mais la ses journalistes ne peuvent que être félicités.Dans ce passionant article est détaillé ce que savait la DGSE,le service de renseignement extérieur francais,sur Al-Qaïda,de 2000 jusqu'aux attentats du 11.09.2001....

     

    Enquête
     
    11 septembre 2001 :Les Francais en savaient long 
    LE MONDE | 16.04.07 | 11h08  •  Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
     
    C' est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

    Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très spéciale, nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.

    Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.

    Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi,que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.

     

    Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"

    Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.

    Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

    La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.

    Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.

     

    Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.


    Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."

    De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.

    A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.

    Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…)Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."

    Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.

    C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

    En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".

    Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
     
     

    La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.


    Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

    Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…)Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."

    Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.